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le roi de France Pepin le Bref, elle fut comprife dans la donation que ce prince fit à S. Pierre de Ravenne, de l'exarchat & de la pentapole, & refta fous la domination des papes, jusqu'aux derniers rois d'Italie, iflus par les femmes du fang de Charlemagne, lesquels s'emparerent de la plus grande partie de ce que cet empereur & le roi Pepin, fon pere, avoient donné à l'églife romaine. Rimini paffa fous la domination des premiers empereurs allemands, rois d'Italie; & vers 1002, Otton III en fit vicaire ou gouverneur un Malatesta. On trouve peu de chofe de fes descendans jusqu'en 1348, qu'un autre Malatesta fut élu feigneur d'Arlione. Celui-ci laiffa trois fils Maffin, Pandolfe & Galeotte. Le dernier s'étant fait donner par le pape Clément VI l'inveftiture de Rimini, retournée depuis du tems fous la domination de l'Eglife, y joignit les feigneu ries de, Jefi, de Cesène & de Cervia. Ses descendans fe maintintent dans la feigneurie de Rimini, comme vicaire de l'Eglife, jusqu'à Pandolfe, fils naturel de Robert, que Céfar Borgia, fils du pape Alexandre VI, en chaffa. Ce pape étant mort, Pandolfe rentra dans Rimini; mais, mal voulu des habitans, il vendit la ville aux Vénitiens, qui, battus par les troupes de Louis XII, roi de France, la rendirent à l'Eglife. Pandolfe & fon fils Sigismond y, rentrerent en 1522, & n'y refterent que jusqu'à l'arrivée du pape Adrien VI en Italie. Ils l'abandonnerent alors en 1527, Clément VII étant affiégé par les troupes de Charle Quint, dans le château Saint-Ange, Pandolfe fe remit encore en poffeflion de Rimini; mais il fallut qu'il en fortît, lorsque ce pape eut recouvré la liberté. Pandolfe alors alla fe réfugier & mourir à Ferrare.

Aujourd'hui cette ville eft petite, plus longue que large, & peu riche, quoique le pays foit gras & bien cultivé. Sigismond Pandolfe Malatefte l'avoit autrefois fortifiée, mais elle n'a préfentement qu'une muraille en affez mauvais ordre. Pandolfe Malatefte acheva de détruire le port qui pas foit pour un des plus beaux de l'Italie; & des pièces de marbre qu'il en enleva, il fit bâtir l'églife de faint François, qui feroit très-belle fi elle étoit achevée. Il y a dans la ville quelques palais magnifiques, presque tous bâtis par les Malateftes. La grande place eft affez belle, & peut être divifée en deux parties. Dans la premiere eft le grand palais des Malateftes. Le château eft un peu à côté, flanqué de quatre petites tours, & muni de quelques piéces d'artille rie. On appelle l'autre partie le marché de la fontaine, à caufe d'une fontaine que l'empereur Antonin y fit fairė. L'hôtel-de-ville y eft, avec une horloge très-curieufe. Les maifons, qui font autour de cette place, font foutenues de portiques, & habitées par des marchands. L'églife cathédrale eft dédiée à fainte Colombe; mais elle eft moins belle que les églifes des auguftins, des dominicains & des jéfuites, dont la premiere eft confidérable par fes deux grands cloîtres, & la feconde par fes chapelles enrichies de peintures. Au milieu du marché on remarque une maniere de piedestal de marbre, auquel on donne le nom de tribune: Suggeftum. Une inscription dit, que durant la guerre civile, Céfar, après avoir paffé le Rubicon, harangua fes foldats de deffus cette tribune: mais cette prétendue ribune n'eft qu'un piedeftal de colonne un peu plus haut que de coutume, & fur lequel il peut à peine tenir un feul homme. L'inscription eft l'ouvrage de quelque fauffaire des fiécles d'ignorance, & ce prétendu monument ne mérite aucune attention. * Leandro Alberti, Italia, fol. 298. Miffon, Voy. d'Italie, t. 1, p. 298.

La ville de Rimini a eu plufieurs hommes illuftres & favans, entre lesquels on remarque Grégoire l'Hermite, & les freres Pierre & Jacques Leoni, habiles dans les langues grecque & latine.

Cette ville eft très-célébre par le fameux concile qui s'y tint en 359, & par la décifion duquel l'univers fut étonné d'être Arien.

RIMMAGEN ou RIMAGEN, petite ville d'Allemagne, dans le duché de Juliers, fur le bord du Rhin, au-deffous de Sinzig. On voit auprès de cette ville diverfes antiquités romaines, comme portes, colonnes & autres. Les habitans y trouvent auffi fouvent d'anciennes monnoies d'or & d'argent; ce qui joint à la reffemblance du nom, fait regarder cette ville comme le Rigomagum des anciens. Voyez RIGODULUM. Rimmagen fut brulée par les Suédois en 1633. Zeyler, Top. Weftphal. p. 59.

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RIMOCASTRI, village de la Bootie. Wehler, dans

fon Voyage de Grece, dit, tom. 2, 1. 3 : REMOCASTRI eft fitué fur la croupe d'une montagne, qui découvre une grande plaine au fud, & a une vue fans bornes vers la Morée, entre Hélicon & Citharon. Il est partagé en trois petits groupes de maifons, deux fur.la montagne, & un au-deffous, qui peuvent faire en tout environ cent cabanes de Grecs & d'Albanois, tous chrétiens, excepté un fous-bacha qui les gouverne, & qui eft Turc. La partie du village, qui eft fur la pointe de la croupe, paroît avoir été autrefois fortifiée d'un foffé du côté du nord, le précipice de la montagne la défendant de l'autre côté, quoique fans néceflité à préfent, la pauvreté des habitans les mettant à couvert de toute entreprise. Le vin eft ici le meilleur, & le plus fort de toute la Grece. Il y a au pied de cette même montagne plufieurs grandes ruines, que quelquesuns croyent être celles de l'ancienne Thespia, & que d'autres prennent pour celles de la ville de Thisba.

RIMPAR ou REINPAR, bourg d'Allemagne, dans l'archevêché de Wartfbourg.

