Images de page
PDF
ePub

titres font: Ab illuftriffimo viro Nigello, fub titulo fancti Salvatoris, vice-comitis. Le pere du Mouftier, auteur de Neuftria pia, ajoute, arbitror hunc effe Nigellum qui bello paceque clarus toties memoratur fub nomine Nigelli, prafidis Conftantinienfis. Ceux de la famille de Harcourt ont été feigneurs de Saint-Sauveur le Vicomte, comme il paroît par ce que dit Froiffard. Depuis la descente d'Edouard, roi d'Angleterre, en Normandie, conduit par Geoffroy de Harcourt, feigneur de Saint-Sauveur le Vicomte, cette ville a été long-tems poffédée par les Anglois, fur lesquels elle fut reprise en 1450.

2. SAINT SAUVEUR, abbaye de religieufes, de l'ordre de faint Benoît, dans la ville de Marfeille, & dont on attribue la fondation à Caffien. En 1678 elle fut érigée en abbaye royale.

3 SAINT SAUVEUR D'ANIANE : c'eft la même que SAINT BENOÎT D'ANIANE. Voyez ANIANE.

SAINT-SAUVEUR - LANDELIN ou LENDELIN, bourg de France, en bafle Normandie, dans le territoire de Coutance. Le roi Charles VI l'érigea en comté, & il fut donné à Louis d'Orléans pour fupplément d'apanage, en échange du duché de Touraine. Il y avoit bailliage & vicomté. L'un & l'autre ont été transférés au bourg de PERRIERES, qui eft plus avant dans les terres, de la dépendance de l'abbaye d'Evreux.

5. SAINT-SAUVEUR SUR DIVE. n°. 3.

6. SAINT-SAUVEUR, en Afrique, au Congo.

7. SAINT-SAUVEUR, en Amérique, entre les Lucayes.

l'entrée

fert de digue contre la mer. Son port eft un baffin que l'Ocean y forme, en pouffant fes ondes affez avant du côté de la ville; & on l'a fait plus large & plus profond, afin de le rendre plus affuré. Il est formé de deux moles, qui ne laiffent qu'autant d'espace qu'il en faut pour d'un navire; & les bâtimens y font à l'abri des vents, au pied de la montagne qui les couvre. Malgré cette précaution, on y a fenti quelquefois des ouragans fi furieux, qu'ils ont fracaffé jusqu'aux bâtimens qui y étoient à l'ancre. Mais ces cas n'arrivent que rarement. On voit fur le port une groffe tour carrée, où on tient toujours garnison. Les vaiffeaux de Les vaiffeaux de guerre ne font pas à Saint-Sebastien mais à Paffage, qui eft un autre port, ou une plage, à un quart de lieue de cette ville, tirant vers Fontarabie. C'est là que le roi d'Espagne tient l'escadre qu'il a fur l'Ocean. La ville de Saint-Sebastien eft environnée d'un double mur: celui qui regarde vers la mer eft fortifié de bastions & demi-lunes, avec du canon; & il n'eft permis à aucun étranger d'aller deffus. Les rues y font longues larges & fort droites, pavées d'une grande pierre blanche fort unie, comme celle de Florence. On a foin de les tenir toujours nettes. Les maifons en font affez belles, & les églifes fort propres, avec des autels de bois, chargés, depuis la voute jusqu'en bas, de petits tableaux, dont la plupart repréfentent le bienheureux faint Sebaftien, patron de la ville, attaché à une colonne & percé de fléches. Les dehors de la ville font fort agréables; on y a d'un côté la vue de la mer, & de l'autre les Pyrénées au bout d'une Voyez SAN campagne fablonneufe. Il s'y fait un grand commerce qui y attire beaucoup de monde: de là vient qu'encore qu'elle eft extrêmement peuplée, plusieurs familles demeurent dans une même maison, & un marchand étranger eft obligé d'y loger chez un bourgeois, ne pouvant tenir maifon à part. Il y a plufieurs Flamands qui y vivent de cette maniere. Ce qui a donné lieu à cette coutume, c'est qu'au commencement qu'ils y ont trafiqué, ils donnoient à leur hôte, par pure gratification, un pour cent de toutes les marchandifes qu'ils vendoient, & ces avides Biscayens ont fait cet ordre pour fe conferver un pareil profit. Audeffus de la montagne, au pied de laquelle eft la ville, on voit une citadelle fort élevée, qui la commande, munie de piéces de canon, avec une garnifon; & un peu loin de la citadelle un très-joli couvent de religieufes. Il est vis-à-vis de la ville, fur une hauteur, d'où l'on pourroit aifément la battre. La vue de ce lieu eft tout-à-fait charmante. On y découvre tout-à-la fois la mer, des vaiffeaux, des bois, des campagnes & des villes.

Voyez DIVE,

SALVADOR.

8. SAINT-SAUVEUR, riviere de l'Amérique feptentrionale, dans la Gaspefic. Elle fe décharge dans la baye des Chaleurs.

9. SAINT-SAUVEUR, bourg de France, dans le pays de Puifaye, au diocèfe d'Auxerre. On y voit une tour feigneuriale très-ancienne. Ce lieu eft fur une des plus hautes élévations de la Puifaye, qui eft presque dans le centre des Gaules: la riviere de Loin prend fa fource un peu audeffus. Dès le huitiéme fiécle, Hermenold, comte d'Auxerre, y bâtit un monaftère, que l'évêque Maurin foumit à la cathédrale. Depuis, cette petite abbaye tomba entre les mains des feigneurs féculiers, jusqu'à ce que Landry, comte d'Auxerre, la donna environ l'an 1020, à Achard, abbé de faint Germain de la même ville. De-là, l'origine du prieuré de faint Sauveur, dont le prieur a joui de trèsbeaux droits, par accord avec les comtes d'Auxerre. Il y a fous l'églife du prieuré une crypte, qui approche du tems de la fondation : l'églife paroiffiale eft fous le titre de faint Jean-Baptifte. * Notes de M. Lebeuf, chanoine

[blocks in formation]

13. SAINT SAUVEUR DE LEYRA, abbaye d'hommes, ordre de cîteaux, de la congrégation d'Aragon, dans le royaume de Navarre, au diocèfe de Pampelune.

