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pris leur rug ou Brugge, tous mots qui fignifient un pont, aufli bien que le Bridge des Anglois. De-là, on peut former cette maxime géographique , que tous les noms de lieu, qui font terminés en Brica, Briga, ou Briva, défignent des lieux fitués au bord d'une riviere, fur laquelle il y a, ou bien il y a eu un pont, & c'eft même fouvent ce pont & ce paffage qui a donné lieu à la fondation de la ville: le mot brive, fi ufité dans la chorographie françoise, n'a point d'autre origine.

Cette ville eft fort célèbre dans les commentaires de Céfar, felon Longuerue, desc. de la France 1. part. p. 54, & dans plufieurs monumens de l'antiquité, comme étant la capitale des peuples Ambiani, qui s'étendoient jusqu'à l'Océan, & appartenoient à la feconde Belgique; c'elt pourquoi l'évêque d'Amiens eft fuffragant de l'archevêque de Reims. La feigneurie temporelle de la ville fut donnée par les rois de France aux évêques d'Amiens, & ces prélats donnerent le comté d'Amiens aux feigneurs de la maifon de Bove, qui en furent dépoffédés par Raoul, comte de Vermandois, dont la fille Ifabelle époufa Philippe d'Alface, comte de Flandres, qui céda l'an 1185 le comté d'Amiens au roi de France Philippe Augufte; & huit ans après, l'Evêque d'Amiens, nommé Thibaut, céda au roi & à fa couronne, l'hommage de ce comté d'Amiens, qui appartenoit à cet évêque & à fon Eglife. En reconnoiffance, le roi remit aux évêques le droit qu'il avoit d'être défrayé à leurs dépens, lorsqu'il venoit Amiens. Charles VIII céda, à titre d'engagement, cette ville avec les autres places de la Somme à Philippe, duc de Bourgogne, par le traité d'Arras l'an 1435. Louis XI, fils de Charles VII, les retira, & fut obligé peu après de les rendre, par le traité de Conflans, où il fut ftipulé que le Roi ne pourroit retirer la ville d'Amiens & les autres, fituées fur la Somme, ni le comté de Ponthieu, qu'après la mort de Charles de Bourgogne, & que fes héritiers mâles ou femelles en ligne directe jouiroient de ces places & de leurs dépendances, jufqu'à ce que le roi ou fes fucceffeurs les euffent dégagées, moyennant la fomme de deux cens mille écus d'or. Mais la guerre ayant recommencé entre les François & les Bourguignons, le roi fe faifit d'Amiens, & le réunit pour toujours à fa Couronne.

AMIENS eft fituée à vingt-huit lieues de Paris, à quatorze d'Arras; & à dix d'Abbeville, long. 20, 2, lat. 49, 54; on y compte trente-cinq mille habitans, felon Piganiol de la Force, desc. de la France, t. 3, p. 7, & fuiv. (l'auteur du dénombrement de la France y met cinq mille fept cens foixante feux.)

On regarde S. Firmin comme le fondateur de l'évêché d'Amiens & comme le premier évêque de cette ville. Il y prêcha la foi fur la fin du 3 fiécle. Il y a dans ce diocèse, outre l'églife cathédrale, douze collégiales, vingtabbayes d'hommes,fix de filles, cinquante-cinq prieurés, fept cens quatre-vingt cures, cent trois annexes, vingt-fix communautés d'hommes, vingt-deux de filles, fix colleges, deux hôpitaux généraux, dix hôtel-Dieu pour les malades, & une maifon de repenties, ou filles pénitentes. L'évêché d'Amiens vaut environ vingt mille livres de rente. Parmi les évêques d'Amiens, il y en a fept qui font reconnus pour faints, & fept qui ont été cardinaux. Jean de la Grange, appellé le cardinal d'Amiens, fut premier miniftre & furintendant des finances fous Charles V. La cathédrale de cette ville, qui eft fous l'invocation de Notre-Dame, eft très-belle: on admire la hauteur & la largeur de la nef. Le chapitre eft composé d'un doyen, d'un prevôt, d'un chantre, de deux archidiacres, l'un d'Amiens, l'autre de Ponthieu, d'un prêchantre, d'un écolâtre, & d'un pénitencier, de quarante - fept chanoines, dont deux vicariaux & deux chanoines réguliers de faint Auguftin. Ces deux derniers ne font point prébendés; une de leurs prébendes fut réunie en 1093 à l'abbaye de faint Acheul, l'autre en 1148 à l'abbaye de faint Martin. Il y a en outre foixante & douze chapelains & dix enfans de chœur. On conferve plufieurs reliques dans cette églife, entr'autres le chef de faint Jean-Baptifte, qui y fut apporté de Conftantinople par Walon de Sarton, gentilhomme Picard, après la prife de cette