RINCOURT, prieuré de France, dans le diocèfe de Beauvais : fon revenu eft de mille livres. RINGELHEIN, abbaye de religieufes bénédictines en Allemagne dans la balle Saxe, au diocèle d'Hildesheim. RINGELSBERG, feigneurie d'Allemagne, dans la Franconie. Zeyler, Topogr. Francon. dit qu'elle appartient à l'évêché de Wurtzbourg.

RINGEN, château de la Livonie, à fix milles de Derpt, fur le chemin de cette ville à Riga. Zeyler, Topogr. Livoniæ, p. 27.

1. RINGSTED, bailliage du Danemarck, dans l'ifle dé Selande. Il eft dans les terres, & occupe presque le milieu de lifle. Il eft borné à l'orient par les bailliages de Ramfoherit, de Biefurskowherrit & de Faxeherrit; au midi par le bailliage d'Hammesherrit ; à l'occident par les bailliages Tybiersgsherrit & Sarbirckherrit ; & au nord par le bailliage de Wolburgsherrit. * Hermannid. Descr. Daniæ, p. 670.

2. RINGSTED ou RINGSTAD, ville du Danemarck, dans l'ifle de Selande, au bailliage de même nom, dont elle eft le chef lieu. C'étoit autrefois une ville célébre, où l'on voyoit une églife dédiée à S. Canut, avec un monaftè. re, & où plufieurs rois de Danemarck ont eu leur fépulture, entre autres Waldemar 1 & Eric le Pieux, dont le premier mourut en 1182, & le fecond en 1319, comme le portent leurs épitaphes.

RINGCOPING ou RINGKIOBING, ville du royaume de Danemarck, au Nord-Jutland, dans le diocèse de Rypen. Elle eft fituée fur la côte occidentale du Jutland, qui dans cet endroit eft couverte par plufieurs ifles.

RINGUS, ville de la Pannonie, felon Lazius, qui cite Eginhart; fur quoi Ortelius dit qu'on la nomme présentement Cuzzing.

RINS ou S. VINCENT DE RINS, lieu de France, dans le Beaujolois, diocèle de Lyon, élection de Ville-Franche. RINSIAVÆ, ville de Germanie, le long du Danube, felon Ptolomée, l. 2, c. 1 1. Il la place entre Are Flavie & Alcimoemis.

RINSWOU, maifon noble des Pays-Bas, dans la province d'Utrecht, fur les confins du Veluwe, à trois petites lieues de Rhenen. * Dict. géogr. des Pays-Bas.

RINTLEN, ville d'Allemagne, dans le comté de Schawenbourg, entre Hammeln & Minden, fur le bord du Wefer. Herneft, prince de Holstein, & comte de Schawenbourg, établit une univerfité en cette ville en 1612, & l'empereur Ferdinand II lui accorda de beaux priviléges. En 1633 cette ville fut prife par les Suédois. * Zeyler, Top. Weftphal. RINVAL. Voyez RANGEVAL. RINUCI. Voyez SUNICI.

1. RIO, nom que quelques-uns donnent au cap de la Morée, autrefois appellé RHIUM. Voyez ce mot. Ce cap eft au nord de la ville de Patras; & fur la pointe eft un châ teau, qui, du côté du fud, commande l'entrée du détroit de Lépante. On le nomme quelquefois Cap de Patras, & d'autrefois Caftello di Lepanto.

2. RIO, mot italien & espagnol, qui fignifie riviere. Voyez RIVIERE.

3. RIO ALVAREDO, petite riviere du royaume de Quoja, dans la Nigritie en Afrique. Elle eft au fud-eft du cap de Mefurado, & tombe dans la mer, à quinze lieues au-delà de ce cap, à 5d de latitude méridionale.

4. RIO-AQUUDO ou RIO-MENOCH, riviere du royau

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me de Quoja, dans la Nigritie, en Afrique. Grande, large, profonde, elle n'eft pas navigable, parce que fon embouchure eft occupée par un banc de fable; & fon cours interrompu par des écueils & des chutes d'eau. Sa fource eft au pays de Hundos. Elle fe jette dans la mer entre les caps Cabo-Monte & de Mefurado, à huit ou neuf lieues du premier. Les arbres qui bordent fes rives, nous donnent le bois rouge.* Dapper, Descr. d'Afriq. p. 253.

5. RIO-AZUL. Voyez R10-COLORADO.

6. RIO-BAMBA, ville de l'Amérique méridionale, de l'audiance de Quito, au Pérou. Elle est à la fource d'une petite riviere, au fud de Quito, dans le pays des Purvaes. De l'Ifle, Atlas.

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7. RIO-BIANCO ou RIVIERE-BLANCHE, riviere du Bidulgérid, en Afrique. Elle fort des montagnes près de la Lybie, & fe jette dans l'océan par plufieurs embouchures, après avoir traverfé la plus grande partie du Bidulgérid. *Dapper, Descr. d'Afr. p. 204.

8. RIO-BLANCO on RIVIERE-BLANCHE. Riviere de l'Amérique méridionale. Elle a deux fources dans la Guiane, l'une appellée Parina & l'autre Tucutu. Elle court vers le fud, en fe courbant un peu à l'oueft; paffe fous la ligne, & tombe dans le Rio-Negro, au-deffus du fort des Portugais.* M. de la Condamine, Carte du cours de l'Ama

zone.

9. RIO-BRAVO. Voyez au mot RIVIERE, l'article RIVIERE DU NORD.

10. RIO-CHIARO, riviere d'Italie, dans le patrimoine de S. Pierre, qu'elle fépare du territoire d'Orviete. Son cours eft presque de l'oueft à l'eft. Elle tombe dans le Tibre un peu au-deffus de Grafianno. * Magini, Carte du patrim. de S. Pierre.

II. RIO-COLORADO ou RIO-DEL-NORTE, riviere de l'Amérique feptentrionale, laquelle fépare le nouveau Mexique de la nouvelle Navarre & de la Californie. Son cours eft à peu près du nord oriental au fud occidental. Elle tombe au fond de la mer Vermeille ou de la Californie, après avoir, un peu au-dessus de fon embouchure, reçu à la gauche la RIVIERE-BLEUE, que les Espagnols appellent Rio-AZUL.* De l'Ifle, Atlas.

