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Le nombre des Zaims & des Timariots des divers autres gouvernemens, ne fe trouve point marqué exactement dans les registres du Grand-Seigneur ; mais en général, on compte que le nombre des Zaims peut aller à dix mille neuf cent quarante-huit, & foixante & douze mille quatre cent trente-fix Timariots, qui font en tout quatre-vingt trois mille trois cent quatre-vingt, felon la moindre, estimation, & qui pourroit aifément être plus grand d'un tiers.

Ces divifions & ces partages furent faits autrefois par Soliman le Magnifique, comme l'un des meilleurs moyens de tenir en ordre la milice, qui eft le plus puissant appui de l'empire Ottoman. Mais comme avec le tems, la corruption fe glisfe par-tout, l'avarice & l'ambition des off ciers ont trouvé le moyen d'apporter quelque altération dans ce bel ordre; & les Beglerbegs, les bachats & les tréforiers, au lieu de donner des récompenfes aux foldats, felon leur mérite & leurs fervices, réfervent ces Zia

mets & ces Timars, pour récompenfer leurs domestiques, & pour en tirer divers fervices.

Les Zaims & les Timariots peuvent, lorsqu'ils font âgés ou impotens, fe défaire de leurs Ziamets ou de leurs Timars, & les réfigner à un de leurs enfans ou de leurs autres parens.

C'est l'ufage, dans la Romanie, que lorsqu'un Zaim ou un Timariot meurt à la guerre, fon Ziamet ou fon Timar eft divifé en autant de Timars qu'il a de fils; mais fi le Timar n'eft que de trois mille aspres de revenu, il demeure tout entier au fils aîné du défunt; s'il eft plus grand, on partage le reste également entre fes autres enfans. Mais s'il meurt de mort naturelle, dans fa maison, fes terres demeurent à la dispofition du Beglerbeg de la province, qui les peut laisfer aux héritiers du défunt, ou les donner à quelques-uns de les domestiques, ou les vendre au plus offrant.

Dans la Natolie, il y a plufieurs Zaims & Timariots, dont les biens font héréditaires, & pasient

de pere en fils. Ceux-là ne font pas obligés de fervir en perfonne, mais feulement d'envoyer leur Gebelus. Et s'ils y manquent, en tems de le reguerre, venu de cette année-là eft confisqué au profit du Grand-Seigneur; & on donne fon bien à fon plus proche parent, foit qu'il descende du côté du mari, ou du côté de la femme.

ZIANNI. On lit, dans Ammien Marcellin, 1.25, c. 1, ces mots: Eminuit tamen inter varios certaminum cafus Vetranionis mors, viri pugnacis, qui Legionem Žianorum regebat. Sur quoi, de Valois remarque que ces Zianni font appellés Tranni, dans un manuscrit de la notice des dignités de l'empire, & Thaanni & Thanni; dans la plupart des autres exemplaires. Nous connoisfons le pays des Tzanni, qui, à ce que nous apprennent Procope, Perfic. L. 1, Agathias, 1.5, & Justinien, in Novella, 28, de Moderatore Helonoponti, étoient voifins des Laziens & des Arméniens. Marcellinus Comes, qui parle de ces peuples, dans fa chronique du regne de Théodofe le Jeune, nomme ces peuples Zanni. Eustathe, in Dionyf. dit: oiμáxpres eros ПorTINór. TÚTEIS vor οἱμάκρωνες ἔθνος Ποντικόν. τύτοις νῦν Σάννοις φαμὲν, ἰδιωτικωτερον δε Τζάνοις, ὡς καὶ τὴν κελαινήν XT?THTHV. Du reste, ces mots, Zianni, Zanni, Tzanni, Thaanni & Thanni, ne différent que pour l'ortographe, ou pour la prononciation, comme on dit indifféremment Zanga & Tanga, Tabenuofiote & Tabenn fitæ, Turullus & Tzurullus. On peut tirer une conféquence de ce qui vient d'être dit; favoir que les Zianniens ou Tzanniens étoient réputés alliés & troupes auxiliaires des Romains, longtems avant le regne de l'empereur Justinien.

ZIATA, forteresfe, dont Ammien Marcellin fait mention. Il paroît qu'elle devoit être au voifinage du Tigre.

ZiB ou SIB. Les Arabes appellent ainfi aujourd'hui un lieu, une bourgade, ou une petite ville de la Phénicie, à trois heures de Ptolémaïde, vers le Nord. Il y a grande apparence que ce lieu eft l'ancienne ville Acfaph, Acfib, ou Ecdippe, ville célebre, fur la Méditerranée, entre Tyr & Ptolémaïde. Voyez ACSAPH, ACSIB & ECDIPPE. * Voyage d'Alep à Jerufalem, en 1697, Dom Calmet, Dict.

