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la Saltza, d. le Speyerbach, g. le Necker, d. la Weschnitz, d. le Zigelbach, d. le Schwartzbach, d. le Mein, d. la Sala, g, la Nube, g. le Gladebach, d. la Lohn, d.

Deux cercles de l'Empire prennent leur nom du Rhin, le CERCLE DU HAUT-RHIN & le CERCLE DU BAS-RHIN, On appelle auffi fimplement le HAUT-RHIN & le BasRHIN les endroits de ce fleuve', qui répondent à ces deux cercles. Voyez le mot Allemagne, & la copie d'un ancien manuscrit imprimée à la fin de cet ouvrage.* Nic. Sanfon, Remarques fur la carte de l'ancienne Gaule. Etat & Délices de la Suiffe. Piganiol de la Force, Description de la France, t. 7 P. 382.

2. RHIN, riviere d'Allemagne : elle a fa fource aux confins du Mecklenbourg & de la moyenne marche de Brande. bourg, d'où elle prend fon cours du nord au fud, traverfant le comté de Rappin ou Ruppin, dans lequel elle forme divers lacs. En fortant de ce comté elle tourne tout court du côté de l'oueft, & groffie des eaux d'une petite branche du Hável, après avoir arrofé Fehrbellin, d. Frifack, g. & Rhinow, g. elle va fe perdre dans le grand Havel, un peu au-deffous de cette derniere ville. Jaillat, Atlas. RHINGIBERI, ville de l'Inde, en- deçà du Gange. Prolémée, 1.7, c. 2, la marque fur le bord de ce fleuve, entre Lariagara & Agimoetha.

RHINNEA, ifle de l'Arabie heureuse, fur la côte orientale, felon Pline, 1. 6, c. 28.

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RHINOCOLURA ou RHINOCORURA : mais RHINO. COLURA eft plus correct. Ce terme fignific les narines cou. pées, parce que les anciens habitans de cette ville furent ainfi mutilés. Diodore de Sicile, l. 1, c. 6o, raconte la chofe de cette forte : Actifarus, roi d'Ethiopie voulant purfon royaume des voleurs qui le défoloient, & ne voulant pas toutefois les faire mourir, en amalla tant qu'il put, leur fit couper le nez, & les rélegua dans un lieu défert & ftérile, où ils bâtirent une ville, qui, à caufe de leurs nés coupés, fut nommée Rhinocolure. Sénèque de Im. L. C. 20, dit que ce fut un roi de Perfe, apparemment Cambife, qui leur fit fouffrir cet ignominieux châtiment. * Stra bon, l. 16.

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RHIPE, Voyez RHYP
RHIPES. Voyez RYPÆ.

RHIPHATHÆI. Voyez PAPHLAGONIA.
RHISANA. Voyez RISANA.

RHISINA. Voyez RHESINA.

RHISINUM. Voyez RHIZINIUM.

RHISOPHAGI, peuples de l'Ethiopie, felon Diodoré de Sicile, 1. 3, c. 27, & Strabon, l. 16, p. 771, qui dit qu'on les nomme auffi Elii. Ils habitoient aux environs de lifle de Méroé, fur le bord des fleuves Aftaboras & Aftapas. Ces peuples, comme les autres Ethiopiens, ont été nommés Indiens par quelques autres anciens. J'en ai expliqué la raifon à l'article Ethiopie. Voyez ce mot.

RHISPIA, ville de la haute Pannonie. Prolémée, 1. 2, c. 15, dit qu'elle étoit éloignée du Danube, & il la place entre Savaria & Vinundria. Lazius, 1..12, dans fa Carte de la Hongrie, dit que c'eft préfentement Eering; mais il la nomme Rekasburg dans la République romaine. RHISUS, ville de la Maghélie, felon Pline, l. 4, c. 9.

Il y a près de Rhinocolure, une riviere que plufieurs ont prife pour le fleuve d'Egypte. Mais nous croyons que le Heuve d'Egypte (a) n'eft autre que le Nil, & que le torrent qui coule près de Rhinocolure, eft le Torrent de Bézor (b) ou le Torrent du Défert, (c) dont il eft parlé ailleurs dans l'écriture. Cette ville de Rhinocolure eft attribuée quelquefois à la Syrie & à la Palestine, dont en effet elle faifoit par-` tie anciennement : & quelquefois à l'Egypte, (d) dont elle dépendit dans la fuite. Son évêque étoit fuffragant de Pélufe. On dit (e) que ce fut à Rhinocolure que Noé partagea le monde à fes trois fils. On ignore quel étoit l'ancien nom de Rhinocolure; je veux dire, le nom hébreu que ce lieu portoit, avant que les Grecs lui euffent donné celui de Rhinocolure, & qu'ils euffent inventé la fable des narines coupées. S. Hilarion, célébre anachorette de ce pays-là, demeura long-tems à Flacidie, ville voisine de Rhinocolure. (a) Josué XV, 4, 47. Isai. XXVII, 12. (°) 1 Reg.XXX,9, 10, 21. (c) Amos VI, 14. (d) Hieron. ad Ifai. XIX, & XXVII. (c) Epiphan. Ancorat. Chron. Pascal. p. 26, &c. RHINOW, petite ville d'Allemagne, dans la moyenne marche de Brandebourg, fur la rive méridionale de la riviere de Rhin, un peu au-deffus de l'embouchure de cette riviere, dans le grand Havel. * Jaillot, Atlas.

*

RHINSBERG, petite ville d'Allemagne, dans la moyenne marche de Brandebourg, au comté de Rappin ou Ruppin, fur le bord d'un lac que forme le Rhin qui lui donne fon nom.* Jaillot, Atlas.

RHION. Voyez RнIUм. RHIPÆ. Voyez RHYР. RHIPEI ou RHIPHAI-MONTES, montagnes de la Sarmatie. La premiere ortographe eft fuivie par les Grecs, & la feconde par les Latins. Il y en a qui confondent les monts Riphées avec les monts Hyperboréens, témoin Etienne le géographe, qui dit Pinala "Opos Teрßоplav, Ripea mons Hyperboreorum. Pline, l. 4, c. 12, met les monts Hyperborées beaucoup au-delà des monts Riphées. Voyez HYPERBOREE. Pomponius Mela, 1. 3, c. 5, met pareillement les monts Hyperborées, fort au-delà des monts Riphées. Cellarius, Geogr. ant. l. 2, c. 6, juge que l'on doit placer les monts Riphées dans la Moscovie, & les monts Hyperborées au-delà du cercle arctique.

