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lane, la Baldine, la Templaire, ou la Porte des Tem pliers, & la Xareane; mais dans la fuite on l'agrandit de beaucoup, & de ronde on la fit carrée. Pré fentement il y a douze portes, dont les principales font celles du Réal, des Juifs, de Rufafe, des Innocens, de los Saranos, & de los Tintes. Il y a dix mille puits ou fontaines d'eau vive, & cinq grands ponts fur la riviere de Guadalaviar ; entre lesquels celui qu'on appelle Réal eft le plus beau. Celui de la porte Serance, qui eft enfuite, mene au palais du Viceroi. Ces ponts ont quinze pas de largeur & trois cens de longueur.

Valence n'eft pas une Place forte. On y fait de très-bonnes draperies, qui font fortes, d'un bon ufage, & propres à réfifter à la pluie. On y fait auffi quantité d'étoffes de foie : de-là vient que les mû riers y font d'un gros revenu pour les habitans. La beauté du lieu, les agrémens de fa fituation, la fertilité du terroir, la douceur de l'air, le voifinage de la Mer, tout cela ensemble fait que Valence eft habitée par la plus grande partie de la Nobleffe du Royaume, & par un très-grand nombre de Marchands qui y font fleurir le commerce. L'Univerfité y attire auffi beaucoup de gens d'étude.

Cette ville a l'honneur d'avoir produit deux Papes de la Maifon de Borgia, favoir Alfonfe & Roderic: le premier prit le nom de Calixte III, & le fecond celui d'Alexandre VI. Le favant Louis Vivès étoit auffi de Valence. Les Rois y tenoient ci-devant un Viceroi, commandant de leur part, & qui régloit les affaires de ce Royaume avec douze Confeillers qu'on lui donnoit pour Affeffeurs. Le Roi pouvoit dispofer de cette Charge en faveur de qui il vouloit: mais il étoit obligé d'aller à Valence, & d'y préfenter fon fils aux Etats pour Prince. Cet ufage ne fubfifte plus. Philippe V. dépouilla en 1705, ce Royaume de fes priviléges, pour avoir tenu le parti de l'Archiduc, & il a réuni le Royaume de Valence à celui de Caftille, dont il doit être déformais une Province. La ville a un gouverneur pour fes affaires particulieres, & il fe nomme Corregidor. La Nobleffe fait un corps à part, & a de même une Chambre particuliere, qu'on appelle la Cafa de la Députacion. Il ne faut pas oublier qu'on trouve à Valence un grand nombre de monumens d'antiquités, & que cette Ville a eu l'honneur de voir célébrer un Concile dans fon enceinte l'an 524.

Tout près de cette ville, au midi, la mer forme un lac de trois lieuës de long, & d'une de large. Les habitans l'appellent Albufera, d'un nom retenu des Maures; les Romains le nommoient amanum Stagnum. Il eft fécond en divers poiffons fort délicats: on y pêche entr'autres des thons, des alofes & des anguilles.

LE GOLFE DE VALENCE eft formé par la partie de la mer méditerranée qui baigne les côtes du royaume de Valence. Il s'étend depuis l'embouchure de l'Ebre, jufqu'au Cap nommé la Punta del Empo

rador.

3. VALENCE, ville de France dans le Dauphiné, & la capitale du Valentinois, auquel elle donne fon nom. Elle eft fituée fur le bord oriental du Rhône, à fept lieuës de Die, à neuf de Viviers, & à onze de Vienne, entre ces deux dernieres villes. C'eft une des plus anciennes villes des Gaules, puisqu'elle étoit déja colonie Romaine du temps de Pline l'ancien qui vivoit fous Neron & Vespafien. *Longuerue, Descr. de la France, part. 1, p. 330. Après l'inisttution des nouvelles provinces, Valence demeura fous la premiere Viennoife, & après la ruine de l'Empire Romain, elle fut foumife aux Bourguignons, & enfuite aux François Movingiens. Sous les Carlovingiens, elle fut du Royaume de Bourgogne & d'Arles & reconnut ceux qui, n'étant pas de la race de Charlemagne, jouirent de ce Royaume.

Cette Ville n'étoit point fujette aux comtes de Valentinois. Les Evêques y étoient fort puiffans; mais elle ne reconnoiffoit pour véritable fouverain que l'Empereur Roi de Bourgogne & d'Arles. Frederic Barberouffe, étant dans la ville de Befançon,

donna la propriété & la feigneurie abfoluë de la ville de Valence à l'Evêque nommé Eudes, & par fes Lettres, il voulut que tous les Monafteres & autres Eglifes fuffent, pour la Jurisdiction temporelle, affujettis à ce Prélat, qui ne devoit reconnoître audeffus de lui, pour la ville de Valence, & pour tout ce qui appartenoit à fon Evêché, que l'Empereur feul. Depuis ce temps les Evêques prirent le titre de comtes de Valence, qu'ils confervent encore aujourd'hui. Ils ont eu le haut domaine de leur ville, jusqu'à l'an 1449, que l'Evêque, Louis de Poitiers, reconnur la fouveraineté de Louis, Dauphin de Viennois, Comte de Valantinois & Diois, à qui il fit hommage, ayant fuivi l'exemple de Jean Gerard, Archevêque de Vienne, fon Métropolitain; de forte qu'il n'eft refté à l'Evêque que la feigneurie utile, & le Roi y établir un fiége Royal, & un préfidial.