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ville par les Turcs. Le doyen eft élu par le chapitre, & confirmé par les archevêques de Reims. L'évêque donne toutes les autres dignités, tous les canonicats prébendés, & la moitié des chapelles. Le revenu des canonicats, année commune, eft de huit cens livres. Le chapitre a jurisdiction fur les eccléfiaftiques & bénéficiers de la dependance. Cette jurisdiction s'exerce par un chanoine, & les appellations de fes jugemens font portées à l'officialité métropolitaine de Reims. L'église collégiale de faint Firmin eft dans la ville d'Amiens. Elle fut fondée, à ce que l'on croit, dans le feptieme fiécle par faint Salve. Son chapitre eft compofé de fix chanoines, & de fix chapelains. Cette églife fert de paroiffe à un grand quartier de la ville, & la cure vaut environ neuf cens livres. Le chapitre de faint Nicolas eft aufli dans la ville & fut fondé en 1078, par deux évêques de Térouenne, pour huit chanoines & autant de chapelains. L'abbaye de faint Acheul eit poffédée par les chanoines réguliers de faint Augustin, de la congrégation de fainte Geneviève : elle eft hois des portes, & au-delà du fauxbourg. C'étoit autrefois l'églife cathédrale avant qu'elle eût été transferée dans la ville par faint Salve évêque, dans le feptième siècle. L'évêque Thierry y établit une communauté de clercs l'an 1145, à la priere du chapitre de la cathédrale, qui› donna à cette églife la meilleure partie des biens qu'elle pofféde; auffi eft-elle de la jurifdiction fpirituelle & temporelle de ce chapitre. L'abbaye faint Martin aux Jumeaux eft dans la ville. Selon Gregoire de Tours, ce n'étoit qu'une petite chapelle qu'on avoit bâtie à l'endroit où faint Martin donna la moitié de fon manteau à un pauvre elle fut d'abord occupée par des religieufes, mais elles l'abandonnerent. Guy, évêque d'Amiens, y érigea une communauté de clercs, à laquelle le chapitre de la cathédrale donna des biens confidérables en 1073, & c'eft en vertu de cette donation qu'il jouit de la jurisdiction fpirituelle & temporelle fur cette maifon. Ces clercs, par une ferveur extraordinaire, fe firent réguliers de l'ordre de faint Auguftin, l'an 1109, & leur communauté fut érigée en abbaye en 1145, par Thierry, évêque d'Amiens. Elle fut unie à l'évêché l'an 1565, en faveur du cardinal de Crequi, pour lors évêque d'Amiens, & la maifon des religieux fut donnée aux Célestins en 1635. La troifiéme abbaye qui eft dans Amiens, eft celle de faint Jean, fondée par Gui, châtelain d'Amiens, l'an 1125: elle eft de l'ordre de Prémontré, de l'ancienne obfervance. Il y a dix paroiffes dans Amiens, une dans le fauxbourg, & trois dans la banlieue, qui font cenfées de la ville. Un Séminaire dirigé par les prêtres de la miflion de S. Lazare. Un collége, où l'on enfeigne les humanités, la philofophie & la théologie. Plufieurs couvens d'hommes & de filles. L'abbaye du Paraclet, de l'ordre de Cîteaux, eft de ces derniers. Elle fut fondée à deux lieues d'Amiens en 1218, par Enguerand de Bove, & fut transferée dans la ville, il y a environ foixante & dix ans. Un hôpital-général, gouverné par feize adminiftrateurs, dont deux font chanoines de la cathédrale, un curé de la ville, un officier du préfidial, un avocat, & les autres font choifis entre les plus notables bourgeois. Un hôtel-Dieu, qui eft fous l'inspection immédiate de l'évêque, & qui eft fervi par trente-cinq religieufes, de l'ordre de faint Augustin, a dix-huit mille livres de revenu.

Le préfidial d'Amiens fut créé par édit de l'an 1551, & eft compofé de deux préfidens, d'un lieutenant criminel, d'un lieutenant particulier, d'un affeffeur criminel, d'un chevalier d'honneur créé en 1691, de dixfept confeillers honoraires créés en 1690, d'un confeiller garde-fcel, créé en 1696, de deux avocats, & d'un procureur du roi, d'un fubftitut, & d'un greffier.

Le bailliage d'Amiens eft compofé d'un bailli d'épée, d'un lieutenant général & des autres officiers du préfidial.

La généralité d'Amiens eft la feule qu'il y ait dans ce Gouvernement. Le bureau des finances d'Amiens fut établi en 1578; il n'y eut d'abord qu'un tréforier qui fe fit qualifier de commiffaire général des vivres & avitaillemens dePicardie, Lorraine, Champagne & Barrois, Il y eut enfuite quatre tréforiers généraux des finances, Tome I. Ffij

dont le nombre a été augmenté à plufieurs fois, en forte que ce bureau eft aujourd'hui compofé de vingttrois officiers, qui fe qualifient qui fe qualifient tous de préfidens, parce qu'ils ont acheté les charges qui ont été créées. Il y a dans cette généralité, fix élections, qui font Amiens, Abbeville, Dourlens, Péronne, Saint Quentin & Montdidier. Celle d'Amiens a un préfident, un lieutenant criminel, huit élus, un procureur du roi & un greffier. Les autres ont le même nombre d'officiers à quelques-uns près.

Dans Amiens & dans le plat pays des environs, il y a une manufacture des plus confidérables, en étoffes de diverfes especes, tant en foie qu'en laine & en poil; il y a aufli des fabriques de différens favons. On y compte cinq portes & plufieurs places publiques, parmi lesquelles celles des fleurs & du grand marché font les plus diftinguées. Fernand Telles Porto Carrero, gouverneur de Dourlens, furprit Amiens pour les Espagnols en 1597, par le moyen d'un chariot chargé de paille qu'il fit arrêter fur un des ponts, tandis qu'avec u fac rempli de noix, qu'il fit répandre, il amufa la garde. Henri le Grand la reprit peu de temps après, & y fit bâtir une citadelle. Deux de nos rois ont reçu la bénédiction nuptiale dans l'Eglife d'Amiens : Philippe Augufte en 1193, lorsqu'il époufa Ingerburg, fa feconde femme, fille de Waldemar, roi de Dannemarck, laquelle y fut couronnée, & Charles VI, en 1385, lorsqu'il époufa Ifabeau de Baviere.

