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Carcaffonne,
Befiers,
Agde,
Lodève,
Saint-Pons,
Arles,

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Nismes,

Montpelier,

ཞབས་འ

Ufez,

Alet,

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les généraux de Décius fe dévouerent, au rapport de Pomponius Lætus qui eite Jornandes. Ce lieu étoit voifin de la ville d'ABRITUM; mais cette ville eft fi inconnue elle-même, qu'on n'en eft gueres mieux inftruit, & aucun auteur du bon tems n'en a parlé, Son nom fe trouve dans l'Hiftoire mêlée, dans Jornandes & dans la chronique de Caffiodore: on lit dans ce dernier Abricium lieu de la Thrace.

4. ARA FLAVIA, colonie de laquelle il eft fait mention fur une médaille de Domitien dans le tréfor de Goltzius. Voyez ARE FLAVIA.

5. ARA HERCULIS. Strabon, . 17, p. 826, met dans un golfe voifin de Lixos, une ville fituée fur la côte extérieure de l'Afrique, vers le détroit de Gibraltar : cet auteur, dis-je, y met un antre qui n'a rien de remarquable, finon que la mer y entre fort avant, & même l'espace de fept stades; qu'au devant de cet antre il y a un terrein bas & uni, où eft un autel d'Hercule que l'eau ne couvre jamais. Pline, l. 5, c. 1, met cet autel d'Hercule dans une ifle de ce même canton, & c'est à cette ille qu'il attribue la propriété de n'être jamais inondée, quoique le terrein d'alentour, qui eft plus élevé, foit

Il y a auffi plufieurs comtés & vicomtés, dont les plus couvert d'eau. C'étoit une tradition répandue, & Straconfidérables font, felon le même auteur,

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DENTE.

AR, ARÉOPOLIS, ARIEL DE MOAB, ou RABBATH MOAB: tous ces noms, dit D. Calmet, Dict. de la Bible, ne fignifient que la même ville des Moabites fituée fur le fleuve d'Arnon, qui la fépare en deux. Théodoret l'appelle fimplement ARIEL. Eufebe de même, & il ajoute que l'on appelle Ariel l'idole de ces peuples, apparemment des Moabites. S. Epiphane dit que l'on nomme Arielitis un petit pays qu'il joint à celui de Moab, à l'Iturée & au pays des Nabathéens. Le prophete Ifaïe l'appelle la ville aux murs de brique cuite, ad muros cocli lateris; en hébreu Kir-harefet ou Kiriat-hares. S. Jerôme dit que cette ville fut renverfée de fond en comble par un tremblement de terre, lorsqu'il étoit encore jeune. D. Calmet croit que Charax Moba ou Charax Moab eft la même chofe qu'Ar & Aréopolis.

ARA: ce mot latin veut dire autel, & a donné lieu à plufieurs dénominations géographiques. Voyez les remarques que j'ai faites au mot ALTARIA, & au mot AD les deux articles ad ARAS. Voyez auffi ÆGATHES & ÆGI

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bon ne la donne que pour ce qu'elle eft, c'est-à-dire pour fabuleufe.

6. ARA JOVIS MONTANI, c'eft-à-dire l'autel de Jupiter de la montagne, lieu près de l'Ifthme de la Cherfonnefe de Thrace. entre Ptelée & Leucè Acte. Démofthène, in Halonef. qui en parle, y met la borne de la Cherfonnefe.

7. ARA JOVIS PANOMPHÆI, dans la Troade, entre les promontoires Sigée & Rhoetée. Ovide en fair auffi mention dans le l. 1 des Métamorphofes.

Dextera Sigai, Rhotai lava profundi

Ara Panompheo vetus eft facrata Tonanti.
Inde nova primum moliti mania Troja
Laomedonta videt.

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la

8. ARA LAPIDEA. Baudrand est justement repris par Sanfon d'avoir imputé à Antonin une ville de ce nom dans la Norique: cet auteur n'en parle point; mais Lazius prétend que Pechlar, ville d'Autriche,a été autrefois nommée ARA LAPIDEA. Ce dernier ajoute que riviere qui y coule a confervé l'ancien nom en celui d'Erlaph; de forte qu'Ara Lapidea, Arlapa de la notice de l'empire, & Arlape d'Antonin, feroient la même chofe que PECHLAR.

9. ARA LUGDUNENSIS. Voyez AINAY.

10. ARA TUTILA, ville de la côte orientale de l'ifle de Corfe, felon Ptolomée, l. 3, c. 2. Pinet là nomme CALONICA, en quoi il s'accorde avec Molet.

11. ARA UBIORUM, ville de la baffe Allemagne au pays des Ubiens: on ne s'accorde pas fur le lieu où elle étoit. Junius, Batav. croit qu'elle étoit à Duitz, qui eft fur le Rhin, à l'oppofite de Cologne. D'autres difent avec Cluvier, Germ. ant. que c'eft préfentement la ville de Bonn qui eft auffi fur le Rhin, & la résidence de l'électeur de Cologne.

