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C'eft la même que Paul Lucas décrit fous le nom Affangala.

ÄSSANCHIUF, ville d'Afie, au Diaberck, fur le Tigre, vers les frontières d'Arménie, à l'Orient de Nifibe. Elle eft en mauvais état fous la domination des Turcs. On la prend pour la TASCAPHE de Ptolomée. Voyez ASANCHIF.

ASSANGALA. Voyez ASSANGALE'. ASSANITÆ, peuple d'entre les Sarrazins, felon Ammien Marcellin,l. 24, p. 286.

ASSAPANA, felon Corneille, ifle de l'Amérique, dans la riviére de l'Orenoque. Il cite de Laet, qui s'appuye fur la relation du chevalier Walther Raleigh. Mais dans la relation de ce dernier, p. 211 & 212. On lit: toute la journée nous navigeâmes fur une petite riviere, qui a à fa gauche l'ifle d'Affapara, & à droite le grand fleuve. Cette ifle a vingt-cinq milles (Anglois) de longueur, & fix de largeur. Au-delà de cette eau, qui traverfe la grande riviere, il y a l'ifle de l'Iwana... a l'ifle de l'Iwana... audeffus d'Affapara, & un peu à l'oueft; à droite on voit une riviere nommée Aropa; celle-ci vient du nord fe jeter dans l'Orenoque.

ASSAQUE. Tavernier, dans fes voyages de Perfe t-1, 1. 3, c. 6, décrivant une route de Conftantinople Ispahan, par le Pont-Euxin, ou la Mer noire, compte 70 milles de Kaffa à Affaque. Affaque eft, dit-il, la derniere ville du côté de l'Europe, & elle appartient aufli au grand Seigneur. Il paffa auprès une grande riviere du même nom de la ville, & de l'autre côté font les terres du grand Duc de Moscovie. C'eft par cette riviere, ajoute-t-il, que descendent les Cofaques, qui font tant de mal au Turc. Afaque eft une orthographe corrompue d'AzACH, que quelques uns difent au lieu d'Azoph; car c'est la même ville. La grande riviere qui y palle est le Don, le Tanais des anciens, au midi de l'embouchure duquel cette ville eft fituée & forme un affez grand golfe nommé la mer d'Azoph, au fond des Palus Méotides. Voyez Azorн.

1. ASSARA, riviere d'Afrique, dans la Mauritanie Cefarienfe, felon Ptolomée, 1.4, c. 2. Quelques exemplaires portent ASARATH, & Caftaldt rend ce nom par celui de SESFIS, felon Ortélius.

2. ASSARA, lieu d'Afie, dans le département de la Méfopotamie, felon les Notices de l'Empire, fect. 26. ASSARACE, peuple ancien de la Lybie intérieure, felon Prolomée, 1. 4, c. 6. Ils étoient à l'orient du mont ARANGA.

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ASSARAMEL: On lit dans le premier livre des Machabées, c. 14, v. 27, le huitième jour du mois Elui l'an 172, la troifiéme année du Grand Prêtre Simon, en Afaramel ou Affaramel, ou Saramel. Quelques interprétes de l'Ecriture rendent ces noms par celui de Jerufalem.

ASSAREMOTH, au même livre des Machabées, c. 4, v. 15, le Grec porte; & ils les poursuivirent jusqu'à Affaremoth. La Vulgate rend ce nom par celui de GEZERON. Voyez GADARA 2.

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ASSARON. Voyez SARON. ASSASSINS ou ASSASSINIENS, ancienne nation de la Phénicie. Jean Bromton, Cronic. Anglia, p. 1243, appelle ASSASSINI. Mathieu Paris, p. 927, ASSESSINI, & Guillaume de Tyr ASSISSINI. On croit que ce font eux auxquels Ammien Marcellin 1. 14. donne le nom d'AsSANITA; Marin Sanut d'ARSASIDA; Vincent de Beauvais, Specul. Hift. l. 32, c. 66, c. 66, d'HARSASINI, Nicetus les défigne par í xário; Roger de Hoved, Annal. pari. p. 716, les nomme ASSASI & ACCINI; Guillaume de Neubrige HEUSESII; enfin Arnold, l. 5, c. 4, les défigne fous le nom d'HEISSESSIM.

Ces peuples habitoient les montagnes du Liban au nord-eft de la ville de Tyr. Ils prétendoient être iffus du grand Arface, fondateur de l'empire des Parthes, d'où ils prenoient le nom d'Arfaciens, que l'on changea par corruption en celui d'Affaffins. Ils ne connoiffoient point les loix de la pudeur, & s'uniffoient à la premiere femme qu'ils rencontroient, foit leur mere, leur fille ou leur foeur. Ils avoient un chef que les hiftoriens des croifades nomment Senex, ou Vetulus, ou Antiquus de montanis; le Vieux de la montagne, traduit du mot Cheik ou Scheik, qui veut auffi bien dire feigneur comme homme âgé. Dans les tems reculés les dignités étant occupées par des

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gens âgés, le mot de vieux marquoit auffi bien un homine conftitué en dignité qu'un homme avancé en âge; enfin, dans toutes les langues le mot qui exprime feigneur, dérive de celui qui exprime vieillard. Tous les hiftoriens fe réuniffent à dire que ce petit fouverain réuffiffoit toujours à faire affaffiner fes ennemis, & qu'il étoit redouté de tous les princes Chrétiens & Mahometans. Lorsqu'il avoit réfolu de faire périr quelqu'un, propofoit au premier venu de fes fujets d'aller le tuer, lui affurant que c'étoit un moyen infaillible de gagner le Paradis; & pour lui donner une idée des plaifirs que l'on y goûte, il le faifoit transporter pendant fon fommeil dans des jardins d'une magnificence extraordinaire, qui étoient pratiqués fur une montagne fort élevée où il avoit foin de lui fournir tout ce qui peut fatisfaire les fens. On l'en faifoit fortir de la même maniere qu'on l'y avoit fait entrer, & on lui faifoit espérer la feffion de ce féjour délicieux, dès-qu'il auroit exécuté l'affaffinat qu'on lui propofoit. Il n'y avoit point de péril auquel ce malheureux ne s'expofât pour obtenir ce qu'on lui promettoit. Voici ce qu'en dit le Sire de Joinville, Vie de Saint Louis, c. 56, feuille 105; il étoit témoin oculaire. » Encore le roi féjournant en Acre, lui vint ,, une autre ambaffade du prince des Beduens, qui s'ap

