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va fe décharger dans le canal naturel, qui fépare au fud l'isle de Cayenne du continent, depuis la riviere de Wia, jusqu'à celle de Cayenne.

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VARENDORPH, ou VARNDORP Varendorpium, petite ville d'Allemagne, dans la Westphalie, à cinq lieues de Munfter, fur l'Ems, qui en cet endroit n'eft guere plus gros que la riviere d'Aa, fur laquelle la ville de Munster eft fituée. L'Ems paffe fous une des portes de Varendorph, qu'il fortifie aflez bien de ce côté-là, & qui a de bons foffés ailleurs. Cette ville eft mal-propre,à caufe des fumiers que les habitans mettent devant leurs portes, comme presque par-tout en Westphalie, & même dans les groffes villes. Varendorph eft remarquable, en ce que Varus, eapitaine Romain, fous Augufte, fe retrancha dans fon voifinage. On voit encore autour de la ville les veftiges du follé qui environnoit foh camp. Ce fosfé eft préfentement à demi-comblé, & presque rempli de bois & de broffailles. Il ne feroit pas impoffible que cette Ville eût pris fon nom de Varus, Varendorph, pouvant fignifier le bourg de Varus. Varendorph appartient à l'évêque de Munfter, qui y tient garnifon. Corn. Dict. Voyage d'Osnabrug.

VARENGUEBEC, marquifat de France, dans la Normandie, au diocèfe de Coutances. On y voit un ancien château. Plufieurs paroiffes relevent de cemar quifat, & il y a à Varenguebec un bailli, devant lequel fe portent les procès. Le bois de Limor, qui eft très-grand, dépend de cette paroiffe, & le prieuré de faint Michel de Bofe y eft en partie enclavé.

1. VARENNE, (La) bourg de France dans l'Anjou, élection d'Angers, il eft confidérable.

2. VARENNE, lieu de France, dans la Bourgogne, recette de Châlon. Sa fituation eft belle. La Sone paffe auprès. Le grand chemin de Châlon à Lyon y paffe. C'eft un petit vignoble.

3. VARENNE, lieu de France, dans la Bourgogne, recette de Beaune. Ce lieu fitué dans une grande plaine eft de la paroiffe de Ruffey. Il y paffe une petite riviere fur laquelle il y a un pont, Elle vient de l'abbaye de Serrigny. Il y a peu de vignes, & c'eft un petit paffage.

4. VARENNE, riviere de France, en baffe Normandie, dans le petit pays appellé le Houlme, où elle prend fa fource au lieu appellé Chanu, d'où elle court en ferpentant vers le midi, paffe à Domfront, & va fe joindre à la Mayenne. Corn. Dict. de l'Isle, Robert Atlas.

VARENNES-LES-GRANDES bourgade de France, dans la Bourgogne, prieuré de l'ordre de S. Benoit, & paroiffe du diocèfe de Langres, bailliage & recette de Châlons.

VARENNE-SAINT-MAUR, (La) lieu de l'Isle de France, élection de Paris. Il donne le nom à la plaine des environs, & il a pris le fien de ce que c'étoit un endroit où les rois prenoient autrefois le plaifir de la chaffe.

1. VARENNES, paroiffe de France dans la Bourgogne, au bailliage & recette de Mâcon. Elle eft fituée fur de petites montagnes éloignées des villes. Il y paffe une petite riviere nommée Cernin, & qui fe déborde fouvent, à caufe des eaux qui découlent des montagnes. Vaux-la-Montagne, les Galines, les Thuileries & les Noyers en dépendent.

2. VARENNES, ville de France, dans le Bourbonnois, élection de Moulins, près de l'Allier, aux frontieres de la baffe-Auvergne. C'est une petite ville ruinée par les grands paffages des gens de guerre, qui ont fait déferter la plupart des habitans, dont Il ne reste plus qu'environ quatre cens. Elle eft bâtie fur une éminence, qui s'abaiffe doucement du côté de la riviere, qui en lave le pied. Cette ville eft du domaine du roi, mais engagée; auffi dans fon préfidial, on ne rend juftice que fous le nom du roi, & non pas fous celui de l'engagifte. Il n'y a qu'une grande rue qui foit remarquable. La petite riviere de Vallenfon, qui prend fa fource en Auvergne, paffe à l'extrémité du fauxbourg. Il n'y a qu'une feule églife qui appartient aux chanoines réguliers de SainteCroix, fous la regle de faint Auguftin. Cette églife; ainfi que la maison religieufe, fut fondée en 1390,

parle duc Robert de Bourbon, petit-fils de faint Louis. Ce prince allant à Rome, mena avec lui deux religieux de Sainte-Croix de Paris, & à fon retour, il les établit dans la ville de Varennes, leur donnant entr'autres reliques un morceau de la vraie Croix, Ces religieux poffédent auffi une épine de la couronne de Notre-Seigneur, avec des reliques de faint Roch & de faint Sébastien.* Corn. Dict. Journal d'un voyage de France & d'Italie. Le P. Boulingaut nouveau théâtre du monde, 1. part.

