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OEUVRES

DE

BOULLANGER.

TOME SIXIÈME.

DE

BOULLANGER.


Homo, quod rationis est particeps, consequentiam cernit, causas rerum

videt, earumque progressus et quasi antecessiones non ignorat, simi-
rebus præsentibus adjungit, atque annectit futuras.

litudines comparat,

CICERO de offic. lib. 1. e. 4,

TOME SIXIÈME.

A AMSTERDA M.

1794.

6-14-48
63218

HISTOIRE

D'ALEXANDRE LE GRAND.

LIVRE PREMIER.

LA monarchie des Perses a été établie par Cyrus sur les ruines de l'Assyrie. Presqu'aussitôt après son établissement, on pouvoit déjà voir les causes de son affoiblissement futur, et de sa dernière chûte.

Elle avoit été formée par la réunion de deux peuples bien différens d'inclinations et de mœurs; les Perses étoit sobres, laborieux, modestes; et les Medes ne respiroient que le faste, le luxe et la mollesse. L'exemple de la frugalité et de la simplicité de Cyrus, avec la nécessité de vivre continuellement sous les armes pour faire tant de conquêtes, et pour se maintenir contre tant d'ennemis, suspendirent pendant quelque tems la contagion de ces vices; mais après que tout fut dompté et soumis, le penchant naturel des Medes pour la magnificence et les délices, affoiblirent bientôt la tempérance des Perses, et devint en peu de tems le goût dominant des deux nations.

La vertu des Perses ne succomba point par des déclins imperceptibles, long-tems prévus et souvent combattus; à peine Cyrus fut-il disparu, que l'on vit paroître comme une autre nation, et des rois d'un caractère différent; on n'entendoit plus parler de cette éducation forte et sévère de la jeunesse Persanne, de ces écoles publiques de sobriété, de patience et d'ému

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