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en qui il paroît quelque beauté, & ils les habillent richement. Ils les logent dans de fort belles maisons, où elles trouvent des amis qui leur donnent de quoi fubfifter fort à leur aife. Elles fe font voir aux fenê tres, & les portes du logis s'ouvrant à toute heure, on entre chez elles avec une entiere liberté. Cependant elles font mariées le plus fouvent à des malheureux qui pendant les plus douces converfations, viennent faire à contre-tems les maîtres de la maison. * Vincent le Blanc, voyages, 1. part. c. 12. Cet article auroit été négligé fur la foi de l'auteur cité ci deffus, fi Corneille ne l'avoit inféré dans fon dictionnaire. Cette ville nommée Bachat dans ces deux auteurs, n'eft autre que BARU. Voyez ce mot.

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BACHIAM, BACHIAN OU BACQUIAM & BATSIAN ou même, felon Corneille, BACHAN, BACTIAN, BATESIAN, & PATIAN; ifle de l'Océan oriental, auprès de la ligne, & dans l'archipel des Molucques, dont, felon Gemelli Carreri, t. 5. p. 228. elle eft la cinquiéme ifle & la plus grande, à 16 lieues de Machian. Son circuit eft de 12 lieues. Baudrand la met, au contraire à trente milles de Machian, & un peu moins des côtes de Gilolo. Il ajoute qu'elle eft traversée de plufieurs canaux qui la rendent très-fertile, & qui femblent en faire plufieurs ifles. Elle dépend, dit-il, du roi de Bachian, auffi bien que la ville capitale de même nom; & plufieurs autres ifles voifines, comprifes fous le nom des ifles de Bachian. Gemelli Carreri dit que ce roi paye tribut & fait la fuba, c'est-à-dire, rend hommage au roi de Ternate. L'hiftorien de la conquête des Molucques, t. 3. p. 20. dit que le royaume de Bachian avoit fon roi particulier, qui poffédoit auffi Marigoran, & y tenoit fa cour. Il décrit ce royaume, p 23. comme un grand pays défert, abondant en fagu, en fruits, en poiffon, & en plufieurs fortes de vivres, mais mal peuplé, n'ayant que des habitans pareffeux, qui n'aimoient que le plaifir: c'eft par-là, dit il, que d'un affez puiffant royaume que cette ifle avoit formé autrefois, elle étoit tombée dans une grande décadence ; & qu'on y recueilloit peu de clou, que même les girofles y étoient péris, quoiqu'ils y crusfent mieux qu'en aucun autre endroit. Baudrand y met le fort de Barneveld que les Hollandois poffedent, Ce fort n'eft point dans l'ifle de Bachian, mais dans celle de Labova. Il est vrai qu'au rapport de l'hiftorien des Molucques, ces deux ifles font fi voifines, que fouvent on les comprend fous le nom de la premiere. Mais cela ne doit point être permis à la géographie, qui doit diftinguer avec plus de précision: d'autant plus que felon le même hiftorien, elles avoient chacune leur roi. Gemelli Carreri y met un volcan femblable à celui de Tidor. Dans le dictionnaire du commerce, t. 1. p. 213. on dit très-mal: Les forts de Brachiam (Bachian ) font Labora ( Labova ) sur la côte, & Gemmedoura dans les terres. Le fort de Labova eft le fort de Barneveld. L'hiftorien des Molucques, ni les relations de la compagnie Hollandoife des Indes orientales ne font mention que de celui-là dans les ifles de Bachian ; fi l'on veut nommer ainfi Labova & quelques autres du royaume de ce nom.

BACHILIONE. Voyez BACCHICLIONE. BACHILITA, ancien peuple de l'Arabie Heureufe, felon Pline, l. 6. c. 18.

BACHINA, ifle de la mer Mediterranée devant la ville de Smyrne, felon le même. Tite-Live, l. 37. la nomme BACHIUM.

BACHU, BACHIE, BACU, BAKUYE, BACHAT, BACKI & BACKU. Voyez BAKU.

BACHURIM. Ce mot fe trouve au 2. livre des rois, c. 16. v. 5. &c. 3. v. 16. Les Septante & Jofeph difent, felon les divers exemplaires, Barachin, Bathureim, Baourim & Bachouria; Bachora, Bochoure, & Choraba. Ce font tous divers noms d'un même lieu. Bokchoure étoit un village dans le territoire de Jérufalem, comme il paroît par le 7. livre des antiquités de Jofeph, c. 9. * Reland. Palest. p. 624.

BACIENNI. Voyez BATIENI.

BACIO SARAI, ville d'Afie, dans la petite Tartarie, dont elle et la capitale & la réfidence ordinaire du khan, ou prince des Tartares. Elle eft fituée fur la

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riviere de Cabarta, à cinquante mille pas de Kaffa au couchant vers Precops. Baudrand, éd. 1705. qu fournit cet article, ajoute qu'elle pourroit bien être l'Affirani des anciens. D'autres écrivent BACIESARAY. BACKEWEEN, bourg des Pays Bas, dans la province de Frife: il eft dans l'Ofterland, près d'un grand marais, vers les confins de la feigneurie de Groningue. Le mot WEEN, eft fouvent employé dans les noms propres géographiques des Provinces-Unies, & fignifie un lieu dont on a coupé la terre pour en faire des tourbes à bruler ; & ordinairement ces lieux ainfi creufés fe couvrent d'eau, ce qui fert à faigner les marais d'alentour.

BACKOU, ville de la Moldavie, fur la riviere d'Arari, proche les frontieres de la Valachie. Elle est assez bien peuplée, & fut ornée d'un évêché fuffragant de l'archevêque de Colocza par le pape Clement VIII. Elle eft à trente mille pas de Tarwifch, au feptentrion, en allant vers Braffow. Elle eft nommée dans la plupart des cartes récentes BRACKOW ou BRAISLow. Baudrand, éd. 1705.

