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le Géographe, qui cite Menecrate, Ortélius doute fi ce ne feroit pas la Blandes d'Antonin. Voyez BLAN

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DOS.

1. BLAVET, (le) riviere de France, en Bretagne, au diocèse de Vannes. Après avoir arrofé l'ancien Blavet & le Port-Louis, elle se jette dans l'Océan, vis-àvis de Belle-Ifle.

2. BLAVET, petite ville de France, en Bretagne, & dans fa partie méridionale, fur la riviere de même nom, au diocèse de Vannes. Corneille dit après Jouvin de Rochefort, qu'elle eft défendue d'un fort château, qui de puis quelques années a été bâti fur des rochers, qui font une presqu'ifle, toute occupée de la ville, au bout de la quelle eft un large foflé, où entre la mer, & en fépare ce château; ce qui la rend une place d'importance, en forte qu'on l'a choifie pour y conftruire les gros vaiffeaux du vaiffeaux du roi, à caufe que le pays voifin eft couvert de grands bois, qui fourniffent des arbres propres à ce travail. Cette place, l'une des mieux fortifiées de la côte de Bretagne, fut donnée aux Espagnols par ceux de la Ligue & rendue en 1998, par le traité de Vervins. Il n'eft presque plus parlé de Blavet, & elle eft presque ruinée depuis que le Port Louis a été bâti fur la même riviere & une demi-lieue au-dellous. Cette nouvelle ville a pres que entierement détruit l'ancienne. Voyez l'article PortLouis.

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BLAVIUM ou

BLAVUTUM. Voyez l'article fuivant.

BLAYE ou BLAYES, en latin Blavutum, Blavium ou Blavia, ou, felon quelques-uns, Promontorium Santonum, ville de France, en Guienne, dans le Bourdelois, fur la Garonne, à deux lieues au-deffous du bec d'Ambez, felon Longuerue, Desc. de la France, part. 1, p. 170. Elle étoit connue dès le tems des Romains, puisqu'Aufone en fait mention dans fa dixième épitre, où il appelle cette place militaire, comme nous voulant faire entendre qu'il y avoit là des troupes en garnifon ou en quartier.

Aut iteratarum, quà Glarea trita viarum
Fert militarem ad Blaviam.

C'est ce même paffage qu'Ortélius entend de Blavet. Elle eft auffi marquée tant dans l'itinéraire d'Antonin, quedans la carte de Peutinger, oùelle eft appellée BLAVUTUM.La notice de l'Empire faite fous Valentinien III nomme Blavia ou Blabia que Grégoire de Tours écrit Blavia au livre de la gloire des confefleurs,où il dit que S.Romain, ami ou disciple de S. Martin y a été enterré. Cette place a toujours été eftimée fort importante, parce qu'étant fituée fur le bord feptentrional de la Garonne, elle domine fur cetteriviere, qui eft néanmoins large en cet endroit-là de quatre lieues, & conferve cette même largeur, depuis qu'elle s'eft jointe à la Dordogne, Blayes étant fur les confins du Bourdelais & de la Saintonge, qui étoit disputée par les ducs d'Aquitaine & de Gascogne, avant la réunion de ces deux duchés. On lit dans la chronique d'Aimar, que Guillaume comte d'Angoulême, affifté de Guillaume II, duc d'Aquitaine, affiégea Blayes & la prit; enfuite il en fut comte, en ayant reçû l'inveftiture du duc. Après la mort de ce comte, fon fils Alduin lui fuccéda; cependant Joffred frere d'Alduin furprit Blayes, qui fut enfuite reprise par Alduin; mais Alduin touché générofité, donna à Joffred les trois quarts de Blayes & de fon territoire, pour tenir le tout de lui en fief, & il ne fe réserva en propre que la quatrième partie. Les comtes de Blayes descendans de Joffred, jouirent de cette feigneurie, jusqu'à ce que leur race ayant été éteinte, les duc de Guienne réunirent le comté de Blayes au Bourdelois, dont il n'a point été féparé depuis. Voyez l'article BLAIGNEZ.

Blayes eft bâtie fur un rocher, & fa citadelle a quatre bastions. C'eft ce qu'on appelle la ville haute. La ville baffe ou le faubourg, eft féparée de la haute par une petite riviere où la marée remonte. C'est là que demeurent les marchands, où font leurs ma gafins. Le roi Charibert mourut à Blayes en 570,

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fut enterré dans l'église de S. Romain. Les Pro-
teftans ayant furpris cette ville en 1568, ruinerent
toutes fes églifes, & n'épargnerent point le tombeau de

ce roi. Ceux du parti de la ligue s'étant rendus maîtres de Blayes, quelque tems après le maréchal de Matignon l'affiégea pour le Roi en 1593, mais il ne put point la prendre. Les vaiffeaux qui vont à Bourdeaux, font obligés de laiffer ici leur canon & leurs armes, fuivant l'ordonnance de Louis XI, de l'an 1475. La riviere a 1900 toises de large vis-à-vis, & cette grande diftance fut caufe qu'en 1689, on fit une batterie dans une isle, qui n'eft qu'à fept cents toifes de cette ville, afin de pouvoir tirer fur les vaiffeaux ennemis, s'ils hazardoient d'entrer dans cette riviere & vouloient monter jusqu'à Bourdeaux. Cette ifle eft à onze cents toifes de la côte de Medoc, qui eft vis-à-vis de Blayes, où l'on a bâti un fort de terre & de gazon à quatre baftions. Blayes a un état major. Le port de Blayes eft fréquenté par des vaisseaux étrangers & par des barques bretonnes, qui y viennent charger des vins du Blayois. Comme on recueille beaucoup de bled dans les marais du voisinage qu'on a deflechés, on en charge une grande quantité à Blayes, pour les pays étrangers, lorsqu'il eft permis d'en faire fortir du royaume. *Piganiol de la Force, t. 4, p. 180, 184 & 191.