Hofman dit que la ville de Valence a été ainfi appellée, à caufe qu'elle étoit très-forte, Valentia à viribus & robore. Cette ville eft d'une médiocre grandeur. Sa cathédrale eft un affez joli bâtiment. Le choeur eft plus élevé que la nef. La place des clercs qui eft vis-à-vis de cette Eglife, eft affez grande; mais les maisons qui font autour n'en font pas belles: Il y a encore quelques autres Places dans la ville entr'autres celle de la Pierre où fe tient le marché. L'Evêché eft une belle maifon. Les vûes du jardin donnent fur le Rhône, & font fort étendues. La citadelle fur bâtie fous François I, & eft peu de chose. Dans le cloître des Cordeliers on voit la représen tation d'un fquelette de Géant, qui avoit quinze coudées de haut. Une inscription latine, qu'on fit mettre au même endroit en 1648, nous apprend que ce Géant s'appelloit Buardus, & que c'étoit un tyran du Vivarez, dont les os ayant été trouvés en 1456, furent enterrés dans ce cloitre. Les murailles de la ville font fort bonnes, & le mail eft dans les fosfés. On a tenu trois Conciles à Valence; le premier en 374; le fecond en 584, & le troifiéme en 855. * Piganiol, Defcr. de la France, t. 4, p. 58.

des

Il y a aujourd'hui dans la ville de Valence l'Abbaye de Saint Ruf, qui eft chef d'Ordre, & dont les religieux font chanoines réguliers de Saint Auguftin. Cet inftitut eut fon premier commencement à Avignon par certains prêtres, qui voyant la vie licentieufe du Clergé de ce temps-là inftituerent un Ordre de clercs, lesquels (fans abandonner leur profeffion,) joignirent à la vie cléricale une partie des auftérités des moines, en s'engageant par vœux à la vie religieufe. Benoit, Evêque d'Avignon, leur donna l'ancienne Eglise de Saint Ruf, qui étoit fur la Durance; ils y demeurerent cent dix ans, après quoi l'Abbé Raimond transfera l'an 1162, ce monastere près de la ville de Valence, dans une isle du Rhône, nommée l'Esparviere. Les réformés ayant ruiné de fond en comble cette Abbaye, fous Charles IX, l'Abbé & les religieux fe retirerent dans la ville de Valence.

y

L'Evêché de Valence eft fort ancien, puisque dès l'an 300, il y avoit un Evêque, appellé Emilien, dont il eft parlé dans la vie de Saint Marcellin. Cet Evêché vaut environ quatorze mille livres, & a dans fon diocèfe cent une paroiffes, foixante & fix desquels font en Dauphiné, trente-cinq en Vivarez. L'Eglife Cathédrale fut confacrée en 1096, par le Pape Urbain II, en l'honneur de Saint Corneille & de Saint Cyprien, quoiqu'elle porte aujourd'hui le nom de Saint Apollinaire. Son Chapitre eft compofé d'un Doyen, d'un Prevôt, de l'Abbé de Saint Felix, & d'un Archidiacre, qui font les quatre Dignités. Il a un Précenteur & un Sacriftain, qui ont rang avant les Chanoines, mais qui ne font que perfonnats. Les Chanoines font au nombre de quatorze. Leur revenu eft différent fuivant leur ancienneté. On les eftime depuis trois cens livres jufqu'à onze cens cinquante. Le Chapitre de Saint Pierre du Bourg, eft auffi dans Valence, & eft compofé de huit Chanoines, dont le premier eft appellé le Prieur, & jouit de quatre cens livres de rente. Le revenu des autres dépend auffi de l'ancienneté, & va depuis cent cinquante livres jusqu'à fix ou fept cens. Il n'y a dans ce diocèse que

deux Abbayes d'hommes, qui font celles de Saint Ruf, & celle de Saint Thiers de Saou, & deux de filles, celles de Vernaifon, & de Soyon.

Les environs de Valence font agréables & arrofés par des fontaines, dont les eaux font très-pures. On monte fur un petit côteau qui fait un demi-cercle autour de la ville, & qui lui fert, pour ainfi dire, de cirque naturel, auffi exactement fait que fi c'étoit un Ouvrage de l'art..

A l'accafion du portrait du fquelette gigantesque, qu'on voit aux Cordeliers de Valence, Spon, Voyage de Provence, l. 1, remarque qu'on en a transporté quelques os au cabinet du Roi, & qu'on en montre au Couvent de Saint Ruf, qui font d'une grandeur prodigieufe. On eft encore plus infatué de ces os de Géans à Soyons & à Charmes : ce font deux Villages près de Valence, au-delà du Rhône. On y montre de ces grands os, & dans la campagne on voit des pierres à peu près comme des pierres de moulin trouées au milieu, dont les femmes de ces Géans, à ce que difent les bonne gens de ce pays-là, fe fervoient pour mettre au bout de leurs fufeaux. Près de Charmes il y a une petite montagne, à la cime de laquelle fe trouve un tombeau antique, avec une inscription. Le peuple entêté d'une dévotion in discrette, va fouvent vifiter ce fépulcre, prétendant qu'il eft de quelque Saint inconnu. Spon affure pourtant qu'il ne put y obferver aucune marque de chriftianisme, comme font les Croix, les figures de la Bible, l'Alpha ou l'Omega. De dix vers qui y font gravés, on n'en peut lire que deux entiers, qui femblent être plutôt des productions d'un fiécle payen, que d'un fiécle chrétien. Le temps a effacé de la pierre le nom de celui qui y étoit enféveli. Dans la ville de Valence on fait voir un tombeau qu'on prétend être de l'Impératrice Juftine, parce qu'on y lit deffus, D. JUSTINAM, ce que Golnitz dans fon Itinéraire explique très-mal, Diva Juftina Mater ; au lieu de Diis Manibus Juftina; car la premiere & la derniere lettre vont ensemble, étant d'un caractere plus gros que le mot du milieu : c'eft-à-dire que I'on recommandoit aux Dieux manes cette Juftine pour qui étoit fait ce tombeau. Comme le tombeau eft petit, fans ornemens, il paroît que ce n'étoit qu'une jeune fille, dont les parens étoient pauvres, non une Impératrice Romaine. A côté de la porte de Saint Félix, on voit une tour ronde, qui avance beaucoup plus en haut qu'en bas; de forte qu'étant au pied on fe trouve à couvert de la muraille. Quelques-uns croyent que c'est un chef-d'œuvre d'architecture, comme la tour panchante de Pife, & celle de Boulogne, avec lesquelles elle n'eft pas à comparer, ni pour la grandeur, ni pour la fabrique. Mais le peuple, à qui d'ordinaire tout ce qui eft difficile à pénétrer, paffe pour miracle, dit que cette tour s'eft courbée de la forte, lorsque Saint Félix & deux autres Martyrs entrerent dans la ville, comme pour fe profterner devant eux.

