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Inde cava circumdata nube Seriphon

Deferit à dextra Cythno Gyaroque relittis.

SERMAIZE, bourg de France, dans la Beauce, élec tion de Dourdan.

SERMAISES, bourg de France, dans l'Orléanois,

Et dans un autre endroit, l. 7, v. 464, il lui donne élection de Pithiviers. l'épithete de Plana :

Planamque Seriphon.

On appelle aujourd'hui cette ifle Serfo. Voyez ce

mot.

SERIPPO, ville d'Espagne, dans la Bétique, felon Pline, l. 3, c. 1. On croit que c'eft Molares, bourg de l'Andaloufie.

SERIR-ALDHEHEB, le Trône d'Or, non d'un pays ou province qui s'étend entre le Pont-Euxin & la mer Caspienne, où eft fituée la ville de Derbend, que les Turcs appellent Demir Capi, la porte de fer. * D'Herbelot, Biblioth. orient.

La raison, qui a fait donner le nom de Trône d'Or à cette province, vient de ce que Nouschirvan Kefra, roi de Perfe de la quatrième Dynaftie, nommée des Saffa niens ou des Khosroès, ayant fait achever la grande muraille commencée par Alexandre le Grand, qui féparoit les peuples feptentrionaux de Khozar & de Kip-Chak, qui font les Scythes Hyperboréens, d'avec les provinces du refte de l'Afie, y établit un Marzuban, c'est-à-dire, un gouverneur de la marche, ou frontiere, auquel il accorda le privilége de s'affeoir fur un trône d'or, en confidération de l'importance du pofte qu'il gardoit.

Cette muraille, dont il eft ici parlé, eft la même que celle qui eft nommée Sedd Jagioug. V. Magioug'. Elle fut bâtie dans les ouvertures & détroits du mont Caucafe, lieux que les Perfans ont accoutumé d'appeller Derbend, des barrieres ; & les Turcs, Demir Capi, des portes de fer.

Ebn Schuhnah dit que Marvan, furnommé Hemar, conquit ce pays-là l'an 121 de l'hégire, fous le kalifat de Hescham, dixiéme kalife de la race des Ommiades, & s'avança bien avant dans le pays de Khozar. Khondemir écrit aufli la même chofe. Cette province fait aujourd'hui partie du Schirvan ou Médie, & appartient au roi de Perfe.

SERISABIS. Voyez SARISABIS. SERISOLS, bourg de France, dans le haut Languedoc, recette de Rieux. Ce lieu eft fort peuplé. SERIULA, fiége épiscopal, fous la métropole de Séleucie, felon Ortelius, qui cite Guillaume de Tyr.

SERKAICHE, ville de Perfe. Les géographes du pays la placent à 90 15' de longitude, fous les 32d 50' de latitude. Il fe fait dans cette ville quantité d'ouvrages d'ofier, que l'on transporte en Turquie. *Tavernier, Voyage de Perfe.

SERKASS, ville de Perfe. Elle eft, felon les géographes du pays, à 85d35' de longitude, fous les 32d 50' de latitude. Cette ville eft agréable, tant par fon affiette que par l'abondance de fes belles eaux.

SÉRKÉ, ville d'Ethiopie, au milieu des montagnes, dans un beau vallon. Cette ville eft jolie, & a cinq à fix cents maifons fort propres, quoiqu'elles ne foient bâties que de cannes d'inde. A la fortie de Serké, on trouve un petit ruiffeau qui fépare l'Ethiopie du royaume de Sennar. Aux environs de Serké, on voit des forêts entieres de tamarins toujours verds. La feuille en eft un peu plus large que celle du cyprès. Cet arbre a de petites fleurs bleues d'une très-bonne odeur, & un fruit à peu près femblable à la prune. Ces forêts font fi touffues que le foleil ne peut les pénétrer. Lettres édif. tom. 4, p. 51.

SERLEY, paroiffe de France, dans la Bourgogne, au bailliage de Châlons, recette de Saint-Laurent. Ce lieu eft fitué fur une élévation. Il y paffe un petit ruifleau qui a peu d'eau en été. C'eft un pays de broffailles.

SERMAISE, bourg de France, dans la Champagne, élection de Vitry. Ce bourg, qui est très-peuplé & fitué fur la riviere de Saux, à trois lieues de Saint-Dizier, & à quatre de Vitry, a une mairie royale qui reffortit au bailliage de Vitry-le-François. Il y a auprès une fontaine minérale froide, dont les eaux font fpécifiques pour guérir, ou du moins pour foulager beaucoup ceux qui font attaqués de la gravelle. Elles font vitrioliques, fulphureufe, & contiennent un peu de fer.

SERMAM-COMAGUM. On trouve ces mots dans la Table de Peutinger. Ce devoit être un lieu de l'Aquitaine; mais, dit Ortélius, M. Velfer & moi cherchons quel lieu ce pouvoit être.

SERMANTISON, bourg de France, dans l'Auvergne, élection de Clermont.

SERMEGHON, ville de Perfe. Les géographes du pays la marquent à 874 37' de longitude, fous les 37° 32' de latitude. Son terroir, quoiqu'affez fertile, produit peu de fruits.* Tavernier, Voyage de Perfe.

SERMANRAI. On appelle ainfi vulgairement une ville de l'Iraque Arabique, qui eft l'Affyrie, ou la Chaldée, que l'on devroit nommer Sermenraa ou Serramenraa, mot compofé de trois, qui fignifie celui qui la voit fe réjouit. D'Herbelot, Bibliot. or.

*

Cette ville eft fituée fur la rive orientale du Tigre, & a de longitude 72d 30',& 34d de latitude feptentrionale, dans le quatriéme climat, felon les tables arabiques. Les uns difent qu'elle s'appelloit autrefois Semirah, ville bâtie par Schabourg Dhoulakrat : mais Khondemir n'eft pas de ce fentiment. Car il dit, dans la vie de Motaffem, huitiéme kalife de la race des Abbaffides, que ce prince ayant une forte inclination pour les jeunes esclaves Turcs, en fit acheter un très-grand nombre, qui remplirent en peu de tems toute la ville de Bagdet.

