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des artifans & des marchands y font rangées comme dans Fez; mais les maifons n'y font pas fi bien bâties, ni avec tant de dépenfes. Il y a par toute la ville quantité de fuperbes mosquées qui ont de grands revenus, & très-bien pourvues de tout ce qui eft néceffaire. Il y a outre cela cinq principaux colléges d'une belle architecture, bâtis par quelques rois d'entre les Zénétes, & rentés pour l'entretien d'un certain nombre d'écoliers qui y demeurent, & qui y ont des maîtres pour leur enfeigner toutes les fciences naturelles, & les inftruire dans les matieres qui concernent leur religion. Il y a auffi beaucoup de bains & des hôtelleries à la mode du pays, pour la commodité des marchands qui y trafiquent. Le quartier de la ville le plus peuplé eft celui où demeurent les Juifs, qui étoient autre. fois fort riches; mais qui ayant été pillés à diverfes reprifes, font reftés fort pauvres, quoique les Turcs & le Manres les traitent mieux, que le chérif ne traite ceux de Fez, car ils leur laissent plus de liberté à trafiquer. La ville eft embellie de plufieurs fontaines, dont les eaux font conduites par des canaux fouterreins l'espace de trente lieues de Numidie. Les rois de Trémecen ont toujours donné ordre de u'en point lailler découvrir les conduits, de peur qu'on ne la détournât fi la ville venoit à être affiégée. Les murail les de la ville font belles & hautes, garnies de plufieurs tours. Il y a cinq portes principales, dans lesquelles il y a des corps de garde, & des maifons pour les fermiers des entrées. Hors de la ville, du côté du midi, eft le palais du roi, bâti comme une fortereffe, où font divers corps de logis avec leurs jardins & leurs fontaines. Ce palais a deux portes, l'une pour fortir à la campagne, & l'autre pour entrer dans la ville. Autour de la ville il y a de beaux jardins & des maifons de plaifance, où durant la paix, les habitans qui font à leur aife vont demeurer l'été, parce qu'outre que ce font des lieux agréables, il y a des fources dont l'eau eft très fraiche. Ajoutez à cela de grandes contrées remplies de vergers & d'oliviers, où l'on recueille quantité d'huile & toutes fortes de fruits comme en Europe. On y voit encore de grandes treilles qui portent du raisin délicieux ; on le fait fécher au foleil, & il fe garde toute l'année. A une lieue de la ville font plufieurs moulins fur le bord de la riviere Ceffif. Cette ville eft gouvernée comme celle de Fez, il y a des juges, des fergens, des notaires, des avocats & des procureurs pour les caufes civiles & criminelles, qui font jugées fuivant le droit de Fez. Le peuple y eft divifé en trois corps: celui des marchands, l'autre des artifans & le troifiéme de la noblefle, qui comprend les courtifans & les gens de guerre. Les premiers font bonnes gens, fidéles en leur commerce, qui vivent avec beaucoup d'ordre & de police; ils font faciles à être gouvernés. Les étrangers fe louent de leur civilité: leur principal négoce fe fait dans la Guinée, où ils vont porter leurs marchandifes tous les ans ; ils en rapportent de l'or de Tibar, de l'ambre gris, du musc, de la civette, des négres, &c. Ce trafic fe fait par change avec tant d'avantage du côté de ceux de Trémecen, qu'il ne faut que deux ou trois voyages à un marchand pour l'enrichir & c'est ce gain auffi qui les détermine à traverfer avec mille dar gers les déferts de la Libye. Les artifans font gens fimples & doux, dont le plus grand foin eft de travailler poli& de faire des ouvrages achevés. On y fait des cafaques, de riches tapis, des fayes & des mantes fi fines, qu'il s'en trouve qui ne pefent pas dix onces; outre cela de riches harnois à la généte avec de beaux étriers, des mors, des éperons & des tétieres de la meilleure façon d'Afrique; les artifans font presque tous à leur aife. Les gentilshomines & les gens de guerre fe piquent fort de nobleffe & de valeur, ils ont plufieurs droits & prérogatives qui les diftinguent des artifans. Ils s'habillent communément d'affez bon goût, de ferge, de toile, de foie. Les femmes font belles, & s'habillent comme à Maroc ; mais les fêtes, les noces & les feftins fe font de la même forte que dans Fez, quoique ceux de Trémecen ne foient pas fi voluptueux ni fi délicats. Telle eft la description que Marmol donne de cette ancienne ville; les chofes font beaucoup changées depuis le tems où il écrivoit. Les murailles de Trémecen font encore affez bonnes & flanquées de tours. Il y a cinq portes avec des ponts-levis & quelques fortifications fuffifantes pour la défendre contre les rois voifins du royaume d'Alger; mais on ne reconnoît plus que de triftes reftes de cette ville, dont les anciens hiftoriens & même les modernes, parlent avec tant d'éclat & de diftinction, & où les fciences & les

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arts fleuriffoient. Elle eft peuplée comme les autres villes du royaume d'Alger, de pauvres Arabes, de Maures & de Juifs. Il y a toujours une bonne garnifon. Le bey du Ponent y fait la réfidence dans le tems que la ville d'Oran fe trouve entre les mains des Espagnols. La ville de Trémecen eft très-recommandable aux Maures, à caufe d'un fépulchre qui eft auprès; c'est celui d'un morabou, appellé Cidiben Médian, réputé pour faint, & auquel on attribue des miracles. Il y avoit autrefois, dans fon diftrict, de grandes & belles villes, qui ne font à préfent que de miférables villages. Elle a été épiscopale; fon territoire confine avec le mont Atlas, qui fépare le royaume de Fez de celui d'Alger.

TREMILLE, nom qu'on donnoit anciennement à la Lycie, felon Etienne le géographe.

TREMITHUS, village de l'ifle de Chypre, felon Etienne le géographe. Prolomée, l. 5, c. 14, en fait une ville qu'il place dans les terres. Elle devint épiscopale, & fon évêque eft nommé Théopompe dans le premier concile de Conftantinople. Cette ville eft appellée TREMITHOPOLIS, dans une médaille qui fe trouve dans le recueil de Goltzius. Ortélius, qui cite Lufignan, dit que c'elt aujourd'hui un village appellé TREMITUNGHE. * Conc. gener. p. 365.

