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VALÊRE MAXIME.

NOTICE

SUR VALÈRE MAXIME.

VALÈRE MAXIME, que l'on fait descendre des Valérius par son père, et, par sa mère, de Fabius Maximus, vécut sous l'empereur Tibère. On ne connaît aucune particularité de sa vie. On sait seulement qu'il servit en Asie, sous Sextus Pompée, qui était consul l'année de la mort d'Auguste, et qui jouit des bonnes grâces de son successeur. De retour à Rome, Valère Maxime se consacra à l'étude de l'histoire, qu'il envisagea particulièrement sous le côté moral. Le seul ouvrage que l'on ait de lui est ce recueil des faits et des paroles mémorables. Il en offrit la dédicace à Tibère, par une épître qui n'est qu'un tissu de lâches flatteries. Toutefois, on ne voit pas qu'il ait exercé aucun emploi sous ce prince; et les louanges prodiguées, dans cette préface et dans tout l'ouvrage, aux Césars et à leur successeur, n'étaient peut-être qu'un moyen de faire passer, à la faveur de quelques flatteries excessives, la critique souvent hardie qu'il fait du vice, et l'éloge constant qu'il donne à la vertu.

Quelques critiques prétendent qu'on n'a que l'abrégé de l'ouvrage de Valère Maxime. Ils se fondent sur une lettre d'un certain Januarius Népotianus, que l'on suppose avoir vécu vers le temps de Cons. tantin; lettre dans laquelle il dit que, trouvant l'ouvrage de Valère Maxime trop diffus, il se propose d'en retrancher les longueurs. Mais rien ne prouve qu'il ait exécuté ce projet, et, s'il l'a exécuté, que cet abrégé soit le livre que nous avons.

Ce livre, qui n'est qu'une espèce de compilation où l'on désirerait plus de critique et de goût, ne laisse pas d'être fort utile, à cause d'un grand nombre de faits qu'on ne trouve point ailleurs. Aussi les éditions en sont-elles innombrables. La traduction suivante a été faite sur l'excellent texte donné, en 1823, par M. C. B. Hase, et reproduit ici, sauf de très-légers changements, autorisés par les manuscrits.

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LES NEUF LIVRES

DES FAITS ET DES PAROLES MÉMORABLES.

A TIBÈRE CESAR AUGUSTE.

PRÉFACE.

Les faits et les paroles mémorables que contiennent les annales de Rome et des nations étrangères étant épars dans trop d'ouvrages pour que l'on puisse s'en instruire en peu de temps, je me suis proposé d'en faire un choix d'après les plus célèbres auteurs, afin d'épargner le travail d'une longue recherche à ceux qui voudraient les connaître. Je n'ai pas eu la prétention de tout embrasser qui pourrait, en effet, renfermer dans un petit nombre de feuilles les événements de tous les siècles? et quel homme sensé, voyant l'histoire de notre pays et des autres peuples si supérieurement écrite et composée par les écrivains antérieurs, se flatterait de la refaire avec une exactitude plus scrupuleuse ou une plus grande éloquence? Vous donc à qui les hommes et les dieux ont, de concert, déféré le gouvernement du monde et sur qui repose le salut de la patrie, je vous invoque, ô César, pour le succès de cette

VALERII MAXIMI

FACTORUM DICTORUMQUE MEMORABILIUM

LIBRI NOVEM.

AD TIBERIUM CÆSAREM AUGUSTUM.

PRÆFATIO.

Urbis Romæ, exterarumque gentium facta simul ac dicta memoratu digna, quæ apud alios latius diffusa sunt, quam nt breviter cognosci possint, ab illustribus electa auctoribus deligere constitui, ut documenta sumere volentibus longa inquisitionis labor absit; nec mihi cuncta complectendi cupido incessit: quis enim omnis ævi gesta modico

entreprise, vous, dont la divine sagesse encourage avec bonté les vertus dont je vais parler, et punit les vices avec rigueur! Si les anciens orateurs commençaient avec raison leurs discours par une invocation à Jupiter; si les plus grands poëtes ont mis leurs vers sous la protection de quelque divinité, avec combien plus de raison ne dois-je pas, pour mon faible talent, implorer votre faveur! En effet, la divinité des autres immortels n'a pour preuve que l'opinion des homines, et la vôtre se manifeste par de sensibles effets, semblable à l'astre de votre père et à celui de votre aïeul (1); astres dont la splendeur a jeté le plus noble éclat sur nos cérémonies religieuses. Nous avons reçu les autres dieux; nous avons donné les Césars.