3. VARENNES, bourg de France, dans l'Anjou, élection de Saumur.

4. VARENNES, bourg de France, dans la Tou raine, élection de Loches.

5. VARENNES, lieu de France, dans la Cham pagne, à quatre lieues de Langres. C'eft un lieu renommé par la naiffance de faint Gengoul, connéta ble de France, & par le prieuré qui y a été établi en fon honneur. On y voit une fontaine, qu'on dit y avoir été transportée par ce Saint, & dans laquelle il convainquit fa femme d'infidélité. Il y fit bâtir & dota l'églife paroiffiale, qui depuis a été changée en prieuré, fous le titre de faint Pierre & de faint Gengoul, à la requifition & par la fondation de Regnier, ain qu'il paroît par la charte de Regnault, évêque de Langres, de l'avis des chanoines de fa cathédrale. Cette charte eft confervée dans les archives de l'abbaye de Molesme, à laquelle ce prieuré a été donné par cette charte, qui, quoique fans date, doit être rapportée entre l'an 1080. & l'an 1081. D'autres néanmoins la rapportent à l'an 1084. Ce prieuré vaut fix mille livres de rente. * Baugier, mémeire de Champagne, t. 2, p. 90.

6. VARENNES, paroiffe de France, dans le Nivernois, élection de la Charité. Le feigneur de ce lieu a un château qui eft des plus anciens du royau me, & d'une construction finguliere. On voit dans cette paroiffe une chapelle appellée faint Silvain: l'ancienneté du bâtiment fait croire que c'étoit un monastere, comme faint Annaire, évêque d'Auxerre, le rapporte en 580, monasterium quod dicitur Varennia. Il y a dans le territoire de cette paroiffe des mines de fer.

7. VARENNES, prieuré de France, dans le diocèle de Meaux. Il eft de trois cens livres.

8. VARENNES, lieu de France, dans la Bour gogne, recette de Mâcon. Les rivieres de Grosne & de Sône y paffent. C'eft un paffage de Mâcon à Lyon, Il y a un pont ruiné.

9. VARENNES, châtellenie de France, dans le Berry, élection de la Charité-fur-Loire.

10. VARENNES, abbaye de France, au diocèfe de Bourges, dans la paroiffe de Fougerolles, à deux lieues au couchant de la Châtre, dans l'archiprêtré de Cluys. C'eft une abbaye d'hommes de l'ordre de Cîteaux, & filles de Valuifant. Elle fut fondée par les libéralités de Guy de Chauvigny, en 1148, felon quelques-uns, & en 1155. ou 1162, felon d'autres. Ebon de Dols, Ebo de Dolis, en jetta les premiers fondemens. Les feigneurs de Cluys, ne le fouffrant qu'avec peine, Henri, roi d'Angleterre, ôta la premiere pierre du fondement, puis la remit, & voulut en être le fondateur, & le gardien ou confervateur, Elle retenoit pour fes principaux bienfaiteurs les feigneurs de Dols & de Cluys.

,

11. VARENNES (La) contrée de France, dans la Touraine, fur le bord de la Loire. Les Varennes, qui font le long de la Loire, font des terres fablonneufes, faciles à cultiver, & toujours en labour. Elles rapportent du fergle, de l'orge, du mil, des légumes pour la province, & on en tire la gaude pour les teintures. Piganiol, Description de la France t.7.

*

VARENNES-BOURREAU, bourg de France, dans le Maine, élection de Château-Gontier.

VARENNES DE REUILLON, paroiffe de France, dans la Bourgogne, recette de Semur en Brionnois. Elle eft compofée de plufieurs hameaux & autres dépendances. Il y a deux collectes dans cette paroiffe, l'une du Brionnois, l'autre du Charolois. Les habitans de la côte du Brionnois font de la recette

&

& du bailliage de Semur; ceux de la côte de Charollois font du bailliage & recette de Charolles. Tous ces lieux font fitués fur la riviere de Loire & fur une éminence. La riviere de Reconfe en eft proche auffi. VARENNES SAINT SAUVEUR, paroiffe de France, dans le Bourbonnois, élection de Moulins, entre la riviere de Soulevan, & des terres de bruyeres & des bois. Targeat, Cervillas & la Graniere en dépendent.

VARENSIS-LIMES, lieu d'Afrique. Il en eft parlé dans la notice des dignités de l'empire, fect. 2, & dans le décret de Gratian, Causâ 13. Il eft fait mention d'un concile tenu dans ce lieu, & appellé Varenfe concilium.

VARENTANUM, VARENTUM ou VERENTUM, ville de Toscane, felon l'itinéraire d'Antonin. Léander croit que c'est aujourd'hui Valentano, bourgade de la Tofcane.

VARENUS, fiege épiscopal de l'Hellespont, fous la métropole de Cyrique. Domninus, fon évêque, fouscrivit à la lettre adreffée à l'empereur Léon. Harduin, collect. conc. t. 2, p. 741.

VARESE ou VARESIO, Baretium, bourg d'Italie, au duché de Milan, fur la riviere d'Olona, environ à trois lieues du lac de Como, du côté de l'occident, & à deux lieues du lac de Ghivira ou Ghiura. *Magin, carte du duché de Milan.

VARESE, bourg d'Italie, fur la côte orientale de Genes.

VARETATÆ, peuple de l'Inde, felon Pline, 1. 6. c. 20. Le Pere Hardouin remarque que le manuscrit de la bibliotheque Colbertine, au lieu de Varetata, porte Suatarata.

VARETUM, fleuve de la Cappadoce, felon quelques exemplaires de Pline, l. 6, c. 20; mais le Pere Hardouin à prouvé qu'au lieu de VARÉTUM, il falloit lire EVARCHUM. Il s'appuie fur le témoignage de Marcian d'Héraclée, Perip. p. 106, & fur celui d'Etienne le géographe. Voyez EVARCHUS.