ZIBALA. Le manuscrit de Ptolomée, l. 7, c. 4, de la bibliothéque Palatine, nomme ainfi une des isles voifines de celle de Taprobane. Le texte Grec, au lieu de Zibala, porte B, Bizala, & quelques exemplaires Latins lifent Bibala.

ZICCHI. Voyez ZINCHI.

1. ZICCHIA, fleuve, que Cédrène paroît mettre dans la Thrace. Xylander croit que c'est le fleuve Lycia, de Paul Diacre. * Ortel. Thefaur.

2. ZICCHIA, GOTHIA & NICOPSIS, lieux fitués au bord du Pont-Euxin felon Ortelius, qui cite S. Jean Damascène, & Surius, dans la vie de S. Etienne le jeune. Pierre Gilles fait ausfi mention de Zicchia, dans fon bosphore de Thrace.

ZICENSIS, fiége épiscopal d'Afrique. On ne fait dans quelle province. La conférence de Carthage qualifie Donatus, Episcopus Zicenfis. * Harduin. collect. conc. t. 1, p. 1103.

ZICHNARUM, Zixro, fiége épiscopal, dont parle Curopalate, cité par Ortelius, & qui le met fous le patriarchat de Constantinople. Leunclavius, in Onomaft. Mufulman. le place dans la Macédoine, & dit qu'on l'appelle encore aujourd'hui Zichne.

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ZICLOS, ville de la Basfe-Hongrie, au comté de Baran. Cette ville, fituée à cinq lieues de cinq églifes, eft prife pour l'ancienne Jovallium. Elle eft fortifiée d'une palanque & d'un château, fitué fur une hauteur, que rien ne commande, & revêtu d'une muraille fort épaisfe, avec des bastions à l'antique. Soliman II fe rendit maître de cette place en 1543 & en 1686. Le comte de Scherfemberg, à qui le prince Louis de Bade donna la conduite d'une partie de l'armée, dont il eut le commandement, après la prife de Bude, l'asfiégea fi heureufement, qu'en peu de jours les infidéles fe rendirent à discrétion, & confentirent à demeurer prifonniers de guerre, quoiqu'ils eusfent témoigné une grande ré

folution à fe vouloir défendre. Hift. & Descr.du Royaume de Hongrie, 1688, p. 210.

ZIDAR, nom d'une ville barbare, felon Ortelius, qui cite le grammairien Probus.

ZIDEN, ville de l'Arabie-Heureufe, fur la côte de la Mer Rouge. Cette petite ville fert de port à la Mecque, qui en eft éloignée d'une journée. Il y a un château à chaque côté du port. Les Turcs, fondés fur une tradition Arabe, difent qu'Eve a été enterrée à Ziden, & ils y montrent fa fépulture, qui eft longue d'environ quaranté pas d'un homme qui marche. Cette fépulture n'a point d'autre ornement qu'une pierre, à l'un des bouts, & l'autre à l'autre. Comme la Mecque cit l'abord de toutes les marchandifes des Indes, & que les marchands viennent débarquer de tous côtés au port de Ziden, on en voit un nombre infini, fur le chemin des deux villes: ils vont & viennent avec des chameaux chargés de marchandifes, qu'ils portent en divers endroits, furtout en Syrie & en Egypte; & on les transporte delà en Europe. La petite ville de Ziden eft nommée, par quelques-uns, Gidde, Giudda & Gioddah. Voyez GIODDAH.

ZIEGENHALS, felon Corneille, & ZIEGENHAUS, felon Jaillot, ville d'Allemagne, dans la Si léfie, & dans la principauté de Neisfe, fur la Bila, à deux ou trois lieues communes d'Allemagne, au Midi de la ville de Neisfe.

ZIEGENHEIM, ville d'Allemagne, dans le Bas-Landgraviat de Hesfe. Cette petite ville, fituée fur la petite riviere de Schwalm, eft asfez jolie, & le chef-lieu d'un comté, auquel elle donne le nom. *D'Audifret, Geogr. t. 3.