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pelloit le Vieil de la montagne, & un jour, après , que le roi eut oui meffe, il fit venir devant lui ces ambaffadeurs, & les fit affeoir pour dire leur meffage, alors commença à parler un admiral, qui étoit le chef de l'ambaffade, & demanda au roi s'il ne connoiffoit point leur feigneur le prince de la montagne? Le roi lui répondit que non : car il ne l'avoit jamais ,, vu, mais bien avoit ouï parler de lui, & l'admiral, dit au roi Sire, je m'ésmerveille donc moult que vous ne lui avez envoyé tant du voftre que vous eusfiez fait de lui voftre ami; ainfi que font l'empe,, reur d'Almagne, le roi de Hongrie, le Souldan de Babyloine & plufieurs autres rois & princes, qui lui ,, envoient tous les ans des beaux préfens, pour ce qu'ils connoiffent bien que fans lui, ils ne pourroient du,, rer ne vivre fi non tant qu'il lui plairoit, & pour ce nous envoie il par devers vous, pour vous dire & », avertir que le veuillez ainfi faire, comme les autres, ,, ou tout au moins que le faciez tenir quitte de ce qu'il ,, paye chacun an au grand maître du Temple & audit Hospital, & en ce faifant il fe tiendra content de vous. Bien, dit Monseigneur, que s'il faifoit tuer le maiftre du Temple ou de l'Hospital (ce qu'il pourroit aifément faire) il n'y gagneroit rien; car il y en auroit incontinent un autre en fa place; & pour ce ne veut-il pas mettre fes gens en péril, en un lieu dont il ne pourroit tirer aucun profit. Le roi ayant entenda parler ceft admiral, lui respondit, qu'il fe confeilleroit fur ce qu'il lui avoit dit, & qu'il revint du foir par devers lui, pour en avoir response.

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,, Et quand fe vint au vespre, qu'ils furent revenus devant le roy, ils trouverent avecq' lui le maiftre du Temple d'une part & le maiftre de l'Hospital d'autre; ,,& lors leur dit le roi que derechef ils lui diffent ce qu'ils avoient dit au matin. Et ils lui respondirent qu'ils n'étoient pas confeillés de le dire encore une autre fois devant ceux qui étoient préfents au matin. Et adonc les maiftres du Temple & de l'Hospital leur commanderent qu'ils le diffent encore une autrefois & ainfi le fift l'admiral, qui l'avoit dit le matin de,, vant le roi, & le dit ainfi qu'il eft contenu deffus. Et après que l'admiral eut mis fin à fon parler, les maistres leur dirent en Sarrafinois qu'ils vinffent au matin parler à eus, & qu'ils leur diroient la response du roy. Et au matin quand ils furent devant eus, ils leur dirent que trop follement leur feigneur avoit mandé telles paroles au roi de France, & que fi n'étoit pour l'honneur, & qu'ils étoient venus devers lui comme meffagers, qu'ils les feroient tous jetter & noyer dans la mer d'Acre en defpit de leur feigneur. Et vous commandons (firent les deux maiftres) que vous vous en retournez devers votre feigneur, & que dedans quinze jours vous apportez au roi lettres de vostre prince par lesquelles il contente & appaife le roi, tant qu'il foit fatisfait de lui & de vous.

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,, roi, & lui dirent: Sire, nous fommes revenus à vous de par notre Seigneur, lequel vous mande que tout ainfi que la chemife eft abillement le plus près du corps, auffi vous envoie-il fa chemife que voici, dont il vous fait » préfent, en fignifiant que vous eftes celui roi feul lequel il ayme plus & defire à vous voir, & pour plus grande affurance de ce, voicy fon anneau qu'il vous envoye » qui eft de fin or pur, & auquel est fon nom escrit ; & de cet anneau vous espoufe notre Seigneur, & entend » que déformais vous & luy foyez tout un, comme les doigts de la main. Et entre autres chofes envoya icelui ›› prince de la Montagne, un olifant de cristal au roi & plufieurs & diverfes figures d'hommes faites auffi de criftal, tables & échets de cristal, le tout fait à belles fleurettes d'ambre liées fur le criftal, à belles vignet ,,tes de fin or. Et fachez que fi-tôt que les meilagers ,, eurent ouvert l'étui où étoient ces chofes, toute la chambre fut incontinent einbasmée de la grand' & fouefve odeur qu'elles rendoient. Le roi qui vouloit guerdonner le préfent que lui avoit fait & envoyé le ,, vieil prince de la Montagne, lui envoya par fes mesfagers & par frere Yves le Breton, qui entendoit Sar,, razinois, grand' quantité des veftemens d'escarlate , couppes d'or, & autres vaiffeaus d'argent, & quand frere Yves fut devers le prince des Beduyns il parla à lui, & s'enquist de fa loy; mais, ainsi qu'il rapporta au roi, il trouva qu'il ne croyoit pas en Mahomet, & qu'il croyoit en la loi d'Hely.... L'un des points & commandemens de la loy d'Hely eft tel, que quand un homme fe fait tuer, pour faire & accomplir le commandement de fon feigneur, l'ame d'icelui qui , ainfi eft mort, va en un autre corps, qui eft plus aife, plus beau, & plus fort que le premier, au moyen de quoi ,, ne tiennent conte les Beduyns de fe faire tuer pour l'amour de leur feigneur, croyant que leur ame retourne en un autre corps où elle eft plus à fon aife , que devant....Et devez favoir que frere Yves le Breton raconta au roi que lui étant devers le prince de la Montagne, trouva au chevet de fon lit un livret auquel il y avoit en efcrit plufieurs belles paroles, noftre Seigneur avoit d'autresfois dites à monfieur que faint Pierre avant fa Paffion; & quand frere Yves les ent lues, il dit au prince des Beduyns: Ha, Sire, que vous feriez moult bien, fi vous lifiez fouvent ce petit livre; car il y a de très-bonnes paroles efcrites. Et le vieil de la Montagne lui dit que fi faifoit, & qu'il avoit moult grand' fiance en monfieur faint Pierre. Et difoit qu'au commencement du monde l'ame d'Abel, quand fon frere Cain l'eut tué, entra depuis au corps de Noé, & que l'ame de Noé, après qu'il fut mort, revint au corps d'Abraham, & depuis l'ame d'Abraham étoit venue au corps de monfieur faint Pierre ; laquelle eft encore avec le corps en terre. Et quand frere Yves l'eut ouï ainfi parler, il lui remontra que fa créance ne valoit rien, & lui commença à prescher la Loi évangélique; mais onques n'y voulut entendre.

