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UCIQUES, ou UTIQUES. On donne ce nom; Telon Dapper, Descr. des isles d'Afrique, p. 485, à plufieurs isles grandes, & petites, fituées fur la côte de Sofala, vers le feptentrion, à 24 d. de latitude méridionale, & à neuf lieues de la terre-ferme, visà-vis du pays de Matuca, & qui font à huit, dix & douze lieues l'une de l'autre. Les petites isles font formées par des rivieres qui viennent de Sofala; & font plus au nord que les grandes. Elles font toutes plus environnées d'eau douce que d'eau falée, à caufe du voisinage de la terre-ferme. Ces isles produifent du riz, du millet, & grande quantité de bétail. On trouve au bord de la mer beaucoup d'ambre gris, que les Maures portent en d'autres lieux pour le vendre. On y trouve auffi de grandes & de petites perles dans de certains coquillages, qui fe pêchent & qu'on fait cuire, ce qui eft caufe que les perles deviennent rougeâtres, & perdent beaucoup par ce moyen de leur prix & de leur beauté. Les habitans font négoce avec ceux de la terre ferme, & font tous Mahométans. UCITANA. Voyez UZITA. UCKER, ou UKER, lac d'Allemagne, dans la lac d'Allemagne, dans la Marche de Brandebourg, au quartier appellé Uckermarck, du nom de ce lac. Voyez UKER. * Jaillot, Atlas.

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UCKERMUNDE, ville d'Allemagne, dans la Poméranie au duché de Stettin, fur le bord du Groffe Hast, dans l'endroit où la riviere d'Ucker s'y perd. Voyez UCKERMUNDE.

UCLES, bourg d'Espagne, dans la nouvelle Castille, fur la riviere de Bedija, à dix-huit lieues de Toléde, du côté de l'orient. Ce bourg, dans lequel il y a un prieuré de l'ordre de faint Jacques, eft pris par quelques Géographes pour l'ancienne Urcefa. UCRATIS, ville capitale de la Sarmatie blanche, vers l'océan feptentrional, felon Chalcondyle, cité par Ortelius.

UCRI. Voyez SUCCI.

UCUBIS, ville de l'Espagne Bétique, felon Hirtius, de Bel. Hisp. c. 8.

UCULENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la province Proconfulaire. Cericius eft qualifié episcopus plebis Uculenfis, par la conférence de Carthage, n. 128. On conjecture que ce fiége étoit dans la Proconfulaire, parce que Crisconius, episcopus plebis Uculenfis, fouscrivit, dans le concile de Latran, fous le pape Martin, la Lettre des Peres de cette pro

vince.

UCULTINIACUM, ou UCULTUNIACUM, ville de l'Espagne Bétique, felon Pline l. 3, c. 1, qui dit que de fon temps on la nommoit Turiga. Au lieu d'Ucultuniacum, dit le pere Hardouin, les manuscrits portent Mucultumacum ; mais j'aimerois mieux lire Mucultuni item, dit ce pere; enforte que Pline donneroit à la ville Mucultunum, le même furnom qu'aux villes qui précédent, favoir celui de Julia. Baudrand donne à cette ville, pour nom moderne, celui de la Calera, lieu de l'Andaloufie, près de la montagne de Sierra Morena.

UD. Voyez JUD.

UDA, nom latin de l'OUDON, riviere de France, dans la Normandie, au diocèfe de Bayeux.

ÚDAN, ou UDEN, nom d'une ville, qui eft des dépendances de celle de Bokhara, dans le Mavaralnahar. C'eft de cette ville que Daoud ben Mohammed Al Fakih, le jurisconfulte, a pris le furnom de Udeni.

UDACEPSIS. Voyez TAURUS.

UDENHEIM, ville d'Allemagne, dans l'évêché de Spire, à la droite du Rhin. Elle fut fortifiée trèsexactement durant les troubles qui arriverent au commencement du dernier fiecle, afin de fervir de bride au Palatin & à l'évêque de Spire.

On l'a appellée Philisbourg depuis ce temps-là. Voyez PHILISBOURG.

ÚDENI. Voyez VADENI.

UDESSE, Province des Indes, au royaume de Bengale, à l'orient de Daca, au nord de Chatignan, & aux frontieres du royaume de Tipra. De Isle, Atlas.

*

Corneille, qui cite Maty, écrit Udessa, & dit que c'eft un royaume de l'empire du Mogol, qui a Jekanak pour fa ville capitale. Ce pays, ajoute-t-il, est au-delà du Gange & de Perfeli, entre le lac de Chiamay, & les royaumes de Kanduana, de Patna, de Jefuat & de Udiba.

UDINE, ville d'Italie, dans l'état de Venife, & la capitale du Frioul, en latin Utina, Utinum, & Udinum. Elle eft fituée entre les rives du Tajamento, & du Lifonzo, au milieu d'une grande plaine, à huit milles au fud-oueft de Cividad di Friuli, à onze milles au nord-ouest de la fortereffe de Palma, & à vingt milles de Goritz, du golfe de Venife & d'A quilée. Quelques-uns croyent qu'elle a été fondée par les Huns. Les peintures des orgues de la principale églife font du Pordenone, auffi-bien qu'un tableau de l'Annonciation, qui eft d'un grand prix. A S. Pierre, martyr, chez les Dominicains, il y a plufieurs peintures du même Pordenone, de Martin Pelegrin, de faint Daniel, & de Jean Dendire, éleve de Rapahel. L'empereur Othon I, donna cette ville au patriarche d'Aquilée, qui n'en prit poffeffion qu'en 1222 fous l'empire de Fréderic II. Le patriarche Raimond de la Tour, Milanois, aggrandit confidérablement Udine, l'entoura de murailles, percées de douze portes, & y fit conduire de l'eau du Torre par deux aqueducs. Les Vénitiens la conquirent en 1420. On y voit un beau château, & plufieurs églifes & palais. Cette ville a eu autrefois fon évêque particulier; mais elle ceffa d'en avoir lorsqu'elle devint la réfidence du patriarche d'Aquilée, & depuis ce temps-là elle n'en a plus eu. L'air y eft tempéré, & fon territoire est affez étendu. On y recueille quantité de grains. Il y a des vignobles, des prairies & des bois, avec plufieurs miniéres, & des carrieres de marbre. Les fruits de ce pays-là font délicieux. * Commainville, table des évêchés.