14. SAINT SAUVEUR D'OGNA, abbaye d'hommes, ordre de faint Benoît, de la congrégation de Valladolid, en Espagne, au diocèfe de Burgos, à demi-lieue de l'Ebre. Elle fut fondée en 1011, pour des filles. Elle a fous fa dépendance plufieurs prieurés conventuels.

1. SAINT-SEBASTIEN, ville d'Espagne, dans la province de Guipuscoa. Elle eft médiocrement grande, & a un bon port fur l'Ocean, à l'embouchure de la petite riviere Gurumea, appellée par les anciens Menascum. On ne la voit pas que l'on ne foit tout près, parce qu'elle eft cachée du côté de terre d'une bute de fable, qui en dérobe la vue. Elle est au pied d'une montagne, qui lui

Le plus grand trafic de Saint-Sebastien eft celui du fer & de l'acier, dont on trouve des mines par tout le pays : on y en voit de fi pur, qu'on tient qu'il n'y en a point de pareil dans toute l'Europe; & il eft en fi grande quantité, qu'on en pourroit fournir tous les états voifins. Il s'y fait ausfi un gros commerce de laine, qui vient de la Castille vieille. C'eft par ce canal que viennent en France les fines laines d'Espagne. Tout cela fait comprendre que Saint-Sebastien doit être une ville d'un féjour fort agréable. Le poiffon y eft excellent, & les fruits y font d'un gout & d'une beauté admirables. Les habitans de cette ville ont un privilége fingulier, dont ils fe glorifient beaucoup : lorsqu'ils traitent avec le roi d'Espagne en perfonne, il eft obligé de fe découvrir. Du refte, leur ville eft fous la dépendance de l'archevêque de Burgos. On voit fur la porte l'aigle impériale avec les armes de l'Espagne, & au-deffous celles de la ville. De là à Madrid, il y a quatre-vingt-quatre lieues. Dans tout ce pays, on ne voit que forges & moulins, où l'on prépare le fer; ce qui a fait dire que c'étoit la boutique de Vulcain. Le pere Hardouin croit que SaintSebastien eft le Morosgi de Pline, 1. 4, c. 20.

2. SAINT-SEBASTIEN, ville de l'Amérique méridionale, au Brefil, dans la capitainie de Rio Janeiro, fur la côte occidentale du golfe que forme cette riviere, & à deux lieues de fon embouchure. C'eft le fiége d'un évêque, & du gouverneur de la province. Elle eft dans une grande plaine entourée de hautes montagnes. Elle est grande, bien bâtie, & les rues en font droites. Les maisons magnifiques des jéfuites & des peres bénédictins, qui la terminent des deux côtés, chacune fur une petite hauteur en rendent la vue fort agréable. Elle n'a aucune fortification du côté de la campagne, & elle n'eft défendue que par un petit fort, qui eft au bord de la mer, au bas des

jéfuites.

jéfuites. Ses habitans font propres, & d'une gravité ordinaire à leur nation, qui eft la portugaife. Ils font riches, aiment le trafic, ont grand nombre d'esclaves Noirs, outre plufieurs familles entieres d'Indiens, qu'ils entretiennent dans leurs fucreries ; & à qui ils ne veulent pas ôter la liberté, comme étant naturels du pays. Leurs esclaves font, pour la plûpart, toutes les affaires de la maison ; ce qui rend les maîtres fi mous & fi efféminés, qu'ils ne daigneroient fe baiffer pour ramaffer une épingle dont ils auroient befoin. Le luxe, & le libertinage même, eft fi ordinaire parmi eux, que, fi on en croit le fieur Froger, dans fa relation du voyage de M. de Gennes, p. 73 & fuiv. les bourgeois, même des religieux, y peuvent entretenir des femmes publiques, fans craindre la cenfure & les médifances du peuple, qui leur porte un respect tour particalier. L'impureté, felon cet auteur, n'est pas le feul défaut de ces mauvais moines: il vivent dans une ignorance crasfe: on en trouve très-peu qui fachent le latin, & cet auteur infinue qu'ils ne s'en tiennent pas à la débauche des femmes. Il ne donne pas une grande idée du zéle des cordeliers, des carmes & des bénédictins, pour la conversion des pauvres Indiens, qui, dit-il, ne demandent qu'à être inftruits des vérités de l'évangile. Il n'y a, dit-il, en tout ce vafte pays, que huit ou dix bons peres capucins François, & quelques jéfuites qui s'employent avec zéle à ces

miffions.

De Laet dit que cette ville eft tellement étendue en longueur, qu'à peine on en peut faire le tour en une demiheure, quoiqu'elle n'ait que dix ou douze maifons de largeur. Elle eft divifée en trois parties; dans la haute font, la cathédrale & le collége des jéfuites, fondé par le roi Sebastien. La baffe eft dans la vallée qu'ils nomment Barrio de Sant Antonio. La troifiéme eft au bord de la baye, depuis le château qui eft le plus au dedans des terres, jusqu'au monastère des bénédictins. Il y a quelques moulins à fucre, qui appartiennent à la ville de Saint-Sebastien; mais le principal commerce des bourgeois eft en coton, en bois de Brefil, & en plufieurs autres chofes néceffaires à la vie, dont le lieu abonde.

3. SAINT-SEBASTIEN, ville de l'ifle de Tercere, l'une des Açores. Elle eft petite, & fituée à deux lieues d'Angra, & à une lieue de Villa Praya.

4. SAINT-SEBASTIEN DE BUENA VISTA, c'està-dire, de bonne vue ; ville de l'Amérique méridionale, dans la terre ferme, fur des hauteurs qui font à la pointe orientale du golfe d'Uraba. Ojeda en jetta les fondemens en 1510, & la mit fous la protection de faint Sebaftien, dans l'espérance qu'il garantiroit fa colonie des fléches empoisonnées des barbares. Cette colonie y fouffrit tant de miferes, qu'elle quitta ce lieu, où les Américains mirent auffi-tôt le feu. Ainfi cette ville fut bâtie & détruite la même année.