VARGIONES, peuples de la Germanie, felon Ptolomée, l. 2, c. 11, Scudus croit que ces peuples habitoient vers les fources du Danube, dans le comté de Barr, Barr Landtgrafschafi.

VARHEL ou VECZEL, bourg de la Tranfilvanie, à do uze lieues d'Hermanstad, vers le midi occidental. On le prend pour l'ancienne Ulpia Trajana.

1. VARIA, ville de l'Espagne Tarragonnoife, felon Strabon, l. 3, c. 162, & Ptolomée, Z. 2, c. 6. Ce dernier la donne aux Berones. Pline, l. 3, c. 3, dit qu'elle étoit fut le bord de l'Ebre, dans l'endroit où ce fleuve commence à être navigable. On croit que la ville de Logrogne s'eft élevée de fes ruines.

2. VARIA ou VANIA, ville d'Italie, dans la Pouille : L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route d'Equotuticum à Tarentum, entre Butuntus & Turres, à douze milles du premier de ces lieux, & à vingt & un milles du fecond. Simler a cru qu'au lieu de Varia ou Vania, on devoit lire Barium; ce qui eft très-vraisemblable, car il eft queftion de la ville de Bari. Voyez BARI.

VARIANA, ville de la baffe-Moefie : l'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Viminacium à Nicomédie, entre Augufte & Valeriana, à douze milles du premier de ces lieux, & à égale distance du fecond. Procope, Edif. 1. 4, c. 6, nous apprend que l'empereur Juftinien releva cette ville, qui étoit tombée en ruine. Le nom moderne, eft BRANNICERO, felon Lazius; mais dans un autre endroit il dit que c'eft VARADIN.

VARIANÆ, ville de la Pannonie, felon l'itinéraire d'Antonin, qui la marque fur la route de mona à Sirmium, entre Sfcia & Menneiana, à vingtTrois milles du premiet de ces lieux, & à vingt milles du fecond; mais dans la route d'Italie, dans la Dalmatie, en paffant par l'Iftrie, le même itinéraire met VARIANE à vingt-quatre milles de Sfcia. Cellarius, Geogr. ant. l. 2, c. 8, croit que Variana eft la même chofe que Caftra-Variana, &, felon Ortelius, le nom moderne eft Wara fur Drave.

VARIANUS-VICUS, lieu d'Italie. Voyez ViEus Varianus.

Tome VI

VARIATION. Ce mot a divers ufages; mais je me bornerai à celui qu'il a dans la géographie. On appelle ainfi la différence qu'il y a entre le vrai nord, & le nord indiqué par la bouffole.

Cet inftrument, fi connu depuis peu de fiécles, a été inconnu aux anciens. Ils connoiffoient dans l'aimant cette vertu attractive, qui furprend ceux qui en voyent l'effet pour la premiere fois; mais ils en ignoroient la plus utile propriété. Ils ne s'aviferent point de foupçonner cette pierre d'avoir deux pôles, que femblent répondre à ceux de notre globe, & qu'une aiguille dont les bouts font touchés à ces deux poles, acquiert la vertu de fe tourner d'elle-même vers les pôles dont elle a été touchée ; c'est-à-dire, que la partie frottée au pôle feptentrional de l'aimant, cherche le nord, & celle qui a été frottée au pôle méridional, cherche le midi.

Cette découverte, que les Chinois ont eue longtemps avant les Européens, eft d'une grande reffource pour les voyages de long cours. Les navigateurs dans un temps obfcur, ne voyant ni étoiles, ni foleil, ne favent ou prendre le nord: l'aiguille aimantée le leur montre; mais cet avantage n'eft pas auffi parfait, qu'il le feroit, fi l'aiguille montroit toujours le même nord. Elle varie; & bien loin qu'elle foit également conforme aux vrais pôles du monde, elle n'eft pas toujours d'accord avec elle-même. C'eft ce manque de conformité que nous appellons VARIATION. Quelquefois, ou en quelques endroits, elle décline à l'orient, ailleurs à l'occident. C'est ce que l'on appelle DECLINAISON ou VARIATION ORIENTALE, ou OCCIDENTALE, felon que l'aiguille eft nord-eft, ou nord-oueft. Ces mots NORD-ESTER, ou NORD-OUESTER, font des termes de navigation inventés, pour exprimer cette variation.

Cette aiguille eft appliquée à une rofe de carton,fur laquelle font marqués les trente - deux-vents. Celui du nord eft distingué par une fleur de lis. On fut long-temps à s'appercevoir de fa variation ou déclinaifon. Elle fut publiée la premiere fois en 1549, par un nommé Caboto, navigateur Vénitien; mais de l'Isle a eu entre les mains le manuscrit d'un pilote dieppois, nommé Crignon, dédié à l'amiral Chabot en 1534, où il eft fait mention de la déclinaifon de l'aimant. Cettte nouveauté révolta les philofophes, dont elle dérangeoit trop les idées. Ils la nierent fierement, parce qu'elle n'accommodoit pas leur fyftême: mais enfin elle devint incontestable, & il fallut s'y rendre.

