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prétentions les conceffions des empereurs de la maifon de Franconie, confirmées par ceux de la maifon de Suabe. Erfin, l'électeur Jacques d'Elz voyant qu'il n'y avoit pas de meilleur moyen pour la réduire que la force, l'affiégea en 569, & l'auroit emportée, fi l'empereur Maximilien II & les électeurs ne fe fullent entremis de l'accommodement. Il fut arrêté que l'archevêque leveroit le fiége; qu'il entreroit dans la ville avec quelques troupes; qu'on y logeroit l'état-major & fa garde, & qu'à l'égard du fond du diffé rend, il s'en remettroit à leur jugement. L'empereur Rodolphe II prononça là deffus en 1580, & déclara la ville déchue de fes priviléges; & depuis ce tems-là les électeurs en ont été les maîtres. L'électeur de Treves poffède encore quelques autres villes, comme Coblentz, Boppart, Oberwefel, Cocheim & Witlich. Comme archevêque, il a pour fuffragans les évêques de Metz, de Toul & de Ver. dun ; & comme électeur, il prend la qualité d'archi-chancelier de l'Empire pour les Gaules; mais cette dignité n'eft qu'un titre imaginaire, inventé par les Allemands, pour marquer la prétendue dépendance du royaume d'Arles à l'égard de l'Empire. L'électeur de Treves donne le premier fon fuffrage à l'élection de l'empereur. Il a féance vis-à vis de lui dans les affemblées, & il alterne pour la feconde place avec l'électeur de Cologne dans le collége électoral. Il jouit de plufieurs beaux priviléges, il peut réunir à fon domaine les fiefs impériaux, fitués dans fes états, faute d'hommage rendu dans le tems porté par les conftitutions impériales; il peut ufer du même droit que l'empereur & l'Empire à l'égard des fiefs qui relevent de lui, & qui fe trouvent vacans faute d'hoirs mâles, à moins que les héritiers ne produifent un privilége qui déroge à ce droit ; il met au ban ceux qu'il a excommuniés, s'ils ne fe reconcilient dans l'année ; & cette proscription a autant de force que fi elle étoit faite par les électeurs de l'Empire; il a dans la ville de Treves la garde-noble de tous les mineurs. On peut appeller de fa juftice à la chambre impériale, parce que l'électeur Charles Gaspar de la Leyen ne fit pas confirmer, par l'empereur, le droit qu'ont les électeurs, d'empêcher qu'on ne puiffe appeller de leur juftice. * Had. Valois, Notit. Gall. p. 58. Zeyler, Topogr. archiep. Trevir. Kyriander, Hiftor. Trevir. Mercenius, Epit. ann. Trevir. Baillet, Topogr. des faints, p. 503.

2. TREVES, petite ville de France, dans l'Anjou, élection de Saumur, avec titre de baronnie & château. Foulque Nerra fit bâtir ce château en un lieu qui s'appelloit pour lors Clementiné, & ce comte lui donna le nom de Tréves, ou parce que la tréve qu'il venoit de conclure avec Gédouin de Saumur, avoit été faite en ce lieu-là, ou parce qu'il avoit été bâti pendant cette tréve. Cette ville eft fur la Loire, & à main gauche de cette riviere; on y voit le tombeau de Robert le Maçon, autrement Robertus Latomus, qui fut maître des requêtes, & enfuite chancelier de France, & qui étoit feigneur de cette ville, l'ayant acheté par décret le 31 août de l'an 1417, fur Jacques de Montberon. Ce chancelier mourut l'an 1442. Tréves appartient aujourd'hui à M. le duc de Bourbon, & c'est une des plus petites villes d'Anjou. Il s'y tient quatre foires par par an, où l'on fait un affez grand commerce de porcs, de pruneaux & d'aveine. * Piganiol, Descrip. de la France, 8. 7, p. 120.

3. TREVES & CUNAULT, bourg de France, dans l'Anjou, élection d'Angers.

que

1. TREVI, bourg d'Italie, dans l'état de l'Eglife, au duché de Spolete, près du Clitumno à la droite, environ à cinq milles au midi oriental de Fuligno. On croit c'eft la ville Trebia des anciens. * Voyez MUTUSCA. Cette ville étoit épiscopale dans le cinquiéme fiécle. Elle ne l'eft plus. Magin, Carte du duché de Spolete.

*

2. TREVI, en latin Treba, ville d'Italie, dans la Campagne de Rome, de Rome, à la fource du Téverone. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un village. Il y eut autrefois dans ce lieu un évêché érigé par Pascal II, vers l'an 1000. Il a été uni à Anagni par Alexandre IV, vers l'an 1260.* Commainville, Table des évêchés.

TREVICO, petite ville d'Italie au royaume de Naples, dans la Principauté ultérieure, en latin Trevicum ou Vicus. Il y a dans cette ville un évêché fuffragant de Bénévent. Le pere Hardouin fait mention d'un nommé Benedictus, évêque de cette ville l'an 964. * Hardouin, Collect. conc. t. 6, p. 632.

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TREVIDON, lieu de la Gaule, au voifinage du pays des peuples Ruteni, felon Sidonius Apollinaris, in Propentice ad Libel. verf. 32.

Ibis Trevidon, & calumniofis

Vicinum nimis heu jugum Rutenis.

TREVIERES, bourg de France, dans la Normandie, au pays du Beffin, fous le diocèfe & élection de Bayeux, fur la rive gauche de l'Aure. On eftime le veau & le beurre de Trevieres: il y a haute juftice. Cette terre a été érigée en comté, en faveur de M. le président de Pellot. Il s'y tient de gros marchés.

TREVIGNO, ville d'Espagne, dans la Biscaye & dans la petite province d'Alava. Elle eft fituée fur une colline proche de la riviere Ayuda, & eft entourée de fortes murailles avec une citadelle. Il y a une fontaine renommée pour être miraculeufement fortie à l'endroit où le cheval de S. Firmin frapa du pied, lorsque les habitans avoient grande difette d'eau. Il y a trois paroiffes. Sa fondation est attribuée à don Lopes Lainez; enfuite Sanche VIII, roi de Navarre, l'agrandit & y bâtit la forteretle l'an 1194. Elle eft chef-lieu d'un comté que Jean II, roi de Caftille, donna à don Diégue Gomez Manrique, grand fénéchal de Léon. Ce comté eft paffé dans la maifon des ducs de Nagéra. Le terrein abonde en bled, fruits & verdures. * Rodr. Mend. Silv. Pobl. gen. de España, p. 242.

