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vaient fait leur héritier, seulement par considération pour son caractère et les qualités qu'on admirait en lui. Il avait toujours joui d'une santé parfaite, n'ayant pas eu besoin de médecin pendant trente ans, lorsqu'il fut atteint d'une maladie à laquelle on fit d'abord peu d'attention. On crut que c'était un ténesme, et l'on n'ordonna que des remèdes prompts et faciles. Il passa trois mois dans cet état, sans autre douleur que celle du traitement. A la fin le mal se jeta dans les intestins et dégénéra en fistule maligne. Depuis quelque temps Atticus s'était aperçu des progrès de la maladie. Il se sentit attaqué de la fièvre, fit appeler son gendre Agrippa, et avec lui L. Cornélius Balbus et Sextus Péducéus. Lorsqu'il les vit, il s'appuya sur son coude et leur dit : « Il est inuatile de vous rappeler l'attention et les soins que « j'ai apportés au rétablissement de ma santé : « vous en avez été les témoins. Je crois vous avoir «< satisfaits à cet égard et n'avoir rien négligé - pour ma guérison; il ne me reste plus qu'à me « satisfaire moi-même. Je n'ai pas voulu vous « laisser ignorer ma résolution : je suis décidé à << ne plus nourrir mon mal; tous les aliments que j'ai pris ces jours-ci n'ont prolongé ma vie que « pour augmenter mes douleurs, sans espoir de « salut. Je vous prie donc d'approuver mon des« sein et de ne point vous y opposer: vos efforts « seraient inutiles. »

XXII. Atticus prononça ces paroles d'un air et d'un ton si fermes, qu'ou eût dit qu'il s'agissait pour lui de passer d'une maison dans une autre, et non de la vie à la mort. Agrippa l'em

ginta medicina non indiguisset, nactus est morbum, quem initio et ipse et medici contempserunt: nam putarunt esse tenesmon, cui remedia celeria faciliaque proponebantur. In hoc quum tres menses sine ullis doloribus, præterquam quos ex curatione capiebat, consumpsisset, subito tanta vis morbi in imum intestinum prorupit, ut extremo tempore per lumbos fistula putris eruperit. Atque hoc prius. quam ei accideret, postquam in dies dolores accrescere, febresque accessisse sensit, Agrippam generum ad se arcessiri jussit, et cum eo L. Cornelium Balbum, Sextumque Peducæum. Hos ut venisse vidit, in cubitum innixus : « Quantam, inquit, curam diligentiamque in valetudine mea tuenda hoc tempore adhibuerim, quum vos testes habeam, nihil necesse est pluribus verbis commemorare. Quibus quoniam, ut spero, satisfeci, me nihil reliqui fecisse, quod ad sanandum me pertineret, reliquum est, ut egomet mihi consulam. Id vos ignorare nolui. Nam mihi stat alere morbum desinere namque his diebus quidquid cibi sumpsi, ita produxi vitam, ut auxerim dolores sine spe salutis. Quare a vobis peto primum, ut consilium probetis meum, deinde, ne frustra dehortando conemini. »

XXII. Hac oratione habita, tanta constantia vocis atque vultus, ut non ex vita, sed ex domo in domum videretur migrare, quum quidem Agrippa eum flens atque osculans oraret atque obsecraret, ne ad id, quod natura cogeret, ipse quoque sibi acceleraret, et quoniam tum quoque posset temporibus superesse, se sibi suisque reservaret, pre

CORNELIUS NÉPOs.

brassait en pleurant, le priant, le conjurant de ne point hâter l'arrêt de la nature, et, puisqu'il pouvait prolonger ses jours, de les conserver pour lui et pour les siens. Atticus n'opposa à ses prières et à ses larmes qu'un silence opiniâtre. Il passa deux jours sans prendre de nourriture, après quoi la fièvre le quitta. La maladie parut diminuer mais il persista dans sa résolution, et mourut cinq jours après, le trente et un mars, sous le consulat de Cn. Domitius et de C. Sosius. Son corps, porté dans une simple litière, ainsi qu'il l'avait ordonné, et sans aucune pompe, fut accompagné de tous les gens de bien et suivi d'une foule immense. Il fut enterré près de la voie Appienne, à cinq milles de Rome, dans le tombeau de son oncle Cécilius.