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ŔHITI ou RHETI. Paufanias, 1. 1, c. 38, donne ce HITI nom à des eaux qui fortirent de la terre, dans le Péloponnèle, qu'on croyoit venir de l'Euripe, qui paffoient à Eleufine, & qui fe rendoient dans la mer. Il ajoute que ces eaux ne reffembloient aux rivieres que par leurs courses; car elles avoient presque la falute de la mer. On vouloit que ces Rhiti fullent confacrées à Cérès & à Profer, pine, & qu'il ne fut permis à perfonne qu'aux prêtres de manger des poiffons qui fe trouvoient dans ces eaux.

RHITIA, ville de la Mauritanie céfarienfe : Prolomée, l. 4, c. 2, la place dans les terres, entre Arina & Vidoria. Le manuscrit de la bibliothéque palatine, porte Aripa, pour Rithia.

RHITTIUM, ville de la baffe Pannonie, felon Prolémée, l. 2, c. 16, qui la marque fur le bord du Danube, entre Acumincum Legio & Taururum. Marius Niger & Simler veulent que ce foit préfentement Salankemen, dans l'Esclavonie. Selon Lazius, c'est Ratza, petit bourg de la même province. Rhittium pourroit bien être la ville Ritti de l'itinéraire d'Antonin, & la ville Ricti de la notice des dignités de l'Empire.

RHITUM, REITUM ou RHEUTUM, lieu aux environs de l'ifthme de Corinthe, felon Thucydide, 1. 4, p. 281. Il paroît que c'étoit un lieu maritime.

RHITHYMNÁ, ville de l'ifle de Créte. Prolémée, I. 3, c. 17, la marque fur la côte feptentrionale, entre Pantomatrium & le golfe Amphimalis. Sophien & Bellonius la nomment Rhetima. Voyez RHYTIUM.

1. RHIUM, & ANTHIRRIUM, noms que Ptolomée, 1. 3, c. 15 & 16, donne aux deux promontoires qui ferment le golfe de Corinthe, du côté de l'occident. Il appelle Rhium le promontoire qui eft fur la côte de l'Achaie propre, & Antirrhium celui qui eft dans le pays des Locres-Ozoles. Ortelius, Thefaur. s'eft trompé, quand il a dit que le promontoire Rhium étoit dans le pays des Locres. Ptolémée le met pofitivement dans le Péloponnèfe: Strabon, 1.8, en fait de même: Rhium Achaia eft promontorium; ce qui eft encore appuyé du témoignage de Pline, 1. 6, c. 2. In ora Promontorium Anthirrhium, ubi oftium Corinthiaci finus minus millé paffuum latitudine influentis, Ætolosque dirimentis à Peloponnefo. Promontorium quod contra procedit apellatur Rhium. Ptolomée & Strabon ajoutent que le promontoire Rhium, étoit auffi appellé Drepanum, à caufe de la reffemblance qu'il avoit à une faulx. Le détroit entre ces deux promontoires eft auffi nommé Rhium par Pomponius Mela, 1. 2, c. 3, & par Tite-Live, 1. 27, C. 29. Aujourd'hui ce détroit s'appelle le détroit de Lépante, Stretto di Lepanto, & les deux caps ou promon→ toires ont le nom de Châteaux, Caftelli di Lepanto. Selon Etienne le géographe, il y avoit une ville de même nom fur chacun de ces promontoires: Rium, dit-il, urbs Mesfena vel Achaia. Et alia Ætolia quæ etiam Molycria vocabatur. Mais felon les apparences, cette derniere s'appelloit Antirrium. Quant à la premiere, nous n'avons que TiteLive, l. 27. c. 30, qui en falle quelque mention, encore n'eft-ce pas bien clairement. Voyez RIO 1.

2. RHIUM, ville de Péloponnèfe, dans la Meffénie, fur le golfe Thuriates, à l'oppofite du promontoire Tanafelon Strabon, 1. 8, p. 360. Etienne le géographe met aufli dans la Meffénie une ville nommée Rhium; mais

rus,

il balance à la placer dans la Meffénie ou dans l'Achaïc. Voyez l'article précédent.

3. RHIUM, promontoire de l'ifle de Corfe : Ptolomée, 1. 3, c. 2, le marque fur la côte orientale, entre le mont Rhætius, & la ville Urcinium.

RHIUSIAVA, ville de la Germanie. Elle étoit fur le Danube, entre Ara Flavia & Alcimanis, felon Prolomée, l. 2, c. 11. Ceux qui croient que c'eft aujourd'hui Giengen, font dans l'erreur, puisque Rhiufiava étoit fur le Danube, & que Giengen eft fur la Brenz.

RHIXANA. Voyez RHIZANA.
RHIZÆUM. Voyez RHIZUS.

RHIZALA, port de l'ile de Taprobane: Prolémée, 1.7, c. 4, la marque fur le grand rivage, entre la ville Procuri & le promontoire Oxia.

1. RHIZANA, ville de la Dalmatie. Elle étoit, felon Prolémée, l. 2, c. 17, dans les terres, entre Doclea & Scodra.

2. RHIZANA, ville de la Gédrofie, fur la côte de la mer: Ptolomée, l. 6, c. 21, la place près de Coiamba.

3. RHIZANA, ville de l'Arachofie, entre Alexandrie & Arbaca. C'eft Prolomée, l. 6, c. 20, qui en parle. RHIZENIA, ville de l'ifle de Créte, felon Etienne le géographe.