Je joindrai ici de fuite les articles du mot Ara.

1. ARÆ. Etienne le géographe & Elien font mention de trois ifles de ce nom fur la côte de l'Ionie. Athenée, 1.6, les décrit entre Syme & Gnide, Ortet. Thefaur.

2. ARÆ, où etoit une garnifon d'Éthiopiens. Ariftide cité par Ortelius, les met auprès de l'ifle de Phila.

1.ARA ALEXANDRI: Philoftrate, l. 2, c. 14, les nomme Colonnes au lieu d'Autels : ils étoient au bord de l'Hypafis, & le non plus ultra de fon voyage. Pline, l. 6, c. 17, Solin, c. 52, & Quinte-Curce. 1.9; c. 9, en font auffi mention. Ce dernier en fait une ample description.

2. ARE ALEXANDRI, fur le promontoire de Carmanie: ils étoient peu éloignés, felon Pline, l. 6, c. 25, du port auquel les Macédoniens avoient laiffé leur nom.

3. ARÆ ALEXANDRI. Cicéron, Ep. famil. l. 15. Ep. 4, les met au pied du mont Amman.

Pline, 1. 6, c. 16, parlant de plufieurs autels remarquables élevés par Hercule, Bacchus, Cyrus, Sémira

mis & Alexandre dans la Sogdiane, remarque qu'ils ne pafferent pas plus avant de ce côté-là. Ces autels d'Alexandre dans la Sogdiane ne font pas les mêmes que ceux dont parlent le même Pline cité ci-deffus, & Quinte-Curce.

4. ARÆ ALEXANDRI, dans la Sarmatie Européenne, vers le coude que fait le Tanaïs par les 57 d. de latitude, felon Ptolomée, l. 3, c. 5. Orofe cité par Ortelius, met aufli des autels d'Alexandre chez le peuple nommé Roxolani, qui font apparemment la même chose.

ARÆ APOLLINIŠ DIDYMÆI. Pline, l. 6, c. 16, dit qu'ils étoient au-delà du Jaxarte, qu'Alexandre & fes foldats prirent pour le Tanaïs.

ARÆ CÆSARIS, dans la Sarmatie Européenne, felon Prolomée, l. 3, c. 5.

ARE CONONIS, dans l'Ethiopie, fur le golfe Arabique, felon Strabon, l. 16, p. 771.

ARÆ CYRI, dans la Sogdiane, felon Pline, l. 6,

c. 16.

ARE FLAVIE, ou ALE FLAVIÆ: on dispute fi c'est préfentement BLAUBEUREN, NORDLINGEN, ou Au

RACH.

ARA GENUAE, felon la table de Peutinger. On croit, felon d'Audifret, Geog. Hift. t. 2, p. 193, que c'est préfentement ARGENTAN, ville de France en Normandie, au pays d'Auge.

1. ARÆ HERCULIS, dans la Sogdiane, felon Pline,l. 6, c. 16. C'étoit Hercule lui-même, qui, felon une ancienne tradition, les avoit élevés.

2. ARÆ HERCULIS, lieu particulier dans les Alpes. Pétrone dans fon poëme fur la guerre civile de Céfar & de Pompée, en marque ainfi la position.

Alpibus aeriis, ubi Grajo nomine, pulfœ
Descendunt rupes, & fe patiuntur adiri;
Eft locus Herculeis aris facer; hunc nive dura
Claudit hyems, canoque ad fidera vertice tollit.
Calum illinc cecidiffe putes. Non folis adufti
Manfuescit radiis, non verni temporis aura;
Sed glacie concreta rigens, hyemifque pruinis,
Totum ferre poteft humeris minitantibus orbem.
Hac ubi calcavit Cafar juga milite lato
Optavitque locum, fummo de vertice montis
Hesperia campos latè prospexit.

On croit que ce lieu étoit fur la montagne nommée préfentement le Grand S. Bernard.

ARA JOVIS STRATII: ces autels dédiés à Jupiter militaire étoient, felon Pline, 7.6, c. 44, dans le Pont, proche d'Héraclée, & à peu de distance du d'Amycus. Il y avoit au même endroit deux chênes plantés par Hercule.

port

ÀRÆ MUCIÆ, c'eft ainfi que le P. Hardouin lit dans Pline, l. 2, c. 96, fur l'autorité des manuscrits, au lieu de MUTIA que fournit Baudrand, ou de MURTIÆ que fourniffent quelques éditions, fuivies par Ortelius. Pline dit que ce qu'on y enfonçoit dans la terre n'en pouvoit être arraché. Il met ce lieu dans le tertitoire des Véiens. Le P. Hardouin juge que ces autels étoient confacrés ou à Mucius, ou par Mucius. On conjecture que c'eft AREMUZZE, village de l'état eccléfiaftique dans la province du Patrimoine, fur une colline, de Civita-Caftellana. Du moins le nom femble en être une preuve. Baudrand, édit. 1682.