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On voit que le vieil de la Montagne, prince des Beduins, felon Joinville, eft le même que le vieil de la Montagne des Affaffins. Ce cri de celui qui marche devant lui, ces couteaux attachés au manche de fa hache d'armes, le dévouement de fes fujets qui croyent devenir heureux s'ils meurent en exécutant fes ordres; l'aveu que font fes ambaffadeurs de la facilité qu'il auroit à fe défaire du grand maître des Templiers, & du grand maître des hospitaliers de S. Jean de Jérufalem; tout cela s'accorde bien avec les paffages que j'ai rapportés auparavant.

Guillaume de Tyr, l. 20, c. 31 & 32, & Sanur, l. 3, part. 3, c. 23, rapportent que ces Affaffins envoverent une députation à Amauri, pour lui déclarer qu'ils embrafferoient la religion chrétienne, fi on vouloit les décharger du tribut de deux mille piéces d'or qu'ils payoient

tous les ans aux chevaliers du Temple. Les Templiers ayant attaqué dans une embuscade cer envoyé, qui s'en retournoit, le tuerent, & par cette cruelle trahifon empêcherent la converfion de ce peuple. On peut voir dans l'Hiftoire de France par le P. Daniel, à l'année 1236, t. 3, p. 27, comment le vieux de la Montagne, prince des Aslaflins, envoya en France deux de fes gens pour affaffiner S. Louis avant fon voyage de la Paleftine, & comment le contre-ordre qu'il leur envoya encore affez à tems le fauva.

Kalaku-Can, petit-fils de Gengis-Can, ayant paffé le Tigre & l'Euphrate avec une puiffante armée, pouffa fes conquêtes jusqu'aux extrêmités de la Syrie & de la Natolie. Il attaqua les Affaffins, détruifit tous leurs forts, fit mourir le dernier de leurs fouverains, nommé Moadin, extermina une partie de cette nation & disperfa l'autre. Hifi. Généalogique des Tatars.

Il n'eft donc pas vrai, comme les premieres éditions de la Martiniere le difent, que ce peuple fubfifte encore fous le nom de Bedouins,

ASSECOMA. Antonin, Itiner, nomme ainfi un lieu d'Espagne fur la route de Brague à Aftorga, entre Pria & Brevis, à 22 mille pas de la premiere & à 12 mille pas de la feconde. Au lieu de ce nom, l'exemplaire du Vatican porte, Affegonia; l'édition de Bertius préfere Aje

ronia.

ASSED-ABAD, petite ville de Perfe, vers Amadan. Tavernier, Voyage de Perfe, 1. 3, c. dern, lui donne 63 d. 40' de longitude, & 34 d. so' de latitude.

ASSEDIM, ville de la tribu de Nephtali, dans la Paleftine. La vulgate en fait mention au livre de Jofué, c. 19, v. 35; mais, comme l'obferve D. Calmet, Dict. l'hébreu de l'endroit cité dans Jofué, ne lit pas Halledim; mais les villes fortes des Tyriens font Tyr & Emath. ASSEDONES. Voyez EssEDONES. ASSEDOTH. Voyez Azcтн.

ASSEMON, (2) ASSEMONA, la même qu'ASEMON, ASEMONA, ou ASMON, OUHESMONA, OU JESIMON, ville du défert de Maon (b) au midi de la tribu de Juda. () C'eft auffi un campement des Israelites dans le défert. (d) Afemona étoit la ville la plus voifine de l'Egypte du côté du midi. * (a) D. Calmet, Dict. (b) Reg. l. 1, c. 23 & 24. (c) Jofué, c. 5, v. 24. (d) Numer. c. 33, v. 29. Numer. c. 34, V. 4 & 5.

C.

ASSEN, autrefois abbaye dans les Provinces-Unies, dans le dans le pays de Drente: ceux du pays l'éleverent à la place où ils avoient fait mourir Otton II de la Lippe, évêque d'Utrecht, en mémoire de leur repentir. Cette abbaye, qui étoit bien fondée & riche, étoit poffédée par des religieufes de Citeaux. C'eft maintenant le lieu où s'affemblent les états du pays. MM. de la Forêt de Bourgon, Géogr. Hift. t. 1, p. 572, & Corneille, Dict. en font une petite ville. Ce n'eft rien de pareil. * Halma Tonneel der Vereenigde Nederlanden.

ASSENDEFT, gros village de la partie feptentrionale de Hollande, à une lieue de l'Ye.

ASSENEDE, gros bourg des Pays-Bas Autrichiens. C'est le chef-lieu d'un des quatre bailliages nommés les quatre Offices, ou les quatre Métiers. Voyez ce qui en eft dit au mot Ambacht, à l'article 4 AMBACHTEN. Il n'eft éloigné d'Axel que de deux lieues. * Dict. Géog, des Pays-Bas.

ASSENIS, peuple de la Louifiane. Voyez CENIS.