5. SAINT-SEBASTIEN. (LE CAP DE ) Voyez CAP. SAINT-SEINE, bourg & abbaye de France, en Bourgogne, à deux lieues de la fource de la riviere de Seine, & à cinq de Dijon, fur la riviere d'Ougne, entre deux montagnes. L'abbaye eft ancienne & fondée avant le tems de faint Grégoire, en un lieu nommé Segeftre, Maimont, in Magnipontenfi pago. Son nom latin eft Sicaster ou Segefter, & depuis fancti Sequani monafterium. Saint Seine en fut le premier abbé, vers le milieu du fixième siècle. Elle fubfifte encore aujourd'hui, & eft fous la regle de faint Benoît, dans la congrégation de faint Maur, felon Baillet, qui dit que Maimont, lieu de la naiffance de Saint-Seine, en latin Magnimontium, étoit une petite ville près de là. Il nomme petite ville ce que les autres appellent bourg de Saint-Seine; c'eft le grand chemin de Paris à Dijon.

1. SAINT SEPULCRE, (abbaye de) abbaye de France, dans la ville de Cambray. Cette abbaye prit fa naillance d'une cruelle famine, qui fut fuivie d'une telle peste, , que les cimetieres de la ville ne pouvant contenir le nombre des morts, l'évêque Gérard I fut obligé de l'évêque Gérard I fut obligé de bénir aux fauxbourgs une grande place, à l'entrée de laquelle on érigea une chapelle en l'honneur du faint Sépulcre; Liébert, fon fucceffeur, y bâtit une églife, & y fonda une abbaye de l'ordre de faint Benoît, & la confacra le 28 octobre 1063. Elle fut enfermée l'année fuivante dans la ville. Watier, archidiacre de Cambray, après avoir embelli ce monastère de très-beaux bâtimens, y prit l'habit

vers l'an 1080. L'évêque Nicolas y confacra en l'honneur de la fainte Vierge l'an 1156, ume chapelle, qui étant tombée en ruine, fut réparée par le fameux Wallerand de Luxembourg, fire de Ligney. L'églife qui fe voit à présent, avec le chapitre conventuel & la bibliothéque, doit toute fa gloire à Guillaume Courtois : mais le cloître avec le refectoire & la falle abbatiale, doit la fienne à Nicolas Grifel. La chapelle de fainte Cecile y fut achevée par les foins d'Antoine Grifel. Antoine de Fourvies y renouvella le chœur d'à préfent, qui ne reçut la perfection que par Michel de Sains. Cette abbaye jouit de quinze mille, livres de revenu.* Le Carpentier, Hift. de Cambray, part. :1, c. 8. Piganiol, Descr. de la France, t. 6, p. 161. 2. SAINT SEPULCHRE, au diocèfe de Troyes. Voyez SAMBLIERES.

SAINT SERNIN, ancienne baronnie, érigée depuis peu en marquifat, dans le haut Languedoc, au diocèfe d'Alby.

SAINT-SERVAND, nouvelle ville de France, en Bretagne, au fond de la baye de Saint Malo, à demi-lieue de cette ville. Corneille ne fait cette distance que d'un quart de lieue.

1. SAINT SEVER, ville de France, dans la Gascogne, au diocèle d'Aire. Elle eft fiége d'une fénéchauffée, qui eft du reffort d'Acqs. Cette ville, appellée fouvent cap de Gascogne, eft fituée fur l'Adour, à trois lieues du Mont Marfan, & à fix lieues d'Aire. Elle a pris fon origine & fon nom d'une célébre abbaye de l'ordre de faint Benoît, fondée vers l'an 993 par Guillaume Sanche d'Aragon, duc des Gascons, en actions de graces de la bataille navale par lui remportée, par l'interceffion de faint Sever, fur les Normands, qui vouloient faire une descente dans la Gascogne, & la ravager. Cette abbaye a donné naisfance à la ville de Saint-Sever, qui s'eft formée autour d'elle. L'abbé de faint Sever étoit autrefois l'aumônier né de la cour des ducs de Gascogne. La manse abbatiale est d'environ fix mille livres.

2. SAINT-SEVER, bourg de France, en Normandie, au diocèfe de Coutance. Ce bourg a douze cents vingt habitans. Il eft fitué à huit lieues de Coutance, & à trois de Vire, fur la route d'Avranches, dont il eft à cinq lieues. Il a pris fa naiffance & fon nom d'une abbaye de l'ordre de faint Benoît, fondée par faint Sever, évêque d'Avranches, vers l'an 560. Elle a huit à neuf mille livres de revenu, tant pour l'abbé que pour les moines. Il y a dans ce bourg un marché, plufieurs foires & beaucoup de chaudronniers ; & dans la forêt il y a un monaftère de religieux de la regle de faint Romuald, qu'on appelle les camaldules. La forêt de Saint Sever eft auprès de ce bourg, diocèle de Coutance, confins d'Avranches; elle a quatre lieues de circuit, & renferme le monaftère des camaldules, qui font fix, dont il y en a un prêtre. Ils font dépendans de l'évêque, qui y fait la vifite.

3. SAINT-SEVER DE RUSTAN, ville de France dans la Bigorre, diocèfe de Tarbes. Elle eft petite, & a pris fon nom de faint Sever, d'une ancienne abbaye, dans la vallée de Ruftan, à deux lieues de Tarbes, fur l'Arros. Cette vallée eft le lieu le plus fertile du Bigorre.

L'abbaye, qui eft de bénédictins, fleuriffoit au commencement du dixième siècle. Arfius, qui étoit fon abbé fut prépofé par le comte Sanche, au monaftète de faint Pé de Generez, que ce feigneur avoit fondé. L'abbaye de faint Sever de Ruftan fut ravagée, comme toutes les autres de la Gascogne, par les Sarrafins. Centule, comte de Bigorre, la foumit à faint Victor de Marseille vers l'onziéme fiécle, & en recommanda à Richard le rétabliffement, ce qui fut confirmé par une bulle du pape Urbain II de l'an 1089. Elle eft maintenant unie à la congrégation de faint Maur.