On obferva que fous le méridien des Açores il n'y avoit point de déclinaifon, & l'on crut avoir trouvé un principe naturel pour y fixer le premier méridien; ce qui jufques-là n'auroit pû être fait qu'arbitrairement, & par conféquent n'auroit pas été au gré de tout le monde. Comme on voyoit par la direction de l'aimant qu'il avoit des poles, & par fa déclinaifon qu'ils n'étoient pas les mêmes que ceux de la terre, on les plaça où l'on voulut, avec une affez grande liberté, qui étoit l'effet du manque d'obfervations.

On vint enfuite à s'appercevoir de deux nouveaux méridiens exempts de déclinaifon, l'un qui paffoit par un cap fitué proche du cap de Bonne-Efperance, & que l'on nomma pour cette raifon le cap des Aiguilles aimantées, parce qu'en ce lieu les aiguilles aimantées marquoient le vrai nord: l'autre qui paffoit à Canton dans la Chine. On déterminà les angles d'interfection de ces méridiens, que l'on croyoit fixes, parce que la préfomption eft toujours pour l'immobilité. On remplit leurs intervales d'autres méridiens, fous lesquels il y avoit déclinaifon, arrangés proportionnellement.

Ón découvrit, (& Gaffendi fut le principal auteur de cette découverte ) que la déclinaifon de l'aimant avoit une variation, c'est-à-dire, que dans un même lieu elle changeoit d'un temps à un autre,& changeoit perpétuellement. Ce phénomene effentiel renverfa

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parfaitement. Il a eu en main d'excellens mémoires, & il étoit l'homme du monde le plus propre à les

mettre en œuvre.

Il y a, dit-il, peu de matieres fur lesquelles on fe foit plus détrompé que fur celle de la déclinaifon & de la variation de l'aimant. Car dès que Chabot & Oviedo eurent avancé que l'aiguille aimantée déclinoit tantôt vers l'orient, & tantôt vers l'occident, les philofophes & les géographes prévenus en faveur de la vertu directrice de l'aimant, & de l'attraction des poles du monde, fe récrierent contre cette nouvelle découverte, difant que ces deux pilotes étoient des ignorans, qui, s'étant trompés, vouloient tromper les autres. Mais une infinité d'obfervations, que l'on fit enfuite, presque dans toutes les parties du monde, prouverent fi bien la déclinaifon de l'aimant, qu'il ne fut plus permis d'en douter. Chacun raifonna à fa maniere fur les experiences qui lui tomberent entre les mains. Les phyficiens en chercherent la caufe & donnerent leurs conjectures pour des vérités. Les mathématiciens, après avoir donné aux pilotes des régles sûres pour obferver la déclinaison de l'aimant, & pour corriger leur route, que l'infidélité de la bouffolerendoit fouvent mauvaife, effayerent de trouver par ce moyen les longitudes fi néceffaires à la navigation. Mais les fyftêmes qu'ils en firent fe trouverent tous faux dans la fuite, auffi-bien que les raifonnemens des philofophes, qui n'avoient tout au plus qu'un rapport apparent. * Obfervat.phyfiq. & mathémat. à la fuite des Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, à l'année 1692, p. 408.

Le fameux Simon Stevin fit imprimer en 1608, fur les obfervations d'un certain géographe nommé Plancius, un traité qu'il intitula de Limenheuretica, parce qu'il y enfeigne la maniere de trouver un port par la feule hauteur du pole, & la déclinaifon de l'aimant; fon fyftême eft appuyé fur les principes fuivans.

1. Sous un même méridien, dans le même hémisphere, la déclinaifon eft par-tout la même.

2. Il y a des méridiens que l'on peut appeller magnétiques, fous lesquels il n'y a nulle déclinaison.

3. Le premier méridien magnétique paffe par Corvo, l'une des Açores. Le fecond à Go d. de longit. par Helmshudam, à l'orient du nord cap de Finmarchie. Le troifieme à 160. d. de longit. par l'embouchure de la riviere de Canton dans la Chine.

4. Dans le premier intervalle, c'eft-à-dire, entre les deux premiers méridiens magnétiques, la déclinaison eft au nord-eft; dans le fecond, elle eft au nord-oueft.

5. Entre deux méridiens magnétiques, à une égale distance de l'un & de l'autre, il y a un méridien, que l'on peut appeller le méridien de la plus grande déclinaifon, parce que la déclinaifon croit toujours également depuis le méridien magnétique jufqu'à ce méridien-là, & qu'enfuite elle décroit dans la même proportion jusqu'au méridien magrétique fuivant.

6. La plus grande déclinaifon du premier intervalle eft de 13, d. 24. dans l'hémisphere feptentrional, & de 19. d. dans l'hémisphere méridional. La plus grande déclinaifon du fecond intervalle eft de 33. d. dans l'hémisphere feptentrional, & de 22. dans l'hémisphere méridional. Il ne dit rien de l'hémisphere occidental, parce qu'il n'avoit pas trouvé d'obfervations fur lesquelles il pût fonder fon raifonnement.

?