TREMITI ou les ISLES DE TREMITI, ifles du golfe de Venife, fur la côte d'Italie, de la dépendance du royaume de Naples. Elles font à quelques lieues de diftance de la côte de la Capitanate du côté du nord. Les anciens les nommoient DIOMEDEA INSULA. Voyez cet article. Pline, 1. 10, c. 44, parle d'une forte d'oifeaux nommés Diomé.. déens, qu'on voyoit dans celles de ces ifles où étoit le tombeau de Diomède. Ces oifeaux, que Juba appelle Cataracta, fans doute à caufe de l'impétuofité avec laquelle ils fondoient de haut en bas fur leur proie, ne fe trouvent point ailleurs. Ils ont des dents, leurs yeux font de la couleur du feu, & pour le refte, ils font tout blancs. Ils ont toujours deux chefs, l'un qui conduit la troupe, l'autre qui la raffemble; mais ce qu'il y a de plus remarquable, ajoute Pline, c'eft que ces oifeaux ont l'inftint de discerner les perfonnes; car ils fatiguent par leurs cris les Barbares qui arrivent dans cette ille, & careffent au contraire les Grecs.

TREMON. Euftathe, in Dionyfium, dit qu'on nommoit ainfi un lieu voifin de l'ifle de Delos, & que l'ori gine de ce nom venoit des fréquens tremblemens de terre auxquels cette ifle eft fujette. Lycophron fait aussi mention de ce lieu; & Ifacius, qui remarque que c'étoit l'endroit où Ajax avoit été enterré, ajoute qu'il étoit fitué près de Tenos & de Mycone.

TREMONT, lieu de France, au duché de Bar, dans le diocèfe de Toul. Son églife paroiffiale est dédiée à faint Menge. Le chapitre de Liverdun en eft patton. Cette églife fut érigée par M. de Biffy. La cure perçoit le tiers des groffes & menues dîmes, & l'abbé de Montiers en Argone, ordre de cîteaux, les deux autres tiers. Le château de Reneffon, où il y a une chapelle dédiée à Notre-Dame, en dépend.

TREMOUILLE (La) ou LA TRIMOUILLE, ville de France dans le Poitou, diocèle & élection de Poitiers, fur la riviere de Benaife, à douze lieues de Poitiers, á l'orient, aux confins de la Marche. Cette ville a été éri gée en duché, & donne le nom à l'illuftre maison de la Tremouille.

TREMP, petite ville d'Espagne, dans la Catalogne, au marquifat de Noguera, fur le Noguera - Pallarefa. Cette ville eft remarquable par la grande quantité de nobleffe qui s'y trouve; car bien qu'elle ait à peine deux cents feux, il y demeure plus de vingt maifons nobles qui poffèdent des terres feigneuriales. Delices d'Espagne, p. 627.

1. TREMULA, ville de la Mauritanie Tingitane. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Ptocolofida à Tingis, à douze milles au-deffus d'Oppidum-novum.

2. TREMULA, ville d'Espagne, felon Prolomée, L. 2, c. 6: il la donne aux Baftitains, & on croit que c'eft la même que la Turba de Tite Live. Voyez ce mo

TRENT ou TRENTE, riviere d'Angleterre. Elle a fa fource en Staffordshire, paffe par les provinces de Darby, Nottingham & Lincoln, où elle fe décharge dans l'Humber. Elle arrofe en paffant Nottingham, Newarck & Tome Y. 000000

!

Ganerborough, C'eft cette riviere qui divife l'Angleterre en deux parties, l'une feptentrionale & l'autre méridionale. Erat préfent de la grande Bretagne, t. 1, p. 16. TRENTE, ville d'Italie, dans la marche Trévifane au Trentin, dont elle eft la capitale Elle eft fituée au bas des Alpes, à quatre milles du lac de Garde, à fix de Bolzen, à huit de Verone, & à vingt-quatre d'Inspruck. Cette ville bâtie fur la riviere d'Ersch ou Adige, fe trouve dans une belle vallée, fur un rocher plat, d'une espèce de marbre blanc & rougeâtre. La vallée ou la plaine eft environnée de montagnes, presque toute l'année couvertes de neiges. La ville de Trente eft fort ancienne. Strabon, Pline & Prolomée en font mention. Elle dérive fon nom de trois ruiffeaux, qui des montagnes voifines entrent dans la ville, & fa fondation eft attribuée aux anciens Toscans. Après ceux-ci, les Cénomans la doivent avoir réparée & élargie. Elle a obéi fucceffivement aux Romains, aux Goths & aux Lombards. Enfuite elle a fait partie du domaine des ducs de Baviere. Aujourd'hui l'évêque de Trente en eft le feigneur, pour le temporel & le fpirituel. Il eft prince de l'Empire, & pofféde toute la comté de Trente avec plufieurs autres villes, bourgs & feigneuries, en vertu de la donation qui lui en fut faite l'an 1027, par l'empereur Conrad II, & confirmée par les empereurs Frédéric I & II. Il reconnoît pourtant pour fon protecteur le comte de Tirol, qui, pendant la vacance du fiége, envoye à Trente un gouverneur, qui commande jusqu'à ce que l'évêque

foit élu.