TREVIRI ou TREVERI, peuples de la Germanie, endeça du Rhin. Ces peuples avoient habité d'abord audelà du Rhin: mais on ne fait pas quel nom ils y portoient, ni dans quel canton ils habitoient. TREVIRI, nom qui ne fe trouve nulle part dans la Germanie, doit être un nom de ligue. Tacite, Germ. 1, c. 28, en parlant de ces peuples & des Nervii, dit qu'ils avoient l'ambition d'affecter une origine germanique, comme fi la gloire de cette origine les faifoit différer de la figure & de l'humeur fainéante des Gaules. Céfar, Cicéron, Ptolomée & les poëtes difent TREVIRI; & presque tous les autres auteurs écrivent TREVERI. Cependant l'itinéraire d'Antonin porte TRIVERI, & la notice de l'Empire TRIBERI. Depuis qu'ils furent en-deça du Rhin, on les confidéra comme Belges. Pomponius Méla, l. 2, c. 2, leur donne la gloire d'en être le peuple le plus célébre. Céfar, de bell. Gall. L. 5, c. 3, dir que leur cavalerie étoit infiniment fupérieure à celle des Gaules, & qu'ils avoient une infanterie nombreuse. Selon Hirtius, L. 8, c. 25, le voisinage de la Germanie leur donnant occafion d'avoir continuellement les armes à la main, ils ne différoient guères des Germains, ni pour les mœurs, ni pour la férocité. Ces mœurs les diftinguerent des Gaulois, & les maintinrent libres depuis le tems de JuleCélar, jusqu'à celui de Vespafien. Durant cet intervalle ils furent feulement alliés & amis des Romains; mais ayant pris part à la révolte de Civilis, Vespafien les en punit par la perte de leur liberté. Ils furent depuis fujets de l'empire romain jusqu'à fa chute; qu'ils fe liguerent avec les François. (a) Spener, Not. Germ. ant. 1. 6, c. 5. (b) Tacit. Hift. I. 4, c. 66.

Du côté du couchant & du côté du midi, la Meufe féparoit les RHEMI & les NERVII des TREVIRI, comme nous l'apprennent Céfar, Ptolomée & tous les autres auteurs. Du côté du midi, les TREVIRI confinoient aux MEDIOMATRICI, de façon néanmoins qu'il n'eft pas poflible de marquer les bornes précifes des deux peuples, non plus que celles qui les féparoient des VANGIONES & des TRIBOCCI. Du côté de l'orient & du côté du feptentrion, les limites des Treviri paroiffent avoir changé en différens tems. Lorsque Céfar, 1. 6, c. 32, faifoit la guerre dans les Gaules, les SEGNI, les CONDRUSI, les Carafii & les Pamani habitoient au nord des Treviri, de qui ils dépendoient, & leurs pays à caufe de cela fe trouvent fouvent compris dans celui des TREVIRI. Quant aux bornes du côté de l'orient, le Rhin leur en fervoir, du moins en partie; car, felon Céfar, 4.4, c.6 & 10, & les auteurs de fon tems, les TREVIRI habitoient fur ce fleuve; mais on ignore quel espace du rivage ils occupoient, & celui qu'ils conferverent dans la fuite, lorsqu'Agrippa du tems d'Augufte, transporta les Ubiens dans la Gaule, & les plaça dans le pays des SEGNI & des CONDRUSI, qui faifoit partie de celui des TREVIRI. La fituation des peuples fe trouva alors changée. Les TREVIRI curent au feptentrion

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les Ubiens & les Tungres; les premiers en tirant vers l'orient & les derniers vers le couchant. Malgré ces changemens, il paroît fûr que les TREVIRI demeurerent toujours fur le Rhin. En effet, Suétone, in Caligula, en parlant du lieu de la naiffance de Caligula, dit que Pline le naturalifte vouloit que cet empereur fut né dans le village d'Ambitarinum, au pays des Treviri, au-deffus du confluent de la Mofelle & du Rhin, & qui devoit être par conféquent près de ce fleuve. Il peut le faire que les Ubiens occuperent le long du Rhin la partie du pays des Treviri, où avoient demeuré les Segni & les Condrufi, mais la partie fupérieure demeura toujours à les anciens poffeffeurs. Il n'eft pas plus poffible de démontrer en quoi confiftoir cet espace du rivage fupérieur, que de dire jusqu'où s'étendoit auparavant le pays entier des Treviri le long du Rhin. Il y a néanmoins quelque apparence, qu'après l'établissement des Ubiens, fur la rive gauche de ce fleuve, le pays des TREVIRI s'étendît encore depuis le confluent de l'Abrinca, jusqu'à celui de la Nave: du moins eft-il certain qu'on ne connoît point d'autre peuple, à qui on puisse attribuer cette étendue de pays. Voyez TREVES & AUGUSTA TREVIRORUM, TREVIRIS, Treves, ce mot & AUGUSTA

TREVIRORUM.