RHIZINIUM, felon Pline, 1. 3, c. 22, & RHISINUM, felon Ptolomée, l. 2, c. 17. Ville de la Dalmatie, fur la côte du golfe, auquel elle donnoit fon nom, & que l'on appelloit Rhifonicus-Sinus. Strabon, l. 7, p. 314, Etienne le géographe, & quelques autres auteurs nomment cette ville, Rhizon. C'eft, à ce que croit Simler, la même ville, qui eft appellée Birziminium dans l'itinéraire d'Antonin. Le nom moderne eft Rizano, Rizine ou Rezina. Voyez RISANA. Quant au golfe on l'appelle Golfo di Cataro. RHIZIS, grand promontoire, chez les Troglodytes, felon Etienne le géographe.

1. RHIZON. Voyez RHIZINIUM.

2. RHIZON, fleuve de l'Illyrie : Polybe, l. 2, n. 11 & Etienne le géographe en font mention. Ils y mettent auffi une ville de même nom, & qui eft la même que Rhizi nium. Voyez ce mot.

1. RHIZUS, port de la Cappadoce, au-deffus de Trébizonde, felon Ptolomée, l. 5, c. 6, qui le place entre la ville Pitiufa & le promontoire d'Athènes. Procope au troifiéme livre des édifices, c. 7, dit que l'empereur Juftinien fit bâtir dans le pays de Rhifée, qui eft au-delà des limites de Trébizonde, un fort fi confidérable, qu'il n'y avoit point de fortifications femblables dans les vilJes voisines des Perfes. Le port de Rhizus, s'appelle aujourd'hui Eriffe, felon Leunclavius.

2. RHIZUS, ville de Theffalie, fur la côte, felon Strabon, l. 9, p. 443, & Etienne le géographe. RHOALI, peuples que Pline, l. 5, c. 24, met au voifinage de la Méfopotamie.

RHOARA, ville de la Parthie : Ptolémée, l. 6, c. 5, la marque entre Caripraca & Semina.

RHOAS, fleuve de la Colchide, felon Pline, 1. 6,

C. 4.

KHOBASCI, peuples de Scythie, en - deça de l'Imaus: Prolémée, 1.6, c. 14, dit qu'ils habitoient près des fources les plus orientales du fleuve Rha. Ses interprétes lifent Rhobosci pour Rhobasci.

RHOBEA, nom d'un lieu dont parle Etienne le géographe.

RHOBODUNUM, ville de la Germanie, fur le Danube: Prolémée, 1. 2, C. II, la marque entre Phelicia & Andupetium.

RHOBOGDIUM, promontoire de l'Hibernie, dans fa partie feptentrionale, felon Ptolomée, l. 2, c. 2. Cambden croit que c'eft préfentement le cap Fair - Forland. Prolémée, ibid, place dans le même quartier des peuples qu'il nomme Robogdii.

RHOBONDA, ville de la Mauritanie céfarienfe Elle étoit, felon Ptolomée, l. 4, 6. 2, entre Tubusfuptus & Aufum.

RHOBOSCI. Voyez RHOBASCI.

1. RHODA, ville de l'Espagne tarragonnoife chez les Indigétes, felon Etienne le géographe. Cette ville bâtie par les Rhodiens, eft fur le bord d'un fleuve qui tombe des Pyrénées, & qui eft appellé Thicis par Pomponius Mela, & Tichis par Pline. Caton campa dans cet endroit avec fon

:

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2. RHODE ou RHODIA, petite ville d'Italie, au royaume de Naples, dans la Capitanate, fur la côte du golfe Adriatique, à l'orient feptentrional du lac de Varano. On croit que c'eft la ville Hyrium ou Hyria, des anciens. Magin, Carte de la Capitanate.

*

RHODENTUM, lieu de l'Afie mineure, dans la Cap. padoce, felon Ortelius, Thefaur. qui cite Conftantin Porphyrogénète.

RHODES, (Rhodus) ifle d'Afie, d'environ cent trente milles de tour, fituée fur la côte méridionale de la Natolie, & de la Province d'Aidinelli, dont elle n'eft féparée

que par un canal de huit à dix lieues de large. Cette portion de la méditerranée s'appelloit autrefois la mer de Carpathie, & fe nomme aujourd'hui la mer de Scarpanto.

L'ifle de Rhodes a porté différens noms, felon les différentes colonies qui s'y font établies. Pline dit qu'elle a été appellée Ophiufa, Afteria, thraa, Trinacria, Corymbia, Poceffa, Atabira, Macaria & Olooffa. Il est inutile d'entrer dans le détail de l'origine de ces différens noms; il fuffit de rendre compte de celui d'Ophiufa, le plus ancien que cette ifle ait porté. Il vient du grec "opis, qui fignifie ferpent ; & l'ifle étoit en effet infeftée d'une multitude immenfe de ces reptiles. Hyginus, fur le témoignage du Rhodien Polyzelus, rapporte qu'un Theffalien, fils de Triopus, ou, felon Diodore de Sicile, de Lapithus, ayant été jetté par la tempête fur les côtes de Rhodes, extermina ces animaux nuifibles; & qu'un certain Phorbas entr'autres en tua un d'une grandeur prodigieufe, qui dévoroit les habitans. Samuel Bochard prétend que les Phéniciens donnerent à cette ifle le nom de Gefirath-Rod, c'eft-à-dire, l'ifle aux ferpens. Gefirath, chez les Phéniciens, les Siriens, les Chaldéens & les Arabes, fignifie ifle; & Rod en phénicien veut dire ferpent. Les Grecs traduifirent Gefirath-Rod par Ophiufa; mais en même tems la néceffité du commerce leur fit grécifer le nom que peuples, nommés ci-deflus, avec lesquels ils commerçoient, donnoient à cette ifle; & de Rod il firent Rhodos nom qu'elle n'a point discontinué de porter. Cette origine du nom de Rhodes eft d'une vraisemblance qui doit faire disparoître toutes les autres. Les uns le font venir de ce que cette ifle produifoit quantité de rofes, & rhodos en grec fignifie rofe. D'autres veulent qu'elle ait été nommée Rhode de ce qu'en jettant les fondemens de la ville de Lindus, on trouva un bouton de rofe d'airain, que les habitans firent enfuite mettre fur leurs monnoies; mais l'inspection de celles de ces monnoies qui nous reftent, fait voir que ce qu'on a pris pour un bouton de rose, est une fleur de grenadier. Les Rhodiens, qui faifoient grand ufage de cette fleur pour leurs teintures, la mirent fur leurs monnoies, par la même raifon que les Siriens mettoient anciennement fur les leurs, la coquille du petit poisson qui leur fourniffoit la pourpre.

