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AGRÉGATION. s. f. Association dans un Corps, dans une Compagnie. Lettres d'agrégation. On s'est opposé à son agrégation.

En termes de Philosophie, on appelle Corps par agrégation, Un corps qui n'est formé que de l'amas de plusieurs choses qui n'ont point entre elles de liaison naturelle.

AGRÉGATION, en Chimie, est L'assemblage on l'union d'un assez grand nombre de parties homogènes pour former un corps sensible.

AGRÉGER. v. a. Associer quelqu'un à un Corps, à une Compagnie, pour le faire jouir des mêmes bonneurs, des mêmes prérogatives que ceux qui en sont, La Faculté de Droit l'a agrégé. La Faculté de Médecine a voulu agréger un tel à son Corps. Il n'étoit pas du Corps, mais on l'y a agrégé.

AGRÉGÉ, ÉE. participe.

On appelle substantivement Agrégé, Un Docteur en Droit, dont la principale fonction est d'assister aux thèses et aux examens de Droit. Les Agrégés en Droit, ou simplement Les Agrégés.

AGRÉMENT. s. m. Approbation, consentement. Il a obtenu l'agrément du Roi pour cette Charge. La mère a donné son agrément pour ce mariage. Il ne veut rien faire sans Pagrément de sa Compagnie. Il ne sauroit disposer de cette maison qu'avec mon agrément.

Il signifie aussi, Qualité par laquelle on plait. Cette femme n'est pas belle, mais elle a beaucoup d'agrément. Cette maison n'est pas régulièrement bâtie, mais elle a de grands agrémens. La solitude a ses agrémens. Il n'y a nul agrément dans cette pièce, dans cet ouvrage. Cette femme est belle, mais elle n'a nul agrément. Les agrémens de la figure, de l'esprit.

11 signifie encore, Avantage, plaisir, sujet | de satisfaction. Cette personne a raison de demeurer à la Cour, elle y a de très - grands agrémens, elle y trouve de grands agrémens. Cet homme trouve de grands agrémens dans sa famille, dans sa profession, dans sa Charge, dans la Compagnie dont il est. Il ne trouve aucun agrément dans sa Province. Il est estimé dans les Troupes, et il y sert avec agrément.

On appelle aussi Agrémens, certains ornemens qu'on met sur les habits. Votre habit est trop uni, il auroit besoin d'agrémens.

AGRESSION. s. f. Action de celui qui a été le premier à attaquer. Il y a preuve d'agression de sa part. Cette critique est une véritable agression.

AGRESTE. adj. des 2 genres. Rustique, sauvage, champêtre. Fruit agreste. Site, lieu agreste. Il est plus d'usage au figuré. Humeur agreste, mœurs agrestes.

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AGRICOLE. adj. des 2 genres. Qui s'adonne à l'agriculture. Il est presque toujours joint à un nom collectif. Un Peuple, une Nation, un Royaume agricole.

AGRICULTEUR. s. m. Celui qui cultive la terre. Un bon Agriculteur.

AGRICULTURE. s. f. L'art de cultiver la terre. Cet homme aime l'agriculture, entend bien l'agriculture. Traité d'agriculture.

AGRIE. s. f. Espèce de dartre qui corrode la peau, et fait tomber le poil.

AGRIFFER, s'AGRIFFER. verbe qui s'emploie avec le pronom personnel. S'attacher avec les griffes. Le chat s'agriffa à la tapisserie.

AGRIFFÉ, ÉE. participe.

AGRIPAUME. s. f. Plante qu'on nomme aussi Cardiaque, parce qu'on la croit bonne dans les palpitations et autres maladies du

cœur.

AGRIPPER. v. a. Prendre, saisir avidement.
Elle agrippe tout ce qu'elle voit. Il est bas.
AGRIPPÉ, ÉE. participe.

AGRONOME, s. m. se dit d'Un homme
versé dans la théorie de l'agriculture. L'Angle-
terre a produit d'habiles Agronomes.

des gens aux agucts pour se saisir d'un tel voleur.

A H

AH. Interjection qui sert à marquer la joie, la douleur, l'admiration, l'amour, etc. suivant la différence des sujets. Ah! que je suis aise de vous voir! Ah! que vous me faites plaisir! Ah! vous me faites mal! Ah! que cela est beau!

Ce n'est souvent qu'une interjection explétive qui ne sert qu'à rendre une locution plus animée. Ah! Madame, gardez-vous de le

croire.

АНА

AHAN. s. m. Peine de corps, grand effort, tel qu'est celui que font ceux qui fendent le bois, ou qui lèvent quelque pesant fardeau. C'est un de ces mots qui se forment du son de la chose qu'ils signifient. Suer d'ahan, Il est bas.

AHANER. v. n. Avoir bien de la peine en faisant quelque chose. Il a bien ahané avant que de venir à bout de ce travail, de cette affaire. Il est bas.

AHE

AHEURTEMENT. s. m. Obstination, atta chement opiniâtre à un sentiment, à un avis. C'est un étrange aheurtement que le sien.

AHEURTER. v. a. Obstiner quelqu'un, exciter son humeur. Il ne faut pas trop l'aheurter. Si vous l'aheurtez davantage, il finira par éclater. Il est familier et de peu d'usage.

AGRONOMIE. s. f. Théorie de l'agriculture. S'appliquer à l'Agronomie. La Chimie a contribué à perfectionner l'Agronomie. Il s'emploie ordinairement avec le pronom AGROUPER. v. a. Assembler en groupe des personnel. S'aheurter à un obstacle. S'aheurter figures, des corps.