Le Comté de Ziegenheim eft enclavé dans le BasLandgraviat, Fréderic, fils de Louis le Dur, landgrave de Thuringe, l'eut en partage des biens de la fuccesfion de fon pere, en 1173: fa postérité en jouit jusqu'à Jean, fils de Geoffroi, qui mourut, fans enfans, en 1453. Louis le Pacifique, landgrave de Hesfe, en hérita. Les comtes de Hohenloe lui disputerent cette fuccesfion, comme héritiers d'Elifabeth de Hanau, fille d'Ulrich, comte de Hanau, & d'Elifabeth de Ziegenheim, fœur de Jean. L'affaire fut portée à la diéte de Worms, & jugée en faveur des landgraves de Hesfe, qui en ont depuis joui. Les lieux, les plus remarquables de ce comté, font: Ziegenheim, Treyfa, Gemund fur le Wecht, Neukircken, Schwartzemborn, & le monastere de Havna.

ZIEGENDRUCK, felon Corneille, & ZIGENRICK, felon Jaillot, ville d'Allemagne, au marquifat de Misnie, au bord & à la droite de la Sala, environ à une lieue au-desfous de l'embouchure de la petite riviere de Wifenthal.

ZIELA. Voyez ZELEJA.

ZIGA, peuples de la Sarmatie Afiatique. C'eft Pline, 1.6, c. 7, qui en parle. Comme ils habitoient au bord du Tanaïs, divers géographes ont eu tort de vouloir les confondre avec les Zygi de Strabon, & avec les Sindi de Pline & de Ptolomée, qui avoient leur demeure au bord du Pont-Euxin.

ZIGANA, lieu de l'Arménie. Il eft marqué dans l'Itinéraire d'Antonin, fur la route de Trapezunte à Satala, entre ad Vicentefimum & Thia, à trentedeux milles du premier de ces lieux, & à vingt-quatre milles du fecond. Dans cet endroit, la table de Peutinger, au lieu de Zigana, met un lieu, nommé Frigidarium; ce qu'il y a de certain, c'eft que ce quartier de l'Arménie eft très-froid. Il fe trouve presque toujours couvert de neiges: on n'y voit ni Printems ni Automne, & la vigne ne fauroit y croitre. La notice des dignités de l'empire fait mention de ce lieu; mais elle écrit Ziganne, au lieu de Zigana. * Gregor. Nysfemus, Orat. in-4°. Martyr. p. 107. ZIGANNE. Voyez ZIGANA.

ZIGEA, Isle de la Basfe-Hongrie, dans la Croatie, au comté de Zagrab, felon Baudrand, qui cite Lazius. Cette petite isle eft formée par la Save, entre la ville de Zarab & celle de Sisfeck. On l'appelloit anciennement SEGESTICA. Voyez ce mot.

ZIGEIRA,

ZIGEIRA ou ZIGIRA, ville de l'Afrique propre. Elle eft mife, par Ptolomée, 44, c. 3, au nombre des villes fituées entre la ville de Thabraca & le fleuve Bagrada.

ZIGERE, ville de la Thrace. Pline, Z. 4, c. 11, la place dans les terres, & au voifinage de la BasfeMafie. Il ajoute que c'étoit une des villes des Scythes Arotéres, qui s'étoient établis dans ce quartier.

ZIGETH, ville de la Basfe - Hongrie. Voyez SIGETH.

ZIGGENSIS. Voyez ZICENSIS.

1. ZIGIRA. Voyez ZIGEIRA.

2. ZIGIRA, ville de l'Asfyrie: Ptolomée, 1.6, c. 1, la place vers le Nord, & à une grande distance du Tigre.

ZIJE-RAES. Corneille le Brun, t. 5, p. 147, écrit ainfi le nom de la ville de Chiras.

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ZILEF ou ZILIE, fleuve d'Afrique, dans la Barbarie, au royaume d'Alger. Ce fleuve, que l'on prend pour le Cartenus des anciens, eft grand, & fort du mont Gnanecexis ; & descendant par des plaines défertes, il fe va jetter dans la Mer, à 'Orient de Mostagan, fur les frontieres de Trémecen & de Tenez. Les deux bords de ce fleuve font peuplés d'Arabes riches & vaillans, qui peuvent mettre en campagne deux ou trois mille chevaux. *Dapper, Afrique, p. 159.

ZILEIA. Voyez SILOES. ZILIA. Voyez ZILIS.