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BACLAN, contrée de Perfe, dans le Chorafan, & vers la riviere de Gihon ou Gihun. * Baud, éd. 1705. BACTRA, (au genitif orum) ancienne, grande & riche ville d'Afie, capitale de la Bactrianne. On la nommoit auffi Zariaspa, felon Strabon, l. 11. p. 516. & Pline, 1. 6. c. 15. 16. Il paroît par un paffage de ce dernier, que l'ancien nom étoit Zariaspe, & le nouveau BACTRUM au fingulier; & que Zariaspe étoit le nom du fleuve qui l'arrofoit. Strabon plus ambigu, dit que Bactra, nommée auffi Zariaspa, étoit arrofée d'un fleuve de même nom; de forte qu'il eft difficile de deviner lequel de ces deux noms lui étoit commun avec ce fleuve. Quinte-Curfe, dont l'autorité n'eft pas fort grande en matiere de géographie, dit que Bactra, capitale du pays, eft bâtie au pied du mont Paropamife, & que fes murs font lavés par la riviere BACTRus. Polyænus, l. 7. c. 11. fait mention d'une riviere de ce nom. Cependant Prolomée place Bactra, non fur le fleuve Zariaspe, mais fur le Dargide: il ne la met pas au pied du Paropamife, qui eft la borne méridionale du pays, mais affez loin de là, presqu'au milieu de la Bactriane. Cette différence de fentimens dans les anciens, qu'il n'eft pas aifé de concilier, eft étonnante, puisqu'il s'agit d'une capitale illuftre dans l'histoire & fait voir en même tems combien peu font fondés ceux qui cherchent à BADASCHIAN ou à BALC, une ville dont l'ancienne pofition eft fi peu connue. Baudrand la nommé en françois BACTRE au fingulier. Vaugelas dit BACTRES au plurier, par analogie aux noms Thebes, Athenes, Mycenes, &c. formés des noms pluriels, Theba, Athena, Mycena, &c.

BACTRI, peuple d'Afie, felon Denis le Periegete, 2. 7.736.737. qui le place auprès de Mardus, fleuve qui fe jette dans l'Oxus, & lui donne outre cela une large contrée fous les côteaux du Parnaffe. Sur quoi Euftathe remarque que cette montagne eft la même que le Parpamisson. Cela s'accorde assez avec ce que dit Strabon, que la riviere qui couloit à Bactres se jette dans l'Oxus. Je ne fais pourquoi Ortelius impute à Denis d'avoir mis ce peuple dans la Medie. Voyez l'article fuivant.

BACTRIA, felon Cellar. Geog. Ant. l. 3. c. 21. ou BACTRIANA, en françois LA BACTRIANE, pays d'Afie. Il avoit pour bornes la Margiane au couchant, l'Oxus au nord, le Paropamife au midi, des nations Scythes & Meffagetes, & autres à l'orient. Ce pays qui étoit grand & riche, avoit diverfes rivieres, qui presque toutes coulent du nord au fud, & fe perdent dans l'Oxus: l'Oxus qui lui fervoit de bornes au couchant, ou qui du moins en arrofoit la frontiere & reçoit les eaux du Dargomanes ou Argomanes; le Zariaspe qui reçoit celles de l'Artamis; & enfin le Dargide. Ptolomée nomme dans ce pays divers peuples & divers lieux, dont on ne connoît guères que les noms. Quant aux peuples, ils font tous inconnus, excepté les Zariaspes qu'il place au-deffous de l'Oxus. On ne fait à présent ce qu'étoient les SALATARES, les COMARES, les CoMES, les ACINACES, les TAMBYSES, les TOCHARES, les MARYCE'ENS, les SCORDES, les VARNES, les AYA

DIES, les ORSIPPES & les ARIMASPIENS. On n'eft pas plus inftruit fur la fituation de quelques places qu'il nomme, fi nous en exceptons BACTRA & EUCRATIDIA. Il ne parle point d'ALEXANDRIE, ville de la Bactriane, ni de DARARSA ou Adrapfa, nommée par Strabon, l. 11. & l. 15. ni d'AORNI, grande ville de la Bactriane, felon Arrien, l. 3. c. 29. ni de CARIATA, détruite par Alexandre, au rapport de Strabon,l: 11. p. 517. ni de SISIMETHRA PETRA, où ce même roi célébra fes noces avec Roxane, fille d'Oxyarte, felon le même géographe. En échange, Ptolomée met au midi Maracanda & Mara-Codra, & il y a bien de l'apparence que la premiere eft Maracanda, ville de la Sogdiane. Baudrand, éd. 1705. dit qu'elle étoit presque renfermée entre la riviere de Bactrée, aujourd'hui BULCAN OU BUCHIAN, & celle d'Oxus, à préfent Gehun. La riviere de Bactrée eft inconnue aux géographes & ne peut être que le Bactrus de Quinte-Curfe, qui nomme ainfi le fleuve Zariaspe, & dont, comme je l'ai remarqué, l'autorité ne mérite pas que l'on dérange rien de ce qui fe trouve dans les géographes. Voyez BACTRUS. D'ailleurs, fi le fleuve Bactrus ou Bactrée, comme Baudrand l'appelle, étoit aux frontieres de la Bactriane, il faudra que ce foit le même que l'Ochus duquel Pline, l. 6. c. 16. dit que la Bactriane est enfermée, & par conféquent il ne paffera point à Bactra, qui étoit presque au milieu de la Bactriane, felon Prolomée, l. 6. c. 11. Baudrand conclut de cette position que la Bactriane répond à la partie du Mawaralnahar ou de l'Ufbec, qui eft au midi de Gehun. Ce n'est pas affez dire, car, felon lui, le Bactrus ou la Bactrée est aujourd'hui le Bulcan ou le Buchian riviere ainfi nommée d'un village appellé Buscheng par de l'Ifle, qui nomme cette riviere, riviere d'Herat ou d'Heri, du nom d'une ville plus célèbre qu'elle arrofe. Or cette riviere coule presque entierement dans la Perfe: ainfi il y a une partie du pays du Chorafan & de l'Aftrabat, qui entroit autrefois dans la Bactriane, outre le pays de Balc qui eft de l'Ufbek, & peut être une partie du Tocareftan.