BLEANDER, ville ancienne, dont il eft fouvent fait mention dans le recueil des conciles. Ortélius, Thefaur. dit que c'est peut-être la même que BLABANDER que Ptolomée, l. 5, c. 2, place dans la grande Phrygie.

BLEAUDI FONS ou BLIAUDI. Voyez FONTAINE

BLEAU.

BLECHISFELD. Voyez PELODA.

BLECOURT, village de France, en Champagne, à deux lieues de Joinville. Il eft remarquable par fon églife, qui n'étoit autrefois qu'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge; quelques hiftoriens écrivent que le roi Dagobert étant attaqué d'une fiévre maligne, dans le tems que les Esclavons entroient dans fon royaume, ce prince fit vœu que s'il recouvroit la fanté, il feroit bâtir une belle églife au lieu où étoit cette chapelle : il obtint fa guérifon, exécuta fon vou, & en chargea un architecte nommé Walbert. Quoi qu'il en foit, on voit encore aujourd'hui des reftes curieux de l'architecture gothique de ce tems-là. On y remarque autour de la nef une gallerie fourde, ornée de piliers en forme de peristyles'; au bas du chœur à main droite eft un gros pillier de pierre, de trois pieds de haut, fur fix de circonférence, qui portoit un baffin de cuivre, fervant de piscine, que Dagobert avoit donné, qui ne se voit plus. Jean Sire de Joinville, avant fon départ pour la Terre Sainte, donna à cette église un vitrage, où étoit peinte l'histoire de la Sainte Vierge, dont on voit des reftes dans le presbytere. Baugier, Mém. hift. de la Champagne, t. 1, p. 341.

*

BLEDA, ville d'Italie, dans la Toscane. Voyez HERCULIA, *Sigon. Regn. Ital. l. 3.

BLEICHERODE, bourg d'Allemagne, au cercle de haute Saxe, en Thuringe, dans le comté de Hohenstein, fur la petite riviere de Bode, à trois lieues de Nordhaufen, & à cinq de Mulhaufen. * Baudrand, éd. de

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BLECKING (le) ou

LA BLEKINGIE, province de Suede, dans fa partie méridionale. Elle eft bornée au nord par la province de Smalande ou Gothie méridionale, à l'orient, & au midi par la mer Baltique, & à l'occident par la Schonen ou Scanie proprement dite. Sa plus grande largeur du nord au fud-eft, du côté de Schonen, n'eft que de fept milles géographiques, & d'environ cinq lieues & demie de ces lieues fuédoifes, évaluées à dix-huit mille aunes de Suede chacune: enfuite elle va en rétréciffant jus→ qu'à la côte orientale, qui n'a guère plus de trois de ces mêmes lieues. C'eft fur cette même côte que fe trouve le port de Chriftianopel. La côte méridionale est toute bordée de petites ifles ou d'écueils; cependant on y trouve les ports de Carlscroon, Carlshamm & d'Ahuys. Cette province eft coupée par quantité de rivieres ou

de ruiffeaux, qui pour la plupart ont lears fources aux montagnes, qui font au nord de la Blekingie. Chriftianfat eft aufli de cette province, quoiqu'aux confins de Schonen. Runeby que Baudrand appelle Rotenby, & qu'il érige en une des places confidérables, n'eft qu'une bourgade qui n'eft pas comparable à celles qu'on vient de nommer. Les rois de Dannemarck ont autrefois poffédé la Bleckingie avec la Schonen; mais elle revint aux rois de Suéde, par le traité du Roschild.

BLEMENA. Voyez l'article BELBINA 2, où j'en parle

par occafion.

BLEMMENIA. Ortélius trouvant dans faint Epiphane ce nom avec celui d'EZOMITIS & d'ANUBITIS, comme étant des contrées d'Ethiopie, dans lesquelles paffoit le Nil, explique Blemmenia, par le pays qu'habitoit le peuple nommé Blemmies.

BLEMMINA. Quelques-uns ont voulu confondre ce nom avec celui de BELBINA. De l'Ile les diftingue, en mettant l'Eurotas entre deux. Voyez BEL

BINA 2.

BLEMMYES ou

avancé qui en occupe le milieu, & en deux aîles dont les quatre angles extérieurs font occupés par autant de gros pavillons carrés, plus élevés que le reste du bâtiment, & dont la coupe eft terminée par un petit pavillon carré. Toute l'architecture eft entendue & décorée de colonnes, de pilaftres, & d'un grand fronton en demicercle fur la principale façade, chargé des armes de Potier & de Vieux-Pont. Les jardins qui accompaguent ce château ont de l'étendue & de la beauté. Piganiol de la Force, Description de la France, t. 2, pi

304.

*

BLERATI. Strabon, l. 5, p. 226, nomme ainfi, Banparos, une ville de la Toscane dans les terres. C'eft fans doute la même chofe que la BLERA de Ptolomée, & les BLERANI de Pline.

de Paris, l'eft de l'autre, & porte le nom de Bleré. C'eft une grande route pour les gens de guerre; ce qui fait que cette ville eft aujourd'hui moins peuplée qu'elle n'étoit autrefois. * Piganiol de la Force, t. 6, p. 88.