les

Les trois principales villes de l'ifle de Rhodes furent d'abord, fuivant tous les anciens géographes, Lindus, Camirus & Julifus. Prolémée les place mal; Strabon eft plus exact, en mettant Lindus au fud-eft de l'ifle, Camirus à l'ouest & Julifus au nord. Diodore de Sicile attribue la fondation de ces villes à Tlépoléme, fils d'Hercule; mais

Strabon,

Strabon, fur un vers d'Homere, croit qu'elles furent bâties par les trois freres Heliades qui descendoient d'Apollon, & qui donnerent chacun leur nom à chacune de ces villes. Le même auteur dit que celle de Rhodes ne fut bâtie à l'eft de l'ifle que durant la guerre du Peloponnèfe.La grandeur & la commodité de fon port, la magnificence de fes bâtimens & tous les ornemens dont on les décora, lui firent bientôt effacer la fplendeur des trois autres villes, & la rendirent la capitale de l'ifle. Ses académies, & fur-tout celles d'éloquence & de fculpture, y attiroient en foule les attiroient en foule les étrangers. Il fortoit tant de chefs-d'œuvre de la derniere, qu'on publioit que Minerve faifoit fon féjour dans cette ville. Il y avoit anciennement dans l'ifle des mines de fer & d'airain; & les habitans, habiles dans l'art d'employer ces métaux, en faifoient des armes, des inftrumens de guerre & fur-tout des ftatues. On comptoit dans l'ancienne ville de Rhodes jusqu'à trois mille de ces dernieres, faites par les plus habiles ftatuaires : elles repréfentoient des divinités, des princes & des hommes illuftres. La plus finguliere étoit le coloffe du soleil, dieu tutélaire de l'ifle. Ce coloffe, de feptante coudées de haut, étoit l'ouvrage de Charès de Lindus, disciple de Lifippe. Il fut élevé à l'entrée du port, & les vaiffeaux paffoient à la voile entre fes jambes. Il fur renversé par un tremblement de terre: on en vit alors toute la groffeur : il fe trouva peu d'hommes qui puffent en embraffer le pouce, & chacun des autres doigts étoit plus gros que beaucoup de ftatues. Sa chute l'entreouvrit en plufieurs endroits, & l'on vit dedans de groffes pierres, avec lesquelles le ftatuaire en avoit fu contrebalancer fi bien la péfanteur, qu'il l'avoit affermi fur fes pieds. Il refta plufieurs fiécles ainfi couché par terre, & enfin il fut acheté par un juif, qui l'ayant brifé, en eut, dit-on, de quoi charger neuf cents chameaux. Qui le croira, pourra bien croire d'autres chofes. Les temples de Rhodes étoient d'ailleurs remplis de tableaux de Parrhafius, de Protogène, de Zeuxis, d'Apelle & d'autres grands maîtres. Le détail de toutes les beautés que cette ville renfermoit feroit immense. On peut voir le traité que Meurfius en a fair.

Les Rhodiens étoient fur-tout excellens hommes de mer; & Cicéron dit que de fon tems perfonne ne l'emportoit fur eux à cet égard; aufli les Romains firent-ils alliance avec eux, & s'en fervirent utilement dans les différentes guerres qu'ils eurent fur mer en Orient. Ils en adopterent les loix maritimes; & la loi Rhodia, inférée dans le digefte, eft le fondement de toutes les loix que les autres nations ont faites depuis pat rapport à la mer.

Lorsque, vers le déclin de l'Empire. grec, les François & les Vénitiens fe furent emparés de Conftantinople & de la plupart des ifles de l'Archipel, les Génois firent la conquête de Rhodes & des petites ifles de fa dépendance, ainfi que des Ciclades & des Sparades. En 1249 l'empereur Vatace envoya Jean Cantacuzéne avec une flotte confidérable pour challer les Génois de Rhodes. Ce général, débarqué dans l'ifle fans obftacle, eut forcé les Génois à fe retirer, fans Guillaume de Ville-Hardouin, feigneur françois & prince d'Achaïe, & le prince Hugue de Bourgogne, qui, paflant avec leurs troupes pour aller joindre faint Louis dans l'ifle de Chipre, laifferent aux Génois quelques trou pes d'élite, qui les aiderent à forcer les Grecs à fe rembarquer. Bien-tôt après, faint Louis ayant été fait prifonnier en Egypte, Vatace profita de la confternation où cet accident jetta les chrétiens latins du levant, pour faire une autre tentative fur Rhodes. Elle lui réuffit, & le Protofébaste Théodore en chaffa les Génois. Dans la fuite, l'empire penchant de plus en plus vers la fin, des feigneurs de la mailon Gualfa, gouverneurs de Rhodes s'en rendirent fouverains; & pour se maintenir dans leur ufurpation, ils peuplerent l'ifle de Turcs & de Sarrafins, & prêterent leurs ports aux corfaires de ces nations pour leur fervir d'alyle, lorsqu'ils étoient poursuivis par les galeres des hospitaliers de faint Jean de Jerufalem ou des autres chrétiens latins.

Ce fut du moins le prétexte que prit Guillaume de Villaret, grand-maître des hospitaliers, pour entreprendre la conquête de cette ifle. Il la côtoya lui-même pour en reconnoître les ports & les fortereffes, & s'inftruifit du nombre des habitans; mais ne fe trouvant pas des forces fuffifantes pour réuffir dans fon deffein, il fe contenta de s'emparer de quelques iflots voifins, & mourut pendant qu'il travailloit à fe mettre en état d'exécuter fon projet.