ZILIS, ville de la Mauritanie Tingitane, près la côte de l'Océan Atlantique. L'Itinéraire d'Antonin la marque à vingt-quatre milles de Tingis, entre Taberna & ad Mercuri, à quatorze milles du premier de ces lieux, & à fix milles du fecond. C'eft la ville que Strabon nomme ZELES. Voyez ce mot. Elle eft appellée Zilia, par Ptolomée, l. 4, c. 1, qui la place dans les terres, au bord d'un fleuve de même nom. Elle ne devoit pas être éloignée de la Mer : car Pline, 1.5, c. 1, la met fur la côte de l'Océan, in ora Oceani. Il nous apprend, outre cela, que c'étoit une colonie établie par Auguste, & qu'on la nommoit Julia Constantia Zilis. Selon le même auteur, elle étoit exempte de la jurisdiction des rois de Mauritanie, & dépendoit de l'Espagne Bétique. Une inscription, rapportée dans le tréfor de Goltzius, fait mention de cette ville, fous ce titre: Col. Constantia Zili Augusta. Cette ville retient encore à préfent fon ancien nom: car on veut que ce foit aujourd'hui Arzila, nom augmenté de l'article des Arabes. Quant à ce que dit Strabon, l. 3, p. 140, qu'on l'appella Julia Joza, voyez, au mot JULIA, les articles JU

LIA TRADUCTA.

ZILMISSUS, coline de la Thrace. Macrobe, Saturnal. l. 1, c. 18, dit qu'il y avoit, fur cette coline, un temple, dédié au Dieu Sebadeus. Ortelius remarque que Gyraldus, Sintag. 8, Deor. lit Cilmis fus, au lieu de Zilmisfus.

ZIMARA, ville de la Grande-Arménie, felon Solin, qui la place au pied du mont Capotes, où l'Euphrate prend fa fource. On lifoit, ci-devant, dans les exemplaires imprimés, de Pline, l. 5, c. 24, ZIMYRA OU ZIMIRA; mais, comme l'a remarqué le R. Pere Hardouin, c'étoit une faute infigne: car Simyra eft une ville de Syrie, au bord de la Mer Mé diterranée. La correction, que ce favant religieux a faite, eft appuyée fur les meilleurs manuscrits, qui lifent Zimara. C'eft ainfi qu'écrit Ptolomée, 7.5, c. 7, qui marque Zimara dans la petite Arménie, au bord de l'Euphrate; mais asfez loin de la fource de ce fleuve. Tout cela s'accorde avec les Itinéraires. Celui d'Antonin met Zimara, dans la petite Arménie, fur la route de Satala à Méliténe, en prenant le long du rivage, dans cet ordre: Tom. VI.

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Une chofe, en quoi ces auteurs ne conviennent pas c'est le nombre des milles. L'Itinéraire d'Antonin compte foixante milles de Zimara à Dascufa : la ta ble de Peutinger met foixante-fept milles, & veut qu'il y ait foixante & quinze milles.

ZIMARUM. On trouve ce mot dans quelques éditions de Dictys de Crete, 76, & Ortelius en a conclu que c'étoit un lieu maritime, entre l'isle de Crete & le pays des Lotophages; ce qui feroit une pofition bien vague. Mais cela ne doit pas fans doute nous embarrasfer; car les meilleures éditions de Dictys de Crete, au lieu de Zimarum, lifent Ismarum, & comptent cette ville pour un des lieux où Ulysfe aborda.

ZIMBRE, Isle de la Mer Méditerranée, près de la côte du royaume de Tunis, felon Jovin de Rochefort, cité par Corneille. Elle est éloignée du cap de Bon de quinze milles, & de quarante-cinq milles de la Goulette, qui eft le port de Tunis, quoique la Goulette en foit à plus de vingt milles. Cette isle eft inhabitée; mais on y trouve de bonne eau: ce qui fait que plufieurs vaisfeaux y relâchent, pour fe ra fraîchir.

ZIMIRI, contrée de l'Ethiopie: Pline, 1.36, c. 16, après avoir dit que cette contrée eft fablonneufe, remarque qu'on y trouve une forte de pierre d'aimant, furnommée hematites, à caufe qu'elle étoit rouge comme du fang.

ZYMYRA, ville de l'Afie, felon Ptolomée, 1.6,

c. 17.

ZIN. Ortelius, qui cite Sérapion, dit: lieu, dont les habitans font appellés Miheræ, & où l'ambre croît dans la Mer.

ZINARA, ZINIRA ou ZENARA, Isle de l'Archipel, à quelque distance de celle de Lero, du côté de l'Occident, felon Dapper, Defer. de l'Archipel p. 183. C'eft l'isle Cinara de Pline. Baudrand, qui la met environ à cinq lieues de l'isle de Morgo ou Amorgos, du côté de l'Orient, dit qu'elle étoit autrefois peuplée, mais qu'elle eft préfentement dé ferte.

ZINCHA, ville d'Afrique: Strabon, l. 17, p.831, la compte parmi celles qui furent détruites durant la guerre de Céfar, contre Scipion.