L'Univerfité fondée à Grenoble par le Dauphin Humbert II, fut tranferée l'an 1454. à Valence, par Louis XI. Dauphin, & depuis Roi de France. Elle eft compofée de trois facultés, Théologie, Droit Civil & Canon, & Médecine. Il y a deux Profeffeurs en Théologie, quatre en Droit Civil & Canon, cinq Aggregés en Théologie, neuf en Droit, & cinq en Médecine. On compte parmi les Suppôts de cette Univerfité Philippe Décius, Jean de Coras, Antoine Duman, Jacques Cujas, François Hotman, Jules Pacius, & plufieurs célebres Jurisconfultes.

4. VALENCE, ville de France, dans l'Agénois, Election d'Agen, fur le bord feptentrional de la Garonne, vis-à-vis d'Aurignac, à trois lieuës au-desfous de Moiffac. C'eft une fort petite Ville.

5. VALENCE, ville de France, dans l'Armagnac, Election de ce nom, fur la Blaife, à cinq lieuës au Septentrion de la Ville d'Auch. Elle vaut à peine un bon bourg.

6. Valence, ville de France, dans le haut Languedoc, Recette d'Alby. Cette petite ville, fituée dans une plaine, eft entourée de foffés pleins d'eau. C'est le Siége d'une Préfecture, & l'une des dou

ze principales préfectures du diocèfe d'Alby.

7. VALENCE, Valentia. Abbaye d'hommes en France, de l'Ordre de Cîteaux, filiation de Clairvaux, dans le Poitou, au diocèfe de Poitiers, fur la petite riviere de Boulaye, à deux lieues au midi de Vivonne. Il paroît par quelques veftiges que c'étoit autrefois une magnifique maifon. Elle fut commencée le huitiéme des Ides d'Août 1230. par Hugues de Lufignan, Comte de la Marche & d'Angoulême, qui lui céda neuf années après le droit de foires, avec péage & rente. Cette Abbaye eft fous le titre de Notre-Dame, & l'Abbé jouit de deux mille cinq Cens livres de revenu.

8. VALENCE, ou VALENÇA D'ALICANTARA, ville d'Espagne, dans l'Eftramadoure, au fudoueft d'Alcantara, aux frontieres du Portugal. C ette Ville, paffablement grande, eft ceinte d'une muraille antique, flanquée de quatre ou cinq petits bastions bâtis fur le roc, avec quelques tours, & un vieux Château au dedans auffi bâti fur le roc. * Delices d'Espagne, p. 370.

,

9. VALENCE, ou VALENÇA DO MINHO, ville de Portugal, dans la province d'Entre Douro Minho aux frontieres de la Galice, à l'Occident de Monçaon, vis-à-vis de Tuy. Cette place eft fituée fur une hauteur, dont la pointe s'étend jusqu'au bord du Minho, & fortifiée de cinq bastions qui ne font pas revêtus. Valença do Minho eft le chef-lieu d'un Comté qui appartient aux Marquis de Villaréal, de la maifon de Menefés. * Délices de Portugal, p. 701.

10. VALENCE ou VALENZA, ville forte d'Italie, dans le Duché de Milan, Capitale de la Laumeline, fur la rive droite du Pô, au-deffus de fa jonction avec le Tanaro. Cette ville eft ancienne, puisque tous les géographes conviennent que c'eft le Forum Fulvii, dont il eft parlé dans la Notice de l'Empire, & le Forum Valentinum de Pline. Elle a fouvent été prife, & reprise : en 1656. le Duc de Modene, & le Duc de Mercœur, s'en rendirent les maîtres le 16 Septembre. Delisle, Jaillot, Baudrand.

