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& enfuite, s'étant exercé dans la profeffion d'avocat, obtint une charge de confeiller de la chambre. Il acquit dans cette place de fi grandes richeffes, qu'il put établir fa famille, & fonder cette bibliothèque. Le nombre des livres de cette bibliothèque n'eft pas fort grand. La plupart même confiftent en livres claffiques & de jurifprudence. Il y a un bibliotécaire fondé; mais cette place eft de peu de rapport. Comme on paffe de la bibliothéque dans la maifon des dominicains à laquelle elle eft attachée, il fembleroir que ces religieux devroient avoir quelque infpection tant fur le lieu que fer les livres ; cependant on affure qu'ils ne fauroient faire voir que le fondateur la leur ait accordée. Avec le tems ils s'en font rendus les maîtres. Ils en difpofent abfolument du moins pour leur ufage particulier; car ils retiennent la clef de la porte inférieure, qui communique avec leur maifon, tandis que le bibliothécaire n'a que la clef de la porte qui donne fur la rue.

La ville eft pleine de maifons à café, où les nouvelliftes s'affemblent, comme ailleurs, pour lire la gazette, & difcourir des affaires du tems; mais il n'eft pas croyable combien eft grande la liberté qu'on fe donne dans ces réduits, où on déchire fans aucun égard, la conduite des généraux & des miniftres, & quelquefois celle de l'empereur même..

On voit un arcenal affez bien fourni d'armes & de canons; mais on ne voit point d'académie pour les cadets. Il y a de quoi s'étonner que tant d'autres pratiques beaucoup moins importantes, ayent été imitées de la France, & qu'on n'ait pas fuivi celle-ci, qui eft la fource des plus grands avantages qu'on obtient à la guerre. L'empereur ne manque, ni de foldats, ni d'officiers; mais de foldats difciplinés, & d'officiers inftruits de leur profeffion, & particuliérement de bons ingénieurs. Il n'y a point non plus de maison pour les invalides, ce qui fait que l'on voit par les rues & aux portes des églies, mandier une grande quantité de foldats eftropiés. Outre le manege de la cour qui ne fert qu'aux pages de la famille impériale, il y en a un autre affez beau & fpacieux, dans un fauxbourg, & relégué ainfi hors de la ville, où demeurent cependant ceux qui en ont précisément befoin; auffi ce manege eft-il peu fréquenté. On af fure qu'il y avoit autrefois, dans l'académie de Vienne, des maitres pour tous les exercices corporels, & pour les mathématiques, l'hiftoire, la géographie, même la philofophie, quoique cette fcience foit plus du reffort des colléges que des académies. Les cafernes des foldats font fur les murailles de la ville, affez bien bâties & affez nombreuses; mais elles ne font pas toutes occupées par des foldats, & le refte fert de retaire à des gargotiers & à des femmes débauchées. Le plus beau & le plus vafte de tous les fauxbourgs de Vienne eft celui de Léopoldstad, au feptentrion de la ville. Les auttes occupent tous les autres côtés & font rangés autour, prefque fans aucune féparation entr'eux; de forte qu'ils paroiffent n'en faire qu'un, qui entoure en forme d'arc toute la ville. Tous, comme je l'ai déjà dit, ont été rebâtis depuis le dernier fiége, & la plupart pouroient paffer pour de jolies villes. La Favorite-neuve, car la vieille étoit dans le fauxbourg de Léopoldstad, donne le nom à F'un de ces fauxbourgs.Ons imagineroit, en entendant parler d'une maiion impériale, de voir un palais bâti avec la derniere magnificence; mais ce bâtiment n'eft ni grand ni élevé. Il y a quelques appartemens affez bien meublés; cependant on ne fe douteroit jamais que c'est la maifon de plaifance d'un grand empereur. Ce prince y paffe néanmoins une grande partie de l'été, & il faut que les miniftres s'y rendent tous les jours. Les princes de Mansfeld ont fait bâtir un palais beaucoup plus magnifique, & d'un deffein infiniment plus hardi que la Favorite. On ne fait comment ils ont pu obtenir l'agrément pour le faire bâtir dans le lieu où il eft, entre la ville & les fauxbourgs, & point hors de la portée du canon. Le bâtiment eft d'une belle idée & d'un bon goût. La façade vers la ville eft ornée d'un bel ordre de colonnes. Il y a un magnifique perron à l'entrée. La plate-forme qui fert de toit au corps du logs du mi

lieu, eft entourée d'une balustrade de marbre, & on admire une belle diftribution de grandes fenê tres qui donnent le jour à l'édifice de tous les cô tés. Les vaftes jardins tracés derriére & aux côtés du palais, achévent d'orner ce palais. Un feigneur de la maifon de Mala-Spina, ayant, après le fiege de Vienne, acheté tout le terrein, & fait rebâtir feul un fauxbourg tour entier, la ville n'a pas jugé à propos de lui en laiffer la propriété ; & par le remboursement de toute la dépenfe, elle eft entrée en poffeffion de ce fauxbourg, où il y a quelques édifices pour le fervice du public. Il y a un autre fauxbourg appellé Saint Ulric, & qui n'eft pas en trop bonne réputation. Les priviléges accordés à un abbé de la ville, au monaf tére duquel ce fauxbourg appartient en propre, en écartant l'infpection & l'ufage de la juftice ordinaire, font caufe qu'il s'y commet des défordres & des dé bauches. On voit encore un autre fauxbourg, où, fe nomme Hernals. Près de l'églife eft un fépulchre bâti dans la forme & avec les mefures de celui de Notre-Seigneur. Le chemin qui y conduit de la ville, eft femé de chapelles, où les myfteres de la paffion font représentés. Le peuple ne manque pas de les via fiter affez fouvent; & il arrive auffi fouvent ici, come me ailleurs, que le prétexte de la dévotion couvre un véritable libertinage que favorifent les lieux écar tés qui fe trouvent fur la route. Au refte, ces chapelles ne méritent nullement d'être comparées pour la ftructure, la richeffe & le goût, aux chapelles de cette forte qu'on voit en plufieurs endroits de l'Italie. Ce ne font que de fort petites niches, où le myftere eft reprefenté avec trois ou quâtte figures en relief, dans un efpace qui ne met perfonne à couvert.

