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FOSSOYE, EE. participe. Maison fossoyée. Pre fossoyé.

FOSSOYEUR. s. m. Celui qui creuse les fosses pour enterrer les morts. Payer le fossoyeur.

FOU

FOU ou FOL, FOLLE. adj. (On emploie Fol devant un substantif, au singulier, commençant par une voyelle ou par une h non aspirée.) Qui a perdu le sens, l'esprit. I a toujours été fou. Devenir fou. Etre fou à courir les champs. Il est fou à lier. Il faudrait être fou pour ne pas juger que...

Prov. et par exagérat., Il m'a pensé faire devenir fou, Il m'a fait perdre patience par les choses qu'il a dites, qu'il a faites mal à propos. On dit de même, figurément et familièrement Vous me feriez devenir fou avec vos sottes observations. Cet homme-là me rendra fou avec ses persécutions.

Fam. et par exagérat, Il est fou, il faut qu'il soit fou, se dit De celui qui fait ou qui dit des extravagances, quoiqu'il n'ait point l'esprit aliéné. Décidément cet homme-là est fou. Il faut que vous soyez folle, tout à fait jolle pour vous conduire ainsi. Etes-vous fou, dites-moi, de me faire une pareille demande ?

Fig., Etre fou d'une personnë, d'une chose, L'aimer avec une passion démesurée, y avoir un attachement excessif. Un mari qui est fou de sa femme Une mère qui est folle de ses enfants. Il a acheté depuis peu ce tableau, et il en est fou.

Chien fou, Chien enragé. On dit, proverbialement et figurément, Etre fait comme un chien fou, Etre bizarrement accoutré, mal ajusté.

Fou, signifie aussi, Simple, crédule, ou Malavisé, imprudent, extravagant. Vous êtes bien fou de croire cela. Vous êtes bien fou de vous en facher, de vous en tourmenter. Il a été assez fou pour lui dire... Que craindre de ce fol ennemi ?

Fou, se dit également De tout ce qui est contraire à la raison, à la prudence, à la modération. Fol amour. Fol espoir. Fol amusement. Fol entelement. Folle entreprise. Action folle et extravagante. De folles dépenses.

Il se prend quelquefois pour Excessif, prodigieux. Il y avait à ce bal un monde fou. Cette tragédie a eu un succès fou. Il a dépensé un argent fou dans cette maison. Un luxe fou. Il en demandait un prix fou.

En termes de Procédure, Folle enchère, Enchère faite témérairement et à laquelle l'enchérisseur ne peut satisfaire. Vente, revente sur folle enchère, ou simplement, Folle enchère. Poursuivre la folle enchère. Frais de folle enchère. Il se dit aussi de La différence en moins entre le prix de la seconde adjudication et celui de la première; différence qui est à la charge de l'adjudicataire sur la folle enchère duquel on a revendu. Payer la folle enchère. On dit, dans un sens analogue, Fol enche

risseur. Dans l'ancienne Pratique, Fol appel, Appel mal fondé.

Prov. et fig., Payer la folle enchère de quelque chose, en payer la folle enchère, Porter la peine de sa témérité, de son imprudence. Il a fait une grande faute, mais il en a bien payé la folle enchère.

Fou rire, Rire dont on n'est pas le maître. Le fou rire m'a pris, en le voyant, en l'écoutant.

Fam., Avoir un mal de téte fou, Avoir un très-grand mal de tête.

Folle avoine, Espèce d'avoine qu'on nomme autrement Avoine sterile.

Folle farine, La plus subtile fleur de la farine.

Fou, se dit quelquefois pour Extrêmement gai, badin, enjoué. Que vous êtes fou! It a l'humeur folle. C'est une tête folle. Il est fou comme un jeune chien, comme un braque.

Gaiete folle, Gaieté qu'on manifeste sans retenue, ou par des actions,

5, par des discours peu raisonnables. Il est d'une gaieté folle. Elle fut alors d'une gaieté folle.

Fou, est aussi substantif, et signifie, Celui qui a perdu le sens, qui est tombé en démence. C'est un fou. C'est une folle. C'est un fou achevé. Un fou furieux. Un fou mélancolique. Un fou sérieux. Chaque fou a sa marotte. C'est un fou à lier. Il n'y a qu'un fou qui puisse répondre de la sorte. L'hôpital des jous.

Prov., on dit, Tete de fou ne blan chit jamais, soit parce qu'ordinairement les fous n'atteignent pas la vieillesse, soit parce qu'on les regarde comme exempts des inquiétudes, des soucis qui font assez souvent blanchir les cheveux.

Fou, substantif, signifie également, par exagération, Celui qui fait, qui dit des extravagances, ou qui est crédule, imprudent, ou qui a une gaieté folle, turbulente. C'est un jou, un grand fou, un jeune fou, un vrai fou, un fou fieffe. Tais-toi, maitre fou. Ils sont là un tas de fous qui raisonnent à perte de vue. Pauvre fou, ne vois-tu pas qu'on te joue? Prov. (dans les deux premières acceptions), Il y a plus de fous que de sages; tous les fous ne sont pas aux Petites-Maisons; et (dans la dernière), Plus on est de fous, plus on rit.