BLERÉ, en latin Blera, felon Baudrand, Bliriacum felon Piganiol, Blereum felon de Thou, petite ville de France en Touraine, fur le Cher. Elle étoit autrefois fi confidérable, que les rois y mettoient un gouverneur, & y entretenoient une garnifon. Elle renferme environ trois cents cinquante feux, & mille quatre cents perBLEMYES, ancien peuple de l'Ethiopie, fous l'E- fonnes. Elle eft dans l'election d'Amboife, & a appargypte. Quantité d'auteurs en ont fait mention; & pour tenu fort long-tems aux feigneurs de ce nom. L'abbé de me borner à Pline, l. 5, c. 8, il faut remarquer qu'il Saint-Julien de Tours eft feigneur d'une partie de cette les met entre les peuples peu connus; fçavoir, les Egy-ville, & le fieur Guilleraut, confeiller au Parlement pans, les Satyres & autres que l'on fe figuroit fous les figures les plus étranges. Ce n'eft pas que faint Augustin n'ait crû qu'il pouvoit y avoir quelque chofe de réel dans ce qu'on en difoit. Pline ajoute, qu'à ce qu'on difoit, les Blemmyes n'avoient point de tête; mais que leur bouche & leurs yeux étoient attachés à leur poitrine. Saint Auguftin, dans fon livre de la cité de Dieu, 4. 16, c. 8, dit: que comme dans chaque nation il fe trouve des hommes monftrueux en particulier, de même dans tout le gente humain, il fe peut bien trouver des nations monftrueufes. Vopiscus raconte dans la vie de l'empereur Probus, que ces Blemmyes furent vaincus, qu'on en prit quelques-uns, qu'on les envoya à Rome, & que le peuple fut furpris de voir leur étrange figure. J'explique cette figure par celle de l'espece de bonnet dont ils fe couvroient la tête.

BLENDA, petite ifle de l'Archipel, près de la côte de la Morée, dans le golfe d'Egine, au midi de la ville d'Athenes. Baudrand, éd. 1705, dit qu'on la prend pour l'ancienne BELBINA.

BLENDIUM PORTUS, ancien port de mer d'Espagne. Le P. Hardouin, in Plin. l. 4, c. 20, dit que les manuscrits portent ce nom ainfi écrit, & non pas Biendium. Il ajoute que c'étoit le port de mer de la ville que nous appellons aujourd'hui Santillane.

BLENEAU ou BLESNEAU, bourg de France, au gouvernement d'Orléanois, & dans la Puifaye, fur la riviere du Loin, à quatre lieues de Briare, à l'orient, en tirant vers Auxerre. Il appartient au prince de Courtenay.

BLENÍNA, petite ville ou bourg du Peloponnefe, dans l'Arcadie, felon Paufanias. l. 8, c. 27.

BLENTANA CIVITAS, ville d'Italie. Ortélius, Thefaur. obferve qu'il en eft fait mention au concile Romain, tenu fous Grégoire I.

BLEPSIADA: le même géographe trouve dans Pindare & dans le Scholiafte de ce Poëte une tribu ainfi nommée dans l'fle d'Egine.

BLERA, ou BLERE ancienne ville d'Italie, en Toscane, dans les terres, felon Ptolomée, l. 3, 6. 1, Pline, 4.3, 6.5, en nomme les habitans Blerani. C'eft préfentement Bieda, ville du patrimoine. Voyez ce

mot.

BLERANCOURT, château de France, dans l'ifle de France, & dans la généralité de Soiffons, à la fource d'un petit ruiffeau, qui tombant dans la Dellete, va fe perdre avec elle dans l'Oife auprès de Chauny. Le château de Blerancourt eft une belle maifon à vingt-quatre lieues de Paris, bâtie par Bernard Potier, & Charlotte de Vieux-Pont fa femme. Sa figure eft carrée, & il eft entouré de folfés revêtus de pierres de taille. La porte eft ornée de colonnes & d'un fronton, Aux deux angles de la façade font deux pavillons carrés, dont la coupe eft chargée d'un autre petit pavillon à jour. Au milieu de la cour s'éleve le château, qui confifte en un corps

BLESÆ &

BLESENCE CASTRUM, noms latins de BLors: Voyez ce mot.

BLESINO, bourg de l'ifle de Corfe, du tems de Strabon, l. 5, p. 224. Il fe contente de le nommer avec CHARAX, ENICONIA & VAPANES fans marquer l'endroit de l'ifle où étoit chacun de ces lieux.

BLESMOTH, en latin SEUDUNUM, ou Pseudunum, dit Baillet dans la feconde partie de fa Topographie des Saints. Dans la premiere il ne dit rien de Blesmoth; mais il y écrit au titre d'Autun, que faint Florentin & faint Hilier, martyrifés du tems d'Honorius, au ve fié. cle, demeuroient à Pleudun, ville du pays de Duemois en Bourgogne, au diocèle d'Autun; c'eft Suin, village du Charolois, fuivant une note de le Bœuf, chanoine d'Auxerre.

BLESTIUM. Antonin met fur la route d'Ifca à Cal leva, dans la grande Bretagne, Bleftium entre Burrium & Ariconium: à x1. M. P. de l'une & de l'autre. L'exemplaire du Vatican eft conforme aux éditions de Surita & de Bertius; & on y lit Bleftio ou Bleftium; cependant Gale prend occafion d'un manuscrit unique, où, dit-il, on lit GLESCIO, de faire un changement encore plus grand, c'eft de mettre GLESCLIO, ou plutôt ES CLIO. Sur le ruiffeau d'Eskel aux frontieres de Herefordshire, on voit encore OLD TOWN, que les Bretons ont appellé CASTLE HEN, c'est-à-dire l'ancienne fortereffe. Gale croit que le lieu défigné par Antonin eft le même que celui-ci. Il ne laiffe pas de fentir la difficulté. Bleftium eft à x1 milles de Burrium: Burrium, eft felon lui Brubege or Old Town eft à douze milles anglois de Brubege; & il eft certain que les milles anglois, étant évalués comme ceux d'Italie à foixante pour un degré, font par conféquent plus long que ceux d'Antonin. Ainfi il n'eft pas fort ailé d'accor der le fentiment de Gale aux principes de la géographie, auffi ne peut-il l'accorder avec le texte, qu'en le changeant & en lui faisant violence.