AGROUPÉ, ÉE. participe.

AGU

AGUERRIR. v. a. Accoutumer à la guerre, aux fatigues, aux fonctions de la guerre. Ce Général a aguerri ses troupes en une seule campagne. Depuis ce siége les troupes étoient tout aguerries.

Il signifie figurément, Accoutumer quelqu'un à quelque chose qui paroît pénible dans le commencement. Il a peine à s'accoutumer à la raillerie, il faut l'y aguerrir. Il faut l'aguerrir.

On appelle aussi Agrémens, certains divertissemens de musique, ou de danse, que l'on joint à des pièces de théâtre. Cette pièce n'a réussi que par les agrémens. On a donné le On l'emploie aussi avec le pronom personBourgeois Gentilhomme avec tous ses agré-nel au propre et au figuré. Ces troupes se sont aguerries. Il n'est pas fait au grand monde, il s'y aguerrira avec le temps.

mens.

On appelle encore Agrémens, dans la musique, soit vocale, soit instrumentale, Des sons accessoires ajoutés au chant pour le rendre plus agréable.

AGRĖS. s. m. pl. Terme de Marine. Voiles, cordages, poulies, et tout ce qui est nécessaire pour mettre un vaisseau en état de naviguer. Le vaisseau a tous ses agrès.

AGRESSEUR. s. m. Celui qui attaque le premier. L'agresseur a toujours tort. Il faut savoir lequel des deux est l'agresseur. Tome I.

AGUERRI, IE. participe.

AGUET. s. m. Vieux mot qui signifie Poste, lieu choisi pour guetter. Il n'est plus d'usage qu'au pluriel, et dans ces phrases: Etre aux aguets, se tenir aux aguets, pour, Épier, observer le temps, l'occasion; être aux écoutes, soit pour surprendre quelqu'un, soit pour évi-, ter d'être surpris. Il étoit aux aguets pour prendre ses avantages. On dit aussi dans le même sens, Mettre aux aguets. Le Prevót a mis

à un sentiment, à une opinion. Il s'aheurte à cela contre l'avis de tous ses parens. S'aheurter à faire quelque chose. C'est un homme qui s'a heurte tellement à ce qu'il s'est mis une fois dans la tête, qu'on ne le fait jamais revenir.

AHEURTÉ, ÉE. participe. C'est un homme aheurté à son opinion.

AHI

AHI. Sorte d'interjection qui exprime la douleur. On dit aussi AïE. Voyez ce mot.

AHU

AHURIR. v. a. Interdire, étonner, rendre stupéfait. N'ahurissez pas cet enfant. Il est fa

milier.

AHURI, IE. participe. Interdit, stupéfait. Il est tout ahuri. Il est familier.

AND

AIDE. s. f. Secours, assistance qu'une personne donne à une autre. Aide prompte. Aide assurée. Donner aide. Donner aide et faveur. Demander, implorer de l'aide. Crier à l'aide. Appeler à son aide. Invoquer l'aide de quelqu'un.

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On dit proverbialement, Un peu d'aide fait grand bien, pour, Un petit secours ne laisse pas d'être quelquefois très-utile; et, Bon droit a besoin d'aide, pour, Quelque bonne que soit une affaire, il ne faut pas laisser de la solli

citer.

AIDE, se dit aussi Des secours et des grâces de Dieu. Il faut tout attendre de l'aide de Dieu. Mon Dieu, venez à mon aide. Dieu vous soit en aide, Façon de parler populaire, dont on se sert quand quelqu'un éternue, ou quand on n'a pas de quoi donner l'aumône à un pauvre qui la demande. Il vieillit.

AIDE, se dit aussi Du secours, de l'utilité, 'de l'avantage qu'on tire de certaines choses. On a fait de grandes découvertes à l'aide des lunettes de longue vue. Il n'eut pas réussi sans l'aide d'une telle machine.

AIDE, se dit aussi, tant De celui dont on reçoit du secours, que de la chose dont on en tire. Dieu seul est ma force et mon aide. Vous êtes toute son aide, tout son secours. Il n'a | point eu en cela d'autre aide que les mémoires qu'on lui a donnés.

AIDE, en matière ecclésiastique, se dit d'Une Église, d'une Chapelle bâtie pour être la succursale d'une Église paroissiale dont les habitans sont trop éloignés. Sainte-Marguerite, dans le faubourg Saint-Antoine, étoit une aide de la Paroisse de Saint-Paul.

AIDE. s. m. Terme dont on se sert en parlant Des personnes dont l'emploi consiste à être auprès de quelqu'un, pour servir conjointement avec lui, et sous lui. Ainsi on appelle Aide des Cérémonies, Un Officier dont la fonction est de servir sous le Grand-Maître des Cérémonies.

On appelle Aides de cuisine, Aides d'office, Les bas Officiers qui servent sous un chef de cuisine et d'office. Et Aide à Maçon, se dit d'un garçon qui sert sous un Maçon.

On appelle Aide de Camp, Un Officier de Guerre qui sert auprès du Général ou d'un Officier Général, pour porter ses ordres partout où il est nécessaire. Aide de Camp du Roi. Aide de Camp du Général. Aide de Camp d'un Lieutenant Général, d'un Maréchal de Camp.

On appelle dans les troupes, Aide- Major, Un Officier qui sert avec le Major, sous son autorité, et en fait toutes les fonctions en son absence. Aide-Major des Gardes. Aide-Major d'une place de Guerre. L'Aide- Major de la Place.

nir les dépenses de l'État. Les Fermiers des Aides. Les Aides montent à tant. L'octroi des Aides.