Il signifie aussi, Un bouffon ; et on ne le dit guère alors que Des bouffons à gages, tels qu'en avaient autrefois les princes et quelques grands seigneurs. Le fou de François Ier. Les fous de cour avaient le privilège de dire impunément des vérités hardies. Les plaisanteries du fou. Il avait amené son fou.

Fam., Faire le fou, Faire le bouffon, contrefaire le fou; ou Faire quelque extravagance, quelque impertinence.

Fou, au Jeu des échecs, se dit, par allusion aux anciens fous de cour, d'Une certaine pièce dont la marche est toujours par une ligne transversale, en coupant l'angle des carrés. Le fou blanc. Le fou noir. Le fou du roi. Le fou de la reine.

For, en Histoire naturelle, Oiseau palmipède des Antilles, ainsi nommé

parce qu'il se pose sans précaution sur les batiments, et s'y laisse quelquefois prendre à la main. Le fou vit de poisson.

FOUACE. s. f. Sorte de pain fait de fleur de farine en forme de galette, et ordinairement cuit sous la cendre.

FOUAGE. s. m. Sorte de droit et de redevance qui se payait en certaines provinces par chaque feu ou maison. Droit de fouage.

FOUAILLE. s. f. T. de Vénerie. Part que l'on fait aux chiens après la chasse du sanglier. C'est ce qu'on appelle Curée, à la chasse du cerf.

FOUAILLER. v. a. fréquentatif. Donner souvent des coups de fouet. Ce cocher ne fait que fouailler ses chevaux. Il est familier.

FOUAILLE, ÉE. participe.

FOUDRE. s. f. Le feu du ciel, la matière électrique lorsqu'elle s'échappe de la nue en produisant une vive lumière et une violente détonation. La foudre sillonne les nues, brille dans les airs. Un coup de foudre. Etre atteint, frappé de la foudre, touché de la foudre. L'éclat de la foudre. Lancer la foudre. La foudre est tombée. Les paralonnerres préservent les édifices de la foudre. La rapidité de la foudre. La foudre brule, détruit les corps exposés à son action. Crime digne de la foudre. Il est quelquefois masculin, surtout en poésie et dans le style soutenu Etre frappé du foudre Le foudre vengeur. Expirer sous les foudres vengeurs.

On le craint, il est craint comme la foudre, se dit D'un homme qui est fort redouté.

Par exagérat., Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre, Avec une grande rapidité, avec une extrême impétuosité. Ce cheval va comme la foudre. Il s'élance avec la rapidité de la foudre. On dit dans le même sens : Aussi prompt, aussi rapide que la foudre. Plus prompt, plus rapide que ta foudre. Etc.

Fig, Coup de foudre, se dit d'Un événement imprévu et fàcheux qui frappe quelqu'un tout à coup. Cette nouvelle fut pour lui un coup de foudre. Quel coup de foudre! On dit aussi Cette nouvelle arriva comme un coup de foudre. Ce fut pour lui comme un coup de foudre. Etc.

Par extension, Les foudres de la guerre. Les canons, l'artillerie. On ne le dit qu'en poésie ou dans le style élevé.

Fig., Foudre de guerre, grand foudre de guerre, se dit d'Un grand prince, d'un grand général d'armée qui a remporté plusieurs victoires, et donné des preuves d'une valeur extraordinaire. Dans ce sens, Foudre est toujours masculin. On dit de même, figurément, Un foudre d'éloquence, Un grand orateur; mais cette locution est moins usitée.

FOUDRE, s'emploie aussi, figurément, en parlant Du courroux de Dieu, de l'indignation d'un souverain, etc. Les prières ferventes apaisent Dieu, el lui font tomber la foudre des mains. Le prince est en colère, et la foudre est près de tomber.

Les foudres de l'excommunica

tion, L'excommunication. On dit de même Les foudres de l'Eglise. Les foudres du Vatican. Les foudres des censures ecclésiastiques.

Les foudres de l'éloquence, Les raisonnements, les arguments victorieux par lesquels un orateur confond ses adversaires.

FOUDRE, se dit aussi de cette représentation de la foudre que les peintres et les sculpteurs donnent ordinairement pour attribut à Jupiter, et qui consiste en une espèce de grand fuseau, du milieu duquel sortent plusieurs petits dards en zigzag. Dans ce sens, il est toujours masculin. Un foudre ailé. Une aigle tenant un foudre dans ses serres.

FOUDRE. s. m. Grande tonne, vaisseau d'une très-vaste capacité, qui peut contenir beaucoup de muids de vin ou de quelque autre liquide. Un foudre de vin.

FOUDROIEMENT. s. m. (On prononce Foudroiment.) Action par laquelle une personne, une chose est foudroyée. Le foudroiement de Phaeton. Le foudroiement des géants.

FOUDROYANT, ANTE. adj. Qui foudroie, ou Qui frappe avec la rapidité de la foudre. On ne l'emploie guère en ce sens que poétiquement. Jupiter foudroyant. Bras foudroyant. Epee foudroyante.

Apoplexie foudroyante, Violente attaque d'apoplexie qui cause promptement la mort.

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ce,

les frapper de réprobation par des discours ou des écrits éloquents. FOUDROYE, EE. participe.

FOULE. s. f. Sorte de chasse aux oiseaux, qui se fait la nuit à la clarté du feu.