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BACTRUM. Voyez BACTA.

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BACTRUS, fleuve de la Bactriane. Quinte-Curse, 7. c. 4. nomme ainfi celui qui couloit à Bactra: ainfi ce doit être le même que le Zariaspe de Pline ou de Strabon, comme je le remarque au mot Baltra, ou le Dargide de Ptolomée. Ariftote , Meteorologicorum 1. 1. c. 13. le fait couler du mont Paropamife. Ce fleuve n'eft point ainfi nommé par Pline, quoiqu'Ortelius femble le dire: ce qui l'a trompé, ce font ces mots de Pline, L. 6. c. 17. BACTRI quorum Oppidum ZARIASPE, (quod pofteà BACTRUM ) à flumine appellatum eft. Il a cru que le nouveau nom venoit du fleuve, au lieu que c'eft le premier & le plus ancien qui étoit commun au fleuve & à la ville. Niger croit que fon nom moderne eft BOCHARA; mais il fe trompe lourdement; car la riviere de Bochara ou Bokara coule auffi à Samarcande, & tout fon cours est au nord de l'Oxus ou Gihun, c'est-à-dire jusqu'à fon embouchure; ce fleuve directement oppofé à celui du Bactrus des anciens, qui ayant sa source dans le Paropamife, partie du mont Taurus, va vers le nord chercher l'Oxus pour s'y perdre. Baudrand, éd. 1682. le nomme Buschian, & c'est le même nom que Buscheng village qui eft près de la fource de la riviere que de l'Ifle nomme d'Herat ou d'Heri, du nom d'une ville capitale d'un pays nommé comme elle. Cette riviere eft connue depuis Buscheng jusqu'à Herat ; mais comme elle coule enfuite dans le défert peu fréquenté, fon cours eft moins connu jusqu'à Noefa, après quoi, il n'y a plus de difficulté jusqu'à fon entrée dans l'Oxus. De là vient que ce fage géographe, dans fa carte de la Turquie, de l'Arabie & de la Perfe, a marqué par des points fon cours, depuis Herat jusqu'à Noefa.

BACTUNIUM, lieu de la Thrace, felon Nicetas, cité par Ortelius.

BACUATE, peuple de la Mauritanie Tingitane, Lelon Ptolomée, L. 4. c. 1. Antonin les nomme Bac

savate.

BACULA. Corneille met une ville de ce nom dans

la Catalogne, & dit qu'elle est aujourd'hui nominés Rhoda. Voyez BAECULA.

BACUNTIUS, riviere de la Pannonie inférieure. Pline,l. 3.c. 25.en fait mention;mais les manufcrits varient & quelques-uns portent Bifacuntius. Cet auteur la défigne fuffifamment, en difant qu'elle fe perd dans la Save,au-deffous de Sirmich. Lazius la nomme Boswetha. BACURII & BACY RIANI,peuples voifins des Parthes & des Medes, felon Etienne le géographe.

1. BADA, fleuve de Syrie, auprès de la ville de Paltos, felon Strabon, l. 15. p. 728. qui dit que c'é toit-là que Memnon fut enfeveli. Cafaubon remarque qu'au lieu de Badav, les manufcrits portent Bardov. Ortelius doute fi ce ne feroit pas Belus.

2. BADA, ville d'Afrique, felon Ortelius, Thefaur. qui s'appuie fur l'autorité de faint Cyprien. Il croit que c'eft la même que Capudbada de Procope, & doute fi ce ne feroit pas la Vata de Strabon. Je la crois la même que Vada en Numidie.

3. BADA, ville de la Macédoine, felon la table de Peutinger & l'anonyme de Ravenne, l. 4. c. 9. & l. 5. c. 12.

4. BADA. Voyez BADE, margraviat d'Allemagne, 5. BADA. Voyez BADE, ville Suiffe.

BADACA, BADACE, ou felon d'autres exemplaires de Diodore, l. 19. BAGADA, petite ville d'Asie, dans la Sufianne fur l'Eulée,

BADACANA. Baudrand dit que c'étoit une petite ville de l'Afie mineure, dans la Bithynie, & il cite Pline qui n'en parle point. Il la met à trente milles d'Heraclée, vers le midi, & à quarante de Nicée, vers le nord. Il ajoute qu'on en voit à peine les ruines.

BADACUM, ancienne ville de la Norique, près du Nadube, felon Ptolomée. Lazius croit que c'eft Obdach, fur la riviere du Levant. Cluvier aime mieux que ce foit Fainbourg, village du duché de Baviere, à la jonction de l'Achza & du Traum, environ un mille d'Allemagne, au-deffous du Chiemfée : & presque à mi-chemin de Burchhaufen & de Wafferbourg. C'est ainsi que Cluvier femble avoir dit la chofe au rapport de Baudrand. Cependant ce géographe cité dit tout autrement. Il prend le Bidaium d'Antonin & Bedaium de la table de Peutinger, pour la même chose que Augufta Badacum. Il ajoute que c'étoit une colonie ; & fur les diftances & la reffemblance du nom, il conjecture que c'eft aujourd'hui le bourg ou la petite ville (Oppidum) de Bambourg fur l'Alza, qui se jette dans l'Inn. Le refte eft de Baudrand, qui devoit citer quelqu'autre auteur.