ASSENS, petite ville de Dannemarck, dans l'ifie de Fionie, fur le petit Belt, avec un bon port. C'est le pasfage ordinaire pour fe rendre à Copenhague, & la traverfée eft de quatre lieues, (Voyage de Dannemarck p. 67.) lieues,(Voyage On compte dix lieues, ou heures de chemin d'Afsens á Odenfée, capitale de l'ifle. Baudrand, éd. 1705, ne compte que cinq lieues. Corneille parle deux fois de cette ville, une fois fous le nom d'AcENs, & dit qu'elle eft à quatre lieues d'Odensée... qu'on va débarquer delà fur les terres de Sleswich, que le trajet eft de deux lieues, & qu'on le fait entre deux ifles, dont l'une s'appelle Boque, & l'autre Aurife; il cite le voyage de des Hayes en Dannemarck 1664. Cetauteur compte les lieues à la françoife, au lieu que le premier voyage cité étant fait par un Anglois, les compte à la maniere de fon pays. De l'Ifle compte auffi quatre lieues danoifes de 15 au dégré, depuis Affens jusqu'à Odenfée, & donne un peu plus de trois de ces mêmes lieues à la traverfée, en cotoyant la partie

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méridionale de l'ifle d'Aaroé, qui eft apparemment l'.4urife de des Hayes. Corneille fait un fecond article de cette ville tiré de d'Audifret, fous le nom d'Affens, qui eft le véritable; mais il femble les diftinguer, du moins il n'avertit point que ce foit la mème ville. Long. 28, latit.

55, 15.

ASSER, tribu. Voyez ASER.

1. ASSERA, ville des Chalcidiens, felon Etienne le géographe.

2. ASSERA, felon Baudrand, éd. 1705, ville de Turquie en Europe, dans la Macédoine, fur la riviere de Vera, environ à cinq lieues de Salonichi, du côté du feptentrion occidental. C'est l'Alforus de Mygdonie de Ptolomée.

ASSERIATES, peuple d'entre les Alpes, felon Pline, I. 3, c. 19. Simler conjecture que ce peut être VAL DE SERRA.

ASSERIM, château affez fortifié dans l'Indouftan, à 5 lieues de Surare, vers le midi, & autant de la côte de la Mer des Indes, felon Maffée, cité par Baudrand. Il appartient aux Portugais depuis longtems. C'eft un rocher où l'on monte ordinairement pieds nuds, pour mieux asfurer fes pas, à caufe que le roc eft fort haut, droit & gliffant par tout. Si l'on veut aller par un autre endroit, il faut fe faire tirer en haut avec des cordes dont on fe fert autfi pour tirer les vaches & les autres chofes que l'on y veut mettre. Cette roche eft environnée de plufieurs autres au deffus desquelles elle eft élevée comme un fort qui leur commande. Comme cette place eft la clef de toutes celles que les Portugais poffedent au feptentrion de l'Inde, elle eft extrêmement enviée des rois voifins. On y fait garde en tout tems, principalement en certains endroits, par où l'on peut voir tout à l'entour. Il y a au fommet une grande plaine entourée de groffes pierres, qui fervent comme d'artillerie à la fortereffe, & qui en roulant en bas emporteroient tout ce qui feroit fur leur paffage. Il s'y fait toutes les nuits une espéce de patrouille par quelques foldats mêlés avec les habitans de ce lieu. Ils portent pour cela des flambeaux d'un certain bois qui forme des cannes, qu'on appelle bois de torche, parce qu'on les porte allumés comme des torches, & qu'ils durent fort longtems fans que le vent ou la pluie les puiffe éteindre. Au contraire, plus il pleut, plus ils brûlent. Ce lien eft l'afyle des méchans, qui s'y retirent afin d'éviter d'ètre panis. On les y reçoit pour amalfer des foldats dans une demeure, où ceux qui y font femblent bannis du refte du monde. Les foldats ou les payfans qui y étoient du tems que vivoit Govéa, auteur Portugais, dont ces détails font tirés, étoient environ fept cens, avec leurs ménages, enfans & femmes. Les Portugais fe faifirent de ce lieu du tems du gouverneur François Barrero. * Corn. Dict. Govea, Progr. de l'églife, l. 3.

ASSERINA, lieu particulier de l'ifle de Tenedos, felon Snidas, in voce ruvides.

ASSER-SUAL. Voyez HAZER-SUAL. ASSES, (les) peuple d'Afrique en Guinée, dans la côte d'or, mais fort avant dans les terres & au couchant de Rio de Volta, felon Jean Léon, cité par Baudrand, éd. 1705.

ASSESIATES, peuple d'Italie felon Pline, l. 3, c. 21. Il tiroit fon nom de la ville Affefia, ville d'Illyrie qu'il ne faut pas confondre avec AssISE, qui eft bien loin de l'Illyrie.

ASSESUS, ville des Milefiens. Paufanias & Hérodote en font mention, fi nous en croyons Ortelius, Thefaur. Hérodote, 41, c. 19, parle de cette ville & du temple de Minerve, furnommée Affefienne, lequel fut brûlé par l'impétuofité d'un vent qui y pouffa les flammes, durant que l'armée ennemie brûloit les grains qui étoient fur pied. Mais je ne trouve point que Paufanias en ait parlé. ASSIDÉENS: c'étoit moins un peuple particulier qu'une partie du peuple Juif, dit D. Calmet dans fon Dictionnaire. Ce nom fe trouve aux pfeaumes LXXVIII, ¥. 2, & LXXXIV, v. 9, & fouvent dans les Machabées, LI, C. 2, V. 42, c. 7, v. 13 & c. 14, v. 7. On dispute fur l'origine de ce terme. Les uns croyent qu'il vient de l'hébreu CHASSIDIM c'eft-à-dire mifericordieux, pieux faints; & l'auteur de l'Eccléfiaftique, c. 44, v. 10, faifant l'éloge des plus grands hommes de fa nation, leur donne le nom d'hommes de miféricorde, qui eft équivalent à celui d'Affidéens pris dans le fens que nous venons de

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dire. Serrar. in Macc. l. 1, c. 7, v. 13, Grot. Tirin, &c. D'autres foutiennent que les Affidéens font les mêmes que les Efféniens, dont la maniere de vivre a été fi fort louée par Jofeph, par Philon & même par Pline, & par plufieurs autres après eux. Ce fentiment paroît confirmé par le quatriéme livre des Machabées, c. 7, qui donne le nom d'ASDANIM aux Efféniens. D'autres ont cru que les Aflidéens s'étoient partagés dans la fuite, & avoient produit les Saducéens & les Pharifiens. Le nom de Saducéens fignifie jufte, & celui de Pharifiens fignifie féparés, pour marquer qu'ils fe diftinguoient des autres Juifs par leur juftice & leur bonne vie.

