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ou Placeda, qu'on trouve placé dans les cartes marines, à fix ou fept lieues delà du côté du midi. A trente-huit milles de Plarée, il met Camine, & enfuite Azibinthe, Lanife, Tragée, Pharmacufe, Thechdre, Chalcia, Calydne, & enfin l'isle de Carpathus, qu'on nomme à préfent Scarpanto. STANACUM ou STANAGUM, lieu du Norique. L'itinéraire d'Antonin le place entre Joviacum & Boiodurum, à ૩ dix-huit milles du premier de ces gîtes, & à vingt milles du fecond. C'eft à préfent Wachzenkirken, felon Lazius; mais il lit Stavacum, au lieu de Stanacum. Cluvier déclare ne favoir où il doit placer Stanacum.

STANCHIO, ou

STANCOU, isle de l'Archipel, fur la côte de l'Afie mineure. C'est une des meilleures isles de l'Archipel. Les auteurs grecs ont varié dans l'orthographe de fon nom; mais les anciens Latins l'ont toujours appellée Cos, & c'eft même ainfi qu'on trouve ce nom écrit dans le nouveau teftament. * Dapper, Descr. de l'Archipel, p. 174.

Elle fut appellée auffi Caria ou Caris, Mérope, Meropis ou Meropeis, foit que les anciens Méropes, qui l'ont autrefois habitée, ou que Mérope, fils de Triope, ou une des filles d'Atlas, lui ayent donné ce nom; comme on dit qu'elle fut appellée Cos, d'une fille de Mérops, qui étoit ainfi nommée. Les Grecs & les Italiens la nomment à préfent Lango, & les Turcs Stancou, Stanchio, & Stango; d'où les Flamans ont formé le nom de Stantio, qu'ils lui donnent, & qui femble un mot compofé de Stin & Gio.

Elle eft fituée à l'orient de l'isle de Stampalie, dont elle eft éloignée de fept lieues par fon bout méridional, entre les isles de Nifarie & de Calamine, au fud-eft de la premieTe, & au nord-ouest de la derniere, à trois lieues vers le midi du cap de la terre ferme, qui eft appellé Calono; & presque à la même diftance de celui de Crio, qui eft auili fur le continent, vis-à-vis d'un golfe ou grande baye, fituée entre ces deux caps, qu'on nomme à présent golfe di Stantio, à cause de cette isle.

à

On lui donne, dans les cartes marines, l'isle de Rhodes l'orient, ou au fud-eft, avec celles de Simie, de Lamonia, d'Episcopia & de Cartie entre deux; l'Alie mineure ou le cap de Calono, autrement nommé Petera, qui eft fur le continent de la province de Doris, au feptentrion; l'isle de Calamine vers l'occident, & celle de Scarpanto du côté du midi.

Elle eft fituée, fuivant Mela, dans la mer Ægée, dans l'Icarienne ou dans la Carpathienne, fous les côtes de Carie, province de l'Afie mineure, étant éloignée, fuivant Pline, de quinze milles d'Italie, d'Halicarnaffe ville de Carie, du côté du couchant, & vis-à-vis d'un golfe.

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Strabon la place à foixante ftades de l'isle de Nifyros; mais il ne la fait éloignée que de quarante, qui reviennent à cinq milles d'Italie, du cap de Termerium, tué près de Myndus, ville maritime de Carie, nommée préfentement Mentefe. D'où quelques-uns ont crû, que le nombre de cent ftades y pourroit avoir été oublié par Strabon: car en les ajoutant aux quarante que nous avons marquées, elles reviendroient, à quelque différence près, aux quinze milles d'Italie, que Pline a affigné à cet espace. Mais Strabon pourroit avoir voulu marquer la moindre diftance, qui fe trouve entre cette ifle & le continent de l'Afie mineure ou de la Carie, & Pline l'a voulu fans doute prendre dans fon plus grand éloignement.

Cette ifle eft plus longue que large. Sa longueur eft de quarante milles d'Italie ou de dix lieues d'Allemagne d'orient en occident. Strabon lui donne cinq cents cinquante ftades, qui font près de dix-fept lieues & un quart d'Allemagne, ou foixante neuf milles d'Italie de circuit. Mais entre les géographes modernes, Thevet lui en affigne trente-cing de France, qui en font près de vingt-trois d'Allemagne.

L'ancienne ville de Cos étoit appellée, felon Strabon, Aftypalée. Elle étoit bâtie en un autre quartier que celle qu'on y voyoit de fon tems, quoique près de la mer; mais fes habitans l'abandonnerent, à caufe de quelque tumulte qui s'y étoit élevé, & bâtirent près du cap Scandarie une ville qu'ils appellerent Cos, de même que l'ifle; ce qui arriva, fuivant Diodore, en la troifiéme année de la cent troifiéme olympiade, c'est-à-dire, trois cents foixante-fix aus avant la naissance du Sauveur du monde. Elle n'étoit pas

grande, mais fort bien bâtie, & ceux qui y venoient abor. der en trouvoient le féjour agréable. Il y avoit au deflus de la ville une place ou contrée appellée Termerum. Pline met dans cette ifle une montagne qu'on nomme Prion.Scandarie étoit un cap de l'ifle fitué fur fon côté occidental, vis-à-vis de Termerium, qui étoit voifin de Myndus, ville de l'Afie mineure, dont il étoit éloigné de quarante ftades, comme nous l'avons déja remarqué. Il y avoit un autre cap fur fon côté méridional, appellé Lacter dans Strabon, & Laceter dans Plutarque, qui étoit éloigné de foixante ftades de l'ifle de Nilyros. On en voyoit un près de la contrée de Lacterium, appellé Halifarna, & au côté occidental celui de Drecanum, avec un bourg appellé Stomaline, à deux cents ftades de la ville de Cos. Stomaline vaut autant à dire, que le lac près de la mer, vers laquelle fes eaux avoient leur cours.