La ville de Vienne eft mêlée de toutes fortes

d'étrangers, Italiens, Allemands, Bohêmes, Hon grois, François, Lorrains, Flamands & Savoyards qui, presque tous, font le négoce, ou travaillent à différens métiers. Cette diverfité eft caufe qu'il n'y a pas grande union entr'eux. La jaloufie des nations, qui le portent envie l'une à l'autre, empêche la cona fiance réciproque, qui ne tient à autre liaison qu'au commerce, & à la nécessité de pourvoir aux befoins de la vie. Les hommes ne font pas à Vienne sujets à la folle dépenfe en habits. La cour, à laquelle la plupart tiennent par quelque endroit, & où il faut paroître en noir, leur ôteroit les occafions de fe faire honneur de cette pompe, s'ils en avoient l'entêtement; & hors de quelques rencontres de cavalcades, ou de Fêtes à la cour, dans lesquelles ils font obligés de paroître avec éclat, ils ont moyen tout le reste de l'année de rétablir, par leur épargne, les défordres que la vanité de leurs femmes font à leurs finances. Ce ne font pas les feules femmes de qualité qui donnent dans ces excès: celles de la moindre condition ne leur cédent point fur ce chapitre; & il y a une émulation entr'elles à qui fatisfera mieux fon panchant à cet égard. En général le peuple de Vienne eft dévôt presque jusqu'à l'excès. Il n'y a pas une heure dans le jour où l'on ne trouve à l'églife cathédrale des troupes de perfonnes qui prient Dieu, même à haute voix, fous la direction d'un prêtre, gagé pour préfider à ces prié res, & pour les régler. On dit que le fiége de Vienne inspira cette dévotion extraordinaire aux bourgeois. Le transport qu'on a fait de Hongrie à Vienne, d'une Image de Notre-Dame, peinte asfez grosfiérement, fur une planche d'environ deux pieds de longueur, & qu'on dit avoir verfé des larmes en Hongrie, avant les dernieres révolutions, contribue beaucoup à ce concours du peuple à l'églife cathédrale. Cette image y eft exposée fur le grand-autel; & les miracles qu'on dit que Dieu y opére tous les jours, par l'intercesfion de la fainte Vierge, font fi fréquens, que les murail les de cette partie de l'églife, qui lui eft voifine, font toutes chargées jusqu'aux voûtes, qui font très-hautes, de tableaux ou de mémoires, en argent & en peinture, des bienfaits & des guérifons qu'on asfure y avoir reçus. Tous les matins, & ordinairement jusqu'à deux heures après midi, on voit dans cette églife une quantité prodigieufe de prêtres qui y difent la mesfe.

Le Chapitre de cette cathédrale n'eft pas nom breux; la noblesfe n'eft point une qualité requife pour être chanoine, comme en beaucoup d'autres églifes d'Allemagne. La premiere fondation n'étoit que pour un college d'une églife particuliere, & elle eft devenue cathédrale par l'érection d'un évêché qui n'a guére plus de deux fiécles, & qui enfin a été élevée à la dignité archiepiscopale en 1721. L'église eft dédiée à faint Etienne, premier martyr.

La ville de Vienne, quoique dans une agréable fituation, fe trouvant dans un endroit où le Danube fe partage en cinq branches, & forme plufieurs isles couvertes de bois, ne jouit pas cependant d'un air bien fain. L'air, ou la qualité du climat fous lequel Vienne eft bâtie, eft, felon le proverbe particulier, ou venteux, ou venimeux, Vienna vel ventofa, vel venenofa. En effet, on remarque presque pendant toute l'année que les vents s'y font fentir d'une maniere fi vive, & avec tant de fracas, qu'on a de la peine à marcher dans les rues. Quant à la malignité de l'air, qui devroit être corrigée par les vents, il eft difficile d'en deviner la caufe, n'y ayant point de marais aux environs, ni mines de foufre ou de bitume, qui puisfe caufer cette infection. Il y en a néanmoins qui croyent que le mauvais air eft caufé par la quantité de boues & des ordures, qui remplisfent les rues presque toute l'année; car, quoiqu'il y ait des charrettes obligées à les emporter, la négligence avec laquelle elles s'ac quittent de ce devoir, fait que les rues font presque toujours fort fales.

