Images de page
PDF
ePub

72. BAUGÉ LE VIEUX, bourg de France, dans l'Anjou, à un quart de lieue de Baugé, auffi fur le Coesnon, en tirant vers Angers. C'est ce dernier qui eit fameux par la défaite du duc de Clarence, frere du roi d'Angleterre. * De l'Ifle, Carte de l'Anjou.

3. BAUGE, où BAGÉ. De Longuerue & Piganiol de la Force écrivent l'un BAUGE, & l'autre BEAUGE, ville de France dans la Breffe, dont elle étoit autrefois la capitale. BEAUGE, dit Piganiol de la Force, Defc. de la France, t. 3. p. 225. eft fituée fur une hauteur à une lieue de Mâcon fa longueur depuis la porte de Bourg jusqu'aux murs du château, qui fervent de clôture à la ville, eft de cinq cens pas, & fon circuit d'environ douze cens foixante. Elle fut érigée en marquifat l'an 1576, par Emanuel - Philibert, duc de Savoye. Le feigneur marquis de Beaugé a fon.juge ordinaire, fon juge d'appel & fes autres officiers. Outre le fecond degré de jurisdiction, cette juftice, prétend encore prétend encore être ad inftar des pairies: mais les officiers du préfidial de Bourg fe moquent de fes prétentions dans les cas qu'ils croient leur appartenir. Il n'y a qu'une feule paroiffe dans cette ville. L'hôtel-Dieu est mal bâti & fort pauvre, n'ayant que deux cens cinquante livres de revenu. Guichenon, dans l'hiftoire de Breffe, affure que plufieurs titres font mention dès l'an 904, de Hugues, qui étoit un puiffant feigneur de ce pays, & avoit le titre de feigneur de Beaugé, Balgiaci ou Baugiaci, & que les fucceffeurs de Hugues ont porté le même titre jusqu'à ce que le pays foit venu au pouvoir des comtes & des ducs de Savoye. Les descendans mâles de Hugues ont joui de la seigneurie de Beaugé & d'une grande partie de la Breffe jusqu'à Guy qui mourut l'an 1268, & ne laiffa qu'une fille nommée Sybille, qui époufa l'an 1272, Amé IV, comte de Savoye, qui unit par ce mariage la Breffe à fes autres états. Depuis ce tems là les ducs de Savoye ont démembré Beaugé de leur domaine, l'ayant donné en pleine propriété à la maifon d'Urfé, en échange de la fouveraineté de Marro, près d'Oneille à la riviere de Genes, & le duc érigea en marquifat cette ville de Beaugé qui eft à une licue de Mâcon, fur un côteau dans un terroir fertile. * Longuerue, Defc. de la France, part. I. p. 297.

[ocr errors]

*

encore une tour d'un château qu'on dit avoir été þáði par les Gaulois. Il a été détruit par le tems & par les fiéges que cette petite ville a foufferts; car le voifinage d'Orléans l'a expolée à autant de fiéges que la ville d'Orléans en a effuyés. Le commerce de cette ville confifte presque tout dans les eaux de vie & dans les vins. On y fait des ferges tremieres, des ferges à deux eftains, des frocs & des baguettes, & de plus des ferges drapées. Il y avoit ci-devant un commerce de tannerie affez confidérable, mais les grands droits que payent les cuirs l'ont fait tomber. Savary, Dict. du commerce, t. 1. Col. 869. Piganiol de la Force, 1. c. BAUGERAIS, abbaye de France, de l'ordre de Cîteaux, au diocèfe de Tours, à trois lieues de Châtillon fur l'Indre, du côté du nord, à trois lieues de Loches. Quelques perfonnes dévotes firent bâtir en cet endroit une églife l'an 1153, pour y faire le fervice divin. Henri II, roi d'Angleterre & duc de Touraine, donna cette église & fes dépendances, aux moines de Louroux en Anjou, lesquels y établirent une abbaye de leur ordre en 1173. Il n'y a que trois religieux outre l'abbé. * Piganiol de la Force, Defc, de la France, t. 6. p. 68.

BAUGENCI, ville de France, dans l'Orléanois proprement dit: quelques uns écrivent mal Beaugenci. Cette ville nommée Balgentiacum en latin, eft fituée fur un côteau au midi, & au bas duquel coule la Loire fous un pont de vingt deux arches. Eile a titre de comté, & étoit déjà célèbre vers l'an 1100. Ce fut là que le cardinal Richard légat affembla un concile pour donner l'absolution à Philippe I, roi de France, à caufe de fon mariage avec Bertrade de Montfort. Cette petite ville avoit fon feigneur particulier que l'on nommoit alors Raoul, du tems duquel fut fondé le monaftere des chanoines réguliers, dédié à Notre Dame. Cette terre fut acquife d'un des fucceffeurs de Raoul, & qui portoit le même nom l'an 1291, par Philippe le Bel. Elle fut enfuite donnée en apanage au duc d'Orléans Philippe & enfuite à fon neveu Louis, dont le fils Charles, étant prifonnier en Angleterre, vendit à Jean d'Harcourt, archevêque de Narbonne, Baugenci, pour la fomme de feize mille écus. Cette feigneurie de Baugenci paffa des mains de l'archevêque dans plufieurs autres, & vint enfin à François d'Orléans, marquis de Rothelin, qui en jouiffoit fous le regne de François I. Ce fut pour lors que le procureur général prétendant que Baugenci étoit du domaine, & n'avoit pu être aliéné, en fit dépofféder le marquis de Rothelin, en exécution de deux arrêts du parlement rendus dans les années 1543 & 1544. Outre le concile de Baugenci, dont j'ai déjà parlé, il y en eut un autre affemblé la femaine de devant Pâque fleuri l'an 1152, pour connoître de la parenté, qui étoit entre le roi Louis VII, dit le Jeune, & Elenore de Guienne fa femme. Le concile ayant trouvé qu'ils étoient parens du trois au quatriéme degré, caffa & annulla le mariage. Piganiol de la Force, Defc. de la France, t. 5. p. 195. Longuerue, Defc. de la France, part. 1. p. 109.