On appelle Cour des Aides, Une Compagnie supérieure, dans laquelle les affaires qui concernent ces sortes de subsides sont jugées en dernier ressort. Premier Président de la Cour des Aides. Conseiller dé la Cour des Aides.

AIDES, se dit aussi au pluricl, en termes de Manége, De toutes les choses dont le Cavalier se sert pour bien manier un cheval. Les aides de la voix, les aides des talons, de la gaule, de l'éperon. Le cheval connolt les aides, répond aux aides, a les aides fines.

AIDER. v. a. Donner secours, assister. Aider quelqu'un dans ses besoins. Aider les pauvres dans leur nécessité. Dieu les a bien aidés. Aider quelqu'un de son bien, l'aider de su bourse, l'aider de son crédit. Les lunettes de longue vue ont fort aidé les Astronomes dans les découvertes qu'ils ont faites. Cette méthode aide beaucoup la mémoire. Il faut s'aider les uns les autres. Aidez-vous. Vous ne vous aidez point. On dit proverbialement, Aide-toi, Dieu t'aidera.

AIDER, se met aussi avec la préposition à devant la personne; et alors il signifie ordinairement, Secourir un homme trop chargé, ou se joindre à lui pour un travail qu'il ne peut faire à lui seul. Aidez un peu à ce pauvre homme.

Il demande aussi la préposition à devant la chose, ou un équivalent, lorsqu'il signifie. Contribuer à faire réussir quelque chose. Il n'a pas peu aidé à cette affaire, à cette entreprise. Aider au bon succès d'une affaire.

On dit proverbialement, Aider à la lettre, pour, Suppléer à ce qui n'est pas exprimé. Cela signifie aussi, Ajouter quelque chose à une histoire, à une fable, pour embellir le conte, et pour le rendre plus agréable.

AIDER, se joint aussi à l'infinitif des verbes, avec la particule à, ou avec un équivalent, et signifie encore, Contribuer à une fin. Aider à faire réussir une négociation. Cela a bien aidé à le tirer d'affaire. Cela n'y a pas peu aidé.

AIDER, s'emploie avec le pronom personnel, et alors il se joint avec la particule de, et signifie, Se servir d'une chose, en faire usage. On s'aide de ce qu'on a. S'aider bien d'ure épée, d'un espadon. S'aider bien d'un cheval. Il ne s'aide pas du bras droit.

On dit, Dieu aidant, pour, Avec l'aide de

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pli les premières charges. Hors de lå on dit aieux, pour signifier généralement, Tous ceux de qui on descend. Suivre les traces de ses aïeux, Nos aïeux.

Le mot d'Aieul n'a point de composé audelà de ceux de Bisaieul et de Trisaïeul; et quand on parle des degrés qui sont au-dessus, on dit, Quatrième aïeul, cinquième aïeul, etc.

AÏEULE. s. f. Grand'mère. Aieule paternelle. Aieule maternelle. Cela étoit bon dis temps de nos aïeules.

AÏEUX. s. m. pluriel. C'est le même mot qu'Aïculs, mais plus usité, pour désigner, 1o Ceux qui ont vécu dans les siècles passés : C'étoit la mode chez nos aïeux; 2° Les personnes dont on descend : Il a hérité ce droit de ses aïeux. C'est un terme d'honneur en parlant De sa famille; et une personne ordinaire ne dit point, Mes aïeux, ni mes ancêtres; elle doit dire, Mes grands-pères.

AIG

AIGLE. s. m. Le plus grand et le plus fort des oiseaux de proie. Aigle noir. Aigle Royal. Aigle roux, Grand aigle. Le vol de l'aigle. L'aire d'un aigle, Aigle male. Aigle femelle.

On dit figurément d'Un homme qui est d'un génie, d'un esprit, d'un talent supérieur, que C'est un aigle. Il se dit aussi dans un sens relatif. Cet homme-là est un aigle, au prix de ceux dont vous parlez.

On dit aussi figurément qu'Un homme a des yeux d'aigle, pour, qu'll a les yeux vifs et perçans; et au figuré, qu'Il a un œil d'aigle, le regard de l'aigle, pour, qu'Il a une grande pénétration d'esprit.

On dit proverbialement, Crier comme un aigle, pour dire, Crier d'une voix aiguë et perçante.

AIGLE, en termes d'Armoiries et de Devises, est féminin. Ainsi on dit, L'Aigle Impériale, pour, Les armes de l'Empire, qui sont un aigle à deux têtes. Il porte sur le tout d'azur, à l'aigle éployée d'argent.

On dit aussi au féminin, L'aigle Romaine, les aigles Romaines, pour, les Enseignes des Légions Romaines, parce qu'au haut de ces Enseignes étoit la figure d'un aigle.

AIGLE, se dit aussi De la représentation en cuivre d'un aigle ayant les ailes étendues pour servir de pupitre au milieu du choeur d'une Église. Chanter à l'aigle. En cette acception Aigle est toujours masculin.

AIGLE. s. f. est aussi le nom d'Une constellation de l'Hémisphère septentrional.

AIGLON. s. m. Le petit de l'aigle. Une aigle avec ses aiglons dans son aire. Un jeune aiglon.

AIGLON et AIGLETTE, sont aussi des termes de Blason, dont on se sert indifféremment, pour désigner De jeunes aigles, représentés sans bec et sans serres. Il porte d'azur à trois aiglons d'or, à trois aiglettes d'or.