Les Turcs fe mirent en campagne en 1683, avec une puisfante armée, & s'avancerent jusques devant Vienne, qu'ils commencerent à asfiéger le 14 de Juillet. Les efforts terribles avec lesquels ils attaquerent pendant deux mois cette place, qui fe resfentoit encore des ravages qu'une cruelle peste y avoit faits en 1679, la réduifirent aux dernieres extrémités. Le grand-vifir étoit en perfonne à ce fiége. Le nombre de fes trou pes montoit à près de cent cinquante mille hommes, & l'on n'avoit point vu, depuis un fiécle, de fi grands préparatifs contre la chrétienté. Mais fi la ville de Vienne fut attaquée vigoureusement, elle fut encore mieux défendue par le comte de Staremberg, qui en étoit gouverneur, & par quantité de braves, de divers endroits de l'Europe, qui s'y étoient jettés. Cette réfiftance, fortifiée du fecours du Ciel, que l'on imploroit de toutes parts, donna le tems à Jean III. du nom, roi de Pologne, de joindre vingt-quatre mille hommes de fes troupes à l'armée impériale, que commandoit le prince Charles de Lorraine, & d'accourir, conjointement avec les troupes de Baviére, de Saxe & de Franconie, au fecours de cette ville. Les Chrétiens prirent leur marche par la montagne de Kalemberg, & allerent attaquer les Infidéles qui étoient au bas. A la vue de l'avantage qu'on remporta fur eux, les asfiégés firent une vigoureufe fortie, & taillerent en piéces tout ce qui fe trouva dans les travaux & dans les lignes. Le grand-vifir fe fauva des premiers vers le chemin de Luxembourg, & abandonna fes richesfes, fes munitions, fon cheval de bataille, & fa tente, où le roi de Pologne repofa pendant la nuit. Ce coup heureux arriva le 12 de Septembre 1683. L'on a établi à Vienne deux manufactures nouvelles, l'une de porcelaine, l'autre d'étoffes de foie, dans le goût de celle de Lyon.

5. VIENNE, bourg de France, dans la Champagne, élection de fainte Menehould, aux frontiéres du duché de Bar, à deux lieues de fainte Menehould, & à fept lieues de Verdun, fur l'Aisne. Ce bourg eft féparé en deux parties, dont l'une s'appelle Vienne-laVille, & l'autre, Vienne-le-Château.

VIENNENSIS-GALLIA. Voyez GAULĒ. VIENNOIS , pays de France, compris dans le Dauphiné, & qui prend fon nom de la ville de Vienne, fa capitale. Ce pays eft borné au Septentrion, par la Bresfe & par le Bugey, dont il eft féparé par le Rhône: il confine à la Savoye du côté de l'Orient: il touche du côté du Midi au Valentinois: & le Rhône le baigne à l'Occident. C'eft un des plus grands bailliages du Parlement de Grenoble. Il comprend les bailliages particuliers de Vienne, de Grenoble, de

faint Marcellin, & la jurisdiction royale de Romans. Le bailli eft d'épée. Le Viennois a eu autrefois des feigneurs particuliers, qui posfédoient le plat Pays & qui ont pris dans la fuite le nom de Dauphins. Voyez VIENNE.

VIENS, baronie de France, dans la Provence, viguerie d'Apt.

1. VIERÇO, ou VIERZI, contrée d'Espagne, au royaume de Léon, vers les confins des Asturies, avec une bourgade qui lui donne fon nom. C'eft proprement une vallée, qui s'étend le long de la riviere de Tuerta. Cette contrée eft abondante en toutes fortes de commodités & de vivres. Davity, Royaume de Léon, prétend que Ponferrada eft la capitale; mais dans ce cas il faudroit étendre cette contrée jusqu'aux confins de la Galice. * Jaillot, Atlas.

2. VIERÇO, ou VIERZO, bourgade d'Espagne, dans la Catalogne, au diocèfe de Lerida, felon Baudrand, qui dit que c'eft l'ancien Vergium-Castrum de Tite-Live. Il ne l'asfure pourtant pas; & il convient que les géographes ne s'accordent pas fur la pofition de cette ancienne place.

VIERGE, (Fontaine de la) fontaine de la Pales tine. Quand on a passé la valée de Jofaphat, dit le Pere Nau, dans fon voyage de la Terre-Sainte, 43, c. 13. on trouve au bas du Mont de Sion une fontaine, nommée la fontaine de la Sainte-Vierge, parce que la mere de Dieu a bu autrefois, à ce qu'on dit, de. l'eau de cette fontaine, & qu'elle s'en eft fervie pour laver le linge de Notre-Seigneur & le fien; mais on n'en rapporte aucune preuve. Les Chrétiens vifitent cette fontaine avec dévotion; & les Mahometans même la révérent. Ils ont pavé de belles pierres un lieu voifin, & y ont élevé un Oratoire à leur façon, c'est-à-dire, une petite niche tournée au Midi. Ils obligent les Chrétiens à leur payer une petite piéce d'argent, pour leur permettre de descendre à cette fontaine; mais c'eft un droit ufurpé, qu'on ne leur paye que quand on eft le plus foible, ou qu'on ne veut pas faire une querelle pour peu de chofe. On y descend par un escalier d'environ vingt dégrés, au bas duquel on trouve un petit rond d'eau, & comme un canal naturel, qui s'avance profondément fous terre. L'eau n'y eft ni abondante ni fort bonne, à en juger au goût. Elle eft pourtant potable, & on en boit. Cette fontaine eft asfez vraisemblablement celle qui eft nommée, dans Esdras, la fontaine du Dragon. Je fçai bien qu'Adrichomius met cette fontaine foin delà, au bas de la montagne du Calvaire, & qu'il dit que de fon tems, elle y couloit encore; mais c'eft ce qui ne fe voit point. Néhemias en parle comme d'une fontaine qui n'étoit pas fort éloignée de la porte de la vallée; ce qui convient asfez bien à la fontaine de la Vierge, qui fe trouve dans la vallée de Jofaphat, au pied du mont de Sion, & à fon Orient.