TREVISO, TREVISI OU TREVISIO (2) ville d'Italie, dans la feigneurie de Venife, au Trévisfan, dont elle eft la capitale, en latin Tarvifium ou Tarvefium. Cette ville, fituée fur la petite riviere de Sile, à quinze milles au fudouest d'Oderzo, à dix-huit milles au nord oueft de Venife, à vingt milles au nord-est de Padoue, & à vingt-cinq milles à l'eft de Balfano, eft ancienne, & fe vante même d'avoir pour fondateur Ofiris, troifiéme roi des Argiens, qu'on dit avoir regné dix ans en Italie. Ce prince ayant hérité du royaume d'Egypte après la mort de Denis qui l'avoit adop. té, alla en prendre poffeffion & ne revint plus en Italie. Cet Ofiris étant mort, les Egyptiens l'adorerent comme un dieu fous la figure d'un boeuf ou d'un taureau, qu'ils appellerent Apis ou Serapis. Du mot Taurus on fir TAURISIUM & par corruption TARVISIUM ON TREVISIUM. Voilà la tradition, ou, fi l'on veut, la fable; car fuppofé que Trevifo ait été bâtie par Oliris, a-t-il pu lui donner un nom qu'il n'a eu lui même qu'après la mort ? Voici quelque chofe de plus raifonnable. Trevifo eft une ville ancienne, dont on ne connoît point l'origine. Elle fut fous la puiffance des Goths, (b) puisqu'après la réduction de Ravenne par Bélifaire, & la détention de Vitigis, cette ville fut une de celles qu'ils remitent au vainqueur. Peut-être retomba-t-elle encore fous leur puiffance, lorsqu'lldibad eut vaincu & mis en fuite Vitalius, qui lui avoit livré bataille près de cette même ville. Les Lombards s'en emparerent dans la fuite: Paul-Diacre, 1.4, c. 3, & Calliodore, 1. 10, ep. 27, parlent de cette ville. Enfin, il eft constant que Tarvifio fubfiftoit du tems de l'empire romain; (c) car on y a découvert une inscription où on lit ces mots : MUN-TAR, & une autre où l'on voit celui-ci : DECURION. C'en eft affez pour la regarder comme un ancien municipe. Tarvifo tomba dans la fuite au pouvoir des Hongrois, puis appartint aux Carrares & aux Scaligers, jusqu'à ce qu'enfin elle fe donna aux Vénitiens en 1331, felon quelques-uns, & en 1388, felon d'autres. Depuis ce tems elle est toujours demeurée attachée à cette république. On remarque même qu'en 1509, toutes les autres villes de ces quartiers s'étant rendues à l'empereur ou au roi de France, Trevifo resta seule fidéle aux Vénitiens. (a) Délices d'Italie, t. I, P. 46. (b) Procop. Lib. 2. Bell. Goth. cap. 29. (C) Cellar. Geogr. ant. lib. 2, c. 9.

La ville de Treviso est assez bien bâtie on y voit un grand nombre de beaux & de magnifiques édifices : & elle contient une fi grande quantité de familles nobles, que l'on a compté autrefois jusqu'à cinquante-cinq princes qui en étoient fortis. Elle a donné entre autres, naiffance à Totila, roi des Goths, au pape Benoît XI, & à plufieurs autres perfonnages illuftres. La riviere de Silé pafle au travers de la ville, qui en outre eft pourvue de plufieurs fontaines. Elle avoit autrefois une univerfité qu'on a transférée à Padoue. Le territoire de Trevifo eft fertile. On y voit la terre toute couverte de vignes, de pêchers, de figuiers, de muriers & autres arbres fruitiers. La diverfité des jardins, des prairies, des côteaux, forme un pays des plus riants. Cetre ville donne fon nom à une contrée appellée la Marche-Trevifane. Elle a long-tems disputé fes droits & fes priviléges

aux villes de Padoue & d'Altino; & quoiqu'elle foit tellement entourée d'eau, qu'elle femble être une ifle, & par conféquent à couvert des courfes des ennemis; cependant on ne laifla pas de l'entourer de bonnes murailles flanquées de plufieurs tours, pour pouvoir découvrir les ennemis de loin, & aller à leur rencontre. Après que les Lombards fe furent établis en Italie, ils firent de Trevifo le fiége d'un marquifat ou d'une marche, fous la dépendance de laquelle étoient fix villes.

L'évêché de Treviso ( a ) fuffragant d'Aquilée, & des premiers fiécles. Saint Paris de l'ordre des camaldules, natif de Boulogne, fut chapelain des religieufes de fainte Christine de Trevifo, & y mourut en 1297, âgé de cent feize ans. Fortunat, qui eft honoré comme faint à Poitiers, d'où il a été évêque étoit de ce pays; c'eft pour cela qu'il l'appelle b) Mea Tarvifus. (a) Baillet, Topogr. des faints, p. 50s. (b) De Martino, 1.4.

Le TREVISAN, ou la MARCHE TREVISANE, avoit autrefois beaucoup plus d'étendue qu'à préfent. Il eft rentermé entre le Feltrin & le Bellunéfe vers le nord; le Padouan vers le fud; le Frioul & le Dogado à l'eft, & le Vicentin à l'oueft. Il eft affez fertile en bleds & en vins; mais fa plus grande richelle confifte en mâts de vaiffeaux & en bois de chauffage, qui fe transportent à Venife. La marche Trévifane rend pour le moins, dit Amelot de la Houflaye, deux cents quatre-vingt mille du cats par an à la république. Ses principaux lieux font:

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TRÉVOUX, petite ville de France, dans la principauté de Dombes, dont elle eft la capitale. Elle eft bâtie fur le penchant d'une colline, & fur le bord oriental de la Saone. Cette ville eft très-ancienne, & c'eft là où l'empereur Sévére défit en bataille rangée, fon compétiteur Albinus, comme nous l'apprenons de Spartien. Il est vrai qu'on lit dans cec auteur Timurtium, mais il faut corriger Tivurtiam, Trévoux, parce qu'il eft près de Lyon, où la bataille fut donnée, felon le témoignage de deux hiftoriens contemporains, Dion Caflius & Hérodien. L'itinéraire d'Antonin marque Tivurtium entre Lyon & Mâcon, & ce lieu, dont parle Spartien, ne peut être Tournus, qui est à treize grandes lieues de Lyon, entre Mâcon & Châlons fur Saone, où la carte de Peutinger marque Tenurtium. * Longuerue, Description de la France, partie premiere,