VALENCÉ, VALENÇEY ou VALENÇAY, ville de France, dans le Berry, au midi de Selles, fur la rive gauche du Nahon; les feigneurs du lieu écrivent VALENCE, à cause, difent-ils, que le château de ce nom eft fitué fur une éminence dont la valée reffemble à un C. Elle eft du reffort de Blois, quant à la Justice & à la féodalité. Elle eft formée par trois gros bourgs, au milieu desquels le château eft fitué. Cette maifon a été bâtie fur un deffein donné par Philibert de Lorme, Architecte fameux fous le regne de François I. quoiqu'il n'y ait que la moitié de ce bâtiment qui foit achevée, elle peut être regardée comme une des plus belles maifons de France. Voici la description qu'en a fait un écrivain qui avoit été fur les lieux. On y arrive par trois avenues qui conduifent à quatre différentes cours faites en ovale, au côté desquelles font les preffoirs & les ménageries. De ces cours, qui font une agréable fimétrie, on entre dans le château, entouré de grands foffés à fond de cuve. L'entrée eft décorée d'un fort grand pavillon, aux deux côtés duquel font deux groffes tours, l'une desquelles communique à un grand corps de logis double. Les tours & le Pavillon font bordés de Machicoulis fculptés de beaux ornemens, de même que le corps de logis. La cour eft carrée, & vis-à-vis du pavillon d'entrée, il y a une muraille à jour, qui a vûe fur un valon en forme de C. Le côté qui ferme la cour, vers le Nord, eft un bâtiment qui a fes ufages particuliers. La face du grand pavillon, & celle du grand corps de logis, ont du côté de la cour trois galeries les unes fur les autres, qui communiquent à tous les appartemens, & dont les Arcades font ornées de fort beaux trophées d'armes de bas relief. Sous ces galeries il y en a une fouterraine qui conduit aux offices, qui font fous le grand corps de logis. Le dedans du château a un beau veftibule, & un bel escalier qui fe communique à une grande falle, où il y a des ouvrages de peinture & de fculpture. Quelquesuns font de Pierre de Cortonne, & les autres de Jean Mofnier. On va du corps de logis par un Pont de

pierre, qui traverfe le foffé, fur une grande terraffe ornée de beaux ouvrages de fculpture, laquelle préfente à la vûe du côté gauche une perspective de prairies, de côteaux & de forêts, qui la bornent agréablemet ; & à la droite eft un grand verger, & un clos de vignes, féparés de la terraffe, par une longue allée d'ormes femelles, au bout de laquelle eft une fortie qui mene dans une agréable campagne. * Piganiol, Descr. de la France, t. 6, p. 480. * Bernier, Hist. de Blois, p. 224.

VALENCIENNES, ville de France, dans le Hainaut,entre Condé & Bouchain, fur les deux bords de l'Escaut, qui y devient navigable. Cette ville, dit Longuerue, Descr. de la France, part. 2, pag. 103. eft fort ancienne; elle étoit déja bâtie dans le commencement du cinquieme fiecle, fous l'Empereur Honorius ; & il y avoit des troupes qui prenoient le nom de cette Ville, & qui font marquées à la quarantieme fection de la Notice de l'Empire, fous le nom de Placidi Valentinianici felices, & Valentinianenfes felices. Ces mêmes Valentinianenfes font marqués fous le général de la cavalerie des Gaules, tum viro illuftri Magiftro Equitum Galliarum; ce qui fait voir que cette place doit fon origine à un Valentinien, & non à Valens, qui n'a jamais eu aucun pou voir dans les Gaules;& comme Valentiniana étoit déjà un lieu connu & célebre avant la mort d'Honorius,on doit attribuer fon origine à Valentinien I, ou à fon plus jeune fils, qui regna trois ou quatre ans dans les Gaules, & non pas à Valentinien III, fucceffeur d'Honorius. Pour connoître ce qu'il y a de foible dans ce raifonnement. Voyez l'article VALENTI

NIANE.

Les rois de France avoient un Palais à Valenciennes, comme on le voit par une patente de Clovis III, qui y tint une affemblée des grands du royaume dans la troifieme année de fon regne, Valentianis in Palatio noftro. Ainfi dès-lors le nom de Valentiniana avoit été corrompu en Valentiane. On trouve néanmoins une patente de l'empereur Lothaire, fils de Louis le Débonnaire, donnée en la cinquieme année de fon regne, Indiction VIII, c'est-à-dire, l'an 845, où on lit actum Valentinianis, Palatio regio. Dans ce temps-là, quoique Valenciennes eût un palais royal, ce n'étoit qu'une fort petite ville ou bourgade puisqu'Eginard, dans la relation qu'il a faite de la tranflation des corps des martyrs Marcellin & Pierre, l'appelle Pagi Fanomartenfis Vicum, & Lothaire, dans fa patente dit, que Valenciennes étoit in Pago Panomartenfe. Ce lieu Farnomarte, qui eft aujourd'hui un village nommé FANMARS peu éloigné de Valenciennes, & qui a pris fon nom de quelque temple de Mars, eft auffi marqué dans la Patente de Lothaire, qui dit que Valenciennes étoit in Pago Fanomartenfe; & ce village de Fanmars ayant donné le nom au Pays d'alentour, a dû être un lieu plus confidérable que Valenciennes. Mais la fituation avantageufe de celle-ci l'a fait devenir une ville puiffante & riche. L'Efcaut qui la coupe par le milieu, & où il y a de belles éclufes, y porte bateau. Comme cette riviere la divife en deux, la ville eft auffi des deux diocèfes, de Cambrai & d'Arras. C'est ce qui fait qu'elle a été attribuée par quelques auteurs au Hainaut, & par d'autres à la Flandre. Les empereurs, de qui Cambrai & le Hainaut relevoient, prétendoient avoir la Souveraineté de toute la ville; ce qui leur a été difputé par les comtes de Flandre, & les rois de France, de qui ces comtes relevoient.

un

Sous le regne de Lothaire, roi de France feigneur, nommé Garnier, qui étoit comte de Valenciennes, prit le parti de l'empereur Othon le Grand. Brunon, archevêque de Cologne, frere de l'empereur, donna à Garnier Mons & tout le Hainaut, parce que cet archevêque avoit la fur-intendance de rout le royaume de Lorraine, & il en dépouilla le comte Reinier au long cou. Après la mort de ce comte, fon fils Reinier, fut rétabli en poffeffion du comté de Mons, & Garnier lui vendit l'an 973, fon comté de Valenciennes ; celui-ci le laiffa auffi à fon fils: mais il en fut dépouillé par Godefroi,