BADACHXAN. Voyez BADASCIAN.

BADAJOS ou BADAJOX, en latin moderne Badajocium, & anciennement Pax Auguftorum, felon quelques géographes. D'autres prétendent que Pax Au guftorum doit le chercher à Beja. Badajos est une ville d'Espagne, dans l'Eftramadure, dont elle est la capitale. Elle est à une lieue des frontieres du Portugal, & on la regarde comme une des clefs du royaume de ce côté-là. Sa fituation eft fur une hauteur, au bord méridional de la Guadiana. Elle eft affez grande, dé. fendue de quelques fortifications à l'antique, & de divers ouvrages modernes. Elle fut fort connue dans l'antiquité, fous le nom de Colonia Pacentis, felon Pline, & de Pax Augufta, felon Strabon. Après que les Mores l'eurent conquife, il l'appellerent Baxogus, d'où les Espagnols ont formé le nom de Badajos On la divife en deux; favoir, en haute & en baffe ville. Les maisons y font paffablement bien bâties, & les rues affez larges. L'églife cathédrale eft magnifique ; elle eft dédiée à S. Jean, & bâtie fur une belle place, Ses murailles font flanquées de plufieurs tours antiques, & défendues par un vieux château bâti au fommet de la haute ville, au-deffous duquel on voit une fort jolie place, dont les maifons qui la bordent font toutes neuves & ornées de balcons fort propres. Un bon châ teau bâti à la moderne, appellé le Fort Saint Michel qui eft hors de la ville, la couvre du côté de l'Andaloufie & du Portugal Du côté du ponent, elle est défendue contre les Portugais par un autre château appellé le Fort Saint Chriftophe, bâti fur une hauteur, au bord occidental de la Guadiana, un peu au-dessous

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de l'angle que forme la riviere Evora, en fe jettant dans ce fleuve. On a d'abord de la peine à comprendre que ce château, étant petit comme il eft, peut être de grande utilité ; mais dans deux ou trois occafions où les Portugais entreprirent de venir ravager les environs de Badajos, & d'enlever les beftiaux qui paisfoient dans les champs, le feu du canon de cette place les écarta fi bien, qu'ils ne purent rien faire que fuir. *De Vayrac, Etat préfent d'Espagne, t. 1. p. 252.

La chofe la plus remarquable qu'on voie à Badajos. eft un célèbre pont que les Romains firent conftruire fur la Guadiana. Il est bâti de groffes pierres de tailles, avec trente arches, long de fept cens pas, large de quatorze, & parfaitement droit.

Quoique cette ville ne foit pas extrêmement forte, à caufe que le terrein ne permet pas qu'on couvre fes remparts, elle a pourtant eu la gloire de foutenir deux fameux fiéges fans avoir été prife; l'un, contre les Portugais, en 1658, & l'autre en 1705, contre les forces des Anglois & des Hollandois, foutenues par un corps très-considérable de troupes portugaifes. Du refte, elle est fituée dans un terroir fertile en toutes chofes la campagne eft plantée de jardins, de vignes, de figuiers, d'oliviers, de citronniers & d'orangers. Les pâturages y font excellens, & le gibier & la volaille y abondent; mais par malheur l'eau y manque, n'y ayant que celle qu'on va puifer dans la Guadiana, qui eft fort mauvaise ou dans quelque citerne, qui eft encore plus mauvaise. Cette place étoit autrefois un duché qui appartenoit à un feigneur particulier, mais il y a Jong-tems qu'elle fut réunie à la couronne. Elle eft honorée d'un fiége épiscopal, fuffragant de Compostelle. BADAIS, ville de l'Arabie Heureufe, dans le pays des Derra, peuple de cette contrée, felon Ptolomée, 1. 6. c. 7.

BADALONA, ou BADELONA Batulo ou Betulo, ancienne ville d'Espagne, fur la côte de Catalogne, à trois lieues de Barcelone, au levant.

BADANATHA, ville de l'Arabie Heureufe, felon Pline, l. 6. c. 18. dans le pays des Thamudéens. 1. BADARA, ville d'Afie, dans la Gedrofie, felon Ptolomée, l. 7. c. 21.

2. BADARA, ville d'Afie, dans la Caramanie, felon le même, l. 6. e. 8. & Marcien, Perip. p. 23. d'Héraclée, Les interpretes du premier, & Ortelius, croient que c'eft le village de BARNA, dont Arrien de rebus Indicis, fait mention.

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3. BADARA, petite ville des Indes, capitale du pays ou royaume de même nom, dans la presqu'ifle de l'Inde, deçà le Gange, au Malabar, & à fix lieues de la ville de Calicut, vers le feptentrion. Baudrand, éd. 1705. Elle eft négligée fur les excellentes cartes que Reland & de l'Ifle ont données de cette presqu'ifle. Ce n'eft qu'une baie, vraie retraite de corfaires, & par conféquent peu fréquentée par les vaisfeaux marchands Européens qui pourroient en donner une connoiffance plus exacte. Le medecin Dellon, dans fon voyage aux Îndes orientales, la nomme BARGARA. Voyez ce mot.

BADASCHIAN, BADACHXAN, ou BUSDASCAN, Badachxium, ville d'Afie, dans le Maurenahar, & capitale de la province de même nom, vers les montagnes & les frontieres du Grand Mogol, & à treize journées de Balch, felon Gollius. Quelques géographes la prennent pour l'ancienne Baitre. * Baudrand, éd. 1705.

BADATIUM, ville ancienne de la Cherfonnèfe Taurique, felon Ptolomée, l. 3. c. 6. Ortelius croit que c'est la même chofe que le Palacium de Strabon. BADAUSA, ville de la Méfopotamie, felon Ptolomée, l. 5. c. 18. Ses interpretes écrivent DABAUSA. Le grec porte Badavar.