Foulques de Villaret, fon frere & fon fucceffeur, vint en France folliciter le pape Clement V, & le roi Philippe le Bel, de l'aider à faire une conquête, qui feroit d'une extrême utilité pour les expéditions des croifades. Ils lui promirent l'un & l'autre de puiffans fecours, & le pape prêta nonante mille florins à l'ordre. Le grand-maître, fe voyant en état d'exécuter ce que fon frere avoit projetté, fit part de fon deffein, en 1306, à l'empereur Andronic, & lui demanda pour l'ordre l'inveftiture de l'ifle, qui continueroit à relever de l'Empire; Andronic rejetta cette propofition, quoiqu'elle fût accompagnée de l'offre de lui fournir tous les ans trois cents chevaliers pour être employés à la guerre de Perse. Le grand-maître prévenant le refus de l'empereur auquel il s'attendoit, avoit cependant mis à la voile; & déclarant publiquement fon deffein, il étoit abordé à l'ifle de Rhodes, dont les habitans, qui ne s'étoient point préparés à fe défendre, le laifferent tranquillement débarquer les troupes, fes vivres & fes munitions de guerre Cantonnés dans leurs places fortes, ils s'y défendirent tant qu'ils purent; mais en moins de quatre ans les hospitaliers furent maîtres de toute l'ifle, & prirent le nom de chevaliers de Rhodes.

Ils avoient à peine eu le tems de relever les murailles de la ville de Rhodes, dont les bastions & les autres fortifications n'étoient pas encore rétablis, qu'Ottoman, à la priere des Mahometans chaffés de l'ifle, y débarque en 1310 une armée confidérable, & forme le fiége de la capitale : mais les chevaliers fe défendent avec tant de courage, & fatiguent fi fort les affiégeans par leurs forties. continuelles, qu'Ottoman eft obligé de le rembarquer. Beaucoup d'hiftoriens font honneur de la levée du fiége au comte de Savoie, Amédée V dit le Grand, qui vint, difent-ils, au fecours des chevaliers avec une puiffante flotte. Ils ajoutent que, pour conferver la mémoire de cet événement, il avoit prit pour dévife ces quatre lettres majuscules féparées par des points F. È. T. R., que l'on interpréte, fortitudo ejus tenuit Rhodum, c'est à-dire, sa valeur conferva Rhodes. Ils difent encore qu'à cette occafion il ôta de fes armes l'aigle de Savoie, pour y fubftituer la croix de faint Jean de Jerufalem. Ce n'est là qu'un tiffu de fausfetés. 1°. Il ett prouvé par l'histoire, qu'Amédée V passa les années entieres de 1309, de 1310 & de 1314 en Angleterre, enfuite dans fes états, & puis à Rome & dans le refte de l'Italie à la fuite de l'empereur Henri VII, qu'il n'avoit point alors de flotte ni de troupes en mer; & qu'il ne prit dans ce tems aucune part aux affaires des croifades. 2°. On trouve dès 1304 la croix de faint Jean de Jerufalem fur l'écuffon de Savoie dans un fceau de Thomas, prince de Savoie; ce qui prouve que le comte Amédée V n'eft pas le premier qui l'ait portée dans les armes. 3°. La dévife des quatre lettres myftérieufes fe voit fur les monnoies du prince Louis de Savoie, baron de Vaud, mort en 1301, & l'on voit au tombeau de Louis de Savoie, pere du comte Amédée V, la représentation d'un chien ayant un collier fur lequel font ces mêmes lettres, mais en petits caracteres non féparés par des points, & formant le mot fert. Dès que les Turcs furent rembarqués, on mit,, par de nouvelles fortifications, la ville de Rhodes hors d'infulte.

Le grand-maître enfuite donna tout fon foin au réta→ bliffement du commerce, qui dans tous les tems avoit rendu cette ifle une des plus floriffantes de l'Afie. Les ports en furent ouverts à toutes les nations; & grand nombre de chrétiens, fur-tout des Latins, disperfés depuis la perta de la Terre-Sainte, s'y vinrent établir, enforte qu'il fe forma du mêlange des chevaliers & des habitans grecs & latins, un nouvel état, qui, tout enfemble guerrier & marchand, devint auffi puiffant par fes richeffes, que redoutable par la valeur de fes nouveaux fouverains.

Plufieurs grand maîtres ajouterent des fortifications à la ville de Rhodes. Dieudonné de Gozon fit entourer de murailles le fauxbourg du côté de la mer, & conftruire le mole, où depuis les vaiffeaux & les galeres aborderent. Jean de Laftic fit encore d'autres fortifications, lorsqu'une groffe flotte du fultan d'Egypte parut à la hauteur de l'ifle. & vint y débarquer dix-huit mille hommes d'infanterie avec un gros corps de cavalerie & de mamelucs. Ils afliégerent la capitale, & repouffés dans tous les affauts qu'ils livrerent, ils y virent périr la meilleure partie de l'armée & fe hâterent de fe rembarquer. Après leur retraite, il

L

fut ordonné par le chapitre de l'ordre que, pour la fu-
reté des habitans, cinquante chevaliers réfideroient dans
le château de faint Pierre, & vingt cinq dans l'ifle de Lan-
go, & que quarante monteroient la galere qui étoit de
garde en tout tems dans le port de Rhodes. Le grand-
maître alors fit conftruire à fes dépens un fort dans le
bourg d'Archangel.