FRAGMENTS

DE CORNELIUS NÉPOS.

Lettre de Cornélie, mère des Gracques. Vous me dites qu'il est beau de se venger de ses ennemis. Rien ne me paraîtrait plus grand, si on pouvait le faire sans nuire à sa patrie. Mais c'est une chose impossible. Les années s'écouleront, les partis se succédéront les uns aux autres, sans amener la ruine de nos ennemis. Il vaut donc mieux

les laisser comme ils sont que de perdre la république.

ces ejus taciturna sua obstinatione depressit. Sic quum biduum cibo se abstinuisset, subito febris decessit, leviorque morbus esse cœpit. Tamen propositum nihilo secius peregit. Itaque die quinto, postquam id consilium inierat, pridie Kal. April., Cn. Domitio, C. Sosio Coss. decessit. Elatus est in lecticula, ut ipse præscripserat, sine ulla pompa funeris, comitantibus omnibus bonis, maxima vulgi frequentia. Sepultus est juxta viam Appiam, ad quintum lapidem, in monumento Q. Cæcilii, avunculi sui.

CORNELII NEPOTIS

FRAGMENTA

Epistola Corneliæ, matris Gracchorum.

Dices, pulchrum esse inimicos ulcisci. Id neque majus, neque pulchrius cuiquam, atque esse mihi videtur, sed si liceat republica salva ea persequi. Sed quatenus id fieri non potest, multo tempore, multisque partibus inimici nostri non peribunt; atque, uti nunc sunt, erunt potius, quam respublica profligetur atque pereat.

La même dans un autre endroit.

J'en atteste les dieux : après les meurtriers de Tibérius, il n'est pas d'ennemi qui m'ait fait plus de mal que toi en marchant sur les traces de ton frère, toi qui devais me tenir lieu de tous les enfants que j'ai perdus et m'aider à supporter le poids de la vieillesse. Ton unique soin devait être celui de me plaire; tu devais regarder comme un crime de former un projet sans m'en avertir. Je touche au terme de ma carrière, et pendant ce peu de jours qui me reste à vivre tu t'éloignes de moi. Mes supplications ne peuvent rien sur toi: tu médites la ruine de ta patrie. Où s'arrêtera le délire de notre famille? Quel sera le terme de ces excès? Quand cesserons-nous de déchirer la république, de causer tous ces malheurs dont nous sommes

tour à tour les artisans et les victimes? Quand rougirons-nous d'être les fléaux de l'État? Si nous devons troubler éternellement la république, attends du moins que je sois descendue dans la tombe pour briguer le tribunat. Après moi, fais ce qu'il te plaira, puisque je n'en sentirai rien. Mais dès que j'aurai cessé de vivre, tu m'adresseras tes vœux, tu invoqueras le génie de ta mère, tu n'auras pas honte d'implorer ces divinités que tu as méconnues, que tu as délaissées quand tu pouvais les implorer vivantes. Puisse Jupiter changer ton cœur et détourner cet excès de démence! Je tremble, si tu persistes, que tes fautes n'attirent sur toi de tels malheurs, qu'en aucun moment tu ne puisses avoir aucun contentement de toi-même.

Eadem alio loco.

