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la gauche, on arrivoit à Zoetée, qui étoit à quinze ftades
de là. En prenant à la droite, on trouvoit un chemin qui
alloit en descendant, & qui conduifoit à une fontaine
nommée CROUNES.

1. TRICOMIA, ville de l'Afie mineure, dans la grande.
Phrygie, felon Ptolomée, l. 5, c. 2.

2. TRICOMIA, ville de l'Arabie heureufe. Il en eft parlé dans la notice des dignités de l'Empire, fect. 22, où on lit: Equites promoti Illyricani Tricomie. Un manuscrit, confulté par Ortelius, portoit TRIGONIA pour TRI

COMIA.

TRICOMIS, lieu de la Palestine. Cédréne dit que c'eft où les Scythes bâtirent la ville de Scythopolis; mais, dit Ortélius, j'aime mieux m'en rapporter à Egefipe, l. 3, qui dit que cette ville ne fut appellée Scythopolis, pour avoir été bâtie par des Scythes, parce qu'on l'avoit confacrée à Diane Scythique.

TRICON, montagne aux environs de la Propontide, à ce qu'il paroît par les dialogues de Palladius, cité Baronius, Annal. l. 5.

par

TRICONIENSIS, fiége épiscopal, fous la métropole de Céfarée de Straton, felon Guillaume de Tyr, cité par Ortélius.

TRICONIUM. Voyez TRICHONIUM.

TRICONVILLE, en latin Triconis villa, lieu dans le
duché de Lorraine, au diocèse de Toul. Son église pa-
roiffiale eft dédiée à faint Michel. Le chapitre de Liverdun,
par ceffion des religieufes de faint Maur de Verdun, eft
patron de cette cure. L'abbaye de faint Maur de Verdun
perçoit les deux tiers des dîmes, & le curé l'autre tiers.
Le feigneur eft le duc de Bar.
TRICORES, peuples dont parle Lucain au premier li-

vre de fa Pharfale, v. 36.

nec ultra

Inftabiles Tricores circumfita caftra coërcent.

Au lieu de Tricores, Turnébe lit Turones, & Schrevelius Turonas. J'aimerois mieux, dit Ortélius, retenir l'ancienne leçon; car Strabon, l. 4, p. 185 & p. 203, connoît un peuple nommé TRICORI, Pline, L. 3, C. 4, un pays qu'il nomme TRICORIUM REGIO, & Tite-Live, 1. 21, une ville appellée TRICORIUM, & Ammien Marcellin, l. 15, un bois auquel il donne le nom de SALTUSTRICORII. Ce peuple, ce pays, cette ville & ce bois, tout cela a rapport à un quartier de la Gaule Narbonnoife, aux environs de Marseille, d'Aix & d'Apt.

TRICORNESII, peuples de la haute Mafie. Prolomée, l. 3, c. 9, les place aux confins de la Dalmatie. Le nom moderne de leur pays eft TOPLIZA, felon Castald.

TRICORNIUM, ville de la haute Mafie. Prolomée la marque près du Danube. C'est aujourd'hui Glumbatz, felon Niger, & Coruscene, felon Lazius. Cette ville TRICORNIUM eft, à ce que croit Simler, la ville Turium ou Dorium d'Antonin.

TRICORYPHOS, montagne de l'Arabie heureuse
felon Pline, 46, c. 28. Le nom de cette montagne lui
avoit été donné à cause de ses trois fommets, fur cha-

cun desquels il y avoit un temple d'une hauteur prodi.
gieufe, à ce que nous apprend Diodore de Sicile, l. 3,
P. 178.

TRICORYTHOS. Voyez TETRAPOLIS.
TRICORYTHUS, bourg de l'Attique, fous la tribu
Eantide; il étoit proche de Marathon, fur le bord du
marais des champs Marathoniens, où périt une partie de
l'armée des Perfes, dans cette célébre bataille qui pré-
ferva les Grecs de l'esclavage des Barbares. Il n'y a plus,
dans cet endroit, qu'un méchant hameau appellé Calyvi
sto Soully. Cependant il a été un tems qu'on comptoit
ce lieu pour une des quatre villes de l'Atrique, qui don-
villes de l'Atrique, qui don
noit le nom de TETRAPOLIS à ce quartier, & ces quatre
villes étoient Oenoé, Tricorythus, Probalinthus & Mara-
thon, où faifoit fa réfidence Xuthus, gendre du roi Erech-
thée. On voit à Athénes, proche l'église d'Agia Kyra,
cette inscription:

ΤΟΣ ΤΟΥ ΠΑΤΡΟΣ ΑΓΑΘΟΚΛΕΟΥΣ ΤΟΥ ΦΙΛΟΞΕΝΟΥ
ΦΛΥΕΩΣ ΣΤΡΑΤΗΓΟΥΝΤΟΣ ΕΠΙ ΤΟΥΣ Ο ΠΛΕΙΤΑΣ ΤΙ
ΚΛΑΥΔΙΟΥ ΘΕΟΓΕΝΟΥΣ ΠΑΙΑΝΙΕΩΣ ΚΑΙ ΕΠΙΜΕΛΗΤΟΥ
ΤΗΣ ΠΟΛΕΩΣ.... TPIKOPY....

C'eft-à-dire

du confeil de l'aréopage & du confeil des fix-cens, &
A l'honneur de la déeffe Vefta & des dieux Auguftes,
du peuple, Philoxenus, fils d'Agathoclès de Phlya, a con-
facré ce monument à fes propres dépens. Agathoclès, fils
de Philoxenus, ayant eu le foin de le faire dans le tems
que Tibérius Claudius Théogénes Peanien étoit gouver
Tricorithus,
neur de la milice & pourvoyeur de la ville..
Spon, Lifte de l'Attique, p. 389
& fuiv.
TRICOT, bourg de France, dans la Picardie, au dio-
cèle d'Amiens, élection de Mont-Didier. Ce lieu,
qui
eft à dix lieues d'Amiens, a une manufacture de ferges-
drapées.

*

TRICRANA, isle de l'Argie. Paufanias, l. 2, c. 34 › Pityoufe & Ariftere, on trouve un autre promontoire qui dit: Quand on a paflé le cap Bucéphale, les ifles Halioufe, joint le continent, & que l'on n'appelle point autrement qu'Acra; bientôt après vous voyez l'ifle de Tricrane, & enfuite une montagne du Péloponnéfe, qui donne fur la mer, & qui a nom Buporthmos.