Mon dessein étant de traiter d'abord du culte

des dieux, j'en exposerai sommairement les principes.

(1) Auguste et J. César.

voluminum numero comprehenderit? aut quis, compos mentis, domesticæ peregrinæque historiæ seriem, felici superiorum stilo conditam, vel attentiore cura, vel præstantiore facundia, traditurum se speraverit? Te igitur huic cœpto, penes quem hominum deorumque consensus maris ac terræ regimen esse voluit, certissima salus patriæ, CESAR, invoco cujus cœlesti providentia virtutes, de quibus dicturus sum, benignissime foventur; vitia severissime vindicantur. Nam si prisci oratores ab Jove Optimo Maximo bene orsi sunt; si excellentissimi vates a numine aliquo principia traxerunt: mea parvitas eo justius ad favorem tuum decurrerit, quo cætera divinitas opinione colligitur, tua præsenti fide paterno avitoque sideri par videtur quorum eximio fulgore multum cærimoniis nostris inclytæ claritatis accessit. Deos enim reliquos accepimus, Casares dedimus; et quoniam initium a cultu deorum petere in animo est, de conditione ejus summatim disseram.

DES FAITS ET DES PAROLES MÉMORABLES.

LIVRE PREMIER.

CHAPITRE 1.

DU RESPECT DE LA RELIGION.

1. Nos ancêtres attribuèrent à la science des pontifes la connaissance des cérémonies fixes et annuelles; à l'art des augures, la garantie du succès dans les affaires importantes; aux livres des devins, l'interprétation des oracles d'Apollon; aux pratiques étrusques, le secret de conjurer de sinistres présages. D'anciens règlements ont aussi déterminé nos rapports avec les dieux c'est par la prière qu'on demande leur protection; par un vœu, qu'on en réclame une faveur; par des actions de grâces, qu'on s'acquitte envers eux de sa promesse : c'est après une offrande qu'on interroge les entrailles d'une victime ou les sorts; après un sacrifice, qu'on accomplit une solennité. Il faut également sacrifier pour détourner les maux dont on est menacé par des prodiges et des éclairs.

Tel fut le zèle des anciens Romains, non-seulement pour le maintien, mais pour l'agrandissement du culte, qu'à une époque où la république était déjà parvenue à un très-haut degré de splendeur et de prospérité, un sénatus-consulte

LIBER PRIMUS.

CAPUT I.

DE RELIGIONE OBSERVATA.

1. Majores [nostri ] statas solennesque cærimonias pontificum scientia; bene gerendarum rerum auctoritates augurum observatione; Apollinis prædictiones vatum libris, portentorum depulsiones Hetrusca disciplina, explicari voluerunt. Prisco etiam instituto rebus divinis operadatur, quum aliquid commendandum est, precatione: quum exposcendum, volo: quum solvendum, gratulatione : quum inquirendum vel extis vel sortibus, impetrito: quum solenni ritu peragendum, sacrificio. Quo etiam ostento. rum ac fulgurum denuntiationes procurantur.

Tantum autem studium antiquis non solum servandæ, sed etiam amplificandæ religionis fuit, ut florentissima

confia à chacun des peuples de l'Étrurie dix enfants des premières familles, pour être instruits par eux dans la science des choses sacrées. Voulant honorer Cérès à la manière des Grecs, nos pères firent venir de Vélie, ville qui n'avait pas encore reçu le nom de cité, une prêtresse nommée Calcitana, ou, selon d'autres, Calliphenna, pour présider au culte de la déesse et le régler d'après les anciens rites (An de R. 356). Quoique cette divinité eût dans notre ville un très-beau temple, les Romains, sur l'avis donné par les livres sibyllins, pendant les troubles excités par les Gracques, d'apaiser l'antique Cérès, envoyèrent à Enna, que l'on regardait comme le berceau de son culte, dix ambassadeurs pour se la rendre propice (An de R. 620). Plus d'une fois aussi nos généraux, après des victoires, se rendirent à Pessinunte, pour accomplir les vœux qu'ils avaient faits à la mère des dieux.