FOUET. s. m. Cordelette de chanvre ou de cuir, qui est attachée à une baguette, à un bâton, et dont on se sert pour conduire et pour châtier les chevaux et autres animaux. Le fouet d'un cocher, d'un charretier, d'un messager, d'un postillon. Coup de fouet. Ce cheval est dur au fouet. Chasser des chiens

à coups de fouet. Le charretier, le postillon fait claquer son fouet. Donner du fouet.

Il se dit aussi d'Une espèce de petite corde fort menue et fort pressée, dont les cochers et les charretiers se servent ordinairement pour mettre au bout de leurs fouets. Cela est fort comme du fouet. Ne prenez pas de la ficelle, prenez du fouet.

Fig. et fam., Faire claquer son fouet, Se faire bien valoir, faire valoir son autorité, son crédit, ses talents, etc.

Fig. et fam., Donner un coup de fouet, Menacer, presser, obliger quelqu'un de faire promptement ce que l'on désire de lui. On lui a donne un coup de fouet, il fera bientot ce qu'on lui a demande.

FOUET, se dit également d'Une lanière de cuir qui est attachée au bout d'un petit baton, et dont les enfants se servent pour faire tourner un sabot.

Fig. et fam., Coup de fouet, se dit de Ce qui hate une affaire. Cette affaire ne marche pas, elle a besoin d'un coup de fouet.

Fig., en termes d'Artillerie, Coup de canon tiré de plein fouet, Horizontalement, de but en blanc.

En Hist. nat., Le fouet de l'aile, Le bout de l'aile d'un oiseau.

FOUET, se dit aussi Des coups de verges dont on châtie les enfants. Donner le fouet à un enfant. Mériter le fouet. Avoir le fouet. Sujet au fouet. Craindre le fouet. Menacer du fouet.

Il se dit également Des coups de verges dont la justice fait chatier quelques criminels, en certains pays. Le supplice du fouet n'est plus usité en France. Etre condamné au fouet. Avoir le fouet par les carrefours.

Fig., Il a eu le fouet sous la custode, se dit D'un criminel à qui la justice a fait donner le fouet dans la prison.

Prov. et fig., Donner le fouet sous la custode, Châtier, réprimander

en secret.

FOUETTER. v. a. Donner des coups de fouet; ou Donner le fouet. Fouetter les chevaux. Fouetter les chiens. Fouetler un sabot. Fouetter un enfant. On fouettait autrefois les coupeurs de bourses.

Prov., Et puis fouette cocher, se dit, en plaisantant, Pour exprimer que l'on part en voiture avec une certaine rapidité. Nous montâmes en voiture, et puis fouette cocher.

Prov., Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, L'affaire, la faute dont il s'agit n'est qu'une bagatelle.

Prov. et fig., Il'a bien d'autres chiens à fouetter, Il a bien d'autres affaires importantes à traiter.

Prov. et fig., Donner des verges pour se faire fouetter, pour se fouetter, Fournir des armes contre soi-même.

Fouetter de la crème, foueller des œufs, etc., Battre de la crème, battre des œufs, etc., avec des verges, pour les faire mousser.

FOUETTER, se dit figurément, et neutralement, De la pluie, de la grêle, etc., quand elles frappent violem

ment contre quelque chose. La pluie, la grele fouette contre les vitres. La neige fouette. On l'emploie dans un sens analogue en parlant Du vent. Le vent nous fouettait dans le visage. Le vent fouette à la campayne.

Il se dit pareillement Du canon, lorsqu'il donne en quelque lieu sans obstacle. Le canon fouette tout le long de la courtine. Il y avait une batterie qui fouettait sur la rivière.

En termes de Marine, on dit que Les voiles fouettent les mâts, Lorsque le vent n'est pas assez fort pour eufler les voiles, et que, par l'effet du tangage et du roulis, elles frappent avec violence contre les mâts. Dans cette phrase, Fouetter est actif.

FOUETTE, ÉE. participe. Crème fouettée.

Fig et fam., Crème fouettée, se dit d'Un discours, d'un écrit dont le style a du brillant, mais où il n'y a point de substance, point de solidité. On dit, dans le même sens, Ce n'est que crème fouettée.

Ce pays, ce canton a été fouetté du mauvais vent, Le vent y a gâté les fruits.

FOUETTE, signifie adjectivement, Qui est marqué de petites raies comme de coups de fouet. On le dit surtout Des fleurs et des fruits. Une lulipe fouettée. Un œillet fouetté. Une peche fouettée. Fouetté de rouge, de bleu, etc.

FOUETTEUR, EUSE. s. Celui, celle qui fouette. Il est familier, et ne s'emploie guère qu'avec quelque épithète. Ce maitre d'école est un grand fouetteur.

FOUGASSE. s. f. T. de Guerre. Espèce de petite mine ou de fourneau de mine. Faire une fougasse. La fougasse joua et fit sauter les soldats. Autrefois on disait aussi, Fougade.

FOUGER. v. n. T. de Chasse. Il se dit Du sanglier qui arrache des plantes avec son boutoir.

FOUGERE. s. f. Plante herbacée dont les feuilles sont grandes et extrêmement découpées, et qui croît ordinairement dans les terrains sablonneux. Lieu plein de fougère. Danser sur la fougère. Se coucher sur la fougère. Sur la verte fougère. Brûler de la fougère. La cendre de fougère sert à faire du verre. Des verres de fougere.