Metius ajouta au fyftême de Stevin un méridien magnétique, & deux intervalles, chacun de 100. d, en longit., l'un de 160. d. jusqu'à 260, dans lequel la déclinaifon eft au nord-oueft; & l'autre depuis 260. d. jusqu'à 360,dans lequel la déclinaifon eft au nord-oueft Le fyftême de Bartolomeo Crescentio, que l'on trouve dans le livre fecond, chap. 9. De Naurica Méditerranea, imprimé en 1607, eft plus fimple. II, n'y a qu'un méridien magnétique qui paffe par la pointe orientale de l'isle de faint Michel, & par le milieu de l'isle de fainte Marie des Açores : ce méridien eft coupé à angles droits aux poles du monde par le méridien de la plus grande déclinaifon, laquelle n'eft que de 22. d. 30, La déclinaifon eft toujours au nord-eft dans l'hémisphere oriental, & toujours au nord-oueft dans l'occidental, croiffant également, & d'une maniere proportionnée à la longitu

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de dans la premiere moitié de chaque hémisphere, & décroiffant de même dans l'autre moitié.

Pour trouver la longitude dans ce fyftême, il ne faut qu'une regle de proportion: Si 22. d. 30'. de déclinaifon font 90. d. de longitude, les degrés de la déclinaifon obfervée, par exemple, 11. d. un quatrième, feront 45. d. de longit. Crescentio affure que par cette méthode la longit. eft auffi certaine, que par l'obfervation des éclipfes de lune, & que toutes les cartes font fauffes, dans lesquelles le cap de Bonne-Esperance n'eft pas éloigné de 9o. d. du méridien des Açores. Si Crescentio avoit obfervé à Rome, comme il dit, vers l'année 1607, la déclinaifon de 11. d. un quatrième, il faut qu'elle ait bien changé ; car les PP. Clavius & Blancanus l'y ont obfervée de près de 6. d. les PP. Giatinus & Kircher, Jéfuites, d'environ 3. d. & le P. Niceron, Minime, de 2. d. au nord-ouest, ce qui s'accorde affez avec ce que l'on a obfervé près de Londres; car en 1580. la déclinaifon étoit au nordeft environ 11. d. 30', en 1612, d'environ 6. d. 10' en 1633, d'environ 4. d., & en 1667, il n'y a eu aucune déclinaifon. Elle y eft préfentement, (c'eftà-dire vers l'an 1692.) de plufieurs d. au nord-oueft. On a remarqué la même chofe à Paris, où la décli naifon a été en 1660. de 7. d. & demi nord-eft, en 1640. de 3. d. nord-eft, en 1666. o, en 1682. de 2. d. & demi nord-oueft, en 1685. de 4. d. 10'. nord-ouest, en 1687. de 4. d. 30', en 1691. de 4. d. 40'.

Emmanuel Figueroa fit un autre fystême fur les obfervations de Vincent Rodrigue, premier pilote de la flote des Indes. Il y a dans fon fystême deux méridiens magnétiques, & deux de la plus grande déclinaifon. Les magnétiques fe coupent aux poles du monde à angles droits, & ceux de la plus grande déclinaifon y font avec eux des angles de 45. d. Le premier méridien magnétique paffe à 50 lieues à l'ouest de Flores une des Açores. La plus grande déclinaifon eft de 22. d. 36'. Elle eft au nord-eft dans le premier & dans le troifiéme intervalle; au nord-oueft dans le fecond & dans le quatrième, croiffant d'une maniere uniforme dans la premiere moitié de chaque intervalle, & décroiffant à proportion dans la feconde.

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Le capitaine le Bon, de Dieppe, ayant vu que obfervations ne s'accordoient pas avec les principes de Figueroa, crut que les méridiens magnétiques, & ceux de la plus grande déclinaifon, ne fe coupoient point aux poles du monde, mais aux poles du Zodiaque.

Comme cette matiere parut d'une fort grande conféquence pour la navigation, les pilotes eurent ordre d'obferver par-tout, avec beaucoup de foin. Les Espagnols & les Portugais fe distinguerent: ceux-ci dans l'hémisphere oriental, & ceux-là dans l'occidental; & parmi les François deux pilotes de Dieppe, l'un nommé Guerart, l'autre Tellier; & l'on reconnut, en examinant & en comparant toutes les obfervations, qu'il n'y avoit nul méridien que l'on pût appeller proprement magnétique, n'y en ayant aucun fous lequel l'aiguille ne déclinât en certains endroits; qu'on ne pouvoit donner de regle générale pour tout un méridien, comme avoient fait Crescentio & Figueroa, ni pour un demi méridien, comme avoit fait Stevin; que dans les intervalles, que l'on avoit appellés magnétiques, la déclinaifon augmentoit ou diminuoit fans aucune proportion à la longit. & qu'il n'étoit pas poffible de faire des regles générales fur des obfervations particulieres, ni de raifonner, pour ainfi dire, de proche en proche.

Ainfi l'on abandonna les fystêmes, & on fe contenta de marquer dans les routes, & fur les cartes/ marines, la déclinaifon que les plus habiles pilotes avoient obfervée en certains lieux, afin que les les autres, trouvant la même chofe fur leur bouffole,reconnuffent qu'ils étoient arrivés aux mêmes lieux. C'eft ce que fit Dudlé au chap. 8. du premier livre, dell'› Arcano del Mare, & fur toutes les cartes marines dont ce livre eft rempli.