TRICRANUM. Voyez TRICARANA.

TRICRENA, lieu de l'Arcadie. A la gauche du mont Géronte, dit Paufanias, l. 8, c. 16, les Phénéates font bornés par un lieu qu'on nomme TRICRENE, à cause de trois fontaines qui font là, & où l'on dit les nym. phes laverent Mercure lorsqu'il vint au monde ; c'eft pour cela que ce lieu étoit confacré à Mercure. Ce lieu étoit voifin du mont Sépia.

que

TRICRINI, peuples d'Italie, felon Denys d'Halicarnasse, l. 1. Ortélius remarque que Gelenius rend ce nom par celui de TREBIANI, & que Sylburge aime mieux le rendre par celui de TOLERINI.

TRIDENTE, ville d'Italie. Ptolomée, l. 3, c. I, la donne aux Cénomans. Le manuscrit de la bibliotheque palatine, au lieu de TRIDENTE, lit TRIDENTUM. Les habi1. 3, c. 9. C'est aujourd'hui la ville de Trente, appellée tans de cette ville font appellés TRIDENTINI par Pline territoire de Trente eft nommé TRIDENTINA REGIO par Trento par les Italiens & Triendt par les Allemands. Le Caffiodore, Variar. §, ad Feltrinos.

1. TRIE, bourg de France, au Vexin-Normand, avec haute-juftice & château; il eft fitué près de Gifors, & a titre de baronnie. Cette baronnie comprend les paroifles de Trie, d'Eragny, de Bertichères, d'Enancourt-Liage, de Boutancourt de Saint-Brice, de Lotin-Ville & de Frêne l'Eguillon.* Corn. Dict. fur des mémoires dreffés fur les lieux en 1702.

2. TRIE, petite ville de France, dans le bas Armagnac, au diocèfe d'Auch, élection de Riviere-Verdun. Il y a une églife collégiale, & un couvent de carmes. Cette ville eft remarquable par fes marchés, & un grand paffage pour les troupes.

TRIEIX, petite riviere de France, en basse Bretagne, paffe près de Tréguier.

Cette riviere ne s'appelle pas Trieix, mais Trieu. Voyez

ce mot.

TRIE-LE BARDOUL, en latin Trajectum Bardulfi, né de Claye, fur le rivage droit de la riviere de Marne, village de France, au diocèle de Meaux, daus le doyenà une lieue de Meaux, vers le couchant d'hiver. On trou ve dans des annales du tems de Charles le Chauve, que ce roi donnant la chafle aux Normands, fit rétablir, en palla enfuite d'un côté à l'autre. Il eft auffi fait mention de ce lieu, le pont que ces barbares avoient rompu, & qu'il Trie-le-Bardoul dans l'hiftoire du transport du corps de fainte Geneviève de Marify, au diocèfe de Soiffons, en fon églife de Paris. La fainte y fit éclater tant de mirapendant, eft à la nomination de l'abbé de faint Faron, cles, qu'elle eft devenue patrone de l'églife. La cure, ce auffi-bien que le prieuré. Ce lieu s'appelloit alors fimplement Trie, il n'eut qu'au onzième fiécle le furnom de Bardulf, qui étoit celui de Hugues, fils de Barthelemi de Broyes. Il y a, dans l'églife paroiffiale, une chapelle de faint Nicaife, à la collation pleine de l'évêque. Le vidame ΛΕΟΥΣ ΦΑΣΕΙΣ ΑΝΕΘΗΚΕΝ ΕΚ ΤΩΝ ΙΔΙΩΝ ΠΟΙΗΣΑΝ- de Tric-le-Bardoul eft un des quatre valfaux qui font te Tome V. PPPPPPij

ΕΣΤΙΑ ΚΑΙ ΑΠΟΛΛΩΝΙ ΚΑΙ ΘΕΟΙΣ ΣΕΒΑΣΤΟΙΣ ΚΑΙ ΤΗΙ
ΒΟΥΛΗΙ ΤΗΙ ΣΕ ΑΡΕΙΟΥΠΑΤΟΥ ΚΑΙ ΤΗΙ ΒΟΥΛΗΙ ΤΩΝ
ΕΞΑΚΟΣΙΩΝ ΚΑΙ ΤΩΙ ΔΗΜΟΙ ΦΙΛΟΞΚΝΟΣ ΑΓΑΘΟΚ

1

nus de porter l'évêque de Meaux à fa nouvelle entrée, & ce vidame eft encore obligé d'offrir un cierge, le jour de faint Etienne 26 décembre, au grand-autel de la cathédrale, à l'entrée de l'offertoire, fuivant la nomination qui s'en fait à haute voix. * Hiftoire de l'églife de

Meaux.

TRIE-LA-VILLE & TRIE-LE-CHATEAU, bourg de France, dans le Vexin-François, du diocèle de Rouen, fous l'élection de Gifors, dont il eft à une lieue, & à treize de Paris; ce font deux paroiffes contigues. Il y a un monastère de religieux de l'ordre de faint François, & un château, avec haute-justice.