Il y avoit, vers le tems de Jefus Chrift, un Esculapium, ou temple élevé en l'honneur du célébre & ancien médecin Esculape, dans le fauxbourg de Cos, qui étoit fort renommé, & étoit rempli de préfens fort précieux. Il y avoit aufli un bocage confacré à Esculape; mais Publius Turullius, fénateur romain, un des conjurés & alfaffins de Jules Céfar, en fit abbattre presque tous les arbres pour la conftruction des vaiffeaux qu'il y vouloit faire bâtir. Marc Antoine livra enfuite ce Turullius, quoique fon ami à l'empereur Augufte qui le fit mourir.

La ville qu'on y voit aujourd'hui, appellée comme l'ifle Lango ou Stancou, & par les Flamans Stantio, eft fimée près de la mer, au fond d'un grand golfe, dont l'embou chure eft affez étroite, & au pied d'une montagne qui aboutit en une belle plaine. Elle est bien bâtie & allez peuplée.

Les vailleaux peuvent mettre à l'ancre dans le golfe de Stantio fur fix à fept braffes d'eau. On les y peut même attacher à la terre ferme mais ils s'y trouvent expofés à tous les vents du feptentrion & du couchant.

Porcáchi nomme la capitale de l'ifle Arangea, & la place fur fon côté occidental, près du rivage. Il y a tout près un lac ou étang, qu'on voit à fec dans les grandes chaleurs. On voit en plufieurs endroits de la ville des mafures, de grandes piéces de marbre, comme de colonnes, de ftatues & d'autres reftes d'anciens bâtimens, qui font affez juger de la magnificence & de la fplendeur de cette

ancienne ville.

Il y a du côté de la mer, & près du port, un château & un bourg muré, dont les murailles font batles & fans défenfe. Le château eft féparé par un follé, & une belle muraille, fortifiée de plufieurs tours carrées, qui rendent la place affez forte. Auffi réfifta-t-elle en 1630 contre les galeres de Malthe & de Naples, qui furent obligées de s'en retirer, après plufieurs attaques inutiles. Il y a devant le château un grand verger, planté d'orangers & autres arbres, dont la vue rend ce féjour agréable. On y voit encore fur la porte les armes de faint Jean de Jerufalem, & dans le bourg, on apperçoit devant plufieurs maifons des croix de cet ordre, & les armes de quelques particuliers, qui donnent affez à connoître que cette ille étoit autrefois au pouvoir des chrétiens.

de

Le port, qui eft entre la ville & le bourg, eft fort grand: autrefois il étoit bon & commode, mais il y a quelquetems que les houles y ont pouffé une fi grande quantité de fable à fon embouchure, qu'on ne peut y conduire que petits bâtimens, fi bien que les galeres & grands vaiffeaux font obligés de demeurer à la rade voifine, dont le port eft bon & propre à l'ancrage.

Il y a une églife confacrée à la Vierge Marie, que les Grecs d'aujourd'hui nomment Gorgopicu, qui femble un mot formé par corruption du grec Gligoran, qui fignifie promt à exaucer.

Il y a dans cette ifle une place qu'on nomme encore Heraclis, comme qui diroit la place, ou demeure d'Hercule, à caufe que ce héros y fit fon féjour, pendant tout le tems qu'il s'arrêta dans l'ifle, au rapport des infulaires.

On y montre auffi une autre place que les Grecs nomment Pili, ce qui apparemment eft un mot venu par corruption de Pélée, pere d'Achille, qui y demeuroit. Tout près de la ville, il y a un lac ou étang appellé Lambi, qui eft fec en été.

Toute l'ifle eft plaine & unie; mais du côté du midi il y

a de hautes montagnes, où l'on voyoit autrefois trois châteaux ou bourgs murés, dont les noms étoient Pietra, Chenia & Pili. Il y avoit de plus un château fort, fur le fommet plain & uni du mont Dicheo, appellé Peripato, qui étoit bien pourvu de citernes & de fort bonne eau de pluie. On trouve au pied de cette montagne une fource appellée Sphandio, d'où la riviere de Sphandano a pris fon nom. Du milieu de la plaine ou campagne s'élevent deux petites montagnes ou côteaux, d'où la belle fontaine de Licafti, qu'on nomme à présent Apodomaria, prend fa fource. Il y a un village, avec quelques moulins & viviers, près de cette fontaine, qui eft tout bâti de marbre. Le terroir de cette ifle eft fertile ; mais l'air y eft mal fain, ce qui fait qu'elle eft la plupart du tems déferte & inhabitée, fuivant le témoignage de Porcachi. Elle produifoit anciennement, & produit encore de très bons vins ; d'où vient que quelques-uns ont cru qu'elle en avoit pris fon nom; car les trois lettres du mot Cos marquent les trois qualités d'un bon vin, qui font la couleur, le goût & l'odeur, le C marquant la couleur, l'O l'odeur, & l'S la faveur; Color, Odor, Sapor.

des

Hippocrate étoit natif de l'isle de Cos, comme Pline & Strabon le remarquent. On tient que ce fameux médecin commença d'exercer cet art avec le fecours des cures qui étoient écrites & confacrées dans les temples. Car c'étoit anciennement une coutume en l'isle de Cos, de même qu'en plufieurs autres villes de la Gréce, de prendre dans les temples, quand on venoit à relever de quelque maladie, planches ou tableaux, & de les confacrer à la divinité à qui on attribuoit fa guérison. On avoit écrit fur ces planches ou tableaux les moyens & les remedes dont on s'étoit fervi pendant le cours de la maladie, avec le fuccès que chaque remede avoit eu. C'eft en ce fens que Pline a écrit qu'Hippocrate avoit mis en lumiere la médecine, parce que c'ésoit la coutume que ceux, qui avoient été délivrés de quelque maladie, écrivoient dans les temples de leurs dieux ce qui les avoit fecourus. Ce temple ayant ensuite été brûlé, s'il en faut croire Varron, Hippocrate exerça, fuivant ces mémoires, la médecine, que les Grecs ont nommée Kawiný, c'est - à-dire, où le malade a befoin de tenir le lit.

