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Nous voyons encore des TECTOSAGES dans la Germanie, aux environs de la forêt Hercynienne, & Rhenanus croit qu'ils habitoient fur la rive droite de Necker, & que l'ancien château de Teck conferve encore une partie de leur nom. Céfar. Bell. Gall. lib. 6, qui a connu ces Tectofages, dit: Germania loca circum Hercyniam filvam, quam Eratostheni & quibusdam Gracis fama notam effe video, quam illi Orciniam appellant, vulgò Tectofages occuparunt. Quelques uns ont prétendu qu'au lieu de vulgò, il falloit lire Volca, & ils fe fondent fur l'autorité de Strabon, de Ptolomée, de Pline; mais ces anciens auteurs n'ont mis de Volca Tectofa. ges que dans la Gaule Narbonnoife, & non dans la forêt Hercynienne. Cela n'empêche pas néanmoins que les Tectofages de la Germanie ne fuffent fortis des Volca-Tectofages de la Gaule Narbonnoife, comme le dit Céfar.

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TECUANAPA, petit port de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, au gouvernement de Guaxaca fur la côte de la mer du Sud. Ce petit port eft fort par l'embouchure de la riviere d'Ometepec, qui eft navigable jusqu'à une certaine distance. * De Laet, Description des Indes occidentales, 1. 5, c. 22.

que

TECULET, ville d'Afrique, au royaume de Maroc. Elle a été fondée par la lignée de Muçamoda. Elle eft fur la perte d'une montagne, & a un petit port, avec un vieux château nommé Aguz, affez proche de l'embouchure de la Diure, que Ptolomée met à 7d 20 de longitude, & à 31d 40' de latitude. La place n'eft pas forte, fes murailles ne font de terre. Les maifons font bâties de même, & fort mal rangées. Il y a quelques anciens édifices faits de pierres & de chaux, avec une grande mosquée, fort belle par dehors & par dedans. Cette ville fut détruite par Abdulmumen, de la race des Almohades, & demeura longtems fans habitans. L'an 1514, Nugño Fernandez, accompagné de Yahaia Ben Tafuf, la faccagea, & envoya en Portugal quantité d'esclaves de l'un & de l'autre fexe. Les chérifs la repeuplerent depuis, & y firent retourner les habitans qui s'étoient fauvés dans les montagnes, & d'autres gens de divers endroits. Il paffe auprès de la ville une riviere de même nom, qui entre dans la mer, près du château d'Aguz, & dont les bords font pleins de jardins & de vergers, dont ils recueillent quantité de noix, figues, pêches & gros raifins de treille, qui font de trèsbon goût. Il y a dans la place des puits d'eau vive, fi fraîche & fi excellente, qu'on la préfére à celle de la riviere, qui d'ailleurs eft fort eftimée. Le peuple eft civil envers les étrangers, & plus riche que ceux de Tedneft, parce que le pays eft meilleur, les plaines en étant très-fertiles. Il y a beaucoup de ruches d'abeilles le long de la pente

de la montagne, d'où ils tirent quantité de cire, qu'ils vendent aux marchands de l'Europe. A l'un des côtés de la ville eft une fynagogue, où il y a plus de deux cents maifons de Juifs, marchands & artifans, qui font plus à leur aife & mieux traités que ceux de Tedneft. La fortereffe de la ville eft une tour fort antique, attachée à la muraille au lieu le plus éminent, & qui commande à toute la place. C'est là & dans la mosquée où les habitans fe retiroient en cas d'alarmes, comme en des lieux de fureté contre les coups de main.* Marmol, Royaume de Maroc, 1. 3, c. 6, p. 14.

TECUM. Voyez TELIS.

TEDAMENSII, peuple de l'Afrique propre, felon Ptolomée, l. 4, c. 3. Le manuscrit de la bibliotheque palatine porte Damenfii au lieu de Tedamenfii.

TEDANIUM ou TEDANIUS, fleuve de l'Illyrie, & que Pline, L. 3, 6. 21, donne pour la borne de la Japygie. Ptolomée, l. 2, c. 17, le nomme Tidanius, mais le manuscrit de la bibliotheque palatine porte Tedanius. L'embouchure de ce fleuve, appellé aujourd'hui Zermagna, eft marquée par Ptolomée entre Lopfica & Ortopla. 1. TÉDBURY, bourg d'Angleterre, dans la province de Worcester. On y tient marché public. * Etat préfent de la G. Bretagne, t. 1.

2. TEDBURI, bourg d'Angleterre, dans la province de Glocefter. On y tient marché public. * Etat préfent de la Gr. Bretagne, t. 1.