TRIEL, en latin Triellum, lieu dans l'ifle de France, au Vexin-François, dans le diocèfe de Rouen, élection de Paris. On lui donne deux mille habitans, y compris fes hameaux & annexes. Ce lieu eft fitué fur la Seine, à une lieue de Poiffy, à deux de Meullant, à trois de Pontoife. C'est le fiége d'une prévôté royale, reffortiffante de la vicomté de Paris. La taille y eft perfonnelle; la cure vaut quatre mille livres. L'abbé de Fécamp en eft collateur. Les terres y font légeres & de peu de rapport. Il y a des vignes, dont le vin, qui eft très-eftimé, fe vend pour Rouen & pour la Picardie; des carrierres de plâtre & des pierres de meules. Le prince de Condé y fonda, en 1695, un hôpital des malades & une communauté de filles urfulines. Il y a, dans l'église paroiffiale, un tableau origi nal du Pouffin, repréfentant l'adoration des Mages à Bethléem, lequel a été donné, par le pape, à la reine de Suéde, étant alors à Rome. Sa hauteur eft de dix-huit pieds, fa largeur de douze : les figures y font de grandeut naturelle; ce tableau eft fort eftimé; il fut envoyé, à cette églife, par le fieur Poiltenet, natif de Triel, valetde-chambre de cette reine. L'églife de la paroiffe eft du titre de faint Martin; le chœur paroît bâti fous François I ou Henri II. Il y a, dans la frife, les douze apôtres, qui fortent à mi-corps. Ce qui eft extraordinaire, une rue paffe fous le choeur, par le moyen d'une voûte qni le fupporte. L'entrée de ce bourg eft la petite églife dite fainte Mille, de fancta Millia, au neutre, comme on dit fainte Bible, fancta Biblia; ce font les faints Innocens qui en font le titre. L'auteur du pouillé de Rouen de 1738, lui a mal donné le nom de faint Miel, & a trompé l'auteur de la nouvelle description du Vexin, qui a cru que c'étoit faint Michel. Ce prieuré étoit de l'exemption de Fécamp, & eft maintenant uni à l'hôpital du lieu. Le territoire eft toujours compris dans l'exemption: fur le territoire de Triel eft encore le prieuré de faint Blaise, qui a été uni, en 1716, à da menfe conventuelle de Marché-Raoul, ordre de prémontrés, à laquelle il avoit été donné au douziéme fiécle. Entre Triel & Vaux, près d'un lieu qu'on nomme le Temple, eft l'églife & la fontaine de faint Nigaife, où il commença à baptifer les idolâtres, accompagné de faint Egobille, Scubiculus. C'eft pourqui on dit là que c'eft le lieu d'où il chaffa le dragon.

TRIELISCUS-MONS, montagne d'Italie. Ortélius qui cite Sigonius, L., regni Italia, dit que c'eft le nom de la montagne fur laquelle la ville de Capoue a été bâzie, & il foupçonne que le nom moderne pourroit être TIEFATA.

La montagne fur laquelle Capoue eft bâtie ne s'appelle point Tiefata, mais monte di Caferta. Tifata, & non pas Tiefata, eft le nom que Tite - Live, & Silius Italicus ont donné à cette montagne.

TRIENSES, peuples de la Macédoine, felon Pline, 1. 4, c. 10. Le pere Hardouin, au lieu de TRIENSES, lit ESTRÆENSES.

TRIENTIO, fleuve dont il eft parlé dans la vie de faint Aubert. Ortélius croit que ce fleuve étoit au voisinage de Terouenne.

TRIENTIUS-AGER, terre d'Italie, à cinquante mil'les de Rome. Tite-Live, l. 3, c. 13, dit qu'on lui donna ce nom à caufe qu'elle fut partagée à divers particuliers, en payement de la troifiéme partie de l'argent qu'ils avoient avancé à la république, pour les frais de la guerre de Carthage.

TRIER, nom allemand de la ville de Treves. Voyez

Ee mot.

1. TRIERES, peuple de la Bithynie, felon Memnon cité par Ortelius. Etienne le géographe, qui connoît auffi ce peuple, dit qu'il avoit pris fon nom de Trierus, fils

d'Ombrareus, & de Thracia, felon le témoignage d'Arrien, in Bithyniacis.

2. TRIERES, ville de Syrie. Polybe, l. 5, no. 68, rapporte que cette ville fut brulée par Antiochus. Etienne le géographe, qui parle auffi de la ville de TRIERES nomme les habitans TRIERETES.

TRIERIS, ville de Phénicie, felon Pline, l. 5, c. 18. C'est la même ville qui eft nommée TRIERES par Polybe & par Etienne le géographe. Voyez TRIERES, no. 2. TRIERON, promontoire de l'Afrique propre. Prolomée, l. 4, c. 3, le marque à l'extrémité de la petite Cyrte, près de Cinfterna. Voyez CEPHALAS.

TRIESTE, ville d'Italie, dans la haute Karftie ou Car fo, au fond de la mer Adriatique, fur la côte du golfe auquel elle donne fon nom, environ à dix milles au nord de Capo d'Iftria, vers le 45d so' de latitude. Cette ville qui a été bâtie des ruines de Tergefte ou Tergeftum, est toute de pierres, fur un rivage tout pierreux, fur la pente d'un grand rocher ou montagne de pierres. Elle eft petite, mais affez bien peuplée, & fortifiée d'une citadelle bâtie depuis peu. L'impératrice reine de Hongrie l'a embellie, & en a fait augmenter les fortifications, aggrandir, & affurer le port, à cause que le mouillage n'étoit pas bon; elle a rendu le port franc, & y a établi des chantiers, pour la construction des vaifleaux. Elle y a établi une compagnie de commerce, afin de la rendre plus florillante. L'empereur Charles VI, fon pere, y avoit établi une foire en 1731. Les habitans ont fait faire une grande place près du port, mais au dedans des murailles, & ont élevé deux belles colonnes de pierres, fur l'une desquelles eft l'image de la fainte Vierge, & fur l'autre une ftatue de l'empereur, avec des inscriptions fur les bases, où ils expriment leur dévotion pour la mere de Dieu, & leur fidélité pour leur fouverain. Sur cette même place ils ont bâti une maifon de ville ou de confeil, & qui eft un affez beau bâtiment. Tout au haut de la ville eft l'églife cathédrale, édifice ancien, qui, ainfi que tous les autels, fe reffent de la fimplicité & de la pauvreté du vieux tems. Les jéfuites y ont un collége & une églife, le tout bien bâti. Sur un rocher voifin, & contigu à la ville, il y a un vieux château foigneufement gardé.

Les Vénitiens fe rendirent maîtres de Trieste au commencement du treiziéme fiécle, fous le dogat de Henri Dandulo, à caufe des pirateries des habitans. Ceux-ci se remirent en liberté l'an 1507, pendant la guerre que les Vénitiens eurent avec l'empereur Maximilien I; mais il fallut enfuite fe rendre. Depuis, elle eft paffée sous la puiffance de la maifon d'Autriche.

La ville de Trieste étoit évêché dès le fixiéme fiécle, fous Aquilée. Magin, Carte de l'Iftrie & du Frioul.

TRIEU ou TRIEUX, riviere de France, en Bretagne. Elle prend fa fource à l'extrémité du diocèfe de Treguier, du côté du midi, d'où coulant vers le feptentrion, elle paffe à Guincamp, à Pontrieux, d'où elle fe rend dans la Manche, au nord-eft, & à trois lieues de Treguier.