Il se dit quelquefois absolument, en poésie, d'Un verre à boire. Quand le vin petille dans la fougère.

FOUGÈRES, au pluriel, se dit, en Botanique, de La famille de plantes cryptogames dont la fougère est le genre principal. La fructification des fougères.

FOUGON. s. m. T. de Marine. Lieu où se fait la cuisine dans certains petits bâtiments de la Méditerranée.

FOUGUE. s. f. Mouvement violent et impétueux, ordinairement accompagné de colère. Il se dit Des hommes et des animaux. Etre en fougue. Entrer en fougue. Apaiser sa fougue. Quand sa fougue lui prend. Il n'a que la première fougue. Dans la fougue. Quand la fougue est passée.

Il signifie aussi, Ardeur, impétuosité naturelle. La fougue de la jeunesse. La fougue des passions. Rien ne saurait maitriser, dompter la fouque de son caractère. Il est plein de fougue. Un cheval qui a trop de fougue. On dit au pluriel, Les fougues de la jeunesse, pour exprimer L'emportement avec lequel les jeunes gens se livrent aux plaisirs.

Il se dit particulièrement pour Enthousiasme, feu, verve, surtout lorsqu'on parle D'un poëte ou d'un artiste qui est très-hardi dans ses conceptions, ou qui est sujet à des écarts. La fouque de ce poëte s'est éteinte, s'est ralentie bien promptement. S'abandonner à sa fougue, à la fougue de son imagination. On ne peut s'empêcher d'admirer la fougue, quelquefois excessive,

de cet artiste.

En termes de Marine, Mât de fougue, vergue de fougue, perroquet de fougue, etc., Mat, vergue, perroquet d'artimon.

FOUGUEUX, EUSE. adj. Qui est sujet à entrer en fougue, ardent, impétueux. Cet homme est extrêmement fougueux. Cheval fougueux. Caractère fougueux. Esprit fougueux. Jeunesse fougueuse. Imagination fougueuse. Passions fougueuses. Désirs fougueux. De fougueux transports.

FOUILLE. s. f. Le travail qu'on fait en fouillant dans la terre. Faire une fouille, des fouilles. La fouille des terres. Les fouilles d'Herculanum, de Pompei.

FOUILLE-AU-POT. s. m. Petit marmiton. Des fouille-au-pot. Il est

bas.

FOUILLER. v. a. Creuser pour chercher quelque chose. Fouiller la terre. Fouiller des mines d'or, d'argent.

Fouiller quelqu'un, Chercher soigneusement dans ses poches, dans ses habits, s'il n'a point caché quelque chose. Fouiller un voleur.

En termes de Guerre, Fouiller un bois, Le faire visiter par des troupes.

FOUILLER, signifie, en Sculpture, Travailler avec le ciseau les parties renfoncées d'une statue, d'un basrelief, etc., ou Pratiquer des enfoncements qui puissent produire des ombres fières et vigoureuses. Il signifie de même, en Peinture, Donner de la force aux touches et aux ombres qui représentent les enfoncements. Fouiller le marbre adroitement. Fouiller les rosaces des caissons. Cette draperie est bien fouillée.

FOUILLER, est aussi neutre, dans le premier sens. Fouiller dans un champ. Fouiller dans la terre. Fouiller dans les entrailles de la terre. Les sangliers, les cochons fouillent. La taupe a fouillé là.

I signifie également, Chercher quelque chose en remuant, en déplaçant les objets qui peuvent le cacher. Fouiller partout. Fouiller dans une armoire. Fouiller au fond du coffre, jusqu'au fond du coffre.

Fouiller dans sa poche, dans sa bourse, etc., Mettre la main dans sa poche, dans sa bourse, etc., pour y chercher, pour y prendre quelque

chose. On dit quelquefois, dans un sens analogue, Se fouiller.

FOUILLER, s'emploie aussi figurément, surtout comme verbe neutre, dans le sens de Consulter, examiner, rechercher curieusement. Fouiller dans les archives. Fouiller dans de vieilles chroniques. Fouiller dans l'histoire. Fouiller dans les secrets de la nature. Fouiller dans le passé, dans l'avenir. Fouiller dans sa mémoire. Fouiller dans les

cœurs.

FOUILLÉ, ÉE. participe.

FOUINE. s. f. Espèce de martre, animal carnassier, de la grosseur d'un chat, qui étrangle les petits oiseaux, les poulets, les pigeons, etc. La fiente de la fouine sent le

musc.

FOUINE, se dit aussi d'Un instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche, et qui sert à élever les gerbes sur le

tas.

Il se dit encore d'Une espèce de trident propre à percer de gros poissons. Prendre des thons, des dorades, des bonites à la fouine.

FOUIR. v. a. Creuser. Il ne se dit proprement qu'en parlant De la terre. Fouir la terre. Fouir un puits. Il faudra fouir bien avant pour trouver de l'eau en cet endroit.

Four, 18. participe.

FOULAGE. s. m. T. d'Arts et métiers. Action de fouler, ou Le résultat de cette action. Le foulage des cuirs. Les chapeaux se jeutrent par le foulage. La régularité du foulage contribue à la beauté de l'impression.

FOULANT, ANTE. adj. Qui foule. Il n'est guère usité que dans cette locution, Pompe foulante, Pompe qui élève l'eau en la pressant.