*

BAVIERE, Bavaria, Bajoaria, province des plus confidérable d'Allemagne, felon Baudrand, éd. 1705. Elle étoit anciennement comprife, partie dans la Vindelicie, & partie dans la Norique. Quelques peuples Gaulois d'origine, qui avoient été chaffés de la Bohême par les Marcomans, s'y établirent fous l'empire de Valens, & s'y maintinrent malgré les efforts des Barbares, qui fe jettoient alors de toutes parts fur les terres de l'empire. Ils partagerent leurs états en quatre gouvernemens, fous l'autorité d'un même prince. Théodon I, iffu d'Aguilulfe, en fit hommage à Théodoric, roi des Goths. Utilon, fon fils, lui fuccéda l'an 558. Théodon II fut baptifé par faint Robert, évêque de Saltzbourg, qui convertit à la foi les Bavarois. Théodobert, fon fils, regna après lui, & il eut pour fucceffeur Hugibert. Enfin Thaffillon s'étant ligué avec Didier, roi des Lombards, fut dépouillé de fes états par Charlemagne, qui le relegua dans l'abbaye de Jumiéges, & divifa la Baviere en plufieurs gouvernemens particuliers. L'empereur Louis le Debonnaire en fit un royaume qu'il donna à Louis, fon troifiéme fils, qui prit le nom de Germanique enfuite du partage qu'il fit avec fes freres après la bataille de Fontenai. Arnoul, fils naturel de Carloman, fecond fils de Louis le Germanique, s'en empata; & après la mort de Louis, fon fils, qui ne laiffa point d'enfans, ce royaume fut démembré en plufieurs principautés, dont la principale fut la Baviere; qui depuis a été poffédée par des ducs fouverains, menibres de l'empire.

Baugenci a le titre de comté, & quelques uns prétendent que Simon en étoit feigneur dès le tems du roi Chilperic, c'est-à-dire, environ l'an 580, 11 refte

Le duché de Baviere eft bené par la Bohême, & le Haut Palatinat au nord; par l'Autriche, l'archevêché de Saltzbourg, & l'évêché de Paffau à l'orient; par l'évêché de Brixen, & le comté de Tirol au midi, & par l'évêché d'Augsbourg, le marquifat de Burgau, & le duché de Neubourg à l'occident. Le pays en est beau, & le duché de Baviere peut avoir quarante liques du couchant au levant, & trente-cinq du fud au nord. Il eft arrofé par un grand nombre de rivieres, dont les principales font le Danube, l'Inn, l'Ifer & le Lech,' L'air en eft tempéré & fain, le terroir beau & fertile; & quoique chargé de montagnes & de bois, il ne laiffe pas de produire du vin, quantité de froment, & d'avoir de bons pâturages. Il y a auffi quelques mines, cepen➡ dant il n'eft pas fort riche, parce qu'il manque de commerce. Le duc de Baviere qui eft une branche de la maifon palatine, n'a la dignité électorale que depuis le cinq mars 1623, pendant les guerres de Bohême, que Ferdinand II en dépouilla Frederic V, électeur Palatin, & en inveftit Maximilien I, duc de Baviere, ce qui fut confirmé par le traité de paix de Weftphalie, où l'on érigea un huitiéme électorat pour le prince Palatin du Rhin. Ea Baviere, que les habitans appellent DIB BAYERN, étoit anciennement beaucoup plus étendue, & comprenoit auffi la Haute Autriche, jusqu'au rems de l'empereur Frederic I, qui l'en fépara. Elle eft préfentement divifée en deux parties favoir, en Haute Ba viere, où eft la régence de Munich, & Basse Baviere,

Labour.

BAULME. Voyez BAUME.

BAUMA, ville d'Ethiopie, fous l'Egypte, felon Pline, 1.6. c. 20.

où font les trois régences de Burckhaufen, de Lands- c'eft, pourfuit-il, le nom d'une maison de campagne hut, & de Straubingen. Munich eft la réfidence ordi- que bat la mer, en fe courbant entre le promontoire de naire de l'électeur. L'électeur de Baviere poffede encore, Mifene & le lac de Bayes. Cette maifon étoit fi conoutre la Baviere, le Haut Palatinat, qu'on appelle auffi nue, que l'on fe fervoit de fon nom pour marquer ou le Palatinat de Baviere, qui appartenoit à l'électeur étoient celles de fon voifinage. Cicéron, Quaft. acad. Palatin; mais il en fut dépouillé pendant les mouve- 1. 4. c. 3. dit : à la terre d'Hortenfius, laquelle eft auprès mens de Bohême, & le duc de Baviere en fut invefti; de Bauli, &c. il dit, c. 11. croyez-vous que nous qui ce qui fut confirmé par la paix de Weftphalic. Le fommes auprès de Bauli, & qui voyons Pouzzol, &c Haut Palatinat a pour capitale la ville d'Amberg, prin- C'est aujourd'hui BAULI, ou Bagola dans la terre de cipale de cette régence, qui n'eft pas proprement une partie de la Baviere, mais du pays de Nortgau. Dans la Baviere font les comtés d'Ortenbourg, de Hohenwaldeck, la feigneurie de Breitneck; qui ont leurs feigneurs particuliers. La ville de Ratisbonne eft libre, & le gouverne par elle-même. L'évêché de Ratisbonne, l'évêché de Freifingen, & l'évêché de Paffau, qui font à leurs évêques princes de l'empire, font enclavés dans la Baviere. La ville de Ratisbonne, & le duché de Neubourg font à l'électeur Palatin, quoiqu'ils foient enfermés dans la Baviere. L'archevêché de Saltzbourg fait auffi partie de la Baviere; mais il n'est pas dans l'état de cet électeur, étant entre fon pays & l'Autriche, fous la puiffance de fon archevêque: cela n'empêche pas que l'électeur ne foit fort puiffant & très-confidéré en Allemagne, tant pour fes états & fa puiffance, que pour fa famille & fes belles alliances.