1. BADE, ou BADEN, ville d'Allemagne, eh Suabe, dans le margraviat de ce nom, dont elle est la capitale. Les anciens l'on nommée THERMA INFERIORES, pour la diftinguer de celle qui étoit dans le pays des Helvétiens. Elle eft petite & fortifiée d'un château bâti fur le fommet d'une montagne, où le prince fait fa réfidence ordinaire. Elle eft connue par fes bains, & fon nom ne fignifie en allemand que LES

BAINS. Elle eft à un mille d'Allemagne, éloignée du Rhin au levant, & à cinq de Strafbourg au feptentrion, vers Spire. Je ne fais pourquoi dans le dictionnaire de Corneille, l'article de cette ville eft groffi des remarques d'Edouard Brown fur une autre ville de Bade très-différente, & qui eft en Autriche. Voyez ci-deffous BADE 5. * D'Audifret, Geog. t. 3. p. 186. Baudrand, éd. 1705.

2. LE MARGRAVIAT DE BADE, fouveraineté d'Allemagne, dans le cercle de Suabe. Il a le palatinat & l'évêché de Spire pour bornes au nord; le duché de Wurtemberg & la principauté de Furstenberg à l'orient; le Brifgaw, au midi, & le Rhin à l'occident. Il eft divifé en deux parties. La fupérieure s'appelle Haut margraviat, ou le margraviat de Bade-Baden, & l'inferieure, le Bas margraviat ou le Margraviat de Dourlac. Corn. Dict. D'Audifret, Geogr. t. 3. p. 186. Le Haut confifte en fix bailliages. Le pays en eft bon; mais moins peuplé préfentement qu'autrefois. Outre la ville de Bade, qui en eft la capitale, il a celles de Stolhofen, Beinheim, Kuppenheim & Gersbach. Ces trois dernieres font fur la riviere de Murg.

*

Le Bas margraviat faifoit anciennement partie du Kreichgow. Il a pour ville Dourlac, Etlingen & Pfortzheim.

Le margraviat de Bade a été une feigneurie particuliere, érigée en margraviat par Henri l'Oifeleur roi de Germanie. Herman I, marquis de Hochberg, l'acquit en époufant Judith, marquife de Bade. Henri I obtint le Brifgaw de l'empereur Frederic II, après la mort de Berthold, duc de Zeringen, fon coufin. Anne, fœur de Frederic, feigneur de Sufemberg porta en dot la partie inférieure de cette feigneurie, avec celle de Kenfing, à Henri V; & Heffon I acquit la partie fupérieure avec celle de Sultzberg, d'Heffon, dernier feigneur d'Ufenberg. Herman IV époufa Trimgarde, fille de Henri, comte palatin du Rhin, & ce mariage lui apporta les feigneuries de Dourlac, de Pfortzheim & d'Etlingen. Cunegonde d'Eberstein s'étant mariée avec Herman V, porta à fes fucceffeurs le droit fur le comté d'Eberftein, dont ils ont acquis la plus grande partie, & Rodolphe le Grand acquit une partie du comté de Spanheim, par fon mariage avec Matilde, fille de Jean l'Aveugle, comte de Spanheim.

Les margraves de Bade ont une autorité abfolus dans leurs états. Ils mettent des impôts fur leurs fujets, fans en demander le confentement à qui que ce foit, & même fans affembler les états du pays, ce qui eft contre la coutume ordinaire d'Allemagne. La plus faine opinion eft qu'ils tirent leur origine de la maifon d'Alface, descendue d'Archinoald, maire du palais fous Clovis II. Ils font aujourd'hui partagés en deux branches, celle de Bade qui eft catholique, & celle de Dourlac, qui eft proteftante.

3. BADE, felon les délices de la Suiffe, t. 3. P. 440. fuiv. ville de Suiffe, dans le comté de même nom, Aqua Helvetica, Therma Superiores, ou Caftellum aquarum: elle eft fur la riviere du Limat ou Limmet, dans une plaine refferrée entre deux côteaux fort élevés, l'un au-deçà, l'autre au-delà de la riviere. Cette ville affez belle & médiocrement grande a été illuftre jusqu'ici par fon antiquité, par fes bains, par fon priviléges, & par l'honneur d'avoir la diere des treize Cantons dans fon enceinte, ce qui y portoit de grandes richesses. Elle doit fa premiere origine & fa grandeur à fes bains, qui étoient déjà célèbres du tems de Jefus-Chrift, ou du moins peu d'années après lui, comme Tacite nous l'apprend, Hiftor. lib. 1. qui parlant de Bade dit, qu'elle étoit longâ pace in modum municipii extructus locus, amœno falubrium aquarum ufu frequens. Et c'est une chofe tout à fait admirable que fes bains fe foient confervés jusqu'à ce jour, durant tant de fiécles. On a trouvé une très grande quantité de monumens de fon ancienne magnificence, qui juftifient ce qu'en dit Tacite. L'an 1420, comme l'on ouvrit la groffe fource des bains, ont y trouva quelques figures de divinités païennes, quelques ftatues d'anciens Romains, faites d'albâtre, & quelques piéces de monnoie romaine de bronze, d'Auguste, de Vef

palien, de Decius, &c. C'étoit un ufage de la fupertition païenne, de jetter des pièces de monnoie dans les lacs & dans les eaux; ils prétendoient honorer par là la divinité qui préfidoit fur les eaux, dans les bois dans les champs, & fur les montagnes du voifinage. On a auffi trouvé des idoles païennes, & quantité de médailles d'empereurs romains; un Augufte d'or; un Germanicus de cuivre ; un Commode, & un Aurelien en bronze; Augufte, Philippe, Claude, Alexandre, Severe, Conftant, &c. tous en cuivre; un Antonin Pie, un Trebonien en argent. L'an 1553, un payfan, labourant fon champ, déterra, avec le foc de fa charue, un pot plein de monnoie antique. On y a trouvé auffi plufieurs infcriptions païennes, je n'en rapporterai que celle-ci :