Il choifit pour cet effet un lieu nommé Cathoul, éloigné environ de dix ou douze lieues de Bagdet, & y fit bâtir l'an 220 de l'hégire, une ville qu'il nomma Samara,que l'on appelle auffi Asker, à caufe du camp de milice turquesque qu'il y établit. C'eft de cette nomination que les derniers Imaus de la race d'Ali font furnommés Askeri, à cause, ou de la naiffance qu'ils y prirent, ou de leurs fépulcres qui font ; & c'eft dans cette même ville d'Asker, ou de Ser menraï, que le Mahadi eft caché, & d'où il doit fortir à la fin des tems, felon les fentimens des Schiites ou fectateurs d'Ali.

Le kalife Motavakkel quitta la ville de Sermenraï, & transporta le fiége du kalifat en la ville de Giafariah, qu'il avoit fait bâtir; mais Montaffer fon fils, qui lui fuccéda, retourna à Sermenraï.

SERMIDO, bourgade d'Italie, au duché de Mantoue, fur le bord du Pô, à la droite, un peu au-deffus de l'em bouchure de Cano nuovo.On croit que c'eft le Serninus vicus d'Antonin.

SERMIERES, bourg de France, dans la Champagne, élection de Rheims. Plufieurs hameaux dépendent de ce bourg.

SERMIO. Voyez SIRMIO.

SERMIONE, ville d'Italie, dans l'état de Venife, au Veronèle, fur une petite presqu'ifle qui avance le lac de la Garde, vers le milieu de la côte méridionale. *Magin, Atlas. Ital.

SERMITIUM, ville de l'ifle de Corfe : Ptolomée, l. 3, c. 2, la marque dans les terres. On croit que c'eft préfentement la bourgade nommée Sannario.

SERMIUM. Voyez SIRMIUM.

SERMONEM, ville de l'Espagne Tarragonnoife. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Laminium à Saragoffe, entre Cera & Saragoffe, à neuf milles du premier de ces lieux, & à dix-neuf milles du fecond. Surita croit que ce mot eft corrompu, & qu'au lieu de Sermonem, il faudroit lire Ad Molem; car on voit, dit-il, fur cette à dix-huit milles au-deffus de Saragoffe, une ancienne & magnifique levée, qui donna, fans doute, fon nom à la ville.

SERMONETA, Sulmo, bourgade d'Italie, dans la Campagne de Rome, à quatre milles, au midi oriental de Segni, & environ à fix milles, au midi d'Agnanie. Cette bourgade eft fituée fur une colline, avec titre de duché, & elle appartient aux Gaëtans, qui poffédent presque toute la campagne, laquelle eft inondée & remplie de marécages, qui rendent l'air fort mauvais : cette campagne eft ce que les anciens appelloient le Palus Pomptine. Pline dit que fon tems on y voyoit cinq villes; mais à peine y a t il préfentement quelques fermes dans les bois & dans les prairies, qui ne laiffent pas d'être d'un revenu confidérable

de

à la famille Gaëtana. * Magin, Carte de la Campagne de

Rome.

SERMONS, & FARAMANS, bourg de France, dans le Dauphiné, élection de Vienne.

SÉRMUR, bourg de France, dans le Limoufin, fur les frontieres de l'Auvergne, élection de Combrailles. Ce bourg, fitué fur une haute montagne, eft le chef-lieu d'une châtellenie; & l'on y voit un prieuré de l'ordre de faint Benoît. Les terres font médiocres. Elles produifent du feigle, de l'avoine, & du bled noir. Il y a un petit commerce de beftiaux, de brebis & de moutons. Quelques-uns de fes habitans vont travailler dans les provinces du voifinage.

SERMUTA, ville de la Cappadoce, dans le Pont Gala tique : Ptolomée, l. 5, c. 6, la marque dans les terres. Le manuscrit de la bibliotheque palatine lit Sermufa.

SERMYLIA ou SERMYLA, ville de la Macédoine, dans la Chalcidie, près du mont Athos. Herodote, .7, c. 123, place cette ville fur le golfe Toronée. Thucydide, 1. & Etienne le géographe font aulli mention de SER

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MYLIA.

SERNAY, ville de France, dans la haute Alface, au, bailliage de Tam. Louis XIV donna cette feigneurie à la maifon de Schomberg.

SERNICIUM, ville d'Italie. L'itinéraire d'Antonin la met fur la route de Milan à la Colonne, en prenant par le Picenum. Elle fe trouve entre Aufidena Civit. & Bovianum Civit. à ving-huit milles de la premiere de ces places, & à dix-huit milles de la feconde. Aujourd'hui les meilleures éditions lifent fernia au lieu de Sernicium.

SERNICUS-VICUS, lieu d'Italie, fur le chemin d'Aquilée à Boulogne, felon l'itinéraire d'Antonin, qui le marque entre Vicus Vartanus & Modéne, à vingt milles de la premiere de ces places, & à vingt-trois milles de la feconde. Léander veut que ce foit aujourd'hui Sermito ou Sermido.