Verbis conceptis dejerare ausim, præterquam qui Tiberium Gracchum necarunt, neminem inimicum tantum molestiæ, tantumque laboris, quantum te ob has res, mihi tradidisse: quem oportebat omnium eorum, quos ante habuerim liberos, partes eorum tolerare, atque curare, ut quam minimum sollicitudinis in senecta haberem, utique, quæcunque ageres, ea velles maxime mihi placere; atque uti nefas haberes, rerum majorum adversum meam sententiam quidquam facere. Præsertim mihi, cui parva pars vitæ superest; ne id quidem tam breve spatium potest opitulari, quin et mihi adverseris, et rempublicam profliges! Denique quæ pausa erit? Et quando desinet familia nostra insanire? Et quando modus ei rei haberi poterit? Et quando desinemus, et nabentes, et præbentes, molestiis desistere ? Et quando perpudescet miscenda atque perturbanda republica? Sed si omnino id fieri non potest, ubi ego mortua ero, petito tribunatum; post me facito, quod lubebit, quum ego non sentiam. Ubi mortua ero, parentabis mihi, et invocabis deum parentem. In eo tempore non pudet te eorum deum preces expetere, quos, vivos atque præsentes, relictos atque desertos habueris? Ne ille sinat Jupiter, te ea perseverare, nec tibi tantam dementiam venire in animum! Et, si perseveras, vereor, ne in omnem vitam tantum laboris culpa tua recipias, uti in nullo tempore tute tibi placere possis.

Fragment à la louange de Cicéron, provenant de l'ouvrage de Cornélius Népos sur les historiens latins.

L'histoire, vous ne l'ignorez pas, est le seul genre de littérature où les Grecs nous soient encore supérieurs. La mort de Cicéron l'a laissé presque dans l'enfance. Cicéron était le seul qui fût capable d'écrire dignement l'histoire, et peut-être le devait-il. C'est lui qui a perfectionné l'art oratoire, si rude et si grossier du temps de nos pères. C'est lui qui a prêté le charme de son éloquence à la philosophie latine, encore inculte et barbare. Pour moi, je ne sais si sa mort n'a pas été une perte aussi grande pour l'histoire que pour la république.

La nature, cette divinité riche et féconde, a voulu faire admirer sa justice, en établissant une sorte d'équilibre dans la distribution de ses faveurs. On ne l'a jamais vue accorder tout à un homme ou lui refuser tout.

Fragment du livre 1er des lettres de Cornélius Népos à Cicéron.

Je suis loin de regarder la philosophie comme la règle de la vie et la source du bonheur. Je crois au contraire que ceux qui s'en occupent ont plus besoin de guides que personne : et ce qui me fait penser ainsi, c'est que je vois la plupart de ces raisonneurs de l'école, avec leurs préceptes raffinés de pudeur et de continence, vivre dans une soif perpétuelle de toutes les voluptés.

Cornelius Nepos in libro de historicis latinis, de
laude Ciceronis.

Non ignorare debes, unum hoc genus latinarum litterarum adhuc non modo non respondere Græciæ, sed omnino rude atque inchoatum morte Ciceronis relictum. Ille enim fuit unus, qui potuerit et etiam debuerit historiam digna voce pronuntiare : quippe qui oratoriam eloquentiam, rudem a majoribus acceptam, perpoliverit, philosophiam, ante eum incomptam, latinam sua conformaverit oratione. Ex quo dubito, interitu ejus utrum respublica, an historia magis doleat.

Locuples ac divina natura, quo majorem sui pareret admirationem, ponderatioraque sua essent beneficia, neque uni omnia dare, nec rursus cuiquam omnia voluit negare.

Cornelii Nepotis liber I epistolarum ad Ciceronem. Tantum abest, ut ego magistram esse putem vitæ philosophiam, beatæque vitæ perfectricem, ut nullis magis existimem opus esse magistris vivendi, quam plerisque, qui in ea disputanda versantur. Video enim magnam partem eorum, qui in schola de pudore et continentia præcipiant argutissime, eosdem in omnium libidinum cupiditatibus vivere.

NOTES

SUR CORNELIUS NÉPOS.

MILTIADE.

J. Miltiades. La plupart des faits racontés dans cette biographie sont attribués, par Hérodote, à un autre Miltiade qui aurait été l'oncle de celui-ci.