ZINCHI ou ZICCHI: car le Grec porte Zixxii peuples de la Sarmatie Afiatique, au bord du PontEuxin. Arrien, 1 Peripl. p. 19, nous apprend que le fleuve Achaeus feparoit les Zinchi des Sanicha. Il ajoute que le roi des Zicchi étoit Stachemphax, qui devoit fa dignité à l'empereur Adrien.

ZINDI & JAMNE. Le livre des propriétés des élémens, attribué à Aristote, mais qui pourroit bien être l'ouvrage de quelqu'Arabe moderne, donne les noms de Zindi & de Jamne à deux contrées d'un cli mat chaud, où les hommes font noirs, & ont les cheveux crêpus. On voit asfez qu'il eft question du pays de Zend & de quelque contrée voifine. Voyez ŻEND.

ZINGAN, lieu de Perfe, fur la route de Casbia à Ardevil, entre Karaboelag & Muhul. Il y a, à Zingan, un caravanferay; ce n'eft, d'ailleurs, qu'un miférable village, qui n'a rien de remarquable. *Corn. le Brun. Voyages, t. 5, p. 204.

ZINGANES, peuples des Indes. Ils habitent, felon Thevenot, Voyage du Levant, t. 2, au voifinage du Sindy on Sinde, & volent la plupart des

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ZINIS. Voyez JUSTINOPOLIS.

ZINU, capitale du Zinumazin, contrée de la Grande-Tartarie. Elle ne fubfiste plus aujourd'hui. Il y a lieu de croire qu'elle étoit fituée quelque part dans le Tangut, dont le pays Zinumazin faifoit fans doute une portion; & qu'elle n'étoit pas éloignée des déferts de Gobi. L'air de ce pays eft très-dangereux à ceux qui n'y font pas accoutumés. * Hift. Genéalog. des Tartares, p. 382.

ZINZEL, riviere de France, dans la Basfe-Alface. Elle prend fa fource dans les montagnes de la Lorraine, près de la petite Pierre, pasfe à Dosfenheim, arrofe la ville de Neuviller, & tombe dans la Sour ou Soor, à un quart de lieue au-desfous de Stimbourg. C'eft le cours que les auteurs du Dictionnaire de la France donnent à cette petite riviere. Ils ne s'accordent pas avec de l'Isle, Carte de la Basfe-Alface, qui place Dosfenheim & Neuviller fur deux rivieres différentes, qui ne fe joignent, qu'après avoir mouillé ces deux lieux.

ZENZICH, Sinciacus, bourg d'Allemagne, dans le cercle électoral de Cologne, fur le Rhin, à l'endroit où ce fleuve reçoit l'Ahr, à trois lieues au-desfous de Bonne, & presque vis-à-vis de Lintz. *Jaillot, Atlas.

ZIOBERIS, fleuve d'Afie, dans l'Hyrcanie. Quinte-Curfe, 1.6, c. 4, décrit ainfi ce fleuve. Il y a, dans une vallée, qui eft à l'entrée de l'Hyrcanie, une forêt de haute-futaye, arrofée d'une infinité de ruisfeaux, qui, tombant des rochers voifins, engraisfent toute la vallée. Du pied de ces montagnes, descend le fleuve Zioberis, qui, par l'espace de quelques trois ftades, coule tout entier dans fon lit; puis, venant à fe rompre contre un roc, fe fend en deux bras, & fait comme une juste distribution de fes eaux. De-là, venant plus rapide, & fe rendant toujours plus impétueux, par la rencontre des rochers, qu'il trouve dans fon chemin, il fe précipite fous terre, où il roule, & fe tient caché durant la longueur de trois cens ftades. Après, il vient comme à renaître d'une autre fource, & fe fait un nouveau lit, plus fpacieux que le premier; car il a treize ftades de largeur puis, après s'être encore resferré, dans un canal plus étroit, il tombe enfin dans un autre fleuve, nommé Rhydage. Les habitans du pays, continue Quinte-Curfe, asfüroient que tout ce qu'on jettoit dans la caverne, où le Zioberis fe perd, & qui eft plus proche de fa fource, alloit resfortir par l'autre embouchure de cette riviere; de forte qu'Alexandre y ayant fait jetter deux taureaux, ceux qu'il envoya, pour en favoir la vérité, les virent fortir par cette autre ouverture. Ce fleuve eft appellé Stiboetes, par Diodore de Sicile, l. 17, c.77, qui en donne une description femblable.

ZIONCELLUS, fleuve de la Thrace, aux environs de Druzipara. Il eft parlé de ce fleuve, dans la vie de faint Alexandre, martyr. * Ortel. Thefaur.