FOULARD. s. m. Etoffe de soie, ou de soie et coton, fort légère, dont on fait des mouchoirs, des cravates, des fichus, etc., et qui offre ordinairement des dessins variés. Foulard des Indes. Un mouchoir de foulard.

Il se dit aussi d'Un mouchoir, d'une cravate, etc., de foulard. Se couvrir la tête d'un foulard. Un foulard bleu, jaune, rouge, etc.

FOULE. s. f. Presse, multitude de personnes qui s'entre-poussent. Une grande foule. Cramdre la foule. Se jeter dans la foule. Se perdre, disparaitre dans la foule. Se tirer de la foule. Faire la foule. Faire foule. Laisser écouler la foule. Laisser passer la foule. Il y a grande foule. La foule y est. Cette pièce attire la foule. Une foule de peuple, de spectateurs, etc.

Il se dit, par extension, pour Grand nombre, grande quantité, multiplicité; et alors on l'emploie même en parlant Des choses. Une foule de gens vous diront qu'il n'en est rien. Je connais une foule de personnes qui ont éprouvé le même accident. Une foule de solliciteurs. Cette foule d'écrits que chaque jour vort naitre et mourir. Une foule de pétitions, de réclamations. La foule des af faires l'accable. J'ai une foule d'oc cupations. Avoir une foule d'idées,

de souvenirs. Il allégua une foule de raisons.

I signifie aussi, figurément, Le vulgaire, le commun des hommes, le grand nombre des personnes ou des choses ordinaires dans leur genre. La foule ignorante, inconstante. Se mettre, par ses talents, au-dessus de la foule. Se faire remarquer dans la foule. Se tirer de la foule. Sortir de la foule. Etre confondu dans la foule.

FOULE, signifie en outre, L'action de fouler des draps, des chapeaux, etc. La foule des draps, des chapeaux, etc.

Il se dit plus ordinairement, chez les Fabricants de chapeaux, de L'atelier où l'on foule. Aller à la foule.

FOULE, signifie encore figurément, Oppression, vexation. Ce priviléges tendent à la foule des citoyens, de l'Etat, de la province. Ce sens a vieilli.

EN FOULE. loc. adv. En se pressant, ou En grande quantité, en grande multitude. Its entrèrent, ils accoururent en foule. Les biens viennent en foule dans cette maison. Les idées se présentaient en foule à mon esprit. Alléguer des raisons en foule.

FOULÉE. s. f. T. de Manége. Temps pendant lequel, dans la marche, le pied du cheval pose sur le sol; ce qu'on nomme autrement Appui.

FOULÉES, en termes de Chasse, Traces légères que la bête laisse de son pied, en passant sur l'herbe ou sur les feuilles : on les nomme aussi Foulures, en parlant Du cerf. Les marques du pied sur terre nette se nomment Voie pour les bêtes fauves et le lièvre, Piste pour le loup et le renard, et Trace pour la bête noire.

FOULER. v. a. Presser quelque chose qui cède, qui ne résiste pas beaucoup. Fouler l'herbe. Fouler un lit. Fouler par meyarde une robe, un bonnet. Fouler des raisins pour en faire sortir le jus.Fouler la vendange. Fouler une cuve. On l'emploie souvent dans les Arts et métiers. Les corroyeurs, les hongroyeurs foulent le cuir avec les pieds pour l'amollir. Fouler des chapeaux dans de la lie de vinaigre, pour que leur étoffe se feutre. On foule le drap pour le rendre plus ferme, plus serré.

Fig., Fouler aux pieds, Traiter avec mépris. Un vrai chrétien foule aux pieds les vanités du monde. Fouler aux pieds les préjugés. Il foule aux pieds toutes les lois.

FOULER, signifie quelquefois, surtout en poésie et dans le style élevé, Marcher sur. Je foulais avec respect ce sol antique et sacré. Ils foulent avec indifference la cendre des héros qui furent leurs ancêtres.

FOULER, signifie au figuré, Opprimer par des exactions, surcharger d'impôts. Fouler le peuple. Cette province a été extrêmement foulée.

FOULER, signifie encore, Blesser en foulant, en pressant fortement; et il se dit Des chevaux et des bêtes de voiture ou de somme. Les selles neuves foulent d'ordinaire les chevaux.

Il ne faut rien pour fouler le pied à un cheval.

Il se dit également Des personnes, en parlant D'une entorse, d'un tiraillement violent de quelque partie. Cette chute lui a foulé le nerf. Je me suis foulé le pied, le poignet.

Il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel. Dans cette chute, mon poignet s'est foulé.

FOULER, en termes de Vénerie, signifie, Faire battre ou parcourir un terrain par le limier ou par la meute.

FOULER, en Imprimerie, se dit, neutralement, De l'action de la presse sur les feuilles qui reçoivent Timpression. Cette presse foule bien; elle foule également, régulièrement. FOULÉ, ÉE. participe. Une robe foulée. Avoir le poignet, le pied foulé.

Cette bete a les jambes foulées, se dit D'une bête de somme ou de trait qui a les jambes usées par un long et violent travail.

FOULERIE. s. f. Atelier où l'on foule les draps, les cuirs, etc. Porter les draps, les cuirs à la foulerie. FOULOIR. s. m. T. d'Arts et métiers. Instrument avec lequel on foule.

