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retourna en 1427, qu'il la prit d'affaut après feize jours de fiége, & y tua tout ce qu'il y avoit d'hommes; ayant donné fes ordres pour y mettre le feu, on lui confeilla de la garder pour frontiere. I la remplit de Thaborites & mit une garnifon dans le château. Les Allemands mirent le fiége devant cette ville en 1431; leur armée étoit nombreuse; mais ayant appris que les Bohemes s'approchoient pour fecourir la ville, ils fe retirerent à Taus, & de-là à Rifenberg, où les Bohemes les attaquerent le 14 d'Août de cette année; ils en tuerent onze mille, firent fept cents prifonniers, & les autres fe fauverent par la fuite.* Zeyler, Topogr. Bohem.

TACHAN, ville du royaume de Tunquin. Elle eft fituée dans une plaine vis à-vis d'une ifle de même nom.Cette ifle, dans les grandes chaleurs, eft couverte d'une multitude incroyable d'oifeaux qui viennent s'y retirer. * Tavernier, Royaume de Tunquin, t. 3.

TACHANG, ville de la Chine, dans la province de Suchuen, au département de Queicheu, fixième métropole de la province. Elle eft plus occidentale que Pekin, de 84 3', par les 31d42' de latitude. * Atlas Sinenfis. TACHARI, peuples d'Afie, dans l'Hyrcanie, felon Strabon, l. 11, p. 511. Ils étoient Nomades, & ils furent du nombre de ceux qui chafferent les Grecs de la Bactriane. Ortélius croit que ce font les Tachori que Prolomée, l. 6, c. 12, place dans la Sogdiane, contrée voi fine.

TACHARIGO, cap de l'Afrique, fur la côte de l'Océan Ethiopien, dans le Zanguebar, près de la ville de Mélinde, felon Corneille, qui ne cite aucun garant. De l'ifle ne connoît point ce cap.

TACHASARA, ville de la Médie. Ptolomée, l. 6, c. 2, la marque dans les terres, entre Pharambara & Za

laca.

TACHAW, bourg du royaume de Boheme, fur la riviere Mifa, au cercle de Pilfen, à neuf lieues de la ville de ce nom, du côté de l'occident.

TACHEMPSO, ifle de l'Ethiopie, au voisinage de la Libye, felon Etienne le géographe. Hérodote écrit TACHOMPSO au lieu de TACHEMPSO. Voyez METACOMPSO & CHOMPSO.

TACHINARAN, lieu de Perfe, entre Mouffel & Tauris, felon Petit de la Croix, l 4, 6. 32, dans fon histoire de Timur-Bec.

TACHI-VOLICATI, petite ville de Gréce, dans la Macédoine, felon Ortélius, qui cite Nardus. Ce dernier croit que c'est l'ancienne vilie Gyrtone.

1. TACHING, ville de la Chine, dans la province de Pekin, au département de Zuntien, premiere métropole de la province. Elle eft de od 6 plus occidentale que Pekin, fous les 39d o' de latitude. * Atlas Sinenfis.

2. TACHING, fortereffe de la Chine, dans la province de Quantung, où elle a le rang de premiere forterelle de la province. Elle est de 1d 5 plus occidentale que Pekin, fous les 24d 20' de latitude. Les fortereffes de fon département font:

Taching, Hanxan, Kiaçu, Ciexing, Jungching,
Tung, Cinghai, Kiexe, Hiung, Ciunling.

TACHKUNT. Voyez ALCHAH. TACHO ville de la Chine, dans la province de Suchuen, au département de Xunking, troifiéme métropole de la province. Elle eft de 9d 46 plus occidentale que Pekin, fous les ;1d 27' de latitude.

TACHORE, grande campagne dans l'Afrique, au royaume de Tunis, à quatre lieues de Tripoli, vers le levant. Elle eft remplie de plufieurs villages, & de quantité de palmiers & d'autres arbres portant fruits. Au milieu est une grande mosquée bâtie depuis peu par les Turcs, comme une forterelle avec beaucoup de couvert tout à l'entour, & force arbres fruitiers, qu'on arrofe par le moyen de certaines roues, à caufe que le pays eft fort fec & fablonneux. Lorsque les chrétiens eurent pris Tripoli, cette campagne fervit de retraite aux habitans, & un Turc nommé Morataga s'en étant rendu maître, se fit déclarer roi, & fit toujours la guerre aux chrétiens; c'eft pourquoi Cénan bacha lui donna la ville de Tripoli, pour en jouir pendant fa vie. Les gens du pays font barbares, & leur principal exercice cft de voler. Ils vivent dans des cabanes fous des

palmiers, & fe nourriffent de farine, d'orge & de vazin. Ils dépendent du gouverneur de Tripoli depuis la mort de Morataga. Il y a dans ces villages grand nombre de cavaliers & de fufiliers fort braves, qui faifoient des courfes jusqu'à Tripoli, lorsqu'elle étoit aux chrétiens, mais ils étoient furchargés d'impots, ce qui les obligea à fe révolter en 1567. On les remit dans leur devoir, & ils furent condamnés à fept mille piftoles d'amende, fans autre châtiment. Marmol, Royaume de Tunis, l. 6, c. 5,. p. 72.

TACHORI. Voyez TACHARI.

TACHORSA, village du nome de Libye, felon Ptolomée, l. 4, C. S..

TACHOSA, riviere d'Afie, dans le Turkeftan, felon Davity. Il dit que cette riviere fe jette dans le Chefel, ou Sihun, le Jaxartes des anciens, & que les villes de Calba & de Tescan font fituées à fon embouchure.

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TACHT-CARATCHE, c'est à dire, le Throne Noir, maifon de plaifance dans le Maurenaher, près de Kech, entre Samarcande & Rebatyam. Petit de la Croix, dans fon hiftoire de Timur-Bec, l. 4, c. 1, dit que cette maifon de plaifance fut bâtie par ce prince.