VIERGES. (Les) On donne ce nom à douze ou treize petites Isles de l'Amérique feptentrionale, qui s'étendent au Levant de l'Isle de S. Jean de PortoRico, fur la hauteur de dix-huit dégrés au Nord de la ligne. On les distingue en grandes Vierges & en petites. Virgo Gorda, qui eft au Nord-ouest de l'Isle de Saba, eft haute & ronde, & fituée au commencement des petites Vierges. Ces Isles font fort hautes, & dénuées d'arbres. On les croyoit autrefois fort pé-. rilleuses, à caufe des bancs & des basfes; mais les canaux profonds, qui les entrecoupent, ayant été reconnus, ont fait cesfer cette erreur. Il y a de fort bons mouillages, capables de mettre plufieurs flottes en fureté. Les Espagnols les vifitent asféz fouvent pour la pêche. On y trouve ausfi une infinité d'oiseaux de terre & de mer. Il y a fi peu de bon terroir dans ces Isles, qu'après l'avoir vifité, on n'a pas cru qu'il méritât qu'on y envoyât des habitans pour le cultiver. * De Laet, Descr. des Indes occid. I. 1, c. 18. Rochefort, Hist. des Antilles.

VIERLINX BECK, village des Pays-Bas, au Pays de Cuyck, fur le bord de la Meufe. Il y a dans ce village un bac, pour pasfer dans la Gueldre Prusfienne. Ce village, avec les hameaux d'Overloon, de Groeningen & de Northeym, forme un tribunal de fept Echevins. Il y a une églife protestante dont le

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Ministre ne prêche fouvent qu'à fa famille, & à celle de fon Lecteur. A un quart de lieue de ce village, il y a le château de Macken, dont le maître prend le titre de Seigneur de Macken; mais il n'a pas de plus grandes prérogatives que les autres, qui posfédent des biens nobles. Cependant ce château eft fort an cien, & l'on prétend qu'il étoit le féjour des Sei gneurs de Vierlinxbeck, qui posfédoient alors tout le haut-bailliage, féparé du reste de la feigneurie de Cuyck, qui étoit proprement réduite au bas-bailliage. On ignore quand & comment le pays de Cuyck fut partagé en ces deux différentes feigneuries. Tout ce qu'on fçait, c'eft qu'en 1403, Udon de Boye fe qualifioit Seigneur de Vierlinxbeck, de Maashees & de Holthees, comme on le peut voir par un privilége daté de la même année, accordé aux habitans, & qui fe trouve dans les archives de la ville de Grave. On ignore pareillement quand & comment cette feigneurie a été réunie à celle de Cuyck. Le dernier Seigneur de Macken, qui portoit le nom de Vander Boeye, prétendoit descendre de cet Udon de Boye, dont il vient d'être parlé; mais on n'en a aucune preuve certaine. Cette famille eft préfentement éteinte, & il n'en reste plus que quatre filles, hériziéres de la Terre de Macken, qui eft un bien trèsconfidérable, enclavé dans la jurisdiction de Vierlinxbeck. Il y a dans ce dernier village un moulin à eau, où les habitans de Maashees, Holthees, Macken, Groeningen, Northcym & d'Overloon, font obligés d'aller faire moudre leurs grains. * Janiçon, Etat préfent des Provinces-Unies, t. 2, p. 46.

Virzio villa virens, aliunde pauca requirens,
Sylvis ornata, vineis, pratis decorata.

La principale églife porte le nom de faint Pierre ; & le château, dont il ne reste plus que quelques mafu res, fut ruiné par le roi d'Angleterre en 1192. Outre églife de faint Pierre, il y a à Vierzon des Capucins, des Religieufes hospitaliéres, qui desfervent l'Hôtel-Dieu; des Chanoinesfes du faint Sépulchre, de l'ordre de faint Augustin, & une maladrerie réunie au Collége, pour entretenir deux maîtres, qui ont foin de montrer, l'un le latin, & l'autre à lire & à écrire. Ils ont chacun deux cens livres de revenu. Cette ville étoit un petit château dans le dixieme fiécle fous le regne du roi Raoul, lorfqu'on y tranf féra les bénédictins de Dovere, dont le monastere avoit été ruiné par les barbares, ce qui fut fait du confentement de Thibaut comte de Chartres, à qui Vierzon appartenoit, auffi bien que le comté de Sancerre. Elle en fut détachée depuis, & poffédée par des feigneurs particuliers dès le douzieme fiécle. Ces feigneurs portoient le titre de comte, ce comté parvint par différentes alliances au connétable de Bourbon, fur qui François I. le confifqua & le réunit au Domaine. * Longuerue, Defcr. de la France part. 1, p. 128.

VIERRADEN, ville d'Allemagne, au cercle de la Basfe-Saxe, dans la Marche de Brandebourg, vers les confins de Poméranie, fur la Welie, dans l'endroit où cette riviere entre dans celle de l'Oder, entre Stendelichen & Schwet. Vierraden a été fouvent une pierre d'achopement pour les princes de Brandebourg & de Pomeranie. L'an 1302, Othon, duc de Stettin, défit dans une bataille les Margraves de Brandebourg, Othon, Jean & Valdemar, dans les environs de cette ville. En 1468, l'électeur de Brandebourg s'en rendit maître, par la trahifon d'un Meunier; & il la garda huit ou dix ans, jusqu'à ce que Wratislas, duc de Poméranie, la reprit, par le moyen de Henri de Lindítetten: l'électeur la regad'abord après, parce qu'il n'y avoit qu'une foible garnifon. Dans l'accord qui fe fit entre ces deux maifons, en 1479, Vierraden demeura à l'électeur de Brandebourg. Cette ville fut après fpécifiée dans le Traité de la fuccesfion de famille entre les deux mai fons il y fut dit que cette ville retournéroit au domaine des ducs de Poméranie, au cas que la famille måle des Margraves vint à s'éteindre. Ce Traité, du confentement des maifons de Saxe & de Hesfe, fut confirmé en 1573, par l'Empereur, qui régla, outre cela, que toutes les fois que les vasfaux du territoire de Vierraden, & des autres lieux mentionnés dans le Traité, rendroient hommage à l'électeur de Brandebourg, ils feroient de même ferment de fidélité au duc regnant de Poméranie. Cette ville a fouffert beaucoup dans les guerres du dernier fiécle. Les Suédois s'en emparérent, ainfi que du château, en 1637. *Zeyler, Topogr. Marg. Brand. p. 117.