La principale églife de cette ville, qui n'étoit qu'une collégiale, a été érigée en 1752 en cathédrale par la fuppreffion du patriarchat d'Aquilée, & la divifion de fon diocèfe en deux archevêchés, l'un pour la partie du Frioul, qui appartient à la maifon d'Autriche, & l'autre pour ce qui appartient aux Vénitiens. L'un a été érigé à Gorice, & l'autre à Udine. La république a fait pour le nouvel archevêque d'Udine, un fonds de 8000 ducats de rente, & de 16000 pour 24 chanoines, & dix bénéficiers qui compofent le chapitre.

UDINI, ancien peuple de la Scythie. Pline, Z. 6, c. 12, qui en parle, le met à la droite, à l'entrée du détroit, par lequel on croyoit anciennement que la mer Caspienne communiquoit avec la mer Chronienne. Les Udini de Pline, dit le pere Hardouin, ne font pas les Vidini d'Ammien Marcellin, .31, p.438. Ortelius auroit presque été d'un fentiment différent. Voyez VIDINI.

ÚDIOA. Voyez VIDUA.

UDISSUS. Voyez ODYSSUS.

UDITTA, ville de l'Afrique propre. Ptolomée; 1. 4, c. 3, la place parmi les villes qui étoient entre les deux Syrtes. Au lieu d'Uditta, quelques exemplaires lifent Uddita.

UDON, fleuve de la Sarmatle Afiatique. Son embouchure dans la mer Caspienne eft marquée par Ptolomée, l. 5, c. 9, entre les embouchures de l'Alontas & du Rha.

UDONOE. Voyez ISTUS.

UDSI, petite ville du Japon, dans la grande isle Nipon, & affez proche de Meaco, au fud-oueft. C'est au pied de cette ville que croît le meilleur thé du Japon, & il s'y cultive avec un très-grand foin pour l'empereur.

UDSTET, ou YSTED, ville de Suede, dans la Scanie, fur la côte méridionale de cette province, à neuf lieues de Lunden, à deux de Malmoe, & à trois de Christianstade. * De l'Isle, Atlas. UDUBA. Voyez IDUBEDA, n. 2. UDURA, ville de l'Espagne Tarragonnoife. Prolomée, l. 2, c. 6, la donne aux Jaccetani.

1. VÉ, ou VÁY, Vadum. On donne ce nom à des

ués qui font à l'embouchure des rivieres de Vire, d'Aure & de Taute, dans la Manche.

2. VÉ, (Le grand) ou VE DE SAINT CLEMENT, paffage renommé fur la côte de la baffe Normandie, a l'embouchure de la riviere de Vire, à une lieue de la côte, à cinq de Saint Lo, & à une de la ville de Carentan, entre le Beffin & le Cotentin. Ce paffage eft proprement un gué. Il eft extrêmement dangereux à caufe des fables mouvans, qui fe trouvent à l'embouchure des rivieres de Vire, d'Aure & de Taute. Il dure une lieue & demie, & comprend les gués de Vire, d'Ifigni, de Brevan & de Caren

can.

3. VÉ, (Le petit) paffage fur la côte de Normandie, à l'embouchure de la Vire, dans la Manche. Comme il n'eft pas, à beaucoup près, auffi grand que le précédent, c'eft ce qui fait qu'on le nomme le petit Vé. Il ne fert que pour paffer la Vire.

4. VÉ, Vadum, château de France, dans le Valois, entre Crespy & Villers-Cotterêts. C'est un ancien château, où demeuroient les comtes de Valois; & c'eft lui qui a donné le nom au comté de Valois, Comitatus Vadenfis.

VEAMINI, peuples des Alpes. Pline, l. 3, c. 20, les met au nombre de ceux qui furent fubjugués par Auguste. Leur nom fe trouve dans l'inscription du trophée des Alpes. Selon le pere Hardouin, les Veamini occupoient le pays qui forme aujourd'hui le diocèfe de Senez.

VEAS, bourg d'Espagne, dans l'Andaloufie, fur la route de Beja à Séville, au bord de l'Oder, à quatre lieues au deffus de l'embouchure de cette riviere. Quelques Géographes prennent ce bourg pour l'ancienne Urium. * Jaillot, Atlas.

VEASCIUM, ville d'Italie, felon Diodore de Sicile. . 14, c. 118, qui dit que les Gaulois, après être fortis de Rome, attaquerent cette ville, qui étoit alliée des Romains, mais que Camille, étant furvenu, les défit entierement. Ortelius, qui dit malà-propos que cette ville fut pillée par les Gaulois n'eft pas mieux fondé à croire qu'elle étoit dans l'Etrurie. Plutarque, in Camillo, nous apprend que les Gaulois avoient pris une route toute oppofée, puisqu'ils avoient été camper à huit milles de Rome, fur le chemin de Gabies, par conféquent dans le Latium, & à l'orient de Rome. Cela donne lieu de foupçonner que la ville Veascium de Diodore de Sicile pourroit bien être la ville de Gabies, Gabii.

