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TRIBOCCI, peuples de la Germanie, en-deçà du Rhin. Le nom de ces peuples eft écrit fous différentes orthographes dans les anciens. Céfar lit TRIBOCI & TRIBOCES. Pline & Strabon TRIBOCI; Tacite TREBOCI & TRIBOCI, Prolomée TRIBOCCI. On conjecture que ces peuples avoient eu leur nom de trois hêtres, auxquels peut-être ils rendoient un culte divin: on trouve encore dans leur ancienne demeure un village nommé ZUN DREGEN BUCHEN, c'est-à-dire, aux trois Hêtres ; & peut-être dans le nom de ce village a-t-on des traces de l'ancienne fuperftition de fes premiers habitans, & l'origine de leur nom. Céfar, Bell.. Gal. l. 4, c. 10, & Strabon, l. 4, c. 194, mettent les TRIBOCCI fur le Rhin, entre les MEDIOMATRICI & les TREVIRI: ainfi dès ce tems-là ces peuples étoient établis dans la Gaule, & leur migration précéda celles des Vangiones & des Nemetes, qui devinrent dans la fuite leurs voifins. Quant aux bornes du pays des Triboci, il feroit bien difficile de les fixer, puisque les anciens mêmes ne s'accordent pas par rapport à l'ordre dans lequel ils rangent les peuples de ce quartier. Voyez Cluvier dans fon ancienne Germanie, l. 2, c. 10. * Spener, Not. Germ. antiq. 1. 6,

c. S.

TRIBOLA, ville d'Espagne, felon Appien, in Ibericis,
cité par Ortélius.

TRIBONI. Voyez TRIBOCCI.
TRIBORI. Voyez TREVIRI.
TRIBU. Ce mot fignifie, en général, un partie d'un peu-
ple: mais il paroît qu'il ne préfente pas la même idée à l'é-
gard de toutes les nations. Par exemple, lorsqu'on parle des
Juifs, le mot Tribu fignifie race, ou lignée. Tout le monde
fait que Jacob cut douze fils, qui furent chefs de douze
nombreuses familles qui formerent le peuple juif, & cha-
cune de ces familles fut nommée Tribu. Ces Tribus étoient
Juda, Simeon, Levi, Benjamin, Dan, Ephraim, Manas-
fé, Ruben, Gad, Afer, Zabulon, Ifachar & Nephtali.
Pour ce qui les concerne, voyez leur article en particu-
lier.

Lorsqu'on parle de Rome ou d'Athénes, le mot de tribu
fignifie à peu près la même chose que claffe; parce que le
peuple de ces deux villes étoit divifé par tribus ou claffes.
Pour ce qui regarde les Tribus d'Athénes, voyez Toureil
fur la harangue d'Eschine, t. 4, p. 295. Pour les tribus ro-
maines, voyez la célébre differtation de Boindin, fur les
tribus romaines.

TRIBULA. Voyez MUTUSCA.

TRIBULIUM, lieu fortifié, dans la Liburnie. Pline le met au nombre des lieux de cette contrée, qui étoit fameux par les batailles que le peuple romain y avoit données. Le pere Hardouin remarque qu'au lieu de TRIBULIUM, les manuscrits portent TRIBURIUM.

TRIBUR, TRIBURIÆ, mais plus communément TRI BUR, maison royale, dans la Franconie, au voifinage de Mayence, fur le bord du Rhin. Ortélius, qui cite Trithéme, dit que cette maison royale étoit entre Mayence & Oppenheim, & qu'en descendant le Rhin on l'avoit à la droite. C'eft dans ce lieu, aujourd'hui défert, que fe tint la diéte où les Allemands dépoferent l'empereur Charles le Gras; & fe féparant de la monarchie françoise, défererent la couronne de Germanie ou de la France orientale, au prince Arnoul, fils naturel du roi Carloman, frere aîné de Charles le Gras. Il eft fouvent mention de Tribur dans les écrivains du IX & du Xe fiècle, parce qu'il s'y tint des conciles & plufieurs dietes.

TRICA, ville d'Italie, dans la Pouille. Pline, l. 3, c. 11, dit qu'elle fut détruite par Dioméde.

TRICADIBA, ille de l'Inde, en-deça du Gange. Elle eft remarquée par Ptolomée, non dans le golfe Colchique, comme le dit Ortelius, mais fur la côte, en allant du golfe Canticolpe au golfe Colchique, au midi de l'ifle d'Hepta

nefia.

1. TRICALA, ville des états du Turc, en Europe, dans la province de Janna, fur le bord de la riviere de Selampria, entre Janna ou Jannina & Lariffe, avec évêché fuffragant de cette derniere métropole. C'eft de cette ville qu'étoit évêque Héliodore, auteur du beau roman de Theagene & Cariclée, & qui, étant repris fur ce livre, aima mieux, dit-on, perdre fon évêché que de brûler fon ouvrage. C'est l'ancienne TRICCA. Voyez TRICCA.

Etienne le géographe. C'eft la même ville que Ptolomée, . 2, c. 4, appelle Triocla, & qu'il place dans les terres. Ces deux auteurs, quoiqu'ils employent une différente orthographe, ne font le nom de cette ville que de trois fyllabes. Les autres le font de quatre. Diodore de Sicile, in Eglog. pag. 913, & Silius Italicus, lib. 14, verf. 271, entr'autres écrivent TRIOCALA:

Servili vaftata Triocala bello.

Et c'eft conformément à cette derniere orthographe que Pline, l. 3, c. 8, appelle les habitans de cette ville TRIOCALINI. Cicéron, 7 Verr. 10, dit TRICALINUM. Le nom moderne eft Troccoli, felon le pere Hardouin.

TRICAMARUM, lieu d'Afrique, à cent quarante stades de Carthage, felon Procope, Hift. des Wandal. l. 2, c. 2, de la trad. de Coufin. C'est le lieu où les Romains rencontrerent les Wandales campés, & près duquel les deux armées en vinrent à une bataille, dont le fuccès fut défavantageux aux Barbares. Il y avoit tout proche un petit fleuve dont l'eau étoit vive & coulante, quoique fon cours fût fi foible, qu'il n'avoit point de nom, & qu'il n'étoit mis qu'au nombre des ruiffeaux les par gens du pays. Ortélius, qui cite auffi Procope, dit que le lieu Tricamarum étoit à cent quatre-vingt-dix stades de Carthage. Seroit-ce une faute d'imprimeur ?