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Scaliger a prétendu que les Affidéens étoient une confrairie de Juifs, dont la principale dévotion confiftoit à entretenir les édifices du temple; ils ne fe contentoient pas de le tribut ordinaire d'un demi-ficle par tête, ordonné pour l'entretien du temple, ils s'en impofoient volontairement d'autres. Ils juroient par le temple, ils offroient tous les jours, hors le onzième du mois de Tizri, un agneau en facrifice, qui étoit appellé l'oblation des Affidéens pour le péché, & c'eft de cette secte que fortirent les Pharifiens qui produifirent les Efféniens. L'Ecriture nous repréfente les Affidéens comme une fecte nombreuse, qui étoit diftinguée par fa valeur & par fon zéle pour la loi du Seigneur. Synagoga Affideorum fortis viribus ex Israël, omnis voluntarius in lege. * Maccab. l. 1, C. 2, V. 42.

ASSIDONA. Clufius foupçonne qu'il y a eu autrefois dans l'Espagne Bétique une ville nommée ainfi, de laquelle XERES DE LA FRONTERA tient préfentement la place. Alphonfe de Carthagene eft du même fentiment. *Ortel. Théfaur.

AS-SIETE-IRMAOS. Voyez au mot AD l'article AD SEPTEM FRATRES. Voyez auffi l'article SEPT FRERES. ASSIN, en Ecoffe. Voyez AssYN & ASSYNT. ASSINÁRUS, felon Thucydide, l. 7, ASINARUS fe lon Diodore, l. 13 & Plutarque, in Nicia, riviere de Sicile. Les géographes conviennent affez que c'est aujour d'hui la riviere de FALCONARA. Voyez le 1 article de ce

nom.

ASSINÉ, felon Bostan, Affini felon De l'Ifle, Affinie felon Baudrand, royaume d'Afrique en Guinée. Voyez Iffini.

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ASSINIBOULS ASSINIBOILS ou ASSINIPOELS : le baron de la Hontan, dit AssIMPOUALS. De la Potherie, Amérique feptentr. t. 1, p. 176, dit que c'eft un peuple de l'Amérique feptentrionale; quelques-uns les appellent les PouLs; d'autres difent les ASSINIPOILS. Cette nation fituée au nord du Canada, à l'orient des Chriftinaux, est étendue autour d'un lac qui porte le même nom qu'elle, & qui communique à l'orient à celui des Chriftinaux. C'eft de ce lac que fort la riviere nommée par les François, riviere de Bourbon, laquelle va, en ferpentant vers le nord-eft, fe perdre dans la baye de Hudson au port nommé port Bourbon par les François, & port Nelfon par les Anglois. Leur nom veut dire hommes de Roche. Ils fe fervent auffi de calumets, & demeurent à deux cens cinquante lieues du fort Nelfon. Ils ont de grands traits marqués fur le corps. Ils font pofés & paroiffent avoir beaucoup de flegme. Ils approchent affez du caracrere des Flamands. Leur lac qui eft rempli d'ifles, s'étend depuis le 280 d. jusqu'au 283 d. 30' de longitude. * De P'ifle, carte du Canada.

Les Affiniboils, qu'on trouve nommés Poualaks dans quelques relations, font un peuple fauvage du Canada dont le pays eft aux environs d'un lac, qui porte leur nom: mais comme ils ne font pas fort fedentaires, on les voit fouvent du côté du lac fupérieur & de la baye d'Hudfon: très-peu de François font allés chez eux; auffi tout ce qu'on dit de leur lac n'eft guère fondé que fur des relations affez incertaines. On eftime communément que le fleuve Bourbon, qui fe décharge dans la partie occidentale de la baye d'Hudfon,'fort de ce lac, auffi-bien que le fleuve St. Laurent. Des Sauvages ont dit la même chofe de Miffiflipi, & des Sioux ont affuré au P. de Charlevoix qu'il en fort un quatrième fleuve qui coule à l'occident, & par conféquent fe décharge dans la Mer du Sud. On prétend encore que le lac des Affiniboils a 600 lieues de circuit, qu'il eft rempli d'ifles, & que les Sauvages l'appellent le lac des Ifles: mais tout cela eft fort incertain. Journal du P, de Charlevoix.

ASSIPITI. Paul Diacre dans fon Hiftoire des Lombards, l. 1, c. 11, fait mention d'un peuple ainfi nommé, ou Aspicii vers l'Allemagne feptentrionale. On doute fi ces noms ne font pas une corruption d'Ulipetes. ASSIS, ifle d'Italie entre Oftie & Porto, felon Damase, dans la vie de St. Sylveftre. * Ortel. Thef.

ASSISE, en latin Afifium, & en italien Affift, ville d'Italie dans le duché de Spolete, entre le Chiascio & le Topino, rivieres qui fe joignent & vont fe perdre dans le Tibre. Cette ville eft d'une médiocre grandeur & bâtie fur le flanc d'une très-haute montagne. Selon Cellarius, Géogr. Ant.l. 2, p. 473, elle eft connue des anciens. Prolomée la nomme Acictor; & Pline, l. 3, c. 14, en appelle les habitans ASISINATES; les manuscrits portent ASIRINATES. Une inscription rapportée par Gruter, p. 21, nous apprend qu'elle a été municipale: on y lit MUNICIPIUM ASILINATIUM. Procope en nomme les habitans Acisiva. Son évêque Aquilin affifta au III concile de Latran, tenu fous le pape Martin I, l'an 649. Elle a donné la naiffance au féraphique St. François, qui, après y avoir laiffé plufieurs marques de fa fainteté, l'enrichit de fes reliques.