Les habitans de Vierzon font les plus laborieux & les plus industrieux de la province. Les uns font le commerce de bois, d'autres travaillent aux draps & aux ferges de Berry. Il y avoit autrefois plufieurs cordonniers qui envoyoient leurs fouliers à des marchands de Paris qui les vendoient aux halles ; mais un incendie qui en 1615, confuma foixantecinq maifons, a ruiné la plupart de ces artifans, & la difficulté des tems les a empêché de fe rétablir. Il y a trois foires à Vierzon: la premiere le mercredi d'après la pentecôte, la feconde le 29 de Juin, la troifieme le lendemain de la Saint Barthelemi; & tous les famedis on y tient un marché. * Piganiol Defcr. de la France, t. 6, p. 438.

VIERUEDRUM, promontoire de la GrandeBretagne. Ptolomée, l. 2, c. 5, le place entre le promontoire Taruedum, ou Orcas, & le promontoire Veruvium.Un manuscrit, confulté par Ortelius, porte Outed pos', au lieu de Ousse por. Le nom moderne eft Hoya, felon Buchanan, & Dungisby, felon Camden. Je ne croirois presque ni l'un ni l'autre. Il femble, en comparant la carte dresfée fur Ptolomée, & les cartes modernes, que le promontoire Vieruedrum doit être un cap entre Hoya & Dungisby.

2. VIERZON, brivodurum, virgonum, abbaye de France dans le Berry, au Diocèfe de Bourges dans la ville qui lui donne fon nom. C'eft une abbaye d'hommes, de l'ordre de Saint Benoît, dédiée à Saint Pierre. Elle a fuccédé, comme on le voit dans l'arti→ cle précedent, à l'ancienne abbaye de Dovere, en latin Dovera ou Devera. Quoique quelques-uns ayent attribué la fondation de cette abbaye à Radulphe Rodolphe ou Raoul, archevêque de Bourges, il y, a des preuves qu'il l'enrichit plutôt de nouveaux bienfaits qu'il ne la fonda; & il y a tout lieu de conjecturer qu'elle eft plus ancienne, & qu'elle fut d'abord fondée par Charlemagne, ou du moins par fon fils Louis le Débonnaire, entre les années 781, &814. Lorfqu'elle fut ruinée par les barbares, plufieurs chanoines de l'églife de Bourges la firentrebâtir dans le château de Vierzon qui étoit au voifinage. Elle prit de-là le nom de Vierzon. Là celle qui refta à Dovere, devint une de fes dépendances, qui ne confiite plus aujourd'hui qu'en une petite chapelle où l'on ne dit la meffe qu'une fois l'an. L'abbaye de Vierzon a été unie à la congrégation de Saint Maur en 1671, & elle vaut en tout trois mille livres de revenu, dont il y en a la moitié pour l'abbé.

1. VIERZON, Brivodurum, Virzo, Virzio Virizio, Virgonum, ville de France, dans le plus fertile & le plus agréable canton de la province de Berry, fur les bords des rivieres d'Evre & de Cher. C'eft fans doute cette agréable fituation qui a donné lieu à l'inscription qu'on voit fur une de fes portes, & dans l'une des vîtres de l'églife paroisfiale. * Piganiol, Desc. de la France, t. 5, p. 460.

VIESSOIX, bourg de France dans la Normandie, au levant & élection de Vire.

VIESTI, en latin Beftia ou Veftia, ville d'Ita lie au Royaume de Naples, dans la Capitanate, fur le bord de la mer, au pied du Mont-Gargan. Cette pauvre ville a été, à ce qu'on croit, bâtie des ruines de l'ancienne Merinum, dont elle a l'évêché depuis l'an 1000. Cet évêché eft fuffragant de Manfredonia: *Commainville, Table des évêchés.

Quelques uns prennent auffi cette ville pour l'ancienne Apenefta.

VIETRI, bourgade d'Italie, au Royaume de Naples, dans la principauté citérieure, à une demi-lieue de la ville de Salerne. Le tremblement de terre arrivé en 1694, la renverfa prefque entiérement. II y en a qui croyent que Vietri a été bâtie des ruines de l'ancienne Marcina.

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VIEU, bourg de France dans le Valromaý, au diocèfe de Genève.

VIEURY, bourg de France dans le Maine, diocèfe du Mans, Parlement de Paris, intendance de Tours, élection de Mayenne.

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1. VÍEVILLE ou LA VIEUVILLE, Vetus-Villa, abbaye de France dans la haute Bretagne, au diocèfe de Dol, à deux lieues de la ville de ce nom au fudeft. C'est une abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux, fille de Savigny & de la réforme. Elle fut fondée le 6 des ides d'Août 1138.