Delphos... missi sunt. Delphes, aujourd'hui Castri. C'est un village à vingt lieues de Thèbes. On sait quelle était la renommée de l'oracle de Delphes.

Lemnum. Ile de la mer Égée entre le mont Athos et la Troade. Elle s'appelle aujourd'hui Stalimène.

II. Barbarorum. On sait que les Grecs appelaient Barbares tous les peuples étrangers. C'était aussi la coutume des Romains.

Erat enim inter eos dignitate regia. Cornélius dit qu'il dut son pouvoir à l'amour des habitants, et Hérodote dit que les habitants le chassèrent à cause de sa tyrannie.

Il est à remarquer que ces deux historiens parlent du même personnage, du Miltiade qui conquit la Chersonèse, sans faire de distinction entre l'oncle et le neveu.

III. Rex Darius. Darius, fils d'Hystaspe. Les Scythes avaient autrefois fait la guerre aux Perses. Il y avait de cela plus d'un siècle. Darius, qui voulait s'emparer de leur pays, se servit de ce prétexte pour les attaquer.

Ister. C'est le Danube. Darius le passa sur un pont de bateaux. Il voulait détruire ce pont plutôt que de laisser un corps de troupes pour le garder, ce qui aurait affaibli son armée. On lui représenta qu'il fallait se réserver cette retraite, en cas de défaite. Il confia la garde du pont aux chefs ioniens, leur permettant de s'en retourner chez eux au bout de deux mois, si on ne le voyait pas revenir. Il avait fait, dit Hérodote, soixante nœuds à une courroie. Les chefs joniens devaient défaire tous les jours un de ces noruds, et s'en aller au soixantième.

IV. Jones Sardeis. Sardes, sur le Pactole. Maintenant Sart. C'était la capitale de la Lydie, et le siége du royaume de Crésus, si renommé par ses richesses.

Ad Eubaam appulsa. Eubée, aujourd'hui Négre. pont.

Celeriter Eretriam. Érétrie. C'est aujourd'hui un village sur l'Euripe. Elle fut livrée par la trahison des principaux habitants, et réduite en cendres. La population fut emmenée captive à Ardericca.

V. Erant strata. Ce passage présente des variantes: plusieurs traducteurs ont préféré rasæ à stratæ. Il nous semble que stratæ est meilleur. Le stratagème du général athénien consiste à faire abattre les arbres qui se trouvent dans la plaine et à les disperser çà et là pour embarrasser la cavalerie ennemie. C'est ce que nous appelons des chevaux de frise.

VI. Pacile vocatur. Le portique, appelé Pécile, était une espèce de musée où l'on exposait les tableaux des artistes les plus renommés.

Demetrio Phalereo. Il fut mis à la tête du gouvernement d'Athènes par Cassandre, roi de Macédoine, après la ruine de la démocratie. Il jouit de l'autorité pendant dix ans, et, au bout de ce temps, il fut exilé par Démétrius Poliorcète, fils d'Antigone, qui avait rendu aux Athéniens

leur ancienne liberté. Démétrius mit fin à ses jours en se faisant piquer par un aspic. Toutes les statues qu'on lui avait élevées furent renversées de son vivant.

VII. Parum insulam. Paros, l'une des Cyclades. Elle a conservé son nom.

Vineis. C'étaient des mantelets de sept pieds de haut, sur seize de long et huit de large. Ils étaient formés de claies et de bois pliant, pour empêcher l'effet des pierres et des traits, lancés par l'ennemi. On les recouvrait avec des cuirs tout frais, pour préserver de l'incendie. Ces mantelets protégeaient les assiégeants, lorsqu'ils s'avançaient jusqu'au pied des murailles pour les saper.