TACHU, petite ville de la Chine', dans la province de Pekin, au département de Hokien, troifiéme métro pole de la province. Cette ville, bâtie de figure carée, eft fituée fur la riviere de Guei, à quatre lieues de Kuching, & défendue d'une muraille de trente pieds de hauteur, qui eft munie de bons baftions & de forts remparts. Elle eft au-dedans remplie de fuperbes bâtimens, & ornée de plufieurs temples. Au-dehors elle a un fauxbourg très-bien peuplé, qui s'étend fort loin aux deux côtés de la riviere. Les habitans favent fi bien préparer la boiffon de fampfou ou de faupe avec du riz, qu'elle est préférable à nos meilleurs vins. Auffi la plupart des Indiens en font-ils leur provifion à Tachu.* Ambaffade des Hollandois à la Chine, ch. 3.

Cette ville eft nommée UKIAO par le pere Martini, qui l'a dit de od 18' plus occidentale que Pekin, fous les 33 o de latitude. * Atlas Sinenfis.

TACIE MONTANENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la province proconfulaire. Ruffinus episcopus TaciaMontana fouscrivit au concile de Carthage de l'an 525, & la fouscription de Probus fe trouve au pied de la lettre fynodique des peres de la province proconfulaire.

1. TACINA, lieu d'Italie. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route d'Equotuticum à Rhegium, entre Meto & Styllaceum, à vingt-quatre milles du premier de ces lieux, & à vingt deux milles du fecond. Simler croit que Tacina pourroit être la même chofe que le promontoire

Lacinium.

2. TACINA, riviere d'Italie, au royaume de Naples, dans la Calabre ultérieure. Elle a fa fource vers les confins de la Calabre citérieure, & prend fon cours de l'occident à l'orient. Au bout d'une courfe d'environ quatorze milles, elle fait un coude pour courir vers le midi oriental; après quoi elle va fe perdre dans le golfe de Squilace, où elle a fon embouchure, entre celles du Nascaro & du Dragone Rio. Tacina eft la riviere de Targis des anciens.* Magin, Carte de la Calabre ultérieure.

Je trouve que Pline & Strabon font mention de Targines fluvius, mais je ne vois aucun ancien qui ait parlé de Targis. Le pere Hardouin, commentateur de Pline, & Cluvier, difent que Targines eft aujourd'hui Tacina.

તે

1. TACO, ville de la Chine, dans la province de Channfi, au département de Taiyven, premiere métropole de la province. Elle eft de 4 40′ plus occidentale que Pekin, fous les 38 9' de latitude * Atlas Sinenfis.

2. TACO, ville de la Chine, dans la province de Suchuen, au département de Chungking, cinquiéme métropole de la province. Elle eft de 11d 10 plus occidentale que Pekin, fous les 30d 39' de latitude.

TACOLA, entrepôt de l'Inde, au-delà du Gange, dans la Cherfonnéfe d'Or, felon Ptolomée, l. 7, c. 2. Ortélius dit que ce lieu eft appellé Malaca par Alfonfe Adrien, & Tauai par Jacques Caflald.

TACOMPSO ou TACOMPSON. Pline, l. 6, c. 29, connoît trois places de ce nom fur le bord du Nil. L'une, à Tome V. cccccij

étoit un

ce que nous apprend Etienne le géographe village aux contins de l'Egypte & de l'Ethiopie, & dont Hérodore, l. 2, n°. 29, fait mention. Les deux autres places font entierement inconnues aux anciens écrivains.

TACOREI, peuples de l'Inde, au-delà du Gange. Prolomée, 1.7, c. 2, les marque entre les monts Imaüs & Bepyrrus, vers le nord.

TACRIT ou TECRIT, ville de la province que les Arabes appellent Diarbeker, qui fait partie du pays entier, qu'ils nomment Gezirat, & que nous appellons la Méfopotamie. Elle eft fituée,felon les tables arabiques de NaffirEddin & d'Ulug - Beg, fous les 78d 20' de longitude, & fous les 34° 30' de latitude feptentrionale, dans le quatriéme climat. Il y a quelques géographes qui placent cette ville dans l'Iraque Babylonienne, qui eft la Chaldée. Elle fut prife l'an 795 ou 796 de l'hégire, par Tamerlan, à compofition, nonobftant quoi Tamerlan fit mourir fon gouverneur, nommé Hoffain Ben Boutimour, fous les ruines d'une muraille, au rapport d'Ahmed Ben Arabschah. *D'Herbelot, Bibliothéque orientale, p. 838.

TACTEUM. Voyez TOTTA IUM. TACTURACTÓNIUM. On trouve ce mot dans Ortélius, qui ne cite aucun garant, & fe contente de renvoyer à CATARACTONIUM ou CATARACIONUM. Voyez ce der

nier mot.

TACUBIS, felon Ptolomée, & Tacubi felon Antonin, ancienne ville d'Espagne, dans la Lufitanie. Simler croit que c'est Tomar ; mais ce fentiment ne s'accorde pas avec Antonin, qui met ce lieu entre Scalabisbus & Concordia, c'eft-à dire, entre Santaren & Tomar. Je crois que c'eft plutôt le bourg de Tancos, comme plufieurs géographes l'ont penfé.