res que

Le circuit de la ville, qui eft d'un fimple mur, n'eft guèd'un mille d'Italie. Ses rues font larges & bien påvées, & fes maifons font affez agréables & folidement bâties. La cathédrale mérite d'être vue, elle eft dédiée à faint Vigile, évêque & martyr, dont le corps y eft confervé avec celui de fainte Maxence, fa mere. Le chapitre eft compofé de nobles & de lettrés, qui ont droit d'élire leur évêque. On montre dans une chapelle de la cathédrale le crucifix miraculeux, fub quo jurata & promulgata fuit fynodus. L'églife où ce concile a tenu fes affemblées, s'appelle fainte Marie Majeure; elle eft petite & bâtie d'un vilain marbre, dont les carreaux ne font que dégroffis. Les orgues de cette églife font d'une extraordinaire grofleur. On y voit dans un grand tableau le concile représenté. Dans l'église de saint ́ Pierre eft le corps du petit faint Simonin. Son hiftoire dit que l'an 1276, les Juifs déroberent l'enfant d'un cordonnier nommé Simon, & qu'après lui avoir tiré tout fon fang, d'une maniere extrêmement cruelle, pour s'en fervir dans la célébration d'une de leurs fêtes, ils jetterent le cadavre dans un canal, qui paffe encore préfentement dans la maifon où la chofe eft arrivée, & où s'affembloit alors leur fynagogue. Le corps fut porté par le ruilleau dans la riviere, & rapporté par des pêcheurs. L'affaire fut découverte, & les Juifs furent convaincus; on en pendit trenteneuf, & les autres furent bannis de la ville à perpétuité. Sixte IV, qui étoit pape alors, ayant été informé de tout le fait, canonifa l'enfant ; & il lui laiffa le nom de Simonin qu'il portoit, & qui eft le diminutif de celui de Simon, le nom de fon pere. Il n'avoit que vingt-huit mois quand il fut martyrifé. On voit le corps dans une châffe, qui eft fur l'autel de la chapelle qu'on lui a dédiée. On garde auffi dans une armoire qui eft à côté, un couteau, des tenailles, quatre grandes aiguilles de fer, dont les bourreaux le tour menterent, & deux gobelets d'argent, dans lesquels on dit qu'ils burent fon fang.

Les trois églifes dont il vient d'être parlé, font parois fiales; & il y en a encore une quatrième qui porte le nom de fainte Marie Magdelaine. Il y a deux maifons religieufes, l'une d'hommes, de l'ordre de faint Auguftin, & l'autre de filles de l'ordre de la fainte Trinité. Dans les fauxbourgs on compte cinq autres églifes; faint Dominique, faint François, faint Laurent, faint Bernard & fainte Claire. Outre cela, il y a quatre hôpitaux. Les portes de la ville de Trente font au nombre de quatre; celle de Saint-Martin, celle de Saint-Laurent, celle de Sainte-Croix & celle d'Aquilée. On vante le pont qui eft fur la riviere fans qu'on puiffe dire ce qu'il y a d'admirable. On repréfente de même le palais de l'évêque comme un édifice grand & fuperbe, quoique réellement cette maifon foit baffe & de médiocre grandeur, pour un évêque seigneur fpirituel & temporel d'un évêché, qui eft d'une allez grande étendue. Ce prince étoit autrefois fort riche, mais cela a changé. Par un traité fait avec les

Vénitiens, il condamne les fujets aux galeres pour le fervice de la république, fur les terres de laquelle il peut faire paller une certaine quantité d'huile fans payer d'impôts.

Cette ville a été défolée plufieurs fois par les inondations. La riviere le déborde fouvent, & les torrens de Levis & de Ferfène tombent quelquefois des montagnes, avec une impétuofité fi terrible, qu'ils entraînent de gros rochers, & les roulent jusques dans la ville. L'air de la ville de Trente eft fort fain, quoique dans l'été il y ait de grandes chaleurs, & que pendant l'hiver il y faffe un froid exceflif. La ville eft féparée en deux quartiers : le plus grand est habité par les Italiens, & l'autre par les Allemands. Ces deux langues font communes dans cette ville. ( a ) Mémoires divers.

le

TRENTIN, (Le) pays d'Italie, borné au nord par Tirol, au levant par le Feltrin & le Bellunois du Trevifan Vénitien, au midi par le Vicentin, le Veronèle, le Breflan & le lac de Garde; & au couchant encore par le Bressan & par une partie du lac de Garde. Ses anciens habitans font les TRIDENTINI de Pline, que les François nomment aujourd'hui Trentins, les Italiens Trentini, & les Allemands Trienter. Quelques uns veulent mettre le Trentin en Alle magne, prétendant qu'il fait partie du Tirol; c'eft une erreur. La ville de Trente étoit dans la dixiéme région de l'ancienne Italie ; & l'Italien eft encore le langage vulgaire du pays. Généralement parlant, le pays eft allez fertile. Il pro-. duit du grain, beaucoup de vin & de l'huile. Ses principaux

lieux font:

Trente, Nago, Madrutzo, Boveredo,
Toblino, Torbolé, Arco, Bolzano.

TRÉON, bourg de France, dans la Normandie, près de Dreux. M. le prince y campa en 1562, avant la bataille de Dreux.

TREPORT, bourg de France, dans la Normandie, au pays de Caux, avec un port de mer & une abbaye de l'ordre de S. Benoît, en latin Ulterior Portus, quoique le nouvel hiftorien du pays de Caux paroille mieux fondé à croire que c'eft Treiz Port du celtique Treiz, qui fignifie fable grevé. Ce bourg eft à fix lieues de Dieppe & d'Abbeville, à trois quarts de lieue au deffous de la ville d'Eu, & féparé de la Picardie & du diocèfe d'Amiens par le canal de la ri viere de Brefle, qui fe jette dans la mer en fortant du port de Treport. Le quai eft pavé, très-bien terraffé & revêtude bonnes pierres; & le canal d'entrée eft accompagné de deux longues jettées de bois; afin que les groffes barques puiffent aborder facilement. L'églife paroifliale de ce bourg eft dédiée à faint Jacques; elle eft fur le penchant de la côte, & très-bien bâtie, d'une moyenne grandeur, avec une tour fur le portail. Les cinq culs de lampes qui dépendent des traverses de la voûte de la nef, font très-grands & des plus beaux que l'on voye dans le diocèfe de Rouer. L'églife de l'abbaye confacrée à faint Michel, eft bâtie vers le plus haut de la côte, ainfi que la maifon des religieux. Le chœur eft grand, & un large corridor y regne tout autour; la croifée eft affez vafte, mais la nef a été détruite. Cette abbaye fut fondée en 1036, par Robert, comte d'Eu, & réformée en 1660, par les bénédictins de la congrégation de faint Maur. Ramerus & Drego en ont été les premiers abbés. Les habitans de Treport s'occupent fort à la pêche qui eft affez bonne à leur côte ; ils labourent auffi des terres & les filles travaillent à la dentelle. Ils vont à la ville d'Eu pour la juftice, mais ils ont un maire & deux échevins pour la police. La grande rue de ce bourg eft vafte & bien pavée; on y voit plufieurs hôtelleries, & il y a une douzaine de chaffemarées qui voiturent du poiffon à Paris; on y tient marché le mardi & le famedi, & une foire à la faint Michel. * Corn. Dict. fur des mémoires dreffés fur les lieux en

1702.