P. 305.

Selon Piganiol de la Force, Description de la France p. 131, la ville de Trévoux a pris ce nom pour avoir été bâtie dans l'endroit où l'un des grands chemins qu'Agrippa avoit fait faire dans les Gaules fe partageoit en trois, & que pour cette raison on appelloit Tres Via, Trivium. Trévoux ett la capitale de la fouveraineté de Dombes, & eft fituée fnr une colline qui s'abaisse jusqu'au bord de la Saone. Le pape Clément VII y érigea un chapitre en 1523. Il est compofé d'un doyen qui eft confeiller-né du parlement, d'un chantre, d'un facriftain & de dix chanoines; tous concurés de la ville. Le doyenné eft à la nomination du fouverain. Il y a auffi dans cette ville un couvent de religieux du tiers ordre de faint François, un de carmelites, un d'urfulines, & un hôpital bâti & fondé par feu Anne-Marie Louife d'Orléans, fouveraine de Dombes. Le parlement tenoit fes féances à Lyon; mais en 1696, monseigneur le duc du Maine le tranféra à Trévoux, où il fit bâtir un beau palais pour le fiége de la juftice. Le parlement eft compofé de trois préfidens, d'un chevalier d'honneur, de douze confeillers, dont il y en a deux de clercs, de trois maîtres de requêtes, d'un procureur général, de deux avocats généraux, & de quatre fecrétaires. Le feu roi, Louis XIV, a accordé dans fon royaume aux officiers de ce parlement les mêmes priviléges & avantages dont jouiffent les officiers des autres parlemens de France. Ce même prince a fait établir une imprimerie dans la même ville, & a fait tracer le plan d'un grand collége. La chambre du tréfor, l'hôtel de la monnoie, & le palais du gouverneur font les autres édifices les plus remarquables de cette ville. Ce lieu eft encore connu par le dictionnaire qui en porte le nom, & par les journaux qui y furent imprimés pour la premiere fois en 1701.* Le pere Meneftrier.

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Le 30 octobre 1762, le parlement de Dombes enregistra une déclaration du roi, portant réunion de cette principauté à la couronne de France, le comte d'Eu ayant fait le 28 mars l'échange de cette principauté, contre le duché de Gifors, & autres terres.

TREYSA ou TREISEN, ville d'Allemagne, dans le pays de Heffe, la capitale du comté de Ziegenhain, fur une colline au bord de la riviere de Schwalm. Frédéric, comte de Ziegenhain, fils du landgrave Louis de Fer, la fit bâtir l'an 1173. Les Impériaux la brûlerent avec les villages circonvoifins en 1640, au mois de novembre, & peu de jours après le donna une bataille proche de cette ville dans un bois entre le baron de Bredau velt-maréchal, lieutenant commandant les troupes de l'empereur, & le colonel de Weimar Reinal de Rofen, où celui-ci gagna la victoire, & le baron de Bredau fut tué. Cette ville a donné le jour à Nicolas Rodingus, à Jean Schroder, deux fameux théologiens, & au célébre jurisconfulte Nicolas Vigelius. * Zeyler, Topogr. Hafl. p. 82.

TREZ, Caftrum de Trictis, bourg & baronnie de Frandans la Provence, au diocèle d'Aix. C'eft un bourg fort confidérable où il y a un couvent de cordeliers. Il étoit ci-devant chef de vallée ; & en cette qualité il a droit de députer aux affemblées de la province. Quelques-uns croient, que c'eft l'ancienne Tegulata, dont l'itinéraire d'Antonin fait mention dans la voie Aureliene. Voyez

TIGULIA.

TREZZO, ville d'Italie, dans le Milanès, fur le bord occidental de l'Adda, aux confins du Bergamasque, près de Caftello. * Magin, Carte du Milanès.

TRIA CAPITA. Voyez QUERCUS-CAPITA. TRIA CENSES, peuples d'Italie, dans le Picenum, felon Pline, l. 3, c. 13. Au lieu de TRIACENSES, Pintaut voudroit lire TRIANENSES. Le P. Hardouin lit TREIENGES.

TRIACONTA-SCHŒNUM, c'est-à-dire, Trente, Schanes. Ptolomée, l. 4, c. 8, donne ce nom à une contrée de l'Egypte, entre les montagnes des Ethiopiens

& le Nil.

TRIÆNA. On trouve ce nom dans Euripide, in Phanifiis, fur quoi Ortélius remarque que l'interpréte d'Euripide dit que TRIANA eft un lieu de l'Argie; mais que Stiblin croit que c'est le poëte Amymon qu'Euripide entend

fous ce nom.

TRIAMAMMIUM. Voyez TRIMMANIUM. TRIANA, nom d'un fauxbourg de la ville de Séville. Voyez SEVILLE.

TRIANGLES ou TRIANGULO, ifle de l'Amérique feptentrionale, dans le golfe du Mexique, à l'entrée de la baie de Campêche. Ce font trois petites ifles baffes & fablonneufes, à quelques lieues du cap de Desconofida, en tirant vers le couchant. Dampier, fupplément des voyages, 2. part. c. 2, les met à vingt-cinq lieues de Hina vers le nord, & environ à trente lieues de la ville de Campêche. On leur a donné le nom de Triangles, à caufe qu'elles forment cette figure par leur fituation. On trouve un fort bon ancrage au fud de ces ifles ; mais il n'y a ni bois ni eau. On n'y voit pour tous animaux qu'un nombre prodigieux de gros rats, & quantité d'oileaux qu'on appelle baubies ou guerriers. De l'Ifle, Atlas.

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TRIANGULO, ifles de l'Amérique feptentrionale, dans la mer du Nord, & que l'on compte au nombre des Lucaies. Elles font auffi au nombre de trois, & repréfentent par leur fituation la figure d'un triangle, d'où elles ont pris leur nom. Ces trois ifles fe trouvent à l'entrée du détroit d'Euxuma, du côté de l'orient, entre l'ifle de Guana-Hani ou Catt, au nord, & celle d'Yumeta ou Long-Iland au midi.* De l'Ifle, Atlas.