VECA, contrée de l'Espagne citérieure, felon Pline, Z. 4, c. 20, où on lit: Portus eorum Vesci, Veca regio Asturum, Noega Oppidum in Peninfula Pefici. Mais Pintaut, & le pere Hardouin, ont remarqué que ce paffage étoit corrompu; & que, fuivant les manuscrits, on devoit lire Portus eorum Vereafueca, Regio Asturum, Nega Oppidum. Ainfi il n'y a ni Vesci, ni Veca, mais Vereafueca, qui étoit une ville appellée aujourd'hui Villa-Viciofa, & fituée au confluent de l'Astario, & d'une autre petite riviere, fur la côte des Asturies. Je ne crois pas l'obfervation du pere Hrdouin juste, aucun auteur ne parlant de Vereafueca; mais tous parlent de Veca, aujourd'hui Villa-Viciofa, fur l'Asta, & non pas fur l'Asterio; on a joint ici mal-à-propos Asta avec Rio, dont on n'a fait qu'un mot.

VECASSINUS-TRACTUS, nom que les auteurs latins donnent au Vexin, pays de France. Ils l'appellent auffi Vulxinum.

VECCHIO-MARINO ou VECCHI-MARINI, isle d'Afrique. Elle eft fituée autour des Canaries, entre Lancerote & Fortaventure. Elle mériteroit plutôt le nom de rocher que celui d'isle. * Dapper, Descr. des isles d'Afrique, p. 511.

VECHEL, village des Pays-Bas, dans la mairie de Bois-le-Duc, au quartier de Peelland, fur la pezite riviere d'Aa. Ce village, qui eft affez confidérable, a un tribunal, & un affez beau château, mais qui n'a aucun droit seigneurial. * Janiçon, état présent des Provinces-Unies, t. 2, p. 141.

1. VECHT. On nomme ainfi cette riviere, ou cette partie du Rhin, qui, fortant d'Utrecht, paffe

à Bethlem, g. à Suylen, d. à Marfen, g. à Berestein g. à Cromwick, d. à Nieuwenrode, g. à Breukelen, g. à Nieuwersluis, d. à Loenen, g. à Berch, d. a Nichtewecht, g. à Wefop, g. à Muyden, & fe perd dans le Zuiderzée.* Dict. géog. des Pays-Bas 2. VECHT, riviere d'Allemagne, dans la West. phalie. Elle a fa fource dans l'évêché de Munfter, à cinq milles de la ville de cenom; & après avoir pallé à Northorn, dans le comté de Bentem, elle entre dans l'Over-Yffel, où elle paffe à Gransberge, d. à Hardenberch, d. à Ommen, g. à Verfen, d. à Vilsteren, g. à Brockuifen, d. à Haffelt, g. à Swartesluis, g. à Geelmuyden, d. enfin elle fe perd dans le Zuiderzée.

3. VECHT, ville d'Allemagne, dans la Westphalie, & dans l'évêché de Munster, à deux ou trois lieues de la ville de Diepholt, vers le nord occidental. Cette petite ville, qui eft fortifiée, étoit autrefois la capitale d'une Seigneurie, qui avoit fes feigneurs particuliers, & qui comprenoit les bailliages de Vecht, de Kloppenborg & Wildeshufen. Les com tes de Lippe, à qui cette ville appartenoit, la vendirent en 1247, à l'évêque de Munster, qui en eft demeuré le maître depuis ce temps-là.

VECILIUS-MONS, montagne d'Italie, dans le Latium. Tite-Live, L. 3, c. 50, qui en parle, femble infinuer qu'elle étoit au voifinage d'Algidum. VECTERI. Voyez VELIATES.

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VECTIS, isles de la mer Britannique. Prolomée; 1. 2, c. 2, la marque au midi du grand Port; mais quelques exemplaires, au lieu de Vectis, lifent VICTESIS, TO. Pline, l. 4, c. 16, la connoît auffi fous le nom de VECTIS; & Eutrope, auffi-bien que le panégyriste de Maximilien, écrivent VECTA. Je jugerois, dit Ortelius, que ce feroit l'Icta de Diodore de Sicile ; mais je n'adopterois pas les fables qu'il débite par rapport aux reflux de la mer. Le nom moderne de cette isle eft WIGHT. Voyez ce

mot.

VECTONES, Peuples d'Espagne. Voyez VET

TONES.

VECTURII. Voyez VITÆ,

VECTURIONES, Voyez ÉCOSSE.

VEDE, riviere de France, dans la Touraine. Elle paffe à Richelieu, & fe jette dans la Vienne près de Chinon.

VEDÉE, riviere de France, dans le Poitou, felon Corneille, qui cite Atlas, & dit qu'elle a fa fource près des bois du Puy de Serre, & fe décharge dans la mer, vis-à-vis de Marans. On voit par-là qu'il veuc parler de la Vendée.

VEDIANTII, peuples d'Italie, dans les Alpes, felon Pline, l. 3, c. 5, qui nomme leur ville Cemelium Vedantiorum civitas. Ces peuples, dit le pere Hardouin, faifoient partie des Liguriens Capillati. Ptolomée, 43, c. 1, nomme leur ville Cemelium Vediantiorum, & la place dans les Alpes maritimes. C'est aujourd'hui Cimiez, près de Nice,

VEDRA, fleuve de la Grande Bretagne. Prolomée, l. 2, c. 2, marque l'embouchure de ce fleuve entre celle de l'Alaunus & Dunum Sinus, fur la côte orientale de l'isle. Cette riviere fe nomme présen tement WERE. Voyez ce mot.