TRICARAÑA, lieu fortifié au Péloponnése, dans la Phliafie, felon Etienne le géographe. C'eft apparemment le même lieu que Xénophon, Démofthéne & Suidas nomment Tricanon, & que ce dernier place dans l'Argie.

TRICARENIA, c'est-à-dire, Ville Triple. Ortelius, qui cite Palephatus, in Geryone & Cerbero, dit que c'eft où commandoit Géryon.

TRICARICO, en latin TRICARICUM, ville d'Italie au royaume de Naples, dans la Bafilicate, près du bord feptentrional du Bafiento. Cette ville eft petite, mais jolie. Elle étoit évêché fous Acerenfa avant l'an 1060. * Commainville, Table des évêchés.

TRICASII. Voyez TRICASSINI.

TRICASSINI, peuples de la Gaule Celtique ou Lyonnoife, & dont le pays étoit presque renfermé entre la Seine & la Marne. Ce font les TRECASSES de Pline, l. 4, c. 18, & les TRICASII de Ptolomée, l. 2, c. 8. Le nom de ces peuples fe trouve encore fous différentes orthographes comme TRICASSES, TRICASES & TRECASES. Une ancienne inscription rapportée par Gruter, pag. 371, num. 8, fait mention de ces peuples:

AETE. MEMORIA AURELI
DEMETRI ADJUTORI
PROCC. CIVITATIS SENONUM.
TRICASSINORUM. MELDO-
RUM. PARISIORUM. ET. CI-

VITATIS EDUORUM.

Dans la fuite on a dit TRECA ou TRECI, d'où l'on a fait le nom moderne de leur capitale. Voyez TROYES. TRICASTENI. Voyez TRICASTINI.

TRICASTIN ou TRICASTINOIS, pays de France, dans le bas Dauphiné. Il eft borné au feptentrion par le Valentinois & le Diois ; à l'orient & au midi par le comtat Venaiffin, & à l'occident par le Rhône. Ce pays, qu'occupoient autrefois les Tricaftini, peuples de la Gaule Narbonnoife, n'a point d'autre ville que Saint-Paul-trois-Châteaux.

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TRICASTINI, peuples de la Gaule Narbonnoife. TiteLive, l. 21, c. 31, dit qu'Annibal, pour aller aux Alpes, ne prit pas le droit chemin: mais que, le détournant à gauche, il traverfa le pays des Tricaftini, d'ou paffant par les confins des Vocontii, il vint chez les Tricorii, & arriva à la Durance. Plutarque, in Hannibale, dit que ce géné ral fe rendit à la Durance, par les pays des Allobroges, des Tricaftini & des Vocontii. De la maniere que le poëte Silius Italicus, . 3, s'exprime, il femble qu'Annibal passa fur les confins des Tricaftini, & traversa le pays des Vocontii: mais on ne fauroit prendre des phrases poëtiques à la rigueur.

Les TRICASTINI habitoient fur la rive gauche du Rhone, entre les SEGAT ANNI & les CAVARES. Leur ville fe nommoit anciennement NovIOMAGUS, & depuis AuTRICALUM ou TRICALA ville de Sicile, felon GUSTA TRICASTINORUM. Voyez SAINT-PAUL-TROIS

2. TRICALA. Voyez TRICALUM.

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Tome V. PPPPPP

CHATEAUX & AUGUSTA TRICASTINORUM. Prolomée, 7. 2, 6. 10, nomme ces peuples TRISGASTENI, & les place plus à l'orient que les Segalauni. Tite-Live, l. 21, c. 31, & Silius Italicus, 1. 3, v. 466, écrivent TRICASTINI. Ammien Marcellin écrit TRICASTINI & TRECASTINI. Quelques notices difent TRECASSIANI & VOGASINI:mais ce font des fautes. Voyez AUGUSTA TRICASTINORUM & SAINT PAUL-TROIS-CHÂTEAUX.

TRICASTRINI. Voyez l'article précédent. TRICCA, ville de Macédoine, dans l'Eftiotide, felon Prolomée, 1. 3, c. 13. Homere, Iliad. B. v. 236, a connu cette ville. Strabon, 8, p. 360, la met dans la Theffalie, ce qui revient au même, puisque l'Eftiotide étoit une contrée de la Theffalie. Elle étoit fur le fleuve Lethæus, 4. 14, p. 647, fur le bord duquel on difoit qu'Esculape étoit né. Le nom moderne de cette ville eft TRICALA. Voyez ce mot. Puisque le nom moderne de Tricca eft Tricala, il faut que le fleuve Penée ait aufli été appellé des anciens Lothens, puisque Tricala eft fur la Selampria, qui eft l'ancien Penée.

TRICCIANA, ville de la Pannonie. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Sirmium à Carnuntum, entre Pons Manfuetianus & Cimbriane, à trente milles du premier de ces lieux, & à vingt-cinq milles du fecond. TRICESIMÆ. Voyez au mot COLONIA, l'article CoLONIA TRAJANA.

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CESIMUM.

TRICHAICES, peuples de l'ifle de Créte, felon Ortélius, qui cite Homere & Strabon, mais c'eft plutôt le furnom que le nom d'un peuple. Homere dit, Odyff. v. 177, Aapisis Te Trixdines; Dorienfesque Trichasces; fur quoi Strade bon, lib. 10, p. 477, remarque que les Doriens, voilins du Parnaffe, étant paffés dans l'ifle de Créte, y bâtirent trois villes, qu'ils appellerent Erineum, Boeum & Cyti nium, ce qui fait qu'Homere les nomme Trichaices, parce qu'ils étoient comme divifés en trois peuples.

TRICHATEL ou VILLE-CHATEL, baronnie de France en Champagne, dans l'élection de Langres, l'une des anciennes baronnies dépendantes du duché de Langres.* Baugier, Mém. hift. de Champagne, t. 2, p. 348.

TRICHENEN, c'est-à-dire, Trois Loges, ville d'Italie, dans la Calabre, au commencement de la forêt Sila, felon Gabriel Barri, qui dit qu'on la nomme aujourd'hui Taberna ou Taverna.