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près

ARA PHILENORUM,lieu de l'Afrique, au bout de la Cyrénaïque, aux confins de la province Tripolitaine. Salufte, de bello Jugurt. raconte ainfi le motif pour lequel ils furent dreffés: dans le tems que les Carthaginois poffédoient une grande partie de l'Afrique, les Cyrénéens fembloient disputer avec eux de grandeur & de richeffes. Une plaine fablonneufe, unie & fans rivieres fervoit de limites aux deux empires. Ils s'en disputerent longt-tems la poffeffion, fe battirent avec un acharnement incroyable; enfin craignant que ces batailles continuelles ne ferviffent qu'à les affoiblir, & à rendre la victoire plus facile à un troifiéme, s'il venoit les attaquer, ils firent une trève durant laquelle on convint qu'à certain jour des députés choifis de côté & d'autre partiroient de leur maifon, & que le lieu où ils fe rencontreroient feroit la borne des deux états. Deux freres Carthaginois nommés Philenes furent choifis, & firent gran

,

de diligence, au-lieu que les Cyrénéens firent fort peu de chemin, foit par pareffe, foit par quelque accident. Ceux-ci fe voyant ainfi prévenus, craignirent d'être maltraités à leur retour, & accufant les Carthaginois d'être partis avant le tems ne voulurent point s'en tenir au traité. Les Carthaginois leur donnerent l'alternative, ou de fe laiffer enterrer tout vifs en cet endroit, ou de fouffrir qu'ils marquaffent les bornes de leur état au lieu où ils s'étoient rencontrés. Les Philenes accepterent le premier parti, & facrifierent leur vie à leur patrie. Ils furent donc enterrés tout vifs. Les Carthaginois leur y éleverent des autels, & leur rendirent de grands honneurs. Valere Maxime, . 5, c. 6, & Strabon, l. ult. in fine, en font aufli mention. Il n'y avoit pas feulement des autels, mais encore un village. Ptolomée dit : le village de Philænus au fingulier, vov náμn. Son autorité feule ne fauroit prévaloir contre celles de Salufte & de Valere Maxime. C'eft préfentement le PORT DE SABLE en François, ou il porto di Sabia, felon les Italiens.

ARE SABEÆ, felon Ptolomée, l. 6, c. 2, ville de la Médie, fur la côte de la mer Caspienne, à l'embou chure du Cyrus : c'est aujourd'hui CAITACHI, felon Molet.

ARÆ SEMIRAMIDIS, dans la Sogdiane, felon Pline, l. 6, c. 16.

ARE SESTIANE. Il y en avoit trois élevés à l'honneur d'Augufte, & placés dans la presqu'ifle du cap Finisterre en Espagne. Mela, 7. 3, c. 1,Pline, l. 4, c. 20, & Ptolomée, 1.2,c. 6, en font mention. On peut lire auffi ce qu'en dit Mariana, Hift. Hisp. l. 3, c. 25. Quelques exemplaires latins de Ptolomée portent Ara Solis au lieu d'Ara Sextii ou Seftii, & Molet croit que ce lieu eft CAPO DE MONGIA.

ARE SOLIS. Voyez l'article précédent.

ARA, ville ou canton d'Affyrie: c'est-là que les Israélites des dix tribus furent transportés par Téglathphalafar * Paralip. l. 1, c. 5, v. 26.

ARAB, ville de la Palestine, dans la tribu de Juda: c'est la même chofe qu'EREB. Voyez ce mot & DAROMA. * Jofué, c. 15, v. 52.

1. ARABA, ville de Palestine dans la tribu de Benjamin. Jofué, c. 18, v. 18.

2. ARABA. S. Jerôme, Onomaft. fait mention d'un village de ce nom aux confins de Diocéfarée, qui étoit autrefois nommé Saphoriné. Il y a bien fujet de croire que c'eft la même qu'Araboth du III. liv. des Rois,

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4. ARABA, ville de l'Ethiopie fous l'Egypte, au bord du Nil, felon Pline, 1.6, c. 30.

ARAB-ÆGYPTII, peuple Arabe aux confins de l'Egypte, au bord oriental de la Mer rouge. Ptolomée, 4, c. 5, en fait mention. On les furnomme mangeurs de poiffons, parce qu'étant fur la côte, ils en faifoient leur principale nourriture.

ARABANITÆ. Voyez RHAMANITÆ. ARABATHANE. Voyez ACRABATHENE. ARABEIA, felon Silius Italicus, l. 14, v. 272, ou ARABELA, felon la conjecture de Cluvier & de Cellarius. Etienne le géographe dit Apsian, c'eft une de ces villes de la Sicile, dont on ne fauroit marquer la pofition. Peut-être les anciens géographes l'ont ils connue fous un autre nom. Peut-être aufli qu'elle n'exiftoit pas de leur tems.

ARABENE. Théodoret dans la vie de Siméon, alléguée par Ortelius, fait mention de ce lieu. Plutarque in Lucull. fait mention des ARABENIENS. Peut-être fautil joindre ensemble ces deux autorités.

ARABES, peuples habitans, ou originaires de l'Arabie. Voyez BEDOUINS, SARAZINS.