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Il y a deux églifes dans Bade, l'une dans la plaine, & qui eft dédiée à Notre-Dame, qui eft une églife collégiale, grande & affez belle : & l'autre fur la hauteur, dédiée à Saint Nicolas. Il y a auffi un couvent de Capucins, & près de là l'hôtel de ville, qui fert non-feulement aux affemblées du confeil de ville, mais auffi à celles des Cantons. C'est là que la diete s'asfemble dans une chambre fort propre, qui eft faite exprès. Les députés de Zurich y font affis au fond de la chambre, comme étant le lieu le plus honorable, derriere une petite table; les ambassadeurs des puis fances étrangeres font affis à côté, à la droite; & les députés des autres Cantons font rangés en partie aux deux côtés de la chambre, & les derniers fe placent dans des fiéges qui restent : ils font tous affis & couverts; le bailli de Bade & le vice-bailli y affiftent auffi, mais debout & découverts. Lorsque les voix font égales, le bailli peut donner fon fuffrage & faire le plus. Le bailii de Bade fait fa réfidence dans un château, qui eft fitué de l'autre côté de la riviere, au bout d'un beau pont de bois, & couvert, qui eft fur la riviere, Ce château fur bâti par les Cantons l'an 1488, & c'eft la raison pour laquelle on l'appelle le Château-neuf; par oppofition à un autre vieux, qui eft fur la hauteur oppofée, & dans une fituation avantageufe, commandant toute la ville. Ce dernier fut détruit & brûlé l'an 1414, par les Suiffes. Les habitans, qui, felon qui, felon les apparences, enflés de l'étendue de leurs priviléges & de leurs richesses, avoient envie de fe rendre indépendans, réparerent ce château l'an 1659, & s'occuperent à le fortifier pendant les années fuivantes. Il a été démoli en partie dans la guerre de l'année 1712, après que la ville fe fut rendue à discrétion. Devant le château-neuf, le long du grand chemin, on voit dans un pilier rond de pierre une infcription romaine, faite à l'honneur de l'empereur Trajan, & en mémoire de ce qu'il fit paver un chemin dans ce pays-là, l'espace de quatre-vingt cinq milles d'Italie. On voit encore quelques restes de ce chemin dans un bois de chênes, entre Wildek & Arau ; & entre, Kilchdorff fous Bade, & Klingnaw. Les habitans font catholiques, zélés pour leur religion, & ne vouloient point fouffrir de mêlanges de culte dans leur ville. Ils refufoient même aux députés des Cantons proteftans le libre exercice de leur religion, & les obligcoient à obferver les jours maigres, aucun Canton, excepté celui de Berne, n'ayant de maifon en propre dans la ville de Baden; mais il y a eu du changement depuis que les Cantons de Berne & de Zurich fe font rendus maîtres de cette ville du rant la derniere guerre civile de Suiffe. Les bains qui ont rendu cette ville fi floriffante, font à un petit quart de lieue au-deffous, aux deux bords de la riviere. Ceux qui font fur la rive droite du Limat font petits; & il y a là un petit village. Les grands bains font fur la rive gauche, dans un joli bourg, bâti de belles maisons, qui peut paffer pour une feconde Bade. Il eft fitué fur une colline, dont la pente eft fort rude & il s'y trouve un temple dédié aux trois rois. C'est là

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que font les grands bains dans les hôtelleries & dans les maifons particulieres, où l'on conduit l'eau par canaux on en compte près de foixante. Il y a aussi des bains publics au milieu du bourg produits par une fource qui fort au milieu de la rue: on les laiffe ouverts pour l'ufage des pauvres qui s'y baignent gratis. Comme ils font entierement à découvert, ceux qui s'y baignent font exposés à la vue des paffans. On appelle ces bains de pauvres, les bains de S. Verene. Tous ces bains ont fept fources différentes, qui fe trouvent en divers endroits du bourg au bord de la riviere. Il y en a même une qui eft au milieu de la riviere. Une entr'autres eft dans un coin du bourg, qui est chaude à brûler la main; elle eft auprès d'un quartier de rocher qu'on appelle DER HEISESTEIN, c'est-à-dire la Pierre chaude. Les eaux de tous ces bains font chaudes au troifiéme degré, & impregnées de beaucoup de foufre, d'un peu d'alun & de nitre. Leurs fources font toujours les mêmes, fans croître ni décroître. Toute la variation qu'on y remarque, c'eft que vers le commencement de mai & de feptembre, elles pouffent plus abondamment des fleurs de foufre; ce qui fait juger qu'elles ont plus de vertu dans ces tems-là: ces eaux font bonnes à boire, auffi bien que pour le bain. Elles ont beaucoup de vertu pour guérir des maladies qui viennent d'humeurs froides : les maux de tête vertiges, &c. pour fortifier les fens, pour les maux de poitrines & les visceres, afthmes, & obftructions, &c. Elles font particulierement d'un grand ufage pour les maladies des femmes; elles font auffi bonnes contre les maladies chaudes les maladies chaudes, comme fievre, phtifie, &c. 11 y a une autre curiofité dans Bade: on trouve dans les foffés du vieux château, & en divers endroits de la terre, autour des murailles, des dés qui femblent être de pierre, que l'on a cru depuis long-tems être des merveilles de la nature car ils font comme les dés ordinaires, de forme cubique & marqués de points, & ils femblent être de pierre: mais d'habiles gens ont découvert que ces dés font l'ouvrage de l'art, & non pas de la nature, qu'ils font d'un vrai os, & non pas de pierre. Toute la difficulté et de favoir d'où ils viennent, & pourquoi on les trouve dans la terre, même en affez grande quantité: car on dir que le duc de Rohan, qui mourut à Roningsfelden l'an 1638, en laissa un boiffeau entier.