Riccioli examina Dudlé, & fit, au huitiéme livre de fa géographie réformée, l'histoire de la déclinaifon; après quoi il affura que de fon temps, depuis le méridien du pic des Açores, jusqu'à celui du cap de Matapan, dans la Morée, & du cap des Aiguilles, dans l'Afrique, la déclinaison étoit au nord-eit

tant

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en deça qu'au delà de l'équateur; que depuis ce méridien, jusqu'à celui de Canton, elle étoit au nord oueft, excepté en un ou deux endroits au deçà de l'équateur trois ou quatre au-delà. Que depuis le méridien de Canton, qui paffe par le milieu du golfe de Méxique, à 290 d. de longit., elle étoit au nordoueft, excepté en un endroit; & qu'entre ce meridien, & celui du Pic, elle étoit au nord-oueft, excepté en huit endroits en deça de l'équateur, & douze au-delà; que la plus grande déclinaifon au nord-eft étoit de 30 d. au détroit de Davis, & la plus grande au nord-ouest de 33. d. dans la nouvelle Zemble; qu'après ces deux déclinaifons, il n'y en avoit point qui paffât 26. degrés.

La plupart des obfervations que rapporte Riccioli avoient été faites long-temps avant qu'il en fit l'histoire, qu'il n'imprima qu'en 1661, car les plus récentes font celles de Dudlé & de Kircher, dont l'un avoit été imprimé en 1645, l'autre en 1646, fur des mémoires déja vieux. Ainfi à en juger par ce qui eft juger par ce qui eft arrivé depuis, les chofes n'étoient plus de fon temps, comme il les croyoit; car l'aiguille, qui étoit fur la ligne méridienne, au cap des Aiguilles, a commencé à varier & à décliner au nord-eit d'environ 9. & demi par an, felon le rapport de tous les pilotes Portugais, & l'on a commencé à ne trouver plus de déclinaifon à l'occident du cap des Aiguilles, comme file méridien magnétique fe fût éloigné de ce cap vers l'occident, à mefure que la déclinaifon au nord-oueft croiffoit à ce cap. On a de plus remarqué que la déclinaison, qui étoit au nord-oueft, entre le cap des Aiguilles & Canton, & au nord-eft, entre ce cap & le premier méridien, diminuoit à proportion qu'elle croiffoit au cap; qu'en diminuant de la forte, il y avoit eu une année fans déclinaifon en plufieurs endroits, & qu'enfuite elle avoit changé de côté, étant préfentement au nord-oueft en des lieux où elle avoit été auparavant au nord-eft. Par exemple, elle étoit à Lisbonne de 7. d. 30'. au nord-eft, lorsqu'il n'y avoit point de déclinaifon au cap des Aiguilles; elle y eft préfentement de plufieurs degrés au nord-eft, augmentant par an d'environ 9. d. & demi, comme elle fait à Paris. J'ai déja fait obferver que préfentement, dans l'ouvrage cité, fignifie 1692.

Le P. Noël, allant à la Chine fur les vaiffeaux Portugais en 1684, obferva 10 d. de déclinaifour au nordoue ft au cap des Aiguilles, n'ayant trouvé aucune déclinaifon à 215. lieues à l'oueft de ce cap. Les pilotes Portugais difent que depuis le cap des Aiguiltes, jufqu'à Madagascar, la déclinaifon au nord-oueft croit de 13. d., enforte que fi elle eft de 2. d. au cap, elle fera de 15. d. à la vue de Madagascar ; que de Madagascar à Mozambique elle diminue de 3. d. que de Mozambique à Zocotora elle ne croit presque point; que de Zocotora à Goa elle diminue, étant à Goa,autant au-deffous de 15. d. au nord-oueft, qu'elle eft de degrés au nord-oueft au cap des Aiguilles. A mesure que ces fyftêmes fe détruifoient, par des obfervations imprévues, il étoit naturel de fe rebuter de cette recherche. Cependant l'importance des avantages qui en devoient être le fruit, foutint le courage de plufieurs hommes illuftres. On continua d'obferver la variation de l'aimant, non-feulement fur mer, pour régler fa route, & pour avoir quelque confirmation de fon estime, par le raport des variations, mais encore fur terre, où on le peut faire avec beaucoup plus d'exactitude que fur mer, afin de voir fi, par la comparaifon des obfervations faites en même-temps en des lieux éloignés, & dans les mêmes lieux en des temps éloignés les uns des autres, on ne pourroit pas trouver quelque période de la variation, qui pût fervir à déterminer les longit.

Le changement de déclinaifon, qui s'eft fait en même-temps, avec quelque forte de proportion, dans un hémisphere presque tout entier, femble venir d'une caufe univerfelle, qui agiroit par-tout avec analogie, fi les caufes particulieres ne s'oppofoient à la régularité de fon action. Mais qui pourroit démêler dans la nature tout ce qui agit fur l'aimant, & la maniere dont il le fait ? Il eft certain que les mines d'ai maint, de fer & d'acier, & d'autres femblables ma

tierès répandues presque par-tout, attirent l'aiguille aimantée, lorsqu'elles font à fon égard dans une cér→ taine fituation, & la repouffent lorsquielles font dans un autre, & fe font plus ou moins fortement fuivant leurs distances, leurs forces, leurs come binaifons; mais ces chofes font dans un moue; vement continuel, & nous font presque tous jours inconnues. D'ailleurs il arrive peu de changes: mens confidérables dans les élémens, & même dans le ciel,que l'aimant ne s'en reffente, & que l'on ait: remarqué quelque changement dans fa déclinaifon.