Les états de l'électeur de Baviere font le duché de Baviere, le Haut Palatinat, le lantgraviat de Leuchtenberg, la principauté de Mindelheim en Suabe, & la feigneurie de Wiefenstein, auffi en Suabe. Les principales villes de l'électeur font,

[merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small][ocr errors][merged small]

LE CERCLE DE BAVIERE, Bavaria Circulus, eft une des neuf parties ou cercles d'Allemagne, & à le second rang parmi les autres. Il eft borné au levant & au midi par le cercle d'Autriche, au couchant par ceux de Suabe & de Franconie, & au feptentrion par le royaume de Bohême. Il comprend le duché de Baviere avec le Haut Palatinat, l'archevêché de Saltzbourg; les évêchés de Freifingen, de Paffau & de Ratisbonne, le duché de Neubourg, & la ville de Ratisbonne, qui eft la feule libre & impériale qui soit en

ce cercle.

LE PALATINAT DE BEVIERE, Palatinatus Bavaria, province d'Allemagne au cercle de Baviere. On l'appelle plus fouvent le Haut Palatinat; c'eft une partie du Nortgan. Elle étoit autrefois à l'électeur Palatin, mais il la perdit dans les troubles de la Bohême en 1623. Elle fut pour lors accordée par l'empereur Ferdinand II, au duc de Baviere, qui en eut la confirmation par le traité de Weftphalie, & ainfi elle lui eft demeurée avec le comté de Chamb qui lui eft annexé. Sa capitale eft la ville d'Amberg. Voyez le Haut Palatinat.

[ocr errors]

BAUMÆ, ville de la Méfopotamie, fur l'Euphrate, felon Ptolomée, l. 5. c. 18. Ses interpretes, par un renversement de lettres, lifent MAUBÆ.

BAUMAN (LA CAVERNE DE), Baumanni Specus. Cette caverne, dont Eckstormius fait la defcription, eft dans la Baffe Saxe, en Allemagne. Elle a fon entrée environ à un mille du bourg de Wernigerode ou Eiligerorode, à fix lieues de la ville de Goflar, du côté du levant. Cette entrée eft ronde, taillée dans le rocher, & fi étroite qu'il ne peut y paffer qu'une perfonne à la fois. Auprès de l'entrée, cette caverne s'élargit beaucoup; on y trouve plufieurs fentiers, qui fe bouchent infenfiblement, parce que les payfans y remuent la terre pour y chercher les os de divers animaux, qu'ils vendent pour la corne de licorne. Les fentiers qui y font encore menent fi loin, que perfonne n'en a pu trouver le bout, quoique plufieurs croient y avoir avancé jusqu'aux environs de la ville de Goflar. On trouve dans cet antre une fource d'eau qu'on prétend être bonne pour guérir de la pierre. Il diftile auffi de l'eau de divers endroits de la voûte de cette caverne, qui produisent une espèce de tuf que l'on nomme Stalactifes. On le pulverife, & il fert à deffécher les plaies des animaux. * Baudrand, éd. 1705.

BAULI, lieu voifin de la ville de Bayes: c'étoit une maifon de campagne, entre Bayes & le lac Lucrin. Servius, ad Æneid. I. 7. v. 662. écrit BAULE, & dit que ce lieu fut nommé Boaulia, parce qu'Hercule y avoit fait un parc pour y enfermer des bœufs qu'il avoit emmenés de la demeure de Geryon. C'est par rapport à cette tradition, que Silius Italicus, 1. 2. v. 156. nomme ce lieu Herculeos Baulos. Dion nous en marque la fituation, lorsqu'il dit de Caligula, l. 59. qu'il fe mit en tête d'aller à cheval fur la mer, ce qu'il fit en faifant faire un pont qui alloit de Pouzzol à Bauli; d'où il s'enfuit, felon l'obfervation de Holftenius, que Bauli étoit entre Bayes & le lac Lucrin; car l'ordre & la fuite des piliers y menent tout droit. Tacite, l. 14. c. apprend que c'étoit une maifon de campagne, & non pas un bourg, quand il dit que Néron, étant allé jusqu'au rivage au devant de fa mere qui venoit d'Antium, l'embraffa, lui donna la main, & la mena à Bauli;

4.

nous

BAUME LES MOINES, abbaye de France, en Franche-Comté, près de Lons le Saunier, au diocèfe de Befançon. Ce font des Bénédictins de la congrégation de Clugni qui l'occupent. Ce n'étoit qu'une petite cellule, lorsque le comte Bernon, fondateur & premier abbé de Giny, entreprit d'en faire un monaftere confidérable: il y mit un abbé l'an 926. On dit que le même comte Bernon en tira quelque tems après des religieux pour établir l'obfervance dans le monaftere de Clugni, qui étoit nouvellement bâti. Le pape Eugene III fupprima le titre d'abbé en 1147, & réduifit cette abbaye en un fimple prieuré dépendant de l'abbaye de Clugni. Le titre d'abbé y fut rétabli peu d'années après à la follicitation de l'empereur Frederic I. Baillet, Topog. des Saints, › P. 59 fait remonter plus haut l'époque de la fondation de ce monaftere, & la met fous Louis le Debonnaire, en quoi il s'accorde avec l'historien de l'ordre de faint Benoît d'Aniane. Le bienheureux Bernon, poursuit il, en fut fait abbé. l'an 899, avant qu'il le fût de Clugni; il y mit la réforme, & y fit un fi grand changement que plufieurs l'en ont eru le fondateur, ou le premier abbé. Pour être reçu moine dans cette abbaye, il faut faire preuve de nobleffe de quatre générations, tant du côté paternel que maternel. Il y a un fiécle & demi pour le moins qu'elle est en commende. *Piganiol, de la Force, Defc. de la France, t. 6. p. 383.