SERONGE, ville des Indes, fur la route de Surate à Agra, entre San Kaira & Magaikifera, à douze colles de la premiere, & à fix de la feconde. Seronge eft une grande ville, dont la plupart des habitans font marchands Banianes, & artifans, qui y demeurent de pere en fils; ce qui eft caufe qu'il y a quelques maifons de pierres & de briques. Il s'y fait un grand négoce de toutes fortes de toiles peintes,qu'on appelle Chites, dont tout le menu peuple de Perfe & de Turquie eft habillé, & dont on fe fert en plufieurs autres pays pour des couvertures de lit, & des napes à man. ger. On fait de ces toiles en d'autres lieux qu'à Seronge; mais les couleurs n'en font pas vives, & elles s'en vont en les lavant plufieurs fois : mais plus on lave celles de Seron. ge, plus elles deviennent belles. Il y paffe une riviere, dont l'eau a la vertu de donner cette vivacité aux couleurs; & pendant la faifon des pluyes, qui durent quatre mois, les ouvriers impriment leurs toiles, felon que les marchands étrangers leur en donnent la montre ; parce que dès que les pluyes ont ceffé, plus l'eau de la riviere eft trouble, & le plutôt qu'on peut laver les toiles, les couleurs tiennent davantage, & en font plus vives.* Tavernier, Voyage des Indes, l. 1, c. 4.

Il fe fait auffi à Seronge une forte de toile fi fine, que quand elle eft fur le corps, on voit toute ia chair, conime fi elle étoit à nud. Il n'eft pas permis aux marchands d'en transporter, & le gouverncur les envoye toutes pour le ferrail du grand Mogol, & pour les principaux de la cour. C'est de quoi les fultanes & les femmes des grands feigneurs fe font des chemifes & des robes pour la chaleur ; & le roi & les grands fe plaifent à les voir au travers de ces chemifes fines, & à les faire danfer ainfi habillées.

On compte cent & une coffe de Brampour à Seronge. Elles font plus grandes que celles de Surate à Brampour; car le caroffe mer une heure, & quelquefois jusqu'à cinq quarts d'heure à faire une de ces coffes. Dans ces cent lieues de pays, on marche des journées entieres dans de fertiles campagnes de bled & de ris, qui reflemblent fort aux campagnes de la Beauffe, en France; car on y trouve rarement des bois; & de Seronge à Agra, le pays eft presque de même nature. Comme les villages font fort près les uns des autres, on voyage à fon aife, & on fait les journées comme l'on veut.

SEROTA, ville de la Pannonie : l'itinéraire d'Antonin la marque entre Lentuli & Mariniana, à trente-deux milles

du premier de ces lieux, & à vingt milles du fecond. SEROU, (le) petite riviere de France: elle a fa fource en Rouergue, paffe à Rofieres, Moneftiers & Cordes, & fe jette dans l'Aveirou, au-deffous de Milhars en Albigeois.

1. SERPA, ville de la Lufitanie : l'itinéraire d'Antonin la marque fur la route d'Efuris à Pax- Julia, entre Ebora & Fines, à treize milles du premier de ces lieux, & à vingt milles du fecond. Quelques-uns, fondés fur une ancienne inscription, où l'on lit Fabia Prisca Serpenfis, trouvée auprès des murailles de cette ville, croyent que c'eft la Serpa dont il cft parlé dans l'article fuivant. Mais comme ni l'or dre de la route de l'itinéraire d'Antonin, ni le nombre des milles ne s'accordent pas avec ce fentiment, on peut aifément croire que cette inscription a pu être transportée dans le lieu d'où elle a été déterrée.

On voit dans la bibliotheque choifie de le Clerc, tom. 2, p. 127 & fuiv. des remarques fur quelques médailles espagnoles, avec des caracteres phéniciens, trouvées dans l'Andaloufie. Il y a une de ces médailles qu'on juge qui peut avoir du rapport à la ville Serpa ; & c'eft la onzième en nombre. Voici la remarque qui la concerne.

دو

» Je crois que la onzième médaille, où l'on voit d'un côté >> un homme qui fe charge d'oranges par devant & par der »riere, a été frappée à Serpa, ville de la Bétique, fur l'A»nas, & dont il eft fait mention dans l'itinéraire d'Anto» nin, dans l'anonyme de Ravenne, & dans une inscription » de Grutter, p. DCLXXXII, 7, où elle eft nommée FA»BIA PRISCA SERPENSIS. Elle a confervé ce nom jusqu'à préfent. Je me perfuade qu'il faut lire dans le revers ND » Serpa. Il n'y a que la premiere lettre qui puiffe faire de la » difficulté, à caufe de la différence qu'il y a entre elle & » le Samech hébreu, auffi bien que le Samaritain, dont il n'y a ici que le trait de deffus marqué. Mais il fe peut fai» re, monfieur, que fa figure ne foit pas bien achevée dans » votre médaille, ou que quelques-uns écrivent ainfi cette » lettre, pour abreger, comme on le voit en plufieurs au» tres,qui font plus dégagées que les lettres communes des » Samaritains. La feconde lettre eft clairement un Resch, la » troifiéme un Pe, ou un Pi grec, qui est venu de la figure phénicienne, & la quatrième un Aleph.

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» Le fecond mot eft beaucoup plus difficile à déchifrer, » quoique les lettres en foient claites. Il y a viliblement » en caracteres hébreux, excepté que le Beth eft un peu au» trement fait. Ce mot ne fe trouve en aucune langue orien» tale. Comme je vois que la derniere lettre, qui eft un » Beth, eft plus grande que les autres, je la prendrois pour » une lettre double, felon l'ufage des inscriptions romai» nes, & le premier Hheth, pour la premiere lettre d'un » mot qu'elle fignifie par abréviation. Je lirois donc n » ambheres hhobeb,& le fens de ces trois mots feroit le foleil, » (car c'eft ce que veut dire phheres) aime Serpa. Aufli voit on fur cette médaille la figure hiérogliphique de cet » aftre. On peut dire que le foleil aime les lieux ausquels » il fait produire d'auffi-beaux fruits que le font les citrons », & les oranges.

Hosce legunt fructus, propior quos Phœbus amavit ; Vilia fert noftrum nil nifi poma folum.

On ne peut rien affurer pofitivement de la fignification des lettres détachées, & dont chacune fignifie un mot, à moins que l'autre côté de la médaille, ou la fuite, ne détermine clairement le fens.