TRIFANUM, lieu d'Italie, dans la Campanie. TiteLive, l. 8, c. 11, dit que ce lieu étoit entre Sinuessa & Minturne; & Cellarius, geogr. antiq. lib. 2, c. 9, croit qu'il devoit être plus près de la premiere de ces villes que de la feconde, parce que Diodore de Sicile, l. 16, c. 91, en parlant de la même bataille que décrit Tite-Live, dit qu'elle fe donna près de Sinueffe.

TRIFOLINUS. Voyez TRIPHOLINUS.

TRIGABOLI, peuples Toscans. Léander, Descr. di tutta Ital. p. 344, dit qu'ils habiterent anciennement entre les deux bouches du Pô, appellées Magna-Vacca & Volana. Il ajoute qu'on les nomma enfuite TESALGI, & qu'ils furent chaffés par les Boïens Polybe, l. 2, no. 16, place les TRIGABOLI à l'embouchure du Pô; mais je ne connois point d'auteur ancien qui falle mention des

TESALGI.

TRIGÆCINI, peuples d'Espagne, felon Florus l. 4, c. 12. Ils devoient habiter au voifinage de l'Afturie; car il eft dit que les TRIGACINI trahirent les Afturiens, & avertirent Carifius du deffein que ceux-ci avoient d'attaquer les trois camps des Romains. Vinet lit BRIGACINI pour TRIGACINI.

TRIGASTRINI & CIVITAS TRIGASTRINORUM, peuple & ville de la Gaule Narbonnoise. Voyez SAINT-PAULTROIS-CHATEAUX.

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TRIGLYPTON, ville de l'Inde, au-delà du Gange. Ptolomée, ↳ 7, c. 2, en fait la ville royale du pays appellé Randamarcotta. Au lieu de TRIGLYPTON, le manus crit de la bibliotheque palarine porte TRIGLYPHON, & ajoute qu'on la nommoit auffi TRILINGUM. Le nom moderne eft PEGU, felon Castald, cité par Ortélius. TRIGNO, riviere d'Italie, au royaume de Naples, où elle prend fa fource dans le comté de Molife, près de Guardia Girardo, d'où courant vers le midi, elle le recourbe vers le nord-eft, paffe à Trivento, & après avoir arrofé des lieux moins confidérables, elle fe rend dans le golfe de Venife, au fud-eft de Guafto di Amone, dans l'Abruzze.* Magin, Carte de l'Abruzze.

TRIGUERRE, bourg de France, dans le Gâtinois, au diocèfe de Sens, élection de Montargis. La juftice de ce lieu relève de la châtellenie de Château-Regnard.

TRILEUCI SCOPULI, écueils de l'Océan Cantabrique. Prolomée, l. 2, c. 6, les marque à l'embouchure du fleuve Mearus.

TRILEUCUM, promontoire d'Espagne, nommé autrement Lapacia Cory par Ptolomée, qui le marque fur la côte feptentrionale, entre Flavium Brigantium & l'embouchure du fleuve Metarus ou Mearus.

TRILINGUM. Voyez TRIGLYPTON.

TRIM, ville d'Irlande, dans la provinde de Leinster, au comté d'Aftmeath, fur la Boyne.* Etat préfent de l'Irlande, p. 38.

1.

TRIMACHI, peuples de la Mafie, felon Pline, . 3, c. 26. Le pere Hardouin lit TIMACHI, & c'est la véritable orthographe; car leur ville fe nommoit TIMACUM. Voyez ce mot.

TRIMAMMIUM. Voyez TRIMMANIUM.
TRIMERUS. Voyez DIOMEDEÆ Insula.
TRIMETHUS. Voyez TREMITHUS.

TRIMITARIA. Ce furnom eft donné, dans le concile de Chalcédoine, à la ville de Laodicée, qui y eft appellée LAODICEA-TRIMITARIA. Ortelius juge que TRIMITARIA eft le nom d'une contrée de la Phrygie Pacatiane, dans laquelle étoit cette Laodicée.

TRIMMANIUM, ville de la baffe Mafie, fur le Danube, felon Ptolomée, l. 3. c. 10. Le manuscrit de la bibliotheque palatine lit TRIMANIUM. C'eft la même ville que l'itinéraire d'Antonin appelle Triamammion, & qu'il place fur la route de Viminacium à Nicodémie, entre Scaidaua & Exantapriftis, à fept milles du premier de ces lieux, & à égale distance du fecond. C'est auffi la même ville qui eft nommée Trimammium dans la notice des dignités de l'Empire, fect. 29. Ortélius dit que Drimago femble aujourd'hui occuper la place de cette ville.

TRIMMIS, Trimontium, bourg des Grifons, dans la Ligue Maison-de-Dieu, dans la communauté des quatre villages, entre Coire & Zizers. Il tire fon nom de trois montagnes, dont il eft environné. Cet endroit eft fujet aux goîtres, ce qu'on attribue aux mauvaises eaux qu'on y boit; mais les habitans y font tellement accoutumés, qu'ils les regardent comme une beauté. * Etat & délices de la Suiffe, t. 4, p. 48.

1. TRIMONTIUM, ville de la Grande Bretagne. Prolo mée la donne aux peuples Selgova. Cambden croit que c'eft préfentement Atterith en Ecoffe, & d'Audifret Dunfreys. 2. TRIMONTIUM. C'est l'un des noms que Prolomée, l. 3, c. 11, donne à la ville de Philippopolis en Thrace. Voyez PHILIPPOPOLIS.