1. BAUME LES NONES, ou BAULME LES NO NAINS, petite ville de France, fur le Doux, en Franche-Comté. Le paffage inévitable des gens de guerre l'a presque ruinée. Elle a un bailliage qui reffortit au préfidial de Befançon; un couvent de Capucins, une maison de religieufes qui font preuve de noblesse, une paroisfe, & une Familiarité. On appelle ainfi certaines chapelles ou prébendes fondées dans une églife paroiffiale, & qui ne font conférées qu'à des prêtres actuellement établis dans cette même paroiffe. Il y a en tout environ mille habitans. * Piganiol de la Force, Defc. de la France, t. 6. p. 405.

2. BAUME LES NONES, abbaye de filles en France, dans la Franche Comté. Son origine est très-incertaine, dit Piganiol de la Force, t. 6. p. 383. Cependant Baillet, Topog.des Saints, p. 59. dit que ce monaftere fut bâti par les deux freres, faint Romain,

abbé de Condat, & faint Lupicin, abbé de Lauconne, aflez près de leurs abbayes, en Franche-Comté, mais dans le diocèfe de Befançon fur le Doux, & qu'ils y établirent leur propre fœur pour abbeffe, vers le milieu du cinquiéme fiècle. Il ajoute que faint Romain s'y fit enterrer. Piganiol ne convient pas de cette antiquité. On fait feulement, dit-il, l. c. qu'elle étoit confidérable du tems de Charlemagne & de fon fils Louis le Debonnaire, qui en ont parlé dans leurs capitulaires. Sainte Odille, premiere abbeffe de Hombourg, avoit été élevée dans l'abbaye de la Baume les Nones, dans laquelle on ne reçoit pour religieufes que des filles de qualité, qui font preuve exacte de leur noblesse. Cette abbaye eft peu riche.

Corneille, à l'occafion de la ville de ce nom, parle d'une glaciere très-finguliere, & décrit la grotte d'où l'on tire la glace: elle en eft à environ trois lieues, auprès du village de LEUGNÉ. Voyez-en la defcription fous de titre de LEUGNÉ.

SAINTE BAUME, c'est-à-dire, la SAINTE CAVERNE, grotte fur une montagne de France, en Provence, entre Aix, Marfeille & Toulon, & à deux lieues de Saint Maximin. On prétend que fainte Magdelene y a achevé fes jours dans les austérités de la plus rigoureuse pénitence. C'est du moins la tradition nationale. Je ne prétends ni autorifer ni réfuter un fentiment que d'habiles gens de part & d'autre ont défendu & attaqué avec beaucoup d'érudition, & je rapporterai fimplement l'extrait que Corneille a fait du récit de Jouvin de Rochefort, Voyage de France, qui avoit vifité ce lieu. Quoique le nom de Baume ne convienne qu'à la grotte, l'ufage a voulu qu'on ait donné le nom de Sainte Baume à tout le rocher qui eft d'une hauteur prodigieufe. Il est à deux lieues de Saint Maximin, & à fix d'Aix & de Toulon, entre ces deux villes. Ce rocher est fi uni & tellement escarpé, que de loin on le prendroit plutôt pour un bâtiment que pour un lieu naturel de rochers. Avant que d'y arriver on voit plusieurs croix fur le chemin, où font repréfentées les pieufes actions de l'illuftre pénitente, jusqu'à ce qu'étant proche de la caverne où elle fe retira, on trouve le chemin approprié par des degrés contre le rocher, où, avec affez de peine, on parvient à quelques portes, qui donnent entrée fur une petite avance contre ce même rocher, fur laquelle avance on a pratiqué avec beaucoup d'artifice un petit couvent, où font pour l'ordinaire fix ou fept religieux de Saint Maximin, avec un concierge qui reçoit les pélerins dans un petit logis, qu'on a auffi pratiqué en ce lieu. Au-deffus s'éleve le rocher escarpé en façon d'une haute muraille, ou la caverne paroît entre ces deux édifices. Elle eft taillée naturellement dans la roche vive, environ au milieu de la hauteur de la montagne de vingt-cinq ou trente pas en carré, & haute de trois toifes dans le milieu, fe terminant presque en voûte tout à l'entour. C'est une merveille que par toute la grotte l'eau dégoute de la voûte, excepté un feul endroit où la Sainte couchoit fur un lit de la même roche, comme on le voit encore avec fa figure qui la repréfente à demi couchée & pleurante. Dans la partie la plus éloignée & la plus affreufe, eft un petit rocher qui s'éleve, & fur lequel on voit une ftatue de marbre de fainte Magdeléne profternée, & dans l'action de la plus févere de pénitence. Elle est éclairée de quelque lampes qu'on y fait brûler fans ceffe. Ce petit rocher eft environné de grilles de fer, & fert d'appui à un autel, orné de quelques piliers de marbre, où tous les jours on dit plufieurs meffes. C'étoit en ce lieu qu'elle faifoit fes plus profondes méditations. On descend par quatre ou cinq marches dans le lieu plus creux de ce rocher, qui est comme la fale de ce premier étage, & dans le fond on voit un fépulcre de Notre Seigneur, dont les perfonnages font très bien repréfentés. Comme ce lieu eft plus fpa cieux, elle y faifoit fa demeure la plus ordinaire. Il y a une fontaine, dont l'eau s'entretient claire & nette, fans tarrir jamais, quoiqu'elle ne foit que dans un roc, qui ne devroit fouffrir naturellement que de la féchereffe. Le premier étage ne tire aucun jour que de fon entrée, où d'un côté eft le petit cheur des religieux, ⚫ qui viennent y chanter l'office. La facriftie eft de l'autre côté. Ce couvent a été fondé depuis cinq ou fix cens