Je laiffe à d'autres à prononcer fur la folidité de ces conjectures, & me bornerai à remarquer premierement, que fi l'ancienne Serpa étoit fur l'Anas, elle étoit différente de la ville que nous connoiffons aujourd'hui fous le nom de Serpa, puisque celle-ci fe trouve à une lieue de la Guadiania, qui eft l'Anas des anciens: fecondement, qu'il n'est pas vrai que l'ancienne Serpa foit nommée Fabia Prisca Serpenfis, dans l'inscription en queftion; ce feroit d'une fille morte en faire une ville. Ces deux mots, Fabia & Prisca, font le nom & le furnom de la fille de Priscus & de Fabia, & Serpenfis est le nom nationnal, qui nous apprend que la fille, à l'honneur de laquelle a été dreffée cette inscription, étoit de la ville de Serpa: en troifiéme lieu, que quoique la Serpa d'aujourd'h conferve le nom de l'ancienne, on n'en peut ra, conclure qu'elle foit dans la mê

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La ville de Serpa eft bâtie fur une hauteur, fort rude, & pleine de rochers, à une lieue de la Guadiana, à trois journées de Lisbonne, & à demi des confins de l'Andaloufie. Comme c'eft une ville frontiere, on a eu foin de la fortifier, & l'on y entretient une garnifon de deux compagnies. La campagne eft fort agréable tout à l'entour : elle eft plantée de petites forêts, de figuiers & d'oliviers. Cette ville eft fur la grande route de Lisbonne à Cadix, ou dans l'Andaloufie. Pour aller de Serpa à Lisbonne, on laifle Beja fur la gauche, & l'on s'arrête à un gros bourg nommé Cubas. De Cubas jusqu'à Aldea-Gallega, il y a dix-fept lieues de che min. Toute cette route n'eft pas des plus agréables. Ce n'eft presque par-tout qu'un chemin fablonneux & défert, où il y a quelques pauvres hôtelleries, à quatre ou cinq lieues les unes des autres. Quand on veut paffer de Serpa dans l'Andaloufie, on trouve d'abord la Sierra-Morena, dans laquelle il faut grimper jusqu'à un village nommé Balmego, où la montagne commence à s'abaiffer, & d'où l'on entre dans cette grande province. Il eft arrivé, il y a plus de cent ans, qu'il ne plut point fur cette montagne durant l'espace de quatorze ans entiers. Cela produifit une fi grande féchereffe, que toutes les fources d'eau y tarirent, & l'on n'y auroit pas pu trouver le moindre puits, ni la moindre goute d'eau. La terre s'entrouvrit en divers endroits : le feu fe mit aux forêts. L'embrafement devint fi furieux, qu'il fondit les minieres d'or & d'argent qui étoient cachées dans les entrailles de la terre. On voyoit encore les fentes & les crevaffes de la terre long-tems après ce prodigieux accident. Au midi de Serpa eft Mertola. Voyez l'article précédent. * Délices de Portugal, p. 800.

SERPENT, (riviere au ) riviere de l'Amérique feptentrionale, au pays de Scioux, ou Nadoueffis de l'eft. Elle fe jette dans la riviere de Tchauta ou Deba, du pays des Mendeouacaton, près du lac de Buade.

SERPENTERA, ifle de la mer Méditerranée, fur la côte de l'ifle de Sardaigne, à l'orient du cap de Carbonera. * Wen Keulen, Carte de la Sardaigne. C'est la Ficaria

des anciens.

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SERRÆ, métropole dont il eft parlé dans les décrets des patriarches. Cédrène & Nicétas en font mention. Il paroît, dit Ortelius, que cette métrople étoit quelque part dans la vallée de Tempé, aux environs de Lariffe & de Berrhoée. Dans les conciles d'Ephèse & de Chalcédoine, ajoute-t-il, ce fiége eft marqué dans la premiere Macédoine; & Leunclavius veut que le nom moderne foit Serres. L'abbé de Commainville, qui écrit Serroa, en parle ainfi: Serroa, ville affez bonne, de la feconde Macédoine, dans l'exarchat de ce nom, fur la mer Blanche, vers l'embou. chure du Stromone, qu'on a érigée en archevêché honoraire, qui fubfifte encore à préfent. Dans un autre endroit il remarque que Serra, aujourd'hui Seres, étoit évêché dans le cinquiéme fiécle, & archevêché dans le neuviéme. SERRAIL, ville de la Turquie, en Europe, & la capitale du royaume de Bosnie. Il y en a qui l'appellent Saraio. De l'Ifle la pomme Bosna Serai, dans fa carte de la Hongrie de 1703, & Maglai, dans la Hongrie qu'il publia en 1717. Elle eft fituée à la droite de la riviere de Bosna. A une demi-journée de cette ville, on voit un monastère, nommé Notre-Dame du Plomb, dans lequel fe trouve un tableau fort ancien de la fainte Vierge. On le porte quelquefois en proceffion, à trois quarts-de-lieue de là, dans l'endroit où il a été trouvé ; & alors on y voit, pour l'ordinaire, une grande multitude de chrétiens, tant catholiques que grecs, pour être témoins des miracles qu'on dit qui s'y operent. Davity, Bosnie.

*

SERRAIN, ville de l'Arabie heureufe. Elle cft éloignée

d'Haly de dix neuf parafanges, du côté du nord. C'eft, dit Allebab, une petite ville proche de Gioddah, dans les quartiers de la Mecque. Alazizy dir que Serrain eft fur ie bord de la mer, éloignée de la Mecque de quatre grandes journées de chemin. Selon Edrifi on trouve, près de Serrain, le bourg Yalamlam, qui eft un oratoire, & un rendez-vous des pélérins de l'Yemen, qui vont à la Mecque. Abulfeda, Desc. de l'Arabie heureuse.