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6. 29,

TRIN. Voyez TRINO. TRINACIA, ville de Sicile, & qui n'eft connue fous ce nom que par Diodore de Sicile,l. 12 dont quelques exemplaires même lifent TRINACRIA. Ces deux noms ayant été ceux de l'ifle de Sicile, on pourroit foupçonner que le nom de cette ville, qui étoit TIRACIA, fe corrompit dans la fuite des tems, & que de TIRACIA on fit TRINACIA & TRINACRIA. Cluvier, Sicil. ant. 1.2, 6. 13, dit que le vrai nom de la ville étoit Tiracia, parce que Pline, . 3, c. 8, appelle fes habitans TIRACIENSES. Il ne feroit pas aifé de décider fi cette ville eft celle qu'Etienne le géographe appelle TYRACINE, & dont il fait une ville, petite à la vérité, mais opulente. La ville, dont parle Diodore de Sicile, étoit riche, puiflante, & confiderée comme la premiere de l'ifle. Elle tint toujours tête à celle de Syracufe; & lorsque felle-ci eut réduit fous fa puiffance toutes les autres villes

1.

de l'ifle, les habitans de Tiracia, quoique feuls à défendre leur liberté, ne laifferent pas d'en venir à une bataille contre ceux de Syracufe. Ces derniers remporte rent la victoire ; ils firent leurs ennemis esclaves, pillerent toutes leurs richeffes, & raferent leur ville. Comme il y a apparence qu'elle fut rétablie dans la fuite, ne fe pourroit-il point que l'ancienne auroit été appellée TRINACIA ou TRINACRIA, du nom de l'ifle, dont elle étoit la capitale, & que la nouvelle auroit eu le nom de TIRACIA? Par-là tout feroit concilié.

TRINACIOTÆ, peuples de Bithynie, felon Pachymère, qui dit qu'ils habitoient au voifinage de la ville de Nicée.

TRINACRIA ou TRINACIA, noms que les anciens ont donnés à la Sicile, à cause de ses trois pointes ou promontoires.

TRINASI-MENIA, Paufanias, l. 3, c. 22, dit: A la gauche de Gythée, en avançant quelques trente ftades dans les terres, on trouve les murs de Trinafe. Je crois que c'étoit autrefois, non une ville, mais un château, qui avoit pris fon nom de trois petites ifles, qui font de ce côté-là, près du rivage. Environ quatre-vingts ftades plus loin étoient les ruines de la ville d'Hélos. Prolomée, 3, c. 16, au lieut de TRINASUS écrit TRINASSUS, & en fait un port dans le golfe Laconique.

TRINASSUS. Voyez TRINASI-MOENIA. TRINCOLY, ville d'Afie, dans l'ifle de Ceylan, à fon couchant, & au midi de Batecalo, avec une pagode fur le bord de la mer.

TRINEMEIS, bourg de l'Attique, fous la tribu Cécropide, donnoit la naiffance à la petite riviere de Cephiffus dont Strabon parle, & qu'il femble confondre avec celle que d'autres appellent Eridan. * Spon, Liste de l'Attique

P. 391.

TRINEMII, peuples de l'Attique. Strabon, l. 9, p. 400, dit que le fleuve Céphife prenoit fa fource chez eux. Etienne le géographe qui écrit TRINEMEIS en fait un peuple de la tribu Cécropide.

TRINESIA, isle de l'Inde, en-deça du Gange. Prolomée, l. 7, c. 1, la marque dans le golfe Colchique, & Caftald veut que le nom moderne foit RHESI PHE.

TRINESSA, ville du l'Afie mineure, dans la Phrygie, felon Etienne le géographe, qui cite Théopompe. TRING, bourg d'Angleterre, dans la province d'Hertford. Il a droit de tenir marché public. * Etat préfent de la Gr. Bret. t. 1.

TRINGENSTEIN, château d'Allemagne, dans le pays de Heffe. Il appartient aux comtes de Naffau, & eft fitué fur une montagne, d'où on le découvre à quelques milles de loin. Le comte Henri de Naffau Dillenburg le fit bâtir l'an 1323, contre Otton, landgrave de Hesse. * Zeyler, Topogr. Haff. p. 82.

TRINIDAD. Voyez TRINITÉ.

1. TRINITÉ, (FORT DE LA ) OU BOUTON DE ROSE, fort d'Espagne, dans la Catalogne, viguerie de Girone, fur le bord de la mer Méditerranée, à un mille de la citadelle de Rofe. Michelot, Portul. de la mer Médit. p. 49, dit : Environ quatre à cinq milles vers l'oueft de la pointe de Calafiguiere, qui eft la pointe du nord de la baie de Rose, il y a une autre pointe un peu avancée en mer, fur laquelle eft un petit fort à étoile, qu'on appelle le bouton de Rose, autrement le fort de la Trinité: entre ces deux pointes il y en a une troifiéme qui s'avance un peu en mer, & quelques petits enfoncemens & plages, avec quelques maifons de pêcheurs.

2. TRINITÉ, (LA) bourg & paroiffe de l'Amérique feptentrionale, dans l'ifle de la Martinique, au fond du cul-de-fac du même nom, deffervie par les jacobins, à la bande du nord. Elle eft éloignée de deux lieues du fond Saint-Jacques, il y a un juge royal. Cette paroiffe compre noit autrefois tout le terrein, jusqu'à la pointe des Salines, qui tenoit plus de quinze lieues d'étendue; on l'a depuis partagé en trois paroilles, qui font celles du cul-de-fac Ro bert, du cul-de-fac François, & du Ravelin. Il n'étoit com→ pofé en 1694, que d'environ quatre-vingts maisons, construites partie de bois, & partie de rofeaux, couvertes de paille, & toutes bâties fur une ligne courbe, qui fuivoit la figure du port. La quantité de fucre, de cacao & de coton qu'on fabrique dans ces cantons, a été caufe que ce bourg s'eft peuplé & augmenté confidérablement. Le commerce PPPPPP iJ

1038

TRI

de ces chofes y attire quantité de vaiffeaux, particulierequent ceux de Nantes, qui y font un commerce confidérable, tous les lieux des environs aimant mieux s'y fournir des chofes néceffaires, que de les faire venir de la baffe-terre. D'ailleurs fon port eft l'un des meilleurs de l'ifle, & les vaiffeaux y font en fûreté pendant la faifon des ouragans, le port étant bien clos, & le fond d'une bonne tenue; de plus, les vaiffeaux y trouvent l'avantage pour leur retour en Europe, d'être au vent de toutes ces illes, & par-là de s'épargner plus de trois cents lieues de chemin, qu'il leur faudroit faire, pour aller chercher le débouchement ordinaire de faint Domingue ou de Portoric. * Labat, Voyage de l'Amérique, tom. 2, p. 112.