TEDELEZ, ville d'Afrique, au royaume de Trémécen. C'eft la derniere ville de la province d'Alger du côté d'orient. Elle a été batie par ceux du pays fur la côte de la mer Méditerranée, à dix lieues d'Alger. Prolomée la met à 22d de longitude, & à 32d 50' de latitude. Elle est fermée de bonnes murailles, mais les maifons y font fort délabrées. Les habitans font teinturiers ou pêcheurs d'ailleurs de fort bonnes gens, qui aiment à jouer du luth & de la guitarre les terres font fertiles en bled & en pâtu rages. On prend tant de poiffon fur cette côte, qu'ils le rejettent fouvent en mer, parce qu'il ne fe préfente perfonne pour l'acheter. Il y a plus de mille feux, & un château où demeure le commandant établi par le gouverneur d'Alger, d'où cette ville dépend. Caftalo croit que c'eft Jarfath dont parle Ptolomée, & qu'il place dans la Mauritanie Céfarienfe. * Marmol, Royaume de Trémécen, 1. 5, c. 44, p. 409.

6. 17,

TEDIASTUM, ville de la Liburnie. Ptolomée, l. 2, qui en parle, la place dans les terres, près d'Arucia. Le manuscrit de la bibliotheque palatine écrit Tediaftrum.

TEDIUM, ville de l'Arabie déferte. Elle étoit, felon Ptolomée, l. 5, c. 19, au voifinage de la Méfopotamie, près d'Odagana & de Zagmais.

1. TEDLA, province d'Afrique, & la plus orientale du royaume de Maroc. Quoique petite, elle abonde en bled, en huile & en troupeaux ; fes habitans font riches; ceux des montagnes font Bérebéres', de la tribu de Muçamoda, mais les plaines font remplies de deux lignées d'Arabes, qui font chacune plus de neuf mille chevaux, & errent dans les provinces voifines. Celle-ci commence vers le couchant à la riviere des Négres, & finit du côté du levant à celle d'Ommirabi. Vers le midi, elle occupe les montagnes du Grand-Atlas, & du côté du feptentrion, elle fait une pointe où ces deux fleuves fe joignent. Sa figure eft triangulaire, & comprend toutes les campagnes qui font entre ces deux rivieres avant leur jonction, car elles féparent après la province de Duquela d'avec celle de . Trémécen, & fe rendent enfuite dans la mer fous le nom de la riviere d'Azannor. Cette province a été quelque tems du royaume de Fez: elle eft à préfent de celui de Maroc. Les Béniméninis la poflédoient lorsqu'ils étoient maîtres de toute la Mauritanie Tingitane; mais dans le déclin de leur empire, lorsque les royaumes de Fez & de Maroc furent féparés, plufieurs petits tyrans s'en emparerent, & donnerent fujet aux rois de Fez, par leurs divifions, de fe rendre maîtres de cette province. Zarangi Laatar, fon fils Bendorao & Aben Onzar en ont été gouverneurs l'un après l'autre, & celui-ci la rendit après la défaire de l'aîné des cherifs par le cadet, au vainqueur. * Marmo!, Royaume de Maroc, l. 3, c. 79, p. 127.

2. TEDLA ou FESSA, ville de Barbarie, dans la pro

!

vince de Tedla, au royaume de Maroc, eft fur la riviere

de Derne.