SERRANA ou SERRANO, ifle de l'Amérique feptentrionale, dans la mer du Nord, entre la Jamaïque & les côtes de Nicaragua. Son circuit n'eft que de deux lieues. Le nom de Serrana lui fut donné par un gentilhomme Espagnol, nommé Serrano, qui, du tems de Charles-Quint, fut jetté par une furieufe tempête fur les côtes de cette ifle. Son vaiffeau fe brifa contre les rochers, & il fe fauva à la nâge; mais dans toute l'ifle, qu'il parcourut, d'un bout à l'autre, & qui a deux lieues de tour, il ne trouva aucun arbre, pas un brin d'herbe, ni une goute d'eau. Preffé par la faim, il prit quelques écreviffes fur le bord de la mer, & s'en nourrit pendant plufieurs jours ; ayant enfuite vû de groffes tortues qui fortoient de la mer, & qui venoient se promener fur la terre, il trouva le moyen de les tuer. Il vécut de cette façon pendant trois ans, n'ayant d'autres alimens que ces écrevifles & ces tortues, le fervant des écailles de ces dernieres pour conferver l'eau de pluye. Au bout de trois ans, un autre infortuné, échappé au naufrage, aborda dans cette ifle. Cette compagnie adoucit beaucoup les peines & le chagrin de Serrano: il paffa, avec ce compagnon, encore quatre ans dans cette ifle. A la fin, un vaiffeau Espagnol qui paffa là, par hazard, le reçut à bord, & le conduifit en Espagne. Son compagnon mourut fur mer. Pour lui il arriva en Espagne ; & comme il paroisfoit un homme extraordinaire, ayant du poil par tout le corps, comme un ours, & que la barbe & les cheveux lui venoient jusqu'à la ceinture, on le conduifit en Allemagne, pour le préfenter à l'empereur, qui lui donna quatre mille huit cents ducats, à prendre au Pérou; mais il n'en profita pas, car il mourut en allant à Panama. * Coronelli, Ifolario.

SERRANT. Corneille dit: château de France, dans l'Anjou, en latin Serrantinum. Il est situé près de la Loire, & n'eft éloigné d'Angers que de quatre lieues, du côté de Nantes. Ce château a titre de comté, & mérite d'être vû.

SERRAPILLI, peuples de la Pannonie. Pline, l. 3, c. 25, dit qu'ils habitoient fur le Drave.

1. SERRAVALLE ou SARRAVALLE, bourg d'Italie, au duché de Milan, aux confins du Tortonnèfe, & de l'état de Gênes, à la gauche de la riviere de Scrivia. Ce bourg donne fon nom à un petit territoire, qui eft comme enclavé dans l'état de Gênes.* Magin, Atlas. Ital.

Le marquis de Maillebois s'en rendit maître, & fit la garnifon prifonniere, l'an 1734.

2. SERRAVALLE, Serravallis, ville d'Italie, dans l'état de Venife, au Trevifan, à deux milles au nord-eft de Cenéda. C'eft une petite ville fort agréable, & le féjour ordinaire de l'évêque de Cenéda.

1. SERRE, riviere de France, dans la Champagne. Elle a fa fource dans la Thierafche, affez près de Liard ; & prenant fon cours d'orient en occident, elle atrofe Rou vroi, g. Rofoi, g. Moncornet, g. Marle, g. Creci, d. Novion-le-Comte, d. & va fe jetter dans l'Oife à la Fere. * De l'Ifle, Atlas.

2. SERRE, SERRA, ville de France, dans le Dauphiné, élection de Romans. Cette petite ville eft à quatre lieues de faint Marcellin.

SERRE LIONNE, riviere d'Afrique, dans la Haute Guinée, à la côte de Malaguette, fous les 8d 25' de latitu de feptentrionale, & par les 359d 40' de longitude. C'étoit la borne qui féparoit les conceffions des compagnies de Sénégal & de Guinée, avant qu'elles fuffent réunies à la grande compagnie, qui fait aujourd'hui prefque tout le commerce maritime du royaume de France. Cette riviere eft une des plus confidérables de l'Afrique. On donne à fon embouchure quatre lieues de largeur. Deux caps fameux la bornent; celui de la Verga eft au nord ; le cap Tagrin Ledo, ou de Serre Lionne eft au fud. Ils forment une baye fpacieufe, au fond de laquelle coule la riviere de SerreLionne, ainfi appellée, parce qu'elle vient des montagnes des Lions; le mot Portugais ou Efpagnol Sierra Lione,

ou

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ou Sierra de los Liones, fignifie la montagne des Lions. Tous les environs de cette Baye font des meilleurs pays de toute l'Afrique. La terre y eft d'une fertilité prodigieufe parce qu'outre la grande riviere, elle eft arrofée de quantité de gros ruiffeaux, & de rivieres même affez confidérables, dans lesquelles on pourroit établir un très-grand commerce, fi leurs lits étoient plus navigables, ou que leurs embouchures fuffent moins femées de bancs de fables & de rochers. Les rivieres les plus frequentées par les négocians, malgré les difficultés qu'on trouve à y entrer, font celles de Komanku, de Pogogne, de Kagrance, de Cafes, de Caracone: la plûpart viennent des montagnes qui coupent le pays du nord au fud, & fe joignent à celle & fe joignent à celle de Serre-Lionne. On les appelle les montagnes de Machemala. * Voyages du chevalier des Marchais en Guinée, t. 1, P.45, & Suiv.

On a aufli donné le nom de TAGRIN & de MITOMBA à la riviere de Serre-Lionne. Il eft bon d'être averti de ces noms différens, afin de ne pas faire trois rivieres d'une feule. Ce qui peut avoir donné occafion à cette multiplicité de noms, c'eft que l'entrée de la riviere de Serre-Lionne eft occupée du côté du nord par des bancs, & du côté du fud par des isles qui la partagent, & en font trois bras. Ceux du nord & du fud font nets & profonds : on y navige en sûreté. De groffes barques & des bâtimens plus confidérables les peuvent remonter jufqu'à près de quatrevingts lieues. On y trouve depuis fix braffes d'eau jufqu'à feize. Le canal du milieu eft tellement rempli de bancs & de rochers qu'il eft impraticable.