Tome VI.

parent de Garnier, qui prétendoit que la vente de Valenciennes étoit nulle. Il eut pour fucceffeur Arnoul ou Arnold, qui fut chaffé de ce comté en 1002, par Baudouin le Barbu, comte de Flandre. Ce comte inveftit du comté de Valenciennes, Reinier, qui fut le dernier mâle de fa race, & à qui Baudouin céda, ou vendit les droits qu'il avoit eus de l'empereur Saint Henri. Ce comte & fa fille Richilde furent troublés dans la poffeffion de Valenciennes, par Herman, de la race des anciens feigneurs de cette ville, qui s'en mit en poffeffion. Et ce ne fut qu'a près fa mort que la comteffe Richilde & fon mari Baudouin, dit de Mons, comte de Flandres, prirent poffeffion de Valenciennes, & en jouirent paifiblement, comme ont fait tous fes fucceffeurs comtes de Hainaut, jusqu'à Charles II, roi d'Espagne, qui perdit cette ville en 1677. Le feu roi Louis XIV, qui avoit affiégé en perfonne cette importante place, s'en rendit maître ; & elle lui fut cédée l'année fuivante 1678, par le traité de Nimegue.

Outre le comte qui étoit le haut feigneur à Va lenciennes, il y en avoit encore un autre, qui étoit le châtelain héréditaire,& ce châtelain étoit propriétaire de Bouchain, & de la plus grande partie de l'Oftrevand. Le premier châtelain héréditaire que l'on trou ve fe nommoit Hugues, & vivoit vers l'an 1038. C'eft de lui que descendoit, par mâles, Godefroy, III du nom, châtelain de Valenciennes ; & ce fut lui qui vendit en 1160 fa châtellenie & tous fes biens à Baudouin, dit le Bâtiffeur, comte de Hainaut.

La fituation de Valenciennes eft extrêmement commode, à caufe de l'abondance des eaux qui font portées par de petits canaux dans plufieurs maifons particulieres: cette ville eft d'ailleurs fur un terrein un peu panchant : elle peut renfermer quatre ou cinq mille maisons, & environ vingt-cinq mille habitans les rues font étroites, mal percées, & toutes tortues, enforte que c'eft plutôt un labyrinte qu'une ville. Son enceinte eft fort irréguliere, & compofée en partie d'une vieille enceinte qu'on a réparée fur laquelle le maréchal de Vauban a fait conftruire plufieurs grands baftions. Quelques-uns de ces baftions font furmontés de grands cavaliers, & même il y en a qui en contiennent d'eux l'un fur l'autre;le maréchal de Vauban a fait encore conftruire deux grandes contre-gardes, l'une defquelles fert de retranchement à un ouvrage à corne, qui eft lui-même couver d'une demi-lune; plufieurs autres demi-lunes font placées en différens endroits de la ville, furtout vis-à-vis des portes. Il reste encore deux anciens ouvrages à corne, que le maréchal de Vauban à fait réparer & couvrir chacun d'une demi-lune. La citadelle eft une des plus irrégulieres qu'on puiffe voir, & eft divifée en trois parties; l'ancienne citadelle, elle-même très-irréguliere, a été réparée par le même Ingénieur. Tout autour regne un foffé plein d'eau. A mi-côte de la hauteur qui commande cette citadelle, s'éleve un grand ouvrage, qui fait la feconde partie, & qui eft retranché d'un pâté environné d'un foffé plein d'eau. Cet ouvroge eft couvert par la troifieme partie de la citadelle, laquelle eft un grand ouvrage à couronne, qui eft tout-à-fait fur la hauteur, & auffi de la construction du maréchal de Vauban. Ces trois parties fe commandent l'une l'autre. Les deux fronts de l'ouvrage à couronne font couverts chacun d'une demilune, le tout environné d'un foffé fec, auffi-bien que les ouvrages qui l'accompagnent, & qui confiftent en une demi-contregarde, couverte d'une petite lunette. Tout cela eft accompagné de fon chemin couvert & de fon glacis. Plufieurs redoutes carrées & pentagonales font placées aux environs de cette place. Elles font belles & bien revêtues, entr'autres celle qui eft dans l'Efcaut & à laquelle on a donné une figure circulaire.* Piganiol, Desc. de la France, t. 7, p. 257.

Il fe fait à Valenciennes une cérémonie qui n'eft point en ufage dans les autres provinces de France. Si-tôt qu'un Religieux a vécu cinquante ans en religion, on célebre fon Jubilé,& on l'appelle le Pere Ju bilaire. On met une couronne fur fa tête, un fceptre entre fes mains, & on prie à haute voix, qu'il puisse

C

s'en fervir pour paffer le fleuve du Jourdain. On préfente à fes plus proches parens une couronne pareille à la fienne. On chante le Te Deum, & on conduit le moine ainfi couronné à la facriftie, après quoi on régale la famille du pere jubilaire & les religieux.

La ville de Valenciennes eft du diocèfe de Cambrai & de celui d'Arras. C'est l'Efcaut qui fépare ces deux évêchés. La partie de Valenciennes, qui eft à droite de l'Efcaut, eft du diocèfe de Cambrai; & il y a un chapitre nommé Saint Gery, ou de la Salle, qui eft compofé d'un doyen & de quinze chanoines, & dont les prébendes font fort peu de chofe pour le

revenu.