Testudinibus. Les tortues; c'était à peu près la même chose que le bélier. C'était une machine en charpente, revêtue, comme les mantelets, de peaux incombustibles. Au dedans était suspendue une poutre terminée par un fer crochu, appelé faux, et destiné à battre les remparts ennemis. C'est le mouvement de la poutre sortant et rentrant comme la tête, d'une tortue qui avait fait donné le nom de testudo à cette machine, qu'il ne faut pas confondre avec la tortue que formaient les soldats en mettant leurs boucliers sur leur tête.

VIII. Propter Pisistrati tyrannidem. Pisistrate rendit d'abord de grands services aux Athéniens. On lui avait donné une garde pour sa sûreté : il s'en servit pour s'emparer de la citadelle. On le chassa plusieurs fois; mais il revint, et gouverna les Athéniens pendant dix-huit ans.

THÉMISTOCLE.

II. Bello Corcyræo. Corcyre. Ile de la mer Ionienne, maintenant Corfou.

Que ex metallis redibat. Cornélius entend par metallis les mines d'argent du mont Laurium. On en tirait' cent talents, qu'on distribuait, suivant le récit d'Hérodote, aux citoyens qui avaient l'âge de puberté, à raison de dix drachmes par tête.

Centum navium. Hérodote porte le nombre de ces vaisseaux à deux cents.

Bello Persico. Il s'agit de l'expédition de Grèce. Xerxès entreprit cette guerre sur les conseils de Mardonius, son beau-frère, et malgré son oncle Artaban, qui s'y opposait. Les préparatifs durèrent trois ans, suivant les uns; cinq ans, suivant d'autres. Il est même des historiens qui ont prétendu que Xerxès y consacra dix ans. On ne s'ac corde pas davantage sur le nombre de ses soldats, qu'on est convenu de porter à un million, sur la foi de certains écrivains grecs dont le témoignage est trop intéressé pour n'être pas suspect, en admettant qu'il y ait eu un royaume assez puissant pour mettre sur pied une armée d'invasion d'un million d'hommes.

Partim Salamina. Salamine, île du golfe d'Égine, entre Athènes et Mégare. On l'appelle aujourd'hui Colouri.

Partim Trazena. Trézène, maintenant Damala, dans la Morée.

III. Qui Thermopylas occuparent. Ce défilé des Thermopyles est situé au pied du mont Eta, entre la Thessalie

et la Phocide. Il s'appelle aujourd'hui Bocca di Lupo. | publics. C'est pour cette raison que Pausanias ne fut pas renvoyé sur la flotte.

Thermopyles signifie portes chaudes, parce qu'il y avait des sources d'eau chaude. Le défilé est large de vingt-cinq pieds tout au plus.

III. Apud Artemisium. Le promontoire d'Artémisium, à une lieue N. O. d'Orcé. Ce promontoire avait pris son nom d'un temple de Diane qui était situé sur la côte, et qu'on appelait en grec Artemis.

VII. Ad ephoros Lacedæmoniorum. Les éphores étaient des magistrats qui rassemblaient assez aux tribuns de Rome. Ils étaient au nombre de cinq, et tous tirés du peuple. Leur magistrature durait un an. Ils avaient le droit de faire arrê ter les rois et de les faire conduire en prison. L'institution des éphores appartient à Lycurgue, si l'on en croit Hérodote.

VIII. Testarum suffragiis. C'est-à-dire l'ostracisme. C'était une sorte de jugement institué pour se délivrer des citoyens qui étaient devenus trop puissants, et qui mena. çaient la liberté. Les citoyens écrivaient leur suffrage sur une coquille enduite de cire qu'on appelait črpaxov; de là le mot ostracisme.

Pydnam. Pydna, ville de Macédoine, près du golfe Thermaïque.

Naxum. Naxos, l'une des Cyclades.

Ephesum. Éphèse, maintenant Ayasalouk. Ce n'est plus qu'un village à quelque distance de l'ancienne ville. On y découvre beaucoup de ruines, de statues, d'objets d'art, ayant appartenu à cette cité.