VEEN, ou HUENE. Voyez HUesne.

VEERE, TERVEERE, TERVERE, Campove ria,ville des provinces Unies, dans l'isle de Walcheren, en Zelande, avec un bon port, à une lieue au nord-eft de Middelbourg. Elle a titre de marquifat. VEFABULA. Voyez VEROFABULA.

VEG, ou VETCH, que l'on prononce auffi BETCH. C'eft ainfi que les Turcs appellent la ville de Vienne en Autriche, & même la province entiere d'Autriche. C'eft auffi de-là que les Turcs appellent ordinairement l'empereur Vetch ou Betch Kirali. *D'Herbelot, Biblioth. orient.

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1. VEGA, bourgade d'Espagne, dans la Galice, à huit lieues de Lugo, vers l'orient méridional. On la prend pour l'ancienne Talamina.

2. Vega, (La) ville de la Jamaïque: au temps que les Espagnols poffédoient cette isle, elle fut érigée,

en marquifat en faveur de dom Louis Colomb, petitfils du fameux Christophe Colomb; mais peu à peu les héritiers de ce feigneur ont fubstitué au titre de marquis de la Vega, celui de marquis de la Jamaïque. Il faut que la Ville de la Véga n'ait pas fubfisté longtemps, puisque Antonio de Herena, dans fa description de l'Inde occidentale, dont la traduction latine fut imprimée à Amsterdam en 1622, déclare qu'il n'en a pû avoir aucune notice.

VEGA de GRANDA, (La) plaine d'Espagne, au royaume de Grenade, au couchant de la ville de ce nom. C'est une grande & belle plaine, de huit lieues de longueur, fur quatre de largeur, environnée de petites montagnes, couverte d'un affez grand nombre de villages, plantée de toutes fortes de beaux arbres fruitiers & de vignes, & entre-coupées de champs très-fertiles. * Délices d'Espagne, p. 514. VEGA-REAL, grande plaine de l'isle Espagnole, qui a quatre-vingt lieues de long du nord au fud, & dix dans fa plus grande largeur. Dom Barthelemi de las Cæfas, qui a demeuré long-temps dans cette isle, prétend que cette plaine eft arrofée de plus de trente mille rivieres, parmi lesquelles il y en douze auffi larges que l'Ebre & le Guadalquivir, ce qui eft fans doute exageré, à moins qu'on ne prenne ces deux rivieres affez près de leur fource. Les autres ne font que de petits ruiffeaux, dont l'eau eft extrêmement pure & fraîche : il y en a vingt-cinq mille qui fortent d'une longue chaîne de montagnes, laquelle termine la plaine à l'occident, & la plupart roulent de l'or avec le fable, ce qui vient du voifinage des fameufes mines de Cibao, découvertes par Christophe Colomb à fon fecond voyage.

La Vega Real, ou du moins la meilleure & la plus grande partie de cette plaine, formoit le royaume de Magua, un des cinq qui partageoient l'isle Espagnole, lorsqu'elle fut découverte. Sa capitale étoit au même lieu, où les Castillans bâtirent depuis la ville de la Conception de la Vega. Voyez ce mot. La plaine du Cap François eft l'extrêmité feptentrionale de cette grande plaine, laquelle produit toutes les especes de fruits & de denrées que l'on connoît dans les Antilles. Le P. de Charlevoix, hist. de S. Domingue. VEGEL ou VEGER, petite ville d'Espagne, dans l'Andaloufie, à l'entrée du détroit de Gibraltar, au midi de Barbate. Cette petite ville appellée BEGE, ou BEGER, fur quelques cortes, eft fituée près du rivage de l'océan, à fept lieues de Cadix, fur une colline élevée. Elle jouit d'un très-bel aspect. On découvre de là tous les lieux d'alentour, auffi loin que la vûe peut s'étendre: d'un côté on voit l'océan, & les côtes d'Afrique, & de l'autre les campagnes voifines, qui font dans le continent de l'Espagne. Les habitans s'y nourriffent principalement de la pêche. Le terroir des environs y eft fec, & l'on n'y voit guere autre chofe que des pâturages. * Déli* Délices d'Espagne, p. 474.

VEGER DE LA MIEL, bourgade d'Espagne, dans l'Andaloufie, fur la côte, près du détroit de Gibraltar. Quelques Géographes prennent ce lieu pour l'ancienne Mellaria.

VEGESATUM, ville de la Gaule Belgique, felon l'auteur de la vie de l'empereur Henri IV, cité par Divæus. Le nom de cette ville fe trouve corrompu dans divers auteurs, qui écrivent Vinfacum, Vinfatum, Guegefar, ou Wegefar. Le nom moderne eft Vilet, ou Wefet. Voyez VISET.

1. VEGESELA, ville d'Afrique, dans la Numidie. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Theveste à Sitifis, en paffant par la Lambefe. Elle étoit entre Timphadis & Mascula, à vingt-milles du premier de ces lieux, & à dix-huit milles du fecond. Voyez VELESITANUS.

2. VEGESELA, ville d'Afrique, dans la Byzacène. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Thena à Theveste, entre Sufetula & Menegefes, à trenre milles du premier de ces lieux, & à vingr milles du fecond. Le manuscrit de la bibliothéque royale porte Vegerfala; mais tous les autres manuscrits, & tous les exemplaires imprimés,lifent Vegefela..