:

BLETANA. Maxime eft nommé évêque, Bletana Ecclefia, dans le corps du droit canon, Decret. I. Dift. 96. Ortélius demande fi ce mot eft pour BLE

RANE.

BLETISA. Voyez LEDESMA.

BLETONESIENS. Batrovci, ancien peuple d'entre les Barbares. Plutarque, in Quaft. Rom. 83, dit que les Romains ayant appris que ce peuple immoloit des hommes dans les facrifices, firent venir les principaux de la nation, & leur défendirent de le faire. Plutarque en racontant ce fait, ne dit rien qui détermine le pays qu'habitoit

qu'habitoit ce peuple. L'analogie fait connoître qu'ils habitoient une ifle, & de même qu'on a dit Peloponnefie de Peloponnefos, de même on a dit Bletonnefii, de Bletonnefos ; & en retranchant Nefos qui veut dire ifle, refte le nom diftinctif de cette ifle; mais faute d'avoir d'autres auteurs qui en ayent parlé, nous ne fçavons point ce qu'elle étoit, ni dans quel climat.

BLETTERANS, ville de France, dans la FrancheComté, près des confins de la Bourgogne, fur le ruisfeau de la Seille, à neuf lieues de Dole & de Châlon. Elle a un château, & étoit autrefois bien fortifiée; mais on l'a démantelée.

BLEUE. (LA MER) Voyez MER. BLIARIDES. Voyez BALEARES. BLIARUS › par abréviation pour Membriarus. Etienne dit que l'ifle d'Anaphe, auprès de Thera fut ainfi nommée du nom d'un des compagnons de Cadmus qui cherchoit Europe. C'eft préfentement Nanfio. Voyez ce mot.

BLITERÆ, ancienne ville des Gaules, dans la Septimanie. Voyez BEZIERS.

BLIULÆI, ancien peuple de l'Arabie heureufe. Ils étoient voifins des Zecrites & des Omanites, felon Ptolomée, l. 6, c. 7.

BLOCK, petite riviere d'Afrique, dans la Nigriție, où elle fe jette dans la riviere de Gambie par le bord méridional, A quelque diftance de l'embouchure de cette grande riviere. Froger dans la relation de fon voyage, dit: A la pointe du jour nous montâmes avec deux de nos chaloupes trois lieues avant dans une petite riviere, qui reçoit fon nom du bourg de Block, où réfide un roi qui porte le titre d'Empereur, & qui eft presque continuellement en guerre avec le roi de Bar. En descendant cette riviere nous mîmes à terre au bourg de Barifet où il y a un petit roi tributaire de celui de Block. L'embouchure de la riviere de Block, à l'orient de laquelle les bourgs de Block & de Barifet font firués, eft presque vis-à-vis d'une ifle où les Anglois avoient bâti le FORT SAINT JACQUES que de Genes détruifit en 1695. * Voyage de Genes, pag. 26. BLOCKZYL, prononcez Blocfeil. Baudrand, édit. 1705, écrit Bloyzilli. Quelques-uns écrivent Blocziel, & alors l'e ne fe prononce point. Petite ville & fortereffe de Pays Bas, au nord oueft de la province d'Overyffel, à l'endroit où la petite riviere d'Aa fe perd dans le Zuyderzée, aux confins de la Frife, entre Volenhoe, Kuinder & Steenwyk. Il y a deux grandes éclufes qui font le paffage ordinaire des bateaux chargés des tourbes, que l'on tire des Veenes de l'Overyffel & du pays de Drente, & que l'on transporte en Hollande par le Zuyderzée. L'an 1580, Rennenberg affiégea Steenwyk pour le roi d'Espagne, & le fiége duroit encore l'année fuivante, lorsque le colonel Sonoy ayant embarqué quelques foldats vint à Blockzyl, & y conftruifit un fort qui obligea Rennenberg à lever le fiége de Steenwyck. Ce fort eft enfuite devenu une place trèsimportante. L'an 1672, lorsque la république des Provinces-unies fe vit attaquée tout à la fois par les flottes de France & d'Angleterre, & par les armées de France, de Cologne & de Munfter, ces derniers prirent fans beaucoup de peine toutes les places de l'Overyffel. Block zyl eut le même fort; cependant les bourgeois, aidés des troupes de Frife, recouvrerent leur liberté. * Halma Tooneel der Vereenigde Nederlanden, au mot BLOC

ZYL.