TRICHIRAPALI, ville d'Afie, dans les Indes, au royaume de Maduré, dans fa partie feptentrionale, fur la rive droite du Caveri. Près de cette ville eft le fameux pagode de Chirangam, entre Tanjaour à l'eft, & Maiffour à l'oueft. Longitude 98, latitude 11, 40.

Cette ville eft devenue la capitale du royaume depuis l'irruption du roi de Maylfur dans ce royaume, qui s'empara de Maduré, & caufa de grands dégats.

Elle eft fort peuplée & d'une grande étendue : elle contient plus de trois cents mille ames; c'eft la plus grande fortereffe qui foit depuis le cap de Comorin jusqu'à Golconde. De nombreufes armées l'ont fouvent affiégée & toujours inutilement, aufli les Indiens, difent-ils, qu'elle eft imprenable. Elle a une double enceinte de murailles, fortifiées chacune de foixante tours carrées, éloignées les unes des autres de quatre-vingts ou de cent pas. La feconde enceinte eft plus élevée que la premiere, & eft garnie de cent trente piéces de canon d'un affez gros calibre. Cette feconde enceinte eft encore partagée en deux forterelles, qu'ils appellent la fortereffe du nord & la fortereffe du fud: celle-ci a la muraille intérieure plus baffe que l'autre : on y voit une haute montagne, qui fert à découvrir l'ennemi. Vers le milieu de la montagne eft l'arfenal, & au bas eft le palais du prince. Le dedans de la fortereffe intérieure eft affez agréable : c'est un grand amphithéâtre carré, avec fes degrés de tout côté, pour monter fur les remparts Le dernier degré le plus voifin de la terre eft à hauteur d'appui. Outre les tours qui accompagnent la double enceinte de muraille, il y en a dix-huit autres plus grandes où l'on met les provifions de bouche & les munitions de guerre, qui n'ont pû entrer dans l'arfenal. On renouvelle tous les ans les provifions de ris, & celui qu'on tire des greniers eft livré aux foldats pour une partie de leur folde. La garnison eft d'environ fix mille hommes, & quelquefois davantage.

Le follé qui environne la fortereffe eft large & profond: il eft plein d'eau, & il y a quelques crocodiles. On a été obligé de creufer ce fofle dons le roc en plufieurs endroits, ce qui n'a pû fe faire fans de grandes dépenfes. Trichirapali a quatre grandes portes, qui répondent aux quatre principales parties du monde : il n'y en a maintenant que deux, favoir celle du feptentrion & celle du midi qui foient ouvertes. Celle d'orient qu'on appelle auffi la porte de Tanjaor, a été long-tems murée, celle d'occident n'eft libre qu'aux femmes du palais. Toutes des nuits on fait trois rondes dans la place : la premiere au fon des tambours & des trompetes, lorsque le jour baiffe: la feconde vers neuf heures avec le haut-bois, & quelques autres inftrumens: la troifiéme le fait en filence vers minuit, on en fait quelquefois une quatrième à trois heures après minuit.

La riviere de Caveri va de l'oucft à l'eft de la forterefle. Au-deffus de Trichirapali, on a conftruit un canal large & profond, qui porte l'eau autour de la ville de ce grand canal, fortent plufieurs autres canaux, qui vont le rendre dans de grands étangs qu'on trouve au dedans & au-dehors de la ville. On y voit plufieurs places publiques & plufieurs bazars : il y en a deux confidérables, qui font placés aux deux principales portes. Celui du nord s'étend jusques fur les bords du Caveri. Au-delà du Caveri, on trouve un autre bras du fleuve Coloran, & c'eft au milieu de ces deux grandes rivieres qu'on a bâti le pagode de Chirangam.

Le palais de Trichirapali n'est pas fi beau que celui de Maduré. Il confifte en un amas de falles, de galeries & d'appartemens intérieurs.

On compte environ quarante lieues de Trichirapali à Maduré, à caufe des détours qu'on eft obligé de prendre, pour éviter les bois qui font infeftés de voleurs, mais on va continuellement dans une allée de beaux arbres, qui commence au fortir de la ville jusqu'aux portes de Maduré. Lett. éd. rec. 15.

*

TRICHIS, ville d'Egypte, felon Etienne le géographe. Ce mot pourroit être regardé comme fufpect; car Etienne le géographe n'obferve pas l'ordre alphabétique dans cet endroit.

TRICHONE. Voyez TRICHONIUM.

TRICHONIUM, ville de l'Etolie, Paufanias, . 2; c. 37, & Etienne le géographe en font mention; le premier dit, que Arriphon étoit originaire de cette ville; fur quoi il remarque que cet Arriphon étoit un favant homme, fort eftimé des Lyciens, parmi lesquels il vivoit; critique judicieux qui découvroit bien des chofes à quoi les autres n'avoient pas pensé. C'est lui, ajoute Paufanias, qui a remarqué le premier que tout ce qui concerne ces mystères de Lerna, vers, profe ou mélange de l'un & de l'autre, étoit écrit en langue dorique. Or, avant l'arrivée des Héraclides, dans le Péloponnée, les Argiens parloient la même langue que les Athéniens, & du tems de Philammon, le nom de Dorien étoit encore inconnu à la plûpart des Grecs. Telle est la découverte dont on étoit redevable à Arriphon. Ortélius croit que le TRICHONIUM de Paufanias & d'Etienne le géographe, eft le TRICHONE de Pline, l. 4, c. 3; mais le pere Hardouin lit TITHRONE pour TRICHONE, & foutient que ce ne peut être le TRICHONIUM en queftion, qui étoit dans l'Etolie, au lieu que le Trichone de Pline étoit dans la Locride. Il fonde fa correction fur Paufanias même, qui met dans la Locride une ville nommée TITHRONIUM, & fur Hérodote, l. 8, n°. 33, qui nomme cette derniere ville TETHRONIUM. TRICIUM. Voyez TRITIUM.