TACUNGA, nom d'un ancien palais du Pérou, dans l'audience de Quito, fur le chemin qui va de Quito à Rio-Bamba, & à quinze lieues de la capitale. Ce palais étoit autrefois fort fomptueux; ce qui fe connoît par fes ruines. Les murailles y font voir encore des niches, où l'on dit qu'il y avoit des images de brebis faites d'or du tems des Yncas. Le temple étoit dédié au foleil : & il avoit fes veftales comme les autres temples confacrés à cet aftre. Tout cela étoit accompagné de greniers où l'on ferroit toutes fortes de vivres, d'étables pour des bêtes, & de cages pour divers espèces d'oifeaux. Tous ces édifices étoient de pierres & couverts de paille. Les Indiens font bruns, & les femmes affez belles. Il y a aujourd'hui dans cet endroit un bourg nommé TACUNGA, & qui est très-peuplé. Les habitans y tiffent des draps, dont ils font un grand trafic. * De Laet, Description des Indes occid. 1. 10, c. 9.

y

TACUTU. Voyez RIO BLANCO. TADAMATENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Céfarienfe. Son évêque eft nommé David dans la notice des évêchés d'Afrique.

TADAMENSIS ou TADAMATENSIS. Voyez TADA

MATENSIS.

TADCASTER, bourg d'Angleterre, dans la province d'Yorck. On y tient marché public. * Etat préfent de la Grande Bretagne, t. 1.

TADER, felon Pline, fleuve de l'Espagne Tarragonnoife. C'est le Terebus ou Terebs de Ptolomée. Voyez Terebus, aujourd'hui la Segura.

TADGIES. Petit de la Croix dit, dans fon histoire de Timur-Bec, l. 4, c. 4, qu'on donne le nom de Tadgies aux habitans des villes de Tranfoxiane & de tout le pays d'Iran, c'est-à-dire, à tous ceux qui ne font ni Tartares, ni Mogols, ni Turcs; mais les naturels des villes ou des pays conquis.

TADIATES, peuples d'Italie, que Pline, l. 3, c. 12, met dans la quatrième région.

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TADINATES, peuples d'Italie, dans la fixiéme région, felon Pline, . 3, c. 14. Trois exemplaires confultés par Ortélius, lifent Sadinates, au lieu de Tadinates. Holftenius, Ital. p. 85, remarque que faint Grégoire le Grand, part. 2, 1. 7, ep. 87, recommande l'églife des Tardinates deftituée de fon évêque aux foins de celui de Gubio, comme le plus voifin. La ville épiscopale de ces peuples s'appelloit Tadinas ou Tadina, & on la nomme aujourd'hui Gualdo, qui n'eft pas pourtant dans le même en droit où étoit Tadinas, mais fur une colline voifine: au

lieu que Tadinas étoit dans la plaine qu'on voit au pied de Gualdo, & environ à mille pas de celle-ci. Le fleuve Rafina mouilloit les mars de Tadinas, qui étoit fur la voie Flaminienne. On croit que c'eft le même licu que Procope appelle TAGINE.

TADINUM ou TADINE. Voyez TADINATES.

TADMOR, petite ville dans le défert de Syrie, & dans la dépendance de Hems ou Emeffe, mais plus orientale que cette ville. Le terroir de Tadmor eft extrêmement humide, il y a beaucoup de palmiers, d'oliviers & de figuiers. Il s'y trouve parmi quantité de ruines, de beaux monumens de l'antiquité, colonnes, marbres, &c. La ville eft éloignée de Hems de trois ftations, & d'autant de Salamiya: elle eft fermée de murailles avec une fortereffe on compte fuivant Alazizy, cinquante neuf milles de Tadmor à Damas, & cent deux milles de Tadmor à Rabbah. * Arabie d'Abulfeda, Traduction de de la Roque.

Les favans ne doutent plus que Tadmor ne foit l'ancienne Palmyre que Salomon fit bâtir dans le défert, fuivant le troifiéme livre des Rois, c. 9, v. 18, & que l'empereur Hadrien fit bâ ir & orner magnifiquement. Zénobie, fi célébre dans l'hiftoire, étoit reine de Palmyre. Voyez la relation du voyage de Palmyre par Hallifax, imprimée à Londres en 1705 avec des remarques. C'est une pièce curieufe dont les journaux de Trévoux ont rendu compte en novembre & décembre 1713.

TADNOS; fontaine d'Egypte, au voisinage de Myoshormos, felon Pline, 1.9, c. 29.

au

TADOUSAC ou TADOUSSAC, port & établiffement de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle France, bord du fleuve de Saint-Laurent, à quatre-vingts lieues de fon embouchure, près de l'endroit où la riviere Saguenay fe jette dans ce fleuve. Ce port fitué près de celui de Lesquemin eft fort petit, & capable au plus de contenir vingt navires. Il est dans un certain recoin près de la bouche du Saguenay, & fermé au-dehors par une petite isle ou rocher, qui eft presque tout fapé par les ondes du fleuve de Saint-Laurent, qui n'a pas moins de quatre lieues de largeur dans cet endroit. Au-dedans de ce port, on eft environné de hautes montagnes, couvertes d'un peu de terre en quelques endroits, & en d'autres de rochers & de hauts fapins. Affez près de Tadoussac eft un marais entouré de collines revêtues d'arbres. Le fleuve au-delà du port eft affez profond & agité d'une furprenante variété de marées, parce qu'il eft très rapide. Du côté du fud le port eft ouvert; mais ce vent eft le moins à craindre. Tout le danger vient des vents qui descendent le long du fleuve. A l'une & à l'autre de fes pointes on découvre un banc quand la mer eft baffe. Au-dedans on a dix braffes d'eau, & vingt en quelques endroits. Le marais dont nous avons parlé s'y décharge par un petit canal, auffi-bien que dans le fleuve par une autre ouverture. Ces deux canaux féparent une certaine isle de la terre ferme, & dans laquelle les Sauvages ont accoutumé de dreffer leurs loges, lorsqu'ils viennent traiter de leurs marchandifes avec les François. Ce trafic confifte en peaux pour la plus grande partie. Tadouffac fut pris. par les Anglois en 1629, & repris par les François en 1633.* De Laet, Descr. des Indes occid. 1. 2, c. 8.