12. RIO-DAS-PALMAS, riviere de Guinée en Afrique, dans le pays appellé la côte de Malaguette. Cette riviere qu'on nomme auffi Selbole, eft à 8d de latitude fep. tentrionale. Un peu avant fon embouchure, elle fe partage en deux bras, dont l'un court vers l'oueft & l'autre vers le fud. Le premier s'appelle Torro & l'autre Rio de fanta Anna. Le pays de Bolm eft fitué autour de cette riviere. *Dapper, Descr. de l'Afrique, p. 251.

13. RIO-DAS-PIEDRAS, grand fleuve d'Afrique, dans la Guinée. Il eft le même que la riviere de Seherbre, appellée auffi Madrebombe. Son nom Das-Piedras vient de la quantité de pierres & de rochers qui font dans fon lit. Ce fleuve, le premier que l'on trouve après avoir dou blé le cap de Bonne - Espérance, fe fépare en plufieurs bras, & forme diverfes ifles, entre autres celle de Cagafian on Cagacais, où les Portugais ont un fort.* Dapper, Des. de l'Afriq. p. 247.

14. RIO-DA-VOLTA. Voyez VOLTA.

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RIO DE-AGUAS, riviere d'Espagne en Aragon. Elle paffe à Belchitte, & tombe dans l'Ebre, vis-à-vis Velilla. Délices de l'Espagne, p. 634.

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16. RIO-DE-BENIN. Voyez BENIN.

17. RIO-DE-DOS-BOCAS, riviere de l'Amérique méridionale, laquelle eft appellée dans les anciennes cartes riviere du Para. Elle eft formée par la jonction des rivieres de Pacejas & de Guanapa, qui viennent du fud. A fon embouchure, elle fait conjointement avec les rivieres des Tocantins & de Tagipuru l'ifle de Joanès. Cette embouchure a plus de deux lieues de large.

18. RIO-DE-JANEIRO. Voyez JANEIRO. 19. RIO-DE-JUNCKO, riviere d'Afrique, dans la Guinée; fon embouchure, diftante de Cabo-Mefurado de douze ou quinze lieues, eft àd so' de latitude nord, & à 9d 10' de longitude. Son lit, qui n'a que huit pieds de profondeur, eft entrecoupé de bancs de fable, ce qui rend fa navigation dangereufe aux, chaloupes. On reconnoît fon embouchure, laquelle eft d'environ cinq cents pas, à trois grands arbres qui s'élevent au-deflus, & à trois grandes montagnes, qui paroiffent vis à-vis ces arbres; mais qui font fort avant dans les terres. Le terrein du côté de

l'eft eft couvert d'épines & de buiffons, & bien plus élevé que celui du côté de l'oueft,* Corneille, Diction.

20. RIO-DE-LA-GARTOS ou DE-LAGARTOS, riviere de l'Yucatan, dans l'Amérique feptentrionale; fon embouchure eft entre le cap Catoche & le cap de Condécéno, presqu'à égale distance de l'un & de l'autre. On la reconnoît à deux petits bois de mangles fort hauts, qui font de chaque côté. Cette riviere eft petite, mais affez profonde pour les canots. L'eau en eft bonne; & c'eft peutêtre la feule eau douce qui fe trouve fur cette côte, depuis le cap Catoche, jusqu'à trois ou quatre lieues de la ville de Campèche. Les pêcheurs indiens, fujets du roi d'Espagne, font une grande pêche un peu à l'eft de cette riviere. Ils ont fur la côte des pieux pour y pendre leurs filets & des perches pour y faire fécher leur poiffon. Ils vont en mer jusqu'à trois ou quatre lieues, pour pêcher à la ligne des fnapers & des gropers. Depuis que les vaiffeaux des bou caniers, & ceux qui vont charger du bois de campêche, ont pris cette route, ces pêcheurs font devenus très-timides parce que ces vaiffeaux en ont fouvent enlevés. Ils ne découvrent pas plutôt un vaiffeau en mer, qu'ils enfoncent à fleur d'eau leurs canots qui, quand ils font pleins d'eau, ne vont pas plus bas. Ils s'enfoncent eux-mêmes dans leurs canots, & ne laiffent que la tête à l'air, jusqu'à ce que le vaiffeau foir paffé, ou que la nuit foit venue. Ils prennent auprès du rivage avec leurs filets, des fnoucks, des chiens marins & des turpons. On trouve une grande quantité de ces derniers, depuis le cap Catoche jusqu'à Trift, mais dans les endroits feulement où l'eau eft claire & le fond fablonneux.* Dampierre, Divers voyages, p. 19.

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21. RIO DE-LA-GRACE, petite riviere d'Afrique, au pays des Jalofes, à trois lieues de Junala, & dans le voifinage de Punto-Sereno. Elle fépare les royaumes d'Ale & de Juala. Au-devant de fon embouchure eft un banc, dont le fable paroît fec quand les eaux font plus balles que ce banc. Alors il fort de ce fable de l'eau fraiche, aufli douce que celle d'une fontaine. * Dapper, Descr. du pays des Jalofes, p. 231.

22. I. RIÓ-DE-LA-HACHA, riviere de l'Amérique méridionale, au nouveau royaume de Grenade, dans le gouvernement auquel elle donne fon nom. Eile court en ferpentant du fud oriental au nord occidental, & fe jette dans la mer du nord au fond d'une grande baye.* De l'Ifle, Atlas.

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23.II. RIO-DE-LA-HACHA, gouvernement de l'Amérique méridionale, dans le nouveau royaume de Grenade. Au nord il eft borné Au nord il eft borné par la mer du nord; à l'eft par un grand golfe qui fe fépare du gouvernement de Venezuela; au fud l'audiance de Santa-Fè; à l'oueft par le gouvernement de Sainte Marthe. Cette province eft fertile en toutes fortes de fruits d'Espagne. Il y a des veines d'or & de fort bonnes falines. On y trouve diverfes bêtes féroces, furtout des tigres & des ours, & les rivieres font pleines de crocodiles.