On trouve encore quelques-uns de ces tableaux, qui contiennent des anciennes obfervations fur la guérifon des maladies. Il y a même affez long-tems qu'on en trouva un de marbre à Rome dans le temple d'Esculape, où il y avoit une inscription grecque, qui contenoit les paroles fuivan

tes.

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» Julien étant travaillé d'un flux de fang par le haut, & » abandonné des hommes, le Dieu ne tarda pas de venir à » fon fecours; de forte que l'ayant nourri de miel pendant » trois jours, il le retira en fa premiere fanté, d'où il lui » vint rendre graces devant le peuple.

دو

On voit encore une petite maison hors de la ville & dans le fauxbourg, qui appartenoit, au rapport de ces infulaires, à Hippocrate. On voit près de cette maison une fontaine, avec une colonne de marbre,& à quelque distance on trouve un lac ou un étang. Il y parut au commencement de ce fiècle, un ferpent d'une extraordinaire groffeur, qui dévoroit le bétail : quelques fuperfticieux parmi ces infulaires s'imaginent que c'étoit la fille d'Hippocrate, qui avoit paffé pour magicienne, qui vivoit encore fous cette fi

gure.

Il Y avoit un temple d'Esculape dans le fauxbourg de Cos, & on y voyoit le portrait d'Antigonus, peint par Apelles. Ce fameux peintre étoit natif de Cos; ce qui fait qu'il eft appellé Cous Apelles dans Ovide. Il vivoit du tems d'Alexandre le Grand, & il fut le feul à qui ce prince permit de le peindre. On voyoit auffi dans ce temple le portrait de Venus Anadyoméne, c'est-à-dire, qui fort de l'eau ; car les poëtes avoient feint que cette déelle ayant été produite de l'écume de la mer, fortit de defloús l'eau en naiffant. Ce portrait fut enfuite porté à Rome, & confacré au Dieu Célar par Augufte, comme le rapporte Strabon.. Augufte voulut confacrer à fon pere le portrait de cette fondatrice de fa race. On dit qu'Apelles laiffa ce tableau imparfait, & qu'après la mort on ne trouva perfonne qui ofa entreprendre de l'achever. Simus, ancien médecin fort renommé, étoit auffi né dans l'isle de Cos, de même que Philetas poëte & grammairien fort célébre du tems de Philippe & d'Alexandre, rois de Macédoine. Il fur précep

teur de Prolomée Philadelphe, & un des lieutenans d'Alexandre le Grand. On dit qu'il étoit fi maigre & fi décharné, qu'il falloit qu'il attachât des morceaux de plomb à diverfes parties de fon corps, pour n'être pas emporté par les vents lorsqu'ils fouffloient avec un peu trop d'impétuofité. Arifton, philofophe de la fecte des Péripatéticiens, étoit auffi de l'isle de Cos. On tient que les rayons du foleil venant à darder dans les grandes chaleurs de l'été fur fa tête chauve, lui cauferent une fi grande maladie qu'il en mourut. Strabon fait auffi Theomueste le musicien natif de cette isle.

Il y a une rade à une portée de fauconneau, de la ville, du côté de l'orient, où l'on peut être à l'ancre fur cinq, fept & dix braffes d'eau, & dix braffes d'eau, bien que le fond ne foit pas fablonneux. On voit deux moulins bâtis fur une pointe baffe, fituée à l'occident du port, où commence un banc de fable, qui s'étend plus d'une demi-lieue dans la mer.

Les vaiffeaux qui viennent du côté d'occident, pour paffer entre l'isle de Stantio & le cap de la Terre-ferme qui eft appellé Capo Crio, doivent prendre garde d'éviter le cap feptentrional de cette isle, à cause des bans de fable dont il eft environné.

Au nord-eft de l'isle de Stantio, & tout auprès de la Terre-ferme, on trouve les isles de Subi, appellées par les Hollandois d'Ezelseilanden, c'est-à-dire, les isles des ânes. Il y a une autre petite isle à l'occident de celle de Stantio, appellée Capra, entre laquelle eft l'isle de Callemeno, autrement appellée Calmo, il y a près du cap de Calmo un fond net & fain, où les vaiffeaux fe peuvent venir mettre à l'ancre fur vingt-quatre & trente brasses d'eau.

Strabon & Etienne le géographe placent près de l'isle de Cos ou Lango, entre la ville de Myndus, qu'on nomme à préfent Mentefe, & celle de Bargylie, une isle Caryanda, avec un lac de même nom, dont les habitans furent appellés Caryandiens. Seylax, ancien hiftoriographe grec, étoit natif de cette isle. La ville de Myndus étoit lituée fur le continent, entre l'ancienne ville d'Halicarnafle, qu'on nomme à préfent caftel di S. Petro, & celle de Bargylie.

STANDAERT-BUITEN, feigneurie des Pays-Bas, dans le marquifat de Bergen-op Zom, au quartier feptentrional, fur la rive de la Merck, vis-à-vis du havre d'Ou den-bosch. Cette feigneurie comprend trois grands polders, dont le premier a été defleché au commencement du quinziéme fiécle, & qui pour cette raifon fe nomme le vieux Polder. On appelle le fecond le Winter-Polder de Mancie, ou le Nieuwland, c'est-à-dire Terre-neuve ; & le Polder du prince Henri. Outre ces Polders, il y en a trois autres qui font le grand & le petit Polder du comte Frédé ric, & celui de Mariane, qui ne font entourés que de petites digues d'été, & qui par conféquent ne font que des prairies. Cette jurisdiction, qui a haute, moyenne & baffe juftice, contient environ deux mille arpens de terre, & n'envoye des députés à l'affemblée du quartier oriental, que quand elle le juge convenable à fes intérêts. Elle en eft indépendante, & même féparée par le Dintel, ou la riviere de Breda. Elle a fon bailli particulier, qui ne dépend en aucune maniere du droffard du quartiers & fon tribunal eft compofé de sept échevins & de deux jurés, établi par le marquis pour la juftice & pour la police. Il y a auffi un Dyckgrave, trois jurés de digues, un teneur de livres, & un mellager des digues. Il y a pareillement un collecteur & un tréforier à vie. Standaert-buiten eft le fiége d'un bureau de l'amirauté de Roterdam, compofé d'un receveur, d'un contrôleur, & de trois Chaloep-Roeyers, qui demeurent fur le bord de la riviere dans un grand bâtiment, où ils font la garde jour & nuit. Il y a à Standaert-buiten une église proteftante, & une chapelle pour les catholiques : cette derniere eft deffervie par les dominicains d'Anvers.* J4niçon, Etat préfent des Provinces unies, t. 2, p. 242.