TADOUSSAC, lieu célébre dans les relations du Canada: c'est un port fur le Heuve Saint-Laurent, à trente lieues au deflous de Quebec, & fort près de l'embouchure du Saguenay; on le laiffe à droite en entrant dans cette riviere. Plufieurs cartes ont marqué une ville à Tadoussac, & il n'y a jamais eu qu'une maison pour les Francois, qui venoient y trafiquer avec les Sauvages, lesquels s'y rendoient de toutes les parties du nord, pour y vendre leurs pelleteries. Langlet de Frenoy s'eft trompé, quand il donne une jurisdiction à la ville de Tadouflac. Ce n'eft donc, & ce n'a jamais été qu'un bon port, où l'on prétend que vingt à vingt-cinq vaiffeaux de guerre pourroient être à l'abri de tous les vents. L'ancrage y eft für, & l'entrée facile. Sa figure eft presque ronde. Des rochers escarpés d'une hauteur prodigieufe l'environnent de toutes parts, & il en fort un petit ruiffeau qui peut fournir de l'eau à tous les navires, mais le pays ne peut rien produire. On prétend qu'on y trouve beaucoup de marbre, mais la plas grande richeffe feroit une pêche fédentaire de baleines. On trouve beaucoup de ces poiffons dans le fleuve Saint-Lau

rent, & elles le remontent jusqu'à Tadoussac. Les Basques l'ont fait long-tems avec fuccès. * Journal du pere Charlevoix.

TADUAN ou TA DOUAN, bourg ou village de Perfe, fur la route d'Alep à Tauris, à une portée de canon du lac de Van, dans l'endroit où la nature a fait un bon havre à l'abri de tout vent, étant fermé de toutes parts par de hautes roches. Son entrée, quoique très-étroite, est très-aifée. Il peut contenir vingt ou trente groffes barques ; & quand les marchands voyent que le tems eft beau & le vent favorable, ils font embarquer dans ce lieu-là leurs marchandifes pour Van. On sy peur rendre en vingt-quatre heures, & la navigation n'eft pas dangereufe; au lieu que par terre de Tadouan à Van, il y a près de huit journées de cheval. * Tavernier, Voyage de Perfe, L. 3, 6. 3.

TADUENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la pro. vince proconfulaire : Cyprianus episcopus fanita ecclefia Taduenfis, fouscrivit à la lettre fynodique des peres de la province proconfulaire, dans le concile de Latran, fous le pape Martin.

TADURWAN, village de Perfe, dans le Farfiftan près de la route de Schiras à Lars. Ce village reflemble à un bois, à caufe des arbres & des jardins murés qui l'environnent. Il eft fitué fur le bord d'une riviere, & ceint des murailles des jardins. On traverse la riviere au bout de ce village, qui eft fur le penchant d'une montagne du côté du nord. Les mémoires de M. Cuneus, ambassadeur à Ispahan, en 1652, portent qu'il fe trouvoit des antiquités curieufes aux environs de ce village, des fouterreins qui conduifoient jusqu'à Schiras, qui en eft à vingt-cinq lieues, un puits d'une profondeur extraordinaire, & une fente monftrucuse dans la montagne. Cela engagea le Brun, Voyage, t. 5, p. 143 & suiv. à visiter exactement cet endroit. Il avança à une grotte qu'il trouva dans le rocher, avec une ouverture par en-haut. Il fit pafler fon guide par cette grotte, dont il voyoit le fond par deux ou trois ouvertures les unes proches des autres, & il obferva aifément qu'elle n'avoit pas plus de trente pas, & qu'elle conduifoit au chemin qui eft le long de la riviere, où ayant rejoint fon guide, il conclut que l'auteur des mémoires avoit cru ce prétendu chemin fouterrein fur la parole de quelqu'un, & fans examiner la vérité du fait. Il en est de même du puits qui eft fur la montagne. Je pris la peine d'y monter, dit le Brun, & je trouvai qu'il y avoit eu autrefois une fortereffe dans cet endroit : on en voit encore les ruines & les débris des murailles, & fur le fommet il y a un petit bâtiment quarré, couvert d'un dôme. Quant à la fente monftrueufe, ce n'eft qu'une féparation extraordinaire de la montagne du côté de l'eft, où elle eft aflez élevée & fort escarpée. La riviere paffe à côté. Les bâtimens que les Païens & les Guébres ont élevés contre cette montagne, font incompréhensibles, & on n'en a fans doute jamais élevé de cette nature. Ils font placés à l'endroit le plus escarpé du rocher de part & d'autre. On voit la riviere entre les montagnes, & à l'endroit le plus élevé un petit canal rempli de joncs. On prétend que ces gens - là avoient tendu des chaînes de fer d'un côté de la montagne à l'autre, pour avoir communication enfemble en tems de guerre, & l'on dit qu'il y a de l'autre côté de la montagne une féparation femblable à celle dont il vient d'être parlé. Les habitans du village de Tadurwan ne difent rien de certain, touchant ces antiquités : ils nomment feulement ce lieu GOENAGABRON, c'est à dire, la demeure des païens. Une tradition du pays veat que le lieu en question ait été fondé par des géans, qui vivoient il y a treize cents ans, fous le gouvernement du fabuleux Ruftan. Ce lieu eft environ à une demi-lieue du village de Tadurwan, & le fouterrein dont il a été parlé, eft à une bonne lieue. On voit un peu endeçà à l'eft, une chute d'eau qui fe répand du côté du couchant, dans les terres à côté du village. Il y a beaucoup de fruits dans ces quartiers, & fur-tout des melons admirables.