1. TRIANON, maison royale en France, dans le parc de Verfailles, à l'un des bouts du canal, qui traverse le grand canal de Versailles, vis à vis de la ménagerie. Ce petit palais eft également galant & magnifique, & la ftructure & les ornemens font d'un goût & d'un deffein exquis. La face extérieure de cette maifon n'eft que d'environ foixante quatre toifes. La cour eft ornée en face d'un beau péryltile foutenu par des colonnes & des pilaftres de marbre. Les deux aîles du bâtiment font terminées par deux pavillons, & fur tout l'édifice regne une baluftrade, le long de laquelle font des ftatues, des corbeilles, des urnes & des caffolettes. L'appartement de feu monfeigneur eft orné de

beaux tableaux, & d'une table de porphyre de grand prix. Celui du roi a des tableaux choifis, & des meubles magnifi. ques. La galerie eft fort ornée, & on y voit, avec plaifir, les morceaux des vues les plus remarquables, qui font dans les jardins de Versailles. Les jardins de Trianon sont agréables & délicieux. Le goût & la propreté y regnent par-tout. Les baffins y font diftribués à proportion, & ornés de grouppes bien choifis; les ftatues, les urnes & autres embelliflemens y font auffi parfaitement bien employés. On remarque fur-tout la cascade & le groupe de Laocoon. Ce dernier a été fculpté par Baptifte Tuby d'après l'antique. On trouve auffi parmi les ftatues de ces jardins quelques antiques, & un grand nombre d'autres chofes curieules, qu'on peut voir dans la description de Verfailles & de Marly. * Piganiol, Descript. de la France, t. 2, seconde part. p. 608.

2. TRIANON, petite habitation de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle France, fituée à la Cabelterre de la Guadeloupe, auprès du fief d'Armouville. M. Auger, gouverneur de la Guadeloupe, & depuis de SaintDomingue l'ayant acheté, lui a donné ce nom.

TRIARATHIA, ville de la petite Arménie. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Sébaste à Cocuson, en. tre Tonofa & Coduzabala, à cinquante milles du premier de ces lieux, & à vingt milles du fecond. Les manuscrits varient par rapport à l'orthographe du nom de cette ville. Les uns portent TRIARATHIA, les autres ARVAR ATHIA, TRIARITHIA OU TRIATRACHIA, Il y a apparence qu'on doit préférer Ariarathia; car Etienne le géographe dit qu'Ariarathe lui avoit donné fon nom.

TRIARE, contrée d'Afie, dans l'Ibérie. Pline, l. 6, t. 10, dit que la contrée de Thafie & celle de Triare s’étendoient jusqu'aux monts Paryadra.

TRIBALLI, peuples de la bafle Mafie. Strabon, lib.7, p. 301, les met fur le bord du Danube, & dit qu'ils s'éten doient jusques dans l'ifle de Peuce. Il ajoute qu'Alexandre le Grand ne put s'emparer de cette ifle faute d'un nombre fuffifant de vailleaux, & que Syrmus, roi des Triballi qui s'y étoit retiré, en défendit courageufement l'entrée. Prolomée, l. 3, c. 10, & Pline, l. 3,c. 26, font auffi mention de ces peuples. Ce dernier dit, l. 7, c. 2, que parmi eux il y avoit des gens qui enforceloient par leur regard, & qu'ils tuoient ceux fur qui ils tenoient long-tems les yeux attachés, fur-tout lorsqu'ils étoient en colere.

TRIBANTA, ville de l'Afie mineure, dans la grande Phrygie, felon Prolomée, l. 5, c. 2.

TRIBAU, Tribow, ville de la Moravie, proche d'une riviere fans nom, entre Zwitta & Muglitz, pas loin de Tyrnau, fur les confins de Bohéme. Les Suédois la prirent en 1643. Ils accepterent pour fa rançon fix mille florins, & la pillerent après pendant un jour & une nuit.* Zeyler, Topogr. Mor. p. 111.

TRIBAZINA ou TRIBASINA, ville ou bourg de l'Arie. C'eft Ptolomée, l. 6.6.7, qui en parle.

TRRIBBESÉES, ville d'Allemagne, dans la Poméranie. C'eft une frontiere d'importance, fituée aux confins de Mechlenbourg, près de la riviere Trebel, entre Rostock & Grypswalde. Elle eft ancienne; il y a un château avec un bailliage.Cette ville fut, dans le fiécle paffé, prife & reprise par les Impériaux & par les Suédois ; & ceux-ci, à la fin en demeurerent les maîtres. Ratibor, duc de Pomeranie, qui mourut l'an 1191, l'avoit enlevé aux Rugiens fes ennemis, & en avoit converti les habitans à la foi chrétienne; mais peu de tems après, Jaromar, prince de Rugen, l'ayant em porté avec l'affiftance des Danois, ce prince & fes fuccesfeurs la garderent jusqu'en 1325, que le dernier prince de Rugen Witzlaf mourut fans hoirs mâles. Ce pays échut alors aux ducs de Pomeranie, avec la ville de Tribbefées, cependant le duc de Mechlenbourg, Henri, furnommé le Lion, & les deux princes Werle, Herman & Jean, la lui pri rent, tachant ainfi d'attraper au moins une portion de cette fucceffion. Les ducs de Pomeranie la regagnerent bientôt après, & elle leur demeura. * Zeyler, Topogr. Pomer.

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TRIBOCCI, peuples de la Germanic, en-deçà du Rhin. Le nom de ces peuples eft écrit fous différentes orthographes dans les anciens. Céfar lit TRIBOCI & TRIBOCES. Pline & Strabon TRIBOCI; Tacite TREBOCI & TRIBOCI, Prolomée TRIBOCCI. On conjecture que ces peuples avoient eu leur nom de trois hêtres, auxquels peut-être ils rendoient un culte divin: on trouve encore dans leur ancienne demeure un village nommé ZUN DREGEN BUCHEN, c'eft à-dire, aux trois Hêtres ; & peut-être dans le nom de ce village a-t-on des traces de l'ancienne fuperftition de fes premiers habitans, & l'origine de leur nom. Céfar, Bell. Gal. l. 4, c. 10, & Strabon, l. 4, c. 194, mettent les TRIBOCCI fur le Rhin, entre les MEDIOMATRICI & les TREVIRI: ainfi dès ce tems-là ces peuples étoient établis dans la Gaule, & leur migration précéda celles des Vangiones & des Nemetes, qui devinrent dans la fuite leurs voifins. Quant aux bornes du pays des Triboci, il feroit bien difficile de les fixer, puisque les anciens mêmes ne s'accordent pas par rapport à l'ordre dans lequel ils rangent les peuples de ce quartier. Voyez Cluvier dans fon ancienne Germanie, l. 2, c. 10. * Spener, Not. Germ. antiq. 1. 6,

c. S.