TEDNEST, ville d'Afrique, au royaume de Maroc, capitale de la province de Hea, bâtie par les anciens Africains de la tribu de Muçamoda, à l'entrée d'une belle pleine. Elle a plus de trois mille habitations, fes murailles font de bois & de carreaux de terre liés avec du plâtre, qui rendent la cloifon plus forte ; les maifons font bâties de même. Elle eft entourée d'une riviere qui prend fa fource peu loin de-là, & dont les bords font remplis d'arbres fruitiers & de toute forte d'herbes potageres. La plûpart des habitans font bergers & laboureurs, qui vont travailler & mener leurs troupeaux aux champs. Il y a auffi des cordonniers, tailleurs, charpentiers, ferruriers, quantité d'orfévres Juifs, & des marchands, qui ne vendent que des étoffes fort groffieres, à la façon du pays, ou qui trafiquent en toile que l'on apporte de Safi, où les marchands chrétiens la vont échanger contre de la cire & des cuirs. Il n'y a dans cette ville ni bains, mi college, ni hôtellerie. Quand il y arrive un étranger, s'il n'a pas quelque ami pour le recevoir, il s'adrelle au maire & aux échevins, qui lui donnent au fort un billet chez un des principaux bourgeois, lequel eft obligé de le loger & de le nourrir pour rien, ce qu'il fait de bon cœur, parce qu'ils font fort charitables, particulierement envers les étrangers, & prendroient pour un affront qu'on leur donnât de l'argent. Il y a un hôpital pour les pauvres paflans, où ils font nourris un jour des aumônes des particuliers. Au milieu de la ville, il y a une grande mosquée bâtie par Jacob Ben Jofeph, roi de Maroc, de la race des Almoravides; mais il y en a encore d'autres moindres, qui ont toutes leurs revenus, tant pour l'entretien de la fabrique que des alfaquis. Il y a plus de deux cents maifons de Juifs en un quartier féparé, où ils vivent felon leur loi, & payent un ducat par tête au gouverneur, fans les levées extraordinaires, dont on fait payer plus à un Juif qu'à dix des plus riches bourgeois de la ville; encore ne leur permet on pas d'avoir en propre ni mnaifons, ni héritages, ni autre immeuble. Cette ville a été ruinée plufieurs fois, mais fur tout lorsque les Almohades fe rendirent maîtres du royaume de Maroc, & qu'Abdulmumen l'alla afliéger, car ne s'étant pas voulu rendre, il la prit d'affaut, & la ruina de fond en comble, de forte qu'elle ne pouvoit plus fervir que de retraite aux bêtes farouches; mais comme le pays eft fertile & agréable, elle fut bientôt rebâtie & repeuplée. Dans la fuite, elle s'eft rendue illuftre par la faveur des cherifs. Mahomet le pere établit fa demeure dans la ville de Tedneft, & y bâtit un palais fomptueux. L'an 1514, les Portugais obligerent ce cherif de fe fauver avec fes enfans, & fe rendirent maîtres de cette ville. Elle fe fouleva contr'eux, & rentra fous l'obéiffance du cherif Mahomet, qui depuis a été toujours à lui & à fes descendans. * Marmol, Royaume de Maroc, 1.3,

c. 3, p. 7.

TEDSI, ville d'Afrique, au royaume de Maroc, à douze lieues de Tarudant, du côté du levant ; & de l'autre côté à environ vingt de la mer, & à fept du Grand Atlas, vers le midi. Cette ville, qui a été bâtie par les anciens Africains, eft fort peuplée; elle eft enceinte de vieilles murailles, avec des tours : fon terroir eft grand & abondant en bled & en troupeaux. La riviere de Sus, qui paffe à une lieue, a fes bords garnis de quantité de cannes de fucre, avec des moulins pour le préparer; c'eft pourquoi on trouve ordinairement dans la ville plufieurs marchands de Barbarie & du pays des Négres. Les habitans ont beaucoup de douceur & de franchise, & vivent de même que ceux de Tarudant. Il y a un grand quartier de marchands & d'artifans juifs, fort riches: il s'y tient marché tous les lundis, où fe rendent les Arabes & les Bérebéres de ces contrées, avec du bétail de la laine, des cuirs & du beurre, en échange de quoi ils prennent du drap, de la toile, des chauffures, des ferremens, des harnois de chevaux, &c. Il y a au milieu de la ville une grande mosquée, où demeurent plufieurs alfaquis, dont le fupérieur, comme le plus habile, décide des chofes que les autres n'ont pu réfoudre, & eft arbitre des différends qui naissent touchant leur religion. La ville étoit libre avant que les Bénimérinis s'en emparaffent, & recouvra fa liberté dans le déclin de leur Empire. Elle payoit feulement aux Arabes de la campagne la dixme de fes bleds & de fes

légumes, & fe gouvernoit par fix des principaux habitans qu'on changeoit tous les feize mois. Elle palla volontairement en 1511 au pouvoir des chérifs, qui l'ont rendue fort illuftre, & y ont établi un tribunal, où il y a juges avocats, notaires, procureurs. Un gouverneur y tient d'ordinaire la réfidence: enfin, c'est une des principales villes & des plus riches qui foient de ce côté la du mont Atlas, en tirant vers le midi. Marmol, Royaume de Maroc, 1.3, c. 27, p. 40.

1. TEFE, bourgade de l'Amérique méridionale, fur le bord méridional de la riviere des Amazones, à l'embou chure de la riviere de Tefé, au fud eft de Paraguari. C'eft une des fix miffions delfervies par les miffionaires carmes Portugais.

2. TEFÉ, riviere de l'Amérique méridionale. Elle prend fa fourfe dans les montagnes de la Cordeliere, à l'eft de Lima, & prenant fon cours du fud au nord, elle fe rend dans celle des Amazones, entre celles d'Yurva & de Cayamé.* Carte du cours de la riviere des Amazones, par de la Condamine.