ans par un évêque de Mende, qui le fit bâtir avec un petit cloître de quelques cellules, le tout fi bien me→ nagé dans le rocher, qu'il femble fe foutenir de foi-même, & on diroit qu'il ni auroit aucun bâtiment. Il faut descendre quelques degrés pour prendre le chemin du faint Pilon, qui en langue provençale veut dire Pilier. Ce chemin a été accommodé pour en rendre la montée un peu moins rude, jusqu'à ce qu'on foit arrivé au plus haut de la montagne où eft ce pilier, qu'on y a mis pour marquer l'endroit où l'on tient que la fainte pémitente fut enlevée par les anges. Il tient à une petite chapelle bâtie au bord du précipice, en forme de dôme, où il a y un tableau qui repréfente cet enlevement. De ce lieu on ne voit d'un côté que des montagnes & des rochers, & de l'autre la mer du côté de la Ciotat, qui n'en est éloignée que de deux lieues. Au bas du rocher après la Sainte Baume, eft une plaine environnée de montagnes. Il y a au pied du même rocher une forêt de fapins, mêlés avec d'autres arbres, partie plantés dans la plaine, partie fur le penchant de la montagne ce qui fait comme un cercle autour de cette fameuse folitude.

BAVOTA, ville d'Italie, au territoire de Salentins, felon Prolomée, l. 3. c. 1. Ses interpretes lifent BauBOTA ou même BAUSTA. On croit que c'eft préfentement PARABITA, village du royaume de Naples, dans la terre d'Otrante, à fix milles de Gallipoli, vers le levant. * Baudrand, éd. 1682.

BAUSKE, ce nom, comme le remarque Zeyler Livon. Topog. p. 10. eft diversement éctit fur les cartes & dans les relations des voyageurs; BAULSKE, BAUSCHE, BAUSENBORGH & BAUTSCHBURG. Une entre autres affure que ce n'eft qu'une petite ville ouverte, appartenant au duc de Curlande qui y a une maifon, & qui réfide à Mittau, à fept milles de là. Mais, continue l'auteur cité ci-devant, il fe peut faire que Bauske ait été fortifié depuis ce tems-là; car de fon tems, c'est-à-dire, vers le milieu du dix-feptiéme fiécle, on l'a regardé comme une des plus importan tes places de la Semigaile. Le roi de Suéde Guftave Adolphe la prit en 1625, après quoi il livra le fept janvier 1626, la bataille où les Polonois furent défaits à plate couture, & perdirent tout leur bagage & toute leur artillerie. Elle eft aux frontieres de la Samogitie, au - deffus de la jonction des rivieres de Muffa & de Suffa, qui vont à Mittau fe perdre, avec un grand nombre d'autres ruiffeaux.

BAUTZEN, Butiffina, ville d'Allemagne, dans la Haute Luface, dont elle eft la principale ville, & qui à caufe d'elle a eu quelquefois le nom de Marchia. Budiffinenfis. Drefferus, dans la defcription qu'il en a faite, dit qu'on tient que ce nom lui fut donné par un duc de Bohême, vers l'an 800, & qu'auparavant le pays s'appelloit Nisin ou Nissana, & qu'enfin avant l'an de l'ere vulgaire 1466, on ne trouve dans les écrits aucun veftige de la divifion de la Luface, en haute & en baffe, La citadelle qui étoit vis-à-vis de Bautzen, audelà de la Sprée, & que l'on nommoit BROTSCHENBERG, doit être fort ancienne; & quoiqu'elle ne fubfifte plus, on en trouve encore d'anciens murs dans la terre; & la montague où elle étoit en conferve toujours le nom. La Sprée fur laquelle la ville de Bautzen eft fituée, a fa fource environ deux milles au-dessus dans le village de Spreuberg. L'an 1000, Boleflas Chabri, premier roi de Pologne, prit Bautzen. L'empereur Henri II la reprit avec bien de la peine, & la rendit contribuable à l'empire. Dans la fuite Henri IV, trouvant que les Wendes l'avoient enlevée à l'empire, & fe voyant aidé des Saxons & de Wratiflas alors duc, & enfuite roi de Bohême, obligea les Wendes à céder à la Bohême cette ville avec la Luface, & de fon côté le roi de Bohême donna Bautzen & les environs à fa fille Judith, femme de Wipert, comte de Groitz,à titre de dot, vers l'an 1080. Judith mourut à Bautzen l'an 1091, & fut enterrée à Pegau en Misnie, dans l'église de Saint Jacques qu'elle avoit fondée. Wipert II, leur fils, étant mort fans enfans, Bautzen & fon territoire fu rent affligés de mille malheurs, & pafferent à la Bohême, après avoir été ravagés & presque ruinés. L'église collégiale paroît avoir été fondée par ceux de Misnie;

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

car les prevôts font toujours élus d'entre les chanoines de Misnie & le chapitre de Bautzen, & fes revenus relevent de l'églite de Misnie. La paroiffe de Bautzen a été ou bâtie ou rebâtie par Bruno, évêque de Meilen, l'an 1213 ou 1219 L'électeur de Saxe, Jean George, l'affiégea en 1620, au nom de l'empereur Ferdinand II, & y fit de grands dégats par fon artillerie; l'année fuivante le château fut brûlé par la négligence des foldats. L'électeur de Saxe s'étant allié avec les Suédois, & les Impériaux s'étant emparés de la ville, & voyant que ceux-ci les y alloient affiéger mirent le feu au fauxbourg au mois d'avril 1634, & le réduifirent en cendres, mais la violence du vent fit que le feu gagna la ville, où il ne refta pas une feule maifon & qu'il y périt plufieurs centaines de perfonnes & fur-tout beaucoup d'enfans. Cette ville fouffrit beaucoup jusqu'à la paix qui lui rendit fa premiere tranquillité. Elle appartient à l'électeur de Saxe, & eft à fept milles de Dresden & à quatre de Gorlitz. Sa fituation est haute & baffe, & fon château eft naturellement fort par fon affiette, étant fur des roches hautes & escarpées. * Zeyler, de Thuringia, Misniæ & Lufat. Topogr. p. 26, & fuiv.