Selon Doubdan, Voyage de ia Terre-Sainte, p. 651, l'églife cathédrale conferve le corps de St. Ruffin martyr, fon patron, qui repofe fous le maître-autel, à côté duquel il y en a un autre où l'on voit une pierre fur laquelle une tradition porte qu'un ange habillé en pélerin s'agenouilla pour prendre le petit François entre fes bras, lorsqu'il naquit dans une étable, & l'on affure que l'empreinte des genoux de cet ange eft dans la pierre. On voit à l'évêché la fale baffe dans laquelle St. François fe dépouilla en la présence de l'évêque, & rendit tous fes habits à fon pere, en renonçant à tous les biens.

Au bout de la grande place eft la chapelle du petit St. François, ainfi appellée, parce qu'elle eft bâtie fur les fondemens de la maifon où naquit St. François.

L'églife de Ste. Claire, qui eft dans cette ville, eft célébre par le corps de cette fainte, qui repofe fous le grand autel. Dans une chapelle de cette églife qu'on voit au travers d'une grande grille de fer du côté des religieufes, on conferve le crucifix que l'on prétend qui parla à faint François, dans le tems qu'il faifoit oraifon dans l'église de St. Damien, & lui dit par trois fois : François, répare ma maifon qui s'en va tomber en ruine. Il eft d'environ quatre pieds, & a la face fort belle. Les religieufes le montrent avec beaucoup de révérence, & toujours avec un flambeau allumé.

Selon le Journal de France & d'Italie, p. 724, la grande églife de St. François eft un bâtiment très-fomptueux, compofé de trois églifes l'une fur l'autre, à peu près dans le goût des deux de la fainte Chapelle de Paris, mais beaucoup plus grandes. On n'entre point dans la plus baffe, où eft le corps du faint, depuis que Nicolas IV eft mort, à ce qu'on dit, pour avoir eu la curiofité de le voir. Celle qui eft au deffus n'a rien de bien remarquable. Elle eft même fort fombre, quoique les religieux y faffent ordinairement l'office. C'eft directement au-deffus du maîtreautel de cette églife qu'eft le corps du faint. L'église supérieure eft fort belle, bien claire & richement parée. Entreplusieurs rares reliques que les religieux y confervent, on y voit une corne d'yvoire avec des baguettes de bois, qu'un roi de Babylone donna à St. François. On y a écrit ces paroles: cum ifta campana fanclus Franciscus populum ad pradicationem convocabat,& cum iftis baculis filentium imponebat. En fortant de l'églife on trouve une terraffe où il y a une galerie couverte, faite en forme de cloître, & d'où la vue eft d'autant plus agréable qu'elle est tout-àfait ruftique. Doubdan, Voyage de la Terre-Sainte, p. 652.

*

Pour voir l'églife de St. Damien, il faut fortir de la ville & descendre environ la moitié de la montagne du côté de Flovigni. Il y a un petit couvent & une petite églife dans laquelle St. François reçut la premiere, grace de fa vocation par la voix du crucifix dont il a été parlé. A l'entrée de l'églife à main droite eft une petite fenêtre bouchée à demi-mur, dans laquelle le St. jeune homme jetta une bourfe d'argent qu'un prêtre avoit refufée pour être employée aux réparations néceffaires de l'églife. Visà-vis est le tréfor qui eft rempli de reliques, & tout auprès eft le corps tout entier d'un faint religieux de l'ordre, nommé le frere Antoine de Stronconio. On voit à

découvert fon vifage, fes mains & fes pieds couverts de la peau, & le refte du corps eft vêtu de fon habit.

Saint François donna à fainte Claire ce petit couvent de St. Damien, où on voit encore fa cellule, dans laquelle eft une petite armoire, où on dit qu'elle mit le S. Sacrement de l'autel, lorsque le monaftere fur affailli par l'armée de l'empereur Frédéric, qui n'étoit compofée de Maures infidéles. Le même ciboire qui eft d'yvoire, eft encore foigneufement gardé dans le tréfor de cette églife. Long. 30, 12, latit. 43, 4.

que

1. ASSO, en grec "Aw, ville ancienne des Baftitains dans l'Espagne Tarragonnoife, felon Ptolomée, 4. 2, c. 6. Molet croit que c'eft préfentement OSSEA.

2. ASSO, petite ville d'Afie dans la Mengrelie, à l'orient méridional de Savatopoli. On dispute fi c'eft l'ancienne SURIUM, SURUM, OÙ ARCHEOPOLIS de Colchide. *Baudrand, éd. 1705.

ASSOKO, ville d'Afrique, capitale du royaume d'Iffini dans une ifle de même nom, formée par la riviere d'Iffini. C'eft la réfidence ordinaire du roi & des principaux feigneurs. Les François en 1701 bâtirent un fort à l'eft de la riviere, dans une péninfule défendue du côté de la mer par des rocs, & du côté de la riviere par une barre. Ce fort fut abandonné trois ans après. Voyage du P. Loyer en Afrique.