Lorfqu'on eft entré dans la grande haye, & qu'on a paffé la petite isle faint André, on voit que la côte du cap Tagrin, ou de Serre-Lionne, forme plufieurs bayes, dont les ouvertures font au nord-ouest. La quatrième, qui eft la plus voifine de l'entrée de la grande riviere, fe nomme encore aujourd'hui la baye de France. C'eft la meilleure, la plus sûre & la plus commode pour faire du bois & de l'eau. Auffi la tradition conftante de tout le pays eft que les premiers négocians de Normandie s'y étoient établis, y avoient un comptoir, & y faifoient un commerce trèsconfidérable. On montre encore la place de leur comptoir, auprès d'une des trois fontaines fi recherchées de tous ceux qui trafiquent dans le pays, à caufe de l'abondance de leurs eaux, & de leur bonté. Les Négres qui habitent les environs de cette baye, & bien avant dans les terres, ont confervé pour les François une affection toute particuliere. Les vaiffeaux François qui y abordent l'experimentent tous les jours. Ces peuples ne manquent jamais de leur demander s'ils viennent pour s'établir parmi eux; & quand on leur fait efpérer qu'on y viendra, il difent : Bon, bon, le pays eft à vous; venez, nous sommes amis. Il ne faut pas s'étonner s'ils parlent françois. Ils ont confervé de pere en fils la langue françoife, & fe font un devoir de l'enfeigner à leurs enfans. On peut mouiller dans la baye de France, à demi portée de moufquet de terre, vis-à-vis des fontaines, à feize braffes d'eau de fond de baffe mer. Si l'on faifoit un établissement fortifié dans cet endroit, les vaisseaux pourroient s'approcher de terre encore davantage, & être en fureté contre les attaques des ennemis.

La riviere de Serre Lionne fépare deux royaumes. Celui du nord s'appelle Boulon, & celui du fud Bouré. Le bourg, où demeure le roi de Bouré, eft à huit lieues de l'embouchure de la riviere, fur fon bord méridional. Elle fe retrecit beaucoup en cet endroit, où elle n'a que deux lieues de largeur. A cinq ou fix lieues plus haut, elle n'en a qu'une, & diminue toujours à mesure qu'on la remonte. Son bord méridional eft couvert de grands arbres, & d'une infinité de palmiers de toute espèce. On y fait du vin de palme excellent, & en quantité. Il y a peu de rivieres auffi poiffonneufes que celle-ci. Cette abondance de poiffon y attire quantité de crocodiles.

Le lit de cette riviere renferme quantité d'isles, d'un terrein parfaitement bon, gras & profond, qui produit de lui même, & prefque fans culture, tout ce qui eft néceffaire à la vie : grains, fruits, arbres, racines; tout y vient en perfection & d'une excellente qualité. L'air y eft pur, & l'on n'y eft point fujet à ces maladies violentes & dangereufes qui regnent à la côte de Guinée, & qui ont fait perir tant d'Européens. Ces isles font prefque toutes bordées de mangles. Ce font des paliffades naturelles pour les lieux

qui en font environnés ; & il n'eft pas aifé de les forcer pour peu qu'on veuille les défendre. Ce bois eft excellent pour brûler & pour faire du charbon. Il eft compacte, dur & pefant, & ne laiffe pas de croître affez vîte & de multiplier beaucoup, parce que fes branches ou rejettons étant arrivés à une certaine hauteur, fe courbent d'eux-mêmes vers la terre ou l'eau où le pied eft planté, & jettent des filamens qui prennent racine & produifent un autre jet qui devient arbre & pouffe des branches qui font la même chofe que celles dont ils viennent.

SERRENSIS ou SERTENSIS, fiége épifcopal d'Afrique, dans la Mauritanie Céfarienfe, felon la notice des évêchés de cette province. Dans la conférence de Carthage, N° 135, Proculus eft qualifié epifcopus plebis loci Serrenfis. La même conférence, outre cette évêque qui étoit catholique, en nomme deux autres Donatiftes, favoir Gaudentius, num. 187, & Saluftius, num. 201, à chacun defquels elle attribue le titre de Zertenfis episcopus. Cependant comme il eft dit que le premier n'avoit point d'adverfaire, on peut dire qu'un de ces Donatiftes étoit évêque de Zerta en Numidie, ville qui donna le nom au concile de Zetta, Concilium Zertenfe, tenu après la conférence de Carthage, & dont la lettre aux Donatiftes fe trouve parmi celles de faint Auguftin, Epift. 141. Peut-être l'autre évêque donatifte au lieu de Zertenfis doit-il être dic Zemtenfis epifcopus, & alors fon fiége auroit été dans la province proconfulaire : car on trouve ce nom au bas de la lettre des évêques de cette province, dans le concile de Latran, fous le pape Martin.

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SERREPOLIS, ville de Cilicie: Ptolomée, l. 5, c. 8, la marque fur la côte, entre Mallus & Aega. Le manuscrit de la bibliotheque palatine lit Setrapolis pour Serrepolis, & Villeneuve veut que ce foit la ville Caffiopolis de Pline.

1. SERRES OU CERES, ville de la Turquie, en Europe, dans la Macédoine, au quartier appellé Jamboli, dans les terres, au midi occidental & allez près de Tricala. Cette ville que l'on prend pour l'ancienne Apollonia Mygdonia eft médiocrement grande; & c'eft le fiége d'un archevêché. De l'Ifle, Atlas.

Leunclavius veut que ce foit l'ancienne Serra. Son fentiment eft le plus raisonnable.