TEFELSELT ou TIFELSELT, ville d'Afrique, an royaume de Fez. Elle eft petite & fituée dans une vallée à quatre bonnes lieues de Mahmore, & à trois de l'Océan. On n'y trouve plus que des mafures, qui fervent de retraite aux Arabes. Quelques uns croient que TEFELSELT eft l'ancienne Tamufiga de Ptolomée. Cette ville a dans fa dépendance, près de la riviere, plufieurs forêts, où le tiennent des lions terribles.* Dapper, Defc. du royaume de Fez, p. 146.

Tefelfelt n'eft pas l'ancienne Tamufiga. Ptolomée met dans la Mauritanie Tingitane deux villes à peu près de même nom; favoir, Tamufiga & Tamufida. Tefellelt eft à la place de Tamufida, felon Molet, fuivi de la plupart des géographes. Tamufiga est, selon le même, la petite ville de Gazola.

TEFEN-SARA, ville d'Afrique, au royaume de Fez. Elle ne fubfifte plus, felon Marmol, Royaume de Fez, 1.4, c. 15, qui dit qu'on en voit feulement les ruines dans une belle & grande plaine, à trois lieues de Salé, au-dedans du pays. On la nommoit Banaffa, & Pline dit qu'on la furnommoit Valentia. Cependant Abdulmalic prétend qu'elle doit la fondation à un roi des Almohades, fon agrandiflement à un autre de la race des Bénimérinis, & fa ruine à Sayo, du tems de la guerre qu'il eut contre fon oncle. Elle n'a jamais été repeuplée depuis. Ses campagnes font belles; on les laboure & on y éléve des troupeaux. On y voit errer les Arabes d'lbni-Melic-Sofian, & quelques Chaviens, à qui Sayd les donna pour récompense des fervices qu'ils lui avoient rendus dans cette guerre.

TEFETHNE, riviere d'Afrique, au royaume de Maroc. Elle a fa fource au mont Gabelelhadi, & coule dans les plaines de la province de Hea, & arrofe lleufugahen Tefedgeft & Culcihara, après quoi elle fe divife en deux branches, pour aller fe jetter dans la mer, vis-à-vis du cap & de l'ifle de Magador. * Dapper, Royaume de Ma

roc, p. 126.

TEFEZARA, ville d'Afrique, au royaume de Trémécen, à cinq lieues de la ville de Trémécen, du côté de l'orient. Marmol, Royaume de Trémécen, l. 5, c. 13, die que c'eft une grande ville qui a été bâtie par les habitans du pays, &que c'est celle du pays, &que c'eft celle que Prolomée nomme Aftacilicis, Presque tous les habitans de Tefezara font forgerons, & ils ont plufieurs mines de fer auxquelles ils travaillent. Les terres des environs rapportent beaucoup de bled & fourniffent des pâturages. Cependant le principal trafic du pays confifte en fer, qu'on porte vendre à Trémécen & ailleurs. La ville eft fermée de bonnes murailles qui font très-hautes, & n'a d'ailleurs rien de remarquable.

TEFLIS, TAFLIS ou TIFLIS, ville de Perfe, dans la province de Schirvan ou plutôt dans le Gurgiftan, que nous appellons la Georgie, & dont elle eft la capitale. Certe ville eft une des plus belles de Perfe, quoiqu'elle ne foit pas fort grande. Elle eft au 424 quelques minutes de latitude, & au 65 moins quelques minutes de longitude. Sa fituation eft au bas d'une montagne dont le fleuve Kur lave le pied du côté d'orient. Ce fleuve, qui eft le Cyrus des anciens, a fa fource dans les montagnes de Georgie, & fe joint à l'Araxe, vers la ville de Chamaky, à un lieu nommé Paynard, d'où ils fe rendent conjointement dans la mer. La plupart des maifons bâties du côté du