2. VIEVILLE, Vetus-Villa, paroiffe du duché de Lorraine, office de Perny. Son églife eft dédiée à Saint Airy. La cure eft régulière. L'abbé de Sainte Marie de Pont-à-Mouffon en eft patron, & eft en même-tems seigneur du lieu. Il partage les dixmes par moitié avec le curé. C'eft à Vieville qu'étoit fi tuée autrefois l'abbaye de Sainte-Marie-aux-Bois, fondée en 1126, par Simon I. duc de Lorraine, & qui fut transférée dans la ville de Pont-à-Mouffon en 1607. La paroiffe de Vieville a pour annexe le village de Ville-Iffey.

1. VIEUX, village de France dans la Normandie, au diocèle de Bayeux, élection de Caen près la ville de ce nom. Les vieux bâtimens & les anciennes infcriptions qu'on avoit trouvées dans des ruines autour de ce village, avoient fait juger à M. Huet évêque d'Avranche, que ce lieu auroit pû être autrefois quelque camp des Romains; mais la grande quantité des différens édifices anciens & tres-réguliers qu'on y a découverts depuis, fait juger que c'étoit la capitale des Viducaffes. Voyez VIDUCASSIUM. Toutes les carriéres qu'on trouve dans ce licu font d'un marbre rouge veiné. Il y a encore auprès de Vieux une carrière de marbre, dont le cardinal de Richelieu fe fervit pour la chapelle de Sorbonne à Paris.

2. VIEUX, Viantium ou Viantia, lieu de France dans le Languedoc, diocèfe & recette d'Alby. Il y a eu autrefois dans ce lieu une abbaye fondée par Ponce, comte d'Alby vers l'an 987. Elle étoit fous l'invocation des Saints Eugene & Amarand, & & de Sainte Cariffime. Cette abbaye n'existe plus. VIEUX (le), bourg de France dans la Normandie, élection de Pont l'évêque.

VIEUX-FORT, (la pointe du) pointe de l'Amérique feptentrionale furla côte de la Guadeloupe, à la Baffe-Terre. C'eft le cap le plus méridional de l'Ifle. Il est à deux lieues au midi du fort & du bourg de la Baffe-Terre, & à trente lieues de la pointe Saint Martin de la Martinique. Il y a fur la pointe du vieux fort, un établiffement & une batterie de canon. Les carmes y défervent une petite chapelle qui a titre de paroiffe. Ils n'y font cependant dire la meffe qu'une fois par mois. La batterie qui eft fur la pointe du vieux-fort n'eft que de deux canons ce lieu n'eft pas mieux fortifié pat l'art; mais ceux qui y feroient des defcentes ne pourroient pas pénetrer plus avant dans l'ifle.

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VIEU-GASTEL, (le) grand village des paysbas, dans le marquifat de Berg-op-Zoom au quartier oriental. Le tribunal ou banc de ce village eft compofé d'un bourg-meftre, de fix échevins, de quatre jurés, & d'un fecrétaire qui exerce la même fonction au nouveau - Gaftel. Il y a au vieux-Gaftel une églife pour les proteftans, & une chapelle pour les catholiques. Cette chapelle eft défervie par des bernardins, qui font chargés d'entretenir le miniftre. Le NOUVEAU-GASTEL fut brûlé pendant les guerres avec l'Espagne, & n'a pas été rétabli. Sa jurifdiction eft d'une fort grande étendue, & fon tribunal eft.compofé d'un bourg-meftre, de fix échevins, & de quatre jurés qui s'affemblent dans la maifon publique du Vieux-Gaftel. Comme c'est un polder, il y a un Dyckgrave, trois jurés des digues, un tréforier, un teneur de livres, & un commis des recherches pour la douane. * Janiçon, état préfent des Pr. Un. t. 2, p. 240.

VIEUX JONC, riche commanderie de l'ordre Teutonique dans le pays de Liége, à un quart de

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lieue vers le levant de Maftrich. On l'appelle auffi Altenbilfen.

VIEUX-MAREUIL, bourg de France dans le Périgord, élection de Périgueux.

VIEUX-PONT, bourg de France dans la Normandie, élection de Falaife. Les Seigneurs de VieuxPont fe trouvérent aux batailles de Haftingue & d'Alcalon, dans le onzieme fiécle.

VIEUX SAINT JEAN, village & monaftére de Suiffe, dans le Tockenbourg, au Tour-Thal, dont le village du Vieux Saint Jean fait la ĉinquiéme communauté. L'abbaye qui eft de l'ordre de Saint Benoît eft riche, elle fut fondée vers l'an 1150 par un certain gentil-homme nommé Wetzel de Saint Jean. Les comtes de Tockenbourg y firent dans la fuite de grandes largeffes. Il n'y avoit d'abord que deux moines de l'ordre de Citeaux : le nombre s'en augmenta peu à peu, & on leur donna un abbé. Enfin on les transféra au village de Sydwald, dans le lieu où eft aujourd'hui l'abbaye du nouveau Saint Jean; de forte qu'il ne demeure plus dans le Vieux Saint Jean, qu'un feul religieux chargé d'en percevoir les revenus & d'y faire l'office aux heures marquées. Etat & Délices de la Suiffe, t. 3, p. 317. 1. VIGAN, (Le) Bourg de France, dans le BasLanguedoc, diocèle & recette d'Alais, à cinq lieues de la ville de ce nom, & à trois de faint Hipolyte. Ce bourg, qui eft fitué dans les Sevennes, est trèsconfidérable.

*

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Le Vigan eft une des villes diocéfaines d'Alais, & chef d'une viguerie royale, qui resfortit à la fénéchausfée de Nismes.

2. VIGAN, (Le) bourg de France, dans le Quercy, diocèfe& élection de Cahors. Il y a dans ce bourg un chapitre de douze Chanoines.

VIGARD-LEZ-VERDUN, bois de France, dans le Languedoc, & dans la maîtrise des eaux & forêts de Touloufe.