Le port de la TRINITÉ eft un grand enfoncement qui forme une longue pointe, appellée la POINTE DE LA CARAVELLE, qui a plus de deux lieues de long. Elle le cou vre du côté du sud-eft, l'autre eft fermé par un morne affez haut, & d'environ trois cents cinquante à quatre cents pas de longueur, qui ne tient à la terre ferme de l'ifle que par un ifthme ou langue de terre de trente-cinq à quarante toifes de largeur. Le côté de l'eft, oppofé au fond du golfe, eft fermé par une chaîne de rochers ou récifs, qui paroiffent à fleur d'eau quand la mer eft baffe, fur lesquels on pourroit faire quelque redoute ou batterie fermée : je dis quand la mer eft balle, car ceux qui prétendent qu'il n'y a ni flux ni reflux entre les deux tropiques, ou du moins qu'il eft imperceptible, fe trompent. Le flux ordinaire à la Martinique & à la Guadaloupe, va à quinze ou dix-huit pouces de hauteur, & dans les fizygies, c'est-à-dire, dans les nouvelles pleines lunes, il paffe de beaucoup deux pieds. L'entrée du port eft à l'ouelt de ces récifs, entr'eux & la pointe du Morne. Cette pointe est plus basse que le refte, & naturellement arrondie & plate, comme pour y placer une batterie très-propre pour défendre l'entrée du port, puisque les vaiffeaux qui veulent y entrer, font obligés d'en paffer à la portée du pistolet. On a mis dans la fuite quelques canons fur cette pointe,

3.

TRINITÉ ou TRINIDAD, ville ou bourgade de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, fur la côte de la mer du Sud, au gouvernement de Guatimala. De l'Ifle la nomme la TRINIDAD OU CONZONALE, apparemment pour fon Sonate qui eft le nom que lui donnent les Indiens, ainfi qu'à toute la province, felon de Laet, Desc. des Indes occident. l. 7, c. 13. Ce dernier ajoute que la Trinidad eft à vingt-fix lieues de Sant-Jago de Guatimala, & à quatre du port d'Acaxutla, vers le fud-oueft. Elle est fituée dans un terroir fertile & abondant, fur-tout en cacao. C'est le feul lieu de trafic de toute la province, & où toutes les marchandifes qui viennent du Pérou & de la nouvelle Espagne font transportées. Les dominicains y ont une maifon, mais les Indiens qui habitent dans la campagne, font fujets du diocèle de Guatimala,

4. TRINITÉ ou TRINIDAD, ville de l'Amérique mé ridionale, dans la terre ferme, au nouveau royaume de Grenade, fur le bord oriental de la riviere la Madalena, à vingt-quatre lieues de la métropolitaine Santa-Fé, vers le nord-ouest, & à fix vers l'oueft des montagnes de Neige du nouveau royaume. Herrera écrit que cette ville eft à fept degrés de la ligne vers le nord; mais fi l'on prend garde à la diftance qui eft entre cette ville & la métropolitaine, on jugera qu'elle doit être plutôt fur le cinquième degré de la hauteur du pole du nord. Les Espagnols s'établirent premierement dans les provinces des Mufos & des Colymas, & y bâtirent la bourgade de Tudela, fur le bord de la riviere de Zarbi; mais la proximité des montagnes, la férocité des Sauvages & la difficulté des vivres, les obligerent de l'abandonner peu de tems après. La plus grande partie fuivit le capitaine Pedro de Orfua vers les provinces qu'on nomme vulgairement el Dorado, à canfe de l'or qu'on dit qui s'y trouve. Peu de tems après ils bâtirent proché de ce lieu la ville de la Trinidad; mais elle ne fubfifta pas long-tems, à caufe de l'incommodité du lieu. On la transporta au lieu où elle eft maintenant, & dont la fituation eft fort commode. Cependant les habitans ont eu beaucoup de guerres à foutenir à cause du naturel remuant des Indiens du voifinage. *De Laet, Descript. des Indes occident. 1. 9,

c. S.

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5. TRINITÉ ou TRINIDAD, ifle de l'Amérique méridionale, dans la mer du Nord, fur la côte de la terre ferme, au nord de l'embouchure de l'Oenoque. Le 31 juillet

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TRI

1498, un matelot nommé Perez, qui étoit à la hune du ná-
vire de Chriftophle Colomb, apperçut la terre à treize
lieues au fud-eft. Colomb ne balança pas à porter fur cette
terre, laquelle paroiffant d'abord comme une montagne à
trois têtes il lui donna le nom de la Trinité. Quelques uns
ont écrit qu'il avoit fait vœu de nommer ainfi la premiere
terre qu'il découvriroit. Comme il approchoit de celle-ci,
il apperçut un cap, à côté duquel il y avoit un port, formé
en partie par un rocher, qui, de loin, avoit la figure d'une
galere; il donna au cap le nom de Galera, & voulut entrer
dans le port, qui paroifloit fort joli; mais il ne s'y trouva
pas affez d'eau. Il tourna au fud vers le premier cap qu'il
avoit apperçu, mais il ne s'y rencontra point de port. H
continua à ranger la côte, & le lendemain ayant fait envi-
ron cinq lieues à l'oueft, il mouilla derriere une langue de
terre, où il fit de l'eau & du bois, & qu'il nomma Punta
de la Playa. Le z d'août ayant appareillé de nouveau &
fait la même route, il aborda au cap occidental de la
Trinité, qu'il appella Punta del Arenal. Il ne douta plus
alors que la Trinité ne fûr une ifle; & comme il trouva ce
mouillage affez fûr, il permit à fes équipages d'aller à
terre. Il y fut lui-même, & à peine y étoit-il arrivé, qu'il
vit venir un Indien de bonne mine, lequel avoit fur fa
tête une espéce de couronne d'or. Il l'aborda, & remar.
quant que cet homme avoit envie d'une toque de velours
cramoili, qu'il portoit, il la lui offrit. L'infulaire qui étoit
apparemment le cacique du lieu, l'accepta & lui donna en
échange fa couronne d'or. D. Barthelemi de las Cafas,
loue fort les habitans de cette ifle, à caufe de leur dou-
ceur. Elle est beaucoup plus grande que toutes celles qui
font dans ce quartier de l'Amérique méridionale qu'on
nomme Sotovento, parce que les flottes qui vont à la terre
ferme, paffant par le milieu des ifles des Caribes, les lais-
fent à main gauche. Elle eft éloignée de la ligne vers le
nord de huit degrés ou environ, felon la fituation de fes
quartiers. Vers l'oueft, elle eft féparée du continent de
Paria, par un paffage étroit, auquel Chriftophle Colomb
donna dès le commencement le nom de Bouche de Dra
gon, Boca del Drago. Il a confervé jusqu'à préfent ce nom,
& il lui convient allez, parce qu'il eft très dangereux. Cette
ifle forme entr'elle & la terre une baie, dans laquelle la
riviere de l'Orenoque fe décharge par plufieurs embouchu
res. Oviedo, distinguant avec plus de foin la hauteur de
cette ifle, dit, que fa côte méridionale eft éloignée de la
ligne de neuf degrés, & la côte feptentrionale de dix; ce