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24. III. RIO-DE-LA-HACHA, ville capitale du gouvernement de même nom, & fituée fur la riviere auffi de même nom, desquels il eft parlé dans les deux articles précédens. Les Espagnols l'avoient nommée d'abord Nuestra Senora de las Nievas, enfuite Nuestra Senora de los remedios. Elle eft fur une colline à mille pas de la mer du nord, & n'a guères que cent maifons. Elle étoit autrefois très-riche, à caufe des perles qu'on y trouvoit en abondance; mais cette pêche à préfent produit très-peu. Les fauvages, qui s'en occupent, demeurent à fix lieues à l'éit de la ville, dans une bourgade appellée la Rancherie. A cinq lieues fuivant la côte & à quatre du rivage, est une autre bourgade, nommée Tapia. Les Espagnols y ont quelques cenfes.* De Laet, Descr. des Indes occident. 1. 8,

C. 12.

25. RIO-DE-LAS-BORRERAS-ROXAS, c'eft-à-dire, Rivieres des fables rouges, riviere de la baffe Ethiopie en Afrique. Son embouchure forme trois petites ifles, & le golfe nommé Baja de las Almadas, c'est-à-dire, la Baie des Canots, parce que c'est là qu'on en conftruit, & que le port eft bon pour tous les petits bâtimens.* Dapper, Desc. de la baffe Ethiopie, p. 343.

26. RIO-DEL-NORTE. Voyez au mot RIVIERE, l'article RIVIERE DU NORD,

27. RIO-DEL-ORO, riviere fur la côte occidentale d'Afrique, entre le cap Blanc & Bajador. Les Portugais l'ont ainfi nommée, parce que ce fut près de cette riviere

qu'en 1442, Gonçales & fes compagnons reçurent des Mau res un préfent en poudre d'or, dont ils n'avoient point encore vu. Cette riviere coule enyiron fix lieues dans les terres. * Hift. des voyages, t. I.

28. RIO-DE-LAS-ILHEOS. Voyez ILHEOS. 29. RIO-DE-LOS-PERDIDOS, c'est-à-dire, Riviere des Perdus, ainfi nommée, parce qu'un bâtiment espagnol fit naufrage, & que tout l'équipage y périt. Elle ett fur la côte de la Floride, entre Penfacola & l'ifle Dauphine, presque à moitié chemin de l'un à l'autre. Le pere Char* levoix, Journal.

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30. RIO-DE-OSTROS, riviere d'Afrique au pays des Jalafes, ainfi nommée par les Portugais, parce qu'on y pêche beaucoup d'huitres. * Dapper, Desc. du pays des Jalofes, p. 331.

31. RIO ou RIVO-DEL-SOLE, anciennement Digentia, riviere d'Italie dans l'état de l'Eglife. Elle coule dans la Sabine, & fe décharge dans le Teverone. Voyez DIGEN

TIA.

32. RIO-DE-PLATA. Voyez PLATA.

33. RIO-DOCE, riviere de l'Amérique méridionale, dans le Bréfil. Sa fource eft avant dans les terres; & fon cours eft, en ferpentant, de l'oueft à l'eft. Elle reçoit des deux côtés plufieurs rivieres; arrole la Capitainie de Spiritu fanto, qu'elle fépare de Porto-Seguro, & va fe perdre dans la mer.

34. RIO-DOLCE, riviere de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, au gouvernement de Vera-Paz. Elle court du nord occidental au nord oriental, & tombe dans un petit golfe, qui communique avec celui de Honduras.

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35. RIO-DOS-SAVENS ou RIO-DOS-SAVOLAS, c'est-à-dire, Riviere des Alofes; nom qui vient de l'abondante pêche, qui s'y fait de cette forte de poiffon; riviere d'Afrique, au royaume de Maroc. Elle fort du mont Gabel-el-Hadi, & fe jette dans l'océan près d'Amama, après avoir baigné la province de Hea. * Dapper, Desc. du roy. de Maroc, p. 127.

36. RIOL-EL-REY, riviere d'Afrique au royaume de Benim. Elle eft fort large, avec trois braffes de profondeur fur un fond bourbeux. De l'Ifle, Atlas.

de l'autre. L'une fort au-deffus de la ville de Popayan, dans une vallée qui s'étend du pied des Andes jusqu'au village de Cotura; & coule dans un petit canal à travers de vaftes campagnes de la province de Cali. Elle reçoit bientôt divers ruiffeaux & torrens, qui coulent des montagnes, & qui la groffiffent tellement, qu'au deffous de la ville de Cali, elle eft une grande riviere: enfuite augmentée de plufieurs autres rivieres, elle paffe près de Butira & de fanta-Fè-de-Antiochia, où les Indiens la nomment Cauca, & fe joint à l'autre branche à neuf lieues au-deffous de la ville de Mopax. La fource de cette autre branche est à l'est des Andes, au-deffus de la ville de Timana; de forte que ces deux branches féparées par une chaîne de ces hautes montagnes, font éloignées d'environ quarante lieues l'une de l'autre. Rio-Grande traverse plufieurs provinces du nouveau royaume de Grenade, où les Sauvages lui donnent divers noms; & fe décharge dans la mer du nord par deux ou trois embouchures. Les petites barques remontent cette riviere jusqu'à cent lieues dans les terres. Elles portent toutes les marchandifes d'Europe, foit à force de rames, foit tirées avec des cordes. Ce transport, fuivant la distance des lieux, dure quelquefois jusqu'à deux mois. A l'égard des marchandifes du nouveau royaume de Grenade, que l'on conduit à la mer, il ne leur faut ordinairement que trois femaines pour descendre. * De Laet. Desc. des Ind. occident. 1. 8, c. 17.

42. III. RIO GRANDE, riviere de l'Amérique méridionale au Bréfil, nommée par les Sauvages Poteingi ou Potigi. L'entrée en eft fort difficile; enfuite elle est belle & fuffifamment profonde. Les François avoient coutume d'y aborder, après avoir quitté la riviere de Janvier. Alliés des fauvages Pétiguares, ils avoient bâti des maisons fur le bord de Rio-Grande. Le roi d'Espagne, ne les voulant point avoir fi voifins, chargea en 1597 le gouverneur de Paraiba de les en chaffer. Ils s'y maintinrent cependant jusqu'en 1601 qu'ils fe retirerent. Le cacique des Petiguares fe rendit alors vaffal du roi d'Espagne, & les Espagnols bâtirent fur le bord de la riviere un fort, où fut mis un nouveau capitaine, qui a le dixiéme rang parmi ceux du Bréfil.