AIGRE. adj. des 2 genres. Acide, piquant au goût. Le citron, la grenade, sont des fruits

aigres. Le vin, le lait, deviennent aigres quand ils se gatent. Des fruits qui sont d'un goût aigre, qui ont un goût aigre, qui sont aigres au goût. AIGRE, se dit aussi De quelques odeurs désagréables qui sortent de certaines choses corrompues. Une senteur aigre qui fait mal au cœur. Vin aigre.

AIGRE, se dit aussi Des sons aigus et rudes en même temps, d'un bruit et d'un son trop aigu et perçant. Avoir la voix aigre, une voix aigre et désagréable. Une cloche qui rend un son aigre. Un son de voix aigre. D'un ton aigre. On appelle en Peinture, Couleurs aigres, Celles qui ne sont pas liées par des passages qui les accordent.

AIGRE, se dit aussi Des métaux dont les parties ne sont pas bien liées, et se séparent facilement les unes des autres. Un fer extrêmement aigre. Du cuivre fort aigre. Ce fer-là est si aigre, qu'on ne le sauroit forger.

AIGRE, se dit figurément De l'esprit, de l'humeur, etc., pour signifier Rude, fâcheux. Avoir l'esprit aigre, l'humeur aigre. Dire des paroles aigres. Il lui a écrit d'un style fort aigre. Il lui fit une réprimande aigre et sévère. Il lui parla d'une manière fort aigre, d'un ton fort aigre.

Il se dit aussi figurément Des personnes mêmes qui ont cette sorte d'esprit et d'humeur. C'est une personne bien aigre, une femme bien aigre. C'est un esprit aigre. C'est l'humeur du monde la plus aigre.

AIGRE, s'emploie aussi substantivement. Cela sent l'aigre, cela tire sur l'aigre.

On dit figurément, qu'Il y a encore de l'aigre dans l'air, pour, que Le temps n'est pas encore tout-à-fait adouci.

AIGRE-DE-CÉDRE, DE-LIMON, DEBIGARADE. s. m. Sorte de liqueur, qui se fait avec du jus de citron, de cédrat, de limon, ou de bigarade, et avec du sucre, et qui étant mélée ensuite avec de l'eau, fait une boisson agréable.

AIGRE-DOUX, OUCE. adj. Il ne se dit guère au propre que Des fruits qui ont un goût mêlé d'aigre et de doux. Un fruit aigredoux. Des oranges aigre - douces. En cette phrase et dans les autres semblables, Aigre ne se decline point.

Il se dit figurément De la voix et du style, quand on parle ou qu'on écrit d'une manière entre aigre et douce. Un ton de voix aigredour. Un style aigre-doux.

AIGREFIN. s. m. Terme de mépris, qui signifie Un homme qui vit d'industrie. Gardez vous de cet aigrefin. Il est du style familier.

AIGRELET, ETTE. adj. diminutif. Un peu aigre. L'Épine-vinette a un petit goût aigrelet. Une sauce aigrelette.

Il se dit figurément au moral. Un ton aigre let. Manières aigrelettes. Il est familier et badin. AIGREMENT, adv. D'une manière aigre. Il n'est guère d'usage qu'en parlant De la manière aigre dont on parle, ou dont on écrit. Parler aigrement à quelqu'un. Répondre aigrement. Il lui écrivit fort aigrement.

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AIGREMOINE. s. f. Sorte d'herbe médicinale. Tisane d'aigremoine.

AIGREMORE. s. m. Espèce de charbon pulvérisé propre aux feux d'artifice.

AIGRET, ETTE. adj. diminutif. Un peu aigre. Ce fruit-là est un peu aigret. Cela a un goût aigret qui n'est pas désagréable. Une sauce qui est un peu aigrette.

AIGRETTE. s. f. Oiseau blanc, du genre du héron, dont quelques plumes servent à faire des aigrettes.

AIGRETTE. Ornement de tête, en forme de bouquet de plumes. On fait des aigrettes de diamans, de perles, de verre. Avoir une aigrette sur sa tête.

AIGRETTE, se dit aussi Du panache d'un casque, de celui d'un cheval, de ceux d'un dais et des pommes de lit.

AIGRETTES, en termes de Physique. On appelle Aigrettes lumineuses, Cet amas de rayons enflammés qui s'élancent en forme de bouquet d'un corps électrisé.

AIGREUR. s. f. Qualité de ce qui est aigre. Des fruits qui ont de l'aigreur, qui ont une petite aigreur. Ce vin a de l'aigreur.

AIGREUR, se dit aussi Des rapports que causent quelquefois les alimeus mal digérés ; et en ce sens on s'en sert plus ordinairement au pluriel qu'au singulier. Cela donne des aigreurs, cause des aigreurs.

AIGREUR, se dit figurément d'Une certaine disposition d'esprit et d'humeur, qui porte à offenser les autres par des paroles piquantes. C'est un homme qui a beaucoup d'aigreur dans l'esprit, dans l'humeur. Parler avec aigreur, répondre avec aigreur. Il y a toujours de l'aigreur dans ses discours, dans ses paroles. Une réprimande pleine d'aigreur.

On dit, qu'Il y a de l'aigreur, quelque aigreur, un peu d'aigreur entre deux personnes, pour dire, qu'Il y a quelque commencement de brouillerie entre l'une et l'autre.

AIGREURS, en gravure, sont Des tailles où l'eau-forte a trop mordu.

AIGRIR. v. a. Rendre aigre, faire devenir aigre. Le tonnerre aigrit le vin. La chaleur aigrit le lait. Le levain aigrit la páte.

Il se dit figurément, et signifie Irriter, mettre dans une disposition plus fâcheuse. Cela ne fait qu'aigrir son mal, qu'aigrir sa douleur. Son discours a fort aigri les esprits. Cela ne servira qu'à aigrir les affaires. La mauvaise fortune lui a aigri l'esprit.