ZIPANGRI. Marco Paolo appelle ainfi le Japon, au troifiéme livre de fes voyages; & ce nom a beaucoup d'affinité avec celui de Nipon, qui eft la principale de diverfes isles, dont eft compofé l'empire du Japon, & que les habitans du Tunquin & des provinces méridionales de la Chine nomment encore aujourd'hui Siipon ou Zipon.

ZIPE ou ZIE PE, lieu des Pays-Bas, dans la Northollande. C'eft proprement cette pointe de la Northollande ou Weftfrife, qui eft au Midi, & visà-vis de l'isle de Texel, & qui eft mouillée d'un côté, par l'Océan Germanique, & d'autre, par le Zuiderzée.

1. ZIPH, ville de la Palestine, dans la tribu de Juda. Jofué, c. 15, v. 24, compte la ville de Ziph parmi celles qui étoient à l'extrêmité de la terre des enfans de Juda, le long des frontieres d'Edom, du côté du Midi. Dom Calmet remarque que faint Jerôme dit que l'on montroit encore, de fon tems, la bourgade de Ziph, à huit milles d'Hébron, vers l'Orient. David, 1. Reg. c. 23, v. 14& 15, fe retira dans le défert de Ziph, & y demeura caché, dans la montagne de ce défert, qui étoit fort couverte d'arbres. Voyez ZIPHENE.

2. ZIPH, ville de la Palestine, felon Jofué, c. 15, v. 54, qui la donne à la tribu de Juda. Il place cette ville de Ziph dans les montagnes, aux environs de Maon & du Carmel.

3. ZIPH, défert de la Palestine. Voyez ZIPH, N. 1.

Le défert & les deux villes de Ziph, tiroient apparemment leur nom de Ziph ou Zipha, fils de Jaléléel, de la tribu de Juda, & dont il eft parlé, au premier livre des Paralippomènes, c. 4, v. 16.

ZIPHAR, montagne de l'Ethiopie intérieure; felon Ptolomée, l. 4, c. 9.

ZIPHENE. Jofeph, ant. 1.6, c. 14, nomme ainfi le territoire de la ville de Ziph. Etienne le géographe écrit Xiphene, pour Ziphene, & cite le livre fixiéme, de l'histoire des Juifs, par Jofeph. On fait que les Grecs ont fouvent employé la lettre, au lieu de la lettre Z; mais ce qui eft furprenant, c'eft qu'Etienne le Géographe ait eu un manuscrit de Jofeph, où il ait trouvé que le nom nationnal étoit Epuraros, tandis que tous les manuscrits, qui nous restent, portent Zigurés.

ZIPOETIUM, ville de l'Afie-Mineure, dans la Bithinie, felon Etienne le géographe, qui dit qu'elle avoit été fondée par le roi Zipoteus. Cette derniere circonstance donne lieu de croire qu'Etienne le géographe a pris cet article dans Memnon, où on lit que Zipoetes fonda, près du mont Lyperus, une ville confidérable, à laquelle il donna fon nom. Je crois, dit

Berkelius, qu'il n'y a que Memnon & Etienne le géographe, qui ayent parlé de cette ville.

ZIPPORIS, nom que les anciens Rabins donnent à la ville de Sefora ou Sauffori, ou plutôt Sephoris; car c'eft ainfi qu'il la faut nommer. Cette ville, fi nous en croyons Jofeph, Bel. Jud. l. 3, c.3, étoit la plus forte de toute la Gallilée; & fa fituation avantageufe la faifoit regarder comme la clef de cette province. Hérode le Tetrarque, frere de Philippe, y ajouta plufieurs fortifications, & en fit la capitale de la Gallilée. Elle étoit fur une montagne; & ce devoit être une belle ville, comme on en peut juger par fes ruines, & par les morceaux de colomnes & de pilastres, parmi lesquels on en trouve quelques-uns d'entiers, de même qu'une arcade, qui, à ce qu'on dit, eft un reste de l'églife de faint Joachim. Il y en a, qui croyent que c'est l'ancienne ville de Saffet. Quoi qu'il en foit, on a, de-là, une agréable vue, fur la vallée de Zabulon, & fur les montagnes de Damas, qui font toujours couvertes de neiges. Le Bruyn, Voyages, t. 2, p. 332.