43. IV. RIO GRANDE capitainie dans l'Amérique méridionale, au Bréfil. On vient d'en voir l'origine dans l'article précédent Elle est bornée au nord par le pays des Patuguei, à l'eft par la mer du nord, au fud par la capitainic de Tamaracas, à l'oueft par la nation des Tapuyes. Les Portugais y font en petit nombre. Soixante ou quatrevingts foldats compofent la garnifon du fort; & le village voilin n'a que très-peu d'habitans, avec un ou deux moulins à fucre; & quelques métairies, où l'on nourrit des brebis. On trouve peu d'Indiens dans ce canton, parce qu'on en a d'abord maffacré une prodigieufe quantité, & que la plupart des autres, en haine des Portugais, fe font retirés chez les Tapuyes. * Ge- retirés chez les Tapuyes. * De l'Ifle, Atlas. De Laet, Desc. des Ind. occid. l. 16, c. 5.

37. RIO-FORMOSO, riviere des Indes dans la presqu'ifle de Malacca. Elle coule au pied d'une montagne, & fe jette dans le détroit de Malacca, à l'eft de la ville de ce nom. Sa fource eft en avant dans les terres. Elle eft profonde, & bordée de quantité de belles cannes, que les habitans de Malacca coupent pour en commercer. Il y en a d'affez groffes fans aucun noeud ; & l'on s'en fert au lieu de bâtons. D'autres très-menues & très-fouples ont environ dix huit palmes de long; fendues en deux, elles fervent à différens ouvrages. On les fend même affez fines pour en faire des cordes & du fil. Elle fe plient comme l'on veut fans fe rompre, & l'on peut aifément coudre avec.* Gemelli Careri, Voyage autour du monde, t. 3, p. 353.

38. RIO-FRAMO, lieu d'Italie en Piémont, près de la ville d'Afti, en latin Rivus Francorum. Son nom lui vient d'une victoire fignalée, que Grimoald, roi des Lombards, remporta dans cet endroit fur les François.* Paul Diacre, Hiit. Langobard. 1. 5, c. 5. Leandro Alberti, Ital. fol. 382.

39. RIO-FRIO. Voyez ALHAMA.

40. I. RIO-GRANDE, grande riviere de la côte occidentale d'Afrique. Elle court de l'eft à l'oueft, jusqu'à l'ifle de Biffagne, qu'elle forme; au-deffous de laquelle elle tourne au fud, & va tomber dans la mer entre l'ifle de Bulam & le cap de Tambuly. Elle eft navigable, du moins pour les petits bâtimens jusqu'à cent cinquante lieues de fon embouchure. Ses bords font très-peuplés, & couverts de gros arbres propres à conftruire des vaiffeaux. * De 'Ifle, Carte de la côte d'Afrique, corrigée fur les manuscrits du dépôt des cartes de la marine.

41. II. RIO-GRANDE, riviere de l'Amérique méridionale, au nouveau royaume de Grenade. La grandeur de fon canal lui a fait donner ce nom. On lui donne auffi ceux de RIO-DE-LA-MAGDALENA, parce que les Espagnols découvrirent fon embouchure le jour de fainte Magdelène, & de RIO-DE-SANTA-MARIA, parce qu'elle descend le long de la province de ce nom, qu'elle fépare de celle de Carthagène. Ses fources font dans le Popayan. Elle eft formée de deux grandes rivieres, qui naiffent fort loin l'une

44. V. RIO-GRANDE. Voyez au mot PUERTO l'article PUERTO-DE-SAN-PEDRO.

45. RIO-LONGO ou R10-MORENO, riviere d'Afrique, au pays de Benguela. Son embouchure eft à 11d4' de latitude méridionale. Elle eft à cinq lieues de la baye de Benguela-vieilla, & à 8 de Manikicongo. Elle a fi peu de fond, qu'un esquif peut à peine y paffer. Les Négres la remontent pourtant avec leurs gangales. Les Portugais ont tenté de pénétrer dans cette riviere: mais les écueils, les bancs de fable, & la force de la marée ont rendu leurs tentatives inutiles.

46. RIO MARTIN, riviere d'Espagne, au royaume d'Aragon. Sortie des montagnes de Segura, elle pafle à Montalvan & à Hijar, & fe jette dans l'Ebre, à l'oueft de Caspe.* Délic. de l'Espag. p. 634.

47. RIO-MENOCH. Voyez Rio-AQUADO. 48. RIO-MORENO. Voyez R10 LONGO. 49. RIO - NEGRO ou RIVIERE - NOIRE, riviere de l'Amérique méridionale. Sa fource, la même que celle de l'Yupara & de l'Orinoque, eft à l'eft de Pafto dans la province de Macoa. L'on a dit ailleurs que la Caqueta fe partage en trois branches, dont la feconde eft Rio-Negro. De l'ille fait courir Rio-Negro du nord au fud. Il vient de l'oueft; & court à l'eft, en tirant un peu vers le fud. Il entre fi parallelement dans l'Amazone, que fans la transparence de fes eaux, on le prendroit pour un bras féparé de ce fleuve par une ifle. Les Portugais ont, à 3d 9' de lati

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RIO

tude, un fort fur le bord feptentrional de Rio Negro. C'eft, aux miffions près, leur premier établissement en descendant l'Amazone. Depuis plus d'un fiècle qu'ils fréquentent Rio-Negro, ils y font un grand commerce d'esclaves. On avoit douté jusqu'à présent de la communication avec l'Orénoque; mais en 1743 les Portugais ont été du fort, dont on vient de parler, dans cette derniere riviere fans débarquer.* MS. De la Condamine, Voy. de l'Amérique. 50. RIO-REAL, riviere du Bréfil, dans l'Amérique méridionale: fa fource eft mal connue. On prétend qu'elle a des bras qui s'étendent 150, 200 & même 240 lieues dans les terres, & qu'elle court long-tems avec la riviere de S. François. Elle fépare la capitainie de la Baie de celle de Sérégippe; & tombe dans la mer aux confins de ces deux capitainies.