TREPSEDI, peuple de l'Afie mineure. Ce peuple ne sub. fiftoit plus du tems de Pline, 4. 5, c. 30, ni même du tems d'Eratosthène qu'il cite.

1. TREPTOW, en latin Treptovia, ville d'Allemagne, dans la Pomeranie, dont l'une eft appellée TREPTOW SUR LE REGA ou nouveau TREPTOW, & l'autre TREPTOW SUR LE LAC DE TOLL; les anciens les ont nommées TRIBETOW. La ville fituée fur la riviere Rega fut, avec le village Krechhaufen l'an 1289, entourée d'une muraille, après que le duc Boleslas IV l'eut achetée de l'abbé de Belbock, à qui

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elle appartenoit par libéralité des anciens ducs, & il lui ac corda les droits des villes d'Allemagne. On fait pourtant déja mention de cette ville dans la matricule de Pudglaw l'an 1175. Anaftafie, veuve de Boleflas II, y fonda un couvent de religieufes l'an 1223, appellé aujourd'hui cour de Cuifine. Les bourgeois peuvent trafiquer fur mer par le moyen de la riviere Rega. Il y a foire ici le jour de S. Pierre & S. Paul, & après le dimanche Efto mihi. Les Impériaux voulurent furprendre cette ville en 1630, & firent tous leurs efforts pendant la nuit pour en ouvrir par force deux portes, mais on leur fit fi bonne réfiftance, qu'ils furent coutraints de fe retirer. Proche de la ville on voit les ruines du monaftère de Belbock ou Bialbuck, qui veut dire Dieu. blanc, de l'ordre des prémontrés ; il avoit été richement fondé par Bogiflas I, & Cafimir 1, ducs de Poméranie. * Zeyler, Top. Pomer. p. 116.

2. TREPTOW, SUR LE LAC DE TOLL, dit auffi VIEUX TREPTOW, parce que c'eft une ville fort ancienne, eft fitué aux confins du duché de Meckelbourg. Elle étoit autrefois plus forte & mieux peuplée qu'aujourd'hui ; il y avoit auffi un monastère. Elle tient trois foires par an, & elle a de petites rivieres fort faines, dont la campagne eft arrofée. L'évêque Othon de Bamberg fit convertir par fes prêtres les habitans à la foi chrétienne. L'an 1468, les ducs de Meckelbourg affiégerent cette ville, & l'obligerent par le feu de fe rendre. Après avoir réduit la moitié de la ville en cendres, ils y mirent une garnifon de deux cents hommes; mais le duc Wartiflas qui s'étoit engagé de défendre les places de la Pomeranie antérieure, reprit la ville par firatagê. me; il avoir envoyé au-devant un chariot accommodé d'une façon qu'étant au milieu de la porte il fe rompit ; là-deffus les Pomeraniens qui étoient tout proche en embuscade, fortirent en foule, entrerent par force dans la ville, & fe rendirent maîtres de la garnifon de Meckelbourg. L'an 1631, les Impériaux en fortirent, ne trouvant pas à propos d'y attendre le roi de Suéde, qui s'empara de la ville fans peine.

TRERES. Voyez TRERUS.

TRERIENSES, peuples dont parle Pline, Z. 8, d'après Théophrafte. Quelques exemplaires lifent ETRERIENSES; mais le pere Hardouin aime mieux lire RHOETIENSES avec Alien, hift. anim. l. 11, c. 8, qui dit comme Pline, que ces peuples furent chaffés de leur ville par les Cloportes. Dans un endroit Elien écrit Po & dans un autre P'urus; cette derniere façon de lire eft la mauvaise, felon le pere Hardouin. Quoi qu'il en foit, elles appuyent toutes deux la correction qu'il a faite. Rhytium, felon Pline & Etienne le géographe, eft une ville de l'ifle de Créte, & RHOETIUM eft une ville de la Troade, au lieu que les Trerienfes & les ETRERIENSES font abfolument incon

nus.

TRERO, riviere d'Italie, dans la Campagne de Rome, en latin Trerus. Elle naît proche d'Agnani, & prenant fon cours vers l'orient méridional, elle mouille Montollaneco, Gavignano, Frosinone, Ceccano, Pofi, Ceperano, & dans cette courfe s'étant groffie des eaux de la riviere de Cola & de quelques autres, elle va fe rendre dans le Garigliano, à Ifoletta, aux confins de la terre de Labour. Magin ne nomme point cette riviere, il décrit feulement fon cours. * Magin, Carte de la Campagne de Rome. Baudrand,

Dict.

TRERON. Voyez TRARON.

TRERONES, peuples qui faifoient fouvent des courses à la droite du Pont-Euxin, dans les pays voifins, & jusques dans la Paphlagonie & dans la Phrygie. Ces peuples, dit Strabon, l. 1, p. 61, étoient les mêmes que les Cimmériens, ou du moins quelque peuple d'entr'eux.

1. TREKUS, petite contrée de la Thrace, felon Etienne le géographe, qui nomme fes habitans TRERES. Ces peu ples, felon Pline, l. 4, c. 10, habitoient aux environs de la Dardanie, de la Macédoine & de la Piérie. Thucydide, 1. 2, p. 166, les met fur le mont Scomius, appellé Ścopius par Pline, l. 4, c. 10, & qui tient au mont Rhodope. Strabon, l. 1, p. 61, & l. 14, p. 647, dit qu'ils étoient Cimmétiens d'origine, que comme ceux-ci ils firent des courfes dans divers pays, & que la fortune les favorifa pendant long-tems.

2. TRERUS, fleuve d'Italie, dans le Latium. Strabon, 1. §, p. 237, dit que ce fleuve mouilloit la ville de Fabra feria qui étoit fur la voie Latine.

1.TRES-TABERNÆ. Voyez TABERNA.