X. Quinquaginta ei talenta. Un revenu annuel de cinquante talents, c'est-à-dire 275,000 francs.

Magnesia. Magnésie, sur le Méandre.

Lampsacum. Lampsaque, sur l'Hellespont, à l'entrée de la Propontide.

Myuntem. Myonte, ville de l'Ionie, à quelque distance du Méandre, au-dessus de l'embouchure de ce fleuve.

ARISTIDE.

1. Qui quidem quum intelligcret, reprimi multitudinem concitatam non posse. Il quitta Athènes en priant les Dieux de ne pas permettre que sa patrie essuyât de revers qui le fissent regretter.

·U. Mari et terra duces erant Lacedæmonii. Thémistocle, voulant ruiner leur puissance, proposa d'incendier la flotte lacédémonienne, mouillée à Gythie. Aristide dit que le projet était utile, mais qu'il était injuste; et l'on prétend que le peuple se rendit à cette raison.

III. Delum. Délos, île de la mer Égée, maintenant Sédili ou les Diles.

Communi ærario dotibus datis, collocarentur. On leur donna à chacune 3,000 drachmes (2,700 francs.) Leur frère eut 100 mines d'argent (9,000 f.) et un terrain de 1,400 toises, planté d'arbres: Aristide mourut dans un âge très-avancé ; le peuple lui fit élever un tombeau à Phalères.

PAUSANIAS.

I. Tripodem aureum Delphis. Les vainqueurs avaient coutume d'offrir un trépied d'or à Apollon, en reconnaissance de leur victoire.

II. Cyprum. Chypre, célèbre par le culte qu'on rendait à Vénus.

II. Multatur tamen pecunia. A Sparte, l'amende était une peine infamante qui entraînait l'exclusion des emplois

III. Ad eum cum scytala. C'était le moyen dont on se servait pour communiquer avec les généraux, dans les affaires secrètes.

Cette scytale était une bande de cuir qu'on roulait autour d'un bâton, sans laisser d'intervalle. On écrivait dessus et on la déroulait, ce qui renversait l'ordre des caractères de manière qu'il était impossible de rien saisir. De son côté, le général avait un bâton tout semblable à celui dont on s'était servi. Il appliquait la bande dessus, exactement comme on avait fait pour lui écrire, et retrouvait le sens de la dépêche.

III. Ilotes. Le mot a passé dans la langue française, pour exprimer la servitude dans tout ce qu'elle a de plus dur et de plus affreux. Les Ilotes occupaient anciennement la Laconie. Les Doriens s'emparèrent de leur territoire et les réduisirent en esclavage. Celui qui avait acheté un Ilote n'avait pas même le droit de lui rendre la liberté, ou de le vendre dans un autre pays.

IV. Argilius. On ne sait pas si c'était le nom de ce jeune homme ou celui de son pays. Il y avait une ville d'Argileus, en Thessalie. Peut-être faut-il entendre un Argilien.

IV. Tænari. Le promontoire de Ténare, situé sur ies confins de la Laconie, aujourd'hui le cap Matapan.

In ara consedit. C'était l'usage des suppliants, comme on le voit par plusieurs exemples.

V. Quæ Chalciœcus vocatur. Parce qu'il était bâti d'airain, si l'on en croit certains historiens; parce qu'il avait été élevé par les habitants de Chalcis, guivant d'autres.

CIMON.

II. Apud flumen Strymona. Le fleuve Strymon, aujourd'hui Marmara, ou Strouma Karasou. Ce fleuve descend du mont Argentaro, traverse la Macédoine orientale, et se jette dans le golfe d'Orphana ou de Contessa.

II. Oppidum Amphipolim Icambali. Ville sur le Strymon. On la nommait aussi Acra, ou ville de Mars. Philippe, roi de Macédoine, s'en empara, et en fit une des barrières de son royaume.