51. RIO-SAINT-ANDRÉ, riviere d'Afrique, dans la Guinée, donnant fon nom à la côte voifine jusqu'à certaine diftance. Elle eft entre le cap des Palmes, & celui des Trois-Pointes, environ une lieue & demie à l'est-nordeft du grand Drevin. A cinquante pas au-deffus de l'embouchure de cette riviere, eft une pointe que la mer & la riviere environnent de tous côtés, à la réserve d'un ifthme de douze à quinze toifes de large, par lequel elle tient à la terre. Le deffus eft plat, & fait une esplanade d'environ quatre cents toifes de circonférence, affez élevée pour commander de tous côtés, & affez éloignée de toute hau teur pour n'être commandée de nulle part. Cet endroit eft de toute la côte le plus propre à placer une forterelle. La pointe escarpée & coupée presque par-tout à plomb, n'eft abordable que du côté de l'ouest, c'eft-à-dire de la riviere, où la pointe eft un peu moins rude; & par où l'on pourroit hazarder d'y grimper, fi cet endroit n'étoit pas défendu par des rochers pointus femés dans le lit de la riviere, l'espace de cinquante à foixante pas. Le courant de la riviere & les flots de la mer s'y brifent avec tant de violence, qu'aucun espéce de bâtiment ne peut risquer d'ellayer de prendre terre en cet endroit. L'on ne peut donc arriver fur la pente que par l'ifthme, que l'on couperoit aifément par un foffé profond. Tout ce terrein ifolé de cette maniere, n'auroit befoin pour être défendu par peu de gens, que gens, que d'un pan de mur à angle rentrant pour y placer une porte avec un pont-levis. C'en feroit affez pour le mettre à l'abri des négres de ces quartiers, gens féroces & de mauvaife compofition, comme l'ont éprouvé les Hollandois, dont ils mangerent quatorze en un feul repas. La riviere qui pafle au pied du rocher eft falée : mais à cent pas de l'ifthme eft une fource d'excellente eau douce, qui ne tarit jamais. Le pays d'ailleurs eft admirable. La riviere de Rio-Saint André qui vient du nord-oueft, eft confidérable par elle-même, avant d'avoir, à une lieue de fon embouchure, reçu les eaux d'une autre riviere, qui vient du nord-eft. Elles font bordées l'une & l'autre de grands arbres, avec des prairies & de vaftes campagnes. Le terrein, gras, profond, & coupé des ruiffeaux, eft naturellement fertile. Le riz, le miel, le mahis, les pois, les patates, les melons, en un mot tous les légumes y viennent très-bien. D'espace en espace font des bouquets de palmiers, d'orangers, de citroniers, de cotoniers, qui fans culture portent d'excellens fruits. Il y a auffi une espece particuliere de noiers, dont les noix, plus petites que les nôtres & n'ayant point de zeft, ont la chair très-approchante de celle de nos meilleures amandes. Les cannes à fucre y viennent naturellement, dans une abondance prodigieufe, plns grandes, plus groffes & plus fucrées que celles d'Amérique. Le pays abonde d'ailleurs en bœufs, chèvres, moutons, cochons & toutes fortes de volailles, qui fe donnent presque pour rien. Le plus beau bœuf n'y a jamais valu qu'une douzaine de couteaux à deux fols piéce, & le refte à proportion.

par

Les négres de Rio-Saint-André vont nuds, à la réferve d'un très-petit morceau de toile par devant. Les gens de diftinction feuls s'envelopent d'une ou de deux paignes; & portent un poignard & un couteau à leur côté. Ils font grands, bien faits & robuftes, avec de l'esprit & du courage. Trompés par les Européens, qui en ont enlevé plufieurs, ils font très-défians Les femmes font ordinairement d'une taille petite, déliée & bien prife. Elles ont de très-beaux traits, les yeux beaux & très-vifs, la bouche petite, & les dents extrêmement blanches. Enjouées, vives, ingénieufes, fines, elles ont une phifionomic libertine, qui tient ce qu'elle promet. Tous les négres de ces

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quartiers, fut-tout du côté de l'eft, aiment beaucoup les menilles de fer & de cuivre, garnies de petites fonnetes ou de grelots. Les femmes s'en garniffent les jambes au-desfus de la cheville, & les bras au-deffus du poignet du coude, & trouvent que cela fait un charivari très-agréable quand elles danfent. C'eft un exercice qui leur plaît tant, que, lorsqu'elles ont travaillé toute la journée, elles fe délaffent par cinq ou fix heures de danfe.

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Il y a fans doute dans le pays des éléphans prodigieux. Les négres en fourniflent des dents, qui pefent plus de deux cents livres. On traite encore à Saint André de captifs & d'or. On ne fait pas fi l'or eft du pays même. Quand on demande aux négres d'où ils le tirent, ils montrent de hautes montagnes du côté du nord-eft, qui ne paroiffent éloignées que de quinze à vingt lieues. Labat, Voyage de Guinée, t. 1, p. 183.

née. Son embouchure eft à douze lieues de celle de Rio52. RIO-SANGUIN, riviere d'Afrique, dans la GuiSextos, à 5d 12' de latitude feptentrionale, & à 12d de longitude. Il faut faire le fud durant quatre heures, pour éviter des roches dangéreufes, qui font à l'eft de Rio-Sex-. tos. On prend enfuite l'eft-quart-fud, pour arriver à RioSanguin. Cette riviere court fud-fud-eft & nord-nordoueft. Les barques remontent à douze ou quinze lieues audeffus de l'embouchure, laquelle a cinq à fix cents pas de large. Au bord de la mer eft un affez gros village, fitué très-agréablement entre les grands arbres, dont la riviere eft bordée de tous côtés. C'eft à Rio-Sanguin que la côte de Malaguette ou Maniguette commence, pour s'étendre l'espace de foixante lieues jusqu'au cap de los Palmas. Elle est arrofée de quantité de rivieres & de embouchures desquels font des villages, qui portent les gros ruiffeaux, aux noms de ces mêmes rivieres ou ruiffeaux. En fuivant la côte de l'eft à l'oueft on trouve les rivieres & les villages de Seftrokrou, de Brova, de Baffon, de Zino, de Waro, de Batow, du grand-Seftre ou grand-Paris, du petit Seftre ou petit-Paris, de Goyane, &c.