Sous la grande- maîtrise de Jacques de Milly, l'ordre
eut guerre avec les Vénitiens à cette occafion. Le grand-
maître, pour procurer la liberté à Delphin fon ambassa-
deur, & à plufieurs de fes fujets que le fultan d'Egypte
retenoit prifonniers contre le droit des gens, fit arrêter par
repréfailles deux galeres vénitiennes chargées de marchan-
difes pour le compte des marchands farrafins, & fit mettre
à la chaîne ce qui s'y trouva de fujets du fultan d'Egypte.
Les marchandifes furent confisquées, & les Vénitiens eurent
la permiffion de fe retirer avec leurs galeres. La républi-
que, que l'intérêt de fon commerce lioit étroitement avec
les Sarrafins s'offenfa d'un procédé qui n'avoit rien que de
conforme aux loix de la guerre. Elle demanda hautement
la main-levée des effets faifis & la liberté des prifonniers.
Quelques-uns de leurs gens de mer firent en même tems
une descente dans l'ifle. Une flotte de quarante-deux ga-
leres vénitiennes vint enfuite bloquer le port, & mena-
cer la ville d'un fiége, fi l'on ne fe hâtoit pas à faire ce
que la république demandoit. Les jeunes chevaliers vou-
loient qu'on ne répondît à cette propofition injufte qu'à
coups de canon; mais le grand-maître étoit averti fecré-
tement que l'amiral vénitien avoit ordre de ravager toutes
les ifles de la région, & d'en enlever les habitans de la
campagne, pour les livrer au fultan comme des ôtages qui
répondroient des Sarrafins arrêtés à Rhodes. Il crut qu'il
étoit plus fage de rendre quelques infideles, que d'expo-
fer des familles entieres de chrétiens à tomber entre les
mains de ces barbares, qui pourroient, à force de tour-
mens, les faire changer de religion. Les Sarrafins prifon-
niers & les marchandises saisies furent remis à l'amiral
vénitien.

Mahomet II, empereur des Turcs, voulant venger fes fujets des pertes que leur caufoient les galeres de la religion, envoya trente galeres chargées d'infanterie, avec ordre de faire des descentes dans les endroits de l'ifle les moins défendus, d'en enlever les habitans, & de porter de tous côtés le fer & la flamme. La fage conduite du grand-maître Jean-Baptifte des Urfins & la valeur des chevaliers rendirent cet armement inutile. Le grand-maître fit retirer les habitans dans tous les châteaux fortifiés, & les chevaliers partagés en plufieurs petits corps de cavalerie, laifferenddébarquer les Turcs, tomberent fur ceux qui s'avançoient dans le pays, en tuerent beaucoup, firent grand nombre de prifonniers, & forcerent les autres à fe rembarquer promptement. Il étoit aifé de prévoir que Mahomet II chercheroit à fe venger; &le grand-maître Pierre d'Aubuffon, fuccefleur de Jean-Baptifte des Urfins, fit remplir les magafins de munitions de guerre & de bouche, & fit une citation générale de tous les chevaliers, parce qu'il ne s'en trouvoit pas dans l'ifle un nombre fuffifant pour fa défense. Les chevaliers accoururent de toute part;& quelques fouverains, édifiés de leur zéle, envoyerent des fecours a Rhodes. Les plus confidérables vinrent de France. Le roi Louis XI obtint du pape Sixte IV des indulgences en faveur de tous ceux qui dans cette occafion affifteroient les chevaliers; & ces indulgences produifirent en peu de jours des fommes confidérables, qui furent envoyées à Rhodes, & qui fervirent à faire à la ville & au château de Rhodes de nouvelles fortifications. La flotte turque, compofée de cent foixante (vaiffeaux de haut bord, fans les felouques, les galiotes & les bâtimens de transport, parut devant Rhodes le 23 de mai 1480, & débarqua plus de cent mille hommes de troupes. Le fiége fut commencé, & l'amiral turc employa les fommations, les menaces, les promeffes, la trahifon & la force pour forcer la ville à fe rendre. Tout échoua, la ville parut imprenable, & les Turcs fe rembarquerent avec autant de honte que de defespoir. Le grand-feigneur fit enfuite fortir de fes ports une autre flotte très nombreuse commandée par le fameux corfaire Camali. Les ordres étoient de ravager Rhodes & les autres ifles de la religion. Quelques Turcs débarqués dans celle de Rhodes furent taillés en piéces par les chevaliers qui gardoient les côtes. D'autres chevaliers diftribués dans les au

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tres ifles, firent fi bonne garde aux endroits où l'on pou
voit aborder,
voit aborder, que les Turcs n'y purent rien tenter. La feule
petite ifle de Caro, leur parut abordable; ils y mirent à
terre en effet cinq cents hommes, qui commençerent à bat-
tre le château; mais que la crainte des galeres de la reli-
gion força bien-tôt à regagner la flotte.

Le grand-maître Villiers de l'Ifle-Adam, bien informé que l'empereur Soliman méditoit la conquête de Rhodes commença par citer tous les chevaliers, & prit enfuite, en grand homme de guerre, toutes les précautions nécesfaires pour n'être pas furpris, & pour être en état de faire une longue & vigoureufe défenfe. La flotte turque vint enfin jetter l'ancre à Parambolin, à fix milles de la ville de Rhodes. Elle y fut jointe par un grand nombre de vaiffeaux & de galeres chargés de troupes & de munitions, & fortis des ports de Sirie, de Palentine & d'Egypte. Toutes les forces des Turcs étant raffemblées, la flotte fut de quatre cents voiles, & l'armée de terre de cent quarante mille hommes, fans compter foixante mille pionniers. Les Turcs employerent treize jours au débarquement des troupes & de l'artillerie, & le quatorziéme ils ouvrirent la tranchée. Le fiége alla d'abord allez lentement; & le feu continuel des chevaliers, joint à leurs forties fréquentes & meurtrieres découragea, les Turcs; & dans leur camp on blâmoit hautement l'entreprife de ce fiége, lorsque Soliman se rendit lui-même. dans l'ifle de Rhodes. Sa préfence renouvelle l'ardeur de fes troupes, le courage des chevaliers s'augmente à proportion que le danger devient plus grand. Durant toute la durée du fiége, l'lfle-Adam fait voir l'intelligence la plus parfaite de l'art de la guerre, jointe à cette valeur froide & tranquille qu'aucune efpéce de péril n'eft capable d'ébranler. Après fix mois du fiége le plus meurtrier, ne fe voyant aucune espérance de fecours, il céde aux prieres des habitans, & capitule aux conditions les plus avantageufes pour eux, & les plus honorables pour l'ordre. Rhodes & les autres ifles poffédées par la religion restent au pouvoir de Soliman, & le 1 de Janvier 1523, les chevaliers, fuivis de quatre mille habitans qui les avoient voulu fuivre, font voile pour l'Italie, & fe retirent à Viterbe. Peu de tems après, l'Ile-Adam eut e espérance bien fondée de recouvrer Rhodes. Une intrigue liée fecrétement avec les principaux Grecs, habitans de l'ifle, mécontens de la domination des Turcs, devoit aboutir à chaffer ceuxci; mais quand tout parut bien dispofé, l'intrigue fut découverte. Il en couta la vie à beaucoup de gens; & depuis Rhodes eft resté au pouvoir des Turcs.