Apud Mycalem. Mycale, aujourd'hui Samsoun, avec un promontoire de ce nom, vis-à-vis l'île de Samos, entre les bouches du Méandre et du Caystre.

Scyrum. L'ile de Scyros a été habitée primitivement par les Pélasges et les Cariens. C'est dans cette ile que Thétis fit cacher Achille pour l'empêcher d'aller au siége de Troie. Elle s'appelle aujourd'hui Skyros.

III. Citio. Citium, ville de l'île de Chypre, patrie de Zénon, chef de la secte stoïcienne.

LYSANDRE.

I. Lysander. Cornélius Népos le juge très-sévèrement. C'est à lui qu'on attribue cette maxime politique qui explique l'opinion de Cornélius: On amuse les enfants avec des osselets, et les hommes avec des serments.

1. Athenienses se Lacædemoniis dediderunt. Athènes se rendit, faute de vivres, après un siége de quelques mois. On proposait de la détruire. Les Spartiates s'y opposèrent; mais on força les Athéniens à démolir les fortifications du Pirée, ainsi que la muraille qui joignait le port à la ville. On les obligea aussi à livrer leurs galères, à l'exception de douze; à rappeler les bannis, à retirer leurs garnisons des villes qui leur appartenaient, à faire une ligue offen.

sive et défensive avec les Lacédémoniens, et à se joindre aux Spartiates au premier ordre.

1. Apud Egos flumen. Autrement le fleuve de la Chèvre. L'Hellespont, entre le cap voisin d'Ægos-Potamos, et le cap Abarnis, sur la côte opposée, a deux mille huit cents mètres de largeur.

II. Thasumque. L'île de Thase, aujourd'hui Thaso. La capitale est située au fond d'un golfe, au nord de l'île. Elle fut fondée par les Phéniciens et s'appelait aussi Thaso. Diodore dit que Lysandre s'en empara de vive force, qu'il y fit massacrer huit cents jeunes gens, vendre les femmes et les enfants, et renverser la ville de fond en comble. On voit, par les points qui interrompent ce chapitre, qu'il y a une lacune dans le texte.

III. Orchomeniis. Orchomène, ville de Béotie, entre Thespie et Coronée.

Haliastum. Haliaste, ville opulente de la Béotie sur le bord méridional du lac Copaïs, détruite par les Romains dans la guerre de Macédoine.

ALCIBIADE.

III. Omnes hermæ. C'étaient des statues de pierre, carrées, de la forme d'un cube, sans main et sans pieds, qu'on avait coutume de placer dans les vestibules des temples et des maisons particulières. On en élevait aussi dans les rues et dans les carrefours pour indiquer les chemins. Plutarque dit qu'Hipparque fut le premier qui introduisit celte coutume à Athènes.

Mercurius Andocydis. Andocyde était un des dix rhéteurs célèbres d'Athènes.

IV. Ac Thurios. Thurium. Autrement Sybaris, ville d'Italie dans la Calabre citérieure, célèbre par le luxe et la mollesse de ses habitants. On en voit encore quelques ruines dans un lieu appelé Torre del Capo.

Elidem. Elis, ville du Péloponèse, maintenant Gastouni, en Morée.

Eumolpidas. Les Eumolpides et les Ceryces; deux familles considérables d'Athènes, qui remplissaient les fonctions du sacerdoce et expliquaient les mystères de Cérès.

V. Itaque ejus interficiendi. Les liaisons d'Alcibiade avec la femme du roi Agis avaient attiré sur lui la haine des Lacédémoniens. Il répondit à ceux qui lui reprochaient cette intrigue : « Je voulais qu'il régnât quelqu'un de mon sang à Lacédémone. »

Apud Samum. Samos, île de la mer Égée.

VI. Obviam, universa civitas. Justin a raconté dans le cinquième livre de son histoire, quatrième chapitre, le retour d'Alcibiade.