Bade ett très-remarquable dans l'hiftoire moderne par le traité de paix qui y fut conclu entre l'Empire & la France, le 7 feptembre 1714, en confirmation, de celui de Raftadt, conclu le 6 Mars de la même année. On nomme Bade dans ce traité, BADE EN ERGAW.

4. LE COMTÉ DE BADE, pays de Suiffe, & l'une des plus belles terres de ce pays. Il s'étend d'un côté jusqu'à l'Aar, & jusqu'à la jonction de cette riviere avec le Rhin, & de l'autre, jusqu'au-delà du Rhin, où il y a quelques villages qui dépendent du comté de Bade. Ce comté renferme trois villes, Bade capitale, KeyfersStoul & Klingnaw, & un grand bourg qui peut paffer pour ville, favoir Zurzach. Il est arrofé par trois rivieres navigables, qui font le Limat, la Rufs & l'Aar. Le terroir en eft fertile en bleds & en fruits, & il y a des endroits le long du Limat, qui portent des vignes. Cette terre a eu fes comtes particuliers, & & étoit connu dès l'onziéme fiécle: Elle appartenoit à Ulric, comte de Lentzbourg, qui eut trois fils, Ulric, qui fut comte de Lentzbourg; Arnold, qui fut comte de Bade, & Rodolphe, comte de Zug. Les terres & les biens de ces comtes vinrent à ceux de Habsbourg, & enfin aux ducs d'Autriche. Les Suiffes prirent ce comté de Bade fur Frederic, duc d'Autriche, l'an 1415, lorsqu'il eut été excommunié par le concile de Conftance, & mis au ban de l'Empire par l'empereur Sigismond. Ce comté eft partagé en plufieurs petites jurisdictions, qui étoient à diverfes perfonnes. Le comte de Rapersweil y avoit un domaine ou une feigneurie dans laquelle il fonda le monaftere de Vettingin, de l'ordre de Cîreaux, en 1227. Comme ce comé fert de communication entre les deux cantons de Zurich & de Berne, étant fitué entre leurs extrémités feptentrionales, il étoit tout à fait à leur

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bienfeance. mais principalement à Zurich, parce que Bade n'étant qu'à quatre lieues de cette ville, elle auroit été d'autant plus commode au Zuricois, fi elle étoit entre les mains de leurs ennemis, que le comté de Baden s'avance jusqu'à deux lieues de Zurich. Cependant il appartenoit aux fept Cantons qui le gouvernoient felon fes loix propres par un bailli qu'ils nommoient tour à tour. Ces fept cantons étoient Zurich, Berne, Lucerne, Uri, Suitz, Underwald & Zug. Mais la guerre civile de 1712 ayant été funefte aux catholiques, qui fe trouverent les plus foibles, les cantons de Berne & de Zurich s'emparerent du comté de Bade, & les cinq autres cantons ont été obligés de céder leur part de la fouveraineté à ces deux cantons par la paix d'Arau, en confervant aux habitans, leurs franchifes & la liberté de conscience. * Délices de la Suiffe, t. 3. p. 439. & feq. Longuerue, Defcr. de la France, 2. part. p. 289.

5. BADE, petite ville d'Allemagne, dans la Basse Autriche, au pied des monts & de la baffle forêt de Vienne. Voici ce qu'en dit Edouard Brown, dans fon voyage de Vienne, p. 167. & que Corneille a très-improprement appliqué à la ville de Bade en Suabe. Elle n'est éloignée de Vienne que de quatre milles d'Allemagne. C'est une ville affez bien entourée de murailles. Elle eft fituée fur une partie du mont Cetius, qui divife la province de Noricum de la Pannonie. Il y a une petite riviere qui y paffe & qu'on appelle Swechet, laquelle après s'être beaucoup augmentée, va se jetter dans le Danube à un mille d'Allemagne de Vienne. Il y a trois églifes; celle des Auguftins, celle de Notre-Dame, & celle de Saint Etienne. On eftime tout à fait cette place pour les bains chauds, & beaucoup de monde s'y rend de Vienne & des pays circonvoifins. Il y a neuf bains que l'auteur cité fe contente de nommer, parce qu'il en a fait une defcription particuliere, dans les transactions de Philofophie de l'année 1670. Le premier s'appelle le bain du Duc, qui eft fort grand en carré,& au milieu duquel il y a un bâtiment de la même figure. Le fecond eft celui de Notre-Dame, fur un bout duquel il y a une églife de même nom. Le troifiéme eft le nouveau bain. Le quatriéme, le bain de S. Jean, qui eft fait en triangle. Le cinquiéme & le fixiéme, le bain des Juifs, avec une féparation pour les deux fexes. Le feptiéme celui des Gueux, qui eft fi peu profond qu'ils s'y couchent tout de leur long: le huitiéme celui de Ste Croix, pour le clergé, & enfin, le neuviéme eft celui qu'ils appellent Sower, autour duquel il y a de très-beaux baluftres de pierre, & qui eft couvert d'une jolie coupole, où l'on a mis une fort bonne lanterne. Ce lieu eft nommé en latin Aqua Pannonia & Therme Auftriaca. Tous ces noms font écris par quelques-uns BADEN, & c'est la véritable orthographe, puisque Baden, en latin Balnea, en françois les Bains, eft le pluriel de Bad, qui veut dire le Bain, & en latin Balneum; mais comme l'n cft muette, à peu près comme l'NT dans ces mots, ils marchent, ils écrivent, ils difent, &c. l'ufage a commencé depuis long-tems à les retrancher.