TRIBOLA, ville d'Espagne, felon Appien, in Ibericis,
cité par Ortélius.

TRIBONI. Voyez TRIBOCCI.
TRIBORI. Voyez TREVIRI.
TRIBU. Ce mot fignifie, en général, un partie d'un peu-
ple: mais il paroît qu'il ne préfente pas la même idée à l'é-
gard de toutes les nations. Par exemple, lorsqu'on parle des
Juifs, le mot Tribu fignifie race, ou lignée. Tout le monde
fait que Jacob eut douze fils, qui furent chefs de douze
nombreuses familles qui formerent le peuple juif, & cha-
cune de ces familles fut nommée Tribu. Ces Tribus étoient
Juda, Simeon, Levi, Benjamin, Dan, Ephraim, Manas-
é, Ruben, Gad, Afer, Zabulon, Ifachar & Nephtali.
Pour ce qui les concerne, voyez leur article en particu-

lier.

Lorsqu'on parle de Rome ou d'Athénes, le mot de tribu fignifie à peu près la même chofe que claffe; parce que le peuple de ces deux villes étoit divifé par tribus ou claffes. Pour ce qui regarde les Tribus d'Athénes, voyez Toureil fur la harangue d'Eschine, t. 4, p. 295. Pour les tribus romaines, voyez la célébre dilfertation de Boindin, fur les tribus romaines.

TRIBULA. Voyez MUTUSCA.

TRIBULIUM, lieu fortifié, dans la Liburnie. Pline le met au nombre des lieux de cette contrée, qui étoit fameux les batailles que le peuple romain y avoit données. Le pere Hardouin remarque qu'au lieu de TRIBULIUM, les manuscrits portent TRIBURIUM.

par

TRIBUR, TRIBURIE, mais plus communément TRI BUR, maison royale, dans la Franconie, au voifinage de Mayence, fur le bord du Rhin. Ortélius, qui cite Trithéme, dit que cette maison royale étoit entre Mayence & Oppenheim, & qu'en descendant le Rhin on l'avoit à la droite. C'est dans ce lieu, aujourd'hui défert, que fe tint la diéte où les Allemands dépoferent l'empereur Charles le Gras; & fe féparant de la monarchie françoife, défererent la couronne de Germanie ou de la France orientale, au prince Arnoul, fils naturel du roi Carloman, frere aîné de Charles le Gras. Il eft fouvent mention de Tribur dans les écrivains du IX & du Xe fiécle, parce qu'il s'y tint des conciles & plufieurs dietes.

TRICA, ville d'Italie, dans la Pouille. Pline. 3, c. 11, dit qu'elle fut détruite par Dioméde.

TRICADIBA, ifle de l'Inde, en-deça du Gange. Elle eft remarquée par Ptolomée, non dans le golfe Colchique, comme le dit Ortélius, mais fur la côte, en allant du golfe Canticolpe au golfe Colchique, au midi de l'ifle d'Hepta

nesia.

1. TRICALA, ville des états du Turc, en Europe, dans la province de Janna, fur le bord de la riviere de Selampria, entre Janna ou Jannina & Lariffe, avec évêché fuffragant de cette derniere métropole. C'eft de cette ville qu'étoit évêque Héliodore, auteur du beau roman de Theagene & Cariclée, & qui, étant repris fur ce livre, aima mieux, dit-on, perdre fon évêché que de brûler son ouvrage. C'est l'ancienne TRICCA. Voyez TRICCA.

Etienne le géographe. C'eft la même ville que Prolomée, 1.2, 6.4, appelle Triocla, & qu'il place dans les terres. Ces deux auteurs, quoiqu'ils employent une différente orthographe, ne font le nom de cette ville que de trois fyllabes. Les autres le font de quatre. Diodore de Sicile, in Eglog. pag. 913, & Silius Italicus, lib. 14, verf. 271, entr'autres écrivent TRIOCALA:

Servili vaftata Triocala bello.

Et c'eft conformément à cette derniere orthographe que Pline, l. 3, c. 8, appelle les habitans de cette ville TRIOCALINI. Cicéron, 7 Verr. 10, dit TRICALINUM. Le nom moderne eft Troccoli, felon le pere Hardouin.

6.2,

TRICAMARUM, lieu d'Afrique, à cent quarante stades de Carthage, felon Procope, Hift. des Wandal. l. 2 de la trad. de Coufin. C'est le lieu où les Romains rencontrerent les Wandales campés, & près duquel les deux armées en vinrent à une bataille, dont le fuccès fut défavantageux aux Barbares. Il y avoit tout proche un petit fleuve dont l'eau étoit vive & coulante, quoique fon cours fût fi foible, qu'il n'avoit point de nom, & qu'il n'étoit mis qu'au nombre des ruiffeaux par les gens du pays. Ortélius, qui cite auffi Procope, dit que le lieu Tricamarum étoit à cent quatre-vingt-dix ftades de Carthage. Seroit-ce une faute d'imprimeur ?

TRICARAÑA, lieu fortifié au Péloponnéfe, dans la Phliafie, felon Etienne le géographe. C'est apparemment le même lieu que Xénophon, Démofthene & Suidas nomment Tricanon, & que ce dernier place dans l'Argie.

TRICARENIA, c'est-à-dire, Ville Triple. Ortélius, qui cite Palephatus, in Geryone & Cerbero, dit que c'est où commandoit Géryon.

TRICARICO, en latin TRICARICUM, ville d'Italie au royaume de Naples, dans la Bafilicate, près du bord feptentrional du Bafiento. Cette ville eft petite, mais jolie. Elle étoit évêché fous Acerenfa avant l'an 1060. * Commainville, Table des évêchés.

TRICASII. Voyez TRICASSINI.