ARABIE (1') eft une grande presqu'ifle fituée entre le 51 & le 77 d. de long. & entre le 12 & le 34 d. de lat. feptentrionale. Son nom vient de l'Hébreu 27 Occident, parce que ce pays eft à l'occident du Tigre & de l'Euphrate: c'eft la partie d'Afie qui a été la mieux con

nue des anciens. Elle eft bornée à l'occident par la Mer rouge & l'ifthme de Suez qui la fépare de l'Afrique; au midi par la mer des Indes; à l'orient par le golfe Perfique & Yrac Arabi; au nord par la Syrie & le Diarbek, dont elle eft féparée par l'Euphrate.

L'Arabie & la Perfe étoient autrefois jointes enfemble par une très-grande étendue de pays, où les anciens voyageurs, comme Marco Polo, placent plufieurs villes qui ne fubfiftent plus: mais ce terrein eft aujourd'hui couvert par les eaux du golfe Perfique ; & la Perfe & l'Arabie ne font plus féparées que par une très-petite étendue de pays. Il y a même apparence que le golfe Perfique eft l'effet de l'inondation de la mer des Indes. Hift. genéalogiq. des Tatars.

On divife l'Arabie en trois parties, & cette divifion eft fort ancienne.

I. L'ARABIE DESERTE.

2 L'ARABIE HEUREUSE.
3. L'ARABIE PETRÉE.

L'ARABIE DESERTE, ou PREMIERE ARABIE, felon quelques modernes, eft nommée aujourd'hui BERIARA, fi nous en croyons Adrichome, p. 76, ou Berii Arabistan, fi nous en croyons Molanus, & quelques autres fuivis par Baudrand. Selon l'ancienne géographie, elle confine à la Trachonitide à l'occident, au pays de Damas au nord: de-là vient que la Syrie de Damas eft quelquefois comptée comme une partie de l'Arabie. Plus foin, vers le nord, elle touche à la Syrie, à la Méfopotamie. Elle a la Babylonie & au midi les montagnes qui la féparent de l'Arabie heureufe. Selon la géographie moderne, elle eft borneé au couchant par la Sourie propre, la Terre Sainte & l'Arabie Pétrée : au feptentrion par la riviere de Frat, qui la fépare du Diarbeck; au levant par l'Iraque, province de Perfe, & enfin au midi par les montagnes.

C'étoit anciennement la demeure des Iduméens, des Moabites, des Madianites & des Amalécites; ce futaufli celle des Israélites durant quarante ans, après leur fortie d'Egypte, & le paffage de la Mer rouge. C'est le défert où Dieu les retint pour les punir de leurs murmures & de leur incrédulité, où il nourrit fon peuple avec la manne qu'il fit pleuvoir, qu'il donna fa loi fur le mont Sinai, & qu'enfin il opéra toutes les merveilles par fon ferviteur Moyfe, qui nous en a laiffé l'hiftoire écrite de la même main dont Dieu s'étoit fervi pour les opérer. Bosra, Boftra ou Boftrum, en a été long-tems la métropole. Les villes principales que l'on y trouve préfentement, font

Ana fur l'Euphrate, Anna fur l'Aftan,

Balfara, & Tangia.

Le furnom de déferte lui convient par la nature de fon terroir; car quoiqu'elle foit fort étendue, elle eft entrecoupée de montagnes & de fablons stériles, On y trouve beaucoup de moutons, de boucs & autres animaux qui aiment à brouter le tamarin & les bruieres. Les chameaux y profitent affez; mais il eft impoffible d'y nourrir des animaux qui vivent de glands, de racines ou de bled. L'Arabie déferte eft partagée entre le Turc & les Chérifs de la Mecque & de Médine. Les habitans font er rans: ils vivent fous des tentes, & n'ont d'autres richelles que ce qu'ils peuvent voler aux paffans qui fe tiennent toujours en garde contre leurs attaques. Outre les villes marquées ci-deffus,on trouve encore quelques villages dans l'Arabie déferte.

Selon Ptolomée, l. 5, c. 19, les peuples de l'Arabie déferte étoient

Cauchabeni, près de l'Euphrate,
Catanii ou Batanai, près de la Syrie,
Agubeni, près de l'Arabie heureuse,
Rhaabeni, auprès de ces derniers,

Orcheni, auprès du golphe perfique,

A fita,au-deffous des Cauchabeni, joignant la Baby

lonie ;

Mafani, au-deffous des Rhaabeni,

Agrai, au-deffus des Batanai,

Martini, auprès de la Babylonie.

L'ARABIE HEUREUSE, ou feconde Arabie, felon quelques modernes. Adrichome, 4. c. dit que les Orientaux la nomment Mamotte. Elle enferme l'Ammonitide entiere, où elle a l'ancienne & puiffante ville de Rabbath, ville des Ammonites. Elle eft bornée à l'orient par le golphe perfique, au midi par l'Océan, & au couchant par la Mer Rouge, & non pas par la Mer Morte,comme le dit D. Calmer. Au nord les montagnes la féparent de l'Arabie déferte & de l'Arabie Pétrée. Quelques-uns la divifent en un grand nombre de peuples. Ptolomée, 1.6, .7, y met ceux-ci.