Il y a dans la ville de Valenciennnes une juftice royale appellée la Prevôté-le-Comte, un magiftrat, la juftice de l'abbaye de Saint Jean, une juftice des Traites, le magiftrat de la Halle-Baffe, un confeil particulier, & un confeil général.

La Prevôté-le-Comte, c'est-à-dire, la Prevôté ou Juftice du comte de Valenciennes, eft une juftice royale, compofée d'un lieutenant général, de quatre confeillers, d'un avocat & d'un procureur du roi, dont les charges ont été érigées en offices héréditaires par édit du mois de Mars 1693. La jurisdiction de ce tribunal s'étend fur les vingt-quatre villages de la prevôté, & connoît des cas royaux dans la ville de Valenciennes. L'appel des jugemens de ces officiers eft porté au parlement de Douay; le prevôt eft outre cela chef de la Juftice criminelle dans la ville, où il fait les fonctions de femonceur, & en fon abfence fon lieutenant tient fa place.

Le magiftrat eft compofé d'un prevôt, d'un lieu tenant & d'ouze échevins, qui font nommés tous les ans par le gouverneur de la ville, & par l'intendant de la province, de deux confeillers-penfionnaires, d'un greffier civil, d'un greffier-criminel,qui eft auffi procureur de la ville, & d'un greffier des werps ou nantiffemens. Les offices de ces derniers ont été créés héréditaires, ainfi que celui de tréforier ou maffard de cette ville, qui ont tous été vendus au profit du roi. Le magistrat connoît en premiere inftance de toutes les affaires contentieufes civiles, & de la police de la ville, & par appel des jugemens rendus par le magistrat de la halle-baffe. Ce dernier magistrat eft compofé d'un prevôt, d'un mayeur, de treize échevins, & de vingt hommes de condition, qui tous enfemble décident de tout ce qui regarde la draperie, & font nommés tous les ans par le magiftrat de la ville. Le magiftrat de Valenciennes nomme auffi les cinq Apaifeurs ou pacificateurs de querelles particulie res, qui ne méritent point de peine afflictive; car quant aux autres affaires criminelles, c'eft le magistrat qui en prend connoiffance. Il en jugeoit autrefois en dernier reffort; mais aujourd'hui on en appelle au parlemement de Douay. Le confeil particulier a l'adminiftration des affaires de la ville qui ne regardent point la justice. Il eft compofé d'un magiftrat & de vingt-cinq bourgeois. Le confeil général, ou grand confeil, eft compofé de deux cens perfonnes, & il ne s'y peut rien décider qu'il n'y en ait cent au moins, & que les affaires n'ayent paffé auparavant au confeil: c'eft le magiftrat de la ville qui a le droit de l'affembler, ce qu'il ne fait que pour des affaires extraordinaires, qui regardent le bien public. La juftice de l'abbaye de Saint Jean eft compofée d'un mayeur, de fept échevins & d'un greffier. Cette jurisdiction, qui n'eft que fonciere, féodale, & pour le cas de haute juftice, s'étend fur le quartier de la ville de Valenciennnes, nommé la Tannerie.

Il eft à remarquer que la ville de Valenciennes eft le chef de la châtellenie de Bouchain, de plufieurs villages, de celle d'Ath, de la prevôté du Quesnoy, & de quelques terres enclavées dans la châtellenie de Lille, & dans le Cambrefis. La juftice dans tous ces endroits appartenoit autrefois au magiftrat de Valenciennes, qui y conferve encore le droit d'y faire des réglemens, & de juger l'appel des jugemens rendus dans les juftices des lieux qui font actuellement fous la domination du roi.

Il y a à Valenciennes des manufactures d'étoffes de laine, camelots & bouracans; de toiles fines, qu'on

nomme batifte. Ces étoffes & ces toiles paffent en France, en Espagne & jufques dans les Indes.

Valenciennes a un gouverneur, un lieutenant de roi, un major, deux aides-majors & un capitaine des portes. La citadelle a fon gouverneur particu lier, un lieutenant particulier, un major, un aidemajor, & un capitaine des portes.

VALENDAS, Valendanum, village du pays des Grifons, dans la Haute-Ligue, & de la dépendance de la communauté d'Ilantz, au bord oriental du BasRhin. Il y a près de Valendas une fontaine d'eau bitumineufe.* Etat& Délices de la Suiffe, t. 4, p. 17. 1. VALENGIN, comté joint à celui de Neuchâtel, compris parmi les alliés de la Suiffe, dont ces deux comtés occupent une partie des quartiers occidentaux. C'étoit autrefois un fief mouvant du comté de Neuchâtel, & il a eu fes feigneurs de différentes maifons. Après plufieurs révolutions, il fut vendu à Marie de Bourbon, veuve de Léonor, Duc de Longueville, pour la fomme de foixante & dix mille écus d'or. Ce comté tire fon nom d'une ville, felon de Longuerue; mais plutôt d'un petit bourg d'une vingtaine de maifons, qui eft dans une fituation extraordinaire, dans un vallon étroit & raboteux, entre de hautes montagnes & des rochers, à une lieue au-deffus de Neuchâtel, par un chemin extrêmement rude, où en divers endroits on marche au bord d'un précipice, au pied duquel coule le Seyron, ou Syon, torrent qui paffe à Neuchâtel. Les anciens comtes de Valengin avoient dans ce bourg un château bâti fur un rocher, & il fubfifte encore en partie. Les dépendances de ce comté confiftent en cinq grandes vallées, favoir:

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*Etat & Délices de la Suiffe, t. 3, p. 244.