TADUSIUM, TADUTIUM OU TADUDITUM,lieu d'Afrique, dans la Numidie. L'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Lambefe à Sitifis, à dix-huit milles de Lambefe, & à trente-deux milles de Nova Sparfa. Dans une autre route, le même itinéraire met ce lieu entre Tamugades & Duana Veteranorum, à vingt-huit milles de la premiere de ces places, & à feize milles de la fe

conde.

TADZANS ou TADSANS, peuple d'entre les Goths; vaincu par les Wandales, felon Jornandès, de reb. Getic. Cap. 23.

TAENARIA, TAENARIUM, TAENARUM & TAENARUS, promontoire au midi du Péloponnéfe, entre le golfe de Mellénie & celui de Laconie, avec une ville de même nom. Ptolomée, l. 3, c. 16, appelle le promontoire Taenaria, & la ville Taenarium. Le promontoire Taenarum dit Paufanias, Lacon. c. 25, avance considérablement dans la mer, & au bout de quarante stades on trouve la ville de Caenopolis, dont l'ancien nom étoit Taenarum. Procope, bell. Vandal. l. 1, c. 13, dit aufli que l'ancien nom de Taenarum avoit été changé en Caenopolis, nom que cette ville portoit. C'est donc une faute à Ptolomée d'avoir fait deux villes de Taenarium & de Caene. Il y avoit outre cela un célébre temple de Neptune, fur le promontoire Taenarum fanum Neptuni eft Tenari, dic Cornelius Népos, quod violare nefas dicunt Graci. Strabon ajoute que ce temple étoit dans un bois facré ; & Paufanias nous apprend que ce temple étoit en forme de caverne, & qu'au devant, on voyoit la ftatue de Neptune. Ces deux derniers auteurs rapportent la fable qui vouloit que ce fût par-là qu'Hercule étoit descendu aux enfers. Le promontoire eft nommé aujourd'hui le CAP DE MATAPAN, & la ville Taenarum, pourroit bien être le port des Cailles.

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TAENARUM FLUMEN, fleuve de Thrace, près de la ville Aenus, felon Chalcondyle, felon Chalcondyle, cité par Örtélius. Leunclavius dit que le nom vulgaire eft Tunza, & que ce fleuve le jettoit dans l'Hébrus, aux environs d'Hadrianopolis. De l'ifle, dans fa carte de la Gréce, appelle ce fleuve TUNCIA.

TAENARUS. Voyez TAENARIA.

TAENIA, village de l'Afie mineure, dans la Myfie, au voifinage de la ville de Lampfaque, felon Simeon le Métaphrafte, in vita S. Abramii, cité par Ortélius.

TAENIOLONGA, ville d'Afrique, dans la Mauritanie Tingitane, fur l'Océan Ibérique, felon Prolomée 1. 4,C. I, qui la marque entre Achath & Seftiaria Extrema. L'itinéraire d'Antonin, qui écrit Tenialonga, fans diphthongue, la met à vingt-quatre milles de Cobucla. Le nom moderne, felon Castald, est Megeyma ou Mefema.

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TAENSAS, peuples de l'Amérique feptentrionale dans la nouvelle France. Ils font environ foixante lieues au-deffous des Akans, c'est-à-dire, environ foixante lieues au-deffous du 34d de latitude. Leur village eft à une demilieue du lac. Les cabanes y font dispofées à divers rangs, & en droite ligne, autour d'une grande place, toutes faites de boufillages, & recouvertes de nattes de cannes. On y remarque d'abord deux cabanes plus belles que les autres: c'eft la demeure du chef & le temple : chacune a environ quarante pieds en quarré, les murailles en font hautes de dix, & épaiffes de deux ; le comble, en forme de dôme, eft couvert d'une natte de diverfes couleurs, & il y a un vestibule par où l'on entre dans une grande falle quarrée, pavée & tapiffée de tous côtés d'une très-belle natte. C'est dans cette falle que le chef donne les audiences, fur un beau lit entouré de rideaux d'une fine étoffe, faite & tiffue de l'écorce de meuriers, & où il eft comme fur un trône, au milieu de quatre fort belles femmes, environné d'un grand nombre de vieillards armés de leurs arcs & de leurs fleches, tous couverts de capes blanches & fort déliées. Celle du chef eft ornée de certaines houpes d'une toifon différemment colorée; celles des autres toutes unies. Le chef eft couronné d'une thiare d'un tiffu de jonc, trèsinduftrieufement travaillé & relevé par un bouquet de plumes différentes. La ftructure du dehors du temple eft femblable à celle de la maifon du chef. Il eft enfermé d'une grande muraille; l'espace qui eft entre deux, forme une espéce de parvis où le peuple fe promene. On voit au deffus de cette muraille un grand nombre de piques, fur la pointe desquelles on met les têtes des ennemis ou des criminels: au delfous du frontispice paroît un gros billot fort élevé, entouré de quantité de cheveux, & chargé d'un tas de chevelures en forme de trophées. Le dedans du temple n'eft qu'une nef peinte ou bigarrée en haut par tous les côtés de plufieurs figures différentes. On voit au milieu de ce temple un grand foyer qui tient lieu d'autel, où bru lent toujours trois groffes buches, que deux prêtres, reCcccc jij