VIGEAN, (Le) bourg de France, dans le Poitou, élection de Confoulens.

1. VIGEN, (Le) bourg de France, dans l'Auvergne, élection de Saint-Flour.

2. VIGEN, (Le) bourg de France, dans le Limoufin, élection de Limoges. Ce bourg eft asfez confidérable.

la

VIGENNA. Voyez VINGENNA.

VIGENNE, (La) petite riviere de France, dans Bourgogne. Elle prend fa fource un peu au Midi de Langres, d'où elle va pasfer au Levant, & près de Montfaujon; de-là, elle fe rend dans la Saone, audesfous de Gray, au bourg de Talmay. VIGENSE-OPPIDUM, ville de l'Afrique profelon Pline, 1.5, c. 14. Le pere Hardouin prétend qu'il faut lire Vifenfe, & il le fonde fur la confe férence de Carthage. Voyez VISENSIS.

pre,

VIGESILA. Voyez VEGESELA.

VIGEOIS, (Le) bourg de France, dans le Limoufin, élection de Brives, près de la riviere de Vezere. Ce bourg, qui eft bien peuplé, a dans fon voifinage une abbaye d'hommes, de l'ordre de faint Benoit, en latin Vefium S. Petri. On ne fçait point quelle eft l'origine du monastére de faint Pierre-deVigeois. Sébastien, précepteur de faint Yrier, en fut abbé. Ce monastére ayant été ruiné après la mort de Sébastien, S. Yrier le répara, & y mit douze religieux, fous la conduite d'Astide fon neveu. Il y unit de plus l'abbaye de faint Michel, dans le Limoufin, & celle de Terrasfon, qui avoit été foumife à celle de fains Michel, à la prière du bienheureux Sore. Avec le tems, l'abbaye de Vigeois a été elle-même foumise aux abbayes de Solignac & de faint Martial. * Abrégé de l'Histoire de l'Ordre de faint Benoît, 1, 2, c. 25. C. VIGEVANO, VIGERE ou VIGERANO, ville d'Italie, au duché de Milan, dans le Vigevanasc, ou Vigeranois, dont elle eft la capitale. La fituation de cette petite ville, fur le Tefin, eft fi agréable, que plufieurs ducs de Milan l'ont choifie pour leur féjour, dans la belle faifon. Son château eft fort par fa fituation, fur le baut d'un rocher, & par les ouvrages qui

le

fe défendent. On érigea en 1530, l'églife de Vigevano en évêché, fous la métropole de Milan. Le nom fatin de cette ville eft Vigevanum ou Viglebanum. *La Forêt de Bourgon, géographe historique, t. 1, P. 437. Commainville, Table des évêchés.

VÍGEVA NASC ou VICERANOIS, petit pays d'Italie, au duché de Milan, entre le Novarèse & la Laumeline. Il prend fon nom de fa capitale, appellée Vigevano.

VIGILIÆ, nom latin de Bifeglia, ville du royaume de Naples, dans la terre de Bari. Voyez ce

mot.

VIGISONUS. Voyez TOGISONUS. VIGITANUS ou GIGITANUS. Voyez[GIGITA

NUS.

VIGLA. On donne ce nom aux mafures d'une ancienne forteresfe, qu'on trouve dans la Livadie, dans l'entre-deux de la montagne Ozia, par où l'on pasfe pour aller à Athènes. Cette forteresfe étoit hexagone. Le nom Vigla, fignifie fentinelle, & peutêtre en étoit-ce autrefois une, pour découvrir ce qui pasfoit de la Bootie dans l'Attique. * Spen, Voyage de Gréce.

VIGLEBANU M. Voyez VERGEMINUM. VIGLENSIS. Voyez VEIENTANUM. VIGNACOURT, bourg de France, dans la Picardie, élection de Doulens, à quatre lieues, au Nord-oueft, de la ville d'Amiens. Če bourg, qui eft très-peuplé, a une églife collégiale, compofée d'un doyen & de douze chanoines. Elle eft dédiée à faint

Firmin.

VIGNAIS ou VINHAES, petite ville de Portugal, dans la province de Tra-los-montes, à l'Occident de Bragance, fur la petite riviere de Tuelo. Vignais tire fon nom de fon vignoble, où l'on recueille d'excellent vin.* Délices de Portugal, p. 717.

VIGNATS, Vignatia & Vinacium, lieu de Franće, dans la Normandie, au diocèfe de Seez, élection de Falaife, à deux lieues, au Midi. Il y a dans ce lieu une abbaye de filles, de l'ordre de faint Benoît. Ce n'étoit d'abord qu'un prieuré fondé en 1130, par un comte de Belesme. En 1626, ce prieuré fut érigé en abbaye, par les foins d'une fupérieure qui étoit de la maifon de Medavý de Grancey.

VIGNEMONT, lieu de France, dans la PicarZie, au diocèse de Beauvais, élection de Compiegne. Il y a dans ce lieu un prieuré, qui rapporte cinq cens livres de rente:

VIGNETTES, (Les) forteresfe de France, fur la côte de Provence, dans la Baye de Toulon, environ à un quart de lieue, vers le Nord-eft, de la grande Tour. Le fort des Vignettes, dit Michelot, Portul. de la Médit. p. 73, eft une espéce de tour ou ras d'eau, qu'on a fait nouvellement avec une autre batterie auprès, du côté de l'Est, & devant laquelle on peut mouiller, au cas qu'on ne puisfe gagner la Rade de Toulon. On y eft à couvert des vents de NordOucft, Nord & Nord-eft; & il y a douze à quinze brasfes d'eau asfez proches de terre.