STANDIA, ifle fur la côte feptentrionale de celle de Candie, & environ à mille pas de la ville de ce nom. Cette ifle, qui n'eft proprement qu'un écueil, avec une forterefle, eft bordée du côté du nord, de rochers inaccessibles, & qui ont plus de quatre-vingts pas de hauteur. Elle a pourtant une petite baye fort fûre; on l'appelle ordinai rement Conidma ou Conca. Cette ifle n'étoit guères connue avant la derniere guerre de Candie. Les fecours qu'on envoyoit à cette ville affiégée, venoient d'abord à Standie, d'où ils paffoient aifément à Candic. Alexandre Molino fut

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un de ceux qui se diftingua le plus dans la conduite de ces convois; car au commencement de la guerre, il vint abor der cette ifte, avec plufieurs bâtimens chargés de toutes fortes de provifions qu'il avoit prifes fur les ennemis dans les golfes del Volo & di Zeiton. Une partie fut diftribuée aux vainqueurs, & l'autre envoyée dans la place qui étoit attaquée.

Les anciens appellent Standia Dia, Thia ou Cia. Elle eft à préfent connue parmi les Italiens fous le nom de Standia, quoique dans les cartes marines elle foit défignée fous celui de Stantea & de Eftanti.* Dapper, Descr. de l'Archi. .pel, p. 479.

Etienne le géographe fait mention de quatre ifles qui portent le nom de Dia, dont la premiere eft autrement appellée Naxos. Il place la feconde près de Milet, la troifiéme près de Sarmoffe, & la quatrième, qui eft celle que nous avons préfentement à décrire, près de Cnoffe, ville de Créte ou Candie. Strabon parle auffi de cette derniere, qu'il met pareillement près de l'Heracleum de Cnoffe, a foixante-dix flades, qui font environ neuf milles d'Italie, ou deux lieues d'Allemagne, de l'ifle de Créte, & presque tout joignant celle de Thera.

Ptolomée fait aufli mention de cette ifle fous le nom de Dia, de même que Strabon ; & Pline en parle fous celui

de Chia ou de Cia.

Elle eft fituée par fon bout occidental, à deux lieues à l'orient du cap Freschia, & environ à fix ou fept milles d'Italie, ou à deux petites lieues d'Allemagne au nord eft de la ville de Candie, quoique Ferrarius la place à vingt mille pas, qui font vingt milles d'Italie ou cinq lieues d'Allemagne de cette même ville, & Kootwyck, à douze mille pas ou douze milles d'Italie.

Cette ifle n'eft qu'un rocher ou une grande & longue montagne, qui défend par fa hauteur les vailleaux qui font à l'ancre dans les ports du vent & de la tempête. C'est là que les Vénitiens fe retiroient ordinairement avec leur flotte, lorsqu'ils étoient en guerre avec les Turcs, & c'est là auffi que celle que le roi de France envoya à leur fecours en l'année 1668, fous la conduite du duc de la Feuillade, alla mouiller.

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l'occident de la ville de Candie. A quatre lieues & demie d'Allemage de la ville de Canée, & près de l'isle de SaintThéodore, l'on trouve un bang de fable dans la mer, appellé Gagna. L'on trouve dans les cartes marines un rocher fitué à près de quatre lieues d'Allemagne à l'orient de l'isle de Standia; il eft défigné fous le nom de Calogori ou de Coloiero. Il y a deux rochers à l'orient du cap Saint-Zuane, appellés Scoglio di Antonio.

Environ a trois lieues à l'occident du cap Sidero, le plus feptentrional de l'isle de Créte, & à quelque distance au nord-ouest de la ville de Setia, l'on rencontre trois petites isles, défignées dans les livres des pilotes hollandois, fous le nom de Janitzari, appellées par les mariniers italiens Giagnizades.

Il y a une isle fituée au-delà du cap Sidero, du côté de l'oueft-fud-oueft, appellée Morena, & autrement Ifole Baffa, c'eft-à-dire, isle baffe. Elle eft auffi nommée dans les livres des pilotes hollandois Stipalamida.

L'on trouve dans ces mêmes livres trois rochers placés entre le cap Sidero & l'isle de Morena: ils font à fleur d'eau. L'on doit bien prendre foin de les éviter, lorsqu'on fait voile entre le cap & l'isle, & qu'on veut doubler le cap; car pour ne pas faire naufrage, il faut ranger tant qu'il fe peut la côte de l'isle.

Les cartes marines des Italiens placent trois rochers à l'embouchure du golfe ou de la baye, fituée à l'orient du cap Sidero, & à l'occident de celui de Salomoni & de la pointe de Placo. Le premier qui fe préfente, après avoir doublé le cap Sidero, eft appellé Punta Traditora, qui eft défigné dans les cartes marines des Hollandois fous le nom de l'isle de Morena. L'autre eft appellé Scoglio di Flaza, & le troiliéme Scoglio di Grades.

Entre le cap Sidero & celui de Salomoni, l'on découvre un rocher dans une grande baye ou golfe, qu'on prendroir pour une isle, lorsqu'on fait voile vers ce côté, en venant du feptentrion. L'on y voit quelques murailles qui tombent en ruine. Ce font les reftes d'un château qu'on appelle Paleo Caftro, c'est-à-dire château vieux.

STANDITANUS, fiége épiscopal de l'Afie mineure dans la Lydie. Un certain Marcus eft qualifié évêque de ce fiége, dans le concile de Nicée.