TRICASSINI, peuples de la Gaule Celtique ou Lyonnoife, & dont le pays étoit presque renfermé entre la Seine & la Marne. Ce font les TRECASSES de Pline, l. 4, c. 18, & les TRICASII de Ptolomée, l. 2, c. 8. Le nom de ces peuples fe trouve encore fous différentes orthographes, comme TRICASSES, TRICASES & TRECASES. Une ancienne inscription rapportée par Gruter, pag. 371, num. 8, fait mention de ces peuples:

AETE. MEMORIA AURELI
DEMETRI ADJUTORI
PROCC. CIVITATIS SENONUM.
TRICASSINORUM. MELDO-
RUM. PARISIORUM. ET. CI-

VITATIS ÆDUORUM.

Dans la fuite on a dit TRECE ou TRECI, d'où l'on a fait le nom moderne de leur capitale. Voyez TROYES. TRICASTENI. Voyez TRICASTINI.

TRICASTIN ou TRICASTINOIS, pays de France, dans le bas Dauphiné. Il est borné au feptentrion par le Valentinois & le Diois ; à l'orient & au midi par le comtat Venailfin, & à l'occident par le Rhône. Ce pays, qu'occupoient autrefois les Tricaftini, peuples de la Gaule Narbonnoise, n'a point d'autre ville que Saint-Paul-trois-Châteaux.

TRICASTINI, peuples de la Gaule Narbonnoife. TiteLive, l. 21, c. 31, dit qu'Annibal, pour aller aux Alpes, ne prit pas le droit chemin : mais que, fe détournant à gauche, il traverfa le pays des Tricaftini, d'ou palfant par les confins des Vocontii, il vint chez les Tricorii, & arriva à la Durance. Plutarque, in Hannibale, dit que ce général fe rendit à la Durance, par les pays des Allobroges, des Tricaftini & des Vocontii. De la maniere que le poëte Silius Italicus, . 3, s'exprime, il femble qu'Annibal passa fur les confins des Tricaftini, & traverfa le pays des Vocontii: mais on ne fauroit prendre des phrases poëtiques à la rigueur.

Les TRICASTINI habitoient fur la rive gauche du Rhone, entre les SEGATANNI & les CAVARES. Leur ville se nommoit anciennement NovIOMAGUS, & depuis Auville de Sicile, felon GUSTA TRICASTINORUM. Voyez SAINT-PAUL-TROIS Tome V. PPPPPP

2. TRICALA. Voyez TRICALUM.
TRICALUM ou TRICALA

>

CHATEAUX & AUGUSTA TRICASTINORUM. Prolomée, 1.2, 6. 10, nomme ces peuples TRISCASTENI, & les place plus à l'orient que les Segalauni. Tite Live, . 21, c. 31, l. & Silius Italicus, l. 3, v. 466, écrivent TRICASTINI Ammien Marcellin écrit TRICASTINI & TRECASTINI. Quelques notices difent TRECASSIANI & VOGASINI:mais ce font des fautes. Voyez AUGUSTA TRICASTINORUM & SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX.

TRICASTRINI. Voyez l'article précédent. TRICCA, ville de Macédoine, dans l'Eftioride, felon Ptolomée, 4. 3, c. 13. Homere, Iliad. B. v. 236, a connu cette ville. Strabon,. 8, p. 360, la met dans la Theffalie, ce qui revient au même, puisque l'Eftiotide étoit une contrée de la Theffalie. Elle étoit fur le fleuve Lethæus, 4. 14, p. 647, fur le bord duquel on difoit qu'Esculape étoit né. Le nom moderne de cette ville eft TRICALA. Voyez ce mot. Puisque le nom moderne de Tricca eft Tricala, il faut que le fleuve Penée ait aufli été appellé des anciens Lothans, puisque Tricala eft fur la Selampria, qui eft l'ancien Penée.

TRICCIANA, ville de la Pannonie. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Sirmium à Carnuntum, entre Pons Manfuetianus & Cimbriana, à trente milles du premier de ces lieux, & à vingt-cinq milles du fecond. TRICESIMA. Voyez au mot COLONIA, l'article CoLONIA-TRAJANA.

TRICESIMUM. Voyez au mot AD, l'article AD TRI

CESIMUM.

TRICHAICES,.peuples de l'ifle de Créte, felon Ortélius, qui cite Homere & Strabon, mais c'eft plutôt le furnom que le nom d'un peuple. Homere dit, Odyff. v. 177, Awpisïs to Trixáïxes; Dorienfesque Trichaices; fur quoi Strabon, lib. 10, p. 477, remarque que les Doriens, voifins du Parnaffe, étant paffés dans l'ifle de Créte, y bâtirent trois villes, qu'ils appellerent Erineum, Boeum & Cytinium, ce qui fait qu'Homere les nomme Trichaices, parce qu'ils étoient comme divifés en trois peuples.

TRICHATEL ou VILLE-CHATEL, baronnie de France en Champagne, dans l'élection de Langres, l'une des anciennes baronnies dépendantes du duché de Langres.* Baugier, Mém. hift. de Champagne, t. 2, p. 348.

TRICHENEN, c'est-à-dire, Trois Loges, ville d'Italie, dans la Calabre, au commencement de la forêt Sila felon Gabriel Barri, qui dit qu'on la nomme aujourd'hui Taberna ou Taverna.

TRICHIRAPALI, ville d'Afie, dans les Indes, au royaume de Maduré, dans fa partie feptentrionale, fur la rive droite du Caveri. Près de cette ville eft le fameux pagode de Chirangam, entre Tanjaour à l'eft, & Maiffour à l'oueft. Longitude 98, latitude 11, 40.