C

feave, font fur la roche vive. La ville eft entourée de belles & fortes murailles, excepté du côté du fleuve. Elle s'étend en fongucur du midi au feptentrion, ayant une grande fortereffe du côté du midi, fituée fur le penchant de la montagne, & dans laquelle il n'y a que des Perfans naturels, foit pour foldats, foit pour habitans. La place habitans. La place d'armes qui eft au devant, fert auffi de place publique & de marché. Cette fortereffe eft un lieu d'afyle pour tous les criminels & les gens chargés de dettes. Le prince de Georgie eft obligé de paffer au milieu, lorsqu'il va, felon la coutume, recevoir hors des portes de la ville les lettres & les préfens du roi ; parce que, quand on vient de Perse à Tiflis, on ne peut y entrer que par la forterelle; ce prince n'y palle jamais fans craindre qu'on ne l'arrête, & que le gouverneur n'ait un ordre fecret de fe faifir de fa perfonne. Les Perfans ont prudemment établi la coutume parmi les gouverneurs des provinces de leur empire, d'aller ainfi recevoir hors de la ville tout ce que le roi leur envoye ; parce que c'eft un moyen facile de fe faifir de leur perfonne fans peine & fans risque. Cette fortereffe de Tiflis fut bâtie par les Turcs l'an 1576, après qu'ils fe furent rendus maîtres de la ville & de tout le pays d'alentour, fous le commandement du fameux Mustafa Pacha, leur généraliffime, auquel Simon Can, qui étoit alors roi du pays, ne put réfilter. Mustafa confeilla à Soliman de faire bâtit diverfes fortereffes en Georgie, fans quoi il ne pourroit jamais être fûr du pays; ce que Soliman pratiqua. La plûpart des forterefles de la Georgie ont été conftruites par les Turcs. Mustafa éleva plus de cent canons fur le rempart de celle-ci, dont il donna le commandement au baffa Mahamet. Il y a quatorze églifes; fix font tenues & font fervies par les Géorgiens : les autres appartiennent aux Arméniens. La cathédrale qui s'appelle Sion, eft fituée fur le bord du fleuve, & toute conftruite de belles pierres de taille; c'eft un ancien bâtiment fort entier. Il eft compoté de quatre nefs, & le milieu est un grand dôme, foutenu de quatre gros pilaftres, & couvert d'un clocher; le grand autel eft au milieu de la nef oppofée à l'orient; le dedans de l'églife eft rempli de plates peintures à la grecque, faites depuis peu, & par de fi mauvais peintres, qu'on a toutes les peines du monde à reconnoître ce qu'ils ont voulu représenter. L'évêché joint l'églife, le tibilele y demeure ; on appelle toujours de ce nom les évêques de Tiflis. Après la cathédrale, les principales églifes des Georgiens font Tetrarchen, c'eft-à-dire, ouvrage blanc, qui a été bâtie par la princefle Marie & Anguescat, c'eft-à-dire, l'image d'Abagare. Les Georgiens appellent Abagare Angues, & tiennent que le portrait miraculeux que la tradition allure qu'il reçur de Jefus-Chrift, a été long-tems en cette églife. On l'appelle aufli l'églife du Catholicos, parce que le palais de ce prélat y eft joint, & qu'il ne va presque jamais ailleurs faire fes prieres, ni officier; elle est en parallele a l'évêché. Les Géorgiens avoient encore une belle églife au bout de la ville du côté méridional. Le prince la prit, il y a quelques années, pour en faire un magafin à poudre; à la vérité elle ne fervoit plus, car long-tems avant, la foudre en avoit abattu une partie. Le prince la fit refaire de nouveau, & ce magalin porte toujours fon ancien nom d'églife de Metek, c'eft-à-dire, de la rupture. On lui donna ce nom, parce qu'un roi de Georgie la fonda pour pénitence, d'avoir fans fujet rompu la paix avec un prince de fes voifins.

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Les principales églifes des Arméniens font Pacha-Vanc, c'est-à-dire, le monaftère du pacha. L'évêque Arménien de Tiflis demeure dans ce monaftère ; ou le nomme ainfi, à ce que racontent les Arméniens, parce qu'un pacha fugitif de Turquie, qui fe fit Chrétien en cette ville, le fit bâtir. L'églife de Sourph-Nichan, c'est-à-dire, figne rouge, & dans l'ufage fainte Croix, celle de Berkem ou Bethlehem; celle de Norachen ou l'Ouvrage neuf, & celle de Mognay. Mognay et le nom d'un village d'Arméniens, proche d'Irivan, où l'on a gardé long-tems un crâne qu'on affuroit être de S. George, & parce qu'on a transporté une partie de ce crâne en cette église, on lui a donné le nom du lieu d'où on l'a tiré.