STANDON, bourg d'Angleterre, dans la province d'Hertford. Il a droit de tenir marché public. * État préfent de la Grande Bretagne, t. 1.

Elle étoit autrefois entierement déferte. On l'a vû même rarement habitée, à caufe des fréquentes incursions des Pirates, qui emportoient & ravagcoient tout ce qu'ils y trouvoient. Mais à préfent il y a quelques Grecs presque fauvages qui s'y tiennent, & qui ne vivent que de chafle, STANES, bourg d'Angleterre, dans la province de l'ifle nourriffaut une fort grande quantité de gibier. Ils Middlefex, fur le bord de la Tamife. A l'extrémité occin'ont de communication ni de commerce avec les étran-dentale de Middlefex, la Tamife fe partage en trois ou gers que pour en acheter du plomb & de la poudre.

Cette ifle a quatre ports fur fon côté méridional, SaintGioris, Grego, Saint-Nicolo & celui della Madona; mais les deux qui approchent le plus du côté d'occident, qui font ceux de Saint Gioris & de Grego ou Diagregia, ne font pas fort confidérables. On voit une tour bâtie fur la pointe occidentale du premier. Le troifiéme, qui eft celui de S. Nicolo, eft une grande baye, qui forme un enfoncement fort confidérable du côté du feptentrion. Les vaisfeaux y font à l'abri des vents, près de fon bout oriental, derriere une petite chapelle qui y eft bâtie. On y trouve, près de fa pointe orientale, trente braffes de profondeur; on y peut aller mouiller en-dedans fur un font fablonneux & propre à l'ancrage de vingt & vingt-quatre braffes. Les vents méridionaux y font dangereux, à caufe qu'ils y foufflent à plein. Le quatrième port, qui eft le plus oriental & le meilleur de tous, eft appellé Porto della Madona. On y voit au milieu une petite chapelle, bâtie tout contre la plaine qui s'y vient terminer. Les vaiffeaux, qui viennent du côté d'occident, doivent rafer le plus près qu'il eft posfible fa pointe occidentale, & d'abord qu'ils y font, entrés jetter l'ancre, & amarrer le bâtiment avec une corde au rivage; autrement ils courroient risque de s'engraver.

Près de l'ifie de Standia, du côté d'occident, l'on voit un rocher appellé Petagalida, & du côté d'orient, un autre ou une petite ifle appellée par les mariniers italiens Paximadi, & dans les cartes marines Pachfimada. Elle a tout autour un fond fain & net de quatre-vingts braffes de profondeur. Il y a auffi trois petits rochers, fitués à quelque diftance les uns des autres, au midi de l'isle de Milo, & à l'occident de celles de Remomulo & de Petteni, qui font appellés Paximadi ou Pafimada. Il y a un rocher appellé S. Chirichi. Il eft au-devant de la riviere d'Armiro, & à

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quatre branches, dont l'une arrofe, le bourg d'Uxbridge, après quoi les eaux fe réuniffent un peu au-deffus de Stanes. Ce bourg á droit de marché. Délices de la Gr. Br. p. 976.

1. STANFORD, ville d'Angleterre, dans Lincolnshire, au quartier de Queftevene, vers les confins de la province de Leycefter. Cette ville nommée par les Saxons SteanFord, c'eft-à-dire, le paffage de la pierre, parce qu'elle est toute conftruite de pierres, eft fort jolie. On la trouve fur la rive gauche du Weland, qui fert de borne entre les deux provinces. Elle eft fermée de murailles, bien peuplée & ornée de beaux priviléges. On y voit fix ou fept églifes paroiffiales, deux beaux hôpitaux, & les ruines d'un vieux château que le roi Etienne y avoit conftruit contre Henri d'Anjou. Quant à celui que le roi Edouard le Vieux avoit bâti de l'autre côté de la riviere, pour l'oppofer aux Danois, qui couroient le pays, il n'en refte pas même les traces. Sous le regne d'Edouard III, les étudians d'Oxford s'étant divifés les uns contre les autres, fçavoir ceux des provinces du nord, contre ceux des provinces méridionales, il y en eut plufieurs qui fe retirerent à Stanford, & qui y formerent une petite académie. Mais quelque tems après, cette fcandaleufe divifion ayant été terminée, les étudians retournerent à Oxford, & ainfi l'académie de Stanford fut presque auffi-tôt finie que commencée; & l'on eut même la précaution d'exiger de tous les profefleurs un ferment qu'ils ne retourneroient jamais enfeigner à Stanford. Cette ville eft encore aujourd'hui affez considérable; mais elle l'étoit beaucoup davantage avant qu'elle eut été ravagée durant la fureur des guerres civiles caufées par la divifion des maisons d'Yorck & de Lancastre. * Délices de la Grande Bretagne, p. 171 & luiv. L'itinéraire d'Antonin marque une ville ancienne nom

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STA

mée Gaufenna, qui devoit être fituée aux environs de Stanford; & la voie militaire des Romains, nommée aujourd'hui High Dike, qui va droit à Lincoln, peut faire conjecturer que cette Ganfenna n'étoit pas bien éloignée de l'endroit où la petite riviere de Guath ou Vash, qui lui avoit peut-être donné le nom, eft coupée par ce chemin. On pourroit auffi croire que Stanford s'eft élevée fur les ruines. Cette derniere donne le titre de comte à M. Thomas Grey. De Stanford, en fuivant le cours du Welland, on trouve la petite ville de Market-Deeping.

2. STANFORD, ville d'Angleterre, dans Nottinghamshire, fur le bord de la Stoure, aux frontieres de la province de Leycefter. On a trouvé à Stanford quelques monumens d'antiquité, particulierement des médailles. Délices de la Gr. Bret. p. 369.

3. STANFORD-CASTLE, château d'Angleterre, dans Dorfetshire, fur la côte. Il a été bâti vis-à-vis du château de Port-Caftle, pour fervir, comme ce dernier, à défendre la rade de Weymouth.* Délices de la Gr. Bretagne, p. 768.