FOULON. s. m. Artisan qui foule, qui apprête les draps et autres étoffes de laine. Envoyer des draps au fou

lon.

Moulin à foulon, Moulin qui sert à fouler les draps. Terre à foulon, Sorte de terre qui sert à dégraisser les draps. Chardon à foulon, Plante dont les têtes, armées de petits crochets, servent à carder les étoffes de laine, à rendre le poil des draps plus lisse et plus uni.

FOULQUE. s. f. Espèce de poule d'eau.

FOULURE s. f. Contusion, blessure d'une partie foulée. Guérir une foulure. Remede pour la joulure des nerfs.

FOULURE, en parlant Du foulon et du corroyeur, signifie, L'action de fouler les étoffes de laine, cuirs, etc.

les

FOULURES, en termes de Chasse, Marques légères que le pied du cerf laisse sur l'herbe ou sur les feuilles.

FOUR. s. m. Ouvrage de maçonnerie voùté en rond, avec une seule ouverture par devant, et dans lequel on fait cuire le pain, la pàtisserie, etc. Four banal. Four à ban. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche, la gueule du four. L'air du four. Mettre le pam au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.

Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge.

Piece de four, Gâteau ou autre pièce de patisserie qui se cuit au

four.

Donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie, Mettre cuire le pain ou des pâtisseries dans un four qui a été trop chauffé.

Prov. et pop., Il y fait chaud comme dans un four, se dit D'un lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit D'un lieu très-obscur.

Prov. et fig., Ce n'est pas pour

vous que le four chauffe, Ce n'est pas pour vous que telle chose est préparée. Prov., fig. et par menace, Vous viendrez cuire à mon four, Vous aurez quelque jour besoin de moi, et je trouverai l'occasion de me venger.

FOUR, se prend aussi pour Le lieu ou est le four, et où se rendent ceux qui veulent cuire. Aller au four. Revenir du four.

Il se dit également Des lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le platre, la brique, la tuile, etc. Four à chaur, à plâtre, à brique. Four de verrerie.

FOUR, se disait autrefois Du lieu où l'on cachait ceux que l'on enrolait par force. Il a été deux jours dans un four, et il s'est sauvé.

Fam., Faire four, se disait autrefois Des comédiens, lorsque, au lieu de jouer, ils renvoyaient les speciateurs, parce qu'ils n'avaient pas assez de monde pour couvrir leurs frais.

FOURBE. s f. Tromperie basse et odieuse. Fourbe grossière, subtile. Découvrir une fourbe. Inventer une fourbe.

se dit plus ordinairement de L'habitude de tromper, de la disposition à tromper, à fourber. Ta fourbe sera démasquée.

FOURBE. adj. des deux genres. Qui emploie, pour tromper, des ruses odieuses, une adresse maligne et perfide. C'est un homme bien fourbe. Elle est bien fourbe. Il a l'esprit fourbe et ruse. C'est le plus fourbe de tous les hommes.

Il est aussi substantif. Un grand fourbe. Un maitre fourbe. Une fourbe insigne.

FOURBER. v. a. Tromper d'une manière basse et odieuse. Il m'a fourbé. Il fourbe tout le monde.

FOURBE, EE. participe.

FOURBERIE. s. f. Tromperie coupable, et qui tient de la fourbe. Faire une fourberie, des fourberies. Une fourberie insigne.

Il se dit quelquefois de La disposition à faire des fourberies. Sa fourberie est bien connue.

FOURBIR. v. a. Nettoyer, polir, rendre clair en frottant. Il ne se dit qu'en parlant De certains ouvrages de fer, de cuivre, etc., tels que les armes et les ustensiles de cuisine. Fourbir des armes. Fourbir une lame d'épée, un canon de fusil. Fourbir un casque, une cuirasse. Fourbir des chenets, une casserole, poelon. Fourbir avec du sable, avec du grès pilé.

un

FOURRI, IE. participe. FOURBISSEUR. s. m. Artisan qui fourbit, et qui monte des sabres, des épées, etc. Acheter une épée chez un fourbisseur.

Prov. et fig., Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, Disputer d'une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui contestent.

FOURBISSURE. s. f. Nettoiement, polissure. La fourbissure d'une lame,

FOURBU, UE. adj. T. d'Art vétérinaire. Il se dit des chevaux, des mulets, etc., qui perdent tout à coup l'usage de leurs jambes, soit pour avoir trop travaillé, soit pour avoir bu trop tôt après avoir eu chaud.

Dessoler un cheval fourbu. Celle jument est fourbue.

FOURBURE. s. f. T. d'Art vétérinaire. Maladie d'un cheval ou de quelque autre animal fourbu. Dessoler un cheval pour la fourbure.

FOURCHE. s. f. Instrument qui consiste en un long manche de bois terminé par deux ou trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant. Fourche de bois. Fourche de fer. La fourche est d'ungrand usage dans les travaux de l'agriculture. Fourche d'étable. Fourche à faner. Chasser des maraudeurs à coups de fourche.

Fig. et fam., Faire une chose à la fourche, La faire négligemment ou grossièrement. Panser des chevaux à la fourche. Cela est fait à la fourche. On dit aussi, Etre traité à la fourche, Etre traité durement ou d'une manière humiliante. Ces phrases vieillissent.