1. SAINT-SEVERIN, abbaye de France, dans le Poitou, au diocèfe de Poitiers. Cette abbaye eft de Chanoines réguliers de l'ordre de faint Auguftin. Elle est située fur les limites du diocèfe de Poitiers & de celui de Saintes, près de la riviere de la Boutonne & du château de Dampierre, à trois lieues de Saint-Jean d'Angely. Elle a embraffé la derniere réforme. On croit que c'eft l'abbaye dont parle Befly dans fon hiftoire des comtes de Poitiers, & qu'il affure avoir été fondée vers l'an 1068, par Geofroy Guillaume VIII, duc d'Aquitaine. Cette abbaye éprouva le même fort que toutes les autres pendant les

guerres de religion. Les proteftans l'ont tellement maltraitée, qu'il n'y reftoit plus qu'un feul chanoine régulier, qui en étoit prieur & curé. Depuis que la réforme y a été introduite on en a rétabli les bâtimens & les lieux réguliers. La manfe abbatiale eft de trois mille li

vres.

[ocr errors]

2. SAINT SEVERIN DE CHATEAU-LANDON, en latin Caftri Nantonis abbatia, abbaye de France, dans le Gatinois, au diocèfe de Sens. C'étoit autrefois une communauté de chanoines féculiers, qui ont embraffé la regle de faint Augustin, & enfuite la réforme de la congrégation de France. Elle reconnoît Childebert I pour fon fondateur. Voyez au mot Caftrum l'article CASTRUM NAN

TONIS.

SAINT SEUILLY, abbaye de France, en Touraine. C'est une abbaye d'hommes, de l'ordre de faint Benoît. Cette abbaye s'appelle Sully. Elle a été fondée par les feigneurs de Montforeau, & les comtes d'Anjou, à qui les abbés rendoient autrefois hommage. Elle a trois religieux, qui avec l'abbé ont trois à quatre mille livres pour

tout revenu.

SAINT-SEVIRE, forêt de France, en Normandie. Elle eft de huit cents arpens & de la maîtrife de Bayeux. SAINT SEVRIN ou SURIN, abbaye de France, en Guienne, près de Bourdeaux. Cette abbaye eft d'hommes. Elle eft fituée près les murs de Bourdeaux. Elle étoit autrefois de l'ordre de faint Auguftin, mais il y a déja longtems qu'elle eft fécularifée. Elle est ancienne.

SAINT-SIDROINE. S. Sidronius, mal écrit SaintCidroine par quelques modernes, village de France, dans le Senonois, à une lieue de Joigny vers le levant, fur le rivage droit de la riviere d'Ionne. On croit que c'eft en ce lieu nommé primitivement Laçon, que fur matyrifé le 3 juillet faint Sidroine, qui lui a donné fon nom. Il y a un prieuré très-ancien de l'ordre de Cluny, dépendant de la Charité fur Loire. C'eft un pays de carrieres de craye. La Roche, hameau fitué un peu au deffus, en dépend.

SAINT SIGISMOND, en latin abbatia fancti Sigismundi prope Ortefium, abbaye de France, dans la principauté de Béarn, au diocèle de l'Escar, près de la Dortès. Cette maison eft de filles, de l'ordre de cîteaux. Elle a été fondée par les comtes de Béarn. On lui a donné quelquefois le nom de SAINTE MARIE DE L'ESPÉRANCE: fa premiere abbeffe le trouve dans l'hiftoire de Béarn, par de Marca, avec celle de la fondation de ce monastère.

SAINT-SIMON, bourg de France, en Picardie, fur la Somme, avec titre de duché-pairie, au diocèfe de Noyon. Ce lieu a cent cinquante cinq habitans. Il a été érigé en duché-pairie, en faveur de Claude de Rouvroy, par Louis XIII, en 1635.

SAINT-SORLIN, bourg de France, en Bourgogne, au diocèfe de Lyon. Ce bourg eft un marquifat; il eft fiége du mandement, & députe aux affemblées du Bugey. 1.SAINT SULPICE, abbaye de France, dans le Bugey, au diocèfe de Bellay. Cette abbaye d'hommes eft de l'ordre de cîteaux. Alphonfe d'Elbene dit que c'étoit auparavant un prieuré de l'ordre de Cluny, qui fut donné en 1130 à l'abbaye de Pontigny, & Amedée II, comte de Savoye, y fonda les religieufes, felon Guichenon: elle eft fituée à trois lieues de Bellay. Le premier abbé s'appelloit Bernard. Il y a eu autrefois en ce monaftère un frere convers nommé Vital, qui a éclaté en miracles pendant fa vie & après la mort. Ce lieu a été fort endommagé par les

calvinistes.

2. SAINT-SULPICE, marquifat de France, dans le Quercy. La paroifle eft de trois cents dix habitans.

3. SAINT SULPICE, abbaye de France, en Bretagne, au diocèle de Rennes. Cette abbaye eft de filles, de l'ordre de faint Benoît, à trois lieues de Rennes, au nord. Le lieu où elle eft fituée s'appelloit autrefois la forêt du Nid de Merle. Elle a été fondée en 1096, par Raoul de la Fuftaye.