Cette ville eft devenue la capitale du royaume depuis l'irruption du roi de Maylfur dans ce royaume, qui s'empara de Maduré, & caufa de grands dégats. Elle eft fort peuplée & d'une grande étendue : elle contient plus de trois cents mille ames; c'eft la plus grande fortereffe qui foit depuis le cap de Comorin jusqu'à Golconde. De nombreufes armées l'ont fouvent affiégée & toujours inutilement, aufli les Indiens, difent-ils, qu'elle eft imprenable. Elle a une double enceinte de murailles, fortifiées chacune de foixante tours carrées, éloignées les unes des autres de quatre-vingts ou de cent pas. La feconde enceinte eft plus élevée que la premiere, & eft garnie de cent trente piéces de canon d'un affez gros calibre. Cette feconde enceinte eft encore partagée en deux fortereffes, qu'ils appellent la fortereffe du nord & la fortereffe du fud: celle-ci a la muraille intérieure plus baffe que l'autre : on y voit une haute montagne, qui fert à découvrir l'ennemi. Vers le milieu de la montagne eft l'arfenal, & au bas eft le palais du prince. Le dedans de la fortereffe intérieure eft affez agréable: c'eft un grand amphithéâtre carré, avec les degrés de tout côté, pour monter fur les remparts Le dernier degré le plus voifin de la terre eft à hauteur d'appui. Outre les tours qui accompagnent la dou ble enceinte de muraille, il y en a dix-huit autres plus grandes où l'on met les provifions de bouche & les munitions de guerre, qui n'ont pû entrer dans l'arfenal. On renouvelle tous les ans les provifions de ris, & celui qu'on tire des greniers eft livré aux foldats pour une partie de leur folde. La garnison eft d'environ fix mille hommes, & quelquefois davantage.

porte

Le foffe qui environne la fortereffe eft large & profond: il eft plein d'eau, & il y a quelques crocodiles. On a été obligé de creufer ce foffe dons le roc en plufieurs endroits, ce qui n'a pû fe faire fans de grandes dépenfes. Trichirapali a quatre grandes portes, qui répondent aux quatre principales parties du monde : il n'y en a maintenant que deux, favoir celle du feptentrion & celle du midi qui foient ouvertes. Celle d'orient qu'on appelle auffi la de Tanjaor, a été long-tems murée, celle d'occident n'eft libre qu'aux femmes du palais. Toutes les nuits on fait trois rondes dans la place : la premiere au fon des tambours & des trompetes, lorsque le jour baiffe: la feconde vers neuf heures avec le haut-bois, & quelques autres inftrumens la troifiéme le fait en filence vers minuit, on en fait quelquefois une quatrième à trois heures après minuit. La riviere de Caveri va de l'oueft à l'eft de la forterelle. Au-deffus de Trichirapali, on a conftruit un canal large & profond, qui porte l'eau autour de la ville de ce grand canal, fortent plufieurs autres canaux, qui vont le rendre dans de grands étangs qu'on trouve au dedans & au-dehors. de la ville. On y voit plufieurs places publiques & plufieurs bazars: il y en a deux confidérables, qui font placés aux deux principales portes. Celui du nord s'étend jusques fur les bords du Caveri. Au-delà du Caveri, on trouve un autre bras du fleuve Coloran, & c'est au milieu de ces deux grandes rivieres qu'on a bâti le pagode de Chirangam.

Le palais de Trichirapali n'est pas fi beau que celui de Maduré. Il confifte en un amas de falles, de galeries & d'appartemens intérieurs.

On compte environ quarante lieues de Trichirapali à Maduré, à caufe des détours qu'on eft obligé de prendre, pour éviter les bois qui font infeftés de voleurs, mais on va continuellement dans une allée de beaux arbres, qui commence au fortir de la ville jusqu'aux portes de Maduré. Lett, éd. rec. 15.

TRICHIS, ville d'Egypte, felon Etienne le géographe. Ce mot pourroit être regardé comme fufpect; car Etienne le géographe n'obferve pas l'ordre alphabétique dans cet endroit.

TRICHONE. Voyez TRICHONIUM.

TRICHONIUM, ville de l'Etolie, Paufanias, l. 2, 6. 37, & Etienne le géographe en font mention; le premier dit, que Arriphon étoit originaire de cette ville; fur quoi il remarque que cet Arriphon étoit un favant homme, fort eftimé des Lyciens, parmi lesquels il vivoit ; critique judicieux qui découvroit bien des chofes à quoi les autres n'avoient pas pensé. C'est lui, ajoute Paufanias, qui a remarqué le premier que tout ce qui concerne ces mystères de Lerna, vers, profe ou mélange de l'un & de l'autre, étoit écrit en langue dorique. Or, avant l'arrivée des Héraclides, dans le Péloponnéfe, les Argiens parloient la même langue que les Athéniens, & du tems de Philammon, le nom de Dorien étoit encore inconnu à la plûpart des Grecs. Telle est la découverte dont on étoit redevable à Arriphon. Ortélius croit que le TRICHONIUM de Paufanias & d'Etienne le géographe, eft le TRICHONE de Pline, . 4, c. 3; mais le pere Hardouin lit TITHRONE l. pour TRICHONE, & foutient que ce ne peut être le TRICHONIUM en queftion, qui étoit dans l'Etolie, au lieu que le Trichone de Pline étoit dans la Locride. Il fonde fa correction fur Paufanias même, qui met dans la Locride une ville nommée TITHRONIUM, & fur Hérodote, l. 8, °. 33, qui nomme cette derniere ville TETHRONIUM. TRICIUM. Voyez TRITIUM.

TRICOLLORI, peuples de la Gaule Narbonnoise. Pline, 4. 3, c. 4, éloigne ce peuple de la côte de la mer. Leur pays eft aujourd'hui, felon le pere Hardouin, le diocèle de Sifteron, & la capitale étoit ALARANTE, dont la table de Peutinger fait mention, & qu'on nommie préfentement Talard, lieu du Dauphiné, fur la route de Sisteron à Gap. C'eft du moins le fentiment de Nic. Bouche, dans fon hiftoire de Provence, l. 3, c. 7.

TRICOLONI, ville de l'Arcadie. Paufanias, l. 8 c. 35, qui dit qu'elle étoit à dix ftades des ruines de Charifium, ajoute que la ville Tricoloni ne fubfiftoit plus de fon tems, qu'il ne s'étoit confervé qu'un temple de Neptune, fur une colline, avec une ftatue du dieu de figure carrée, & un bois facré qui environnoir le temple. Cette ville avoit été bâtie par les enfans de Lycaon. En prenant

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