Fourches patibulaires, Gibet à plusieurs piliers, élevé dans la campagne. Les fourches patibulaires étaient une marque de haute justice.

Fourches Caudines, Passage étroit et dangereux de la Campanie, près de l'ancienne Caudium, célèbre par l'affront que les Samnites y frent éprouver aux Romains, en les obligeant à passer sous le joug, l'an de Rome 433. Cette expression s'applique figurément A un général qui est obligé de faire une capitulation peu honorable, à un souverain qui fait un traité humiliant. Il a rencontre là ses Fourches Caudines.

Faire la fourche, une fourche, se dit D'une chose qui se divise en deux ou trois par l'extrémité, et principalement D'un chemin qui aboutit à deux ou à trois autres. Ce chemin

fait la fourche, fait une fourche à

tel endroit.

FOURCHER. v. n. Se partager, se diviser en deux ou trois par l'extrémité, en manière de fourche. Si on coupe la tête de ces arbres, ils fourcheront. Un chemin qui fourche. On l'emploie quelquefois avec le pronom personnel, dans le même sens. Ses cheveux se fourchent, commencent à se fourcher.

Fig., Cette race, cette famille n'a point fourche, Elle n'a formé qu'une seule branche.

Fig. et fam., La langue lui a fourche, se dit en parlant D'une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable.

FOURCHE, EE. participe. Avoir les cheveux fourches. Animaux qui ont les pieds fourches.

Pied fourche, Droit d'entrée levé autrefois, dans certaines villes, sur les bêtes qui ont le pied fendu, comme boeufs, moutons, cochons, etc.

En termes de Blason, Croix fourchée, Celle dont les branches sont terminées par trois pointes qui font deux angles rentrants.

FOURCHETTE. s. f. Ustensile de table, qui a deux, trois ou quatre pointes ou dents par le bout, et dont on se sert pour prendre les viandes. Manger avec la fourchette. Se servir de la fourchette. Fourchette de

bois, de fer, d'étain, d'argent. Les dents d'une fourchette.

Il se dit aussi d'Un instrument de même forme, mais plus long et plus gros, dont on se sert pour tirer la viande des grandes marmites.

Déjeuner à la fourchette, Manger de la viande à son déjeuner.

FOURCHETTE, se dit aussi d'Un instrument en forme d'Y dont les soldats se servaient autrefois pour appuyer leurs mousquets en tirant. Mousquet à fourchette.

me,

Il se dit également, dans certains Arts, d'Un instrument de même forqui sert à assujettir des cisailles. Il se dit encore d'Un long morceau de bois à deux pointes de fer, qui est attaché à la flèche d'un carrosse, et que l'on baisse pour empêcher que le carrosse ne vienne à reculer, quand il est sur une pente. Abattre la fourchette.

Il se dit en outre Du petit os divisé en deux branches, qui est entre les deux ailes d'une volaille.

Pop., La fourchette de l'estomac, Le brechet.

FOURCHETTE, en termes d'Art vétérinaire, se dit d'Un certain endroit du pied du cheval, qui est plus élevé que le dedans du pied, et qui finit au talon. Un chevat blessé à la fourchette.

FOURCHETTE, en termes de Lingère, signifie, Cette partie de la manchette qui garnit l'ouverture de la manche d'une chemise d'homme.

FOURCHON, s. m. Une des pointes de la fourche ou de la fourchette. Fourchette à trois fourchons. Fourchette à quatre fourchons.

Il signifie aussi, L'endroit d'où sortent les branches d'un arbre.

FOURCHU, UE. adj. Qui se fourche, fourché. Arbre fourchu. Barbe fourchue. Chemin fourchu.

Fig. et fam., Faire l'arbre fourchu, Mettre la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de l'autre.

Menton fourchu, Menton qui est marqué, à son milieu, d'un léger sillon ou renfoncement. Elle a te menton fourchu.

FOURGON. s. m. Espèce de charrette couverte dont on se sert ordinairement dans les armées et dans les Voyages. Mener un fourgon. Les fourgons sont ordinairement à qua

tre roues.

FOURGON. s. m. Longue perche de bois garnie de fer par le bout, et servant à remuer, à arranger le bois et la braise dans le four.

Prov. et fig., La pelle se moque du fourgon, se dit Lorsqu'une personne se moque d'une autre qui aurait autant de sujet de se moquer d'elle

FOURGONNER. v. n. Remuer avec le fourgon du four.

Il signifie aussi, Remuer le feu sans besoin avec les pincettes, et le déranger en le voulant accommoder. Ne fourgonnez pas tant dans ce feu. Il ne fait que fourgonner.

Il signifie figurément, Fouiller maladroitement en brouillant et en mettant tout sens dessus dessous. Ne fourgonnez point dans ce coffre, II est familier dans les deux derniers

sens.

FOURMI. s. f. Petit insecte qui vit en société, et qui fait ordinairement sa demeure sous terre. Une grosse fourmi. Des fourmis noires. Des fourmis rouges. Fourmi ailée. OEufs de fourmis. On a cru autrefois que les fourmis faisaient leurs provisions en été pour l'hiver.

Prov. et fig., Se faire plus petit qu'une fourmi devant quelqu'un, Se tenir dans un grand respect, dans une grande soumission devant lui.

Fig. et pop., Avoir des fourmis dans quelque partie du corps, Y éprouver des picotements. J'ai des fourmis dans les jambes.