Amiens eft la patrie de beaucoup d'hommes illuftres dans les belles-lettres & les fciences; Jacques Silvius, né fur la fin du XV fiécle, fut profeffeur royal de la médecine à Paris, il mourut l'an 1555, âgé de 63 ans; Jean de Riolan, fon contemporain & fon confrere en médecine, mort en 1605, le 18 Octobre, fut pere de Jean Riolan, médecin, qui mourut fort âgé en 1650: ce dernier a laiffé des ouvrages d'anatomie qui ont eu de la réputation: Vincent Voiture, qui par la beauté de fon efprit fut un des agrémens de la cour, & l'un des ornemens de l'académie françoife. On a fon éloge de la main de Peliffon. Jacques Rohaut, qui s'eft immortalifé par fon cours de phylique, felon le fistême du grand Descartes. Il mourut à Paris, âgé de 55 ans, en 1675; on voit fon tombeau à faint Etienne du Mont. Charles du Frêne, fieur du Cange, né le 18 Décembre 1610. Il fit de profondes recherches fur l'histoire Byfantine & le public reçut fes travaux avec une admiration qui n'a point diminué. La lecture de quantité de livres & de manufcrits peu connus, nous a valu un gloffaire de la langue grecque & un autre de la langue latine e; il prend l'une & l'autre de ces langues fur leur déclin, & les fuit dans le cours de leur corruption par les Barbares, ouvrages d'autant plus précieux que dans les autres dictionnaires de ces langues, les auteurs avoient paru affecter de rejetter les mots qui n'étoient pas employés par les bons auteurs. Du Cange mourut le 23 Octobre 1688, âgé de 78 ans.

AMIENNOIS, en latin Ambianenfis Ager, petit pays de France dans la Picardie, ainfi nommé à caufe d'Amiens, fa capitale : il eft traverfé par la riviere de Somme, & a pour bornes l'Artois au nord, le Santerre à l'eft, le Beauvoifis au midi, & le Ponthieu avec le Vimeu à l'oueft. Outre la ville d'Amiens, il y a encore Doulens, ou Dourlens & Corbie. Ce pays eft très-fertile, & on l'appelle autrement la vraie Picardie.

AMILHANUM. Voyez MILHAUD.

AMILICHUS, riviere de Grece, dans l'Achaïe; elle couloit auprès du temple de Diane Triclarie, ainfi furnommée, parce que ce temple, placé dans un bois, étoit commun à trois bourgades, Oenoë, Anthea, & Meffatis qui étoient alors poffédées par les loniens. La prêtreffe Comaetho, qui étoit d'une parfaite beauté, avant été refufée par fes parens à Ménalippe, le plus beau jeune homme du pays qui la demandoit en mariage, eut la foibleffe de s'abandonner & d'entretenir avec lui dans le temple même un amour dont Paufanias, l. 7. c, 19, dit que la déeffe tira vengeance par leur prompte mort & par une pefte qui ravagea le pays. L'oracle de Delphes déclara que le crime de ces amans devoit être expié tous les ans par le facrifice d'un garçon & d'une fille, le plus beau & la plus belle que l'on

pourroit trouver. On ne fut que trop-obéiffant à une ii barbare loi, & la riviere qui couloit auprès de ce temple, & qui n'avoit point eu de nom particulier jufqu'à ce temps-là fut nommée AMILICHUS, mot qui fignifie inhumaine. L'oracle avoit prédit que les habitans du pays feroient délivrés de la néceflité de ce facrifice, quand un roi étranger apporteroit une divinité étrangere. Euripyle, fils d'Evemon, qui apporta de Troye une ftatue du Dieu Bachus, fut celui qui les en délivra, & alors, dit le même Paufanias, dans le livre duquel on peut voir cette aventure plus au long, la riviere changea de nom & au lieu d'Amilichus, c'està-dire, inhumaine, on la nomma Milichus, ce qui fignifie douce, humaine. De l'Ifle marque très-bien cette riviere au midi de Patra, dans fa carte de l'ancienne Grece, mais il ne marque point les trois bourgades, parce qu'elles font de celles dont fe formerent les villes, comme je l'ai obfervé dans l'article ACHAIE.

AMILO, fleuve d'Afrique, dans la Mauritanie. Pline dit qu'à toutes les nouvelles lunes des troupeaux d'élephans s'y alloient purifier en répandant folemnellement de l'eau fur eux-mêmes; & qu'enfuite après l'avoir falué, ils fe retiroient dans leurs forêts. Tous les manufcrits de Pline nomment ce fleuve Amilo au rapport du P. Hardouin, & ce fçavant homme conjecture que ce pourroit bien être le même que Ptolomée nomme VALO, 4. 4, c. I, & qui tombe des montagnes nommées les fept freres. Il rejette la conjecture de Calius Rhodiginus, qui au lieu d'Amilo, lit Annulo, & fait venir ce mot d'avès.

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AMILTON, promontoire dans le voisinage de Conftantinople, felon Denis le Périegete, cité par Pierre Gilles, qui ajoute que le nom moderne de ce cap eft TRIPITION. Ortel. Thef.

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AMILUS, ville de Grece, dans l'Arcadie. Paufanias, 1,8, c. 13, en parle comme d'une place qui n'étoit déja plus de fon temps qu'un fimple village. AMINA, ville d'Afrique en Ethiopie, à neuf milles d'Albiar, felon Vincent le Blanc, voyages ,.voyages, 2 part. c. 15, p. 84. AMINEÆ VITES, on lit dans un vers de Virgile, Georg. l. 2, v. 97, felon les diverfes éditions:

par

Sunt & Amynea vites, firmissima vina, ou Sunt etiam Amminea vites, firmissima vina š Ces deux manieres de lire ce vers font autorisées par de grandes autorités, car dit le P. de la Rue, Pline 1. 14, c. 2, & Aufone nomment le vin de ce cru Ammineum Vinum, Galien & Hefyche, difent Amineum Apurvalov z outre cela les deux manieres font autorisées les manufcrits. Alciat a cru que l'on le nommoit ainsi, comme étant le meilleur, de tous les vins en général, du mot grec Apevov meilleur; mais il le dit fans aucune preuve. Macrobe Saturn. 1. 2, c. 16, conjecture que c'eft le même vin que celui de Falerne; car dit-il Aminei fuerunt ubi nunc Falernum eft, c'est-à dire, les Aminéens ont été au lieu où eft Falerne. Cependant Vir gile diftingue le vin de Falerne des vignes Aminéennes. Un paffage de Columelle diminue la difficulté, car il dit que les anciens ne connoiffoient d'autres vignes que les Aminéennes, les Âminéennes, & que de fon temps on n'appelloit point autrement les plus vieilles. Jufqu'ici ces remar ques, qui font du P. de la Rue, dans fon commentaire fur Virgile, femblent ne pas appartenir beaucoup à la géographie; mais elles rendent intelligible celle-ci de Philargirius, qui dit, fur l'autorité d'Ariftote, in politicis, que les Aminéens, peuple de Theffalie, tranfporterent de leur pays des vignes en Italie ; & c'est sans doute de celles-là que le nom s'eft confervé avec quelques-unes des vignes qui en avoient provigné.