Il y en a qui ont crû que cette ville étoit la même que celle dont il eft parlé dans l'article précédent ; mais Mrs. Baluze, Dupin & Weffeling, font d'un fentiment oppofé. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'itinéraire d'Antonin met une Vegefela dans la Byzacène, & une autre dans la Numidie. Voyez VÉ

LESITANUS.

VEGESELITANUS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Byzacène, felon la notice des évêchés de cette pro vovince. Voyez VELESITANUS.

VEGETI, peuple de l'Afie, felon Pomponius Mela, l. 1, c. 1. Quelques manuscrits portent VARGETI. Mais comme Pomponius Mela déclare dans cet endroit qu'il ne rapporte que les noms des peuples les plus connus, Ifaac Voffius a crû qu'il falloit lire VENETI. D'autres, entr'autres Pintaut, font pour HENETI.

VEGGIA, ou VEGLIA, isle du golfe de Venife, fur la côte de la Morlaquie, dont elle est séparée par le canal della Montagna. Elle a pour voifine l'isle de Cherzo & celle d'Arbe. Son circuit peut être d'environ cent milles; & c'eft la plus belle isle & la mieux habitée de tout ce quartier. Elle produit beaucoup de de bois, beaucoup de vin, beaucoup de foie ; & l'on y trouve une race de petits chevaux, fort estimés pour leur vivacité & pour leur beauté. Elle a une feule ville, avec titre de cité, qui porte comme elle le nom de Veggia, ou Veglia, & qui a un mille de tour. Elle eft fituée fur le bord de la mer du côté du midi; & bâtie en partie fur une colline, mais commandée par deux montagnes, ce qui empêche qu'on n'en puiffe faire une place forte. Le port, qui pourroit contenir huit ou dix galeres, & quelques vaisfeaux de moindre grandeur, eft défendu par un châ teau. Cette ville eft honorée d'un fiége épiscopal. *Cronelli, Ifolar. t. 1, p. 143.

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L'isle de Veggia eft nommée Kark par les Escla vons, & ce pourroit être la Curica de Ptolomée, & la Curicta dès latins. Après la décadence de l'empire elle fe gouverna quelque-temps par fes propres loix, comme les autres isles du voifinage; & elle eut fes princes particuliers, dépendans des rois de Dalmatie. On ne convient pas fur le temps où elle paffa fous la puiffance des Vénitiens. Les uns veulent qu'elle fut fubjuguée en 829. D'autres foutiennent que les habitans de cette isle, fe voyant perpétuellement inquiettés par les corfaires fe rendirent tributaires de la république jusqu'en 1133. Enfin d'autres difent qu'en 1260. la république la donna en fief à la famille de Schinet, dont un des descendans, ne fe trouvant pas en état de réfister au roi de Hongrie, céda cette isle à la république en 1480. Depuis ce temps les Vénitiens en ont joui tranquillement. Ils y envoyent un noble, avec titre de Provéditeur, outre le Castellan & le Camerlingue. La communauté des habitans de cette isle a un privilege, qui confiste à élire tous les ans quatre Vicomtes, qui font partagés dans les châteaux de Dobrigno, de Besca, de Verbenico, & de Dobasnizza, pour y connoître des caufes de peu d'importance.

VEGHERA, felon Corneille, & Voghera, felon Magin, carte du territoire de Pavie, ville d'Italie, dans le territoire de Pavie, au bord de la riviere de Staffora, fur le chemin de Pavie à Tortone. Voyez VOGHERA.

VEGIA. Voyez VEGIUM.

VEGIATES. Voyez REGIATES.

VEGISTUM, ville de la Galatie. Ptolomée; 7.5, c. 4, la donne aux Tolistobogi, ou Tolibosti. Les exemplaires latins lifent Vetestum pour Vegistum.

VEGIUM, ville maritime de la Liburnie, felon Pline, l. 3, c. 21. Ptolomée, l. 2, c. 17. qui la marque entre Ortopla & Argyṛutum, la nomme Ve ega.

VEGRE, ou VESGRE, riviere de France, dans le Hurepoix. Elle a fa fource au-deffus de Houdan, où elle paffe, & reçoit la riviere d'Obton. Elle va enfuite fe perdre dans la riviere d'Eure, à la droite, un peu au deffus d'Yvry. * De l'Isle, Atlas, VEHRA. Voyez WESER.

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VEIENS. Voyez LARTHENIANUM. VEIENSE OPPIDUM, ville d'Espagne. Elle eft marquée dans l'itinéraire d'Antonin, fur la route de Cordoue à Castulo, entre Epora & Castulo, à dixhuit milles de la premiere de ces places, & à trentedeux milles de la feconde. Quelques manuscrits portent UCIENSE pour VEIENSE, & il y en a même qui lifent UTICENSE.

VEIENTANUM, maison de campagne, en Italie, au bord du Tibre,fur la voie Flaminienne. Cette maifon, dont parle Suétonne, l. 7, in Galba, c. 1 appartenoit à Livie, femme d'Auguste, & elle fut nommée Ad-Gallinas. Voyez au mot AD, l'article AD GALLINAS.

VEIENTANUS, & VIGLENSIS, fiége épiscopal dont parle Sigonus, de Regno Italia, qui le dit fuffragant d'Aquilée, Ortelius foupçonne que le nom de la ville pouvoit être Vegium.