1. ÁSSOMPTION, (côte de l') côte des terres au nord des ifles d'Anican, par les 1 d. de latitude fud, & par les 318, 319 & 320 d. de longitude, felon la carte que Fréfier en a dreffée. C'eft proprement un pays encore as→ fez peu connu, puisque de l'Ile n'a pas ofé le marquer dans fa Mappemonde de 1720. Voici ce que nous en dit Fréfier, voyage de la Mer du Sud, t. 2, p. 510. La partie du nord des terres de ce nom a été découverte le 16 de juillet de l'année 1708, par un nommé Poré de Saint Malo, qui lui donna le nom du vaiffeau qu'il montoit. On la croyoit une terre nouvelle, éloignée d'environ cent lieues à l'eft des Ifles nouvelles; mais je n'ai point fait de difficulté de la joindre aux autres, fondé fur des raifons convaincantes. 1°. Les latitudes obfervées au nord & au fud de ces ifles, & le gifement des parties connues, concourent parfaitement bien au même point de réunion du côté de l'eft, fans qu'il refte de vuide entre deux. 2°. Il n'y a point de raifons pour eftimer cette côte de l'Affomption à l'eft des ifles d'Anican. Le Gobien de St. Jean, qui a bien voulu me communiquer un extrait de fon Journal, eftime qu'elle eft au fud de l'embouchure de la riviere de la Plata, ce qui étant pris à la rigueur, ne pourroit l'éloigner à l'eft que de deux ou trois dégrés, c'eft-à-dire, environ vingt-cinq ou trente lieues; mais la diverfité des eftimes eft toujours une marque d'incertitude. La premiere fois qu'ils virent cette côte en venant de l'ifle de Ste Catherine, ils l'eftimerent par 329 d., & la feconde en venant de la riviere de la Plata, où les vents contraires les avoient contraints d'aller relâcher, après avoir paffé le cap de Horn, ils la jugerent par 322 dégrés, & fuivant quelques-uns 324, fur les cartes de Pieter Goos ; ainfi on doit y avoir peu d'égard. Cependant comme ils y avoient de la confiance, ils fe crurent fort loin de la terre ferme; & fe comptant trop à l'eft, ils coururent auffi à trois cens lieues trop à l'oueft, dans la Mer du Sud; de forte qu'ils croyoient courir fur la Guinée, lorsqu'ils atterrerent à Ylo. La troifiéme & la plus convaincante, c'eft que le vaiffeau fur lequel nous étions, & les autres vaiffeaux qui faifoient la même route devoient paffer par deffus cette nouvelle terre, fuivant la longitude où elle étoit placée dans la carte manuscrite, & qu'il eft moralement impoffible qu'aucun navire n'en eût eu connoiffance, étant longue d'environ cinq cens lieues eft-fud-eft & oueft-nord-oueft : ainsi conclut ce même voyageur, il ne reste plus aucun lieu de douter que ce ne fût la partie du nord des ifles nouvelles, dont le tems découvrira la partie de l'ouest qui eft encore inconnue. Ces ifles font fans doute les mêmes que celles que chevalier Richard Hawkins découvrit en 1593. Car étant à l'eft de la côte déferte par les so dégrés, il fut jetté par une tempête fur une terre inconnue; il courut le long de cette ifle environ foixante lieues, & vit des feux qui lui firent juger qu'elle étoit habitée. Voyez ISLES SEBALES. 2. ASSOMPTION, ifle de la Nouvelle-France, dans le golfe de St. Laurent. Voyez ANTICOSTI.

Tome I. Ooo ij

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3. ASSOMPTION, ville de l'Amérique méridionale, capitale de la province particuliere du Paraguai. Elle eft fituée par les vingt-cinq degrés de latitude auftrale fur le bord du fleuve Paraguai, qui fait en cet endroit un coude vers le fud. Elle a un évêque fuffragant de la ville de la Plata, ou Chuquifaca, capitale de la province des Charcas. Il y a dans cette ville un college de vingt-quatre régidors comme à Seville, des dominicains, des franciscains & des religieux de la Merci. Les Indiens que les Espagnols trouverent établis dans ce pays font les Guaranis, nation fort étendue. En 1537 Dom Jean de Salazar de Espinofa, & Gonzale de Mendoze, bâtirent en cet endroit une fortereffe fous le nom de l'Affomption de Notre-Dame; & le terroir des environs s'étant trouvé fertile & l'air fain, l'année fuivante, Dom Dominique Martinez de Trala, qui commandoit dans la province, en forma une ville qui fe peupla d'abord allez bien. Son plus grand commerce eft de l'herbe de Paraguar; mais il ne l'enrichit pas, & fes habitans, dont quelques-uns font de la plus haute nobleffe d'Espagne, feroient tous affez mal à leur aife fans le fecours des naturels du pays, qu'ils obligent de travailler pour eux presque comme des esclaves. Cette ville eft auflì la résidence d'un gouverneur capitaine général nommé par le roi d'Espagne, & qui reçoit les ordres du viceroi du Pérou, & de l'audience royale de la Plata. Le territoire de cette ville ne s'étend pas bien loin fur la côte occidentale du fleuve, où elle a des voilins fort incommodes; mais elle a du côté de l'orient d'affez belles campagnes habitées par des Négres, des Mulâtres & des Indiens foumis. On y a bâti plu fieurs forts, & l'on y trouve plufieurs bourgades, de petites villes même affez bien peuplées d'Espagnols. Hift. du Paraguai, du P. Charlevoix.

4. ASSOMPTION, ifle de l'Afie, l'une de celles qu'on appelle Marianes ou des Larrons. Voyez SONGSON.

5. ASSOMPTION, riviere de l'Amérique feptentrionale au Canada, où elle fe perd dans le fleuve de Saint Laurent, près de l'ifle de Montréal, selon Maty & Cotneille. Il faut qu'elle ait préfentement quelqu'autre nom plus connu que celui-là.

1. ASSON. Voyez Assos.

2. ASSON, (la vallée d') vallée de France au Béarn, felon Del'ifle, carte du Béarn, aux confins de la Bigorre, le long d'une riviere qui a fa fource aux Pirénées, à l'orient du Val d'Offau, & fe jette dans le Gaye de Pau, un peu du-dellus de Nay. Cette vallée prend fou nom d'As fon, paroiffe de quatre cens foixante-deux feux, felon le dénombrement de la France, t. i, p. 398.

ASSONSONG. Voyez AssoмPTION 4. ASSOR. Voyez ASOR 4. Le Moine Brochard prétend qu'ANTHIOPIA eft le nom moderne de cette ville. Baudrand, éd. 1682, qui a trouvé quelque part que Jofeph faifoit mention d'Afor, & qu'elle s'appelloit à préfent Antiopia, met AsSOR ANTIOPIA, ville de la Paleftine, felon Jofeph; comme fi le nom d'Antiopia, qui eft pris des auteurs modernes, fe trouvoit dans cet ancien,

1. ASSORUS, ville de Macédoine, dans la Mygdonie, felon Ptolomée, 1. 3, c. 13. C'est préfentement ASSERA. Voyez ce mot.

2. ASSORUS, ville de la Sicile : on la nommoit auffi ASSORIUM & ASERUS. La plus ancienne mention qui foit faite de cette ville, c'est dans Diodore, 1. 14, qui dit : les Siciliens qui haifoient Denis depuis longtems, trouvant une occafion favorable, embrafferent le parti des Carthaginois, excepté les Afforins. Ce nom des habitans d'Alforus fe trouve auffi dans Plinie, I. 3, c. 8. C'eft préfentement ASORO, felon Fazel & autres. Ce lieu eft fitué fur une haute colline, près de la rive gauche de la riviere, nommée Chryfas par les anciens, & Dictaino par les modernes.* Steph Byfant. Clavier, Sicil. ant. 1. 2, p.