Il n'y a point de mosquée à Tiflis, quoiqu'elle foit dans un pays mahométan. Les Perfans ont fait ce qu'ils ont pu pour y en bâtir; mais ils n'en ont pu venir à bout. Le peuple fe foulevoit auffi-tôt, & à main armée abatroit l'ouvrage & maltraitoit les ouvriers. Comme les Geor

giens font mutins & braves, les Perfans n'ofent les pousler à bout. Tous les clochers des églifes ont des croix à leurs pointes, & plufieurs clochers que l'on fonne. Tous les jours on vend la viande de cochon en public & à découvert comme les autres viandes, & le vin au coin des rues. On a conftruit depuis quelques années une petite mosquée dans la forterelle, joignant le mur qui la fépare de la grande place de Tiflis, pour accoutumer le peuple à la vue des mosquées & des prêtres, qui du haut de l'édifice appellent à la priere. Les Georgiens ne purent empêcher la conftruction de la mosquée, parce qu'ils n'ofoient entrer les armes à la main dans la fortereffe où l'on faifoit bonne garde; mais dès que le prêtre monta deffus pour faire la convocation accoutumée & la confeflion de foi, le peuple s'amaffa fur la place, & jetta tant de pierres fur la mosquée, que le prêtre fut contraint d'en descendre bien vite, & depuis cette mutinerie on n'y en a plus

fait monter.

Il y a de beaux bâtimens publics à Tiflis. Les bazars font grands, bien bâtis & bien entretenus. Les caravanserais font de même. Il y a peu de bains dans la ville, parce que chacun va aux bains d'eau chaude qui font dans la fortereffe; l'eau de ces bains ett minérale, fulphurée & trèschaude. Les magafins font encore bien bâtis & bien entretenus; ils font fitués fur une bute proche de la grande place. Le palais du prince fait auffi, fans contredit, un des plus beaux ornemens de Tiflis. Il y a de grands falons qui donnent fur le fleuve & fur les jardins du palais qui font fort grands. Il ya des volieres remplies de grand nombre d'oifeaux de différentes espèces, un grand chenil & la plus belle fauconnerie qu'on puiffe voir. Au-devant de ce palais il y a une place carrée, où il peut tenir près de mille chevaux; elle eft entourée de boutiques, & aboutit à un long bazar, vis-à-vis la porte du palais : c'eft une belle perspective que la place & la façade du palais, vue du haut de ce bazar. Le vice-roi de Caket a un palais au bout de la ville, qui mérite auffi d'être vu. Les dehors de Tiflis font ornés de plufieurs maifons de plaifance & de beaux jardins: le plus grand cft celui du prince, il a peu d'arbres fruitiers; mais il eft rempli de ceux qui fervent à l'embellisfement des jardins, & à y conferver l'ombre & la fraî cheur.

Il y a une habitation de miffionnaires capucins à Tiflis. Le chef des millions que cet ordre a en Georgie & dans les pays circonvoifins, y fait fa réfidence. Il y a environ quatre-vingts ans qu'on les y envoya de Rome. Le nom de médecins qu'ils fe firent donner, & que tout le monde leur donne, les fit bien recevoir par-tour, car la médecine, & furtout la chymie, eft fort eftimée, & très-peu connue dans tout l'Orient. Ils s'établirent premierement à Tiflis, & après à Gory. Chanavas Kan leur donna une maifon en chacune de ces deux villes, avec la liberté d'y faire publiquement l'exercice de leur religion. Ils apporterent à ce prince des lettres du pape & de la congrégation de propagandâ fide, & lui firent en leur propre nom de beaux préfens, & à la princeffe, au catholicos, & aux principaux de la cour; ce qu'ils continuent de faire de deux ans en deux ans. Celui d'entré eux qui fait le mieux la médecine eft auprès de la perfonne du prince, pour entretenir la protection, qui eft leur unique appui contre les perfécutions du clergé georgien & arménien. On tâche de tems en tems de chaffer ces miffionnaires, felon qu'on entrevoit les efforts qu'ils font d'attirer des gens à leur religion; mais comme il n'y a point de médecins & de chirurgiens en Georgie, ils le rendent néces faires par la pratique de la médecine & de la chirurgie que quelques-uns d'entre eux entendent fort bien, & exercent avec grand fuccès. Ils ont permiflion du pape de fe faire payer de leurs cures, de dire la meffe par-tout & avec toutes fortes d'habits, même fans répondant; d'abfoudre de tous péchés; de fe déguifer; d'entretenir chevaux & valets; d'avoir des esclaves; d'acheter & de vendre; de donner & de prendr à intérêt. Ces miffionnaires ne font pas néanmoins avec tous ces artifices & ce relâchement des progrès fenfibles fur i esprit des Georgiens; car, outre que -ce peuple eft fort ignorant, & peu occupé du foin de s'instruire, il eft fi entêté, que le jeûne, de la maniere qu'il l'obfetve, eft l'effentiel de la religion chrétienne, & qu'il e croit pas que les capucins foient chrétiens, parce qu'ils ont appris qu'en Europe ils ne jeûnent pas comme à Tiflis. Cet incroyable entêtement oblige les miffionnaires à jeûner à la Tome V. LIIII