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VEIENTES, & VEIENTANI. Voyez VEII. VEII, ville d'Italie, dans l'Etrurie, près du Tibre, à environ cent stades de Rome. C'étoit une ville puiffante, riche & forte ; du moins les historiens nous la repréfentent comme une ville auffi étendue & auffi peuplée qu'Athènes. L'art & la nature s'étoient réunis pour la fortifier. Depuis long-temps les Veiens & les Romains vivoient dans une perpétuelle méfintelligence, & commettoient à toute heure des hoftililités fur les terres les uns des autres; jusques-là que Florus, l. 1. c. 13, nomme les Veiens affidui & anniverfarii Romanis hostes. Enfin dans l'année 348. de la fondation de Rome, les Romains prirent la réfolution de réduire cette puiffante Ville. Ils commencerent alors ce fiege fi fameux que l'histoire compare pour la difficulté & pour la longueur à celui de Troye. Ce ne fut que dans l'année 357. qu'ils emporterent cettte ville. Comme l'armée Romaine étoit extrêmement nombreuse, elle donna l'affaut de tous côtés. Les Veiens, occupés par-tout, ne firent point attention à une mine qu'on creufoit fous leur ville, & ne furent pas en état de repouffer l'ennemi, lorsqu'il entra chez eux par le fouterrain qui fut ouvert dans le temple de Junon, lequel étoit fitué dans la haute ville. Les Romains, fortis de la mine, eurent encore différents combats à livrer; mais ils furent vainqueurs par-tout: ils pillerent les maifons, & mirent le feu en différens quartiers. On vendit à l'enchere tous les prifonniers de condition libre; & l'argent que l'on en tira fut attribué au fifc. Camille, après le partage du butin fait dans les maisons, ordonna le dépouillement des temples, & forma le deffein de faire transporter à Rome la statue de Junon, avec des marques de piété & de religion. Pour cet effet, il choifit dans fon armée des jeunes gens bienfaits, à qui il ordonna de fe purifier par des ablutions, & de fe revêtir d'habits blancs. Ce fut à eux qu'il confia le foin de transporter à Rome le fimulaere de la Déeffe, avec les offrandes qu'on lui avoit faites de tout temps. La jeune troupe entra dans fon temple, avec un grand air de modestie & de vénération. D'abord Camille toucha la statue, liberté qui n'étoit permise, parmi les Etruriens, qu'à un feul prêtre d'une famille marquée. Elle fut placée à Rome fur le mont Aventin, où elle demeura long-temps dans un temple. Ainfi périt la fameufe ville de Veies, qui fut dépouillée tout à la fois de fes richeffes, de fes habitans & de fes dieux. On peut juger de fa grandeur & de fa force, par la difficulté que Rome eut à la foumettre. Dix ans fuffirent à peine à la réduire. On n'en discontinua le fiége, ni pendant l'hiver, ni pendant l'été. Elle fit répandre bien du fang aux Romains. L'artifice eut plus de part que la force à fa red dition. Plutarchus, in Camillo.

Les Habitans de Veïes font appellés Veiennes, par Ciceron, l. 1, de Divinat. c. 44. & Veientani, par Pline, l. 3, c. 5. C'étoit uue colonie Greque, venue en Italie d'Argos, où Junon étoit particulierement adorée. Les Romains ne détruifirent pas entierement la ville de Veies. Tite-Live, Z. 39, c. 9, fait enten2. dre qu'elle fubfiftoit encore après la guerre Punique; & Rome envoya une colonie, que Frontin nomme Colonia Vejus. Depuis elle tomba tellement en rui

ne qu'on n'en reconnoiffoit plus la place; & Holsten a eu beaucoup de peine à en trouver quelques veftiges fur une coline escarpée, vis-àtvis Ifola ; & cette pofition s'accorde avec celle que Denis d'Halicarnaffe donne à lad ville de Veïes.

VEILLANE, ad fines, ville du Piémont, au mar→ quifat de Suze, à quatorze milles de la ville de Turin. Elle eft appellée dans le pays Vigliana, & fituée fur une hauteur, près de la petite Doire, appellée Doria riparia. Elle eft renommée dans l'histoire par la victoire que les François y remportereut en 1630. fur les Piémontois, affiftez des Efpagnols.

VEIROS, petite ville de Portugal, dans l'Alentejo, au bord de la riviere d'Anba loura, près de Fonteira. Veiros eft défendue par un bon château, trèsbien fortifiée, & capable de faire une longue réfiftance. Ce château fut bâti par Laurent Alonçon, neuvié me Grand-Maître des chevaliers de l'ordre d'Avis. *Délices de Portugal, P. 794.

VEITURII, peuples d'Italie, dans la Ligurie, felon Ortelius, qui cite une ancienne infcription fur cuivre. Il ajoute qu'Auguftin Juftiniani a cru que ces peuples habitoient le lieu nommé préfentement Voltaggio, dans l'état de Genes.

VEITZEN. Voyez WEITZEN.
VEIUS. Voyez VEII.

VEL, ville de l'Afrique intérieure: Plin, 2.5,c.5, la marque au nombre des villes fubjugées par Corne lius Balbus. Si l'on fuit la maniere de lire du Pere Hardouin, VEL, au lieu d'être un nom de ville, ne devient qu'une fimple conjonction. Voici le paffage, fuivant les anciennes éditions: Niteris Natio, Negli gemela Oppidum, Bubeium Natio, Vel Oppidum, &c. & le P. Hardouin lit: Bubeium Natio. Vel Opp.dum.

VELA: (Le cap de la ) c'eft la pointe la plus avancée au nord de la province de Sainte Marthe, dans l'Amérique méridionale, par le 12. d. 20. min. de latitude boréale. Il fut découvert, & ainfi nommé, pat Alphonfe de Ojeda en 1499.