4. SAINT SULPICE DE PIERREPONT, prieuré de France, dans le Soiffonnois.

ce,

5. SAINT-SULPICE DE LEZADOIS, Ville de Fran dans le haut Languedoc, au diocèfe de Rieux, fur la riviere de Leze, à quatre lieues de Touloufe, & à deux de Rieux. Elle fuit le droit écrit. Il n'y a point de Gabelle: fa taille eft réelle. Cette ville fait partie de la comman

pa

derie de Reineville, de l'ordre de faint Jean de Jerufalem. Le commandeur eft le patron & le curé primitif de la roifle. Il la fait deffervir par un vicaire perpétuel ; le roi en eft le feigneur haut jufticier. Il y a un hôpital fondé par un bourgeois de la ville : le revenu en eft trés-modique.On recueille dans fon territoire du bled, du gros millet & du vin. Il ne s'y fait aucun commerce. Il y a cinq foires, le 4 mai, le 16 juin & les deux jours fuivans, le 22 juillet, le 13 feptembre & le 20 Novembre. Cette ville de faint Sulpice eft ville maîtreffe du diocèle, & fon premier conful entre aux états de Languedoc. Les habitans font affables & ont très-bon cœur. Ils n'ont jamais fouffert d'hérétiques. L'ardeur avec laquelle ils repoufferent en 1522 ceux de la religion proteftante en convainc affez. Ils attaquerent faint Sulpice le 20 octobre de la même année. Pendant la nuit, croyant furprendre la ville, ils avoient déja dreffé les échelles pour escalader, lorsqu'heureusement une bonne femme logée près des remparts de la ville, & qui alloit éveiller le fournier pour allumer le feu au four, apperçut les ennemis, & fut avertir la compagnie de la garde bourgeoife destinée pour la défenfe de la ville, dont le chef étoit Jacques Ayral, qui ayant été fur eux avec fa petite troupe, les tailla en pièces, quoiqu'incomparablement en plus grand nombre, & les contraignit de fe retirer. Depuis ce tems, & en reconnoiffance de cette victoire, on fait tous les ans à pareil jour une proceffion folemnelle autour de la ville, & cette proceffion fe fait en l'honneur de faint Capraife, parce que c'eft précisément ce jour qu'on fit lever le fiége: on appelle cette proceffion la délivrance de la ville.

[ocr errors]

Les habitans de Saint-Sulpice n'ont pas témoigné moins de zéle contre les ennemis de l'état; la fermeté avec laquelle ils répondirent au duc de Marfin, lors de fa révolte, en eft une preuve. Ce feigneur s'étant arrêté devant les portes de la ville, & ayant demandé qu'on lui fournit des vivres en payant, il lui fut répondu qu'ils n'en fournisfoient pas à ceux qui prenoit les armes contre leur prince, & qu'ils aimoient mieux foutenir un fiége, que de lui être infidéle dans la plus petite chofe : ce qui obligea le duc de continuer fa route, & d'aller féjourner ailleurs.

6. SAINT-SULPICE DE LA POINTE, petite ville de France, dans le haut Languedoc, au diocèfe de Toulouse, à cinq lieues au nord eft au confluent de l'Angout & du Tonr. C'eft un fiége royal de Villelongue.

1. SAINT THIBAULT, en latin fanctus Theobaldus, paroiffe de France, en Bourgogne, dans le diocèfe d'Autun. Ce lieu eft fitué en plein pays fur la riviere d'Armançon. L'abbé de faint Seine eft patron de la cure dans l'enclos de cette paroiffe. Il y a un prieuré de mille cinq cents livres de rente à la collation de l'abbé de faint Rigault d'Autun. Il y a une chapelle dans l'églife de ce prieuré, valant quatre cents livres, & qui en dépend. Ce lieu donne le nom à la vallée dans laquelle il eft fitué. Elle est très-abondante en grains.

2. SAINT THIBAULT, prieuré de France, en Champagne, au diocèfe de Châlons. Il eft fitué fous les murs de la ville de Saint-Dizier, fur la petite riviere de Renelles. C'étoit autrefois un prieuré clauftral, fondé par les comtes de Champagne de ce nom; préfentement il n'y refte qu'une chapelle, dans laquelle le vicaire de la paroiffe de la Noue va dire la meffe trois fois la femaine. C'eft un pélérinage célébre dans tout le Perthois & le Valage. Les revenus de ce prieuré font la dixme de la paroiffe de la Noue, qui eft un fauxbourg de Saint-Dizier, auffi confidérable lui feul que toute la ville & l'autre fauxbourg ensemble, un four bannal où les habitans de la Noue font obligés d'aller cuire leur pain, & plufieurs héritages. Ces revenus font affectés au féminaire de Châlons, à la charge de tenir chaque année dans le féminaire trois fujets de la paroiffe de la Noue gratis mais cette charge eft mal acquittée, à la réserve néanmoins de la moitié des dixmes de vin, que perçoit le curé de la Noue, & d'un préciput de huit fetiers de bled & autant d'avoine, que le même curé prend fur la dixme du finage. Le féminaire paye auffi cinquante livres au vicaire de la Noue. La fête de faint Thibault fe célébre le 1 juillet. Les laboureurs de la Noue le prennent pour leur patron, & le curé de la Noue eft obligé d'y célébrer folemnellement les premieres vêpres, la grand'meffe & les fecondes vêpres, où affiftent tous les laboureurs en corps. Le receveur du prieuré pour le féminaire eft obligé de leur donner

à diner, fi mieux n'aine chaque laboureur prendre trente fols en espéce.