2. VALENGIN, bourg de Suiffe, & le cheflieu du comté auquel il donne fon nom. Voyez l'article précédent.

VÁLENSES, ou VIOMENSES, Peuple d'Italie dont il eft fait mention dans la vie MS. du Pape Za charie, citée par Ortelius. Ce peuple étoit entre Rome & Ravenne.

VALENSOLE, bourg de France, dans la provence viguerie de Moutiers, au couchant de Riez. Ce bourg a droit de députer aux affemblées générales de la province. Il y a un couvent d'Auguftins établi depuis l'an 1600. & un couvent d'Urfulines. On croit que Saint Mayeur, abbé de Cluni, étoit né à Valenfole.

VALENTANO, bourg d'Italie, au duché de Caftro, environ à deux milles au midi occidental du lac de Bolfena. C'étoit autrefois une ville épiscopale appellée Varentanum, ou Verentum. De là vient Verentani populi, de Pline. * Magin, carte du duché de Caftro.

1. VALENTIA, colonie de la gaule Narbonnoife. Ptolomée, l. 2, c. 10. la donne aux peuples fegalauni. Pline, l. 3. c. 4, la met chez les Cavares. Mais Cellarius, Geogr. antiq. l. 2, c. 2. croit que la ponctuation eft fautive dans cet endroit de Pline, & qu'au lieu de in Méditerraneo Colonia Arelate Sextanorum, Beterræ Septimanorum, Araufio Secundanorum. In agro Cavarum Valentia, Vienna Allobrogum, il faut lire avec de Valois, p. 581. Araufio Secundanorum in agro Cavarum, Valentia, Vienna Allobrogum. En effet on ne fauroit donner au pays des Cavares une fi grande étendue. L'Itinéraire d'Antonin marque cette ville fur la route de Milan à Lyon, entre Augusta & Urfola, à vingt-deux milles du premier de ces lieux, & à égale diftance du fecond. C'est aujourd'hui la ville de Valence. Saint Ambroife, Epift. 27. pour la diftinguer des autres villes de même nom, l'appelle VALENTIA GALLORUM.

2. VALENTIA, contrée de la grande Bretagne, felon Ammien Marcellin, l. 28, c. 3. Les Pictes, les Ecoffois & quelques autres peuples s'étant jettés fur

la province Romaine, fous l'empire de Valentinien I, ce prince envoya contre eux Théodofe l'ancien, qui repouffa ces peuples, s'empara d'une partie de leurs terres, & fit conftruire deux forts fur l'Ifthme, qui fépare les deux mers, afin de les tenir plus éloignés. Par là les terres des Romains fe trouverent augmentées d'un grand pays, dont Théodofe fit une cinquieme province à laquelle il donna le nom de Valentia, pour faire honneur à Valentinien. Ce pays faifoit partie du royaume des Pictes, qui par ce moyen fe trouva confidérablement diminué. Cette province comprenoit la meilleure partie de l'Ecoffe: auffi cette invafion nouvelle irrita tellement les Calédoniens, que jamais ils ne cefferent depuis de harceler les Romains & les Bretons leurs fujets. Tant que l'empire Romain eut affez de force pour fe foutenir leurs efforts furent inutiles; mais d'abord qu'il vint à chanceler, c'eft-à-dire, dès le commencement du cinquieme fiecle, les Calédoniens, revenant à la charge, avec une nouvelle fureur, franchirent toutes les barrieres qu'on leur avoit oppofées, & firent de grands ravages dans la province des Romains. Ceuxci les repoufferent quelquefois; mais ayant affez à faire chez eux, il fe retirerent dans la province de Valence, & bâtirent de groffes pierres la muraille que l'empereur Severe avoit élevées deux cent trente ans auparavant, entre l'embouchure de la Tyne & celle de l'Eden.

3. VALENTIA, ville du Pont, felon la notice des dignités de l'Empire,fect. 27, où on lit, Cohors prima Theodofiana Valentia.

4. VALENTIA, ville de l'Espagne Tarragonnoife: Ptolomée, l. 2, c. 6. qui la donne aux Contestains, la marque dans les terres. Cependant Pline,/. 3, c. 3. la met dans le pays des Edetains, à trois milles de la mer, & lui donne le titre de colonie. C'eft aujourd'hui la ville de Valence, capitale d'un royaume de même nom. Ortelius cite deux auteurs, qui difent que cetre ville fut d'abord appellée ROMA, d'un ancien roi d'Espagne appellé Romus. Il y a dans le tréfor de Goltzius une médaille avec ces mots. COL. JUL. VAL. qui pourroient s'entendre de cette ville, en les expliquant par COLONIA JULIA VALENTIA. *Annius in Manethon. P. Ant. Beuterus in Hisp. Chron.

5. VALENTIA, ville d'Espagne. Le conful Junius donna cette ville avec des terres aux foldats qui avoient combattu fous Viriatus. Cette Ville, felon Mariana, étoit fur le Minho; & fon nom s'eft confervé jusqu'à préfent. C'est aujourd'hui Valença, ville de Portugal, dans la province de Tra-los-montes, fur la rive gauche du Minho, vis-à-vis de Thuy. * T. Livii Epit. l. 55, de reb. Hift. 1. 3, c. 7.

6. VALENTIA, Voyez VIBO.

7. VALENTIA, ville d'Italie, dans la Meffapie, ou la Calabre. L'itinéraire de Jérufalem la marque entre Clipia & Civitas Brindeft, à treize milles du premier de ces lieux, & à onze milles du fecond. Au lieu de VALENTIA, un Manuscrit porte VALENTIO; car c'eft apparemment le Balentum de la Table de Peutinger, le Baletium de l'Anonyme de Ravenne, le Balefium de Pline, l. 3, c. 11. & le Valetium de Pomponius Mela, l. 2, c. 4. Ce lieu auquel quelquesuns donnent le nom de ville, étoit à l'embouchure du fleuve Pactius, à la droite, felon la table de Peuringer, & à la gauche, felon Cluvier.