TRICOLLORI, peuples de la Gaule Narbonnoise. Pline, L. 3, c. 4, éloigne ce peuple de la côte de la mer. Leur pays eft aujourd'hui, felon le pere Hardouin, le diocèle de Sifteron, & la capitale étoit ALARANTE, dont la table de Peutinger fait mention, & qu'on nomme préfentement Talard, lieu du Dauphiné, fur la route de Sişteron à Gap. C'est du moins le fentiment de Nic. Bouche, dans fon hiftoire de Provence, l. 3, 6. 7.

TRICOLONI, ville de l'Arcadie. Paufanias, l. 8, c. 35, qui dit qu'elle étoit à dix ftades des ruines de Charifium, ajoute que la ville Tricoloni ne fubfiftoit plus de fon tems, qu'il ne s'étoit confervé qu'un temple de Nep tune, fur une colline, avec une ftatue du dieu de figure carrée, & un bois facré qui environnoit le temple. Cette ville avoit été bâtie par les enfans de Lycaon. En prenant

la gauche, on arrivoit à Zœtée, qui étoit à quinze stades de là. En prenant à la droite, on trouvoit un chemin qui alloit en descendant, & qui conduifoit à une fontaine nommée CROUNES.

1. TRICOMIA, ville de l'Afie mineure, dans la grande Phrygie, felon Ptolomée, l. 5, c. 2.

2. TRICOMIA, ville de l'Arabie heureufe. Il en eft parlé dans la notice des dignités de l'Empire, fect. 22, on lit: Equites promote Illyricani Tricomia. Un manuscrit, confulté par Órtélius, portoit TRIGONIA pour TRI

COMIA.

TRICOMIS, lieu de la Paleftine. Cédréne dit que c'eft où les Scythes bâtirent la ville de Scythopolis; mais, dit Ortelius, j'aime mieux m'en rapporter à Egelipe, 1. 3, qui dit que cette ville ne fut appellée Scythopolis, pour avoir été bâtie par des Scythes, parce qu'on l'avoit confacrée à Diane Scythique.

TRICON, montagne aux environs de la Propontide, à ce qu'il paroît par les dialogues de Palladius, cité Baronius, Annal. l. 5,

par

TRICONIENSIS, Gége épiscopal, fous la métropole de Céfarée de Straton, felon Guillaume de Tyr, cité par Ortélius.

TRICONIUM. Voyez TRICHONIUM.

TRICONVILLE, en latin Triconis villa, lieu dans le duché de Lorraine, au diocèse de Toul. Son église paroiffiale eft dédiée à faint Michel, Le chapitre de Liverdun, par ceffion des religieufes de faint Maur de Verdun, eft patron de cette cure. L'abbaye de faint Maur de Verdun perçoit les deux tiers des dîmes, & le curé l'autre tiers. Le feigneur eft le duc de Bar.

TRICORES, peuples dont parle Lucain au premier li

vre de fa Pharfale, v. 36.

... nec ultra

Inftabiles Tricores circumfita caftra coërcent.

Au lieu de Tricores, Turnébe lit Turones, & Schrevelius Turonas. J'aimerois mieux, dit Ortélius, retenir l'ancienne leçon; car Strabon, 1.4, p. 185 & p. 203, connoît un peuple nommé TRICORI, Pline, l. 3, 6. 4, un pays qu'il nomme TRICORIUM REGIO, & Tite-Live, 1. 21, une ville appellée TRICORIUM, & Ammien Marcellin, 7. 15, un bois auquel il donne le nom de SALTUSTRICOR11. Ce peuple, ce pays, cette ville & ce bois, tout cela a rapport à un quartier de la Gaule Narbonnoife, aux environs de Marfeille, d'Aix & d'Apt.

TRICORNESII, peuples de la haute Mafie. Prolomée, l. 3, c. 9, les place aux confins de la Dalmatie. Le nom moderne de leur pays est TOPLIZA, felon Cas

tald.

TRICORNIUM, ville de la haute Mafie. Ptolomée la marque près du Danube. C'eft aujourd'hui Glumbatz, felon Niger, & Coruscene, felon Lazius. Cette ville TRICORNIUM eft, à ce que croit Simler, la ville Turium ou Dorium d'Antonin.

TRICORYPHOS, montagne de l'Arabie heureuse, felon Pline, 4. 6, c. 28. Le nom de cette montagne lui avoit été donné à caufe de fes trois fommets, fur chacun desquels il y avoit un temple d'une hauteur prodi gieufe, à ce que nous apprend Diodore de Sicile, 1.3, P. 178.

TRICORYTHOS. Voyez TETRAPOLIS. TRICORYTHUS, bourg de l'Attique, fous la tribu Eantide; il étoit proche de Marathon, fur le bord du marais des champs Marathoniens, où périt une partie de l'armée des Perfes, dans cette célébre bataille qui préferva les Grecs de l'esclavage des Barbares. Il n'y a plus, dans cet endroit, qu'un méchant hameau appellé Calyvi sito Soully. Cependant il a été un tems qu'on comptoit ce lieu pour une des quatre villes de l'Atrique, qui donnoit le nom de TETRAPOLIS à ce quartier, & ces quatre villes étoient Oenoé, Triorythus, Probalinthus & Marathon, où faifoit fa réfidence Xuthus, gendre du roi Erechthée. On voit à Athénes, proche l'églife d'Agia Kyra, cette inscription :

ΤΟΣ ΤΟΥ ΠΑΤΡΟΣ ΑΓΑΘΟΚΛΕΟΥΣ ΤΟΥ ΦΙΛΟΞΕΝΟΥ
ΦΛΥΕΩΣ ΣΤΡΑΤΗΓΟΥΝΤΟΣ ΕΠΙ ΤΟΥΣ Ο ΠΛΕΙΤΑΣ ΤΙ
ΚΛΑΥΔΙΟΥ ΘΕΟΓΕΝΟΥΣ ΠΑΙΑΝΙΕΩΣ ΚΑΙ ΕΠΙΜΕΛΗΤΟΥ
ΤΗΣ ΠΟΛΕΩΣ . .
..... · TPIKOPY.....

C'est-à-dire,

A l'honneur de la déeffe Vefta & des dieux Auguftes, du confeil de l'aréopage & du confeil des fix cens, & du peuple, Philoxenus, fils d'Agathoclès de Phlya, a confacré ce monument à fes propres dépens. Agathoclès, fils de Philoxenus, ayant eu le foin de le faire dans le tems que Tibérius Claudius Théogénes Paanien étoit gouver neur de la milice & pourvoyeur de la ville... Tricorithus.......