.

georgienne. & à s'abftenir des animaux dont les Georgiens ont horreur; comme le liévre, la tortue, &c. Ils jeûnent le mercredi & le vendredi, fe réglant fur le vieux calendrier, & on peut dire que ces capucins à l'extérieur font des chrétiens Georgiens. Il vint d'abord beaucoup de peuples à leur églife de Tiflis, attirés par la nouveauté du fervice, & d'une petite mufique de quatre ou cinq voix, mêlées avec un luth & une épinette; à préfent il n'y vient plus que cinq ou fix pauvres gens, à qui ces miffionnaires font gagner quelque chofe. Ils ont dreffé une école, mais il n'y a pas plus de fept ou huit petits garçons de pauvres gens qui y viennent, & moins pour être inftruits que pour être nourris, comme ces bons peres le confeffent eux-mêmes. Au refte ces miffionnaires n'ont plus dans toute la Georgie que ces deux maifons de leur premier établitfement. Les guerres d'Imirette & de Guriel, & les miferes de ce pays, leur ont fait •quitter divers établitlemens qu'ils y avoient.

y

Le principal commerce confifte en fourrures que l'on envoie en Perfe ou à Erzeron pour Conftantinople. La foie du pays de même que celles de Schamaki & de Gangel, ne pallent point par Tiflis, pour éviter les droits exceffifs qu'on feroit payer. Les Arméniens vont l'acheter fur les lieux & la font porter à Smyrne, ou aux autres échelles de la Méditerranée, pour la vendre aux Francs. On envoie tous les ans plus de deux milie charges de chameaux, des environs de Tiflis & du refte de la Georgie, à Erzeron de la racine appellée Boia. D'Erzeron elle paffe dans le Diarbeckir, où on l'emploie à teindre des toiles que l'on y fabrique pour la Pologne. La Georgie fournit auffi beaucoup de la même racine pour l'Indoftan, où l'on fait les plus belles toiles peintes. Dans le bazar de Teflis on voit toutes fortes de fruits, & fur-tout des prunes & d'excellentes poires de bon chrétien

d'été.

On croit qu'il y a environ dix mille ames dans la ville; quatre mille Arméniens, trois mille Mahométans, deux mille Georgiens & cinq cents catholiques Romains. Ces derniers font des Arméniens convertis, ennemis déclarés des autres Arméniens: les capucins Italiens n'ont jamais pu les réconcilier enfemble.

On prétend que fon nom de Tiflis lui a été donné par les Perfans. Les Georgiens l'appellent Cala, c'eft-à-dire, la ville ou la fortereffe ; cat ils donnent ce nom à toutes fortes de grandes habitations ceintes de murailles. Quelques géographes l'appellent Tehilé Cala, c'eft-à dire, la ville Chaude, à caufe des bains d'eau chaude qu'il y a, ou parce que l'air n'y eft pas fi froid ni fi rude que dans tout le refte de la Georgie. Le tems de fa fondation n'eft pas fort certain: il y a des auteurs qui prétendent, mais avec peu de vraifemblance, , que c'est l'Artaxate des anciens. On trouve dans l'hiftoire, qu'environ l'an 850 de notre ére, un prince Tartare nommé Boga le Grand, ayant envahi le royaume par l'Hicarnie & par la Médie Atropatienne, s'étendit en Georgie, où il mit tout à feu & à fang; & que Tiflis ayant refufé d'ouvrir les portes, il y fit jetter des pommes de pin allumées, qui la mirent aifément en feu, à caufe de la combuftibilité de fes matériaux, & qu'il y périt plus de cinquante mille hommes. Tamerlan s'en rendit maître en 1386. Elle a été en ces derniers fiécles deux fois au pouvoir des Turcs. La premiere fous le regne d'Ismaël, le fecond roi de Perfe, & l'autre fons le regne fuivant, Soliman s'en étant rendu maître, presqu'en même tems qu'il prit la fameufe ville de Tauris. Les tables de Perfe meitent la longitude de Tiflis à 83d, & fa latitude à 43d 5'. On la furnomme encore Dar el Melec, c'est-à-dire, ville royale; parce qu'elle eft la capitale du royaume.