VELABORI, peuples de l'Hibernie, felon le texte grec de Ptolomée, l. 2, c. 2, qui les place fur la côte occidentale de l'isle, au midi des Gangani. Il ajoute qu'un manuscrit qu'il a confulté, portoit WELLABRI. Quelques éditions latines lifent VELLAGORI.

VELAS, port de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, fur la côte de la mer du fud, entre la pointe de fainte Catherine & le cap Guiones.

La pointe d fainte Catherine, dit Woode Rogers, t. 2, Supplém. p. 13, dans fon voyage autour du monde, eft fous les deux degrés de latitude. A la hauteur de cette pointe, il y a un gros rocher qui en couvre divers autres plus petits ; & de cette même pointe au cap de Guiones, il y a trente-deux lieues nord-ouest & fud-eft, & au port de Velas huit lieues eft, quart au fud-eft, & oueft quart au nord-oueft. Au-deffus de ce port on voit deux grandes monta gnes, avec une profonde ouverture entre-deux ; & à une lieue ou plus au fud-eft, il y a certains rochers qui reffemblent à des navires fous les voiles. Du port de Velas au cap Hermofo, il y a douze lieues nordoueft, quart au nord, & fud-eft quart au fud: du cap Hermofo au cap Guiones, on trouve douze lieues nord-oueft & fud-eft. Le fond eft de fable & la côte faine.

VELATABI. Voyez WINIDÆ.

VELATUDORUM, ville des Séquaniens : l'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Milan à Strasbourg, en prenant par les Alpes Graïennes. Elle eft entre Vefontio & Epamanducdurum, à vingtdeux milles du premier de ces lieux, & à douze milles du fecond. Il y a des manuscrits qui lifent Veta tudurum, d'autres Velatudurum, & d'autres Velatudarum. La table de Peutinger met entre Vefontio & Epamanduodurum un lieu nommé VELEROT, qui pourroit bien être le VELATUDORUM de l'itinéraire d'Antonin. On ignore le nom moderne de cer ville.

VELAW, ou VELUWE, quartier de la province de Gueldre. Il contient cette partie de la Gueldre Hollandoife, renfermée entre le Rhin, l'Iffel & le Zuiderzée, & confine au couchant à la province d'U

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trecht. C'eft un pays de landes & de Bruyeres. * Dict. Geogr. des Pays-Bas.

Le Welaw, qui faifoit partie de l'ancien comté de Theysterband, appartenoit à l'Eglife d'Utrecht, comme le reste de ce comté, & fut donné en fief par l'évêque vers l'an 1070, à Godrefroi le Boffu, Duc de la baffe Lorraine ou du Brabant. Godefroi de Bouillon, neveu du Bou, allant à la Terre-Sainte, venvendit ce pays à Otthon, comte de Gueldre, en s'en réfervant néanmoins l'hommage, fans préjudice du haut domaine, qui appartenoit à l'évêque d'Utrech: de forte que le Welaw fut un arriere-fief de cette églife. Cela dura jusqu'en 1311, car alors Jean, Duc de Brabant, ayant négligé de rendre les devoirs ausquels il étoit tenu envers l'églife d'Utrech, Guy de Hainaut, évêque d'Utrech, investit du comté de Welaw, Regnaud, comte de Gueldre comme fon Vaffal, fans qu'à l'avenir il fut tenu de reconnoître le duc de Brabant. Longuerue, Descr. de la France,part. 2, p. 40.

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Ce droit de l'églife d'Utrech n'étoit pas encore aboli en 1363, lorsqu'Edouard, duc de Gueldre, reconnut, par fes Lettres, que les évêques d'Utrech avoient alors dans le Welaw un grand nombre de vaffaux & de fiefs fervans, fur lesquels ces prélats pouvoient imposer telles tailles & tributs qu'ils jugeoient à propos, fans que le duc y pût rien lever. Mais dans la fuite le duché de Gueldre étant tombé entre les mains de princes très-puiffans, les évêques n'eurent plus aucune feigneurie ni directe, ni utile dans ce pays; & on ne voit point qu'il y en ait eu aucune ceffion par les évêques ni par le chapitre. Les principales places du Velaw font:

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VELAW-ZOOM, ou VELUWE-ZOOм. On appelle ainfi cette partie du quartier de Velaw, qui s'étend des environs de Wagueningue jusqu'auprès de Zutphen, où font les bois de Rhede & de Loonen.

VELAY, (Le) contrée de France, bornée au nord par le Forez, à l'occident par la haute Auvergne, au midi par le Gevaudan, & à l'orient par le Vivarez. Ce pays, qui fait partie de la lieutenance générale des Sevennes, dans le gouvernement militaire de Languedoc, a pris fon nom des peuples Velavi, que Célar, dans fes commentaires, dit avoir été dans la dépendance des Auvergnats, in clientena Arvernorum, dont il refte encore aujourd'hui une tradition populaire, puisqu'on dit communément le Puy en Auvergne, quoique cette capitale du Velay foit du gouvernement du Languedoc, & du reffort de Toulouse.

Ceux du Velay étoient du nombre des Celtes qui furent joints, par Augufte, à l'Aquitaine. Mela & Pline ont omis ces peuples; mais Strabon & Ptolomée les ont marqués entre les Aquitains. Ptolomée femble avoir écrit ce mot OTEAAINOI qu'on a mis en latin Velauni; mais on le doit écrire Vellavi, comme il fe trouve par-tout ailleurs, dans les monumens de la premiere & de la moyenne antiquité.