des foldats de Jules Céfar, pendant qu'ils étoient en quar
tier d'hiver aux environs; mais ce fentiment n'eft fou
tenu d'aucune preuve. Papire Mallon n'eft pas mieux
fondé à foutenir que Blois eft le Corbillo de Strabon.
Ce dernier parle de Corbillo avec des circonftances qui
de fon tems ne pouvoient pas convenir à la ville de Blois.
Grégoire de Tours, Hift. de France, 1.3, eft le premier
qui ait parlé de la ville de Blois, & l'on voit dans les
capitulaires de Charles le Chauve, que du tems de ce
prince elle étoit déja fort confidérable. Sous les rois de
la feconde race, on y battoit une espece de monnoye
d'argent, différente de celle qu'on y a battue depuis,
du tems de Guy de Châtillon, comte de Blois, premier
du nom; en ce que cette derniere a pour légende d'un
côté Caftro Blefis, & de l'autre Guido Comes, au lieu
que la premiere a d'un côté Blefianis Caftro, & de l'au-
tre Mifericordia Dei. (b) Le château eft l'ornement le
plus remarquable de cette ville. Au coup d'œil il en pa-
roit féparé; cependant il eft joint par un chemin pratiqué
dans le roc. Cette maifon royale eft l'ouvrage de plu
fieurs feigneurs & de plufieurs princes. Les feigneurs de
la maifon de Champagne, & ceux de la maifon de
Châtillon, avoient fait bâtir le corps qui étoit vers
l'occident, & dont il ne reste plus qu'une groffe tour.
Quelqu'un de la maifon de Châtillon, & même quelques
princes de celle d'Orléans ont changé dans la fuite ce
corps de bâtiment, foit en le détruifant, ou en l'au-
gmentant. Louis XII a fait bâtir la face qui regarde
l'orient, comme auffi celle qui regarde le midi, & cette
derniere communiquoit aux deux autres. C'estde ce bâti-
ment que parle Jean d'Auton, lorsqu'il rapporte que
l'an 1502, le roi faifoit faire fon château de Blois tout
de neuf, tant fomptueux que bien fembloit œuvre de roi.
Parmi les ornemens qui embelliffent ce bâtiment, on y
remarque les armoiries du roi & celles de la reine Annet
de Bretagne fa femme, leurs chiffres & devifes, &c
mais ce qui frappe davantage, eft la ftatue équestre de
Louis XII, que l'on voit fur le portail de ce château.
La face du côté du nord eft l'ouvrage de François pre-
mier, quoique ce bâtiment foit gothique: il ne laiffe
pas d'être magnifique. Les devifes de ce roi s'y voyent
en plufieurs endroits du dedans & du dehors; il y a
plufieurs chambres & cabinets qui font reffouvenir
des rois Henri II, Charles IX, & Henri III. C'eft en
une des chambres de ce bâtiment que fut tué Henri, duc
de Guife, premier du nom, qui fous prétexte de religion.
vouloit détrôner fon roi & fon bienfaicteur. L'on a cru
voir long-tems des caractères formés par le fang de ce
rébelle. Joignant ce bâtiment, en allant du côté du cou-
chant,eft une tour appellée la Tour de Château Regnaud,
ainfi nommée, parce que du haut on voit cette feigneu-
rie, quoiqu'elle en foit éloignée de fept lieues. On em-
prifonna le cardinal de Guife & l'archevêque de Lyon
dans cette tour, à la porte de laquelle le cardinal fut tué
à coup de pertuifane. A l'extrémité de ce bâtiment, du
côté du levant, il y en a un petit qui eft en partie an-
cien, & en partie moderne. L'ancien s'appelle la falle
des états, & a pris ce nom des états qui y furent as-
femblés en 1576, & en 1588. Quant au moderne, il
eft du roi Henri III, qui fur la fin de fon regne y fit
commencer un appartement. Le bâtiment que Gafton,
Jean-Baptifte de France, duc d'Orléans, fit faire en
la place de celui qu'il fit démolir du côté d'occident l'an
1635, eft un ouvrage digne de ce grand prince, &
de François Manfard, un des plus habiles architectes

BLOETINI & Ifangrini; l'auteur qui a écrit en vers latins l'hiftoire de Philippe Augufte appelle ainfi des peuples de Flandres. Ils relevoient des villes de Furnes & de Bergue. Ortélius ajoute qu'un autre exemplaire portoit Blavotini.

BLOIS, ville de France, au Blaifois dont elle eft la capitale, & qui fait partie du gouvernement général de l'Orléanois,

Piganiol de la Force, Desc. de la France, t. 5, pag. 211, dit que cette ville qui eft appellée par les latins Caftrum Blefenfe, Blifium Caftrum, Blefum Caftrum, & Blefa, eft fituée fur le bord de la Loire, partie en plaine & partie fur une éminence, au milieu d'un des plus agréables pays qu'il y ait en France. (2) Un fçavant prévenu en faveur de fa patrie, a cru que Blois a été bâti par

que

la France ait eu. Cet architecte y fit travailler pendant trois ans, & y fit employer trois cents trente mille livres. Il affuroit () qu'avec les matériaux qui reftoient, il ne falloit plus que cent mille livres pour rendre ce bâtiment logeable, lorsque des affaires plus importantes futvinrent au prince, & l'obligerent de laiffer l'ouvrage imparfait, & tel que l'on le voit aujourd'hui. Ce qu'on admire le plus dans ce fuperbe édifice, eft le grand escalier qui eft de figure carrée, tout en l'air, & décoré d'ornemens qui font d'un grand goût. L'avantcour de ce château, où l'église collégiale de faint Sauveur eft bâtie, eft une des plus grandes qu'il y ait en France. On y fit le beau tournoi pour l'arrivée du prince de Caftille promis à Claude de France, & celui du mariage du marquis de Montferrat avec la princeffe, foeur du duc

Tome I. Part. 3.

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1

1

d'Alençon. (a) Du Pont, fur la coutume de Blois, tit. 3, art. 5. * (d) Petan, Recueil des monnoies. Bern. Hiftoire de Blois. * (c) - Mémoires manuscrits, de Manfard.

Les jardins répondoient à la beauté & à la magnificence du château. Une galerie de charpente, appellée la galerie des cerfs, parce qu'il y en avoit plufieurs figures à mi-corps, féparoit ces jardins en haut & en bas; mais en la place de celle-là le roi Henri IV en fit bâtit une de pierre de taille l'an 1600, qui fubfifte encore, & a quatre-vingt-dix-fept toifes de long fur plus de trois de large, avec de belles croifées de deux côtés. Dans le jardin haut, on remarque un puits d'une largeur & d'une profondeur extraordinaire, que le roi Louis XII fit faire pour fournit de l'eau au jardin bas.