Les François avoient autrefois un établissement à RioSanguin; mais durant les longues guerres que la France eut à foutenir, les Portugais les en chafferent, ainfi les autres établiffemens qu'ils avoient fur les côtes de Guique de tous née. Maîtres de tout ce pays, & n'y craignant point de compétiteurs, les Portugais y firent un commerce immenfe, & maltraiterent extrêmement les naturels du pays. Les richeffes des Portugais exciterent la jalousie des Anglois & des Hollandois, qui s'étoient jusque-là contentés de troubler leur commerce par l'enlevement de quélques vaisfeaux, & le pillage de quelques comtoirs écartés & de peu de défenfe En 1704, ils s'unirent pour attaquer les Portugais à force ouverte. Ils les chafferent de tous les forts & de tous les comtoirs qu'ils avoient fur la côte, & les forcerent de fe retirer bien avant dans les terres ; & pour s'y maintenir de s'unir intimement aux négres par des traités & des mariages. Delà viennent tous ces Portugais mulâtres,

que

l'on trouve dans tous ces cantons, & que ceux de Portugal traitent comme leurs freres, qu'ils reconnoiflent pour Fidalques ou gentils-hommes, qu'ils honorent de l'ordre de Chrift, qu'ils admettent aux ordres facrés, & qu'ils font gouverneurs des places qu'ils ont dans l'intérieur du pays, & des établissemens en petit nombre qui leur restent fur les côtes. * Labat, Voy. de Guinée, t. 1, p. 160.

53. RIO-SEXTOS, riviere d'Afrique, dans la Guinée. Les Hollandois la nomment riviere de Seftre, & les François fimplement Seftre. C'est là que les Portugais virent, pour la premiere fois, de ce petit poivre, qu'on appelle graine de paradis, malaguette ou maniguette, d'où la côte a pris le nom de côte de Malaguette ou Maniguette. Les Hollandois l'appellent la côte du Grain, & les Portugais la côte de Sextos. La fuperficie de la graine de maniguette eft raboteuse, avec quelques élévations très-pointues, mais dont le nombre n'eft pas toujours le même. Les Portugais ayant jugé à propos de le fixer à fix, en ont pris occafion de nommer à leur maniere la côte & la riviere. Ainfi quand ils difent côte de Sextos ou Rio-Sextos, ils veulent dire côte ou riviere de la graine à fix pointes. * Labat, Voy. de Guinée, t. 1, p. 147.

Cette riviere, dont l'embouchure eft à dix lieues à l'eft du petit Dieppe, & paroît avoir trois quarts de lieue, vient du nord-nord-oucft. Elle eft bordée de grands arbres de chaque côté. On prétend qu'elle a affez d'eau pour.

porter une barque jusqu'à vingt lieues au-deffus de fon embouchure. Elle eft enfuite coupée par des bancs & des feches, qui ne peuvent porter que des canots. Cela n'empêcheroit pas qu'on ne s'y établit, fi l'on y pouvoit entretenir un commerce. Les Anglois y ont eu un comtoir, dont on voit encore les mafures. Les habitans de ces quartiers font brutaux; & le commerce, qu'on peut faire avec eux, eft difficile à cause de la groffe mer qui regne fur la côte. Le meilleur mouillage ett devant l'embouchure de la riviere, à une lieue de terre, fur douze braffes d'eau, ayant les rochers du nord-ouest au nord-quart-de-nord-oueft. Mais il faut fe défier d'un banc qui eft au nord-oueft, & qui s'avance une lieue en mer. Il y a fur ce banc cinq, fix, a fur ce banc cinq, fix, fept & huit braffes d'eau, fond de roches pointues; de forte que pour naviger avec fureté, on ne doit point ranger cette côte, à moins de deux lieues au large. Les courans le long de cette côte porte fud-eft & nord-oueft avec force, & les marées dans la riviere font de fix heures. Voici trois reconnoiffances très importantes pour ceux qui n'ont jamais mouillé à la rade de Rio-Sextos.

La premiere eft une montagne enfoncée dans fon milieu, & lorsqu'on eft à fix lieues au large, la côte paroît baffe & toute bordée d'arbres. La feconde reconnoiffance eft que, lorsqu'on n'eft plus qu'à une lieue de la riviere, la terre paroît double, la montagne plus longue, l'enfoncement moins confidérable, & la côte baffe bordée d'arbres. La troifiéme reconnoiffance c'eft que lorsqu'on eft par le travers de la riviere, on voit un cap fur lequel il y a un gros arbre; au pied & derriere on apperçoit un village. La côte eft toute bordée d'arbres, & la montagne paroît encore plus longue, l'enfoncement moins fenfible, & dans l'éloignement.

L'entrée de la riviere eft au fud- eft -nord-d'ouest: elle a près d'une lieue de largeur ; mais il y a fous l'eau des roches & d'autres qui fe découvrent. La paffe, qui eft plus près de l'arbre que du côté oppofé, a trois braffes d'eau, puis cinq, fix & fept; ce qui fuffit pour toutes fortes de barques. On voit à droite trois villages affez voisins. Entre le premier & le fecond, eft un petit étang d'eau douce, & un autre à une lieue & demie plus loin fur la langue de terre, qui forme l'entrée de la riviere. Le commerce fe fait au village du milieu, lequel eft grand, & les cafes y font comme à Mefurado. Lorsqu'on eft par le travers du fecond étang, on voit que la riviere fait un coude, & qu'elle court nord & fud. Elle a presque une lieue de large, & au moins cinq braffes de profondeur, jusque devant le village du roi, qui eft à près de trois lieues de la pointe de la gauche, & environ à cinq de l'embouchure de la riviere. Le terrein où eft fitué le village du roi, & un autre village, diftant d'une lieue, eft uni & bas, gras & profond, mais fouvent noyé. On y feme du riz qui vient en perfection.