Le Velay, après la divifion de l'Aquitaine en deux provinces, fut mis fous la premiere, dans le quatrieme fiecle. Il vint dans le cinquieme au pouvoir des Wifigots, & des François dans le fixieme, après la mort d'Alaric. Ceux de Velay étoient, comme les Auvergnats leurs voifins, fujets des rois d'Austrafie, qui tenoient une partie de l'Aquitaine.

Le duc Eudes fe rendit maître du Velay; & fon petit-fils Gaifre en fut dépouillé par Pepin, dont les defcendans jouirent de ce pays jusqu'à Louis d'Outremer. Ce fut ce roi qui donna le Velay à Guillaume tête d'étoupes, comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, comme nous l'apprenons de la chronique de Mailzais & de celle d'Aimar, moine d'Angoulême. Ces ducs donnerent le comté d'Auvergne en fief, avec une partie du Velay, laquelle eft aujourd'hui du gouvernement d'Auvergne. Le refte fut donné à l'évêque de la ville du Puy, où on avoit établi le fiége épiscopal,

quay; ces prélats ne tenoient leur temporel que des rois de France, qui leur avoient donné les mêmes droits qu'aux grands princes. Ils étoient feulement tenus de remettre leurs cháteaux à la garde du roi, quand il le leur demandoit. On voit auffi que Raymond de Saint-Gilles, qui avoit anticipé fur tous fes voifins, s'étoit mis en poffeffion d'un droit de fupériorité fur le Velay: mais les ufurpations de ce prince n'établiffent aucun droit certain & bien fondé, ou pour lui, ou pour fes fucceffeurs.

Le Velay eft un petit pays de montagnes très-froides & couvertes de neiges plus de fix mois l'année. On y recueille cependant plus de bled qu'il n'en faut pour la nourriture des habitans. Les beftiaux qu'on y nourrit font la plus grande richeffe de ce canton. On fait au Puy des dentelles qui y attirent des fommes confidérables. * Piganiol, Description de la France t. 4, p. 312.

Les états particuliers du Velay font compofés de l'évêque du Puy,qui y préfide, du commiffaire principal, du fénéchal, du vicomte de Polignac, qui préfi de en l'abfence de l'évêque, de huit députés du clergé, de feize barons du pays, & de neuf confuls.

La capitale du Velai étoit autrefois Rovefio ou Roveio, marquée par Ptolomée, & qu'on trouve encore dans la carte de Peutinger. Elle quitta ce nom peu après, pour prendre celui des peuples Vellavi. Cette ville Rovefio étoit différente de celle d'Anis, (qu'on nomme aujourd'hui le Puy) comme on voit par l'au torité de Grégoire de Tours,au livre X, chap. XXV où, parlant d'un impofteur qui couroit avec une prétendue prophéteffe nommée Marie, il alla à la cité de Velay, civatem Vellavorum, & enfuite à un lieu nommé Anicium. Le moine Falco, auteur de la chronique de Tournus, dit que ce fut dans cette ancienne ville qu'il nomme civitatem Vetulam, que faint Barnard, archevêque de Vienne, affembla un concile dans le neuvieme fiecle. Il y a plufieurs actes dans le pays qui font voir que le fiege épiscop al a été transferé à Anis, è civitate Vetula. Lepere Mabillon, bénédictin, dans une differtation qui eft à la fin de la premiere partie du quatrieme fiecle, a bien prouvé que cette civitas Vetula eft la même que la bourgade de faint Paulien en Auvergne ; il rapporte les inscriptions Romaines qu'on y trouve, lesquelles marquent l'antiquité de ce lieu, qui a pris fon nom du Saint qui y a été enterré, & qui eft honoré comme l'apôtre du pays. Plufieurs ont écrit que c'eft Evodius, fucceffeur de Paulien, qui a transferé le fiége épiscopal de la cité de Velay à Anis ; ce que l'autorité de Grégoire de Tours détruit; & il n'eft fait mention d'aucun évêque d'Anis, mais feulement Vellavorum, de Velay, jusqu'au dixieme fiecle. C'eft depuis ce temps que l'évêque a été appellé Anicienfis, & que ce nom a fuccédé à Vellavenfis. Longuerue, Descr. de la France, part. I, p. 266.

Il eft certain que le Velay eft du gouvernement du Languedoc, & non de celui d'Auvergne.

VELCERA, ville de l'Illyrie : Ptolomée, Z. 2, c. 17, la marque fur la côte, entre l'embouchure du fleuve Oeneus & la ville Senia. Thevenet dit que le nom moderne eft Buconiza ; & qu'on nomme auffi ce lieu Neuchasteau, apparemment pour Castel-nuovo.

VELDBACH, monastere de filles, en France, dans l'Alface, au comté de Pfirdt. Les comtes de ce nom l'ont fondé, & on y voit treize tombeaux des comtes & des comteffes. * Zeyler, Topogr. d'Alface, p. 64.

VELDENTZ, château d'Allemagne, près de la Mofelle, à deux lieues au deffus de Traerbach, & le chef-lieu d'un comté enclavé dans l'archevêché de Treves. C'eft un fief de l'évêché de Verdun, comme en font preuve plufieurs investitures données par les empereurs aux évêques de Verdun, & par différentes reprises, dans lesquelles les comtes de Veldentz fe qualifient les hommes liges de ces évêques. Etienne, comte Palatin du Rhin, acquit ce comté en époufant Anne, fille unique & héritiere de Frederic, comte de Veldentz. Louis le Noir l'eut en partage avec le duché de Deux-Ponts, & la moitié du comté de Sponheim, & le donna à Robert, fon fils puîné, qui eft le

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