Le Brun, dans fon Voyage du Levant, t. 1, p. 548, donne une relation de l'état préfent de la ville & de l'ifle de Rhodes. Cette derniere eft fuperbement bâtie. Elle a deux portes, l'une du côté de la mer, & l'autre du côté de la terre. La premiere eft très-belle, & de ce côté la ville eft fermée en partie d'une double muraille. Du côté de la terre on voit une triple enceinte de murs, haut de dix-huit braffes, raisonnablement épais, & renforcés d'un grand nombre de tours. Il y a fur les remparts quatre cents foixante-dix piéces de canon dont plufieurs font de fonte, & d'une groffeur extraordinaire. Sur les deux châteaux il cent foixante autres canons.

Le château qui eft dans la ville, du côté de la terre, eft fort élevé & bien bâti. On y garde les prifonniers d'état. La rue des chevaliers de Malthe eft la plus belle de toutes. On y voit encore leurs armes fur le devant de plufieurs mailons, & des inscriptions à quelques-unes. Les portes font ornées auffi des armes du grand maître de l'ordre, qui les a fait faire. Les maisons font bâties de grandes pierres, de même que les dehors de la ville & le bourg des Grecs, auxquels il n'eft pas permis de demeurer dans la ville. Ces dehors ou fauxbourgs font plus grands que la ville même. On y voit plufieurs beaux jardins, où il y a beaucoup d'orangers, dont les fruits font excellens pour l'odeur & pour le goût.

A l'entrée du port, la premiere chofe qu'on voit eft un château rond, avançant un peu dans la mer, à l'endroit où les gros vaiffeaux fe tiennent à l'ancre. Auprès font plufieurs moulins à vent, bâtis de pierre de taille, & dont les aîles font en plus grand nombre qu'à ceux dont nous nous fervons. Vis-à-vis du château au nord du havre, en entrant à main droite eft une fort belle tour quarrée, dont on dit que la hauteur eft de plus de cent pieds. Ses angles font garnis de petites guérites, d'où l'on découvre tous les

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vaiffeaux qui arrivent. Cette tour eft attachée aux murailles de la ville par une courtine, & l'eft de même à un bastion qui eft derriere, & qui eft garni de quelques gros canons, lesquels peuvent fervir à empêcher de tous les côtés l'entrée des vailfeaux dans le port. Il y a un de ces canons qui eft long de douze pieds. Il porte un boulet d'une grofleur extraordinaire. On voit cette tour du côté de la terre, au travers d'un treillis de bois, dont elle eft renfermée. Les vaiffeaux médiocres fe mettent à l'ancre, entre cette tour & la porte de la ville. De l'autre côté du Port, au nord & vis-à-vis cette tour, eft le château S. Ange. L'espace entre deux eft de plus de cinquante braffes; & l'on croit que c'eft l'endroit où le coloffe du foleil étoit autrefois. Ily a au château faint Ange, qu'on nomme auffi le DIAMANT, parce qu'il eft octogone, un bon port pour les galéres. L'entrée en eft fort étroite, & elle fe ferme le foir avec une chaîne, dont l'un des bouts eft attaché à une tour, qui eft fur le bout du rempart, & l'autre à une roche qui eft fur la terre, à quelques pas du château Sant Anfelmo.

L'ifle de Rhodes comprend en tout fix bourgs. Celui qui eft le plus près de la ville s'appelle CASAL-NOVA, Comme qui diroit le Bourg- Neuf. Les noms des autres font; faint Janargier, faint Nastaisia, Bak fimale, Thepæria & Triauda. Ce dernier eft auprès d'une montagne, où l'on prétend qu'a été l'ancienne ville ; & il eft éloigné d'environ huit milles d'Italie de la ville d'à préfent. A côté de ce bourg, fur le bord de la mer, on voit encore quelques vieux morceaux de murailles; mais quelque chofe qu'on dile à cet égard, il eft impoflible de l'accorder avec la fituation du port, & avec l'endroit où étoit autrefois le coloffe. Ainfi s'il y a eu anciennement une ville dans le lieu où eft aujourd'hui le bourg de TRIAUDA, il faut que ce foit une ville différente de celles de Rhodes.

L'air de cette ifle eft affez pur; & le terroir en feroit très-fertile, fi les Turcs prenoient la peine de le cultiver. *Strabon, Pline, &c. L'abbé de Vertot, hift. de Malthe. RHODIA. Voyez RHODIORUM-COLONIA. RHODIAS, fleuve de la Macédoine, felon Pline, l. 4, C. 10. Quoique beaucoup de manuscrits portent RHODIAS, le pere Hardouin croit qu'il faut Ludias, parce que Strabon, l. 4, c. 10, dit qu'un fleuve de ce nom fort d'un marais que le fleuve Axins remplit, & Prolomée met le fleuve Ludias près de l'Axius. Pline ne les éloigne pas, puisqu'il dit que la ville Europus eft fur l'Axius, & que le Ludias palle par cette ville.

RHODIGIUM, bourg d'Italie, dans le Padouan. Corneille, Diction. cite les Délices d'Italie, & dit : ce bourg eft à trois milles du château de Confelve, qui appartient à la maifon de Lazara, & à quatorze milles de la ville de Padouë fur le chemin de Ferrare. Il y a de tous côtés des marais qui l'environnent, & cela eft caufe que les habitans donnent le nom à fon territoire, di Rovigo.

RHODIORUM COLONIA, ville de l'Afie mineure, dans la Lycie, felon Mar. Niger, qui dit qu'on la nomme préfentement Machri. Ortelius croit que par Rhodiorum Colonia, Niger entend la ville appellée RHODIA par Strabon & par Ptolomée; Rhodopolis par Pline, & Rhodiorum Caftellum par Appien, . 4. Civil.

RHODIORUM - FONS, fontaine du Cherfonnèfe. C'eft Seneque qui en parle, in Naturalib.