qui
s'accorde mieux avec les obfervations, quoique Ralegh
mette à huit degrés la pointe qu'on appelle ordinairement
Punta del Gallo ou Curiapan. Les Hollandois, felon leurs
remarques, placent le cap oriental & la côte du nord à
10d 30' ou un peu plus. Ceux qui navigent de la riviere
d'Amagore vers le nord quart à l'oueft, arrivent à une
pointe de cette ifle appellée Punta Blanca. De-là la côte
court cinq ou fix lieues vers l'oueft-fud-oueft, jusqu'à la
pointe del Gallo, qui eft baffe & presque auffi rafe que la
mer, & d'où s'étend en mer un banc de rocher, fur lequel
il n'y a pas plus d'onze ou douze pieds d'eau. De cette
pointe jusqu'au paffage, on compte quatorze ou quinze
lieues. Le détroit qui eft entre le continent & la pointe oc-
cidentale de l'ifle, a trois lieues environ de largeur ; mais
il

Y a quatre ou cinq ifles qui l'étréciffent, & n'y laiffent que de petits paffages, par lesquels l'eau court d'une grande furie. Des quatre ouvertures qu'il y a, on n'en pratique guères que deux ; l'une desquelles, nommée la petite Embouchure, eft fi profonde, que la fonde n'en peut trouver le fond. * De Laet, Descript. des Indes occident. . 17. c. 27.

Les Espagnols eftiment que l'ifle de la Trinité eft à deux cents lieues de l'ifle Hispaniola, à foixante de la Dominique, nord & fud, & à quarante de la Marguerite & de Cubagua. Elle a, felon Herrera, cinquante lieues de longueur, ou trente-cinq & plus, comme il dit ailleurs, & trente lieues de largeur. Selon Oviedo, elle eft longue de vingt-cinq lieues, & large de dix-huit ou vingt; ce qui eft plus vraisemblable. Sa forme eft triangulaire. L'air palle pour y être mal fain; parce qu'elle est très-fouvent couverte d'épais brouillards & de vapeurs. Les auteurs ne s'accordent guères fur la qualité de fon terroir. Herrera dit qu'il n'eft ni fertile ni propre à être cultivé. Ralegh, qui, en 1595, y fut quelque tems à l'ancre & la vifita, écrit que fa partie feptentrionale eft couverte de montagnes ;

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mais qu'ailleurs la terre eft allez féconde, qu'elle produit les grains du pays, & pourroit nourrir des cannes de fu cre; qu'elle abonde en maïs, en caffave, &c. & en divers fruits. Dans les forêts il y a un grand nombre de bêtes fauvages, fur-tout des fangliers, & une espéce d'animal qui ne fe trouve que rarement, de forte qu'elle feroit fuffifante pour nourrir un grand nombre d'habitans. Quelques-uns veulent qu'il y ait des mines, même d'or, ce qui n'eft encore bien conftaté.

pas

Les habitans de l'ifle de la Trinité, s'appellent d'un nom commun CAIRI, & felon d'autres Carni: delà quelquesuns veulent qu'elle ait autrefois été divifée en deux provinces, l'une desquelles fe nommoit CAMUCARAS & l'au tre CHACOMARIES. Il y eft paffé de la terre ferme d'autres nations; favoir, les JAos, qui fe font placés auprès de Porico; les A&WAQUES, qui font près de la pointe de Carao; les SEBAYS OU SALVAIS, près de Curiapan; les NEPOYS, au voifinage du cap de la Galera, & les CARINEPAGOTES, vers la colonie des Espagnols. Ces Sauvages différent en rien des autres. Ils vont tout nuds & fe peignent le corps de rouge. La petite ville des Espagnols, qui porte le nom de S. JOSEPH, eft fituée dans la partie méridionale de l'isle.

ne

On met entre les chofes remarquables de cette ifle une pointe de terre que les Sauvages nomment Pichen, & les Espagnols Terra de Brea. Tout auprès, on trouve dans la terre une forte de poix en fi grande abondance, qu'on en pourroit charger un nombre infini de navires; mais de Laet ne croit pas qu'elie vaille la peine qu'on l'aille prendre, parce qu'elle n'eft pas propre pour les vaiffeaux, fe tamolliffant trop au foleil.

6. TRINITÉ, (LA) petite ville de l'ifle de Cuba en Amérique; elle eft fur une belle riviere fort poiffonneufe; elle a un affez beau port, fort acceffible & for: commode pour beaucoup de vaiffeaux. Tout fon négoce confifte en tabac, qui eft très-bon.* Du Lignon, Mémoires manuscrits.

7. TRINITÉ DE VENDÔME, (la) abbaye de France, de l'ordre de S. Benoît, dans la ville de Vendôme, dio cèle de Blois, fondée en 1032, par Géofroy Martel, comte d'Anjou & du Vendomois. Il enrichit cette abbaye de la fainte Larme, qu'il avoit apportée d'Outremer. Elle rapporte quinze mille livres.

TRINIUM, fleuve d'Italie. Pline, f. 3, c. 12, le marque dans le pays des Frentani. On la nomme préfentement

TRIGNO.

TRINO, ville d'Italie, dans le Montferrat, à un mille au nord du Pô, à deux milles au nord occidental de PonteStura, & à fept ou huit milles au couchant de Cafal. Cette petite ville fortifiée à la moderne, eft arrofée de deux petites rivieres. Elle appartenoit au duc de Mantoue, & elle dépend aujourd'hui du Piémont. Elle fut cédée au duc de Savoie en 1631, par le traité de Quierasque. Les guerres de Piémont, durant lesquelles elle fut prife & reprife plufieurs fois, la firent beaucoup fouffrir. * Magin, Carte du Montferrat.