STANIASKI, abbaye de religieufes bénédictines, en Pologne, au diocèfe de Cracovie, fondée au treiziéme fiécle par Clément, comte de Ruscza & de Klimontow, pour Vifenne fa fille unique : il y a cinquante religieufes. Le monaftère de fainte Scholastique de Cracovie fondé en 1650 en dépend.

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STANLEY, bourg d'Angleterre, dans la province de Glocefter. On y tient marché public. Etat préf. de la Gr. Bretagne, t. 1.

STANNES. Voyez STANTZ.

STANOS, ville de la Macédoine, felon Nicetas, cité par Ortélius.

STAO ou STAON, fleuve d'Afie, dans la Médie : Ptolomée, l. 6, c. 2, place l'embouchure de ce fleuve fur la côte de la mer Caspienne, entre Alcola & Mandagarfis. Le manuscrit de la bibliotheque palatine, au lieu de Staonis fluv. Oftia, lit Stratonis fluv. Oftia.

STAPEN. Voyez Drстis, no. 2.

STANPON: Corneille, qui cite Atlas, dit, riviere de France, dans la Guienne. Elle a fa fource dans le Condomois, & mêle fes eaux avec celle du Meidou, un peu audeffous de la ville de Mont de Marfan.

Selon de l'lfle, dans fon Atlas, cette riviere fe nomme I'Eftampon. Elle prend fa fource dans le Gabardan, vers les confins du Condomois, & coulant vers l'occident méridional, elle arrofe Roquefort de Marfan, où elle fe joint à la Douce, pour aller fe perdre dans le Midou, au-deffous de Mont de Marfan.

STANTIRA. Voyez STAGIRA.
STANTON, bourg d'Angleterre, dans la province de
Lincoln. On y tient marché public. * Etat préfent de la Gr.
Bretagne, t. I.

STANTZ ou STANNES, en latin Statio & Stantium, bourg de Suiffe, au canton d'Underwald, à une lieue audeflus du lac des quatre cantons. Stantz eft un gros bourg, qui étoit autrefois capitale de tout le canton; mais depuis la divifion, occafionnée par la différence de religion, il n'eft la capitale que du département inférieur, ou de la vallée inférieure. Il y a divers édifices & maifons religieufes, entre autres P'églife neuve, qui eft ornée de très-belles ftatues de marbre noir, dont la matiere a été tirée fur les lieux même. Au-deffous de Stantz, il y a un village, au bord du lac, avec un port nommé Standftad, ce qui fignifie rivage de Stantz : il eft comme le marché de Stantz, & on y apporte ordinairement toutes fortes de denrées & de marchandises des lieux voifins. Il y a un autre port dans le même canton, près du village d'Alpenach, qui eft du département fupérieur, & au pied d'une haute montagne escarpée, où les bateaux font à l'abri des vents. Au-deffus de Stantz eft un lieu nommé Oedweiler, c'eft-à-dire village défert, & près delà une caverne nommée la vallée du Dragon, parce qu'il y eut anciennement un dragon épouvantable, qui fit beaucoup de ravages dans le pays : il fut tué par un chevalier appellé Winkelriedt. Vers les frontieres du canton d'Uri eft le village de Beckenried, au bord du lac, à deux petites lieues de Stantz. Il mérite d'être remarqué, parce que c'eft le lieu où s'affemblent ordinairement les quatre cantons du lac, lorsqu'il s'agit de quelques affai

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res importantes.

STAPELHOLM, petit pays du Danemarck, au duché

STA

de Sleswick, entre l'Eyder au midi, & la Traen au nord.
Il peut avoir deux milles de largeur, & autant de longueur;
mais du côté du couchant, il eft tellement refferré entre les
deux rivieres, qu'il a tout au plus les trois quarts d'un mille
de largeur. Son terroir n'eft pas le même par-tout, du côté
de l'orient il eft élevé, & on y trouve des champs fertiles;
& du côté du couchant il eft bas, & n'a que des prairies,
qui fourniffent de gras pâturages. Les deux rivieres, qui
bordent ce pays, fourniffent aux habitans une pêche abon-
dante, & l'on vante fur-tout la délicateffe des faumons de
l'Eyder. On fe chauffe avec du bois & avec de la tourbe;
mais il faut creufer des puits pour avoir de l'eau ; & com-
pour les
me le terroir eft marécageux, elle eft mauvaise
étrangers, à qui elle caufe des voniffemens : les gens du
pays en boivent fans en être incommodés. Les habitans de
Stapelholm parlent faxon : ils différent pourtant beaucoup
des Saxons & des Frifons, pour la maniere de vivre &
pour les mœurs, ce qui fait conjecturer qu'ils tirent leur
origine des anciens Angles ou Angles-Suèves, qui ont cerǝ
tainement habité autrefois ce pays-là. On y trouve aujour
d'hui trois paroilles, avec les villages & autres lieux qui en
dépendent. Ces trois paroifles font Suder-Stapel Kirche,
Bergen Hafen-Kirche, & Erveder Kirche. Dans la premie-
re, il y a divers petits cantons appellés Kogen, ce qui
fignifie des terres deffechées & défendues par des digues.
*Hermanid. Descr. Daniæ, p. 890.

.

STARABAT ou ASTERABAT. Voyez ASTERABAT. STARACHINO, petite ville de la Turquie Européenne, dans la Macédoine, à quatre lieues de Vostanza, près de la rive gauche du Vardari. Les anciens l'ont connue fous le nom de Stobi. De l'Ifle, dans fa carte de la Grece de 1707, a mis Stobi comme nom moderne. C'est une erreur.

1. STARGARD ou STARGART, ville d'Allemagne, dans le duché de Pomeranie, & dans l'endroit où diverfes petites rivieres s'affemblent pour former celle d'thne Cette ville, fituée à l'orient de Stettin, est petite, & affez mał peuplée. Bogiflas IV, duc de Pomeranie, l'ayant enlevéc à Conrad, Jean & Waldemar, margraves de Brandebourg, la fit environner de murailles. Autrefois elle avoit rang parmi les villes Anféatique. C'eft le fiége de la justice de la Pomeranie ultérieure, dont elle eft la ville capitale. On la nomme nouvelle Stargard, pour la diftinguer d'une ville de même nom dans la Pruffe.* Samfon, Atlas. D'Audifret, Géogr. t. 3.