AIGRIR, s'emploie avec le pronom personnel. Des viandes qui s'aigrissent sur l'estomac. Du vin qui s'aigrit.

Il se dit aussi figurément. Son mal s'aigrit de jour en jour. Les esprits commençoient à s'aigrir. Les affaires s'aigrissent de plus en plus.

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cent aigu, Un petit accent qui va de droite à gauche, et qui se met sur l'é fermé, comme dans Régénéré.

On appelle, en termes de Géométrie, Angle aigu, Un angle qui est moins ouvert que l'angle droit.

AIGU, se dit figurément Des sons clairs et perçans. Un son aigu. Une voix aiguë.

Il se dit aussi figurément d'Une douleur vive et piquante. Une douleur aiguë, une colique aiguë.

On appelle Maladie aiguë, fièvre aiguë, Une maladie, une fièvre violente et dangereuse, qui se termine en peu de temps par la mort ou la guérison. Il est attaqué d'une malą. die aiguë, d'une fièvre aiguë.

AIGUADE. s. f. (Ce mot et les cinq suivans se prononcent comme s'il n'y avoit pas d'U.) Provision d'eau douce que l'on prend sur le rivage de la mer pour les vaisseaux, lorsqu'ils en manquent dans le cours de leur voyage. Il n'est guère en usage que dans ces phrases: Faire aiguade. C'est un lieu où il y a bonne aiguade.

AIGUAIL. s. m. Terme de Chasse. Rosée, petites gouttes d'eau qui demeurent sur les feuilles des herbes et des arbres. L'aiguail óte le sentiment aux chiens.

On dit en Poésie, L'aiguail des prés, des fleurs ; et hors de là il n'est guère d'usage.

AIGUAYER. v. a. (Il se conjugue comme Payer.) Baigner, laver dans l'eau. Aiguayer un cheval, C'est le faire entrer dans la rivière jusqu'au ventre, et l'y promener pour le laver et le rafraichir. Aiguayer du linge, C'est le laver et le remuer quelque temps dans l'eau, avant que de le tordre.

AIGUE-MARINE. s. f. Espèce de pierre précieuse tendre, qui est de couleur de vert de mer. Une belle aigue-marine,

AIGUIERE. s. f. Sorte de vase fort ouvert, qui a une anse et un bec, et dans lequel on met de l'eau pour le service ordinaire de la table, et pour d'autres usages. Aiguière d'étain. Aiguière d'argent, de vermeil doré, de cristal, Aiguière de faïence. Un bassin et une aiguière. Une aiguière couverte.

AIGUIÉRÉE. s. f. Plein une aiguière. Une aiguiérée d'eau. Il lui a jeté une aiguiérée d'eau sur la tête. Il est peu usité.

AIGUILLADE. s. f. (Les voyelles UI font une diphthongue dans ce mot.) Gaule dont se servent les Laboureurs et les Voituriers pour piquer leurs boeufs,

AIGUILLE, s. f. (Pron. Aiguille.) Petite verge de fer, ou d'autre métal, pointue par un bout, et percée par l'autre, pour y passer du fil, de la soie, de la laine, et dont on se sert pour coudre, pour broder, pour faire de la tapisserie, etc. Aiguille fine, aiguille bien poin tue. La pointe d'une aiguille, le chas d'une aiguille, le trou d'une aiguille. Enfiler une aiguille. Aiguille à coudre, aiguille à travailler. en tapisserie, aiguille d'emballeur.

On appelle Aiguille de tête, Une grande aiguille dont les femmes se servent pour arran

On appelle, en termes de Grammaire, Ac-ger leurs cheveux.

On dit proverbialement et figurément, Faire un procès sur la pointe d'une aiguille, disputer • sur la pointe d'une aiguille, pour, Contester sur un objet sans fondement, ou de nulle conséquence.

On dit aussi proverbialement et figurément, De fil en aiguille, pour, De propos en propos, 'd'une chose à une autre. Il nous a raconté toute l'histoire de fil en aiguille. De fil en aiguille ils en vinrent jusqu'à se quereller, à se dire des injures.

On dit aussi d'Une chose qu'on cherche, mais qui est très-difficile à trouver à cause de sa petitesse, que C'est chercher une aiguille dans une botte de foin.

Ai

AIGUILLE, se dit aussi De différentes sortes de petites verges de fer ou d'autre métal qui servent à différens usages. Aiguille à tricoter des bas. Des bas faits à l'aiguille. Aiguille d'oculiste pour abattre les taies des yeux. guille de balance. Aiguille d'horloge, qui sert à marquer les heures, les minutes, sur le cadran. Aiguille marine. Aiguille aimantée, dont on se sert sur la mer pour reconnoître le Nord.

AIGUILLE, se dit aussi d'Une espèce de pyramide, soit de pierre de taille, soit de charpente, comme sont les clochers des Églises, lorsqu'ils sont extrêmement pointus. On appelle autrement ces sortes de clochers, des Flèches. L'aiguille de la Ste. Chapelle de Paris.

AIGUILLE, se dit aussi d'Un Obelisque. L'aiguille de St. Pierre de Rome.

On appelle aussi Aiguille, Une espèce de poisson de mer qui est long et menu, et qui a la tête extrêmement pointue.

AIGUILLES D'ESSAI ou TOUCHAUX. Terme de Chimie. Alliage d'or ou d'argent dans des proportions différentes.