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1. ASSOS, ou ASSON, felon D. Calmet, Dict. ville maritime que quelques géographes attribuent à la Myfie, & d'autres à la Troade. St. Luc (Act. Apoft. c. 20, v. 13 & 14) & les autres compagnons de voyage de St. Paul, allerent de Troade à Affon par mer, mais St. Paul y alla parterre; & étant réunis à Affon, ils allerent tous enfem ble à Mitylene. Voyez Assuм.

2. ASSOS, ville de l'Eolie, felon Strabon, 1. s,in fine. Il n'en dit rien, finon que les rois de Perfe étoient tombés dans une fi exceffivè délicateffe, qu'ils faifoient venir

du bled d'Affos en Eolie, du vin de Syrie, & de l'eau de l'Eulée, la plus légere que l'on pûr trouver. Cette ville a été épiscopale. Maximus, évêque de cette ville, affifta l'an 431 au concile d'Ephèse. Voyez Assum.

3. ASSOS, ou Assus, petite riviere de la Phocide, fur les confins de la Béotie. Elle coule du nord au fud, au pied de la montagne d'Edylion, va fe joindre au Céphife, comme le dit Plutarque de la Trad. de Dacier, t. 4, p. 325, dans la vie de Sylla.

ASSOTO, village d'Espagne au royaume de Grenade, aux confins de celui de Murcie, près du village d'Olfea. On croit que c'eft la place où étoit auciennement Asso, ville de l'Espagne Tarragonnoife.

ASSOU, ville d'Afie, fur les Palus Méotides, à l'embouchure du Don, felon Oléarius, cité par Corneille. C'eit la même qu'AzоPH.

ASSUANA, ville ruinée, au bord oriental du Nil, près des Cataractes, entre elles & la fortereffe de Naalle, felon Paul Lucas, t. 1, p. 89 & fuiv. C'eft la Syéne fi fameufe dans l'antiquité; que d'autres mettent à Asna, qu'il appelle Effenay, & qui eft au bord occidental du fleuve, entre les ruines d'Affuana, qui font aux environs de Naaffe: voici les principales qu'il décrit. A un bon quart de lieue de la forterede il y a quantité de tombeaux d'une très-belle pierre blanche comme du marbre: on y voit plufieurs inscriptions d'un caractere tout à fait inconnu. Au fortir de cet endroit on entre dans l'une des plus grandes villes du monde, fituée à l'extrémité d'une montagne. Mes guides, dit-il, me menerent voir un temple qui eft encore un fuperbe bâtiment pour ce qui en refte. Les ruines ont caché fans doute les marches qui conduifoient à quatre grandes portes, dont chacune étoit foutenue de huit grandes colonnes de granite rougeâtre & comme jaspées. Tout le deffus des colonnes et tombé en ruine... Au milieu de ce grand édifice il y avoit un bâtiment de marbre blanc, plein de figures en bas-relief, qui me paroilloient belles. On y voyoit quantité de petits enfans, d'orteaux, de vaches & d'autres animaux, & fartout quantité de chats-huans. Il ne me fut pas poffible d'aller jusqu'à l'entrée de ce petit temple: la quantité de ferpens, au milieu desquels il falloit paffer, m'en empêcha. Je comptai cent foixante colonnes tout autour de cet édifice; mais plus des deux tiers étoient tombées. Il y a auffi aux environs plufieurs beaux palais bâtis de pierres d'une prodigieufe groffeur.... Je demeurai comme interdit à l'aspect d'un ouvrage le plus grand & le plus magnifique du monde. C'est un palais grand comme une pe tite ville; quatre avenues de colonnes conduifent à quatre portiques. On voyoit à chaque porte, entre deux grandes colonnes de porphyre, deux figures d'un beau marbre noir, de geans qui ont chacun une maffe à la main. L'avenue de colonnes qui conduit à chaque porte eft de trois colonnes en triangle de chaque côté, compofée de plus de quinze cens colonnes. Sur le chapiteau de chaque triangle il y a un fphynx, & fur l'ordre de trois colonnes qui fuivent, un tombeau, & ainfi fucceffivement de chaque côté dans toutes les quatre allées. On en voit beaucoup de tombées. Chaque colonne a foixante & dix pieds de haut, toutes d'une feule pierre; de maniere que dans les quatre avenues, il faut qu'il y ait plus de cinq à fix milles colonnes. Je trouvai la premiere falle de ce palais toute peinte de très-beaux fujets d'hiftoire. Il ne paroiffoit pas qu'il y eût longtems que cette peinture fut achevée. On y voyoit des chaffes de gazelles, en d'autres endroits des feftins, & quantité de petits enfans qui jouoient avec toutes fortes d'animaux. Je paffai de-là à d'autres appartemens, tous revêtus de marbre, dont les voûtes étoient foutenues par des colonnes de porphyre & de marbre noir. Quoique les décombremens ne permettent pas d'aller par tout, nous trouvâmes le moyen d'aller en haut, d'où j'eus le plaifir, & en même-tems le chagrin de promener ma vue fur les ruines de la plus grande ville, qui ait été, ce me semble, au monde : je me figurois dans ce tems-là que ce pouvoit être Diospolis, l'ancienne Thèbes, à cent portes; & ceux de mes amis qui ont fait un cours d'antiquités femblent en convenir..... On décou vroit du côté du défert, qui eft au levant, environ 12 grandes pyramides, qui ne cédent en rien à celles du grand Caire. Outre quantité de bustes de plus de trente pieds de haut, de figure d'hommes, j'y remarquai un fort grand nombre de palais encore tous entiers; mais fi

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