AMINIUS, riviere de Grece, dans l'Arcadie, felon Paufanias in Arcadidis, qui dit qu'elle tombe dans l'Eliffus.

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• AMINONE, riviere de la Cilicie, près de Thèbes, felon Vibius Sequefter. Etienne le géographe met une ville de Thébes dans ce pays.

AMINSUS, c'est la même chofe qu'AMISUS. Voyez

AMID 2.

AMINULĄ, ou ANIMULA, ville peu considérable,

dans la Pouille, felon Feftus. Dacier, in Feftum voce AMINULA, rejette la feconde orthographe qui étoit en marge.

AMIRA, ville de la Palestine, felon l'histoire mêlée, 7. 19, citée par Ortelius Thefaur.

1.

AMIRAGLIO, Eleuthero (l') felon Baudrand, éd. 1705, petite riviere de Sicile, dans la vallée de Mazare, & dans la côte feptentrionale de l'ifle. On l'appelle aufli fouvent IL FIUME DELLA MURAGLIA : elle fe jette dans la mer de Sicile un peu au levant de Palerme. On la nomme aufli ORETO. Voyez Oreto 2.

AMIRANTE, (Ifles de l') ifles d'Afrique, dans la mer des Indes, au nord oriental de l'ifle de Madagascar, & à l'orient de Monbaça pour les plus méridionnales & de Melinde pour celles qui font plus vers le nord: elles ont au couchant des bancs de fable, que l'on nomme les baffes de faint Martin. Il y a fept ifles principales, dont la plus grande eft la plus orientale; la troifieme, à compter d'occident en orient a trois écueils au midi. Il y en a deux autres entre celle-là & la quatrième. La plus feptentrionnale eft par le 3. d. & la plus méridionale par le 5. d. de latitude fud, leur longitude eft entre le 69 d. & le 76. Ces ifles qu'on compte au nombre de treize, mais dont il n'y en a que tept principales, font d'une grande fertilité; nonfeulement, on y trouve de l'eau excellente, mais une grande abondance de dates, de cocos, de poiffon & de tourterelles qui font fi privées qu'elles fe laillent prendre avec la main.* De l'ifle Atlas. AMISE. Voyez AMID 2. &c. Simiffo.

AMISIA >

AMISSA S
AMISUS. Voyez AMID 2.

Voyez AMASIA 2.

AMISUS, ville de Pont de laquelle Etienne le géographe fait mention. Ortelius la croit différente de la précédente; je doute qu'elle le foit.

AMITATAN (la Lagaua de), felon Baudrand, lac de l'Amérique feptentrionale dans la nouvelle Efpagne, dans la province de Guatimala. On l'appelle aufli quelquefois AMUITAN, ou ANMITAN : il n'eft qu'à quatre lieues de la ville de Santiago, de Guatimala à l'orient & environ à 15 de la mer pacifique, vers le nord.

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AMITERNE, ancienne ville d'Italie au pays des Veftins. Pline, 7.3, c. 12, parle de fes habitans qu'il nomme AMITERNINI, & les compte entre les Sabins. Mais Ptolomée, 1. 3, c. 1, qui nomme la ville A'ir la donne aux Veftins. Tite-Live, l. 10, c. 39, femble augmenter l'embarras, lorfqu'il dit que Sp. Carvilius prit Amiterne fur les Samnites. La voilà donc attribuée à trois peuples différens. L'énigme eft expliquée, en difant qu'elle étoit fituée au territoire des Sabins & aux frontieres des Veftins, de maniere que le fort de la guerre, & la fupériorité des armes la donnerent, tantôt à un peuple & tantôt à l'autre, & que les Samnites en étoient en poffeflion, lorfque Sp. Carvilius la leur enleva vers l'an 460 de Rome. Il y a quelque chofe de manqué dans les deux éditions du tréfor d'Ortelius. On lui fait dire Laurentius Ananienfis PESCARA ex eo facit, c'est-à-dire, Laurent d'Anagnia en fait PESCARA, comme fi ce dernier nom étoit celui d'une ville ou d'une bourgade; au lieu que c'eft celui d'une riviere que les anciens nommoient Aternus, dont la fource n'eft pas éloignée du lieu la phrafe entiere devoit être à peu près ainfi : Laurentius Ananienfis ex eo (Amiterno) Aternum hodie Pefcara deducit. Mais je crois que ce n'eft point le fentiment de l'auteur cité, & qu'il a voulu dire que Pescara, riviere, eft le fleuve d'Amiterne des anciens, & non pas la ville même, car je trouve que Pomponius Sabinus expliquant ce vers de Virgile Eneid. l. 7, v. 710,