8. VALENTIA, ville de l'isle de Sardaigne. Ptolomée, l. 3, c. 3. marque dans les terres une ville nommée VALERIA Quanspía; mais il rend lui-même ce nom fufpect, en plaçant dans le même quartier un reuple appellé VALENTINI Quantivo; & d'ailleurs le nom de Valentia fubfifte encore préfentement dans l'isle, au milieu des terres, en tirant un peu vers l'orient. C'en eft affez pour faire conjecturer que lé nom de cette ville étoit VALENTIA & non VALE RIA. Les habitans de cette ville étoient fans doute les VALENTINI de Pline, l. 3, c. 7.

VALENTIANE, nom de la ville de Valenciennes, dans le Hainaut, fur le bord de l'Escaut. Cluvier a écrit VALENTINIANE, au lieu de VALENTIANE, parce qu'il s'étoit imaginé que les foldats

nommés VALETINIANENSES, dans la notice des dignités de l'empire, tiroient leur nom de cette ville pour y avoir été en garnifon. Mais Cellarius, Geogr ant. l. 2, c. 3. prétend que c'est une erreur. Ces foldats, dit-il, ne prirent pas le nom du lieu où ils étoient en garnifon, mais celui du prince Valentinien qui les avoit établis. Pour confirmer fon fentiment, il ajoute que dans la même notice, ces foldats furnommés Valentianenfes,font joints avec les Gratianenfes & les Honoriani, qu'on ne peut pas dire avoir été ainfi nommés d'aucun lieu où ils ayent été en garnifon. Le nom de cette ville dans l'hiftoire, du moyen âge (car Cellarius regarde fon origine comme fort incertaine ) n'étoit pas VALENTINIANÆ, mais VALENTIANE; & il lui avoit été donné par un fondateur nommé Valens. Sigebert dit ad an. 1006. que l'empereur Henri affiégea Caftrum Valentianis, fitum in Marchia Francia & Lotharingia De Valois rapporte les lettres du Roi Clovis III. données à Valenciennes, Valentianis. Eginhard, ad an. 771, dit que le roi Charles tint une affemblée générale in Villa Valentiana. Longueruë n'eft pas du fentiment de Cellarius: il veut, comme Cluvier, que les Soldats nommés Valentinianenfes ayent pris leur furnom de cette ville que le fondateur de Valenciennes foit Valentinien I, ou fon plus jeune fils; & que le nom de VALENTIANÆ foit corrompu de VALENTINIANÆ. Voyez VALENciennes.

1. VALENTIN, maifon de plaifance du roi de Sardaigne, dans le Piémont,fur le bord du Pô,au-deffus de Turin. On y va de cette ville par une grande allée couverte & longue d'un demi-mille. La maifon eft fituée fur une éminence voifine de la riviere, quoiqu'elle paroiffe en plaine du côté de Turin. L'endroit qui regarde le Pô, a une vue admirable. On entre à droite & à gauche dans une très-longue enfilade de chambres, qui toutes font ornées de tableaux des plus fameux maîtres d'Italie. On monte au fecond étage par un fort beau degré, qui conduit d'abord dans un grand fallon enrichi de peintures, & l'on va encore de là dans un grand nombre d'autres chambres de plein pied, garnies comme les premieres. Des deux côtés de la cour font deux jardins affez beaux, de l'un defquels on entre dans un grand parc, coupé d'allées, & où l'on voit une grande quantité de daims blancs. Corn. Dict. Mém. & plans géographiques. A l'oppofite du Valentin, fur l'autre bord du Pô, il y a une vigne qu'on appelle VIGNE de Madame. Ce n'eft qu'un grand corps de logis, double, fort commode, que madame royale Chriftine de France a fait bâtir. On descend enfuite dans la VIGNE DE LA PRINCESSE MARIE: cell-ci eft petite, mais fort enjolivée. Les jardins fur-tout en font très-beaux.

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2. VALENTIN, (le) Maifon de plaifance, dans le Dauphiné, près de la ville de Valence. Il y a un très-beau parc, fort propre pour la chaffe. Le château eft fitué au milieu du parc. L'efcalier eft beau, & conduit dans un grand appartement, dont les voûtes font charmantes. * Piganiol, Desc. de la France, t. 4, p. 59.

VALENTINE, ville de France, dans le haut Languedoc, près de la rive droite de la Garonne, vis-a-vis Saint Gaudens, au diocèfe de Cominges, élection de ce nom. On croit que Philippe le Bel ayant acheté plufieurs terres du comte de Lomagne, fit bâtir la ville de Valentine, joignit toutes fes terres enfemble,les mit de la province de Languedoc, & les fépara de la Guienne qui étoit occupée par les Anglois. C'eft de là que ces paroiffes, quoiqu'éloi gnées du Languedoc, en font partie; c'eft auffi par la même raifon, que l'évêque de Cominge a droit d'entrer aux états du Languedoc. On voit à Valentine un refte de colonne de marbre qui prouve que du temps des Romains, ce lieu étoit un pofte confidérable. Il ne l'eft pas moins aujourd'hui, puisque c'eft un paffage pour entrer en Catalogne & `en Aragon.

Je ne fai fur quel fondement Hubner, géographe d'ailleurs eftimable, s'eft avifé de mettre un évêché à Valentine.

1. VALENTINI. Voyez VALENTIA. N 8.

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