Revenons à la ville, & avertiffons qu'on voit l'image de la Vierge fur toutes les portes, depuis l'an 1631, que cette ville étant défolée d'une cruelle pefte, elle en fut miraculeufement délivrée dès que fes habitans eurent fait un vœu à cette reine du ciel. On voyoit anciennement fur les portes de Coste, Guichard, & du Pont, une inscription qui confervoit le fouvenir des bontés qu'Etienne-Henri, comte de Blois, & Adele fa femme, avoient eues pour leurs fujets de Blois. Comme il y avoit cinq cents ans qu'elle étoit fculptée, & qu'elle étoit presque effacée du tems de Henri III, elle fut renouvellée & gravée fur la premiere de ces portes, où l'on lit, COMES STEPHANUS, ET ADELA COMI

TISS A SUIQUE HEREDES PERDONAVERUNT HOMINIBUS ISTIUS PATRIA BUTAGIUM (forte de corvée) IN PERPETUUM

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ΕΘ РАСТО UT IPSIUS

CASTELLUM MURO CLAUDERENT, QUOD SI QUIS VIOLAVERIT, ANATHEMA SIT. DATHAN QUOQUE ET ABIRON MALEDICTIONEM HABEAT.

Il y a dans cette ville plufieurs chapitres, plufieurs paroifles & plufieurs maifons religieufes de l'un & de l'autre fexe. La paroiffe de S. Solenne étoit la plus grande de Blois. Son églife fut prefque entierement détruite par un orage qu'il fit la nuit du mois de juin de l'an 1678, mais elle a été rebâtie depuis avec la magnificenque la piété de Louis XIV fçavoit donner aux maifons du feigneur. Comme c'étoit la plus belle église de la ville, c'est ici qu'on a établi le fiége de l'évêque & le chapitre cathédral.

ce

Les Jefuites s'établirent à Blois dans un lieu appellé la Bretonniere, l'an 1624. Ils fuccederent à des régens féculiers, qui enfeignoient dans un collège que le roi Henri III avoit fondé l'an 1581. Nicolas Cauffin qui étoit du nombre de ces régens féculiers, fe fit Jéfuite un peu avant que la compagnie de Jefus prit poffeffion de ce college. Les fondemens de leur églife furent jettés peu de tems après; mais elle ne fut achevée qu'en 1671. Le frontispice eft décoré de trois ordres d'architecture, du dorique, de l'ionique & du corinthien; mais le feul dorique orne le dedans. A côté du grand autel on a élevé deux monumens, l'un pour Gafton de France duc d'Orléans, & l'autre pour mademoiselle de Montpenfier fa fille.

Quant aux bâtimens publics de la ville de Blois, la tradition veut que les prifons foient le plus ancien. La tour qui en fait partie fut achetée en 1256, par Louis de Châtillon, comte de Blois, fecond du nom, de Jean de faint Briffon, fieur de la Ferté-Hubert, qui la vendit pour la fomme de trois cents flo

rins.

L'hôtel de ville eft un affez grand corps de logis, acompagné d'une belle cour. Jean de Saveufe, écuyer & premier chambellan de monfieur le duc d'Orléans, bailli & gouverneur de fon comté de Blois, en fit préfent à la ville de Blois, après l'avoir acheté en 1457, la fomme de trois cents écus, de Jeanne & Catherine de Beauvilliers.

Le palais où l'on rend la justice, a été bâti par les comtes de Blois, ducs d'Orléans, & par les rois Louis XII, Henri II, & Henri III; en bas font les halles, & en haut la grand'falle, & les chambres du préfidial, de l'élection, des eaux & forêts, & des

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Les fontaines de Blois méritent d'être mifes au rang des chofes les plus utiles & les plus fingulieres du pays. Leurs eaux viennent d'un lieu fouterrein qui eft à un petit quart de lieue de la ville. Elles coulent des fentes de roches dans un large aqueduc que l'on croit être un ouvrage des Romains. Il eft fait en forme de grote, prise & taillée dans le roc fi artiftement, que plufieurs perfonnes y pourroient marcher de front en quelques endroits. Toutes ces eaux tombent dans un réservoir qui eft près des murs de la ville, & que l'on appelle la fontaines des Arfis, d'où elles font diftribuées par plufieurs canaux de plomb en divers quartiers de la ville. La plus confidérable des fontaines eft appellé la grande fontaine, que le roi Louis XII. fit décorer de plufieurs ornemens. Le féjour que la cour a fouvent fait à Blois, a donné lieu de dire que les habitans de cette ville font ceux du royaume qui ont le meilleur accent, & parlent le mieux notre langue. Quoique la cour n'y demeure plus, ils ont confervé jusqu'à préfent la réputation d'esprit & de politeffe. Cette ville a donné la naissance à plufieurs perfonnes qui fe font diftinguées dans les fciences & dans les arts. Les peres Morin & Vignier, de la congrégation de l'Oratoire font ceux dont le profond fçavoir a fait le plus de bruit dans la république des lettres.

Tous deux nés de parens proteftans, ils embrafferent la religion catholique, & entrerent dans la congrégation des prêtres de l'Oratoire, où il moururent après avoir fervi l'églife & le public par des ouvrages dignes de leur piété & de leur érudition.

L'évêché de Blois fut érigé par le pape Innocent XII, l'an 1697. Il eft fuffragant de l'archevêché de Paris; David Nicolas Bertier en eft le premier évêque. Tout ce qui compofe ce nouveau diocèse a été diftrait de celui de Chartres. On y compte cinq abbayes; plus de foixante prieurés; trois églifes collégiales, un grand nombre de chapelles, & près de deux cents paroiffes. Les chapitres des deux églifes collégiales de faint Sauveur & de faint Jacques de Blois, ont été unis pour former celui de la cathédrale établie à S. Solenne (Baillet le nomme S. Souleine évêque de Chartres,) qui, comme on a déja vû, étoit une des paroilles de Blois. La manfe abbatiale des abbayes de S. Laumer (ou Lomer) de Pont Levoy, & de Bourg Moyen de Blois ont été unies à l'évêché de Blois.