Una ingens Amiterna cohors ;

cru que ce nom d'Amiterne eft auffi celui de la riviere: Amiternum, dit-il, ab Amiterno fluvio, & ipfum Ami ternum flumen ab gambitu. Cette étymologie eft puérile; pour ce qui eft du fleuve Amiterne, c'eft apparemment une erreur tirée de Tite-Live mal entendu. Cet auteur 1. 24, C. 44, compte entre les prodiges que l'on débitoit alors: & Flumen Amiterni cruentum fluxiffe: que la riviere d'Amiternum, ou qui coule à Amiternum

avoit roulé des eaux teintes de fang. Si Amiterne eut été le nom de la riviere, Tite-Live eut dit lumen Amiternum, & non pas Amiterni. De plus, il eft für qu'il n'y avoit point d'autre riviere à Amiterne que Aternus des anciens, aujourd'hui Pefcara. On voit encore à préfent les ruines de la ville d'Amiternum à San Vittorino, au nord d'Aquila, ville de l'Abruzze ultérieure au Royaume de Naples. Magin, dans sa carte de cette province, marque une espèce de village qu'il nomme AMITERNO. Cette ville eft remarquable à plufieurs égards; 1. pour avoir été la patrie du fameux Salufte, excellent hiftorien, à qui la postérité n'a eu rien à reprocher, qu'un libertinage qui n'a point influé fur fes écrits, & 2, pour avoir été le fiége d'un évêché qui a été transféré à Aquila. Corneille qui dit que depuis la tranflation du fiége, on y a bâti un bourg, fous le nom de San Victorino, ajoute que ce faint a été le premier évêque d'Amiterno. Il a raifon; c'eft ainfi que le nom doit s'écrire. Mais avec deux TT, & non pas San Vittorio, comme on lit dans les remarques du P. Hardouin fur Pline. Doujat écrit San Kittorino, Ugelli Ital. facr. t. 10, col. 13, nomme ce faint Martyr Victorinus; on le trouve de même au martyrologe Komain, 5 Septemb. où il ne paroît pourtant pas qu'il ait été premier évêque d'Amiterne; non plus que dans l'Italie facrée d'Ugelli, mais feulement le plus ancien de ceux dont on fçait le nom & l'hiftoire.

AMITHOSCUTA, contrée de l'Arabie heureuse felon Pline, 7. 5. c. 28.

AMITIENSES, ancien peuple d'Italie, dans la Tof

felon le même, 7. 3. c. 5. le P. Hardouin doute s'il ne faut pas lire dans ce pallage Amicienfes du lieu dont les carrieres de pierre font nommées par le même auteur Aniciana, Lapicidina. Ce peuple eft différent de la ville dont il est question dans l'article fuivant.

AMITINUM, l'une des villes que Pline dit avoir été autrefois célèbres dans le Latium, & dont il parle comme de lieux qui ne subsistoient plus depuis longtemps.

AMITITAN. Voyez AMITATAN.

AMIUAM, l'une des les de Comorre. Voyez AnOUAN.

AMIXOCORES, (les) felon Baudrand, peuples de l'Amérique méridionale, dans le Bréfil. Ils font fort avancés dans les terres, vers la Capitainie de Rio Janeiro.

I. AMMA. Voyez ABANA.

2. AMMA, ancien lieu de la Palestine: il en eft fait mention au livre de Jofué, c. 19, v. 30, felon la Vulgate & les exemplaires les plus exacts des Septante. Eufebe le nomme auffi AMMA dans le partage d'Afer. Mais faint Jerôme écrit AMNA.

3. En échange il nomme AMMA un chemin dans le défert, & qui menoit à Gabaon; ce chemin eft appellé Apua par Eufebe & le Pere Bonfrerius remarque que ce chemin n'étoit pas nommé fimplement Amma mais Rouvos apua mots que les feptante ont confervés de l'hebreu, & qui répondent à ces mots-ci, la colline de l'aqueduc; & que c'étoit le nom d'une colline auprès du chemin qui menoit au défert de Gabaon. 2. Reg. c. 2, v. 24.

AMMEA, en grec Apata, ville de Mefopotamie. Voyez AMED & DIARBECK

ÁMMEDERA, ville de l'Afrique propre. Voyez AD

MEDERA.

AMMAENSIA JUGA, Pline, l. 37, c. 6, nomme ainfi des montagnes de Portugal. Ce nom a fort embarraffé les critiques; les uns ont lû Immenfis Jugis, d'autres ANNENSBUS ou AMNENSIBUS, qui fe trouvent en quelques manufcrits. Saumaife in Solin p. 407, conjecturoit qu'il faut lire LUNENSIBUS,parce que Ptolomée met en Portugal le cap de la Lune Σελήνης όρος. Conjec ture affez hardie, dit le Pere Hardouin. Saumaife ajoute qu'on pourroit lire Anenfibus jugis, pour dire les montagnes où l'Ana des anciens, aujourd'hui la Guadiana, prend fa fource. Mais cette riviere a fa fource en Efpagne, & non dans le Portugal où il faut chercher les AMMAENSIA JUGA: ces montagnes ont le même nom que les Ammaenfes ou Ammienfes, peuple que Pline, l. 4, c. 22, met dans la Lufitanie; ce qui

s'accorde avec Ptolomée, l. 2, c. 5, qui y met la ville d'AMAIA que fes interprêtes expliquent par PORT ALEGRE; ainfi les Ammaenjia Juga de Pline font les montagnes des environs de cette ville AMMAITHA, ville de la Syrie ou de l'Euphratenfe. Il en ett parlé dans la notice de l'Empire, Sec. 24. AMMAN, ou AMANA, ancienne ville d'Arabie, dont elle étoit une métropole, & la principale ville des Ammonites. Elle eft nommée en plufieurs endroits de l'écriture RABBATH, & on apprend du fecond livre des Rois, c. 12, que David la prit. Eufebe, Onomaft, dit que de fon tems on la nommoit Philadelphie; qu'une nation nommée RAPHAIM l'avoit auparavant habitée, mais que ce peuple avoit été détruit par les fils de Loth. Jofeph la nomme Rabatha & Philadelphie. Etienne le géographe fait mention d'une ville fameufe de la Syrie, qui après avoir eu le nom d'Ammana, avoit celui de Philadelphie. Voyez AMMONITES, AмON, & PHI

LADELPHIE.