2. SERRES. Voyez SERRE, N° 2.

3. SERRES, SERRE OU SERRUM, ville de France dans le Dauphiné, élection de Gap. Cette petite ville fe trouve dans les montagnes, à cinq lieues de Sifteron. Elle forme deux collectes pour les deniers du roi.

4.

SERRES, paroille du Duché de Lorraine, office de Lunéville. L'églife eft fous le titre de fainte Libaire ; & il y a une chapelle fous celui de fainte Barbe. Dans le château on voit une autre chapelle dédiée à faint Sebastien & à fainte Catherine. Les minimes ont un couvent près de ce château. Ils y furent fondés en 1588, par Jean de Lenoncourt. C'est le premier couvent de leur ordre en

Lorraine.

SERRETES, peuples de la Pannonie. Ils habitoient fur le Drave, felon Pline, l. 3, c. 25.

SERRIE'RES, Serreria, bourg de France, dans le HautVivarais, recette de Viviers. Ce bourg qui eft très-peuplé eft fitué fur le Rhône, à cinq lieues au deffous de Vienne au bas d'une montagne.

SERRIN. Voyez SERRAIN.

SERRUM O SERRHIUM, promontoire & montagne de Thrace, fur la mer Ægée. Hérodote, l. 7. nous apprend que la ville Zona étoit fituée fur ce promontoire. Pomponius Mela, l. 2, c. 2, Pline, l. 4, c. 11, & Appien, 1. 4. Civil. parlent auffi de ce promontoire. Il paroît qu'il étoit fur la côte des Ciconiens Dorifques, & qu'il formoit l'embouchure de l'Hebrus du côté de l'occident. On lifoit autrefois dans Pomponius Mela Seriphion au lieu de Serrium. Ifaac Voffius croit que cet ancien avoit écrit Zerynthium, & que ce promontoire avoit été ainfi appellé du nom de caverne de Zerynthe, qui fe trouvoit dans cette montagne. Martianus Capella écrit Spartium pour Serrhium; c'eft une faute.

montagnes

SERRORUM MONTES. Ortélius dit qu'Ammien Marcellin, . 27, place quelque part dans la Dace, au voisinage du Danube. Il ajoute qu'Accurfe lit Succorum au lieu de Serrorum. De Valois eit auffi pour Succorum, & on lit dans cet endroit d'Ammien Marcellin, I. 27,

506

SER

. 4, que le pays des Succi [ Succorum anguftia] faifoit la féparation entre la Thrace & la Dace.

SERSELLY, petite ville d'Afrique, au royaume d'Alger, dans le Tenez, à neuf lieues de la ville d'Alger, du côté de l'occident, avec un port & une citadelle. On prend cette ville pour l'ancienne Rufubricari & Ruficibar.

SERSER, ville de l'Irack, à trois lieues de Bagdad, entre cette ville & celle de Coufa. C'est le premier gîte où vont les pèlerins de la Mecque, en partant de Bagdad. Petit de la Croix, Hiftoire de Timur-Bec, t. 3, c. 30, dit qu'il y paffe une petite riviere qui fe décharge dans l'Euphrate.

SERTE, défert d'Afrique, au Zahara. Il a au couchant celui d'Augele, au midi le royaume de Gaogao, & l'Egypte au levant. On y voit encore les veftiges des anciens murs de Cyrene que Marmol croit être ce qu'on appelle aujourd'hui Serte. * Dapper, Defcr. d'Afrique

p. 218.

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SERTEITANUS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Sitifenfe, felon la notice des évêchés de cette province. On trouve dans la conférence de Carthage, N° 180, un certain Maximianus qualifié episcopus Serteitanus.

SERTENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Cefarienfe, felon la notice d'Afrique, qui indique Saturninus Sertenfis.* Harduin. Collect. conc. t. 2, p. 875.

SERTES, bourg de France, dans le Dauphiné, élection de Gap.

SERTOPOLIS. Voyez BERSAN.

SERU. Dapper, Defcription de l'Egypte, p. 55, dit: En allant du feptentrion au midi, ou en remontant le Nil, depuis les côtes maritimes jufqu'au Caire, on trouve deux places fort anciennes, favoir Seru & Raskaillis, fort proches l'une de l'autre, & l'on vient enfuite à Mafur ou Mafura.

SERVAN, ville de la province de Segeftan, fituée à deux journées de diftance de Sistan, qui eft la capitale de cette province.* D'Herbelot, Biblioth. or.

La ville de Servan eft fort petite; mais fon territoire est fort fertile en toute forte de fruits, qui font rares dans la province de Segeftan. Le géographe Perfien place cette ville dans le troifiéme climat.

SERVAT, chaîne de montagnes, dans l'Arabie heureufe. Manufcrit. de la bibliot. du Roi.

SERVERETTE, bourg de France, dans le bas Languedoc, recette de Mende.

SERVESTON, ville de Perfe. Tavernier dit qu'elle eft à 784 15' de longitude, fous les 29d 15′ de latitude. Il ajoute qu'il y a autour de cette ville de très-bonnes terres labourables, & de très-beaux jardinages. * Voyage de Perfe, l. 3.