2. TRES-TABERNÆ ou TABERNA, ville d'Italie, dans le Brutium, aujourd'hui dans la Calabre ultérieure, au vicariat romain, fur le Simari. C'étoit, felon l'abbé de Commainville, une ville épiscopale, dont le fiége fut transféré à Catanzaro l'an 1122.

fent

3. TRES-TABERNÆ, lieu d'Italie, dans la Campagne de Rome, & où l'hiftoire Miscellanée, & Zozime, l. 2, dique l'empereur Sévére fut tué par Maxence. Ciceron lib. 2, Attic. ep. 10, qui parle de ce lieu, fait entendre qu'il n'étoit pas éloigné de la voie Appienne, & un peu plus loin que le marché d'Appius. Les chrétiens qui étoient à Rome allerent au-devant de faint Paul jusqu'au lieu nommé LES TROIS LOGES (Tres Taberna.) L'itinéraire d'Antonin marque ce lieu fur la route de Rome à la Colomne, en fuivant la voie Appienne, entre Aricia & Appii Forum, à dixfept milles du premier de ces lieux, & à dix-huit milles du fecond. Le nom moderne eft CISTERNA. Voyez ce mot. * Act. 28, 15.

Langlet du Fresnoy s'eft trompé en disant que c'est Cifterna; mais Holltenius dit Trillm Tabernarum vestigia haud procul inde in ipfà viâ appiâ conspiciuntur, & cela elt vrai, dit D. Matheo Egitio, lettre à cet abbé.

Cette ville a été épiscopale. L'évêché fut transféré à Veletri, & de Veletri à Oftie. On trouve Decius Triumtaber. nenfis parmi les fouscriptions du concile tenu à Rome l'an 487. Hardouin, Collect. conc. t. 2, p. 877.

*

4. TRES-TABERNÆ, lieu de la Macédoine. L'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Dyrrachium, à Byzance, entre Scampis & Lychnidum, à vingt-huit milles du premier de ces lieux, & à vingt-fept milles du fe

cond.

TRES-TURRES. Voyez TRIPYRGA.

TRESEN, felon Corneille, & TROSA, felon de l'Ifle bourg de Suéde, dans la Sudermanie, avec un port fur la côte de la mer Baltique, à dix lieues de Stockholm vers l'orient méridional, & à quatre ou cinq lieues de Nykoping, vers le nord oriental.

TRESMES, duché-prairie de France, dans la Brie, du diocèle & de l'élection de Meaux. C'étoit ci-devant un comté qui a été érigé en duché-prairie fous le nom de Gesvres, en faveur de René Potier, comte de Tresmes en 1663.

TRESNEL, bourg & marquifat de France, dans la Champagne, diocèle & élection de Sens. Cette terre appartient au marquis du même nom, de la maifon de Harville. Elle vaut quatre mille cinq cents livres de rente, releve du roi à caufe de la groffe tour de Troyes, & a de très-belles mouvances. Le feigneur a la nomination de fix canonicats qui compofent un petit chapitre dans ce lieu.

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TRESOR, (Le) abbaye de France, dans le Vexin Normand, au diocèfe de Rouen. Cette abbaye, qui eft de l'ordre de câteaux, & bâtie pour des filles, eft fituée fur la roiffe de Bus, à deux lieues de Saint-Clair fur Epte & de Vernon, près de Baudemont. L'église de l'abbaye est allez grande, & les bâtimens des religieufes font fort commodes. Le tout eft fermé d'un enclos très-vafte & bien planté au pied d'une côte, à quelque distance des maifons de la pa roiffe de Bus, dont l'églife, conftruite près du château ou maifon feigneuriale, flanquée de quatre bonnes tours aux quatre angles, porte le titre de Notre-Dame. M. Chaftelain, chanoine de Paris, obferva en y paffant l'an 1685 que ces religieufes étoient alors les feules qui n'euffent pas encore ceflé de chanter tout à notes, même les ténébres fériales, & que ce n'étoit que depuis 1683, qu'elles avoient ceffé de dire ténébres à cinq heures du matin. Le nouvel hiftorien du Vexin dit que cette abbaye eft de la filiation de Clairvaux, & de la dépendance des Vaux-de-Cernay ; il met la fondation en 1228, fous le titre de Notre-Dame, par Raoul du Bu, fur fon fief du Bu dans la vallée de Chantepie. Les religieufes furent tirées de l'abbaye d'Espagne près d'Abbeville. Maurice, archevêque de Rouen, fit la dédicace de l'églife en 1232. Saint Louis en eft le prin cipal bienfaiteur. * Corneille; Dict. fur mémoires manuscrits.

TRESPORTAS, lieu de France, dans la Marche, du diocèfe de Limoges, fous l'élection de Gueret. Les terres y font affez fertiles en feigle & bled noire, aveines & raves; les pâcages & les foins font affez bons. Il s'y fait un comTome V QOooooij

merce de beftiaux dans les foires du Limoufin; il y a quelques menus fruits.

TRETA, ville de l'ifle de Cypre. Strabon, l. 14, p. 683, la place entre Boofura & le promontoire, d'où l'on précipitoit ceux qui avoient touché l'autel d'Apoldon.

TRETE, isle de la mer Rouge, fur la côte de l'Arabie, felon Prolomée, l. 6, c. 7. Ses interprétes au lieu de TRETE, lifent TRITE.

TRETHYMIROW, petite ville de Pologne, dans l'Ukraine, au palatinat de Kiovie, fur la rive droite du Boryf théne, dix ou douze lieues au-deffous de Kiovie. Etienne Battori, roi de Pologne, donna cette ville aux Colaques être leur place d'armes, le fiége de leur confeil de guerre & la réfidence de leur général. Elle leur fut enfuite otée par les Polonois, & après de longues guerres, les Colaques en font enfin demeurés les maîtres. De l'Ifle,

pour

Atlas.

*

1. TRETUM, promontoire de l'Afrique propre. Ptolomée, l. 4, c. 3, le marque fur la côte du golfe de Numidie, entre Ruficcada & Uzicath. Strabon, l. 17, p. 830, qui nomme ce promontoire TRITUM, dit qu'il étoit à fix mille ftades de celui de Metagonium. Le nom moderne eft Cabo Ferrato, felon Caftald, & Brucramel, felon Mer

cator.