De la Hire, ayant remarqué du changement dans: le pole d'une pierre d'aimant sphérique de trois pouces de diametre, & jugé que ce changement pouvoit: être analogue au changement des poles magnétiques de la terre, propofa dans une lettre imprimée vene 1687, une nouvelle façon de bouffole, dans laquelles. fuivant cette hypothèfe, la fleur de lis devoit tous: jours refter fur la ligne méridienne, quelque déclinaifon & quelque variation qu'il arrivât aux autres: bouffoles..

C'étoit un anneau d'acier aimanté de trois pouces de diamètre, foutenu en équilibre fur un pivot, & tournant librement autour de fon centre immobile :: on avoit attaché une fleur de lis de laiton à l'endroit de la circonférence, qui montroit exactement le feptentrion lorsqu'il étoit bien en repos. La maniere de l'aimanter étoit aifée; car on ne fait que préfenter à un de fes points le pole boréal d'une pierre d'aimant;: & le pole austral, au pole oppofé. De la Hire ne pro pofa pas ce fystéme comme une vérité inconteítable, mais comme une conjecture qui paroiffoit affez pro bable pour être examinée, fur-tout dans une matiere fi utile à la navigation. Cette conjecture eft fondée fur les principes fuivans.

1. Il y a fur la terre deux poles de la vertu magné tique: ces poles changent, & font différens de la révolution journaliere..

2. Chaque pierre d'aimant a des poles de fa vertu. Ces poles qui ont changé de place dans une pierre, pourroient bien auffi en changer dans les autres, & peut-être que leur changement est analogue au changement des poles magnétiques de la terre.

3. Si cette analogie eft vraie, il n'y a point de doute qu'une pierre sphérique d'aimant, librement fuspendue, demeurera immobile, & qu'elle aura toujours un point tourné vers le pole de la terre. Ce point s'appellera le pole de la pierre, pendant que les poles de la vertu pafferont fucceffivement en dif férens endroits, à mefure que les poles magnétiques changeront de place fur la terre.

4. Les expériences que de la Hire a faites, & qu'il rapporte dans fa lettre, font voir qu'il n'y a presque aucun fujet de douter que l'anneau aimanté, dont il s'agit, ne faffe la même chofe qu'un globe d'aimant, librement fuspendu, & qu'un de fes points ne marque conftamment le feptentrion, tandis que les poles de la vertu magnétique auront dans fa circonférence une révolution femblable à celle des poles magnétiques de la terre.

Comme on ne pouvoit s'affurer de la vérité de ces hypothèses, que par un grand nombre d'expériences, qu'une perfonne feule ne peut faire, de la Hire excita, par fa propofition, les favans & les curieux à en faire qui puffent être utiles au public, les aver¬ tiffant au commencement d'avoir peu d'égard aux obfervations faites par les pilotes, ou rapportées dans les livres qui ont traité de cette matiere, à caufe des erreurs groffieres qu'ils n'ont pû éviter. On lui fit des objections contre fon fystême; cela lui donna lieu d'écrire cette lettre au P. Gouye.

Il faudroit que je fuffe bien certain des objec- << tions de la variation de l'aimant, pour croire tou- « tes les irrégularités que nous trouvons dans les « livres de ceux qui nous en donnent des relations; « car il faut bien diftinguer entre la quantité de la « variation & fon changement, par exemple, d'une » année à l'autre, qui doit fuivre une espece de pro- «< greffion;car la quantité de la variation dans un pays dépend ordinairement des matieres magnétiques « ou ferrugineufes, qui font cachées dans la terre,les «

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» quelles détournent toûjours d'une certaine maniere » l'aiguille aimantée,oulapierre d'aimant fuspendue » en liberté ; mais pour le changement des varia» tions, il est très-difficile d'en connoître la cause. » On peut dire feulement que fi les poles de la vertu » magnétique changent de place, la déclinaifon » augmente ou diminue d'autant plus dans un même lieu par cette même caufe, fuivant que le pole » le plus proche de ce lieu, en eft plus proche ou » plus éloigné.

» Enfin, il eft poffible que les corps magnétiques >> ou ferrugineux, qui font dans la terre, puiffent » auffi détourner l'anneau aimanté de fa véritable » pofition; mais il faut regarder ces effets comme "des accidens femblables à ceux que l'on voit arri→ ver à une pierre d'aimant fufpendue, laquelle fe » détourne de fa véritable pofition, fi on l'approche » de quelque lieu où il y ait du fer; & comme il » n'eft pas poffible de remédier à ces accidens, on » ne doit pas s'étonner s'il arrive quelques irrégula>> rités dans l'anneau aimanté, qui ne peut faire que » les mêmes effets de l'aimant sphérique. Ainfi on » ne peut attendre de cet anneau que de recevoir » les mêmes impreffions que le globe de la terre en » général, confideré comme un gros aimant, qui di»rige d'une certaine façon la matiere magnétique » qui environne la terre, & fans avoir égard aux ma»tieres magnétiques particulieres, répandues d'un » côté & d'autre dans la maffe de la terre, à peu » près de la même maniere, que fi fur un aimant » fphérique, d'un pied de diametre, & très-foible, »il y avoit en quelques endroits de petits grains, » comme de millet, d'un fort aimant, dont les poles » ne s'accordaffent pas parfaitement avec les poles » de la pierre fphérique; car il arriveroit que, à une » diftance d'un pied de cette pierre, une petite ai»guille aimantée feroit mue feulemeut par la vertu » de toute la pierre, & que, lorsque cette aiguille » feroit fort proche de la pierre, & qu'elle touche»roit presque les petits grains d'aimant qui y font » mêlés, elle en feroit fortement détournée par la » vertu de ces petits grains, qui l'emportent par» deffus celle de la pierre.