AMANITIS, pays des Ammanites, ou Ammonites. Voyez AMMONITES.

&

AMMATA, felon Eufebe & faint Jerôme ATHMATHA, felon la Vulgate, ville de la Palestine, dans la tribu de Juda.* Jofué, c. 15, V. 34. AMMAUM; faint Jerôme dit que c'eft la même chofe qu'EMMAUS. Voyez ce mot.

AMMAUS, ville de Judée, felon Jofeph, Antiquit. l. 8, c. 2, & l. 17, c. 12; il y avoit des eaux chaudes, avoit des eaux chaudes, & elle étoit à trente ftades de Jérufalem. Ortelius dit que c'eft la même chofe qu'AMMONITIS. Voyez l'art. AMAT. AMMEREN, bourgade d'Allemagne, au duché de Juliers, à une lieue de Ruremonde. Elle n'eft remarquable que parce qu'on croit qu'elle tient la place de Fancienne MEDERIACUM.

AMMERGAW, ou AMMERLAND, felon Baudrand petit pays d'Allemagne, dans la Weftphalie, au comté d'Oldenbourg. Ce canton qui n'a que des villages, appartient au Roi de Dannemarck.

AMMERZEE, lac d'Allemagne que forme la riviere d'Amber; de-là vient que ce lac eft nommé plus jufte

ment AMBERZEE.

AMMIENSES, ancien peuple de la Lufitanie, felon Pline, 4. 4, c. 22, qui nomme auffi des montagnes de cette province AMMAENSIA JUGA, L. 37, c. 6. Je ne doute point que ce peuple & ces montagnes n'ayent une vraie liaison avec la ville d'AMAIA de Ptolomée, 1. 2, c. 5, aujourd'hui PORTALEGRE.

AMMINÉ. Ifle aux environs de celle de Taprobane, felon Prolomée, l. 7, c. 4.

AMMINEÆ VITES. Voyez AMINEÆ. AMMITES, riviere de la Grece, dans la Calcidique, province de la Macédoine. Elle tombe dans le lac de Bolica, qui fe décharge dans le golfe que les anciens nommoient Toronaique. De l'Ifle marque très bien ce lac & deux rivieres qui y entrent, & dont il ne dit point le nom, non plus que celui du lac. La plus orientale, dont la fource n'eft pas loin d'Apollonia, eft l'Ammites dont il eft question dans cet article.

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AMMOCHOSTUS, promontoire de l'ifle de Chypre, felon Ptolomée, 7.5, c. 14. Mais il y a de la difficulté, car quelques exemplaires portent ce nom dans le texte, d'autres au lieu de ce mot y ont PEDALIUM, & en marge, AMMOCHOSTOS; outre cela Prolomée met ce promontoire fur la côte orientale, & Strabon, l. 14, p. 682, donne à la côte méridionale Pedalium; ainfi ce ne peuvent pas être deux noms d'un même cap. Voyez PEDALIUM. Ammochoftos eft une digue de fable, & répond à ce que nous appellons Greve dans notre langue. Les interprêtes de Ptolomée le traduifent par CABO DE

GRIEGO.

AMMODES, cap de la Cilicie. Ce nom eft grec, & fignifie un Cap de Sable. Pomponius Mela, l. 1, c. 13, dit que ce cap eft entre les rivieres le Pyrame & le Cydne; c'est-à-dire, le Malmiftra ou Chagan & Meribefa, rivieres de la Caramanie. Mais quoique cet aureur nomme ces deux rivieres de fuite, auffi bien que Strabon & Quinte Curfe 1. 3, c. 4, comme s'il n'y en avoit point d'autre entre elles; cependant Ptolomée y place le Sarus, qui eft aujourd'hui LE CHOQUEN, & Je cap en devient plus difficile à reconnoître, puifqu'il y en a trois entre le Pyrame & Cydne.

AMMODIUM, lieu de la Méfopotamie, à vingt ftades ou deux mille cinq cens pas Romains de Dara, bourg fortifié & élevé à la dignité de ville par Anaftafe, felon Procope, De Bell. Perf. l. 1, c. 8 & 13.

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1. AMMON; Ortelius ayant trouvé dans la douziéme lettre d'Eschine, que le lieu de fon exil fe nommoit ainfi, a cru que ce nom étoit celui d'un lieu de l'Attique. Ce fçavant homme s'eft extrêmement trompé. Toureil au t. 3 de fes œuvres a beaucoup mieux rencontré dans les remarques fur le plaidoyer d'Eschine, contre Ctefiphon; lorsqu'après avoir dit, p. 425, qu'Eschine fuccoinba & paya d'un exil fort involontaire, une accufation témérairement intentée, & qu'il s'alla établir à Rhodes, &c. il ajoute p. 433, qu'Eschine acheta près de Rhodes un petit héritage, que l'on nommoit les Sablons (le grec dit A's, à la lettre le Sable) lieu défert & affez inculte; mais où pourtant il ne laiffoit pas d'avoir des oliviers, des vignes, d'autres arbres de toutes espèces, des bleds & des pâturages.