*

Rabbi-Benjamin marque la fituation de Zipporis. Il dit qu'elle n'étoit éloignée de Jezréel, que de trois parafanges & de cinq de Tibériade. Lorsque les Romains porterent la guerre dans la Judée, elle fuc la derniere des villes de cette province, qui fe rendit à Tite. Le pere Hardouin rapporte des médailles de cette ville, frappées fous Domitien & fous Trajan, avec ce mot, (EПOпнNON, Sephorenorum. Dans la fuite, on appella cette ville Diocéfarée: Geth in secundo Sephoriam milliario, quæ hodie appellatur Diocafarea, euntibus per Tiberiadem, dit faint Jerôme, dans fes questions Hébraïques, Hégésipe & Socrate difent la même chofe.

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ZIRA ou ZEIRA. Voyez GIRA.

ZIRANNI, (Les) peuple de l'empire Rusfien, qui occupe un pays confidérable de même nom, au Couchant de la province de Permski ou Permie, & au Nord-Ouest de celle de Viatka. Ce peuple a un langage particulier. Il a été longtems indépendant; aujourd'hui, il eft tributaire du Czar. Il habite une forêt, à laquelle on donne cent foixante lieues de longueur. *Olearius, De l'Isle, Atlas.

ZIRBAAD. Quelques-uns ont donné ce nom à la partie la plus orientale des Indes, qui eft appellée communément, par les Européens, la Presqu'Isle de-là le Gange. Ce pays comprend, du côté du Septentrion, les états des rois d'Ava & de Pégu; du côté du Midi, ceux du roi de Siam; & du côté de l'Orient, les royaumes de Tunquin & de la Cochinchine. Le mot Zirbaad, fignifie, en langage Indien, Pays fous le vent. Les géographes Hollandois, dans la nouvelle carte, qu'il nous ont donnée de ce pays, ont appellé, Mare Zirbaadad, cette partie de l'Océan Indien, que nous connoisfons depuis longtems, fous le nom de Golfe de Bengale, fur lequel une partie de ce pays eft fituée.

ZIRCHNITZ, ville d'Allemagne, dans la Basfe-Carniole, à l'Occident feptentrional d'un grand lac. On écrit indifféremment Zirchnitz, Czirnicz, & Czirnitz. Cette ville, qui n'eft compofée que d'environ trois cens maifons, donne fon nom au lac fur lequel elle et bâtie, qui eft remarquable, & qui fait

l'article fuivant.

fur un

ZIRCHNITZERSÉE, lac d'Allemagne, dans la Basfe-Carniole, vers les confins du Windischmarck, & au Nord de la Forêt Byrpamerwaldt. Ce lac a deux milles d'Allemagne de longueur, mille de largeur. Il eft environné de montagnes, qui en font cependant un peu éloignées. Du côté du Midi, regne une partie de la forêt de Birnbau

mer.

On voit tous les ans, pendant le mois de Juin, les eaux de ce lac descendre fous terre, par plufieurs grands trous, qui font au fond, & revenir enfuite par ces mêmes trous, pendant le mois de Septembre: l'eau remonte bien plus vite qu'elle ne descend, & elle couvre bientôt toute la terre, qu'elle tenoit auparavant; fi-tôt qu'elle eft écoulée, la terre produit beaucoup d'herbes, qui fervent à nourrir le bétail en Hiver; & c'eft dans ce tems que les liévres, les cerfs & les fangliers viennent de tout le pays des environs, fur-tout de la forêt de Birnbaumer, pour habiter ces terres desféchées, où le peuple en prend un grand nombre.

Le Lac de Zirchnitzer fée fournit beaucoup de poisfon; mais on n'oferoit y pêcher, qu'avec permisfion du prince d'Eckenberg, qui en eft le feigneur, ausfi-bien que de la plus grande partie du pays des environs; cependant tout le monde peut pêcher avec liberté, dans le tems que l'eau s'en va fous terre: pour cet effet, on fe met dans l'eau, tout près des trous, & on empêche le poisfon de pasfer; on en prend, ainfi, une grande quantité. On ne dit point que l'eau, en revenant, apporte avec elle quelques poisfons extraordinaires; & il n'en revient que de l'espéce de ceux qui font partis, comme des carpes, des tanches, des anguilles & de tous les autres poisfons, qu'on trouve communément dans les autres lacs: fi ce n'étoit la défenfe qu'il y a de pêcher en tout autre tems, on y perdroit plus qu'on n'y gagneroit, à prendre le poisfon à fon départ; car lorsqu'il revient, il est bien meilleur & en plus grand nombre: il pasfe fous terre, dans le tems qu'il vient de faire fes œufs, tems où il est moins délicat.