VIGNIOGOU, abbaye de France, dans le Languedoc, au diocèfe de Montpellier : on la nomme auffi BON-LIEU, en latin Vignolia où Bonus-Locus. C'est une abbaye de filles de l'ordre de Citeaux, fille de Valmagne.

VIGNOLA ou VIGNUOLA, ville d'Italie, dans le Modenois, fur le Pararo, entre Festa & Spilamberto, aux confins du Boulonois. Cette ville appartient aux feigneurs de la maifon de Buon-Compagno, vaffaux du duc de Modène. Davity, qui rapporte cette particularité, ajoute que Vignola, eft une ville grande, forte & bien peuplée. * Magin, carte du Modenois.

1. VIGNORIX ou VIGNORY, bourg de France, dans la Champagne, fur la Marne, élection de Chaumont, à trois lieues au nord de Chaumont en Baffigny. Ce bourg, que quelques-uns appellent ville, eft le chef-lieu d'un comté, qui fait l'article fuivant.

2. VIGNORIX, comté de France, dans la Champagne, élection de Chaumont. C'étoit une ancienne Baronnie, qui fut érigée en comté l'an 1555, en faveur d'un feigneur de la maifon de Quinquempois d'AmTome VI

broife, & qui avoit été roffédée auparavant par dés Barons du nom de Vignorix. * Baugier, Mém. de Champagne, t. 2, p. 340.

VIGNOT, inetum, paroiffe du Duché de Lorraine, dans la prevôté de Gondreville. Son églife eft dédiée à S. Remi. Le chapitre de Commercy en eft le patron, & perçoit les deux tiers des groffes & menues dimes: le prieuré de Breuille prend l'autre tiers, & le curé a une penfion congrue. Il y a un hôpital & deux chapelles en titre : l'une eft fous l'invocation de faint Michel, & l'autre fous celle de faint Blaife.

VIGNY, baronie de France, dans la Beauce, élections de Chartres.

1. VIGO, Vigum, ville d'Espagne dans la Galice, fur la cóte de l'océan, à trois lieues de Redondella, avec un vieux château, un fort & un bon port. Long. 9, 14, Lat. 42, 3.

Vigo n'a qu'une fimple muraille avec un fort à quatre bastions, fur une hauteur de Redondella, mais incapable de réfifter long-tems; le château ne vaut pas mieux.... Les environs font très-fertiles.

En 1702, la flotte combinée d'Angleterre & de Hollande enleva, dans ce port, les galions d'Espagne qui revenoient d'Amérique, escortés par une flotte Françoife. Le comte Renaud, François, & qui avoit accompagné la flotte, voyant paroître l'ennemi, & n'ayant pû déterminer les généraux à les éviter, rasfembla, avec une diligence incroyable, quatre millé charriots, & fauva à l'Espagne plus de cent millions auxquels l'ennemi ne pût pas toucher.

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2. VIGO, village d'Italie, au Royaume de Naples, fur la côte du golfe de ce nom. De Caftelamare à Vigo, dit Michelot, Portul. de la Médit. p. 122, il y a environ vingt milles vers l'oueft-fud-oueft entre les deux côtés c'eft une côte fort haute & fort escarpée du côté de la Mer. Environ à un quart de lieue du village de Vigo, il y a une groffe pointe un peu avancée en mer, & au-deffus une tour de garde & plufieurs autres aux environs. On peut mouiller entre cette pointe & le village de Vigo par huit à dix braffes d'eau, fond d'herbe vafeux, & fuivant qu'on veut approcher de terre; mais ce mouillage n'eft propre que pour les vents, à terre, c'est-à-dire du côté du fud & fud-eft, comme tout le refte de la côte.

VIGON ou VIGONE, bourg d'Italie, au Piémont, entre Pignerol & Carmagnole, fur le bord de la riviere de Langiale, au-deffus de Pancalier. * De l'ifle, Atlas!

VIGORNIA, nom que les Latins modernes donnent à la ville de Vorchefter. Voyez WORCHESTER. VIGOULANT, lieu de France, dans le Berri, au diocèfe de Bourges, élection de la Châtre. Il y a dans ce lieu un prieuré.

VIGOUROUX, lieu de France, en Auvergne, élection d'Aurillac. C'eft le chef-lieu d'un mande ment royal, reffortiffant au bailliage de Vic en Carladés.

VIHERS, ville de France, dans l'Anjou, élection de Montreuil-Bellay, dont elle eft éloignée de cinq lieues. Cette petite ville fe trouve affez avantageufement placée fur un étang, duquel fe forme une petite riviere qui tombe dans le Layon : elle a le titre de comté, avec de grandes mouvances. La baronie de Vefins, & plus de cent fiefs en relevent. Sa jurisdiction s'étend fur quinze paroiffes: il y a trois cures dans le château. On compte que Vihers renferme quinze cent feux. Le marché y eft un des plus fréquentés de la province; il s'y fait aux foires un très-grand commerce de bestiaux & de toiles, dites de Cholet: on en enleve quantité, principalement dans la grande foire qui fe tient le premier de Juin. Piganiol, Defcr. de la France, t. 7, p. 131.

UJINGAWA, riviere du Japon dans l'ifle de Niphon. Elle tombe du fommet d'une montagne, & coule avec tant de rapidité, que lors même qu'elle eft plus baffe, & qu'à peine il y a de l'eau jusqu'aux genoux, on s'y foutient difficillement. On prend, pour la traverfer, des guides qui font responfables de la vie pour les accidens qui y arriveroient. Cette riviere eft fans doute la même que quelques relations

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