2. AMMON, riviere de l'Arabie heureuse, felon Pline, l. 6, c. 28. L'édition du Pere Hardouin porte AMNON.

3. AMMON, ou No-AMMON, felon D. Calmet, Dict. de la Bible, ville d'Egypte. Le Chaldéen & l'auteur de la Vulgate traduifent ordinairement ce terme par Alexandrie. Ils n'ignoroient pas fans doute qu'Alexandrie eft beaucoup plus récente que Jérémie, c. 46, v. 25, Ezechiel 30, v. 14, 16 & Nahum, c. 3, v. 8, qui parlent de No-AMMON; mais ils pouvoient croire que cette derniere ville étoit au même endroit, ou à peuprès, où l'on avoit depuis bâti la ville d'Alexandrie; ce qui toutefois ne paroît nullement par l'hiftoire, dit Strab. 4. 17, p. 792; car il n'y avoit que le bourg RACHOTIS fur la mer, 'vers le même lieu où l'on bâtit depuis la ville d'Alexandrie. Les caracteres que les Prophetes donnent à No-Ammon, font qu'elle eft bâtie au milieu des fleuves, & toute environnée d'eaux; la mer eft fon tréfor, fes eaux fon rempart & fa force. Ce qui fait juger à D. Calmet que No-Ammon n'eft autre que DIOSPOLIS, ou la ville de Jupiter, fituée dans le Delta, fur un bras du Nil, entre Bufiris au midi, & Mendefe au nord, à une affez petite diftance de la mer méditerrannée. Elle étoit environnée de lacs, que l'on pouvoit appeller des mers dans le ftyle des Hébreux. La ruine de cette ville, qui eft prédite & marquée fi diftinctement par les prophetes, arriva fous Affaradon & fous Nabuchodonofor, & peut-être fous Sennacherib.

que

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4. AMMON, felon Cellarius, Geogr. ant. l. 4, c. 2, ville de la Marmarique en Afrique, felon Ptolomée, le feul auteur qui en faffe une ville; les autres fe contentent d'y mettre un Temple & un Oracle de Jupiter Ammon, & la fontaine du foleil. Arrien, l. 3, c. 4, fe fert du terme de lieu xap, & non pas de celui de ville, pour exprimer l'endroit où étoit le Temple, autour duquel ce n'étoit que folitude & fables. Herodote parle pourtant des Ammoniens comme d'une nation nombreuse, gouvernée par un roi, & qui avoit foutenu des guerres contre d'autres peuples; d'où l'on peut conclure qu'elle n'étoit pas fans villes, ni bourgs, ni villages, & qu'il y avoit des endroits où l'on ne trouvoit que du fable, tels que celui par où Alexandre y arriva. Pline, l. 5, c. 9, met entre Memphis & l'Oracle de Jupiter Ammon, douze jours de chemin, & il eft remarquable que cet auteur écrit ce mot par H. Hommonis Jovis Oraculum: il fait mention d'un Nome d'Egypte, qu'il nomme Hammoniaque. Ce Nome étoit apparemment compris dans la nation des Ammoniens, par ceux qui en ont fait une nombreuse nation, & il étoit une annexe de l'Egypte. Le pays d'Ammon, proprement dit, étoit un défert, au milieu duquel étoient des bocages entrecoupés de ruiffeaux; Diodore de Sicile eft celui qui l'a défigné le plus clairement. Le Temple d'Ammon, dit-il, l. 17, c. 1, étoit fitué dans un canton environné de tous côtés par des déferts fabloneux, planté d'arbres fruitiers, arrofé de ruiffeaux d'eau douce, & peuplé de villages Kaundar. Au milieu eft une fortereffe, ceinte d'un triple mur. La premiere enceinte, c'eft-àdire, celle du milieu, étoit pour la cour, Bacidiia; lą feconde pour les femmes Yorαix@ritiv avany, & on y trouvoit les appartemens des enfans & des parens. Il

y avoit de plus le temple du Dieu & la fontaine facrée, où l'on purifioit par des luftrations les offrandes que l'on préfentoit au Dieu. Le dernier rempart enfermoit les gardes & les officiers. Cellarius croit avec bien du fondement, que c'eft cette fortereffe que Diodore a qualifiée ville, & nommée du nom du Dieu. Cet auteur ajoute que hors la citadelle, mais peu loin de-là, il y avoit un autre Temple d'Ammon, ombragé de quantité de hauts arbres, & qu'auprès de cet autre Temple, il y avoit une fontaine nommée la fontaine du Soleil, à caufe de ce qui arrivoit à fes eaux par des changemens merveilleux. Voyez l'art. EAU DU SOLEIL.

Je mets ce lieu dans la Marmarique avec Cellarius. Il eft vrai que Pomponius Mela le met dans la Cyrénaïque; mais il prend ce pays dans un fens beaucoup plus vafte qu'il ne faut; car il l'étend improprement jufqu'au mont Catabathmos. Pline, . 5, c. 9, a placé fort jufte le lieu du Temple; mais il peut fe tromper, lorfqu'il place dans le pays des Troglodytes la fontaine du Soleil. Lucain, met mal-à-propos Ammon dans la Syrtide, 1. 10', v. 38,

l.

Nec fterilis Libya, nec Syrticus obftitit Ammon. & dans un autre endroit l. 9, v 511, v 511, & fuiv. il le met chez les Garamantes.

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Ventum erat ad Templum Libycis quod gentibus unum Inculti Garamantes habent: ftat certior illic Juppiter, ut memorant, fed non ut fulmina vibrans Aut fimilis noftro,fed tortis cornibus Ammon, &c. Brébeuf rend ainfi ces vers; mais il évite la faute qu'a faite fon auteur, de nommer les Garamantes, qui n'ont que faire dans cette description.

Ils approchoient déja de ce temple fauvage,
Ou Jupiter Ammon reçoit un plein hommage;
Il n'est point en ces lieux la foudre dans la main,
Ni fous un air divin, ni fous un air humain;
Ce Dieu, des autres dieux & l'arbitre & le maître,
Y paroît fous un port indigne de fon être.
Cependant tout difforme & tout défiguré,
Dans la vaste Libye il eft feul adoré.