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Le furnom d'heureufe lui a été donné à caufe de fa continuelle verdure & de fa grande fertilité. Selon Jofeph, Ant. l. 1, c. 12, & S. Jerôme, Pfal. 71, elle a été nommée SABEE & SABA, & par les Hébreux Seba du nom de Saba fils de Chus, petit-fils de Cham, & fes habitans SABÉENS. Ce fut aufli le même Saba, felon les apparences, qui fonda la ville de ce nom fi renommée par fes richeffes en or & en argent. Quoi qu'il en foit, il eft certain que ce pays furpalle tous les autres par fa fertilité; l'on y feme, felon Strabon, deux fois l'an : elle eft peuplée d'une quantité prodigieufe de villes & de villages. * Adrichom. Theat.Ter. fanct. Manaffe II. Pline, 1. x11. c. 17.

L'Arabie heureuse eft encore fi fertile en or & en argent, que les plus vils meubles des habitans étoient faits de ces métaux. Les pierres précieufes, comme la fardoine, le diamant, & une infinité d'autres de diverfes couleurs s'y trouvent en abondance, felon Pline, l. 37, c. 6, & la mer des environs fournit auffi ces chofes précieufes: il s'y trouve des coquillages qui produifent des perles d'une beauté furprenante. On y trouve des lions, des léopards, des tigres, des chevaux, des chameaux, des élephans, des bœufs & des brebis de toute espece, excepté des poules & des oyes.

pays

Les habitans du divifent l'Arabie heureuse en fix grands pays; pays; favoir, Yemen, Higias, Tehaman, Negid, Jemaman, & Bahrein; & fous le premier, qui est le plus étendu, font les provinces de Hadra, Oman, Saba & Xohra, felon Gollius. * Baudrand, éd. 1705. Les royaumes & provinces de l'Arabie heureufe font aujourd'hui

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Le royaume d'Yemen,

Le royaume de Mascalat,

Le royaume d'Ormus,

Le royaume de Xael ou Hadramur,

Le royaume de Zibith,
Tehamam.

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ARABIE PETRÉE, felon Baudrand, Did. géog. & hift. Arabia Petrea : c'eft la partie de l'Arabie, qui eft la plus étendue vers l'occident. Elle eft aujourd'hui nommée Barraab & auili Arabistan par ceux du pays, & Dasc-Lik Arabistan par les Turcs. Ses bornes font, au feptentrion, la Terre Sainte, & partie de la Sourie ; à l'orient l'Arabie déferte, & partie auffi de l'Arabie heureufe, qui la termine du côté du midi & à l'orient: elle eft étendue le long de la Mer rouge, & un peu vers l'Egypte. L'Arabie Pérrée eft foumife à plufieurs fouverains. Le Turc pofféde la partie feptentrionale, qui eft la plus remplie de montagnes, la plus ftérile, & la moins habitée. La partie méridionale appartient à plufieurs petits princes. Baudrand fe trompe en difant que Médine & la Mecque appartiennent au Turc. Ses principales villes font Trac ou Crac, Tor. Baudrand obferve que ce pays s'étend beaucoup plus vers le midi, & eft plus grand que ne le marquent toutes les cartes récentes, comme on peut le voir dans Gollius & dans d'autres auteurs, tant Arabes que voyageurs.

Le furnom de Pétrée lui a été donné du nom de fa capitale Petra, ville fituée fur la côte de la Mer morte. Ceux qui fubftituent le furnom de pierreufe à celui de pétrée, font une faute ridicule. Plufieurs auteurs (a) l'ont aufli appellée SYRIE, SOBAL & ZOBAL: d'autres, comme Jofeph & S. Jerôme, l'ont nommée NABATHÉE & NABATHEENE, & fes habitans NABATHÉENS, NABUTHÉENS, NABATHÉNIENS. On trouve même quelquefois Tubianéens dans l'écriture fainte, & fouvent dans Jofeph. Tous ces noms, felon la plupart de ces auteurs, font dérivés de celui de Nabaioth, premier né des enfans d'Ismaël, & même S. Jerôme (b) dit que de fon tems ces noms étoient fréquemment ufités dans les familles, & que la plupart de leurs villes, de leurs villages & de leurs fortereffes les avoient confervés. Quelques géographes anciens (c) l'ont bien appellée NABATHEE & même NABATHEOS; mais au lieu de dériver ces noms de celui de Nabaïoth, fils d'Ismaël, ils femblent les dériver de Nabatha, ancien nom, qui, difent-ils, avoit d'abord été donné à la capitale du pays, avant qu'elle fe nommât Petra. * (a) Adrichom. Theatr. Ter. San&t. Manaff. II. Tyr. bel. Sac. lib. 10, c. 8, 4.11, c. 26, 1. 15, c. 6, l. 20, c. 29, &c. Vitriac. c. 96 Brocard. in præf. Descr. Loc. ter. S. Breid. Ibid. Niger. Geog. As. com. 4. p. 5, 16. Genef. 25. Ifai. 60, 1. Mach. 5. Jofeph, ant. 21 & 12. (b) Hieron. Quæft. Hebr. in Genef. 25, & in Ifai. 6o. (c) Strabon, lib. 16. Plin. l. 5, c. 11, 1. 6, c. 28.