2. TRETUM, lieu du Péloponnéfe, dans l'Argolide. Paufanias, l. 2, c. 15, dit que l'un des chemins qui conduit de Cléone à Argos, paffe à TRETUM, & que quoique étroit & ferré dans les montagnes, il étoit néanmoins le plus facile pour les voitures. C'eft dans ces montagnes que l'on montroit la caverne du Lion Neméen, & delà à la ville de Nemée il n'y avoit pas plus de quinze ftades.

3. TRETUM ou TRITUM, lieu de Syrie, aux environs de Daphné, l'un des fauxbourgs de la ville d'Antioche. Ce lieu, dit Procope, Perfic. l. 2, c. 11, eft tout plein de rochers, & on y avoit bâti l'églife de faint Michel, felon le deffein qu'Evaride en avoit donné. Après la prife & la ruine d'Antioche, par Cosroez, un cavalier de Perfe, fort eftimé dans l'armée, & qui avoit l'honneur d'être connu du roi, étant allé avec quelques-uns de fes compagnons à Trite, & y ayant apperçu un jeune homme d'Antioche qui étoit feul à pied, & qui fe cachoit, il fe fépara de fes compagnons pour le pourfuivre. Ce jeune homme, qui étoit un boucher nommé Aimaque, fe voyant à la veille d'être pris, fe retourna & jetta au foldat une pierre de telle roideur, que T'ayant frappé au vifage, il en tomba par terre. Aimaque courut aufli tôt à lui, & comme il n'avoit point d'armes, il fe fervit de fon poignard pour le tuer; il prit enfuite fon argent, fes armes & fes habits, monta fur fon cheval, & foit par un bonheur extraordinaire, foit par la connoiffance qu'il avoit du pays, il s'enfuit fans que l'on pût favoir ce qu'il étoit devenu. Cofroez conçut un tel dépit de la mort de ce foldat, qu'il commanda aux gens de fa fuite de mettre le feu à l'églife de faint Michel, & ils le mirent, non-feulement à l'églife, mais encore aux maifons d'alen

tour.

TRETUS, port de l'Arabie heureufe. Prolomée, 1.6, c. 7, le marque dans le pays des Adramites, entre le village Embolum & la ville Thialemath.

C.

1. TREVA, ville que Ptolomée, l. 2, c. 11, marque dans le climat le plus feptentrional de la Germanie. Molet veut que ce foit Hambourg, & Cluvier, Geogr. antiq. 1. 3, c. 27, conclud pour Lubec. Ce dernier a railon.

2.

en-deçà du Rhin, la capirale de l'archevêché de même nom, fur la Mofelle, à treize lieues de Metz & à dixfept de Mayence & de Cologne, au 49d 25' de latitude, & au 24d 10' de longitude.

Si l'on en croit les anciennes traditions du pays, rapportées par Zeyler, Topogr. archiep. Trevir. p. 2, Treves eft la plus ancienne ville du monde, & fondée douze cents cinquante ans avant Rome, la feizième année de l'âge d'Abraham, &c. tems auquel il n'eft pas bien sûr que cette partie de l'Europe eut des habitans. Guillaume Kyriander, fyndic de cette ville, en a compofé l'histoire, qu'il commence à l'an du monde 1966, & conduit jusqu'à fon tems. Mais les fables que Zeyler & lui débitent, ne font pas plus dignes de foi, pour les trouver dans plufieurs auteurs, qui ne méritent, à cet égard, aucune créance.

Treves, anciennement connue fous les noms de NoVIOMAGUS & CIVITAS TREVIRORUM, fut appellée enfuite AUGUSTA TREVIRORUM, & enfin TREVIRI, du nom des peuples dont elle étoit la capitale. (Voyez TREVIRI.) C'étoit une ville très-célébre dans la Gaule Belgique lorsque Céfar y vint. Elle prit le nom d'Augufta Trevirorum, & le titre de colonie, lorsqu'Augufte, vraifemblablement au voyage qu'il fit dans les Gaules, l'érigea en métropole de la premiere Belgique, & qu'il y établit une colonie de foldats vétérans. Une médaille de Vespafien porte: COL. AUG. PAT. TREVIRORUM, c'està-dire, colonia Augufta paterna Trevirorum. Cette colonie eft dite Paterna, vraisemblablement par allufion au titre de Pater Patria que l'on avoit donné à Augufte. Tacite fait fouvent mention de cette ville; & Ammien Marcellin l'appelle une feconde Rome, à caufe de fon autorité dans les Gaules, de fa puiffance, & de la magnificence de fes bâtimens; & pour avoir été la plus grande ville en deçà des Alpes, & la réfidence de plufieurs empereurs. C'est pour cette derniere raifon qu'on voit dans Aufone: Trevericaque urbis folium. Il dit dans le même endroit que Treves, Imperii vires alit, veftit & armat, nourrit les forces de l'Empire, les habille & les arme. C'est qu'il y avoit à Treves des greniers de bled, pour la nourriture des troupes; que c'étoit une des huit villes des Gaules où l'on fabriquoit des boucliers, fous l'inspection du maître des offices; & qu'il y avoit une manufacture d'étoffes, qui fervoient à l'habillement des foldats. Elle étoit auffi la réfidence d'un des quatre tréforiers des Gaules, fubordonnés au comte des facrées largeffes ; & d'un des trois commiffaires chargés de la direction des mon. noies dans les Gaules. Cette ville avoit auffi un sénat, dont les membres le trouvent appellés decuriones, curiales, nobiles, fenatores; & leurs femmes fenatrices. Elle étoit célébre d'ailleurs par fes écoles, dont la réputation s'eft foutenue jusqu'au feptiéme fiécle.