*

3. SAINT THIBAULT DES BOIS, prieuré de France, au diocèfe d'Auxerre, fitué fur le bord des bois, dans un lieu du territoire de la paroiffe de Chevannes, à deux lieues ou environ d'Auxerre. On croit qu'il a été fondé vers l'an 1152, parce qu'il n'en eft fait mention dans les bulles des papes, en faveur de l'abbaye de faint Germain d'Auxerre dont il dépend, que depuis l'an 1553. L'églife portoit au commencement le titre de Notre-Dame, & l'avoit encore en 1208. Renaud, abbé de faint Germain, lui donna du bien en 1233. Ce lieu prit le nom de SaintThibault, à l'occafion du corps d'un faint de ce nom, qui y fut déposé dans un tems qu'on ne fait point, & peut-être celui d'un folitaire de ces quartiers-là, ou un faint religieux de ce prieuré, ou bien ce pourroit être celui d'un faint Thibault, confeffeur de Font-Morygny en Berry. Quoi qu'il en foit du faint Thibault qui a fait oublier l'ancien nom de Beaumont que portoit ce prieuré, les habitans de Provins qui y vinrent l'an 1331 en qualité de députés, pour en obtenir des reliques, y virent tout le corps dans le tombeau, comme il eft marqué dans le procès-verbal confervé à Provins, & ils en obtinrent fous le nom de faint Thibault fils du comte de Champagne. Le refte du corps fut porté en 1400 à faint Germain d'Auxerre, à caufe des périls du tems, comme on lit dans le régiftre du chapitre d'Auxerre de la même année. L'évêque de Nevers fit la cérémonie avac la permiffion de l'évêque d'Auxerre. Ce prieuré aujourd'hui réduit en fimple chapelle, dont les biens font réunis à l'abbaye de faint Germain, eft un lieu de pélérinage, fur-tout le premier de juillet. Note tirée des obfervations manuscrites de M. Lebeuf chanoine d'Auxerre, fur le livre des faintes Grotes de l'abbaye de faint Germain. SAINT THIERRY, en latin sanctus Theodoricus, abbaye de France, en Champagne, au diocèle de Rheims. Elle est située à deux petites lieues au nord de Rheims, dans une paroiffe à qui elle a donné fon nom, & qui eft compofée d'environ trois cents quatre-vingts habitans. Elle eft de l'ordre de faint Benoît, & a été fondée vers l'an 525 par faint Thierry, disciple de faint Remy. La manfe abbatiale a été unie à l'archevêché de Rheims, en dédommagement de l'érection de l'archevêché de Cambray. Elle eft de douze mille livres. On appelle fouvent l'abbaye SAINTTHIERRY DU MONT D'OR, Fanum fancti Theodorici in monte aureo. Quelques-uns veulent tirer l'étymologie du mont d'Or, de celui du mont Oreb, parce que, difent-ils, faint Thierry a choisi cette montagne pour fa retraite & pour le lieu de fa fépulture, comme Moyfe avoit fait du mont Oreb. Ce n'étoit, lorsque faint Thierry s'y eft retiré, qu'une montagne couverte de bois, au milieu desquels il choilit un emplacement pour bâtir fon monaftère, auquel faint Remy, dont il étoit le fecrétaire, ajouta l'églife, qui fut dans la fuite détruite, par les courfes des barbares, & par le relâchement des religieux que ces deux faints y avoient établis. Ils fe firent même fécularifer environ vers l'an 716, & les feigneurs voifins s'emparerent d'une partie de leurs biens. Les Hongrois détruifirent leur monaftère & leur églife, qui refterent dans cet état jusque vers l'an 974, que l'archevêque Adalberon la fit rétablir, y remit des moines, & leur fit rendre une partie de leurs terres. Les comtes de Roucy étoient leurs avoués ; mais ils furent délivrés de cette avouerie par Henri I, roi de France. Quand les rois vont à Saint-Marcou faire leur neuvaine par euxmêmes ou par leurs aumôniers, ils vont dîner à SaintThierry, où ils font défrayés par les abbés de faint-Thierry, d'Auvilliers & de Saint-Bafle. Paul Bailly, le huitiéme de leurs abbés commendataires y introduifit la réforme de faint Maur en 1627. Cette abbaye a beaucoup fouffert pendant les guerres de la minorité de Louis XIV. Elle eft fituée fur une colline, au deflus de la croupe de la montagne; l'air y eft très-bon & la vue charmante.

SAINT THIERS DE SAON ou DE SAOU, en latin fancti Thiraucii ou Tercii de Saone, ou de Rupe Saonenfi abbatia, abbaye de France, en Dauphiné, au diocèfe de Valence. C'eft une abbaye d'hommes de l'ordre de faint Auguftin, & elle dépend immédiatement du faint fiége. En 1738 elle fut réunie à l'archevêché de Vienne.

1. SAINT-THOMAS, bois de France, en Gascogne, au bas Comminges. Il eft de trois cents cinquante arpens trois quarts cinq perches,& de la maîtrife de l'ifle Jourdain.

2. SAINT-THOMAS, ifle de l'Amérique, entre les Antilles, à l'orient de Porto Ricco. Il ne faut pa confondre Saint-Thomas avec Saint-Thomé. Cette derniere eft fur la côte d'Afrique, directement fous la ligne, & Saint-Thomas de l'Amérique eft par les 184 de latitude nord.

Cette petite ifle eft la derniere du côté de l'oueft, de toutes celles qui compofent cet amas d'ifles ou d'iflets, qu'on appelle les VIERGES. Le PORT qui eft naturel eft fort joli & fort conimode. C'eft un enfoncement oval, formé par les cuilles de deux mornes, a fez hauts du côté de la terre ou du centre de l'ifle, qui s'abaiffent infenfiblement, & qui forment en fimffant deux motes rondes & plates, qui femblent faites exprès pour placer deux batteries pour défendre l'entrée du port. Le mouillage est excellents pour toutes fortes de bâtimens. * Labat, nouveaux voyages aux ifles françoises de l'Amérique, t. 2, p. 285.

Quoique cette ifle n'ait qu'environ fix lieues de tour, elle ne laille pas d'avoir deux maîtres, favoir le roi de Danemarck & l'électeur de Brandebourg, aujourd'hui roi de Pruffe. Il eft vrai que les Brandebourgeois n'y font que fous la protection des Danois, & ce font les Hollanlandois qui y font le commerce fous le nom des Danois.

port,

Il y a une espéce de FORT, presque au milieu du qui n'eft qu'un petit carré avec de très-petits baftions fans ouvrages extérieurs; toute fa défense confifte en un plan de raquettes, qui regnent autour, & qui occupent le terrein que devroient occuper le follé & le chemin-couvert. Ce terrein peut avoir fix à fept toifes de large. Les raquettes y font bien entretenues, fi preflées, fi feirées à leur fommet, &

fi unies, qu'il femble qu'on les taille tous les jours. Elles ont pour le moins fept pieds de haut. Les bâtimens qui font dans le fort font adollés contre le mur, pour lailler une cour carrée au milieu.

Le BOURG commence à cinquante ou foixante pas à l'oueft du fort. Il fait la même figure que l'ance, & n'eft compofée que d'une longue rue, qui fe termine au comptoir de la compagnie de Danen.arck.