Le bailliage de Blois a les mêmes bornes que le comté. (Voyez le Blaifois.) Les appellations des châtellenies royales de Romorentin & de Millançay, font portées au parlement, excepté les cas préfidiaux, car pour lors elles font relevées au préfidial de Blois, fiége principal du bailliage. Le bailliage de Blois commence à l'orient, vers Leftiou, village fur la Loire, au-deffous de Beaugency, & finit à l'occident au bourg de Cangi. Du côté du nord, il renferme dans la Beauffe le bailliage de Châteaudun, les châtellenies de Marchenoir, de Freteval, Morée, Courtalain, le Pleffis d'Echelles, Molitar, Patay, Châteauvieux, & beaucoup d'autres juftices qui en dépendent. Du côté du midi, il s'étend jusqu'à Châteauroux, & comprend dans la Sologne entre plufieurs juftices confidérables, celles des comtés de Chiverni & de Celles, Valençay, Buxeuil, Levroux, Vatan, Menetou fur Cher, villefranche, la Ferté-Imbault,Trembleuf, la Ferté-Aurain, Antorche, Herbaut, la Ferté-Saint Aignan & la prévôté royale de Chambort. Saint Aignan & Menards étoient auffi du reffort du bailliage de Blois; mais ils en ont été diftraits l'un & l'autre, lorfque le premier a été érigé en duché-pairie, & le fecond en marquifat, en forte qu'ils ont aujourd'hui leurs bailliages particuliers.

On fuit à Blois une coutume particuliere, qui fut refor mée le 18 avril de l'an 1523. Il y a maîtrife des eaux & forêts, une capitainerie des chaffes déclarée royale l'an 1670, une chambre des comptes, aux officiers de laquelle appartient la connoiffance & la jurisdiction du domaine. Cette chambre des comptes eft fort ancienne, & a commencé fous les comtes de Blois de la maifon de Champagne qui l'autoriferent de la connoiffance & reddition des comptes de tous leurs domaines, comme firent les comtes des maifons de Châtillon & d'Orléans. Louis XII étant parvenu à la couronne, la confirma pour connoître des domaines de Blois, Aft & Couffy, & autres terres

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de les acquets & conquets qui n'étoient pas de la couronne. Les lettres patentes de ce roi font de l'an 1498, au mois de mars. Ses fucceffeurs ont confirmé cette chambre par des déclarations authentiques, & l'autoriferent à l'inftar des autres cours du royaume. Elle eft compofée d'un tréforier général des finances & domaines, intendant des bâtimens & maifons royales du comté de Blois, de quatres maîtres des comptes, d'un procureur du roi & d'un greffier. Par arrêt du confeil le lieutenant général au bailliage de Blois y a féance, voix délibérative, & y préfide alternativement avec le tréforier général des fi

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nances.

Blois eft le fiége d'une élection fous la généralité d'Orléans.

Le commerce de Blois & de Beaugency confifte presque tout dans les eaux de vie & les vins. Ces deux élec tions jointes ensemble produifent à peu près la même quantité de vins que celle d'Orléans. On les enleve fur la Loire pour Orléans, Paris, Tours, Angers, Laval, la Hollande, & quelquefois par terre pour la Norman die. Il y avoit autrefois à Blois & à Beaugency un commerce de tannerie affez confidérable : mais les grands droits que payent les cuirs l'ont fait tomber. On fait auffi à Blois des ferges & des étamines qui font très-bonnes; cependant ce commerce n'eft pas bien confidérable. * Piganiol de la Force, Desc. de la France, t. 5, p. 109 175, 178, & fuiy

LA FORÊT DE BLOIS eft au couchant de la ville. Elle eft de haute futaye, & couvre 5300 arpens.

BLOISE. Corneille dit, en citant Davity: riviere de France, en Champagne. Elle vient d'une fontaine à cent pas du couvent de Brazancourtqu'elle arrofe, remplit les foffés du château de BLOISE, paffe à Doulevant, à Paffi, à Esclaron, & fe jette dans la Marne, au-deffous de S. Dizier. Cette riviere de Bloife eft nommée la Blaise par les bons auteurs, qui difent auffi le château de Blaife.

BLONAY, château, village & baronnie de Suiffe, au pays de Vaud, dans le bailliage de Vevay. La baronnie de Blonay eft la plus confidérable feigneurie de ce bailliage, & on peut dire que la maifon qui la poffede eft l'une des plus illuftres & des plus anciennes qu'il y ait non-feulement dans la Suiffe, mais même dans toute l'Europe par l'endroit que je vais dire, & qui eft fort rare. C'eft que les feigneurs de cette maifon ont toujours poffedé Blonay depuis 700 ans pour le moins, de pere en fils, fans que jamais cette terre ait paffé en des mains étrangères. Auffi n'ont-ils point d'autre nom de famille que celui de leur terre. Ils font étroitement alliés à l'illuftre maifon de Salis dans les Grifons. * Delices de la Suiffe, t. I, p. 188.

Blonay eft un grand village, à une lieue au-deflus de Vevay, dans un enfoncement au pied d'une montagne. Le château eft fur une hauteur bâti partie à l'antique, partie à la moderne. On y jouit d'un très-bel aspect. La vue s'y promene à plaifir, fur tout le lac, fur le pays voifin, & fur la Savoye. Au-deffus de Blonay, il y a dans la montagne une fontaine foufrée, dans un lieu nommé Lalay, qu'on dit être bonne pour la guérifon de quelques maux. Plufieurs perfonnes en vont boire en été, d'autres s'en font porter chez eux. Blonay eft le feul endroit du pays de Vaud, où l'on fe ferve de trompettes dans l'églife pour le chant des pleaumes.