On peut expliquer le nom d'Ammon en deux manieres. 1. En lui donnant une étymologie grecque, & le faifant venir d'Ammos, qui en cette langue lignifie du fable, comme je l'ai déja dit ci-deffus : ce qui convient à la fituation de ce Temple. 2. En lui donnant une étymologie Egyptienne. D. Calmet eft pour ce dernier fentiment. Ammon, ou Hammon, ou Jupiter Hammon, dit ce pere, dans fon Dic. de la Bible, célèbre Dieu des Egyptiens, que nous croyons être le même que Cham, qui peupla l'Afrique & qui fut pere de Mizraim, auteur des Egyptiens. Ammon, pourfuit-il, avoit un Temple fameux dans l'Afrique, où il étoit adoré fous la figure d'un bélier. Les Egyptiens donnoient ainfi à leurs Dieux la forme de certains animaux. Le Temple d'Ammon étoit fitué dans un lieu délicieux, mais environné d'affreux déferts. Il y avoit là un fameux Oracle qu'Alexandre le Grand alla confulter. Cet Oracle toutefois comme les autres, tomba infenfiblement dans le mépris. Du tems de Strabon, il n'avoit déjà plus tant de vogue, & du tems de Plutarque, on n'en faifoit presque aucun cas; enfin on n'en parloit plus du tems de Theodofe, fuivant le témoignage de Prudence, Apotheof. v. 44. J'ai rapporté à l'art. DODONE, la fable des deux

Colombes.

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me ainfi un nome, ou contrée de l'ancienne Egypte. Mais il n'entre dans aucun dérail à ce fujer. J'ai déja remarqué qu'il écrit HAMMONIACUS NOMOS. Ce nome n'eft pas exactement la même chofe que la contrée de l'article précédent.

AMMONII, ancien peuple de l'Arabie, felon Pline, 7.6. c. 28, Ptolomée, 1.6, c. 7, place aufli un promontoire d'Ammonius, ou d'Ammonium dans l'Arabie heureufe.

AMMONITES. D. Calmet, Dict. de la Bible, dit que c'eft ainfi que l'Ecriture nomme un peuple defcendu d'Ammon, fils de Loth & de la plus jeune de fes filles. Cet Ammon, de la vie duquel on ne fait aucune particularité, demeura à l'orient de la mer Morte & du Jourdain, dans les montagnes de Galaad; & fes defcendans furent toujours ennemis des Ifraëlites. Les AMMONITES qu'on appelle aufli quelquefois Ammanites, détruifirent les géans Zomzomins & occuperent leur Pays. Dieu (Deuteron c. 1, v. 19, 21,) défendit à Moife, & par lui aux Ifraëlites, d'attaquer les Ammonites, parce qu'il ne vouloit pas livrer leur pays aux Hebreux. Avant l'entrée des Ifraëlites dans la terre de Canaan, les Amorrhéens avoient conquis beaucoup de terrein fur les Ammonites & les Moabites. Moïfe le reprit fur les Amorrhéens, & le partagea aux Tribus de Ruben & de Gad. Du tems de Jephthé, les Ammoniens déclarerent la guerre aux Ifraelites (Judic. c. 11, V. 13,) fous prétexte que ceux-ci détenoient une grande partie du pays qui leur avoit appartenu avant que les Amorrhéens le poffédaffent. Mais Jephthé les battit & conferva ce pays (a); il délivra encore, l'an 2817 du monde, les Ifraëlites d'au-de-là du Jourdain, du joug que les Ammonites leur avoient impofé 18 ans auparavant. Au commencement du regne de Saul, Nans, roi des Ammonites, affiégea la ville de Jabes de Galaad (b), la preffa fi vivement qu'il la réduifit à demander une capitulation: mais ce roi barbare répondit qu'il vouloit arracher un œil à tous les Habitans afin de les rendre l'opprobre des Ifraëlites. Saül, à cette terrible nouvelle, marche au fecours de cette ville, & la délivre du danger qui la preffe.

David (c) envoya des Ambaffadeurs au roi des Ammonites, pour lui faire des complimens de condoleance fur la mort de fon pere, qui étoit fon ami; mais ce roi, fe perfuadant qu'ils étoient venus pour examiner fes forces, les maltraita. David, pour fe venger de cet outrage, lui déclare la guerre, le défait, foumet les Ammonites, les Moabites & les Syriens leurs alliés, qui après fa mort pafferent fous la domination de fon dix Tribus, furent foumis aux Ifraëlites jufqu'à la mort fils Salomon. Ces peuples (d), après la féparation des d'Achab, 893 ans avant Jefus Chrift (2) Judic. c. 3, v. 13, (b) Reg. l. 1, c. 11, v. 1, (c) R. l. 1, c. 10, v. 1, & feq. (d) Reg. l. 4, c. 1, V. I.

les Moabites en 3109 (Reg. l. 4, c. 3, V. 4, & feq.); Joram, fils d'Achab & fucceffeur d'Ochofias, battit mais il ne paroit pas que la victoire ait été affez complette pour les réduire à fon obéiffance. Vers le même tems les Ammonites, les Moabites & d'autres peuples, firent irruption dans les terres de Juda; mais ils furent repouffés & diffipés par Jofaphat. (Paralip. l. 2, c. 20, malheur qui devoit arriver trois ans après fa prédiction, v. 1 & feq.) Ifaie, c. 15 & 16, menace les Moabites d'un & qui regarde apparemment les guerres que Salmanafar fit dans leur Pays, vers l'an du monde 3277, avant J. C. 723,avant l'Ere vulg. 727.

Après le tranfport des Tribus de Ruben, de Gad & de la demi-Tribu de Manaffé par Teglathphalafar en 3264, avant J. C. 736, avant l'ere vulgaire 740, les Ammonites & les Moabites fe mirent en poffeffion des villes qui avoient appartenu à ces Tribus. Jérémie, c. 49, v 1, leur en a fait de grands reproches. Les Ambaffadeurs des Ammonites étoient du nombre de ceux à qui ce même Prophête avoit préfenté la coupe de la colere du Seigneur (c. 15, v. 14), & auxquels il avoit fait préfent d'un joug & d'une chaîne, les exhortant à fe foumettre à Nabuchodonofor, & les menaçant de la captivité & de la fervitude, s'ils ne le faifoient,

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