& fuiv.

* Spon, Lifte de l'Attique, p. 389

TRICOT, bourg de France, dans la Picardie, au diocèle d'Amiens, élection de Mont-Didier. Ce lieu, qui eft à dix lieues d'Amiens, a une manufacture de ferges drapées.

TRICRANA, ille de l'Argie. Paufanias, l. 2, c. 342 dit: Quand on a paflé le cap Bucéphale, les ifles Halioufe, Pityoufe & Ariftere, on trouve un autre promontoire qui joint le continent, & que l'on n'appelle point autrement qu'Acra; bientôt après vous voyez l'ifle de Tricrane, & enfuite une montagne du Péloponnéfe, qui donne fur la mer, & qui a nom Buporthmos.

TRICRANUM. Voyez TRICARANA.

TRICRENA, lieu de l'Arcadie. A la gauche du mont Géronte, dit Paufanias, l. 8, c. 16, les Phénéates font bornés par un lieu qu'on nomme TRICRENE, à cause de trois fontaines qui font là, & où l'on dit que les nym. phes laverent Mercure lorsqu'il vint au monde ; c'eft pour

cela que ce lieu étoit confacré à Mercure. Ce lieu étoit voifin du mont Sépia.

TRICRINI, peuples d'Italie, felon Denys d'Halicarnaffe, . 1. Ortelius remarque que Gelenius rend ce nom par celui de TREBIANI, & que Sylburge aime mieux le rendre par celui de TOLERINI.

TRIDENTE, ville d'Italie. Ptolomée, l. 3, 6. 1, la donne aux Cénomans. Le manuscrit de la bibliotheque palatine, au lieu de TRIDENTE, lit TRIDENTUM. Les habitans de cette ville font appellés TRIDENTINI par Pline 1. 3, c. 9. C'est aujourd'hui la ville de Trente, appellée Trento par les Italiens & Triendt par les Allemands. Le territoire de Trente eft nommé TRIDENTINA REGIO par Caffiodore, Variar. 5, ad Feltrinos.

1. TRIE, bourg de France, au Vexin-Normand, avec haute-juftice & château; il eft fitué près de Gitors, & a titre de baronnie. Cette baronnie comprend les paroiffes de Trie, d'Eragny, de Bertichères, d'Enancourt-Liage, de Boutancourt, de Saint-Brice, de Lotin-Ville & de Frêne-l'Eguillon. * Corn. Dict. fur des mémoires dressés sur les lieux en 1702.

2. TRIE, petite ville de France, dans le bas Armagnac, au diocèfe d'Auch, élection de Riviere-Verdun. ll y y a une églife collégiale, & un couvent de carmes... Cette ville eft remarquable par fes marchés, & un grand paffage pour les troupes.

TRIEIX, petite riviere de France, en basse Bretagne, paffe près de Tréguier.

Cette riviere ne s'appelle pas Trieix, mais Trieu. Voyez

ce mot.

en

TRIE-LE-BARDOUL, en latin Trajectum Bardulfi, village de France, au diocèle de Meaux, daus le doyenné de Claye, fur le rivage droit de la riviere de Marne, à une lieve de Meaux, vers le couchant d'hiver. On trouve dans des annales du tems de Charles le Chauve, que ce roi donnant la chafle aux Normands, fit rétablir, en ce lieu, le pont que ces barbares avoient rompu, & qu'il pafla enfuite d'un côté à l'autre. Il eft auffi fait mention de Trie-le-Bardoul dans l'hiftoire du transport du corps de fainte Geneviève de Marify, au diocèfe de Soiffons, fon église de Paris. La fainte y fit éclater tant de miracles, qu'elle eft devenue patrone de l'églife. La cure, cependant, eft à la nomination de l'abbé de faint Faron, auffi-bien que le prieuré. Ce lieu s'appelloit alors fimplement Trie, il n'eut qu'au onzième fiécle le furnom de Bardulf, qui étoit celui de Hugues, fils de Barthelemi de Broyes. Il y a, dans l'églife paroiffiale, une chapelle de faint Nicaife, à la collation pleine de l'évêque. Le vidame ΛΕΟΥΣ ΦΑΙΕΙΣ ΑΝΕΘΗΚΕΝ ΕΚ ΤΩΝ ΙΔΙΩΝ ΠΟΙΗΣΑΝ- de Trie-le-Bardoul eft un des quatre valfaux qui font tε Tome V. PPPPPPij

ΕΣΤΙΑ ΚΑΙ ΑΠΟΛΛΩΝΙ ΚΑΙ ΘΕΟΙΣ ΣΕΒΑΣΤΟΙΣ ΚΑΙ ΤΗΙ
ΒΟΥΛΗΙ ΤΗΙ ΣΕ ΑΡΕΙΟΥΠΑΤΟΥ ΚΑΙ ΤΗΙ ΒΟΥΛΗΙ ΤΩΝ
ΕΞΑΚΟΣΙΩΝ ΚΑΙ ΤΩΙ ΔΗΜΩΙ ΦΙΛΟΞΚΝΟΣ ΑΓΑΘΟΚ

mus de porter l'évêque de Meaux à fa nouvelle entrée, & ce vidame eft encore obligé d'offrir un cierge, le jour de faint Etienne 26 décembre, au grand-autel de la cathédrale, à l'entrée de l'offertoire, fuivant la nomination qui s'en fait à haute voix. * Hiftoire de l'église de

Meaux.

TRIE-LA-VILLE & TRIE-LE-CHATEAU, bourg de France, dans le Vexin-François, du diocèle de Rouen, fous l'élection de Gifors, dont il eft à une lieue, & à treize de Paris; ce font deux paroiffes contigues. Il y a un monaftère de religieux de l'ordre de faint François, & un château, avec haute-juftice.