Fig. et fam., Avoir des œufs de fourmis sous les pieds, se dit D'une personne qui ne peut rester en place, qui piétine sans cesse.

FOURMILIER, s. m. T. d'llist. nat. Quadrupede de l'Amérique méridionale, qui se nourrit d'insectes et surtout de fourmis.

Il se dit également de Certains oiseaux des forêts de la Guyane, qui vivent de fourmis.

FOURMILIÈRE s. f. Lieu où se retirent, où habitent les fourmis, et où elles pratiquent ordinairement des espèces de loges, de galeries et d'étages. Une fourmiliere au pied d'un chêne. Fourmilière en forme de vône, Fourmilière souterraine.

Il se dit aussi de Toutes les fourmis qui habitent la même fourmilière. La fourmilière fut bientôt en mouvement Nous vimes sortir toute la fourmilière.

Il se dit figurément d'Une grande quantité de certains autres insectes ou animaux, et même d'un grand nombre de personnes. Une fourmiliere de vers, de souris, de serpents, etc. Une fourmilière de peuple. Il y a une fourmilière de pauvres dans ce quartier.

FOURMI-LION. s. m. T. d'Hist. nat. Insecte ainsi appelé parce qu'à l'état de larve il se nourrit de fourmis et d'autres petits insectes semblables qui tombent dans un trou en forme d'entonnoir, qu'il a pratiqué lui-même dans le sable, et où il se tient blotti.

FOURMILLEMENT. s. m. Picotement, comme si l'on sentait des fourmis courir sur la peau. Sentir un fourmillement par tout le corps. FOURMILLER. v. n. Abonder. Il ne se dit guère au propre que De ce qui a vie et mouvement. Ce pays fourmille de soldats. Ces rues fourmillent de peuple. Cette garenne fourmille de lapins. On lui donne quelquefois pour sujet le nom des personnes ou des animaux qui sont en grand nombre. Les solliciteurs fourmillent. Les vers fourmillent dans ce fromage.

Il se dit, par extension, De certaines choses qui sont réunies en trèsgrande quantité. Cet ouvrage fourmille de fautes. Les erreurs, les fautes fourmillent dans cet ouvrage. Celle traduction fourmille de contre-sens. On ne l'emploie guère que dans ces sortes de phrases.

FOURMILLER, se dit aussi D'un picotement entre cuir et chair qu'on sent quelquefois à la peau, et principa

lement aux pieds et aux mains. Toute la main me fourmille.

FOURNAGE. s. m. Ce que l'on paye au fournier pour la cuisson du pain.

FOURNAISE. s. f. Sorte de grand four. Les trois enfants qui furent jetés dans la fournaise. Fournaise ardente.

Il a le sens de Creuset, dans cette phrase figurée, et dans quelques phrases semblables: La vertu s'éprouve et se perfectionne dans l'affliction, dans l'adversité, comme l'or, comme le métal dans la four

naise.

FOURNEAU. s. m. Petite construction de maçonnerie ou de brique, soit portative, soit à demeure, et à plusieurs cavités, dans lesquelles on met du charbon, de la braise, pour cuire ou chauffer les mets. On le dit également d'Un ustensile, ordinairement de terre ou de fer, qui sert au mème usage, dans les petites cuisines. Fourneau de cuisine. Grand, petit fourneau. Le foyer, la grille, le cendrier d'un fourneau. Mettre de la braise, du charbon dans le fourneau. Faire bouillir une marmite sur un fourneau. Allumer ses fourneaux. Fourneau de brique. Fourneau portatif. Fourneau de terre cuite, de fer. Marchand de fourneaux.

Il se dit aussi de Certains vaisseaux, et de Certaines constructions de maçonnerie ou de brique, qui servent, dans les arts, à soumettre diverses substances à l'action du feu. Fourneau d'apothicaire. Fourneau pour distiller. Fourneau de coupelle. Fourneau d'orfevre. Fourneau d'af fineur. Fourneau de réverbère. Fourneau de forge. Fourneau à vent. Haut fourneau. Fourneau à moufle. Etc.

Il signifie encore, Un grand four où l'on fond le verre. Le fourneau d'une verrerie.

Il se dit également d'Un creux fait en terre, et chargé de poudre, pour faire sauter un rocher, une muraille, ou quelque ouvrage de fortification. Mettre le feud un fourneau. Faire jouer un fourneau,

Le fourneau d'une pipe, Cette partie évasée d'une pipe, dans laquelle on fait brûlerle tabac.

FOURNEE. s. f. La quantité de pain qu'on fait cuire ou qu'on peut faire cuire à la fois dans un four. Fournée

de pain. La première, la seconde fournée. Demi-journée. Fournée complete.

Il se dit aussi en parlant D'autres choses que l'on expose à l'action de la chaleur dans les fours. Une fournée de faience. Une fournée de chaux. Une fournée de tuiles.

Prov., fig. et pop., Prendre un pain sur la fournee, se dit D'un homme qui, sur la foi du mariage, a commerce avec la femme qu'il doit épouser.

FOURNÉE, se dit quelquefois, figurément et familièrement, d'Un certain nombre de personnes qui sont nommées à la fois aux mêmes fonctions, etc. Il ne sera pas de cette fournée. On annonce une nouvelle journée pour le mois prochain. Dans

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