On dit que le pays produit une espece d'albâtre extrêmement blanc. Le terrein eft ftérile en plufieurs endroits, aride, fablonneux, pierreux & impraticable en quelques autres. On y trouve cependant du bétail, dont la chair & le lait font la principale nourriture des habitans. Outre ces trois parties de l'Arabie, on trouve encore, même du tems des anciens géographes, les Arabes établis au couchant de la Mer rouge. Ptolomée, l. 4, c. 5, nomme Arab-Egyptiens les peuples qui cu occupoient la rive occidentale, & Pline, i. 6, c. 29, fur le témoignage de Juba, rapporte que les peuples qui habitoient les bords du Nil, depuis Syene jusqu'à Méroé, étoient Arabes. Le NOME ARABIQUE faifoit partie de l'Egypte, & avoit pour capitale Phacufa, ville fituée au bord du Nil, au-deffous de Bubafte, à l'orient du Delta. L'Arabie a été autrefois très-floriffante par le commer

ce, & fournissoit une partie confidérable de celui d'Egypte. Ce pays étoit peu connu du tems d'Homere, & les habitans ne connoiffoient pas eux-mêmes fes richesfes, dit Huet dans fon hiftoire du Commerce, c. 50, p. 324; mais la fuite du tems leur apprit leur puiffance & leur bonheur, qui étoit tel, qu'Alexandre choisit leur pays pour y établir le fiége de fon empire, après fon retour des Indes. Auffi, continue ce docte évêque, voyonsnous tous les fiecles fuivans conspirer à vanter fes richelles. Une partie de l'Arabie en a pris le nom d'heureufe, & les Sabéens, un de ses peuples, étoient eftimés furpaffer en opulence toutes les nations du monde. Les revenus de leurs terres, dont ils vivoient abondamment, leur fourniffoient encore de quoi acquérir, fans bourfe délier, les pierreries, l'or & l'argent des autres nations, & ce qu'elles avoient de plus précieux. Le trafic ample & continuel qu'ils faifoient de leurs denrées, fut la fource de leur abondance; de forte que fans être obligés de faire les frais des grands embarquemens & des longues navigations, ils voyoient leurs ports remplis de vaiffeaux étrangers : & la ville d'Aden, felon le rapport du géographe de Nubie, (Clim. 1, part. 6, p. 25.) voyoit fouvent aborder dans fon port les vaiffeaux des Indes & de la Chine. Ils exerçoient auffi leur commerce par terre avec les Syriens & les autres peuples du voifinage. Nous connoiffons par le voyage d'lambule rapporté par Dio-. dore, l. 7, l'antiquité du trafic que les Arabes faifoient par terre de leurs aromates. Les Gerrhéens & les Minéens, peuples d'Arabie, voituroient leurs aromates vers la frontiere de la Paleftine. Mela, l. 1, c. 10, dit que la ville d'Azotus étoit le port des Arabes, pour le trafic de la Méditerranée. Pendant un long-tems ce négoce ne fe faifoit que par échange. Ils établirent chez eux une foire, où les peuples circonvoifins portoient leurs marchandifes. Ces marchandifes confiftoient principalement en aromates, en pierreries, en or: enfin tous les anciens écrivains, tant facrés que profanes, vantent le commerce & les marchandifes des Arabes mais le profit immenfe qu'ils faifoient n'étoit point capable de contenter leur avidité : ils s'adonnoient encore au brigandage. Une partie d'entr'eux s'appliquoit au trafic, & une autre partie égale à la premiere battoit la la campagne, voloit les caravanes, & détrouffoit les voyageurs & les marchands: ils prirent fi bien l'habitude de cet infâme métier, qu'ils ont continué de le pratiquer jusqu'au tems préfent.Et lorsque les Ptolomées, rois d'Egypte, eurent facilité la navigation & le commerce fur la mer rouge, les Arabes qui en occupoient les deux bords, y exerçoient auffi leurs pilleries; & il fallut employer des escadres de galeres pour les répri

mer.