TRINOBANTES. Selon Céfar, Bell. Gall. I. 5, c. 20, TRINQUANTES, felon Tacite, & TRINOANTES, felon Prolomée, 2, c. 3, peuples de la grande Bretagne. Ils habitoient, felon quelques-uns, aux environs de Londres; d'autres les mettent dans le pays, appellé depuis Ellex; & d'autres veulent qu'ils ayent habité le Middelfex. Les Trinobantes voyant que Céfar s'approchoit de leur pays, lai envoyerent des députés pour lui demander la paix. En même tems ils le fupplierent de prendre fous la protection Mandrubatius leur roi, qui s'étoit retiré dans les Gaules, après la mort d'Immanuantius fon pere, à qui Caffivellaunus ayoit ôté la vie, après lui avoir enlevé les états. Céfar promit de leur envoyer Mandrubatius, à condition qu'ils lui. fourniroient des vivres, & qu'ils lui livreroient quarante otages, à quoi ils obéirent fur le champ. Les Trinobantes furent des premiers qui fe fouleverent contre les Romains, du tems de l'empereur Néron.

TRINQUETAILLE, bourgade de France, dans la Provence & dans la Camargue, à la droite & fur le bord occidental du bras du Rhône, fur lequel eft fituée la ville d'Arles. Cette ville étoit anciennement des deux côtés de la riviere, mais il y a long-tems que celle qui étoit à la droite eft détruite. On n'y voit plus aujourd'hui qu'une petite bourgade appellée Trinquetaille. C'étoit autrefois

une fortereffe, qui, après avoir été long-tems tenue par les feigneurs des Baux, fut prife & rafée en 1161, par Raymond Berenger, comte de Barcelone & de Provence. Longuerue, Descr. de la Fr. part. 1, p. 356.

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TRINQUILIMALE, fortereffe de l'ile de Ceylan, dans la partie orientale de l'ifle, à l'entrée de la baie de Trinquilimale, ou de Los Arcos, fur une pointe, qui avance dans la mer du côté du nord, felon de l'ifle, Carte de l'ifle de Ceylan. L'abbé le Grand, dans fa traduction de l'hiftoire de l'ifle de Ceylan, L. 1, c. 12, par Jean Ribeyro, écrit Trinquinimale, & dit que cette fortereffe eft faite en triangle, avec trois baftions & dix piéces de canons de fer. Elle eft, ajoute-t-il, fur une éminence qui avance dans la mer, & qui commande l'anfe d'Arcos. Les Portugais y entretenoient autrefois un capitaine avec cinquante foldats, un aumônier & un canonnier, & il y avoit environ seize habitans.

TRINYTHIS, ville d'Egypte, felon la notice des dignités de l'Empire, fedt, 29, où on lit Ala prima Quadorum Oafi minore Trinytheos.

TRIOBRIS, Heuve de la Gaule Aquitanique. C'eft Sidonius Apollinaris, in fuo Propemptico ad libel. v. 22, qui parle de ce fleuve. Vinet lit TRIORBIS, & Ortelius croit que c'eft l'ORBIS de Strabon

TRIOCLA. Voyez TRICALUM.

TRIODUS. Les Grecs donnoient ce nom à un lieu où aboutiffoient trois chemins. C'eft ce que les Latins appel. lent TRIVIA. Paufanias, 1. 8, c. 36, parle d'un de ces lieux, qui étoit dans l'Arcadie fur le mont Ménalien. Ce fut dans ce lieu que les Mantinéens, par le confeil de l'oracle de Delphes, enleverent les os d'Arcas, fils de Callifto.

TRIOMPA, ou TRIOPA-VALÉE, OU TROPPIA, petit pays d'Italie, dans les états de la république de Venife, au Breflan. Il s'étend le long de la riviere Mela, qui le traverfe de l'orient à l'occident. Il a en quelque façon retenų le nom de fes anciens habitans appellés TRIUMPILINI. Voyez ce mot. On trouve dans cette vallée une belle mine de fer. * Magin, Carte du Breffan.

TRION. Voyez TRIUM.

TRIONTO, petite riviere d'Italie au royaume de Naples, dans la Calabre citérieure. Elle a fa fource près du bourg d'Acri, elle mouille celui de Longo-Buco, & reçoit divers ruiffeaux à la droite, entre lesquels le Loreto eft le plus confidérable; après quoi elle va fe perdre dans le golfe de Tarente, près du cap de Trionto. Cette riviere eft l'Hylias des anciens.

TRIONTO, cap d'Italie au royaume de Naples, dans la Calabre citérieure, fur le golfe de Tarente, près de l'embouchure de la riviere de Trionto.

TRIOPALA, nom d'un fleuve dont parle Vibius Sequefter. Voici le paffage, Triopala, qui & Afforus, juncta Albo Megarenfium.

TRIOPIA. Voyez GNIDE.

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TRIOPIUM. Voyez GNIDE. TRIOPS, promontoire de Gnide, felon Théocrite. Wipfemius fon interpréte en fait une ville de la Carie. C'eft la même chofe que Triopia. Voyez GNIde.

TRIORBIS. Voyez TRIOBRIS.

TRIPALDA, bourg d'Italie, au royaume de Naples, dans la principauté ultérieure, avec titre de duché. Ce bourg eft fitué fur le fleuve Sabbato, à la droite, près & presque vis à vis de la petite ville d'Avellino. * Magin, Carte de la principauté ultérieure.

TRIPANTE, lieu des Indes, fur la route de Gandicot à Golconda, entre Doupar & Mamili, à quatre lieues du premier de ces gîtes, & à huit du fecond. On voit à Tripanté, dit Tavernier dans fon voyage des Indes, l. 1, c. 19,. une grande pagode fur une colline, dont tout le tour fait un escalier, & eft revêtu de pierres de taille. La moindre marche de cet escalier a dix pieds de long & trois de large, & dans la pagode il y a plufieurs figures de démons. Il y en a une entr'autres qui reffemble à une venus toute droite, avec plufieurs démons fur elle dans des postures affreuses. Ils font faits, ainfi que la venus, d'une feule pierre de marbre, mais dont la sculpture eft fort grosfiere.

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