Ce comptoir eft grand, vafte, bien bâti. Il y a beaucoup de logemens, & des magafins commodes pour les marchandifes, & pour mettre les Négres qu'elle reçoit & qu'elle trafique avec les Espagnols.

A la droite du comptoir, il y a deux petites rues, remplies de François réfugiés d'Europe & des fies. On les appelle le quartier de Brandebourg. Il y a dans cette ifle trois ou quatre religions, fans que pas une ait de temple, à peu près comme à la Barbade. Cependant, généralement parlant, il n'y a que deux religions dominantes à Saint-Thomas, c'eft-à-dire la lutherienne & la calvinifte. Celle-ci avoit ordinairement deux miniftres, un François & un Hollandois. La premiere n'en avoit qu'un, qui parloit flamand & allemand.

Les maifons du bourg n'étolent ci devant que de fourches en terres, couvertes de cannes ou de rofeaux, & environnées de torchis, blanchis avec de la chaux. Les fréquens incendies ont obligé à les bâtir de briques. Elles font balles, peu ont deux étages. Elles font très-propres, carrelées de carreaux vernilles ou de fayance, & blanchies à la hollandoife. Ils difent qu'ils n'ofent les faire plus hautes, à caufe du peu de folidité du terrein où l'on ne peut creufer trois pieds fans trouver d'eau & le fable mouvant.

On fait un commerce très-considérable dans cette petite ifle, & c'eft ce qui y a attiré les habitans qui la peuplent. Comme le roi de Danemarck eft ordinairement neutre, fon port eft ouvert à toutes fortes de nations. Il fert en tems de paix d'entrepôt pour le commerce, que les François, Anglois, Espagnols & Hollandois n'ofent faire ou vertement dans leurs ifles. Et en tems de guerre il eft le refuge des vaiffeaux marchands pourfuivis par les corfaires. C'eft là qu'ils conduifent leurs prifes & qu'ils les vendent, quand ils les font trop bas pour les faire remonter aux isles du vent; de forte que les marchands de cette ifle partagent avec les vainqueurs l'avantage de leurs victoires. C'est encore de ce port que partent quantité de barques, pour aller en traite le long de la côte de terre-ferme, d'où elles rapportent beaucoup d'argent en espécès, ou en barres & des marchandifes de prix. Voilà ce qui rend ce petit lieu ri

[ocr errors]

che & toujours pleins de marchandises. Les cannes y viennent très-bien, & le fucre eft beau & bien grené. Le terrein quoique léger eft bon, & produit bien le manioc, le mill, les patates & toutes fortes de fruits & d'herbages. Ils ont peu de bœufs & de chevaux. Cependant ils ne manquent pas de viande; les Espagnols de Porto-Rico leur en fourniffent en abondance. Ils élevent des cabrittes qui font excellentes, & des volailles de toutes fortes en quantité. Avec tout cela les vivres y font chers, ce qui vient de la quantité de gens qui y abordent, & de ce que l'argent y

est commun.

Au refte, l'ifle de Saint Thomas n'eft capable d'aucune défenfe, ni pour elle-même, ni pour le pays, ni pour les vaiffeaux qui feroient dans le port; il y a à la vérité une à la vérité une grande batterie fur le bord de la mer au bas du fort, où l'on voit une vingtaine de canons; mais cette batterie, quoique bonne pour battre dans l'entrée du port, eft inutile pour tout le refte; parce qu'étant ouverte par derriere, elle peut être aisément prife par ceux qui l'attaqueroient du côté de terre, après avoir fait leur descente à la petite ance, qui eft derriere le comptoir des Danois.

La CARAVELLE DE SAINT-THOMAS eft un rocher affez élevé avec deux pointes toutes blanches des ordures que les oifeaux font deffus. Cela le fait paroître de loin comme une corvette ou un brigantin, & c'est ce qui lui a fait donner le nom de caravelle, qui eft un petit bâtiment espagnol. Ce rocher eft environ à trois lieues au fud-oueft de Saint-Thomas.

3. SAINT THOMÉ. Voyez SAN THOMÉ, no. 2. SAINT-TIBERI ou TUBERY, Oppidum fancti Tiberii, ville de France, dans le bas Languedoc, au diocèfe d'Agde. Cette ville eft fiége d'un bailliage royal. Elle eft très-ancienne; fon ancien nom eft Ceffero. Pline, Prolomée & tous les itinéraires en font mention fous ce nom, que les anciens actes, rapportés par le pere Mabillon, nous difent être la ville, où le monaftère de faint Tibery avoit été fondé. L'abbaye de faint Tibery lui a fait dans la fuite changer fon ancien nom. Elle eft de l'ordre de faint Benoît, de la congrégation de faint Maur. L'abbé jouit de huit mille livres de rente. Elle a été fondée l'an 817, par Louis le Débonnaire.

SAINT-TRIVIER, ville de France, dans la Bresse, au diocèle de Lyon. Elle eft petite, & n'a que trois cents quarante habitans, elle eft fituée fur une hauteur, à deux lieues de la Sône, & à cinq de Bourg. Il y a un hôpital & un college. Le terroir des environs eft affez abondant, mais il eft fort couvert : les chemins y font mauvais, & les avenues difficiles & marécageuses.

Cette ville a le titre de comté, qui appartient à la maifon de Cremeaux d'Antrague.

SAINT-TRON, en latin fancti Trudonis fanum ou Trudonopolis ou Trudonium oppidum, ville d'Allemagne, au pays de Liège, dans la Hafbaye, dont elle eft la capitale. Ceux du pays difent Saint-Truyen. Elle eft fur les frontieres du Brabant, à trois lieues de Tongres, à cinq de Mastricht, & à autant de Liége. Les murailles en furent abattues l'an 1675. La moitié de la ville appartient à l'évêque de Liége, & l'autre moitié à l'abbé de faint Tron, abbaye qui donne le nom à la ville. L'évêque & l'abbé partagent entre eux la nomination des magiftrats. Quelques-unis croyent que cette ville eft la Sarcinium des

anciens.