BLONICZ, petite ville de la grande Pologne, au palatinat de Rava, à l'occident de Warfovie, & près de la fource d'un ruiffeau, qui fe joignant avec la riviere, qui vient de la ville de Rava, se perd avec elle dans la Wiftule, au confluent de ce fleuve avec le bourg. * Robert de Vaugondy, Atlas.

De l'Ifle ne la marque que comme un village. Baudrand la nomme une ville; mais, comme je l'observe à l'article de Pologne, on appelle villes dans ce royaume des lieux qui ne feroient que des bourgs en France & en Hollande. Dès qu'il y a une église paroiffiale, un curé & un marché par femaine, c'eft une petite ville.

BLOUTIER, prieuré de France, en Normandie, au diocèfe de Coutances, dans le voisinage de Ville-Dieu. Ce font des chanoines réguliers de S. Auguftin, de la reforme du pere Moulin, dont le noviciat eft au Bourga

chard.* Corn. Dict.

BLUBIUM ou

BLUCIUM, felon divers exemplaires de Strabon, 12, p. 567. Cet auteur dit que les Toliftobogiens, peuple de Galatie, étoient voifins de la Bithynie, & qu'ils avoient deux fortereffes, fçavoir Blucium & Peium; l'une où Dejotarus avoit fa cour, l'autre où il tenoit fes tréfors.

BLUDENTZ. Voyez PLUDENTZ.

BLUMBERG. Voyez FLEURMONT, qui en eft le nom François.

BLUSIACUS MONS pour BRISACUS MONS. Voyez BRISACUS.

BLUSTIEMELUS: ce nom qui doit être celui d'une coline fe trouve dans une ancienne inscription gravée fur l'airain & confervée à Génes. * Ortelius, Thefaur.

B N.

BNIZOMENÆ ou CNIZOMENES. Diodore de Sicile, 1.3, nomme ainfi un ancien peuple dans le voisinage du golfe Arabique. Ortélius remarque que la premiere maniere de lire ce nom n'étoit qu'en marge, & que la feconde étoit dans le texte. Le traducteur latin écrit BANIZOMENA, qu'il a fans doute trouvé dans l'exemplaire fur lequel il travailloit : il a été aifé à un copiste mal- adroit, d'écrire ce mot d'une maniere équivoque, qui laiffat douter s'il commence par un B ou par K. BO.

BOACRÆ, lieu d'Italie, fur la voie Aurelienne, dansda route de Rome à Arles, par la Toscane & les Alpes maritimes; en allant de Pife à Genes entre Luna & Bodetia, à x11 M. pas de l'une, & à xxvii M. P. de l'autre, felon Antonin, Itiner. On croit que c'est la même chofe que BOACTUS.

BOACTUS, riviere d'Italie, dans la Ligurie, felon Ptolomée, l. 3, c. 1. Quelques-uns l'expliquent de la VERA, ou la VELLA, qui a fa fource dans l'Apennin & tombe dans la Macra; d'autres,comme Cluvier, l'expliquent par la BRIGNOLE.

1. BOÆ, felon Ptolomée, ou BOEE, felon Paufanias, ville du Péloponnefe dans la Laconie,près d'un golfe, qui en prenoit le nom de BOEOTIACUS SINUS. C'étoit, dit Paufanias, l. 3, c. 21, une des villes des Eleu therolacons, c'est-à-dire,du peuple de Laconie, qui avoit confervé fa liberté. Elle étoit à la pointe du golfe dont j'ai parlé, & reconnoiffoit Boeus l'un des fils d'Hercule, & s'étoit formée d'une colonie tirée de trois villes, fçavoir Etiade, Aphrodifiade & Sida. Quant à ces trois villes on prétendoit qu'Enée s'enfuyant en Italie, & étant jetté en ces quartiers par une tempête, en avoit fondé deux, & en avoit nommé une du nom d'Etias fa fille, l'autre du nom de Venus fa mere,& que la troifiéme avoit fon nom de Sida, fille de Danaus. Des hommes qui fe fauvoient de ces trois villes, cherchant en quel lieu ils s'établiroient, on leur répondit que Diane leur montreroit le lieu où ils devoient bâtir une ville. Un liévre ayant paru, ils le fuivirent; & comme il fe refugia auprès d'un myrthe, ils y commencerent à bâtir. En mémoire de ces circonftances ils cor.fervoient cet arbre avec vénération, &adoroient Diane comme leur confervatrice. Dans la place publique étoit une chapelle dédiée à Apollon, & dans un autre quartier il y avoit celle d'Esculape. Les interprétes de Ptolomée donnent pour le nom moderne de ce lieu VASICA; Gemiste dit BATICA, & Niger VATICA.

2. BOÆ, ifle de la Dalmatie, felon Ammien Marcellin, . 22, p. 222, & l. 28, p. 386, Ed. Lindebrog.

BOAGRIO, torrent de la Grece, dans la Theffalie, & fur les confins de l'Achaye. Il fe décharge dans le golfe de Zeyton, vis-à-vis de la pointe occidentale de Pifle de Negrepont. Il eft quelquefois à fec & d'autres fois il s'enfle fi prodigieufement, qu'il a deux milles de largeur, felon Baudrand. Strabon, l. 9, p. 426, qui le nomme Boagrios, Bodyptos, marque qu'ils s'appelloit auffi MANES, Mávns, & paffoit à Thronium. Il ajoute qu'on pouvoit quelquefois le paffer fans fe mouiller les pieds, qu'en d'autres tems il avoit la largeur de deux

Tome I. Part. 3.

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