Les négres de cet endroit font grands & bien faits, forts, & ont l'air martial. Ils font braves, & font fouvent des courfes fur leurs voifins, pour enlever des captifs. C'est ce qui empêche les marchands négres de venir commercer avec eux, & ce qui les prive du commerce de l'or qu'ils feroient comme leurs voifins. Ils en ont pourtant, mais ils le gardent. On trouve chez eux de l'yvoire qui eft fort beau : ils en reglent le prix, felon le befoin qu'ils ont des marchandifes d'Europe. Quand ils en manquent leur morphil eft à bon marché; mais quand ils en font fournis, ils tiennent le morphil fort cher. Leurs autres marchandises font la maniguette ou poivre de guinée, le riz, le mahis, les volailles, les beftiaux ; toutes ces chofes à grand marché. Outre ces marchandises, on trouve dans Rio Sextos des cailloux, de même espece à peu près que ceux de Médoc, mais plus durs, plus beaux & ayant beaucoup plus de feu. Ils font plus aifés à tailler que le diamant. Quand on leur donne un fond, ils font un très-bel effet.

La plupart des négres de ce canton font pêcheurs. On voit tout les matins fortir de la riviere une petite flotte de canots, qui fe disperfent de tous côtés pour pêcher à la ligne. La côte eft fi poifonncufe, qu'ils reviennent toujours chargés de poiffons, dont ils donnent une certaine quantité au roi. Le prince chez eux eft fort abfolu. Il eft rare qu'il condamne à mort les criminels. Son intérêt eft de commuer la peine de mort en un banniffement perpétuel hors du pays, c'eft-à-dire, à l'esclavage, parce qu'il vend les bannis aux Européens, & profite du prix de la vente. Ces peuples font fort obligeans. Il ne faut qu'un verre d'eau de

vie, pour en tirer une infinité de fervices; car ils aiment cette liqueur fur toutes chofes. Ils ont retenu des François, qui ont demeuré parmi eux, la coutume de porter des noms de faints, quoiqu'ils ne foient pas chrétiens, & qu'ils ne marquent aucune dispofition à le devenir. Rien de fi commun que d'en trouver qui fe nomment Pierre, Paul, Jean, André, & autres noms de faints, auxquels les maîtres des villages & les gens de quelque diftinction ajoutent la qualité de capitaine. Quand quelque Européen leur plaît, c'est-à-dire, quand il les a fait boire, ou qu'il leur a fait quelque préfent, ils lui demandent fon nom & le prennent, ou le font porter à leurs enfans. Il y en a même plufieurs, qui depuis plus d'un fiécle, ont des furnoms françois héréditaires dans leurs familles. D'autres en portent de portugais, d'anglois ou de hollandois, felon qu'ils ont été bien avec ces peuples.

54. RIO-TINTO, riviere d'Espagne, dans l'Andaloufie, appellée auffi AZIGE, & par les anciens Vrium. Son cours eft parallele à celui de l'Odier, & elle fe jette dans l'océan, tout près de l'embouchure de cette derniere riviere. Son eau, dit-on, pétrifie son fable, mais elle est trèsmauvaise, nuifible aux herbes & aux racines des arbres, & d'une telle amertume, qu'on n'en fauroit boire. Elle ne nourrit aucun poiffon, & ne porte rien qui ait vie. On prétend feulement qu'elle fert de médecine aux bœufs qui la boivent, lorsqu'ils font atteints de quelque mal.

55. RIO-TURBIDO, riviere d'Italie, dans l'Orviétan. Elle coule du fud occidental au nord oriental, & fe jette dans le Tibre à la droite, un peu au-deffous d'Agliano.

56. RIO-VERDE, que les François appellent quelquefois riviere verte, ruiffeau de l'ifle de Saint-Domingue, dans le quartier de Sant-Jago de los Cavalieros. Il a fon cours presque parallele à celui de la riviere d'Yaque ou de Sant-Yago, aux environs de la ville de ce nom, au-deffus de laquelle eft fa fource, à quatre lieues du côté du midi oriental. A même diftance, au-deffous de cette ville, il se jette dans la riviere, à la droite. On dit qu'il y avoit fur les bords de ce ruiffeau une mine d'or, dont le principal rameau étoit de trois pouces de circonférence, d'un or très-pur, maffif & fans mélange d'aucune autre matiere. On ajoute qu'il traîne une quantité prodigieufe de grains d'or, mêlés dans fon fable. * Frezier, Carte de l'ifle de Saint-Domingue. Le pere de Charlevoix, Hift. de l'ifle de Saint-Domingue.

1. RIOJA, ville de l'Amérique méridionale, bâtie vers 1596, par dom Jean Ramirez, gouverneur du Tucuman, à peu près à l'entrée d'une plaine, qui s'étend presque jusqu'à la Cordilliere du Chili, par les 30d de latitude fud; & affez près de l'endroit où étoit auparavant une autre ville, qui n'a pas long-tems fubfifté, & qui portoit le nom de Tous-les-Saints. Charlevoix, Hift. du Paraguay.

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2. RIOJA. Voyez RIOXA.

RIOM, ville de France, en Auvergne, dont elle est la feconde ville. Elle eft à deux lieues de Clermont. Son nom latin eft Ricomagus, c'est-à-dire, ville riche. Ce nom de Ricomagus fut corrompu il y a fept à huit cents ans, en celui de Ricomum ou Riomum, d'où RIOм. Grégoire de Tours fait mention de cette ville en plufieurs endroits de fes ouvrages, où il rapporte les miracles de S. Amable prêtre & patron de Riom. * Longuerue, Desc. de la France, part. 1, p. 135.

Le roi Philippe-Augufte, ayant affiégé cette ville, ne s'en rendit maître, après plufieurs affauts, que par capitulation. Il en emmena quarante orages, qu'il retint longtems en prifon à Paris. Riom fut très-peuplé fous les ducs d'Auvergne, de la maifon de France, lesquels étoient fils & petits-fils du roi Jean. Leur réfidence en cette ville y attira les plus grands feigneurs de la province, qui compofoient leur cour. On y voit encore les hôtels de Blot, de Fleurat de Montboiffier, & des anciens Chazerons fondus dans Monetay. * Piganiol, Descr. de la France, t. 6,

P. 328.

Aujourd'hui Riom eft confidérable par fa fénéchauffée par fon préfidial, dont le reffort eft un des plus étendus du royaume, par fon bureau des finances, par une chambre des monnoies, & par trois chapitres. Une de ces églifes collégiales porte le nom de S. Amable, le patron de la ville. Elle fut bâtie par ce faint, & dédiée fous l'invocation de S. Benigne. S. Gal, qui fut enfuite évêque d'Auvergne, n'étant qu'archidiacre, trouva que cette églife

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