SAINT-TROPEZ, ville maritime de Provence, fur le golfe de Grimaud, à quatre lieues de Frejus, & à douze de Toulon. Cette ville eft au bord de la Méditerranée, fur Jaquelle elle a un affez beau port entre Frejus & Hieres, à quatre lieues de Frejus, & à douze de Toulon. Elle doit fon origine & fon nom à un prieuré dépendant de faint Victor de Marseille : elle n'a que deux cents dix habitans. C'est un gouvernement de place, avec un état major. Cette place a une citadelle. Le golfe, dans lequel elle a fon port, s'appelle ordinairement le golfe de Grimaud, en latin Gambrecius ou Gambrecitanus. Quand on vient de l'oueft pour y entrer, il faut prendre le nord-oueft, & faire route vers Nagaye, & lorsqu'on découvre le château de Grimaud, il faut auffi-tôt venir un peu au Lof, pour éviter un banc de rochers, qui n'eft pas éloigné. On va mouiller aux Canabiers. Honoré Bouche croit que c'eft l'ancienne Heraclea Cacabaria. Sa paroiffe eft deffervie par un prieur régulier de l'ordre de faint Benoît, qui a fous lui

cinq prêtres. Il y a auffi un couvent de capucins. SAINT TRUTPERT, abbaye d'hommes, ordre de faint Benoit, en Suabe, dans le Brisgaw, à trois lieues au midi de Fribourg. Elle a été rétablie au commencement du dixiéme fiécle.

1. SAINT-VAAST, en latin fandus Vedaftus, bourg de France, en Normandie, au diocèfe de Coutance. Ce bourg eft fitué à deux lieues de Harfleur, à trois de Valogne, & à treize de Coutance; il a un petit port de mer où les vaiffeaux abordent. Il eft compofé de douze cents vingt-fix habitans. Il y a un bon nombre de poiffonnierspêcheurs, & c'eft où l'on vend le meilleur poiffon qu'on porte à Paris. Le fort de la Hougue eft d'un côté dans une petite ifle qui porte ce nom; c'eft une groffe tour fortifiée. De l'autre côté, à une demi-lieue, est l'ifle de Tatihou, un peu plus grande, où il y a auffi une groffe tour fortifiée, qui avance plus dans la mer, & le bourg de SaintVaaft eft entre deux. Ce fut là où les vaiffeaux du roi de France furent brulés en 1692. Il y a une espéce de marché le dimanche.

2. SAINT-VAAST D'ARRAS. Voyez ARRAS.

3. SAINT VAAST ou S. WAST DE MOREUIL, en latin Morolium fancto Vedasto Sacrum, abbaye de France, en Picardie. Voyez MOREUIL.

SAINT-VALERY, Oppidum fancti Valerici, ville de France, en Picardie, au diocèfe d'Amiens. Elle eft fituée à l'embouchure de la Somme, dans le Vimeux, à quatre lieues au-deffous d'Abbeville. Elle a trois mille deux cents quatre-vingts habitans; elle doit fon origine au monastère de faint Valery. L'entrée de la Somme, fur laquelle cette ville eft bâtie, eft périlleufe, à caufe des bancs de fable qui changent continuellement avec les vents & les crues d'eau; de forte qu'on ne peut s'y engager qu'avec les meilleurs pilotes du pays. L'eau monte en pleine mer de trois braffes à la pointe de Hourdel, de deux & demie au Crotoy, & de deux à Saint-Valery: ainfi les vaiffeaux choififlent où ils veulent s'arrêter; mais ils paffent ordinairement dans une fuffe, qui joint le fauxbourg de SaintValery ; & quoique l'entrée de la riviere foit difficile, il s'y fait un grand commerce. Le monaftère, dont cette ville porte le nom, s'appelloit anciennement LEUGONAUS. Orderic Vital, qui écrivoit au douziéme fiécle, appelle ce lieu Legonaus, & c'étoit un port comme il eft encore aujourd'hui. S. Valery, fon fondateur, étoit Auvergnat & vivoit dans le feptiéme fiécle. Le monaftère ayant beaucoup fouffert au neuviéme & au dixiéme fiécle, les moines prirent des chevaliers pour les défendre. Ces avoués fe rendirent indépendans & propriétaires fous le nom de barons & de marquis.

Le commerce de Saint-Valery eft eftimable & confidérable par la facilité qu'il y a de transporter les marchandifes à Amiens, & delà par toute la province, jusqu'en Artois, en Champagne, & à Paris, fans efluyer les retardemens ordinaires par la voye du Havre-de-Grace. Un bâtiment fe rend de Hollande à Saint-Valery en vingt-quatre heures; & les marchandises, dont il eft chargé, paffent à Amiens en deux jour & demi, par le moyen des gribannes, qui remontent la Somme, riviere douce & creufe. Si les marchands font plus preffés, ils ont la route des charrois, qui vont en trois jours à Paris : & c'eft ce qui a déterminé le confeil du roi de France, à permettre l'entrée de l'épice

rie

par ce port, à la réferve des fucres & cires, venant des pays étrangers, dont il a plû au roi, d'en favorifer d'autres. Pendant les traites des bleds, il en eft boucoup forti par ce port pour la Bretagne & la Normandie, & à préfent il eft d'un grand ufage pour le débit de toutes les manufactures de Picardie, qui paffent jusqu'en Espagne & en Portugal; d'autre part, les denrées qui y viennent par mer & par terre, font les fucres de Nantes, de la Rochelle & de Normandie, les cau-de-vie de Marfeille, les cidres d'Auge, les miels blancs de Bretagne, les pelleteries de la Rochelle, les beurres de Normandie; & du dehors du royaume, les cendres du Dannemark pour le blanchiffa ge, & les cendres potaffes de Hollande, pour la fabrique du favon, les huiles de toutes façons, les laines d'Espagne, pour la fabrique des étoffes, le bois de Campêche & de Brefil, pour les teintures, &c. de la morue, des des harangs, des fromages de Hollande, & des fers blancs & noirs de Hambourg, des aciers de Hongrie, des favons, des toiles, des baleines, des draps, des camclots

« PrécédentContinuer »