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TRIEL, en latin Triellum, lieu dans l'ifle de France, au Vexin François, dans le diocèfe de Rouen, élection de Paris. On lui donne deux mille habitans, y compris fes hameaux & annexes. Ce lieu eft fitué fur la Seine, à une lieue de Poiffy, à deux de Meullant, à trois de Pontoife. C'eft le fiége d'une prévôté royale, reflortillante de la vicomté de Paris. La taille y eft perfonnelle; la cure vaut quatre mille livres. L'abbé de Fécamp en eft collareur. Les terres y font légeres & de peu de rapport. Il y a des vignes, dont le vin, qui eft très-eftimé, fe vend pour Rouen & pour la Picardie; des carrierres de plâtre & des pierres de meules. Le prince de Condé y fonda, en 1695, un hôpital des malades & une communauté de filles urfulines. Il y a, dans l'église paroiffiale, un tableau original du Pouffin, repréfentant l'adoration des Mages à Bethléem, lequel a été donné, par le pape, à la reine de Suéde, étant alors à Rome. Sa hauteur eft de dix-huit pieds, fa largeur de douze : les figures y font de grandeur naturelle ; ce tableau eft fort eftimé; il fut envoyé, à cette églife, par le fieur Poiltenet, natif de Triel, valet de chambre de cette reine. L'églife de la paroiffe eft du titre de faint Martin; le choeur paroît bâti fous François I ou Henri II. Il y a, dans la frife, les douze apôtres, qui fortent à mi-corps. Ce qui eft extraordinaire, une rue paife fous le chœur, par le moyen d'une voûte qui le supporte. L'entrée de ce bourg eft la petite églife dite fainte Mille, de fancta Millia, au neutre, comme on dit fainte Bible, fancta Biblia; ce font les faints Innocens qui en font le titre. L'auteur du pouillé de Rouen de 1738, lui a mal donné le nom de faint Miel, & a trompé l'auteur de la nouvelle description du Vexin, qui a cru que c'étoit faint Michel. Ce prieuré étoit de l'exemption de Fécamp, & eft maintenant uni à l'hôpital du lieu. Le territoire eft toujours compris dans l'exemption: fur le Territoire de Triel eft encore le prieuré de faint Blaise, qui a été uni, en 1716, à la menfe conventuelle de Marché-Raoul, ordre de prémontrés, à laquelle il avoit été donné au douzième fiécle. Entre Triel & Vaux, près d'un lieu qu'on nomme le Temple, eft l'églife & la fontaine de faint Nigaife, où il commença à baptifer les idolâtres, accompagné de faint Egobille, Scubiculus. C'eft pourqui on dit là que c'eft le lieu d'où il chaffa le dragon.

TRIELISCUS-MONS, montagne d'Italie. Ortélius, qui cite Sigonius, 1.5, regni Italia, dit que c'est le nom de la montagne fur laquelle la ville de Capoue a été bâtie, & il foupçonne que le nom moderne pourroit être TIEFATA.

La montagne fur laquelle Capoue eft bâtie ne s'appelle point Tiefata, mais monte di Caferta. Tifata, & non pas Tiefata eft le nom que Tite - Live, & Silius Italicus ont donné à cette montagne.

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TRIENSES, peuples de la Macédoine, felon Pline, 7. 4, c. 10. Le pere Hardouin, au lieu de TRIENSES, lit ESTRÆENSES.

TRIENTIO, fleuve dont il eft parlé dans la vie de faint Aubert. Ortelius croit que ce fleuve étoit au voisinage de Terouenne.

TRIENTIUS-AGER, terre d'Italie, à cinquante milles de Rome. Tite- Live, l. 3, c. 13, dit qu'on lui donna ce nom à caufe qu'elle fut partagée à divers particuliers, en payement de la troifiéme partie de l'argent qu'ils avoient avancé à la république, pour les frais de la guerre de Carthage.

TRIER, nom allemand de la ville de Treves. Voyez

ce mot.

1. TRIERES, peuple de la Bithynie, felon Memnon cité par Ortélius. Etienne le géographe, qui connoît auffi Le peuple, dit qu'il avoit pris fon nom de Trierus, fils

d'Ombrareus, & de Thracia, felon le témoignage d'Arrien, in Bithyniacis.

1.

2. TRIERES, ville de Syrie. Polybe, l. 5, no. 68, rapporte que cette ville fut brulée par Antiochus. Etienne le géographe, qui parle auffi de la ville de TRIERES, nomme les habitans TRIERETES.

TRIERIS, ville de Phénicie, felon Pline, l. 5, c. 18. C'eft la même ville qui eft nommée TRIERES par Polybe & par Etienne le géographe. Voyez TRIERES, n°. 2. TRIERON, promontoire de l'Afrique propre. Prolomée, l. 4, c. 3, le marque à l'extrémité de la petite Cyrte, près de Cinfterna. Voyez CEPHALAS.

TRIESTE, ville d'Italie, dans la haute Karftie ou Carfo, au fond de la mer Adriatique, fur la côte du golfe auquel elle donne fon nom, environ à dix milles au nord de Capo d'Iftria, vers le 45d so' de latitude. Cette ville, qui a été bâtie des ruines de Tergefte ou Tergeftum, est toute de pierres, fur un rivage tout pierreux, fur la pente d'un grand rocher ou montagne de pierres. Elle eft petite, mais affez bien peuplée, & fortifiée d'une citadelle bâtie depuis peu. L'impératrice reine de Hongrie l'a embellie, & en a fait augmenter les fortifications, aggrandir, & affurer le port, à caufe que le mouillage n'étoit pas bon; elle a rendu le port franc, & y a établi des chantiers, pour la construction des vaifleaux. Elle y a établi une compagnie de commerce, afin de la rendre plus floriflante. L'empereur Charles VI, fon pere, y avoit établi une foire en 1731. Les habitans ont fait faire une grande place près du port, mais au dedans des murailles, & ont élevé deux belles colonnes de pierres, fur l'une desquelles eft l'image de la fainte Vierge, & fur l'autre une ftatue de l'empereur, avec des inscriptions fur les bases, où ils expriment leur dévotion pour la mere de Dieu, & leur fidélité pour leur fouverain. Sur cette même place ils ont bâti une maifon de ville ou de confeil, & qui eft un affez beau bâtiment. Tout au haut de la ville eft l'église cathédrale, édifice ancien, qui, ainfi que tous les autels fe reffent de la fimplicité & de la pauvreté du vieux tems. Les jéfuites y ont un collége & une églife, le tout bien bâti. Sur un rocher voifin, & contigu à la ville, il y a un vieux château foigneufement gardé.