BAUX (les), bourgade de France, en Provence, au diocèse d'Arles, à trois lieues de cette ville, allant vers Aix. Le dénombrement de la France, t. 2. p. 321. ne la compte que pour fix feux. De Longuerue, Defcript. de la France, i. part. p. 357. en fait une ville. On l'a nommée en latin Baltium, & par corruption Baucium. Elle est, dit-il, du nombre des terres adjacentes, qui ne font pas membres du comté de Provence. C'étoit autrefois un état libre & indépendant de tout autre que des empereurs, fucceffeurs des rois de Bourgogne & d'Arles. Hugues étoit feigneur des Baux dès l'an 1040, fous le regne de l'empereur Henri, fils de Conrad le Salique. Ce feigneur dans une charte fur fon fceau, paroît à cheval avec l'écu au cou & l'épée à la main. Ces feigneurs acquirent dans la fuite jusqu'à foixantedix-neuf places en Provence, qui furent nommées à caufe d'eux TERRES BAUSSENQUES, dont les habitans étoient exempts de tous tributs. Bertrand, feigneur des Baux, époufa Tiburge, héritiere de la principauté d'Orange. Ces feigneurs des Baux firent long-tems la guerre aux comtes de Provence. Enfin l'an 1178, Hugues, feigneur des Baux, fe foumit, tant pour fa terre des Baux que pour toutes les Terres Bauffenques; à Alphonfe, roi d'Aragon, comte de Provence, à qui il fit hommage, à la charge qu'on conferveroit tous fes priviléges avec les libertés & les immunités de tous fes fujets. Cette maifon des Baux finit en Provence, en la perfonne de Raimond des Baux, prince d'Orange, qui n'eut que deux filles; l'aînée Marie, qui avoit époufé Jean de Challon, fut princesse d'Orange ; & la cadette nommée Elis, qui avoit eu en partage la feigneurie des Baux, mourant fans poftérité l'an 1426, la laiffa à fes parens établis dans le royaume de Naples, descendans par mâles de Bertrand des Baux, qu'on écrit en italien del Balzo, & elle leur fubftitua fes parens les princes d'Orange, descendus de fa four Marie des Baux. Les officiers du comté de Provence s'emparerent de la terre des Baux qu'ils confisquerent, parce qu'elle avoit été donnée à des étrangers fujets au droit d'aubaine, fans que la fubftitution faite en faveur des princes d'Orange leur fervit de rien. Cette feigneurie fut donc unie au domaine du comté de Provence, & mife au nombre des terres adjacentes. Elle en a été desunie & démembrée par Louis XIII, qui l'ayant érigée en marquifat, J'a donnée au prince de Monaco, l'an 1642. BAUXARIS, nom d'un lieu dont il eft fait mention au Code de Théodofe, 6. tit. de Palatinis. BAYA. Voyez BAYE.

BAYA DE LAS ALMADIAS, ou la Baie des Barques ou des Nacelles, petit golfe d'Afrique, au royau me de Congo, dit Corneille, qui cite le voyageur cu

rieux.

BAYA HERMOSA, Sinus Hermofus, petit golfe d'Afrique, dans la partie méridionale de la Cafrerie. Les François l'appellent Beauport, & les Hollandois het Mofel Bay. Il a été découvert par les Portugais qui lui Qnt donné ce nom. Il eft entre le golfe de Sainte Ca

therine au couchant, & celui de Saint François au levant, environ à cent lieues du cap de Bonne Espérance, vers l'orient.

BAYA HONDA, petit golfe d'Amérique, dans l'ifle de Saint Domingue, fur la côte feptentrionale de l'ifle. BAYA DE TODOS OS SANTOS, Sinus omnium Sanctorum, petit golfe de l'Amérique méridionale au Brefil,& fur la côte orientale: le nom Portugais eft Babia, & non Baye. Les François l'appellent la Baie de tous les Saints.Elle eft joignant la capitainie de ce nom,& proche la ville de Saint Sauveur, qui eft fur la côte orientale, à qui elle communique fouvent fon nom, puisqu'on l'appelle auffi la Baie de Saint Sauveur, ou Saint Sauveur la Baie. Il y a quelques ifles dans ce golfe; l'ifle de Cazanayra, dos Fontes, dos Frados ou des Moines, de Mare,& de Taparica qui eft la plus grande; les rivieres qui s'y rendent font celles de Jeguaripe, Peroazu, Matuyn,Seregippe del Conde, Pitanga & Tapezipa. BAYAHA, port de la côte feptentrionale de l'ifle de Saint Domingue, aujourd'hui Port Dauphin.

BAYE, Sinus; c'eft un enfoncement de la mer dans les terres,, ou un golfe, dont l'entrée eft plus large que l'enfoncement, à la différence de l'anfe dont l'entrée eft plus ferrée: mais on ne s'arrête guères à ces différences. Quand il a plu à un matelot ou à un voyageur de nommer quelqu'un de ces enfoncemens, anfe, ou baie, ou golfe, le nom lui en eft domeuré.

LA CAPITAINIE DE LA BAYE, Sinûs Capitania, Prefectura, pays de l'Amérique méridionale, & une des treize provinces du Brefil.

BAYE D'ANTONGIL, Antonii Ægidii Sinus, petit golfe d'Afrique, fur la côte orientale de l'ifle de Madagascar, & dans fa partie feptentrionale, près de l'ife de Sainte Marie. Ce font les Portugais qui l'ont ainfi nommé, quand ils le découvrirent. Flacour marque que ceux du pays l'appellent Manghabei. Il a environ quinze lieues de long, ayant au feptentrion le pays de Vohemare.