Ce peuple étoit autrefois belliqueux. Les Mythologues, qui, fous l'écorce de leurs fables, cachent beaucoup de vérités, difent que lorsque Cadmus paffa en Grece, il avoit des Arabes dans fes troupes, qui s'établirent dans l'ifle d'Eubée. Les rois pafteurs qui envahirent l'Egypte avec de puiffantes armées, & la fubjuguerent vers le tems que Jofeph y appella Jacob fon pere & fa famille, & y régnerent plus de cinq cens ans, étoient venus d'Arabie. Quelques hiftoriens veulent qu'ils ayent régné dans la Babylonie avant Ninus. Le fecours qu'ils donnerent à Ninus pour fubjuguer les Babyloniens, femble avoir donné lieu à cette opinion. Les Lacédémoniens, ni les Perfes avant eux, ne purent dompter les Arabes. Ils envoyerent au roi de Perfe mille talens d'encens, mais ce fut par forme de préfent, & pour entretenir avec lui un bon voifinage. Le traité d'hospitalité qu'ils entretenoient avec Cyrus & Cambyfe, fut tout ce que ces princes purent tirer des avantages qu'ils avoient remportés fur eux. Les troupes d'Antigonus, l'un des fucceffeurs d'Alexandre & de Démétrius, fon fils, éprouverent la valeur des Arabes. Augufte, après avoir foumis l'Egypte, voulut fe rendre maître des peuples, dont le voifinage enrichiffoit cette contrée. Il donna ordre à Ælius Gallus, à qui il avoit confié le gouvernement d'Egypte, de paffer en Arabie avec une partie des troupes qu'il commandoit, & de les foumer. Gallus les ayant attaqués par mer & par terre. connut bientôt la foibleffe & la lacheté de ce perple: il entra plus avant dans leur pays, qu'aucune armée étrangere n'avoit fait, & fit connoître plufears fingularités de ce pays, qui jus

Tome I. Xx

qu'alors avoient été ignorées. Il auroit pouffé les chofes bien plus loin, s'il n'avoit été trompé par les artifices de Syllæus, intendant des Nabathéens, qui s'étant chargé de le conduire & de lui fournir les provifions nécesfaires pour fon armée, lui fit prendre des chemins difficiles & périlleux, dans un pays mal-fain & fort contraire au tempérament des Romains. Il lui fit quitter la terre, l'engagea à s'embarquer, & le fit aborder en un lieu fort éloigné de celui où il fe propofoit d'aller. Gallus y perdit beaucoup d'hommes & de vaiffeaux; mais nonobftant toutes ces pertes, aucun des capitaines romains ne pénétra depuis dans l'Arabie fi avant que lui. Quoi qu'il en foit, les Romains établirent affez bien leur domination en Arabie pour pouvoir lever un tribut fur les marchandifes qui arrivoient à Bourg-blanc, où ils mirent un receveur à cet effet. Les Arabes firent de tems-en-tems des tentatives inutiles pour recouvrer leur liberté, furtout fous l'empire de Trajan, qui fut bien les contenir dans l'obéiffance. Ce fut après la conquête de l'Arabie par Ælius Gallus, felon la conjecture de Huet, que la

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Barhem, El-catif Baffora ou Balfara

On pourroit ajouter la Mecque & Médine, ces villes eftimées fi faintes par les mahométans, & célébres par leurs richelles immenfes : mais l'entrée de ces deux villes étant interdite, (felon Savary, dict. du commerce.) fous peine de la vie, à tous ceux qui font profeffion du chriftianisme, & les Européens n'y faifant aucun commerce, le négoce que les nations mahométanes des Indes & d'Afrique y entretiennent, fe fait par Zinden, qui eft proprement le port de la Mecque, quoiqu'elle en foit pour le moins éloignée de 25 lieues; & par Moca, qui en eft comme l'entrepôt.

Moca eft préfentement la ville du plus grand commerce de l'Arabie Heureufe, où il a été transféré d'Aden, vers la moitié du feiziéme fiécle. Ce changement arriva tant à caufe de la commodité de la fituation de Moca, que parce que le vailleau royal, comme on l'appelle, qui descend tous les ans de Suez, chargé de précieufes marchandifes pour le négoce d'Arabie, couroit trop de risques à Bab-el-mandel, par où il falloit qu'on palfât pour aller à Aden, qui étoit autrefois le port de fa destination. On voit à Moca des navires de toutes les nations. Les Anglois & Hollandois y envoyent ordinairement leurs navires des lieux des Indes où ils font établis; ce que faifoient auffi les François quand leur commerce y étoit encore floriffant. Les autres bâtimens que l'on voit arriver chaque mouffon à Moca, & qui fouvent s'y trouvent au nombre de plus de cinquante, viennent ordinairement de Diu, de Touvel, de Dabul, de Goga, de Calicut, d'Achen, de Mafulipatan, de Nevega, de Promiens, de Cads, de Mofambique, de Mélinde & d'Ethiopie, tous chargés de précieufes marchandifes.

Outre ce commerce maritime, il s'y en fait un trèsriche par terre, par le moyen des caravanes d'Alep & de Suez, qui y arrivent dans le mois de mars. Environ mille chameaux fervent à voiturer leurs marchandifes, les vivres & les autres chofes néceffaires. Ces caravanes font eftimées peu riches fi elles apportent en argent comptant moins de 200000 réales de huit, & 100000 ducats d'or Hongrois, Vénitiens ou Maures, ce qui ne s'entend feulement que de ce dont les marchands font leur déclaration à la douane; il y en a presque autant qui entre en fraude, & dont on tâche de fauver les droits qui font affez confidérables.