AIGUILLÉE. s. f. (GUI font une diphthongue dans ce mot et les suivans.) Certaine étendue de fil, de soie, ou de laine, coupée de la longueur qu'il faut pour travailler à l'aiguille. Aiguillée de fil, aiguillée de soie, aiguillée de laine. Faire des aiguillées. Apprêter des aiguillées. Couper de longues aiguillées. AIGUILLER. v. a. Terme d'Oculiste. Ôter la cataracte de l'œil.

AIGUILLÉ, ÉE. participe. AIGUILLETTE. s. f. Cordon, ruban, tissu, etc. ferré par les deux bouts, pour servir à attacher, mais qui ne sert quelquefois que d'ornement. Aiguillette de fil. Aiguillette de soie. Aiguillette de cuir. Aiguillette plate. Aiguillette ronde. Un ferret d'aiguillette. Ferrer des aiguillettes. Des aiguillettes ferrées d'argent.

On dit bassement, Lacher l'aiguillette, pour, Se décharger le ventre.

On dit aussi, Nouer l'aiguillette, pour, Faire un prétendu maléfice auquel le peuple attribue le pouvoir d'empêcher la consommation du mariage.

AIGUILLETTE, se dit figurément Des morceaux de la peau ou de la chair, arrachés ou

coupés en long. Couper un canard, un oiseau de rivière, par aiguillettes. Les Barbares lui arrachèrent toute la peau du dos par aiguillettes.

AIGUILLETTER. v. a. C'étoit attacher ses chausses à son pourpoint. La mode de s'aiguilletter a duré long-temps.

En termes de Marine, Aiguilletter les canons, Les amarrer fortement dans un gros

temps.

Aiguilletter des lacets, Les ferrer. AIGUILLETTÉ, ÉE. participe. AIGUILLETTIER. s. m. Artisan dont le métier est de ferrer les aiguillettes et les lacets.

AIGUILLIER. s. m. Petit étui où l'on met

des aiguilles. Un aiguillier d'argent. Un aiguillier de chagrin.

AIGUILLON. s. m. (On fait sentir l'U dans cc mot et dans ses dérivés.) Il se dit proprement d'Une pointe de fer qui est au bout d'un grand bâton, et dont on se sert pour piquer les bœufs. L'aiguillon d'un Bouvier. On pique les bœufs avec un aiguillon pour les faire aller.

AIGUILLON, se dit aussi d'Un petit dard des mouches à miel, des guèpes, des frelons. Les abeilles laissent ordinairement leur aiguillon dans la piqure. On dit que la Reine des abeilles n'a point d'aiguillon.

AIGUILLON, se dit figurément De tout ce qui incite à quelque chose. La gloire est un aiguillon, un puissant aiguillon à la vertu. L'intérêt est le seul aiguillon qui le puisse faire agir. On dit dans le langage de l'Ecriture, L'aiguillon de la chair, pour, Les tentations de la chair.

AIGUILLONNER. v. a. Il n'est guère d'usage qu'au figuré, et signifie, Inciter par quelque chose. C'est un homme lent et paresseux, qu'il faut un peu aiguillonner pour le faire agir.

AIGUILLONNÉ, ÉE. participe.

AIGUISEMENT. s. m. Action d'aiguiser. L'aiguisement d'un cani¡. (On fait sentir l'U dans ce mot et dans le suivant.)

AIGUISER. v. a. Rendre aigu, rendre plus pointu, plus tranchant. Aiguiser le fer d'une lance. Aiguiser la pointe d'un couteau, Aiguiser des coins de for. Pierre à aiguiser.

On dit figurément, Aiguiser l'appétit, pour, Donner plus d'appétit, rendre l'appétit plus vif; et Aiguiser l'esprit, pour, Rendre l'esprit plus prompt, plus pénétrant. Le travail modéré aiguise l'esprit, La nécessité aiguise l'esprit.

On dit proverbialement et figurément, Aiguiser ses couteaux, pour, Se préparer au

combat.

AIGUISÉ, ÉE. participe.

AIL

AIL. s. m. (Il fait AULX au plur.) Espèce d'ognon d'une odeur et d'un goût très-forts, et qui vient par petites gousses. Une tête d'ail, une gousse d'ail. Un gigot de mouton à l'ail, Frotter son pain d'ail, Sentir l'ail.

AILE. s. f. Partie du corps des oiseaux et

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de quelques insectes, qui leur sert à voler et à se soutenir en l'air. Les ailes des oiseaux sont revêtues de plumes. Les ailes des chauve-souris sont membraneuses. Les ailes des insectes sont si déliées, qu'elles en sont transparentes. Un oiseau qui étend les ailes, qui déploie ses ailes. Un oiseau qui vole à tire-d'aile. Les pigeons ont l'aile forte, l'aile roide. Un moineau qui bat des ailes, qui trémousse des ailes. Un oiseau blessé qui ne bat que d'une aile. Une poule qui rassemble ses poussins sous ses ailes. Les ailes d'un moucheron. Les ailes d'un papillon. On peint ordinairement les Anges avec des ailes. Les Anciens donnoient des ailes à la Victoire, à la Renommée, à l'Amour, au cheval Pégase. Les Peintres et les Poëtes donnent des ailes aux Vents, au Temps, aux Heures, à Mercure, etc. Et on dit poétiquement, Sur les ailes des vents. Sur les ailes des zéphyrs. Sur les ailes du temps.

On dit proverbialement et figurément, Ne battre que d'une aile, pour, Être fort déchu de vigueur, de crédit, de considération. Depuis sa maladie il ne bat plus que d'une aile. Sa disgrace fait qu'il ne bat plus que d'une aile.