VII. Cymen. Cymé, ville de l'Éolide, près de Lesbos; elle a aussi porté le nom de Cumes. On croit que c'est maintenant Focchia Nova.

X. Critias. C'était le chef des trente tyrans. Il avait suivi les leçons de Socrate sans en avoir la philosophie. Son caractère était féroce. Il fut tué en défendant le Pirée, attaqué par Thrasybule.

Ad Pharnabazum in Asiam transiit. Pharnabaze était gouverneur de l'Asie et général des armées des rois de Perse, Darius et Artaxerxès. C'est lui qui dénonça❘ Lysandre aux éphores de Sparte.

THRASYBULE.

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III. Legem oblivionis. Loi d'oubli ou d'Amnistie. Le nom d'amnistie vient d'un mot grec qui signifie oubli.

IV. Pittacus ille. Pittacus était un des sept sages de la Grèce. Il était de Mytilène, aujourd'hui Mételin. Les habitants ayant déclaré la guerre aux Athéniens, le mirent à la tête de l'armée. Pittacus, pour épargner le sang de ses soldats, fit proposer au général ennemi de se battre avec lui en combat singulier. Ce général s'appelait Phrynon, et avait souvent remporté la victoire aux jeux Olympiques. Il accepta le défi. Au moment du combat, Pittacus le prit dans un filet qu'il avait caché sous son bouclier.

Les habitants de Mytilène déférèrent la souveraineté à Pittacus; il l'accepta, mais il abdiqua bientôt. Il mourut à l'âge de soixante-dix ans, après avoir donné de nouvelles lois à sa patrie.

CONON.

I. In qua potestate Pheras. Phères, aujourd'hui Jenizar, bourg de la Grèce, dans la Thessalie, vers le golfe de Thessalonique.

III. Tauro tenus. Le Taurus est une chaîne de montagnes qui divise l'Asie en plusieurs parties. On appelait proprement le Taurus la partie qui sépare la Phrygie et la Pamphylie de la province de Cilicic.

III. Venerari te. Les rois de Perse se vantaient d'être frères du soleil et de la lune, et tous ceux qui paraissaient devant eux étaient tenus de se prosterner contre terre.

III. Ad chiliarchum. Le chiliarque était un officier qui commandait mille hommes dans les armées et mille hommes dans le palais.

DION.

III. Philistum, historicum. Philistus avait composé une histoire de la Sicile qui n'est pas parvenue jusqu'à nous. Il avait rendu de grands services à Denys lorsque celui-ci n'était encore que simple citoyen. Il avait même payé une amende pour lui. Mais Denys le soupçonnait de ne pas admirer ses vers, et l'on sait que c'était un crime aux yeux du tyran. Il exila Philistus, qui se retira à Thurium en Italie. Denys le Jeune le rappela au bout de quelque temps et lui rendit ses biens.

IX. Zacynthos. Zacynthe, aujourd'hui Zante, l'une des 'îles Ioniennes.

IPHICRATE.

II. Tanta severitate exercitui præfuit. Voici un exemple de sa sévérité. Faisant sa ronde, au siége de Corinthe, il trouva une sentinelle endormie et la perça de son javelot. On le blåmait d'avoir tué ce soldat : « Tel je l'ai trouvé, dit-il, tel je l'ai laissé. »

Moram. C'était une division d'infanterie lacédémonienne, fameuse par toute la Grèce; cette division était composée de petits corps de troupes de cinq cents, sept cents ou neuf cents hommes.

CHABRIAS.

III. Chares in Sigao. Ce Charès était un mauvais général qui n'obtenait de commandements qu'à force d'intrigues et de bassesses auprès de la multitude. On le proposait un jour comme un excellent général. « Excellent pour porter les bagages,» reprit Phocion, faisant allusion à ses formes

At mulier quæ cum eo vivere consuerat. C'était Ti- athlétiques. mandre, mère de la célèbre courtisane Laïs.

IV. Chium. Aujourd'hui Scio, île de la mer Égée.

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