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BADEBOU, petit pays d'Afrique, fur la côte de l'Océan, au pays des Negres, & au nord de la riviere de Gambie. Baudrand, éd. 1705. BADEICHORA, lieu de la Caramanie, vers la mer, felon Arrien, cité par Ortelius, Thefaur.

BADEL, felon Ptolomée, l. 4. c. 2. BADEA, felon fon interprete latin, ou Badpa, felon quelques exemplaires; bourg de la Mauritanie Cefarienfe, & non pas Tingitane, comme le dit Ortelius.

BADEN. Voyez BADE.

BADENOTH, Badenacha ou Badenocha, felon Baudrand, éd 1705. petit pays de l'Ecoffe feptentrionale, dans la province de Murray, & proche de celle d'Athol, vers les monts. Il eft féparé en deux par la riviere de Spey. Dans l'état préfent de la Grande Bretagne, Badenoth eft une province Mediterranée, fituée au fud-ouest de Murray, & Riven, fur le Spey, eft fa ville capitale.

BADENWEILER, & non pas Badenville, ou Badenvilliers, comme le dit Corneille, ni Badenviller,

comme on lit dans le dictionnaire françois de Baudrand, ni Badenweller, comme l'ont mis les impri meurs de Hubner; bourg & feigneurie d'Allemagne en Suabe. Ce lieu appartient au bas margraviat de Bade. Audifret, Geogr. t. 3. p. 188. dit Badenweilier, & Badenwiler. La feigneurie de Badenweiler confine, dit-il, avec celle de Saufenberg & fut donnée l'an 1444, par Jean, comte de Fribourg, devant l'official de l'évêché de Bâle,, à Hugues & à Rodolphe, marquis de Bade, de la branche de Hochberg, s'il mouroit fans enfans, comme il arriva.

WEILER, ou fimplement WEIL, fyllabes fouvent employées dans la terminaifon des noms géographiques d'Allemagne, viennent du mot Villare, qui dans la baffe latinité fignifioit un Hameau ou petit village de dix ou douze maifons. Le mot françois Villiers, qui entre auffi dans la compofition de plufieurs noms de lieux, vient de la même origine.

BADEOS, ville de l'Arabie Heureufe, au bord de la mer Rouge, felon Etienne le géographe. Prolomée, qui en fait auffi mention, l. 6. c. 7. la donne aux Casfanites. Il l'appelle Badiou Baoiλtov, ce qui peut être expliqué, comme le font les interpretes latins, Badeo Regia, c'est-à-dire, Badeo la ville royale, ou la cour de Badeos. Molet croit que c'eft préfentement BIADA, d'autres difent que c'eft Socquia, bourgade à quatrevingt-dix mille pas de Médine, en allant au midi, vers la Mecque.

BADERA, nom latin de BAZIEGUES, ville du Languedoc.

BADESIS. Voyez BEDESIS.

BADESSUS, ville ancienne de la Carie, felon Pro lomée. Quelques exemplaires omettent le B, & portent ADESSUS.

BADGHIS, ville d'Afie. Elle communique fon nom à une grande étendue de pays, où font comprifes plus fieurs villes & bourgades, dans la province de Chorafan, & entre autres celles de Herat & de Meru, toutes deux capitales de cette province. Ce pays a été ainfi nommé à cause de ses foupiraux dispofés pour prendre le vent & la fraîcheur que les Perfans nomment Badgbir & Badghiz. L'ufage en eft fi fréquent & fi commode dans cette contrée, que Naffar, fultan de la dynastie des Samanides, quitta le féjour de fa ville royale de Bokhara, afin d'en aller jouir dans celle de Herat. D'Herbelot, Bibl. Orient.

1. BADIA : ce mot fignifie en italien une abbaye & eft devenu le nom propre de quelques hameaux & maifons, qui dépendent ou ont dépendu de l'abbaye voifine.

2. BADIA, ancienne ville d'Espagne prife par Scipion, felon Valere Maxime, l. 3. c. 7. Ortelius dit avoir vu une lettre écrite par Jacques Delgado à Arias Montanus, dans laquelle ce favant affuroit que cetta ville étoit la même que Paze Augusta ( Pax Augusta ): de Strabon.

3. BADIA, ou plus correctement, felon Léandre Alberti, l'ABBADIA, bourg ou château fort peuplé dans le Polefine, fous le diocèfe de Rovigo, près de l'Adigetto, petite riviere. Il appartenoit à la républi que de Venife, avant la ligue de Cambrai, à l'occafion de laquelle Alphonfe, duc de Ferrare, s'en faifit l'an 1509. Mais les Vénitiens l'ayant repris peu de tems après, s'en font toujours maintenus les maîtres. Les François l'occuperent au commencement de ce fiécle pendant la guerre d'Italie ; mais l'abandonnerent auffi-tôt, & la garnifon vénitienne y rentra: la république y envoye un Podestat. * Leandr. Alb. Defcription de l'Ital. p. 353.

BADIAMÆI, peuple de l'Inde en-deçà du Gange, felon Ptolomée, l. 7, c. 1.

BADIATH, ville de la Libye intérieure, selon le même, l. 4. c. 6.

BADIES VICUS, ancien village d'Italie, fur la route de Rome à Adria, entre Falacrinum & le lieu nommé ad Centefimum, parce qu'il étoit à cent mille pas de la capitale. Cluvier, Ital. ant. p. 742. tient que le nom de Badies eft corrompu, & il juge quc ce village eft aux environs du bourg d'Acumulo.

Ce bourg est le même qu'Açumoli, bourg de l'Aa

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