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vêtus de capes blanches fort grandes, prennent foin d'attifer. C'est autour de cet autel que tout le monde fait fes prieres, avec des hurlemens extraordinaires. Ces prieres fe font au lever du foleil, à midi & à fon coucher. Il y a u cabinet ménagé dans la muraille, le dedans en est trèsbeau; au haut de la voute font fuspendus les corps de deux aigles éployées & tournées vers le foleil. C'est le tabernacle de leur dieu, où il n'eft permis qu'au grand prêtre d'entrer. C'eft auffi le lieu deftiné pour la garde de leurs thréfors & de leurs richeffes, comme perles fines, piéces d'argent, pierreries & marchandifes Européennes, qu'ils trafiquent avec leurs voifins. Ils ne fe gouvernent que par la volonté de leur chef: ils reconnoiffent fes enfans pour fes légitimes fucceffeurs. Lorsqu'il meurt on lui facrifie fa premiere femme, fon premier maître d'hôtel & vingt hommes de la nation, pour l'accompagner dans l'autre monde. Durant la vie, perfonne ne boit dans fa tafle, ne mange dans fon plat, ni n'oferoit paffer devant lui. Quand il marche on prend foin de nettoyer le chemin par où il paffe, & de le joncher d'herbes & de fleurs odoriférentes; ceux à qui il parle ne lui répondent qu'après avoir fait de grands hurlemens, qui font chez eux des marques d'admiration & de respect. Ils adorent le foleil. Ils entretiennent dans les temples un feu perpétuel, comme le fymbole du foleil ; à tous les déclins de la lune, ils portent par forme de ferifice à la porte du temple, un grand plat de leurs mets les plus délicats, dont leurs prêtres font une offrande à leur dieu, après quai ils l'emportent chez eux. A l'égard de leurs coutumes, tous les printems ils vont en troupe dans quelque lieu écarté défricher un grand espace de terre qu'ils labourent tous au bruit du tambour; enfuite ils prennent foin d'applanir la terre, d'en faire un grand champ qu'ils appellent le Défert ou le champ de l'Esprit, En effet, c'est là qu'ils vont entretenir leurs reveries & attendre les inspirations de leurs prétendues divinités. Cependant, comme tous les ans cet exercice fe renouvelle, il arrive qu'ils défrichent infenfiblement toutes leurs terres. En automne ils cueillent leur bled d'inde, ils le gardent dans de grands paniers jusqu'à la premiere lune du mois de juin de l'année fuivante. En ce tems-là les familles s'affemblent, & chacun invite fes amis ou fes voifius à venir manger de bons gateaux, à quoi ils joignent de la viande, & ainfi ils paffent la journée en feltins.

Cette nation, qui du tems de M. de la Salle, étoit trèsnombreuse, a entierement disparu. Le pays qu'elle habitoit eft le plus bel endroit & le meilleur terroir de toute la Louyfiane.

TAENUR, ville de l'Inde, en deçà du Gange. Prolomée, l. 7, c. 1, la donne aux Pandioni, & la place dans les terres près de Perincari.

TAEPA, ville de la Perfide. Elle étoit dans les terres, felon Prolomée, l. 6, c. 4, qui la place entre Parodana & Tragonice.

TAESE, ville de l'Arabie heureuse, à trois journées de Sana. Davity, Afie, p. 234, dit qu'elle eft bâtie fur une montagne, & habitée de riches marchands.

TAFA. Voyez TAUA.

TAFALISGA, ville d'Afrique, au royaume de Galam, fur le bord méridional du Sénégal, à l'eft de Tuabo, proche l'embouchure de la riviere de Falemé. Cette ville eft fort bien peuplée, & célébre par fon commerce. On y voit une mosquée, & proche la ville, on trouve une montagne de marbre rouge mêlé de veines blanches. * Voyage de Brue, fur le Sénégal.

TAFALLA, ville d'Espagne, dans la Navarre, près de la petite riviere de Cidaço, à cinq lieues de Pampelune. Tafalla eft une fort jolie ville, fermée de murailles & défendue par un château. (a) La princeffe Eleonore, fille & héritiere du roi Jean II, y tint une affemblée des états, après la mort de fon pere. Le roi François Phoebus y fut reconnu en 1481. Dans le quinziéme fiécle, Charles III, roi de Navarre, (b) y bâtit un palais, où il faifoit ordinairement fa réfidence, & le roi Philippe IV l'honora du titre de cité en 1630. Les Espagnols appellent cette ville la fleur de la Navarre, parce qu'elle eft le fiége d'une univerfité où la jeunefle du royaume va faire fes études. Tafalla eft dans un bon terroir fertile en vin, comme tout le quartier du pays qui eft au bord du Cidaço, & le vin que l'on y recueille eft excellent. (a) Silva Pobl. de Espana, p. 199. (b) Délices d'Espagne, p. 675.

TAFANIA, lieu d'Italie, dans le Florentin, aux confins du Siénois, à une petite lieue de Poggio-Bonzi, vers l'occident. Ce lieu eft bâti fur les ruines de la ville Semifons. Baudrand, Dict. éd. 1682.

*

TAFF. Voyez TAVE.

au

1. TAFILET, royaume d'Afrique, dans la Barbarie, & compris aujourd'hui dans ce qu'on appelle les états du roi de Maroc. Il est borné au nord par les royaumes de Fez & de Tremecen, à l'orient par le pays des Beréberes, midi par le Sara ou défert de Barbarie, & à l'occident par les royaumes de Fez, de Maroc & de Sus. Mouley Cherif, roi de Tafilet, prétendoit descendre de Mahomet, par fa fille Fatime. En mourant, il laiffa, fille Fatime. En mourant, il lailla, pour fon fucceffeur, Muley Hamet,l'aîné de quatre-vingt-quatre enfans mâles, outre cent vingt-quatre filles qu'il avoit eues. Muley Hamet ne jouit pas long tems du royaume. Muley Archy, un de fes freres, trouva le moyen de lever une armée, l'attaqua, le battit. Hamet en mourut de douleur & laiffa le trône à Archy, qui fut tué peu après en caracolant fur un cheval fougueux, l'an 1672. * S. Olon, Etat de l'empire de Maroc, p. 2 & fuiv.