SERVIÉ, (la) Servia, province de la Turquie, en Europe, entre le Danube au nord, l'Albanie & la Macédoine au fud, la Bulgarie à l'eft, & la Bofnie à l'oueft. Elle peut avoir du feptentrion au midi environ trente-huit lieues, & prefque une fois autant d'orient en occident. Cette province, que les Turcs appellent Sirf, fit partie de la Mefie, de l'Illyrie & de la Pannonie. Elle appartint, dans la décadence de l'empire romain, aux Serviens, venus de la Sarmatie Afiatique; & eut dans la fuite fes defpotes par ticuliers, dont quelques-uns ont dépendu des rois de Hongrie. Le dernier, nommé Lazare, fut pris dans une bataille où fon armée fut taillée en piéces par Amurath I, dans le quatorziéme fiècle. Le nom commun des despotes étoit Lazare ou Eléafar. Quoique quelques-uns ayent avancé que ce prince Turc mourut dans cette bataille, la commune opinion eft que Michel Cabilovits, domeftique de Lazare, feignit de lui porter des préfens, & le perça d'un poignard. On rapporte que depuis cet accident, aucun n'eft conduit devant le fultan, que deux capigi bachi, ou chefs des portiers, ne le foutiennent fous les bras, ou que l'un deux ne prenne fa manche droite & l'autre la gauche. Bajazeth qui regna après Amurath, vengea la mort de fon pere fur les Triballiens, peuples de Servie, & n'épardans fa fureur que ceux que la fuite en garantit. Les hoftilités de Moïfe, l'un de fes fils, qui prit Sendérovie, fi-tôt que la mort de fon frere Soliman, qu'il fit étrangler, pour finir leurs différends, l'eut laiffé fans concur

gna

SES

Pour

rent, obligerent le despote de Servie à fecourir Maho-
met, l'un des autres fils de ce prince Turc. Celui-ci, in-
formé que l'on n'aimoit pas fon frere, quitta la boutique
d'un faifeur de cordes de luth, chez qui il étoit nourri le-
cretement, avec apparence qu'il vivroit un jour de ce mé-
tier-là, pour fe retirer auprès du prince de Caramanie. Il
fit encore alliance avec l'empereur de Conftantinople; &
par le fecours de ces trois princes, il vint à bout d'occuper
le trône des Ottomans. Amurath II, qui lui fuccéda,
fe mettre hors d'état d'avoir befoin du fecours du es
pote de Servie, dépouilla de cette principauté George Bul
covits qui la poffedoit, quoiqu'il en eût époufé la fille,
nommée Marie ou Irène, & par un furcroît de cruauté,
il fit brûler les yeux aux deux fils de George, qu'il mit
dans l'impoffibilité d'avoir des enfans. Il n'y eut que Bel-
grade qui lui réfifta, cette place n'étant venue au pouvoir
des Turcs, que fous Soliman II, qui la prit en 1521.* La
forêt de Bourgon, Géogr. t. 2, p. 632. Hift. & descr. du
royaume de Hongrie, l. 4.

SERVIERE, bourg de France, dans le bas Languedoc, recette de Mende.

SERVIEZ, bourg de France, dans le haut Languedoc, recette de Caftres.

SERVILIA-VILLA, AD VILLAM SERVILIAM, Ou AD VILLAM SERVILIANAM, lieu d'Afrique : l'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Cirta à Hippone royale, entre Aqua Tibilitana, & Hippone royale, à quinze milles du premier de ces lieux, & à vingt-cinq milles du fecond. La table de Peutinger compte trente milles de Serviliana Villa à Hippone.

SERVILII-VACIÆ-VILLA, lieu d'Italie, fur le golfe de Cumes: Senéque, l. 7, epift. 56, en parle, & c'eft aujourd'hui, à ce qu'on croit, Lago Colluccia.

SERVITIUM, ville de la Pannonie, felon la notice des dignités de l'Empire. L'itinéraire d'Antonin, dont les divers manuscrits lifent Servitti, Serunti, Servitei ou Servito, marque cette ville fur la route de Sirmium à Salo næ, entre Urbate & ad Ladios, à vingt-quatre milles de chacun de ces lieux. Cette ville étoit fur le bord de la Save.

On croit que fon nom moderne eft Swinar. Voyez ce

mot.

SERVON, ville de Perfe. Les géographes du pays la mettent à 794 15 de longitude, fous les 32d 10' de latitude. C'est une petite ville dont le terroir produit du vin en abondance, des dates & autres fruits. * Tavernier, Voyage de Perfe.

SERVONIA. Voyez SIR BONIS.

,

SERUS, fleuve de l'Inde, en-deçà du Gange. Proloplace l'embouchure de ce fleuve fur mée, l. 7, c. I le grand golfe, au midi d'Aganagara. Il ajoute que ce fleuve fe formoit de deux fources qui étoient dans le mont Semanthinus. Mercator dit que le nom moderne eft Coromaran.

SERY, bourg de France, dans la Champagne, élec tion de Rheims, dans le bailliage de Château-Porcien. Ce lieu eft fitué fur le ruiffeau de Plumeron, à neuf lieues de Rheims, deux de Rethel & de Château-Porcien. La cure vaut mille livres de revenu; elle eft à la nomination de l'archevêque de Rheims, elle a pour annexe Couverci-laMalmaifon, & Beaumont en Avaux. Le terroir produit des froments & des chanvres ; il y a cinq ou fix arpens de vignes, quelques prairies affez belles, un bois nommé le bois d'Avaux, qui contient environ cent arpens. La terre n'eft qu'un fimple fief. Le commerce principal du lieu confifte en froment & en toiles, qui fe débitent à Rhetel & à Rheims. Les lettres s'adreffent à Rethel.

SERY-AUX-PREZ, Siriacum in Pratis, abbaye d'hommes, en France, dans la Picardie, fur la Brefle, entre la ville d'Eu, & Aumale, au diocèle d'Amiens, de l'ordre de Prémontrés, fondée en 1221, par Guillaume de Cayeu & Gérard d'Abbeville, feigneur de Boubers & de Boullencourt: elle vaut neuf mille livres. L'abbé en tire cinq mille. Cette abbaye est à trente-quatre lieues de Paris. SESAMUM. Voyez AMASTRIS.

SESANIUM, ville de l'Ethiopie, fous l'Egypte : Pline, 1.6, c. 29, la met fur la côte.

SESARASII, peuples de l'Epire. Strabon, l. 7, p. 326, les dit originaires de l'Illyrie. On croit que ce font les Das faretii de Tite-Live.

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