2. Métellus, souverain pontife, voyant que le consul Postumius, qui était aussi prêtre de Mars, se préparait à porter la guerre en Afrique, l'empêcha de quitter son saint ministère, lui défendit, sous peine d'amende, de sortir de Rome; et la religion l'emporta sur le pouvoir suprême. On ne croyait pas que Postumius pût, sans témérité, tenter la chance des batailles, après avoir déserté les autels du dieu qui y préside (An de R. 511).

tum et opulentissima civitate, decem principum filii S. C. singulis Hetruriæ populis, percipiendæ sacrorum disciplinæ gratia, traderentur; Cererique, quam more Græco venerari instituerant, sacerdotem a Velia, quum id oppidum nondum civitatis nomen accepisset, Calcitanam peterent, vel, ut alii dicunt, Calliphennam; ne deæ vetustis ritibus perita deesset antistes. Cujus quum in urbe pulcherrimum templum haberent, Gracchano tumultu moniti Sibyllinis libris, ut vetustissimam Cererem placarent, Ennam, quoniam sacra ejus inde orta credebant, decemviros ad eam propitiandam miserunt. Item matri deum sæpenumero imperatores nostri, compotes victoriarum, suscepta vota Pessinuntem profecti solverunt.

2. Metellus vero pontifex max. Postumium consulem, eumdemque flaminem Martialem, ad bellum gerendum Africam petentem, ne a sacris discederet, multa indicta, urbem egredi passus non est; religionique summum imperium cessit : quod tuto se Postumius Martio certamini commissurus non videbatur, cærimoniis Martis desertis.

3. S'il est beau de voir douze faisceaux (1) | céder à la religion, il l'est bien plus encore d'en voir vingt-quatre montrer, en pareille occasion, la même obéissance. Tib. Gracchus, déjà arrivé dans son gouvernement, écrivit au collège des augures qu'en lisant les livres qui traitaient des cérémonies publiques, il avait remarqué que les auspices avaient été pris irrégulièrement dans les comices qu'il avait tenus lui-même pour l'élection des consuls. Cet avis fut transmis par les augures au sénat. Sur l'ordre de cette assemblée, C. Figulus et Scipion Nasica revinrent à Rome, l'un de la Gaule, l'autre de la Corse, et ils abdiquèrent le consulat (An de R. 591).

4. C'est ainsi que P. Clélius Siculus, M. Cornélius Cethégus et C. Claudius, qui avaient posé négligemment les entrailles des victimes sur les autels des dieux, recurent, à diverses époques et pendant des guerres différentes, l'ordre de quitter le sacerdoce; ils y furent même contraints (An de R. 543-532). Sulpicius (2) perdit aussi le sacerdoce, pour avoir laissé tomber de sa tête, au milieu d'un sacrifice, l'ornement qui distingue les pontifes (An de R. 532).

5. Le cri d'une souris suffit à Fabius Maximus pour abdiquer la dictature; à C. Flaminius, pour déposer le commandement de la cavalerie An de R. 532).

6. A ces exemples ajoutons celui du souverain pontife P. Licinius, lequel jugea digne du supplice des verges une vestale qui avait, pendant une nuit, manqué de vigilance dans la garde du feu éternel (An de R. 547).

7. Une autre élève d'Émilia, la première des vestales, ayant laissé éteindre le feu sacré, fut (1) On portait ce nombre de faisceaux devant un consul. (2) Galba.

3. Laudabile duodecim fascium religiosum obsequium: | laudabilior quatuor et viginti in consimili re obedientia. A Ti. enim Graccho ad collegium angurum litteris ex provincia missis, quibus significabat, se, quum libros ad sacra populi pertinentes legeret, animadvertisse, vitio tabernaculum cap.um, comitiis consularibus, quæ ipse fe- | tisset; eaque re ab auguribus ad senatum relata, jussu ejus C. Figulus e Gallia, Scipio Nasica e Corsica Romam redierunt, et se consulatu abdicaverunt.

4. Consimili ratione P. Cloelius Siculus, M. Cornelius Cethegus, et C. Claudius, propter exta parum curiose admota aris deorum immortalium, variis temporibus bellisque diversis flaminio abire jussi sunt, coactique etiam. At Sulpicio inter sacrificandum apex e capite prolapsus, eidem sacerdotium abstulit.

5. Occentusque soricis auditus, Fabio Max. dictaturam, C. Flaminio magisterium equitum deponendi causam præ

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préservée de toute accusation par la déesse ellemême : elle se mit en prière, après avoir étendu sur le foyer le voile le plus précieux qu'elle eût, et la flamme jaillit aussitôt.