Comme la terre, qui eft fous ce lac, eft fort iné gale, il y a des endroits où l'on ne trouve que quatre pieds d'eau, & d'autres, qui ont jusqu'à quinze aunes de profondeur: cela forme comme des montagnes & des vallées. Les poisfons cherchent plutôt celles-ci, que les endroits élevés; & les pêcheurs, qui les favent connoître, ne s'y trompent pas: ces fortes de vallées font au nombre de fept; on leur a donné à chacune un nom particulier. Les voici, en Sclavon, qui eft la langue du pays:

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Edouard Brown, qui me fournit cet article, dit avoir vu, dans une de ces vallées, une pierre fort estimée dans le pays, & qu'on nomme la pierre des pêcheurs: ils peuvent conjecturer, en la voyant, fi l'eau des cendra bientôt; il ajoute qu'il s'approcha d'une montagne, qui devient une isle fort agréable, fi-tôt que l'eau eft haute.

Les habitans du pays difent que ce lac n'a jamais manqué à faire descendre fes eaux fous terre, & à les faire revenir: ils n'ont même aucune tradition qui leur apprenne fi ce lac a été de tout tems fujet à cette révolution. Il y a des lacs, qui fe forment par quelque tremblement de terre; mais il eft asfez probable que celui-ci a toujours fubfisté; &, autant qu'on peut le conjecturer, c'eft le lac, que Strabon appelle Lugeus Lacus. Mais il n'a point parlé de la disparition de fes eaux. La Mer, la plus proche de ce lac, eft celle que les Latins ont appellée Sinus Tergestinus, & Sinus Flanaticus, le golfe de Trieste, ou le golfe de Quevero; & qu'il y a plufieurs rivieres, qui tirent leurs fources de ces quartiers-là, comme celle de Labach, celle de Corcoras ou Gurck, celle de Colapis ou Gulp, celle de Vipao ou Amnis frigidus, & autres, qu'il feroit trop long de nommer. Edouard Brown ne put apprendre fi toutes ces rivieres tiroient leurs fources de ces trous, dans lesquels le lac s'écoule; mais il a remarqué qu'autour de ce lac, la terre eft très-creufe, & pleine de cavernes; & que dans divers autres endroits de la Carniole, on trouve plufieurs trous, ausfi grands que celui d'Elden, dans la province de Darby, en Ångleterre. Un prince d'Eckenberg eut, dit-on, un jour la curiofité d'entrer dans un de ces trous, & il en fortit par le côté d'une montagne. * Voyage de Vienne &c. p. 182.

ZIRIC-ZÉE; ville des Pays-Bas, dans la province de Zélande, & la capitale de l'isle de Schowen, nommée, en latin, Scaldia, nom qui lui a été donné, à caufe de fa fituation à l'embouchure de l'Escaut: on veut, dans le pays, que Ziric-zée ai commencé fous le regne de Lothaire, vers le milieu du neuviéme fiécle, & qu'elle ait été bâtie & entourée de murailles, en 859, par un nommé Ziringus dont elle a tiré le nom; mais tout cela n'eft point appuyé fur des témoignages bien autentiques: on voit feulement que Baudouin de l'Isle', comte de Flandre, fit bâtir, vers le milieu de l'onziéme fiécle, un palais, à Ziric-zée, & qu'elle pasfoit pour la principale place de Zélande, lorsqu'elle fut attaquée inutilement, en 1303, par Guy de Dampierre, comte de Flandre, qui, l'année fuivante, y fut battu & fait prifonnier par les Zélandois, fecourus par la flotte de France, commandée par Roger de Lauria, amiral de Philippe-le-Bel. En 1576, Ziric-zée fut prife, par Louis de Requefens, grand-commandeur de Castille, & gouverneur-général des Pays-Bas, après un fiége de fept mois, foutenu par Arend-van-der-Dop, commandant de la place. Les Espagnols, fous la conduite de Chiapin Vitelli, marquis de Cetone, & de Christophe de Mondragon, pasferent à gué les canaux de la Mer, qui féparent l'isle de Schowen d'avec celle de Duveland; & quoiqu'ils eusfent fouvent de l'eau jusqu'aux épaules, & que les ennemis les attendisfent de pied-ferme, de l'autre côté du rivage, ils pasferent, & repousferent les Zélandois; dont l'amiral (Louis de Boifot) fut tué: comme après la mort du commandeur de Requefens, qui arriva la même année, les Espagnols, en garnison à Ziric-zée, fe mutinerent, faute de payement, & abandonnerent la place, pour fe retirer dans le Brabant: les états s'en emparerent de nouveau, & la mirent enfuite en très-bon état de défenfe. * Longuerue, Description de la France, 1. 2, part. 1, p. 25.

Sous les princes des maifons de Bourgogne & d'Autriche, cette ville çéda le premier rang à Mid

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