Les marchandifes qui viennent par ces cavaranes font des velours, des fatins, des armoifins, des étoffes d'or du levant, des camelots, des draps, du fafran, du mercure, du vermillon & des merceries du Nuremberg.

Laiffeau royal de Suez apporte auffi à-peu-près les mêmes for de marchandifes, que celles qui viennent par les caravanes, & outre cela quantité de cuirs de Moscovie, d'étain & a Fonwa, dont on fait des teintures en écarlate. A l'égard de £ cargaifon en espéces, elle eft toujours plus forte en argent que ce qui vient par

ville nommée l'ARABIE HEUREUSE, & depuis ADEN, noms de fignification affez approchante, devint un des ports les plus célébres de toutes les mers de l'Orient. Avant que le commerce entre les Egyptiens & les Indiens fût établi, ces deux nations apportoient leurs marchandifes en ce port, & en trafiquoient. Caïus Céfar, petit-fils d'Augufte, qui fit paroître une fi grande paffion pour les affaires d'Arabie, ruina cette ville dans la fuite, comme Gallus en avoit ruiné beaucoup d'autres, ne la trouvant pas foumife aux ordres des Romains, & voulant ôter aux Arabes les occafions de revolte. Mais Aden fut fi bien rétablie depuis & fi fréquentée par les flottes romaines, qu'on lui donna le nom de PORT ROMAIN. La ville d'Oman, qui a donné le nom au pays des Omanites, fituée dans l'Arabie heureuse, quoiqu'affez éloignée de la mer, attiroit beaucoup de marchands.

L'Arabie heureuse a été, pour ainfi dire, le berceau du mahométisme. Les villes d'Arabie, qui font de quelque réputation en Europe pour le négoce, font à préfent:

}fur l'Océan ou Mer d'Arabie.

}da

dans le golfe de Boffora ou golfe d'El-catif, felon les Arabes: dans le golfe de ce nom, & dans l'Arabie déferte. terre, mais moins riche en or, apportant année commune jusqu'à 400000 réales de huit, mais feulement 50000 ducats.

Les marchandifes que les caravanes, le vaisseau royal & les autres bâtimens étrangers chargent à Moca pour leur retour, proviennent partie des productions de l'Arabie ou des manufactures des Arabes, & partie de ce qui a été apporté par les navires des Indes, d'Afrique & d'Europe.

Les manufactures arabes fourniffent quelques toiles de coton, la plupart affez groflieres. En récompenfe on tire du crû de l'Arabie des parfums de plufieurs fortes; entr'autres de l'encens, de la myrrhe & de l'ambre gris, des pierreries, particulièrement des perles de Baheram & des cornalines: de l'aloës, du baume, de la canelle, de la caffe, du fang de dragon, de la gomme, qui, du pays qu'on la tire, fe nomme arabique : du corail, quantité de plantes ou médecinales ou odoriférantes, & ce qui fait préfentement un des plus confidérables objets du commerce des Européens en Orient & au Levant, du caffé, dont chaque année on enleve pour l'Europe feule, presqu'autant qu'il s'en confomme dans les Indes& l'empire du Turc, d'où cette boisson a paffé dans l'Occident.

Le caffé qui croît aux environs de la Mecque eft eftimé un des meilleurs que produit l'Arabie; & c'eft delà que par le port de Zizen, on envoie à Moca la plus grande partie de celui qu'on charge dans cette derniere ville.

Le commerce de Moca & des autres villes de l'Arabie, où il s'en fait quelqu'un, paffe par les mains des Juifs & des Banianes, dont la plupart font banquiers, marchands, ou du moins courtiers. On auroit peine à décider laquelle de ces deux nations eft la plus habile dans le négoce.

Comme Abulfeda, écrivain arabe, a fait un périple de l'Arabie, je l'ajouterai ici, & me fervirai de la traduction de de la Roque, telle qu'elle fe trouve à la fin de fon voyage de la Palestine, p. 276.

La Mer Rouge, nommée par les Arabes Mer de Coulzon, ferme la presqu'ifle de l'Arabie du côté de l'occident, depuis les confins du dent, depuis les confins du pays d'Yemen, à l'endroit où ce pays eft frontiere de celui d'Hégiaz jusqu'à Ailah. Ailah eft fitué dans la presqu'ile d'Arabie, au milieu de fa région occidentale. L'autre partie de l'Arabie qui regarde l'occident, s'étend depuis Ailah jusqu'aux frontieres de Syrie. Du côté du feptentrion, l'Arabie eft environnée de cette partie de la Syrie, qui s'étend jusqu'à Balis, & l'Euphrate à Rahabah & à Anah. Anah eft au milieu de la région feptentrionale. Le reste de l'Arabie qui regarde le nord s'étend depuis Anah le long de l'Euphrate jusqu'à Kufah. Du côté de l'orient elle eft bornée par les frontieres de Kufah, & par l'Euphrate jusqu'à Basrah ou Baffora, qui eft au milieu de la partie orien

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