L'ordre & la paix qu'il avoit commencé à établir dans fes états, furent bientôt troublés. Ceux de fa famille ausquels il avoit confie le gouvernement de fes royaumes, voulurent le rendre maîtres du pays où chacun d'entr'eux commandoit, mais Moulla Ismaël, le plus entreprenant & le plus eftimé, fe fit d'abord reconnoître roi de Tafilet; il s'empara des tréfors de fon frere, fe mit en campagne avec le plus de monde qu'il put ramaffer, & après en avoir gagné quelques uns par promefles ou par préfens, il vainquit les autres par les armes, & fe rendit maître de tout. Celui d'entre fes concurrens qu'il lui fit plus de peine, fut Mouley Hameth, fon neveu, qui s'étant fait reconnoître roi de Maroc & de Suz, résista pendant deux ou trois ans ; mais à la fin il fut obligé de fe foumettre comme les autres. Les mêmes révolutions font arrivées depuis ou à la mort de chaque roi, ou dans le tems qu'ils fe croyoient tranquilles posfeffeurs de l'Empire, appellé aujourd'hui l'empire de Maroc, parce que le fouverain a transporté fa réfidence dans la capitale du royaume de ce nom; mais comme les peuples du royaume de Tafilet tiendroient à deshonneur d'être gouvernés par d'autres que par des descendans de leur prophéte, le roi y établit toujours un de fes fils pour gouver

neur.

Généralement parlant le terrein eft fort fablonneux dans le royaume de Tafilet, & par conféquent fort ftérile, à quoi contribuent encore les chaleurs excellives qui y regnent toute l'année. Il ne produit du bled & de l'orge que le long des rivieres; ainfi les chérifs feuls & les alcaïdes qui font les nobles du pays, fe trouvent en pouvoir d'en acheter, parce qu'il eft trop cher pour le peuple qui eft très-pauvre, & qui ne vit que de dattes & de chair de chameau. La difette d'eau eft fort grande aux lieux éloignés des rivieres; en forte qu'on n'en a point d'autre que celle de pluie, qui tombe quelquefois avec alfez d'abondance en hiver, & qu'on prend foin de recueillir & de conferver dans des citernes.

par

Les peuples de cet état font compofés de cherifs, d'Ararabes & de Barbares. Ces derniers font les anciens habitans du pays. Ce font des gens fecs & balanés qui demeurent dans des villages, entre des montagnes, & qui nourriffent quelques beftiaux qu'ils échangent pour des dattes avec les Árabes. Ceux-ci ont été amenés dans le pays avec les che rifs & avec Mouley Meherez leur prince, par Mouley Almanfor. Les cherifs qui fe prétendent descendus de Mahomet, demeurent dans des espéces de châteaux ou dans les villes. Les Arabes tiennent la campagne & font divifés tribus. Le chef ou ancien de la race eft le commandant, & s'appelle checq ou capitaine. Ils paffent toute leur vie fous des tentes faites avec de la laine & du poil de chevre, & occupent des plaines par adouards. Un adouard est un allemblage de quarante ou cinquante tentes élevées en rond; & une tribu, fuivant qu'elle eft devenue nombreuse, aura quelquefois cinquante adouards. Les cherifs & les Arabes prétendent être les feuls qui fuivent la véritable religion de Mahomet. Ils difent qu'elle a commencé par Jefus-Chrift, qui, difent-ils encore, leur ordonna l'habit qu'ils portent. Ils n'ont ni or, ni argent, ni foie, & ne font vêtus que d'une étoffe de laine qui leur entoure deux ou trois fois le corps, & qui leur laiffe les jambes & les bras nuds. Ils appellent cet habillement une hoque, & l'étoffe en doit toujours être

blanche. Ils obfervent auffi religieusement leur loi, pour le manger, pour les habits: ils ne mangent de viandes que des bêtes tuées par ceux de leur fecte. Celui qui la tue en préfente la gorge du côté de la Mecque, & après avoir dit : Mon Dieu, voilà une victime que je vais vous immoler ; je vous Supplie que ce foit pour votre plus grande gloire que nous la mangions, il lui coupe la gorge. Quand ils veulent faire leur fala ou priere, ce qu'ils font cinq fois le jour, ils fe lavent les pieds & les jambes jusqu'au genou, & les mains & les bras jusqu'au coude, puis s'étant affis à terre la face tournée vers le foleil levant, ils invoquent leur cidy Mahomet, & ensuite cidy Bellabec, qu'ils difent être faint Auguftin & plufieurs autres. Ils mettent auffi parmi leurs faints, cidy Nayfla; c'eft le nom qu'ils donnent au fauveur du monde. Ils le croyent d'une Vierge & conçu par le fouffle de Dieu; mais ils ne difent pas que ce fouffle foit le faint Esprit, & ne reconnoiffent point trois perfounes en

Dieu.

Il y a dans le royaume de Tafilet quantité d'autruches qui font grandes comme des génifles de fix mois & fort graffes, on les prend à la courfe, & la chair en eft fort bonne. Il y a auffi des dromadaires qu'on appelle meheri, & qui font presque en tout femblables aux chameaux, fi ce n'eft qu'ils ont le corps plus délié auffi-bien que les jambes, avec deux boffes fur le dos, mais l'une plus groffe que l'autre. Ils courent avec une vîtelle qui n'eft pas croyable. On a vu un homme qui, étant parti de Maroc au lever du foleil, avoit été porter quelques dépêches à Tafilet, & le lendemain à cing heures du foir il étoit de retour à Fez, ayant fait plus de deux cents lieues en moins de deux jours, fans avoir de dromadaires. Le même homme ne faifant que d'arriver offroit encore d'aller porter quelques dépêches à Tanger, & d'en rapporter des réponses le lendemain, quoique Tanger foit éloigné de Fez de foixante lieues. Les habitans de Tafilet font fort inventifs, & font grand trafic d'indigo & de cuir qu'ils appellent cherquis, & qu'ils font de la peau d'un animal nommé lant. Ils font auffi des toiles rayées de foie à la moresque, & la plupart des dattes que l'on transporte en Europe viennent de ce pays-là.