RHODIUS, fleuve de la Troade. Il avoit fa fource au mont Ida, felon Homére, Iliad. . v. 20, & Héliode, in Theegonia. Pline, l. 5, c. 30, dit qu'on ne voyoit aucune trace de ce fleuve de fon tems. Cependant Helyche le connoît & lui donne le nom de Dardanus.

1. RHODOPE, montagne de la Thrace, felon Prolomée, l. 3, c. 11. Elle eft presque parallele au mont Hamus. Elle commence près du fleuve Neftus, & s'étend beaucoup au-delà de l'Hebrus. Selon Ortelius (Thefaur.) Rithamerus nomme cette montagne Valiza Lazius la nomme Czernaniwerti, & ce dernier dans un autre endroit l'appelle Curiorowieza & Vafiglufe.

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2. RHODOPE étoit, fuivant l'Atlas de de Lifle, une province de Thrace, fous le bas empire. Elle étoit bornée au nord par la province particuliere de Thrace, à l'eft par la province de Mimont, au fud partie par la mer Egée, partie par la Macédoine, à l'oueft par la Macédoine encore. Elle prenoit fon nom du mont Rhodope, qui la traverfoit. Les Notices Episcopales donnent à cette province une plus grande étendue, Celle d'Hieroclès y compte fept

villes épiscopales, dont la métropole eft Enus. Les autres font Maximianopolis, Trajanopolis, Marona, Pyrus où Pirus, depuis Rufium, Nicopolis & Cercopyrgus. Il n'y avoit d'abord dans cette province aucunes places fortifiées, & comme elle étoit fort expofée aux incurfions des barbares, Juftinien fit réparer ou rebâtir les murs de Trajanopolis, de Tomere & de Maximianopolis; fit ceindre de murailles le bourg de Bellure, lequel égaloit les plus grandes villes du pays pour les richeffes & pour le nombre des habitans, & fit enfuite conftruire dans la province quatre-vingt-dix-huit forts ou châteaux. Procope, (de adificiis) nous en a confervé les noms que

voici :

Anagonclias, Anchiale, Antipari, Antoninum, Arzon, Asgarfe, Asgize, Auguftas.

Bafibunon, Béca, Bécule, Bépare, Bergifum, Bospare de Thrace, Bré, Brédas, Burdepto, Burtudgife.

Capifturie, Caraftatyra, Carbere, Cafeéra, Cafibon Caftrazarba, Cavoronibe, Cérioparon, Cherenon, Chryfante, Clifura, Cascabiri, Cuscule, Cyridane, Cyrtuxure. Dalatarbe, Débre, Denizus, Dertalle, Dingium, Dixas, Dordas.

Emporium, Efimont.
Fuffé de Gézile.

Getrinas, Getiftrais.

Hemimont, Hyfafianes, Hymauparubri. Isdicée, Isgipère.

Marcerote, Marcien, Mundépe.

Nice.

Ozorme.

Pinzus, Potamo-Caftellum, Probin, Pufinum.
Rhacule.

Sacinus, Saint-Julien, Saint-Théodore, Saint-Trajan, Sarmuthon, Scariota-Salucra, Siemnas, Scitaces, Solban, Suras.

Tamonbar, Taurocephaleon, Tharfandale, Theodopolis, Thocyodis, Thrafarique, Thrafa, Thudanelane, Thuleus Toparon, Turocème, Tzitate, Tzonpolegon, Tzyidon. Unci, Urdaus.

Vasque, Velaidiparu, Velaftrias, Veraiaros, Véripare; Verus, Vefiparum, Via.

Zbredin, Zemarque, Zofiterfum, Zycyre.

3. RHODOPE, ville qu'Etienne le géographe place dans l'Afie mineure.

RHODOPHOROS. Voyez PTOLEMAÏS.

RHODOPOLIS, ville de la Colchide, felon Ortelius, Thefaur. qui cite les autentiques & Agathias.

RHODOS, petite contrée du Peloponnèfe, dans la Laconie. Paufanias, l. 3, c. 26, dit qu'elle étoit confacrée à Machaon fils d'Esculape.

RHODOSTOLON. Voyez DUROSTOLON. RHODUMNA, ville de la Gaule Lyonnoife: Ptolomée, l. 2, c. 8, la donne aux Segufiens. Voyez ROUANE.

RHODUNTIA, contrée de la Macédoine, proche du mont Oeta, felon Etienne le géographe : Tite Live, l. 36, c. 16, donne ce nom au fommet du mont Oeta, & Strabon, l. 9, le donne à un lieu fortifié des Thermopyles. RHODUS. Voyez RHODES.

RHODUSSA, ifle qu'Etienne le géographe met fur la côte de l'Argie. Pline, l. 5, c. 31, dit qu'elle étoit au voifinage de l'ifle Caunus. Voyez RHOSPHODUSA.

RHODUSSÆ, ifle de la Propontide, felon Pline, 1.5,

C. 32.

RHOE, fleuve de la Bithynie. Il a fon embouchure, dans le Pont - Euxin. Arrien dans fon 1. Péripl. p. 13, compte vingt ftades du port Calpé, à l'embouchure du fleuve Rhoë, & égal nombre de ftades de l'embouchure de ce fleuve à l'ifle Apollonie.

RHOESUS. Voyez RHEBAS.

1. RHOETEUM, ville de l'Afie mineure, dans la Troade, fur la côte de l'Hellespont. Strabon, l. 13, p. 595, dit que cette ville eft fituée fur une hauteur, près du tombeau d'Ajax. Au lieu de Rheteum, Thucydide écrit RHOETIUM. L'adjectif eft RHOETEUS. Virgile s'en eft fervi dans plus d'un endroit. Silius Italicus a fait de Rhateus, Rhoteius; & fert l. 3, v. 43, pour défigner les Romains, Rheteius immo imperet aternum, dit-il.

2. RHOETEUM, promontoire de l'Afie mineure, fur la côte de l'Hellespont, felon la remarque de Leunclavius fur Xenophon, l. 1. Hift. Grace, p. 422. Il place ce

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