8. Faut-il s'étonner que les dieux aient toujours veillé, avec une bonté persévérante, à la défense et à l'agrandissement d'un empire où l'on donne une attention si scrupuleuse aux moindres formalités de la religion; où l'on ne perdit jamais de vue la plus stricte observation des cérémonies du culte? Marcellus, consul pour la cinquième fois, voulant, après la prise de Clastidium et de Syracuse, consacrer à l'Honneur et au Courage un temple solennellement promis par ses vœux, en fut empêché par le collége des pontifes, qui déclara qu'on ne devait pas dédier un même sanctuaire à deux dieux ensemble, parce que, s'il y survenait quelque prodige, on ne saurait auquel adresser les expiations d'usage, un seul et même sacrifice ne pouvant être offert à deux divinités que la religion n'a pas réunies (1). Ces remontrances des pontifes obligèrent Marcellus à placer les statues de l'Honneur et du Courage dans deux temples séparés. Ainsi, ni le crédit d'un si grand personnage n'eut assez d'influence sur le collége des pontifes, ni la nécessité d'un surcroît de dépense sur l'esprit de Marcellus, pour frustrer la religion de ses prérogatives et de ses droits (An de R. 545).

9. Éclipsé par tant d'illustres consulaires, L. Furius Bibaculus mérite à peine d'être cité après Marcellus. Mais ne lui refusons pas les éloges dus à sa piété filiale et à son zèle religieux. Pendant sa préture, il n'hésita pas, sur l'ordre de son père, chef du collége des Saliens (2), à porter les bou

(1) Comme Castor et Pollux, Vénus et Adonis, Apollon et Diane, etc.-(2) Prêtres de Mars.

igne, tutam ab omni reprehensione Vesta numen præstitit: qua adorante, quum carbasum quam optimam habebat, foculo imposuisset, subito ignis emicuit.

8. Non mirum igitur, si pro eo imperio augendo custo. diendoque pertinax eorum indulgentia deorum semper excubuit; quod tam scrupulosa cura parvula quoque momenta religionis examinare videtur : quia nunquam remotos ab exactissimo cultu cærimoniarum oculos habuisse nostra civitas existimanda est. In qua quum Marcellus quintum consulatum gerens templum Honori et Virtuti, Clastidio prius, deinde Syracusis potitus, nuncupatis de bitum votis consecrare vellet, a collegio pontificum impeditus est, negante, unam cellam duobus diis recte dicari; futurum enim, si quid prodigii in ea accidisset, ne dignosceretur, utri rem divinam fieri oporteret : nec duobus nisi certis diis una sacrificari solere. Ea pontificum admonitione effectum est, ut Marcellus, separatis ædibus, Honoris ac Virtutis simulacra statueret; neque aut collegio pontificum auctoritas amplissimi viri, aut Marcello adjectio impensæ impedimento fuit, quo minus religionibus suus tenor, suaque observatio redderetur.

9. Obruitur tot etiam illustribus consularibus L. Fu

7. Maximæ vero virgiuis Æmiliæ discipulam, exstinctorius Bibaculus, exemplique locum vix post Marcellum in

cliers sacrés, précédé de ses six licteurs, quoique le privilége de sa dignité le dispensât de ce devoir. Rome, en effet, n'a jamais oublié que tout doit passer après la religion, même dans ceux qu'elle a voulu entourer de l'éclat d'une suprême majesté. Aussi le pouvoir s'est-il volontiers assujetti à l'autorité des choses saintes, bien persuadé qu'il ne gouvernerait les affaires humaines qu'à la condition d'une entière et constante soumission à la puissance divine.

10. Les particuliers même étaient animés de ces sentiments. A la prise de Rome par les Gaulois, le prêtre de Quirinus et les vestales, emportant les objets sacrés, dont ils s'étaient partagé le fardeau, venaient de passer le pont Sublicius, et commençaient à descendre la côte qui mène au Janicule, lorsque L. Alvanius, qui conduisait sur un chariot sa femme et ses enfants, les aperçut. Plus fidèle aux intérêts de la religion publique qu'à ses affections privées, il fit descendre du chariot sa famille, y donna place aux vestales avec les objets du culte, et, se détournant de sa route, les conduisit au bourg de Céré. Là, on les accueillit avec la plus grande vénération; et la reconnaissance a perpétué jusqu'à nos jours le souvenir de cette généreuse hospitalité : car il fut alors convenu qu'on donnerait aux rites sacrés le nom de cérémonies, en mémoire du respect que les habitants de Céré avaient montré pour la religion pendant les malheurs de la république, comme au temps de sa prospérité (1). Aussi le rustique et grossier chariot qui avait si heureusement recueilli ces pieux objets peut-il égaler, surpasser même la gloire du plus brillant char de triomphe (An de R. 363).