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On ne compte que trois provinces dans le royaume de Tafilet, & elles font toutes trois dans la partie méridionale du royaume. Leurs noms font:

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2. TAFILET, ville d'Afrique, dans la Barbarie, au royaume de Tafilet, dont elle eft la capitale. Elle est bâtie fur la riviere de même nom, dans une plaine avec un château. Marmol, Numidie, l. 7, c. 28, dit qu'elle a été fondée par les anciens Africains. Elle eft peuplée de plus de deux mille Bérebéres qu'on nomme filelis, gens riches & fort adroits, qui ont les meilleures dattes de la Barbarie, quantité de chameaux & de toutes fortes de bétail. C'est à Tafilet que fe font les belles rondaches de cuir de bufle, ou d'autre animal femblable. Ces cuirs viennent des déferts de la Barbarie. On fait auffi à Tafilet de belles toiles de foie

rayées à la moresque, & de riches cafaques qu'on nomme Filelis, avec des tapis & des couvertures très-fines ; & il y a grand commerce d'indigo & de maroquins. C'eft le rendezvous de plufieurs marchands d'Europe & de Barbarie. Tafilet étoit autrefois incommodée des courfes des Arabes du

défert ; & un de leurs cheques la gouvernoit alors; mais depuis qu'elle eft paffée au pouvoir des cherifs, ils ont trouvé moyen de fe faire respecter.

3. TAFILET, riviere d'Afrique, dans la Barbarie, au royaume de même nom. Elle a fa fource dans le mont Atlas, au pays des Sagaro. Son cours eft du nord occidental au midi oriental. Elle traverse tout le royaume de Tafilet, mouille la ville de ce nom, & va fe perdre dans les fables du Sara ou défert de Barbarie. Elle reçoit entre autres deux rivieres à la droite ; savoir :

Secoura

TAFLIS. Voyez TEFLIS.

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TAFOE ou TAFOU, province d'Afrique, dans la haute Guinée, ou Guinée proprement dite, au royaume d'Akim ou du grand Akanis. Elle s'étend au nord jusqu'au royaume de Gago: la riviere Volte, qui la traverse d'occident en orient, la borne auffi en plus grande partie au levant. Elle a la province Quahou au midi, & au couchant les terres de la ville appellée le grand Akanis. Vers le midi de cette province eft la montagne de Tafou, où il y a des mines d'or.

TAFUNG, montagne de la Chine, dans la province de Suchuen, territoire de Chingtu, premiere métropole de la province, près de la ville de Xefang. Cette montagne eft d'une hauteur extraordinaire, & il tombe de fon fommet une riviere qui fait beaucoup de bruit en se précipitant. Atlas Sinenfis.

*

TAFURES, petite ifle d'Afie dans l'archipel des Moluques, a environ trois lieues de tour; elle eft fertile; elle a des palmiers, du coco & d'autres fruits; elle a un étang affez grand; elle eft dépeuplée depuis 1631, que les Espagnols en maltraiterent les habitans; elle eft à quatre-vingts lieues de Ternate.

TAGABAZA, ville de l'Inde, en-deçà du Gange. Prolo mée, l. 7, c. 1, la donne aux Brolinga, & la place au voifinage de Bradaotis. Au lieu de Tagazaba le manuscrit de la bibliotheque palatine lit Stagabaza.

TAGABÆORUM ou BETAGABEORUM. Voyez BETA

GABEORUM.

TAGE, ville de la Parthie, aux confins de l'Hyrcanie, felon Polybe, lib. 10, no. 26. Solin la met vers le fleuve Oxus; & Ortélius dit que quelque moderne la nomme TURFON.

TAGAL, pays d'Afie, dans l'ifle de Java, près de la côte feptentrionale, vers le milieu de l'ifle, entre Japara au levant, & Tfieribon au couchant. On y voit de vaftes campagnes de riz, & les Hollandois y ont un fort qui en porte le nom.*De l'Ifle. Robert, Archipel des Indes.

TAGAMUTENSIS, fiége épiscopal d'Afrique dans la Byzacène. La notice des évêchés d'Afrique nomme fon évêReftitutus, & dans la conférence de Carthage, no. 126, Milichus eft qualifié episcopus plebis Tagamutenfis. C'eft apparemment la ville de Tagama de Ptolomée.

que

TAGAMA, ville d'Afrique, dans la Libye intérieure. Ptolomée, l. 4, c. 6, la marque fur le bord du Niger, entre Vellegia & Panagra.

TAGAOST, ville d'Afrique au royaume de Maroc. Elle eft la plus grande ville de la province de Sus, & on die qu'elle a été bâtie par les naturels du pays. Elle eft enfermée de vieux murs, & fituée dans une plaine, à vingt lieues de la mer du côté du couchant, & à dix-huit du mont Atlas, vers le midi. Elle a plus de huit mille maifons, dont il y en a plus de trois cents de Juifs marchands & artifans, qui demeurent pourtant dans un quartier féparé. La riviere de Sus paffe à trois lieues de cette ville. Le pays de fes environs eft fertile en bled & troupeaux. Elle fe gouvernoit autrefois elle-même, mais le peuple y étant fort orgueilleux, ne pouvoit pas vivre en repos, & il y régnoit une discorde perpétuelle. Ils fe partagerent à la fin en trois factions, dont chacune appelloit les Arabes à font fecours; ce qui caufa une telle méfiance parmi les habitans, qu'ils étoient obligés à être jour & nuit fur leurs gardes; mais enfin les cherifs s'en emparerent. Il y a deux marchés dans la ville toutes les fe

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