2. STARGARD, ville du royaume de Pruffe, fur la riviere de Fers, à fept ou huit lieues de Dantzick, vers le midi.

3. STARGARD, ville d'Allemagne, au duché de Meck lenbourg, vers les confins de la Pomeranie & de l'Uckermarck, au midi de la petite ville de Brandebourg.* Jaillot, Atlas.

STARNBERG ou STARENBERG, bourgade de la haute Autriche, au quartier de Haufs, vers les confins du duché de Baviere, fur la riviere d'Ascha, affez près de fa fource. Quelques uns prennent ce lieu pour l'ancienne Joviacum.

STARO-RUSSA, ou STARAIA-RUSSA, ville de l'empire Ruffien, dans le duché de la Grande Novogorod, fur le lac d'llmen, à l'endroit où la riviere Lovat fe jette dans ce lac. Cette ville eft bien bâtie & fort agréable.* Del'Isle, Atlas.

STASFORD, petite ville d'Allemagne, dans le duché de Magdebourg, fur la riviere de Bode. Tous les confcillers de cette ville font gentilshommes.

STAROSTIE, dignité de Pologne, qui ne différe point de ce qu'on appelle ailleurs gouvernement. Les starofties font partie des domaines qui appartenoient autrefois aux rois de Pologne, & qu'ils cederent volontairement aux gentilshommes, pour aux gentilshommes, pour les aider à foutenir les frais des expéditions militaires. Les rois fe réferverent feulement le droit d'y nommer, & les chargerent chacune d'un impôt, qui fait la quatrième partie du revenu de ces terres, & qui pour cela même eft appellé quarta. Cet impôt fert à l'entretien d'un certain nombre de cavaliers appellés quar tuaires, & qui font établis pour veiller à la fureté des frontieres de la Podolie, contre les Tartares. Les revenus des Starofties différent du plus au moins, & il y en a avec jurisdiction, & d'autres fans jurisdiction. Dans les premieres appellées Caftrenfes, les Staroftes exercent la justice fur certains diftricts, mais ils ne peuvent pas connoître indiffé

remment de toutes les caufes.* Mém. pour fervir au droit publ. de Pol. par Lengnisch, §. 12.

STASIS, ville de la Perlide, felon Etienne le géographie, qui remarque qu'elle étoit bâtie fur un gros rocher.

STATANUM. Strabon, l. 5, p. 243, vante une forte de vin ainfi nommé du lieu où on le recueilloit. Ce lieu devoit être dans le Latium ou dans la Campanie. Pline, 1. 14, c. 6, qui connoît ce vin, dit qu'il croiffoit au voi finage de Falerne, & peut-être aux environs des marais Statines, qui pouvoient lui donner leur nom. Athénée, 1. 1, c. 21, fait aufli mention de ce vin.

STATBERG, petite ville d'Allemagne, fituée fur une haute montagne, où les Saxons adoroient l'idole Irmenfal, que Charlemagne détruifit après les avoir vaincus. On dit que cet empereur y bâtit un monastère dans le même endroit. C'est aujourd'hui une prévôté, qui dépend du monaftère de Corvey, en Sax, & où il y a huit religieux. On l'appelle en latin S. Petri in monte Martis. On voit derriere l'églife une colonne, dans le lieu même où l'on croit qu'étoit l'idole, avec une inscription. Il n'en fubfifte plus rien. Il y a dans le cimetiere une figure de Roland, général des armées de Charlemagne, dont on fait un faint. Elle fert d'afyle à tous les criminels, & on n'oferoit mettre la main fur celui qui peut feulement la toucher. Il n'y a que l'empereur qui puiffe le faire arrêter.* 2. Voyage littéraire

de dom Martenne.

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STATELATES, peuples de la Ligurie. Voyez AcqUI. STATEN-EYLAND, isle de la mer Glaciale, près de la Moscovie, dont elle dépend. Ce nom Staten-Eyland veut dire ifles des états; & il y en a encore deux autres fort éloignées de celle-ci, qui portent le même nom, à caufe qu'elles ont été découvertes par les fujets des ProvincesÚnies. Voyez au mot ISLES, les articles ISLES DES ETATS. STATHAGEN, ville d'Allemagne, dans la Weftphalie, au comté de Schaumbourg, à cinq milles à l'orient feptentrional de Minden, & à pareille diftance à l'occident méridional de Hanover. Les guerres d'Allemagne l'ont fi fort endommagée, qu'elle n'a plus que l'apparence d'un village.

STATHENI, peuples de l'Inde. Orofe, l. 3, c. 19, les compte au nombre des peuples qui furent fubjugués par Alexandre. Ortélius dit que de deux manuscrits de cet aude deux manuscrits de cet auteur, qu'il a confultés, l'un portoit Cattheni & l'autre Catheni, & que Fabricius avoit préféré Catheni. Il ajoute que ce font les Strateni de Juftin, l. 12, & qu'au lieu de Strateni, Bongars avoit reftitué Gefte.ni, leçon qui eft confirmée, dit-il, par un manuscrit que j'ai en ma poflesfion.

STATHMI, lieu qu'Athénée, l. 1, met au voifinage de Pitane, & dont il vante le vin.

STATIELLENSES. Voyez STATELATES. STATINE AQUE. 11 eft fait mention de ces eaux dans Stace, 3 Silvar. ad Claudium Uxorem:

Enariaque Lacus medicas, Statinasque renatas.