BAYE DE BAFFIN, Baffini Sinus grand golfe do" l'Océan glacial, dans les terres Arctiques, au feptentrion de l'Amérique. Il s'étend fort à l'occident du détroit de Davis, & fut découvert en 1623, par Guillau me Baffin Anglois, qui lui donna for nom.

BAYE DES BASQUES, Vasconum Sinus, golfe dans l'Amérique feptentrionale, fur la côte occidentale de l'ifle de Terre-Neuve, au nord du cap de Raie.

BAYE DE BUTTONS, Buttonii Sinus, golfe de l'Amérique feptentrionale, vers les terres Arctiques, qui fait partie de la baie de Hudfon. Voyez BUTTONS-BAYE.

BAYE BLANCHE, Sinus Albus, golfe dans l'Amérique, fur la côte orientale de l'ifle de Terre-Neuve, entre Belle-Ifle & l'ifle aux Oiseaux.

BAYE DE BONAVENTURE, Bonaventura Sinus, petit golfe de la mer Pacifique, en Amérique, fur la côte du royaume de Popaian.

BAYE DE CADIX, Gaditanus Sinus, petit golfe de l'Océan, fur la côte d'Espagne, près de l'Andaloufie, entre l'ifle de Cadix au midi, & les embouchures des rivieres de Guadalquivir & Guadalete, vers le feptentrion.

BAYE DE CANCALE, petit, golfe de la Manche, fur la côte de France & de la Bretagne, près de S. Malo, entre la Bretagne & la Normandie. Il s'étend jusqu'à Avranches. C'est environ au milieu de ce golfe qu'eft lo Mont S. Michel. Quand la mer s'eft retirée, ce n'eft plus qu'une greve.

BAYE DE CARDRONAC, Cardronacenfis Sinus, port d'Angleterre, dans la partie feptentrionale de la province de Cumberland, à l'embouchure de la petite riviere de Wampul, & proche du golfe de Solway, dans la côte de la mer d'Irlande.

BAYE DE CAVITE, Sinus Manila ou Cavite, golfe de l'Océan des Indes, aux Philippines. Il s'étend fort au long dans la partie occidentale de l'ifle de Manille,& jusqu'à quatre-vingt mille pas proche de la ville de Manile, d'où vient qu'on l'appelle auffi quelquefois la baie de Manille.

BAYE DES CHALEURS : c'est un assez bon havre fur le golfe de Saint Laurent,& d'une grande profon deur. Jacques Cartier qui la découvrit en 1534, y fouf

frit beaucoup de chaud, & lui donna le nom qu'elle porte. Ce n'eft pas que les chaleurs y foient plus grandes qu'ailleurs; mais c'étoit au commencement du mois d'août : on l'appelle auffi la Baie des Espagnols; & une ancienne tradition porte que des Caftillans y étant entrés quelques années avant Cartier, & n'y trouvant point d'apparence de mines, répéterent fouvent entre eux ces paroles Aca Pada, il n'y a rien ici. Les Sauvages les répétoient auffi, quand ils virent les François, qui crurent que c'étoit le nom du pays. Quoi qu'il en foit, plufieurs auteurs ont parlé du voyage des Espagnols en ce pays-là. Depuis le 15 de mai jusqu'au 25 de Juillet, on pêche dans cette baie une quantité prodigieufe de loups marins. Cette baie eft par les 47 d. 30 min. de latitude nord, & environ à vingt lieues de l'ifle de Saint Jean, qui lui refte au midi, précisément au détour de Gaspé qui lui reste au nord.

[ocr errors]

BAYE DE LA CHESOPEAK, Chefapecus Sinus golfe de l'Amérique feptentrionale, & partie de la mer du Nord, entre la Virginie & le Maryland, où il se décharge plufieurs rivieres confidérables, nommément celles de Sasquahana, Patomeck, Rappahanock, Pocomoack, Chaptanck, Yorck, & James, avec d'autres moins confidérables.

BAYE DE LA CONCEPTION, Sinus Conceptionis, golfe de l'Amérique, dans la nouvelle France, & dans la côte orientale de l'ifle de Terre-Neuve, près de la baie de la Trinité, qui eft au feptentrion.

BAYE DE DINGLE, Sinus Denglia, petit golfe d'Irlande, fur la côte méridionale de la province de Mounster, & au comté de Kerry où fe jette la riviere de Magni.

BAYE DE DOVARNENES, Sinus Dovarnena petit golfe de France, dans la Baffe Bretagne, près de la ville de Dovarnenes qui lui donne le nom, au diocèfe de Cornouailles.

BAYE DE LA WARE, Sinus Vara, baie en Amérique, entre le pays de Maryland & la nouvelle Angleterre.

BAYE DE FONCECA, Sinus Fonfeca, baie de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, au pais de Guatimala, fur la côte de la mer Pacifique. On l'appelle autrement le Golfe d'Amapalla.

1. BAYE DE FRANCE, Sinus Francicus, golfe de l'Afrique, fur le golfe de la Guinée, & près du cap de Sierra-Liona. Il a été ainfi nommé par les François, qui ont navigé les premiers en ces quartiers-là, vers l'an 1384, felon Bellefond.

2. BAYE DE FRANCE, Sinus Francicus, partie considérable de l'Océan, fur la côte occidentale de France, que l'on appelle autrement la grande Baie de Fran ce, & le Golfe de France. C'est le nom que tous les pilotes donnent à cette partie de l'Océan occidental, qui fait un grand golfe entre le cap de Saint Mahé dans la Baffe Bretagne, au feptentrion, & le cap de Fineterre au midi, en s'étendant vers les côtes de la Bretagne, du Poitou, de la Saintonge, de la Gascogne, de la Biscaie, de l'Afturie & de la Galice. Sur quoi il eft bon d'obferver que ce golfe ou baie eft omise dans toutes les cartes récentes, qui marquent en cela leur peu d'exactitude, & que la partie qui eft fur la côte de Gascogne, entre les monts Pyrenées & la Gyronde, eft fort fouvent nommée la baie de Bordeaux par les Anglois.