On dit proverbialement et figurément, d'Un homme à qui il est survenu quelque altération considérable dans la santé, quelque disgrâce, ou d'un homme qui est devenu amoureux, qu'Il en a dans l'aile.

On dit proverbialement et figurément, Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, pour, Le priver, le dépouiller de quelque chose qui lui appartient, tirer de l'argent de lui; et Rogner les ailes à quelqu'un, pour, Lui retrancher de son autorité, de son crédit, de ses profits.

On dit proverbialement et figurément, Vouloir voler sans avoir des ailes, pour, Entreprendre une chose au-dessus de ses forces; et Voler de ses propres ailes, , pour, Être en état de se passer du sccours d'autrui.

On dit aussi proverbialement et figurément, Tirer pied ou aile de quelqu'un, pour, Trouver moyen d'en tirer une partie de ce qu'on prétendoit en avoir.

On dit aussi proverbialement et figurément, qu'une fille est encore sous l'aile de sa mère, pour, qu'Elle est encore sous la conduite de sa mère.

Dans le langage de l'Écriture, L'aile du Seigneur, signifie, La protection de Dieu. Seigneur, couvrezz-moi de vos ailes. Je ne craindrai rien à l'ombre de vos ailes.

AILE, se dit aussi de cette partie charnue d'un oiseau, qui prend depuis le haut de l'estomac jusque sous les cuisses; et en ce sens il ne se dit que Des oiseaux préparés pour être mangés. Servir une aile de perdrix, une aile de chapon, une aile de bécasse. Le haut de l'aile, le bas, le bout de l'aile.

En parlant De plumes à écrire, on appelle Bouts-d'aile, Les plumes du bout de l'aile des

oies.

AILE, se dit De diverses choses par analogie. Ainsi on dit, Les ailes d'un moulin à vent, en parlant De ces grands châssis garnis de toile

que l'on met à un moulin, et qui, étant mus par le vent, font moudre le blé.

On dit aussi, Les ailes d'un bâtiment, en parlant Des deux parties d'un bâtiment qui sont jointes de chaque côté au corps du principal édifice. Les deux ailes d'un bâtiment. Un batiment qui n'a qu'une aile. On dit aussi, Les ailes d'une Eglise, pour, Les bas côtés d'une Église.

On dit aussi, Les ailes d'une armée, pour, Les deux flancs d'une armée supposée rangée en ordre de bataille, lesquels sont ordinairement composés de cavalerie. L'aile droite. l'aile gauche d'une armée. L'aile droite de la première ligne, l'aile gauche de la seconde ligne. On avoit jeté des pelotons d'infanterie sur les ailes. L'aile droite enfonça les ennemis, mais l'aile gauche plia au premier choc. Le Général N. commandoit l'aile droite.

AILE. s. f. Mot emprunté de l'Anglois, qui désigne Une espèce de bière qui se fait sans houblon. Boire de l'aile.

AILÉ, ÉE. adj. Qui a des ailes. Il ne se dit guère que De certains animaux à qui il n'est pas ordinaire d'avoir des ailes. Des serpens ailés. Des poissons ailés. Un cheval ailé.

On représente ordinairement Un foudre ailé, pour Symbole de la puissance et de la vi

tesse.

AILERON, s. m. L'extrémité de l'aile d'un ciseau, à laquelle tiennent les grandes plumes de l'aile. Un oiseau qui a l'aileron rompu. Un ragout, une fricassée d'ailerons.

AILERON, se dit aussi Des petites planches, des petits ais qui font tourner les roues des moulins à eau.

Il se dit aussi Des nageoires de quelques poissons. Les ailerons d'une carpe.

AILLADE. s. f. Sauce faite avec de l'ail. AILLEURS. adv. de lieu. En un autre lieu. On souffre cela ici, mais ailleurs on ne le souffrireit pas. S'il ne se trouve pas bien où il est, que ne va-t-il ailleurs? Qu'il aille se pourvoir ailleurs. Vous chercherez inutilement ailleurs. Vous ne sauriez trouver cela ailleurs que chez lui. Je tâcherai de l'avoir d'ailleurs. Je le ferai venir d'ailleurs. La voie dont vous vous servez pour vos lettres n'est pas sûre, il faut les faire tenir par ailleurs.

AILLEURS, en parlant d'Un livre, signifie, Dans un autre passage du même écrivain. Nous avons dit ailleurs.... Ailleurs il dit.... Ailleurs encore. On dit aussi D'ailleurs, pour dire, D'un autre principe, d'une autre cause, pour un autre sujet. Vous lui attribuez mal à propos votre disgrace, elle vient d'ailleurs, elle procode d'ailleurs. Il le querelle sur un sujet de rien, c'est qu'il lui en veut d'ailleurs.

Il signifie aussi, De plus, outre cela. Je vous dirai d'ailleurs. D'ailleurs il faut considérer

que....

AIM

ALMABLE. adj. des 2 genres. Qui est digne d'être aimé, qui mérite d'être aimé. La vertu et aimable. Un objet aimable, un caractère

aimable, des manières aimables. Aimer tout ce qui est aimable. C'est le lieu du monde le plus aimable.

Dans le langage de la société, on appelle Aimables, Ceux qui y plaisent par leurs agrémens. C'est une femme très-aimable. C'est un aimable homme.

AIMANT, ANTE. adj. Porté à aimer. Il est d'un caractère aimant. Elle a une áme naturellement aimante.