(1) D'autres auteurs font dériver ce mot de Cérès. venit. Sed pii simul ac religiosi animi laude fraudandus non est: qui prætor a patre suo collegii Saliorum magistro jussus, sex lictoribus præcedentibus, arma ancilia tu. lit: quamvis vacationem hujus officii honoris beneficio haberet. Omnia namque post religionem ponenda semper nostra civitas duxit: etiam in quibus summæ majestatis conspici decus voluit. Quapropter non dubitaverunt sacris imperia servire : ita se humanarum rerum futura regimen existimantia, si divinæ potentiæ bene atque constanter fuissent famulata.

10. Quod animi judicium in privatorum quoque pectoribus versatum est. Urbe enim a Gallis capta, quum flamen Quirinalis virginesque Vestales sacra onere partito ferrent, easque pontem Sublicium transgressas, et clivum, qui ducit ad Janiculum, descendere incipientes, L. Alvanius, plaustro conjugem et liberos vehens, adspexisset, propior publicæ religioni, quam privatæ caritati, suis, ut plaustro descenderent, imperavit : atque in id virgines et sacra imposita, omisso cœpto itinere, Cæretem oppidum pervexit. Ubi cum summa veneratione recepta, grata memoria, ad hoc usque tempus hospitalem humanitatem testantur. Inde enim institutum est, sacra cærimonias vocari, quia Cæretani ea, infracto reipublicæ staau perinde ac florente, coluerunt. Quorum agreste illud et

C.

11. Dans cette même crise de la république, Fabius Dorso donna aussi un mémorable exemple de dévouement pour l'observation des usages religieux. Voyant le Capitole investi par les Gaulois, et ne voulant pas remettre un sacrifice qui se faisait à jour fixe dans la famille Fabia, il part, la robe retroussée à la gabienne (1), les mains et les épaules chargées des objets du culte, traverse les postes ennemis, arrive au mont Quirinal, accomplit le sacrifice avec la solennité accoutumée; et, après cet hommage à la divinité, il revient au Capitole, aussi heureux que s'il eût triomphé des vainqueurs mêmes.

12. Nos pères montrèrent encore, sous le consulat de P. Cornélius et de Bébius Tamphilus, une grande sollicitude pour le maintien de la religion. Des laboureurs, en creusant la terre à quelque profondeur, dans le champ du greffier L. Pétilius, au pied du Janicule, trouvèrent deux coffres de pierre, dont l'un, d'après l'inscription qu'il portait, avait renfermé le corps de Numa Pompilius, fils de Pompo; dans l'autre étaient sept livres en latin sur le droit pontifical, et un pareil nombre en grec sur les principes de la sagesse. Les livres latins furent soigneusement conservés ; quant aux grecs, comme ils parurent contenir des propositions capables de relâcher les liens de la religion, le préteur de la ville, Q. Pétilius, exécutant les ordres du sénat, les fit brûler par les victimaires, à la vue du peuple. Ces vieux Romains ne voulurent rien garder au sein de la république, qui la détournât du culte des dieux (An de R. 572).

13. Sous le règne de Tarquin (2), le duum

(1) C.-à-d. l'un des pans de la robe rejeté sur l'épaule gauche, et ramené, par-dessus le dos, sous le bras droit; ce qui donnait plus de liberté aux mouvements. (2) Le Superbe.

sordidum plaustrum tempestive capax, cujuslibet fulgentissimi triumphalis currus, vel æquaverit gloriam, vel antecesserit.

11. Eadem reipublicæ tempestate C. Fabius Dorso memorabile exemplum servatæ religionis dedit. Namque Gallis Capitolium obsidentibus, ne statum Fabiæ gentis sacrificium interrumperetur, Gabino ritu cinctus, manibus humerisque sacra gerens, per medias hostium stationes, in Quirinalem collem pervenit: ubi, omnibus solenni more peractis, in Capitolium post divinam venerationem victricium armorum perinde ac victor, rediit.

12. Magna conservandæ religionis etiam P. Cornelio, et Bæbio Tamphilo Coss. apud majores nostros acta cura est. Siquidem in agro L. Petilii scribæ sub Janiculo cultoribus terram altius versantibus, duabus arcis lapideis repertis, quarum in altera scriptura indicabat corpus Numæ Pompilii, Pomponis filii, fuisse; in altera libri reconditi erant Latini septem de jure pontificum, totidemque Græci de disciplina sapientiæ : Latinos magna diligentia adservandos curaverunt : Græcos, quia aliqua ex parte ad solvendam religionem pertinere existimabantur, Q. Petilius prætor urbanus ex auctoritate senatus per victimarios, igne facto, in conspectu populi cremavit. Noluerunt enim

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