BAYE FRANÇOISE, golfe de la Nouvelle France, qui court fud-ouest & nord-eft, entre l'Acadie & la Côte méridionale du Canada, & qui n'eft féparée de la baie verte, à fon extrémité feptentrionale, que par un ifthme fort étroit, lequel fait la feule communication de l'Acadie avec la terre ferme. On appelle Baie des mines ce fond de la baie Françoife, qui eft terminé par l'isthme. La traverse de la baie Françoife, depuis la riviere de Saint Jean,qui s'y décharge jusqu'à la pointe méridionale de l'Acadie, est très-dangereufe à caufe des vents qui y varient beaucoup, & des courans qui y font très-forts. Hift. de la N. France du P. Charlevoix.

*

BAYE DE GALLOWAY, Gallivenfis Sinus, golfe fur la côte occidentale de l'Irlande, dans la province de Connaugh, proche du comté & de la ville de Galloway, d'où lui vient fon nom, & du comté de Kerry.

BAYE DE GLENLUZ, Glenlufis Sinus, golfe d'Ecoffe, & partie de la mer d'Irlande, dans la province de Gallovay, dans l'Ecoffe méridionale, & proche de

la ville de Withern.

BAYE DE GUATIMALA, Guatimale Sinus, petit golfe de la mer du Sud fur la côte méridionale de la Nouvelle Espagne, & dans la province de Guatima. la, proche de la ville de San-lago de Guatimala. BAYE GUEUSC ou des GUEUX, dans l'Amérique mé ridionale, fur la côte feptentrionale de la terre de Feu, & dans le détroit de Magellan, environ à trois lieues audeffus de la baie Mennifte, en tirant vers le Cap Defiré, Elle fut ainfi nommée par le général Olivier de Noort, dans le voyage qu'il fit autour du monde en 1600. Cette baie eft d'un affez bon mouillage on y trouve quantité d'oies, qui ne peuvent voler qu'à fleur d'eau, & faciles à tuer. Voyage de la Comp. des Indes Occid. t. 2. p. 30.

.

BAYE DE HENRI, dans l'Amérique méridionale, fur la côte feptentrionale de la terre de Feu, & dans le détroit de Magellan, à demi-lieue au-deffus de la baie Maurice, en tirant vers le Cap Defiré. La rade n'y eft pas bonne, parce qu'elle n'a presque point d'abri contre les vents d'oueft. Elle fut ainfi nommée par le général Olivier de Noort, dans le voyage qu'il fit autour du monde en 1600. * Voyage de la Comp. des Indes Occ. t. 2. p. 28.

BAYE DE HUDSON, Hudfonius Sinus, golfe trèsconfidérable dans l'Amérique feptentrionale, & partie de la mer, dans les terres Arctiques; elle fut ainfi appellée par Henri Hudfon Anglois, qui la découvrit le premier en 1612. Les François la nomment la Baie du Nord, à caufe qu'elle eft au feptentrion de la Nouvelle France, n'étant qu'à cent lieues de Quebec, & à autant du grand lac des Hurons. Elle eft fort étendue du nord au fud. Le golfe de Buttons fait une partie de cette baie, dans laquelle fe jettent plufieurs rivieres confidérables, entre autres celles des Affinibouls, des Kiriftinous, des Monfoni, des Outabitibi, & des Pechicourounious, & celles de Kechifchiaven, Nemisco, & Penachifchioven, felon Jolliet & Radiffon, qui ont couru fur les côtes méridionales de cette baie où les Anglois avoient ci-devant trois petites habitations; mais on les a fait retirer en 1686, depuis que les François s'en font rendus les maîtres.

C'est en 1611, que les Anglois placent la découverte de cette baie & du détroit qui y conduit, par Henri Hudson, qui cependant n'y fit aucun établiffement. Elle s'étend du nord au fud depuis les 64 degrés d'élévation du pôle, depuis l'ifle de la Réfolution, & les ifles Boutonnes, qui font à l'embouchure du détroit, jusqu'aux 51. Sa largeur de l'orient à l'occident eft fort inégale; elle a près de 200 lieues dans fa partie feptentrionale: dans fon milieu une presqu'ifle, qui avance aut fud pendant 40 lieues, & l'ifle Mansfeld, ou de NotreDame, rendent le paffage affez étroit. Au bout de 150 lieues on ne trouve plus que 40 lieues de large, & dans le fond de la baie à peine y en a-t-il trente-cinq.

Les premiers qu'on fache certainement, qui ayent pris poffeffion de cette baie, font les François en 1656. Le fieur Bourdon y fut envoyé à ce deffein par M. de Laufon, gouverneur général de la Nouvelle France; il fit le voyage par mer, parcourut toute la côte de Labrador, entra dans la baie, ne trouva nulle part aucun vettige d'habitation, ni de prise de poffeffion, & fit tout ce qui étoit néceffaire pour affurer le droit de fon fouverain. Cinq ans après des Sauvages du fond de la baie étant venus à Quebec demander des miffionaires; le vicomte d'Argenson, fucceffeur de M. de Lauson, leur accorda le P. Dablon Jéfuite, & le fit accompagner par le fieur de la Valiere, avec ordre de renouveller les prifes de poffeffion faites par Bourdon, ce qu'ils exécuterent. Le certificat du P. Dablon fut cité dans les inftructions données à MM, de Talard & d'Hervaux,nom. més commiffaires pour le réglement des limites, entre l'Angleterre & la France, dans l'Amérique, après le traité de Ryfwick.

En 1662, deux François transfuges du Canada, conduifirent des Anglois dans le fond de la baie, & ceuxci y firent deux ports; ils nommérent l'un Quitchit,

[ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors]
« PrécédentContinuer »