AIMANT. s. m. Pierre qui a la propriété d'attirer le fer, et à laquelle il y a deux points déterminés, dont l'un se tourne toujours vers le Nord, et l'autre vers le Sud. Pierre d'aimant. Aiguille frottée d'aimant. On appelle les deux points déterminés de l'aimant, Les deux pôles de l'aimant. La déclinaison de l'aimant. L'aimant est une vraie mine de før, et il lui communique sa vertu attractive.

AIMANTER. v. a. Frotter d'aimant. Aiman ter l'aiguille d'une boussole. On aimante la boussole en la passant sur une pierre d'aimant.

AIMANTÉ, ÉE. participe. Aiguille aimantée. AIMANTIN, INE. adj. Magnétique. Qui appartient à l'aimant, qui est propre à l'aimant. Le fer acquiert avec le temps une vertu aimantine. Il est de peu d'usage.

AIMER. v. a. Avoir de l'affection pour un objet quel qu'il soit, dans la pensée que c'est un bien. Il faut aimer Dieu par-dessus toutes choses. Aimer son prochain comme soi-même. Aimer son Prince. Aimer son pays. Aimer sa patrie. Aimer son père et sa mère, Aimer ses enfans. Aimer sa famille. Deux personnes qui s'aiment tendrement. Ils s'aiment comme frères. Aimer quelqu'un d'amitié, de bonne amitié. Aimer d'un amoür honnête. Aimer tendrement. Aimer la vertu. Aimer la gloire. Aimer quelqu'un plus que ses yeux, l'aimer plus que sa vie, plus que le jour, plus qu'on ne peut dire, l'aimer à la folie, jusqu'à la folie, follement. Aimer constamment. Aimer fidèlement. Aimer ardemment. Aimer éperdument. Aimer passionnément. Aimer jusqu'à la mort. Aimer de tout

son cœur.

Lorsqu'Aimer se met absolument et sans régime, il ne se dit guère que e la passion de l'amour. Il est doux d'aimer. Il est dangereux d'aimer.

On dit proverbialement, Qui bien aime, bien chatie, pour, que C'est aimer véritablement quelqu'un, que de le reprendre de ses fautes.

On dit aussi proverbialement, Qui m'aime, me suive, pour, que Ceux qui nous aiment, doivent prendre nos intérêts, doivent nous imiter en ce que nous faisons.

On dit proverbialement et figurément Qui m'aime, aime mon chien, pour, que Quand on aime une personne, on aime tout Ce qui lui appartient.

On dit, Aimer sa personne, s'aimer soimême, et absolument, s'aimer, pour, Avoir un attachement excessif à sa personne. Cette petite personne s'aime beaucoup, veut dire suivant la circonstance, A beaucoup d'amour

propre, ou, s'occupe beaucoup d'elle-même. Et S'aimer dans un lieu, pour, S'y plaire, prendre plaisir à y être. Il s'aime à la campagne. Je m'aimerois infiniment chez vous, dans votre société.

On dit aussi, que Les animaux, que les plantes s'aiment en un lieu, pour, qu'ils y profitent, qu'ils y réussissent mieux qu'ailleurs. Les pigeons s'aiment où il y a de l'eau. Les oliviers s'aiment dans les lieux sablonneux.

AIMER, se dit aussi De l'attachement que l'on a pour les animaux, et pour certaines choses auxquelles on prend plaisir. Aimer son chien. Aimer son cheval. Aimer les chiens. Aimer les chevaux. Aimer le jeu. Aimer la chasse. Aimer la bonne chère. Aimer les armes. Aimer les livres. Aimer l'étude. Aimer le travail. Aimer les fleurs. Aimer les tableaux. Aimer l'agriculture. Aimer la musique, etc.

AIMER, se joint souvent avec la particule à, devant l'infinitif des verbes; et alors il signifie, Prendre plaisir à faire quelque chose. Aimer à jouer. Aimer à lire. Aimer à chasser. Aimer à se promener. Aimer à travailler.

On dit, Aimer mieux, pour, Préférer, aimer une chosé par préférence à une autre. Elle a mieux aimé entrer dans un Couvent, que de faire le mariage qu'on lui proposoit. J'aimerais mieux mourir, que de faire une si mauvaise action. Aimer mieux l'étude que le jeu.

AIMÉ, ÉE. participe.

',

AIN

AINE. s. f. La partie du corps humain qui est entre le haut de la cuisse et le bas-ventre. Il fut blessé dans l'aine. Avoir une excroissance dans l'aine, un bubon dans l'aine.

AÎNÉ, ÉE. adj. Le premier né des enfans du même père et de la même mère, ou de l'un des deux seulement. Son fils alné, sa fille aînée. Votre frère aîné, votre sœur aînée. Il est l'aîné de tous.

En parlant Des différentes branches d'une is son, on dit, La branche aînée, la branche cadette.

Il est aussi substantif. Mon alné, votre ainé. Le cadet vaut bien l'aîné.

Il se dit aussi d'Un second enfant à l'égard d'un troisième, et ainsi des autres. Il est mon atné, et je suis le vôtre.

Il se dit aussi par extension, De toute personne plus âgée qu'une autre. Il est plus vieux que moi, il est mon aîné de cinq ans de six ans, etc.

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On dit du Roi de France, qu'Il est le fils atné de l'Eglise; et de l'Université de Paris, qu'Elle est la fille ainée des Rois de France.

AÎNESSE. subst. f. Primogéniture, priorité d'âge entre frères et sœurs. Il n'est guère d'usage qu'en cette phrase, Droit d'atnesse.

AINS. conjonction adversative. Mais. Il est vieux, et il n'est d'usage qu'en plaisanterie, et dans cette phrase, Ains au contraire.

AINSI. adverbe. En cette manière, de cete

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