Les Vénitiens fe rendirent maîtres de Triefte au commencement du treiziéme fiécle, fous le dogat de Henri Dandulo, à caufe des pirateries des habitans. Ceux-ci se remirent en liberté l'an 1507, pendant la guerre que les Vénitiens eurent avec l'empereur Maximilien I; mais il fallut enfuite fe rendre. Depuis, elle eft paffée fous la puiffance de la maifon d'Autriche.

La ville de Trieste étoit évêché dès le fixiéme fiécle, fous Aquilée. * Magin, Carte de l'Iftrie & du Frioul.

TRIEU ou TRIEUX, riviere de France, en Bretagne. Elle prend fa fource à l'extrémité du diocèle de Treguier, du côté du midi, d'où coulant vers le feptentrion, elle paffe à Guincamp, à Pontrieux, d'où elle fe rend dans la Manche, au nord-eft, & à trois lieues de Treguier.

TRIFANUM, lieu d'Italie, dans la Campanie. TiteLive, l. 8, c. 11, dit que ce lieu étoit entre Sinueffa & Minturna; & Cellarius, geogr. antiq. lib. 2, 6.9, croit qu'il devoit être plus près de la premiere de ces villes que de la feconde, parce que Diodore de Sicile, l. 16, c. 91, en parlant de la même bataille que décrit Tite-Live, dit qu'elle fe donna près de Sinueffe.

TRIFOLINUS. Voyez TRIPHOLINUS.

TRIGABOLI, peuples Toscans. Léander, Descr. di tutta Ital. p. 344, dit qu'ils habiterent anciennement entre les deux bouches du Pô, appellées Magna-Vacca & Volana. Il ajoute qu'on les nomma enfuite TESALGI, & qu'ils furent chaffés par les Boïens Polybe, l. 2, no. 16, place les TRIGABOLI à l'embouchure du Pô; mais je ne connois point d'auteur ancien qui faffe mention des TESALGI.

TRIGÆCINI, peuples d'Espagne, felon Florus l. 4, c. 12. Ils devoient habiter au voifinage de l'Afturie; car il eft dit que les TRIGACINI trahirent les Afturiens, & avertirent Carifius du deffein que ceux-ci avoient d'attaquer les trois camps des Romains. Vinet lit BRIGACINI pour TRIGACINI.

TRIGASTRINI & CIVITAS TRIGASTRINORUM, peuple & ville de la Gaule Narbonnoise. Voyez SAINT-PAULTROIS-CHÂTEAUX.

TRIGLYPTON, ville de l'Inde, au-delà du Gange. Ptolomée, L. 7, c. 2, en fait la ville royale du pays appellé Randamarcotta. Au lieu de TRIGLYPTON, le manuscrit de la bibliotheque palatine porte TRIGLYPHON, & ajoute qu'on la nommoit aufli TRILINGUM. Le nom moderne eft PEGU, felon Castald, cité par Ortélius.

TRIGNO, riviere d'Italie , au royaume de Naples, où elle prend fa fource dans le comté de Molife, près de Guardia Girardo, d'où courant vers le midi, elle fe recourbe vers le nord-eft, paffe à Trivento, & après avoir arrofé des lieux moins confidérables, elle fe rend dans le golfe de Venife, au fud-eft de Guafto di Amone, dans l'Abruzze.* Magin, Carte de l'Abruzze.

TRIGUERRE, bourg de France, dans le Gâtinois, au diocèle de Sens, élection de Montargis. La justice de ce lieu relève de la châtellenie de Château-Regnard.

TRILEUCI SCOPULI, écueils de l'Océan Cantabrique. Prolomée, l. 2,6. 6, les marque à l'embouchure du fleuve Mearus.

TRILEUCUM, promontoire d'Espagne, nommé autrement Lapacia Cory par Ptolomée, qui le marque fur la côte feptentrionale, entre Flavium Brigantium & l'embouchure du fleuve Metarus ou Mearus.

TRILINGUM. Voyez TRIGLYPTON. TRIM, ville d'Irlande, dans la provinde de Leinster, au comté d'Astmeath, fur la Boyne. * Etat présent de l'IrLande, p. 38.

TRIMACHI, peuples de la Mafie, felon Pline, l. 3, c. 26. Le pere Hardouin lit TIMACHI, & c'eft la véritable orthographe; car leur ville fe nommoit TIMACUM. Voyez ce mot.

TRIMAMMIUM. Voyez TRIMMANIUM.
TRIMERUS. Voyez DIOMEDEA Insulæ.
TRIMETHUS. Voyez TREMITHUS.

TRIMITARIA. Ce furnom eft donné, dans le concile de Chalcédoine, à la ville de Laodicée, qui y eft appellée LAODICEA-TRIMITARIA. Ortelius juge que TRIMITARIA eft le nom d'une contrée de la Phrygie Pacatiane, dans laquelle étoit cette Laodicée.

TRIMMANIUM, ville de la baffe Mafie, fur le Danube, felon Ptolomée, l. 3. c. 10. Le manuscrit de la bibliotheque palatine lit TRIMANIUM. C'eft la même ville que l'itinéraire d'Antonin appelle Triamammion, & qu'il place fur la route de Viminacium à Nicodémie, entre Scaidaua & Exantapriftis, à sept milles du premier de ces lieux, & à égale diftance du fecond. C'eft auffi la même ville qui eft nommée Trimammium dans la notice des dignités de l'Empire, fect. 29. Ortélius dit que Drimago femble aujourd'hui occuper la place de cette ville.

TRIMMIS, Trimontium, bourg des Grifons, dans la Ligue Maifon-de-Dieu, dans la communauté des quatre villages, entre Coire & Zizers. Il tire fon nom de trois montagnes, dont il eft environné. Cet endroit eft fujet aux goîtres, ce qu'on attribue aux mauvaises eaux qu'on y boit; mais les habitans y font tellement accoutumés, qu'ils les regardent comme une beauté. * Etat & délices de la Suiffe, t. 4, p. 48.