On y voit plufieurs beaux reftes d'antiquité, échappés au dernier fac qu'elle a fouffert des Normands, au neuviéme fiécle, comme la Porte-blanche, ou Albe porte, proche de laquelle a été l'ancien château appellé Arx alba; le beau pont fur la Mofelle, avec des pilliers & des colonnes très-antiques; deux tours fort élevées d'une fructure admirable, proche l'églife de fainte Barbe; le refte d'un amphithéâtre près de la Porte-blanche, nommé communément Catholdi folium. C'eft où Conftantin le Grand fit expofer aux bêtes les rois Ascurick & Régaife. Il y avoit anciennement un cirque qui, fuivant Eumenius, ne le cédoit point à celui de Rome. Quoiqu'elle ne foit plus fi fameufe qu'elle l'étoit, lorsque cinq des principales villes fituées fur le Rhin, avec les pays adjacens, lui étoient foumifes, elle tient pourtant encore fon rang parmi les villes célébres & bien peuplées; à quoi la fertilité de fon terrein, fon vignoble, & fes rivieres contribuent beaucoup. Sa fituation eft belle; elle eft au bord de la Mofelle, entre deux montagnes, dont celle du côté d'orient eft appellée montagne de Mars ; & le bourg qui est au deffous a le même nom. L'autre montagne, qui est à l'occident, s'appelle la montagne d'Apollon. La petite riviere Olebia, ou Weberbach, paffe au milieu de la ville, dont la figure eft presque carrée. Elle s'étend néanmoins un peu plus du côté de la Molelle que du côté de la campagne. Elle est toute entourée d'une muraille fort haute. Son églife cathédrale, ou de faint Pierre, eft bâtie fur une hauteur. C'est un bâtiment vafte & fort; & les pierres 1. TREVES, en allemand TRIER, ville d'Allemagne, en font fi prodigieufement grandes, que le peuple croit

TREVA, ville d'Italie, dans la Flaminie; elle étoit arrofée par le fleuve Clytumnus, felon la remarque d'un ancien gloffaire de Juvénal ; & dont voici les paroles: Clytumnus fluvius, qui Trevis civitatem Flaminia interluit.

3,

TREVENTINATES, peuples d'Italie, que Pline, 1. . 12, place dans la quatrième région. Leur ville eft nommée Tereventum par Frontin, p. 89, qui lui donne le titre de colonic. Quelques manuscrits de ce dernier portent Terebentum ou Treventum. C'eft aujourd'hui Trivento, fur le Trigno, dans le comté de Molifle.

TREVER,
TREVERI,

TREVERICA (Urbs)

Treves. Voyez ces mots,
TREVIRI & AUGUSTA
TREVIRORUM.

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que

c'eft le diable qui les a mifes en œuvres. Le cha-
pitre de cette églife eft compofé de feize chanoines capi-
tulaires & de vingt-quatre domiciliés. Il y a dix dignités;
favoir, le prévôt, le doyen, le tréforier, le chantre,
l'écolâtre, le grand-archidiacre, & les archidiacres de Die-
trich, de Cardone, de Longuion & de Tholey. Les cinq
premieres font électives, & les cinq autres à la nomina
tion de l'archevêque. Le chapitre se maintient inviolable-
ment dans la coutume de n'admettre dans fon corps aucun
prince, ni même aucun compte. Outre la cathédrale, il
y a dans Treves deux églifes collégiales ; celle de Notre-
Dame, & celle de faint Siméon: cinq paroiffes, & l'ab-
baye de faint Martin, dont la bibliotheque eft très-an-
cienne. On y conferve une vie manuscrite de faint Mar-
tin, que l'on croit presque de fon tems. Il y a auffi, dans
cette ville, plufieurs autres maifons religieufes de l'un &
de l'autre fexe. Le monaftère de filles de fainte Marie
aux Greniers, ad horrea, a été fait des greniers où l'on
amaffoit autrefois le bled pour la provifion des troupes.
Les jéfuites ont dans Treves un college, & les ordres
Teutonique & de Malte chacun une maifon, avec une
églife. Hors de la ville, mais tout auprès, il y a en-
core quatre paroiffes; la belle églife collégiale de faint
Paulin, deux couvents de religieufes, la grande chartreu-
fe, & trois abbayes principales, de faint Matthias, de
fainte Marie aux Martyrs, laquelle étoit autrefois le capi-
tole, & de faint Maximin. Cette derniere eft fort célébre
& fort riche. C'eft une fondation, felon Kyriander, de
Conftantin le Grand, & de fa mere Helene. Le monas-
tère ayant été ruiné, par le feu qui y prit, ceux de Treves
n'ont pas voulu permettre qu'on le rebâtit, de crainte
que dans un fiége les ennemis ne s'en puffent prévaloir.
Les archevêques de Treves, ayant eu plufieurs démêlés
avec les abbés, ont à la fin obtenu du pape cette abbaye
en titre de commende, fine onere. Les abbés avoient des
prérogatives particulieres. Ils dépendoient, uniquement
pour le fpirituel, du pape ; & pour le temporel de l'em-
pereur. Ils étoient les doyens des fept premieres églifes
de l'archevêché de Treves, & les archi-aumôniers de
l'impératrice. Saint Athanafe doit avoir été caché pen
dant huit ans dans cette abbaye, & y avoir écrit fon
fymbole. Plufieurs martyrs & plufieurs faints évêques ont
été enterrés dans l'églife, ainfi qu'une fœur de Charle-
magne, laquelle avoit donné à cette mailon les quatre
évangiles écrits en lettres d'or. On prétend que le chris-
tianisme s'établit à Treves dès le premier fiècle; & que
faint Euchaire, l'un des vingt-fept disciples, y fut envoyé
de Rome, par faint Pierre, avec faint Valere & faint
Materne, qui furent évêques fucceffivement après lui:
mais cette chronologie n'eft pas fort exacte. Saint Mater
ne, qui conftamment fut le troifiéme évêque de Tre-
ves, fe démit, au commencement du quatrième fiécle,
de fon évêché, pour aller prêcher la foi aux peuples de
Cologne & de Tongres. On trouve dans l'hiftoire ecclé-
fiaftique de Treves, jusqu'à la fin du dixiéme fiécle, une
foule d'évêques, recommandables par la fainteté de leurs
mœurs, par leur zéle vraiment apoftolique, ou par
l'étendue & la pureté de leur doctrine. Comme la ville
de Treves étoit une métropole dans l'Empire, fon évêque
fut néceflairement métropolitain, & fe qualifia de droit
archevêque, lorsque ce titre fut en ufage. Il n'eut pas
befoin, pour établir les prérogatives de fon fiége, des
faufles bulles de quelques papes, citées par les hiftoriens
de Treves. Quant au titre de primat des Gaules & de
Germanie, que prend cet archevêque, il le portoit dès
le neuviéme fiécle: mais il eft ridicule de prétendre qu'il
le tenoit du pape faint Silveftre, contemporain de Cons-
tantin le Grand. Les papes ont commencé beaucoup plus
tard à conferer de pareils titres. Jean XIII confirma, aux
archevêques de Treves, celui dont il s'agit, par une bulle
du 11 de février 969, par laquelle il régloit que l'arche
vêque auroit rang immédiatement après le légat du pa-
pe: que quand il n'y auroit point de légat en Germanie,
il marcheroit immédiatement après le roi, ou l'empereur,
comme difent les Allemands, & qu'il auroit le droit de
convoquer les conciles, & d'y préfider comme vicaire
du faint fiége; mais il faut obferver que cela ne pouvoit
avoir lieu que dans la partie de l'ancienne Belgique, qui
faifoit partie du royaume de Germanie. L'archevêque
de Mayence étoit, comme il l'eft encore, primat de toute