"Que s'il fe rencontre dans quelques fphéres d'ai»mant des parties irrégulieres, & comme des vei»nes longues qui les traversent toutes ou en partie, » & que ces veines foient d'un aimant plus fort que »le refte de la pierre, il n'arrivera pas plus de chan»gement à ces boules qu'à une pierre qui feroit d'u» ne figure longue, & dont les poles feroient diri"gés fuivant fa longueur; ainfi quand on trouvera »des spheres d'aimant, dont les poles n'auront pas » changé, on n'en pourra rien conclure contre cel» les dont les poles auront changé, ni contre ce »fystême «.

Caffini fit fes réflexions & fes expériences à l'occafion de la propofition de de la Hire: en voici l'extrait dreffé par le P. Goye, à qui il les communiqua. 1. S'il y a deux poles magnétiques fur la terre différens des poles de la révolution journaliere, où les lignes de la direction des aiguilles aimantées aillent concourir, on peut trouver la longitude & la latitude de ces poles par des obfervations exactes de la déclinaifon de l'aimant, faites en deux pays éloignés l'un de l'autre, dont on connoît la latit. & la longit.

La latitude de Kebec eft de
La longitude de

La latitude de Paris à l'Obferva-
toire eft de

46. d. 55' 0". 310. d. 17'.

22. d. 30'.

48. d. 50'.

La longitude de

En 1686. Deshayes obferva exactement à Kebec la déclinaison de l'aimant.

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de la rerre de

La distance de Kebec au pole boréal magnétique de

La distance de Paris au pole boréal magnétique de

La longitude du pole boréal magnétique de

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221. d. 47'.

La longitude du méridien oppofé,
où eft le pole austral magnétique de 41. d. 47'.

2. On devroit conclure la même latitude & la mê me longitude de ces poles par des obfervations exactes faites ailleurs qu'à Paris & à Kebec, à peu près dans un même temps. Cependant lorsqu'on calcule fur les obfervations faites par les peres Jéfuites la même année à Louvo, à Macao, & au cap de BonneEspérance, on ne trouve plus la même pofition; ce qui fait voir que les lignes de la direction magnétique de divers lieux de la terre ne concourent pas en deux points que l'on puiffe prendre univerfellement pour poles magnétiques de la terre.

On pourroit cependant confidérer les points où concourent les lignes de la direction magnétique de deux différens lieux de la terre, comme des poles particuliers à l'égard de ces deux lieux, & de tous les autres qui fe rencontrent dans les mêmes lignes.

3. Si les poles magnétiques particuliers changent avec quelque proportion à la variation de la déclinaison, leur mouvement fe fait fur la circonférence, ou d'un grand, ou d'un petit cercle de la terre. S'il fe fait fur la circonférence d'un grand cercle, il n'y aura nulle variation dans tous les lieux qui feront fur ce grand cercle, qui touche le petit à l'endroit où eft le pole magnétique. C'est pourquoi l'on peut dire qu'un lieu eft dans la ligne du mouvement du pole magnétique, ou dans la circonférence du grand cercle, qui la touche à l'endroit où eft préfentement le pole, fi depuis un long-temps on n'y a point obfervé de variation fenfible, quelque grande qu'elle ait été ailleurs.

1649.

Le P. Breffan, Jésuite, avoit observé à Kebec en
La déclinaifon de l'aimant de
Deshayes l'obferva en 1686. de

16. d. N. o. 15. d. 30'. N. o.

Par conféquent elle n'avoit changé en trente-fept ans à Kebec que de 30. minutes, au lieu qu'à Paris elle a changé dans cet espace de temps de 6. d. 10'; donc la ligne du mouvement des poles magnétiques particuliers à Paris & à Kebec, ou le grand cercle qui la touche à l'endroit où font préfentement les poles magnétiques, paffe proche de Kebec. Ces poles doivent être, fuivant le premier article, à 10. d. 41'. des poles de la terre, & Kebec doit être éloigné du pole boréal magnétique d'environ 44. d.

4. Cette détermination de la ligne du mouvement des poles magnétiques, jointe à la variation de la dé, clinaifon de l'aimant, obfervée à Paris, fert à determiner le mouvement annuel de ces poles; car ayant fuppofé que depuis 1649 jusqu'à 1686, la déclinaifon ait changé à Paris de 6. d. 10', on trouve par la trigo nométrie que le pole magnétique a dû s'approcher du pole de la terre de 2. d. 18', augmenter en longitude de 23. d. 28', & s'approcher plus près de Kebec qu'en 1644. de 4. d. 32'. qui eft le mouvement qui convient à trente-fept années, à raifon de 9. par an, fuppofé que ce mouvement foit égal.

5. Ce mouvement doit caufer une plus grande variation dans les lieux qui font proches du pole magnétique, & qui font avec lui dans la ligne perpendiculaire à la ligne de fon mouvement.

6. De tous les lieux où l'on a obfervé exactement dans la variation, la Cayenne eft le plus proche de la ligne du mouvement des poles magnétiques, ou du grand cercle qui la touche à l'endroit oùfes poles font préfentement.

La latitude de la Cayenne eft méridionale de
La longitude de

5. d.

327.

Si la Cayenne avoit les mêmes poles magnétiques

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