Elles étoient en Italie, dans la Campanie. Ortélius, & quelques autres avant lui, avoient foupçonné que dans le chap. 88, du fecond livre de Pline, on pourroit lire Statinas ou Stativas, au lieu de Stagnum, que portoient quelmanuscrits ; mais le pere Hardouin foutient qu'il faut lire Stagnum.

ques

STATO DELLI-PRESIDII. (Lo) C'est ainfi qu'on appelle un petit canton d'Italie, dans la Toscane, fur la côte de la mer, & qui eft la partie méridionale de l'état de Sienne. C'eft proprement la feigneurie d'Orbitello, près du mont Argentaro & aux environs. On l'appelle en françois l'Etat des Garnifons, parce qu'il y a plufieurs petites garnifons des Espagnols qui fe réferverent ce canton du Siennois, lorsqu'ils vendirent l'état de Sienne au grand duc de Toscane Côme I, en 1558. Cet état comprend les places d'Orbitello, de Talamone, de Porto Hercole & de PortoSan-Stephano, avec leurs petits territoires, & le mont Ar. gentaro. Tout cela étoit paffé fous la domination de l'empereur, avec le royaume de Naples & de Sicile; mais le nouveau roi des deux Siciles, en reprenant ces deux royaumes, a fait rentrer toutes ces places fous la puiffance des Espagnols. Baudrand, Dict.

STATONES, peuples d'Italie, dans la Toscane, felon

Pline, l. 3, c. 5. Strabon, 4.5, p. 226, nomme leur ville Statonia, & la place dans les terres. Du tems de Vitruve, 1.2, c. 2, de Lapidicin. le territoire de cette ville étoit une préfecture, Prefectura Statonienfis ; & on s'accorde à dire que c'est aujourd'hui le duché de Caftro. Les vins de ce quartier, Vina Statonienfia, font vantés par Pline,l. 14, c. 6. Sénéque, dans fes questions naturelles, l. 3, C. 25, fait mention d'un lac de ce territoire : il le nomme Lacus Statonienfis, & il y met une isle flottante. C'eft préfentement le lac de Mezzano.

STATUÆ. Voyez, au mot AD, l'article AD STATUAS.
STATURA. Voyez STATURE-PALUS.
STAVACUM. Voyez STANACUM.

1. STAVANGER, contrée du royaume de Norwége, dans le gouvernement de Bergen, qui, ainfi que le gouvernement d'Agerhus, la borne au nord. La mer la baigne aux autres endroits. Ce pays eft le plus tempéré, le mieux peuplé & le mieux cultivé de la Norwége. On n'y trouve néanmoins aucune autre ville que celle de Stavanger, qui fait l'article fuivant. * De l'Ifle, Atlas.

2. STAVANGER ou STAFANGER, ville de Norwége, au gouvernement de Bergen, dans la contrée à laquelle elle donne fon nom. Cette ville, fituée fur le Buckenfiord, près de la fortereffe de Doeswick, à trente lieues de Bergen, vers le midi, a un évêché fous la métropole de Drontheim, & dépend de Bergen pour le temporel.

STAVANI, peuples de la Sarmatie Européenne, felon Ptolomée, l. 3, c. 5.

STAVELO, ville d'Allemagne, fur la riviere d'Ambleve, entre le pays de l'évêque de Liége & les duchés de Limbourg & de Luxembourg, à quatre lieues de Limbourg au midi, à trois lieues de Verviers, & à une au deffus de Malmedy au couchant. Cette petite ville, mal nommée Stablo, dans les cartes récentes, a une ancienne abbaye de l'ordre de S. Benoît, à laquelle eft jointe l'abbaye de Malmedy. L'abbé de Stavelo eft prince de l'Empire & fouverain de la ville, ainfi que du petit territoire des environs. * Baudrand, Dict.

Les premiers religieux de Stavelo commencerent dans un grand esprit de fimplicité. Le roi Sigebert, qui les fonda, leur ayant donné douze lieues d'un défert inculte, ils lui en rendirent fix. L'église a près de trois cents pieds de longueur, & quatre-vingt-un de largeur. Derriere le grand autel eft la magnifique châffe de S. Remacle, patron du monaftère. On voit dans le tréfor fa chafuble, fon étole fa chape, fes fandales, fa cucule & fon peigne. La forme de la cucule eft femblable aux anciennes chafubles, avec cette différence, qu'il y a un petit capuce pointu. Dans une érypte du onzième fiécle eft le tombeau de S. Poppon, dont le corps eft à la facriftie. Le cloître de ce monastère eft vitré; le chapitre très-antique. Cette abbaye a eu, de la part des empereurs, des avoués illuftres qui la défendoient & qui armoient à la réquifition de l'abbé : ils n'avoient d'abord que le tiers des amendes: dans la fuite ils s'emparerent de plufieurs feigneuries. * 2 Voyage littéraire de

dom Martenne.

STAVENI, peuples d'Afie. Ptolomée, l. 6, c. 17, die que ces peuples & les Nifai habitoient la partie feptentrionale de l'Arie.

STAVERA. Voyez STURII.

STAVEREN, ville des Pays-Bas, dans la Frife, au Weftergo. Elle paffe pour la plus ancienne des villes de la Frife, & quelques-uns fcutiennent qu'elle fut bâtie un an après la naiffance de Notre-Seigneur. On ajoute que vers l'an 339, Odibalde duc de Frife, la fit entourer de foffés & de murailles, & lui donna plufieurs priviléges. O tient qu'elle tire fon nom de l'idole Stavon, qu'on y adoroit autrefois ; d'autres prétendent trouver dans Staveren des tra ces du nom des anciens Sturii.

Cette ville étoit fituée autrefois près du bras du Rhin nommé Flevus; mais les inondations de la mer en ayant englouti la plus grande partie, on la rebâtit dans le lieu où elle eft aujourd'hui, à fix lieues d'Enckhuysen, & à neuf de Vollenhove, fur une pointe qui s'avance dans le Zuyderzée. La mer n'y a presque point de profondeur: on y trouve par-tout des bancs de fable, & il n'y a qu'un endroit capable de porter les gros vaiffeaux chargés qui viennent des Indes. Quand la mer eft baffe on voit un banc, qu'on dit être le même endroit où une riche veuve fit jetter autre.

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