*

l'Allemagne. Had. Valois, Notit. Gall. p. 58. Zeyler,
Topogr. archiep. Trevir. Kyriander, Hift. Trevir.
l'Empire. Il est borné par celui de Cologne au fepten-
trion, par la Wetteravie à l'orient, par le palatinat du
Rhin & par la Lorraine au midi; & par le Luxembourg
à l'occident. Pepin, Charlemagne & Louis le Débonnaire
ayant enrichi confidérablement l'églife de Treves, les ar-
chevêques commencerent fous le régne d'Otton II, vers
l'an 975, à le gouverner en princes fouverains, & vers ce
tems-là les chanoines, las de vivre régulierement & en
commun, partagerent les biens du chapitre en prébendes,
& vécurent dans des maifons féparées. Henri II fit dona-
tion de Coblentz à l'archevêque Adelbert de Franconie,
l'an 1018. Hillin, qui fuccéda à Adelbert, incorpora au
domaine de Treves le château de Naffau, avec une étendue
de dix milles de pays le long de la riviere de Lohn, &
donna en échange la feigneurie de Partentheim à l'évêque
de Worms. Il acheta les bourgs de Billich & de Broch des
feigneurs Thierri & Fredelon, & acquit le château de
Scheur, près de Witlich de Matthieu, duc de Lorraine.
Baudouin de Luxembourg, frere de l'empereur Henri VII,
rendit feudataire de fon église Ulrich landgrave de Leuch-
tenberg, l'an 1316, pour la fomme de mille livres, &
les feigneurs de Sternberg, de Wellenstein, près de Creutz-
nach & de Nevenbourg. L'empereur Henri VII lui donna
en engagement les villes de Boppart & d'Oberwefel, dont
il acquit enfuite la propriété. Eloi, feigneur de Dhaun,
lui vendit l'advocatie de Crewen. Il acheta Kilpalatz, Dal-
heim & Weltzbilich, des feigneurs de Spielberg; S. Ven-
del de Jean, feigneur de Sarbruck, & une partie de la fei-
gneurie de Limbourg de Jean, feigneur de Limbourg,
pour la fomme de vingt-fept mille florins. Jean, roi de
Bohéme, fon neveu, lui céda les droits de féodalité fur
les palatins de Simmeren; & le comte de Henneberg fe
foumit à un cens annuel, moyennant foixante-un marcs
d'argent. Boemond, comte de Sarbruck, qui fuccéda à
Baudouin, mit au nombre de fes vaffaux les comtes de
Hanau, de Manderscheid, d'Ifenbourg & de Bancken-
heim, auffi-bien que les Rheingraves; & il obtint de l'em-
pereur Charles IV, que ceux qui avoient été jusqu'alors
vaffaux de l'empereur & des archevêques de Tréves, ne le
feroient dorénavant que de ceux ci. Cunon de Virnenberg
acheta des comtes Cunon & Gerlac, fes freres, la moitié
du château & de la feigneurie de Beilstein. Jacques d'Elz
acquit en 1578, l'adminiftration de l'abbaye de Prum,
dont il transmit le droit perpétuel à fes fucceffeurs, & fou
mit deux ans après fous fon obéiffance la ville de Treves,
qui prétendoit être libre & impériale ; & Philippe Chris-
tophle de Soteren réunit à fon domaine l'abbaye de faint
Maximin, dont les moines foutenoient qu'elle relevoit im-
médiatement de l'empire. * D'Audifred, Géogr, anc. &
mod. t. 3, p. 229 & fuiv.

L'ARCHEVÊCHÉ DE TREVES eft un des électorats de

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L'étendue de l'archevêché de Treves n'est pas fort grande; mais le pays eft extrêmement fertile, fur-tout en vins. La Mofelle le coupe en deux parties: la feptentrionale confine avec le haut diocèfe de Cologne & le pays d'Eyffel; elle eft beaucoup plus agréable & mieux peuplée que la méridionale, qui eft du côté de la Lorraine & du Palatinat, où il n'y a presque que des bois. Il eft compofé de vingt-cinq bailliages, qui font, 1°. Treves, 2°. Sarbourg, 3°. Veltzbilich, 4°. Saint-Vendel, 5°. Grimbourg, 6°. Kilbourg, 7°. Witlich, 8°. Baldenaw, 9°. Schonecken, 10°. Dhaun, 11°. Ulmen, 12°. Berncaftel, 13°. Honftein, 14". Zell, 15o. Cocheim, 16°. Munster - Eyfeld, 17°. Hillesheim 18. Meyen, 19°. Coblentz, 20°. Boppart, 21°. Ober Wefel, 22°. Monthabor, 23°. Limpourg, 24°. Weitheim, 25°. Herpasch.

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Les empereurs de la maifon de Saxe, foumirent la ville de Treves aux archevêques ; & les empereurs de la maison de Franconie, l'affranchirent de la domination de ces prélats, qui s'y oppoferent, & ne laifferent pas de reprendre quelquefois leur autorité, felon que les diverfes factions de la ville leur étoient favorables. Ce différend donna lieu à de grandes conteftations entr'eux & les habitans. Les archevêques prétendoient que cette ville leur devoit le ferment de fidélité, que la jurisdiction leur appartenoit, &. que c'éroient à eux d'établir les magiftrats, de mettre les impofitions, de garder les clefs des portes, & de rendre la juftice criminelle. Ceux de Tréves oppofoient à ces Ooooo iij

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