1. TRIMONTIUM, ville de la Grande Bretagne. Ptolo mée la donne aux peuples Selgova. Cambden croit que c'eft préfentement Atterith en Ecoffe, & d'Audifret Dunfreys. 2. TRIMONTIUM. C'eft l'un des noms que Prolomée, l. 3, c. 11, donne à la ville de Philippopolis en Thrace. Voyez PHILIPPOPOLIS.

TRIN. Voyez TRINO.

TRINACIA, ville de Sicile, & qui n'eft connue fous ce nom que par Diodore de Sicile, l. 12, c. 29, dont quelques exemplaires même lifent TRINACRIA. Ces deux noms ayant été ceux de l'ifle de Sicile, on pourroit foupçonner que le nom de cette ville, qui étoit TIRACIA, fe corrompit dans la fuite des tems, & que de TIRACIA on fit TRINACIA & TRINACRIA. Cluvier, Sicil. ant. 1.2, C. 13, dit que le vrai nom de la ville étoit Tiracia, parce que Pline, l. 3, c. 8, appelle fes habitans TIRACIENSES. Il ne feroit pas aifé de décider fi cette ville eft celle qu'Etienne le géographe appelle TYRACINE, & dont il fait une ville, petite à la vérité, mais opulente. La ville, dont parle Diodore de Sicile, étoit riche, puiflante, & confiderée comme la premiere de l'ifle. Elle tint toujours tête à celle de Syracufe ; & lorsque celle-ci eut réduit fous fa puiffance toutes les autres villes

de l'ifle, les habitans de Tiracia, quoique feuls à dé fendre leur liberté, ne laifferent pas d'en venir à une bataille contre ceux de Syracufe. Ces derniers remporterent la victoire ; ils firent leurs ennemis esclaves, pillerent toutes leurs richeffes, & raferent leur ville. Comme il y a apparence qu'elle fut rétablie dans la fuite, ne fe pourroit-il point que l'ancienne auroit été appellée TRINACIA ou TRINACRIA, du nom de l'ifle, dont elle étoit la capitale, & que la nouvelle auroit eu le nom de TIRACIA? Par-là tout feroit concilié.

TRINACIOTÆ, peuples de Bithynie, felon Pachymère, qui dit qu'ils habitoient au voisinage de la ville de Nicée.

TRINACRIA ou TRINACIA, noms que les anciens ont donnés à la Sicile, à cause de fes trois pointes ou promon toires.

TRINASI-MONIA, Paufanias, l. 3, c. 22, dit: A la gauche de Gythée, en avançant quelques trente ftades dans les terres, on trouve les murs de Trinafe. Je crois que c'étoit autrefois, non une ville, mais un château, qui avoit pris fon nom de trois petites ifles, qui font de ce côté-là, près du rivage. Environ quatre-vingts ftades plus loin étoient les ruines de la ville d'Hélos. Prolomée, 13, c. 16, au lieu de TRINASUS écrit TRINASSUS, & en fait un port dans le golfe Laconique.

TRINASSUS. Voyez TRINASI-MOENIA. TRINCOLY,'viile d'Afie, dans l'ifle de Ceylan, à fon couchant, & au midi de Batecalo, avec une pagode fur le bord de la mer.

TRINEMEIS, bourg de l'Attique, fous la tribu Cécropide, donnoit la naiffance à la petite riviere de Cephiffus, dont Strabon parle, & qu'il femble confondre avec celle que d'autres appellent Eridan.* Spon, Lifte de l'Attique,

P. 391.

TRINEMII, peuples de l'Attique. Strabon, l. 9, p. 400, dit que le fleuve Céphife prenoit fa fource chez eux. Etienne le géographe qui écrit TRINEMEIS en fait un peuple de la triba Cécropide.

TRINESİA, isle de l'Inde, en-deça du Gange. Prolomée, l. 7, c. 1, la marque dans le golfe Colchique, & Caftald veut que le nom moderne foit RHESI PHE.

TRINESSA, ville du l'Afie mineure, dans la Phrygie, felon Etienne le géographe, qui cite Théopompe. TRING, bourg d'Angleterre, dans la province d'Hertford. Il a droit de tenir marché public. * Etat présent de lå Gr. Bret. t. 1.

TRINGENSTEIN, château d'Allemagne, dans le pays de Heffe. Il appartient aux comtes de Naffau, & eft fitué fur une montagne, d'où on le découvre à quelques milles de loin. Le comte Henri de Naffau Dillenburg le fit bâtir l'an 1323, contre Otton, landgrave de Hefle. * Zeyler, Topogr. Haff. p. 82.

TRINIDAD. Voyez TRINITÉ.

1. TRINITÉ, (FORT DE LA) OU BOUTON DE ROSE fort d'Espagne, dans la Catalogne, viguerie de Girone, fur le bord de la mer Méditerranée, à un mille de la citadelle de Rofe. Michelot, Portul. de la mer Médit. p. 49, dit: Environ quatre à cinq milles vers l'ouest de la pointe de Calafiguiere, qui eft la pointe du nord de la baie de Rofe, il y a une autre pointe un peu avancée en mer, fur laquelle eft un petit fort à étoile, qu'on appelle le bouton de Rofe, autrement le fort de la Trinité: entre ces deux pointes il y en a une troifiéme qui s'avance un peu en mer, & quelques petits enfoncemens & plages, avec quelques maifons de pêcheurs.

2. TRINITÉ, (La) bourg & paroiffe de l'Amérique feptentrionale, dans l'ifle de la Martinique, au fond du cul-de-fac du même nom, deffervie par les jacobins, à la bande du nord. Elle est éloignée de deux lieues du fond Saint-Jacques, il y a un juge royal. Cette paroiffe comprenoit autrefois tout le terrein, jusqu'à la pointe des Salines, qui tenoit plus de quinze lieues d'étendue; on l'a depuis partagé en trois paroilles, qui font celles du cul-de-fac Robert, du cul-de-fac François, & du Ravelin. Il n'étoit compofé en 1694, que d'environ quatre-vingts maisons, construites partie de bois, & partie de rofeaux, couvertes de paille, & toutes bâties fur une ligne courbe, qui fuivoit la figure du port. La quantité de fucre, de cacao & de coton qu'on fabrique dans ces cantons, a été caufe que ce bourg s'eft peuplé & augmenté confidérablement. Le commerce PPPPPP iJ

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