TEFNÉ, riviere d'Afrique. Marmol, dans fa description d'Afrique, t. 1, l. 1, p. 21, dit que c'eft une petite riviere qui fort des montagnes du grand Atlas, près de l'ancienne du grand Atlas, près de l'ancienne Numidie, & court du côté du nord par le défert d'Angued, d'où elle va fe rendre dans la mer Méditerranée, à sept lieues d'Oran du côté du couchant. Elle a fort peu de poisfons, & s'appelle maintenant la riviere d'Aresgol. Prolomée la nomme Siga, & met fon embouchure à 21d de longitude, & à 349 40' de latitude,

TEFTANA, petite ville, dans l'Afrique, au royaume de Maroc, fur la côte de l'Océan, à la pointe du cap que fait le mont Atlas, à quatorze lieues d'Egue-Leguingil du côté du couchant. Elle a un affez bon port pour les petits vaisfeaux, où abordent les marchands de l'Europe. On le nommoit autrefois le port d'Hercule, & Ptolomée le met à 74

30' de longitude, & à 30d de latitude. Cette ville a été bâtie par les habitans du pays, fes murailles & fes tours font de briques & de pierres de taille. Tout auprès il y a une riviere qui entre dans la mer, & c'eft là où les vaiffeaux fe mettent à couvert pendant la tempête. Elle eft environnée de grandes montagnes, où l'on fait paître des troupeaux, & où l'on ferne de l'orge. C'étoit autrefois une république, & où il y avoit une douane, où l'on prenoit dix pour cent de toutes les marchandifes qui entroient & fortoient, & on y chargeoit quantité de cire, de cuirs & d'indigo pour la teinture des laines, ce qui fervoit à l'entretien de la garnison. Elle eft maintenant au chérif, qui y met un gouverneur avec quelques mousquetaires. Le peuple y eft fort blanc, & grand ami des étrangers, à qui il fait plus d'honneur qu'à ceux du pays. Il les loge & les traite fort libéralement. On y nourrit quantité de chèvres, & on a de grands lieux pour y mettre des ruches.

TEFUF, ancienne ville d'Afrique, dans la Barbarie. C'étoit la capitale de la province de Dara ou Darha, dont les rois tenoient leur cour dans cette ville. Elle est maintenant détruite, & on n'en voit plus que quelques ruines. * Dapper, Biledulgerid. p. 207.

TEFZA. Voyez FISTELLE.

TEGAMUS ou TEGANUS, nom que Pline, l. 5, c. 31, & Solin, c. 33, donnent à un des trois canaux qui conduifoient d'Alexandrie à la mer. Saumaife prouve qu'il faut lire, foit dans Pline, foit dans Solin,STEGANUS, & non Tegamus, ni Teganus. Le nom de Steganus ou Zrtɣavov, avoit été donné à ce canal, parce qu'il étoit clos, fortifié & revêtu folidement.

1. TEGAN, ville de la Chine, dans la province de Kiangfi, au département de Kieukiang, cinquième métropole de la province. Elle eft de 1d so' plus occidentale que Pekin, fous les 30d 2' de latitude. * Atlas Sinenfis.

2. TEGAN, ville de la Chine, dans la province de Huquang, où elle a le rang de quatrième métropole. Elle est de 4 10' plus occidentale que Pekin, fous les 31d 51' de latitude. Du tems de l'Empereur Yvus, le territoire de cette ville fut uni à la province de King; & dans la fuite la ville reçut différens noms de divers princes qui y regnerent. La race des rois étant finie, elle reçut d'autres noms : elle fut appellée NANKIUN par la famille Cina; KIANHIA par la famille Hana; GANLO par la famille Sunga; GANHOANG par la famille Tanga, & de fon nom moderne par la famille Sunga. Le territoire de Tegan eft borné au nord par des montagnes, & au midi par des fleuves, qui coupent aufli le pays. On y compte trois temples célébres & fix villes; favoir,

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Il y a une particularité remarquable dans cette province : c'eft de la cire blanche faite par de petits vers, à peu près de la même maniere que les abeilles font leurs rayons; mais ceux que font ces petits vers font beaucoup plus petits & d'une grande blancheur. Ce n'eft point une forte d'infectes domeftiques: on les laiffe dans les campagnes. On fait des bougies de la cire que l'on tire de leurs rayons. Ces bougies font beaucoup plus blanches que les nôtres. Il n'y a que les grands feigneurs qui s'en fervent, parce qu'outre la blancheur, elles répandent en brûlant une odeur agréable; & s'il tombe une goutte de cette cire fur un habit, il n'en eft point taché.

TEGANON, ifle voifine de celle de Rhodes, félon Pline, I., c. 31. Le pere Hardouin lit Steganos au lieu de Teganon; & quelques manuscrits lifent Tergamon.

TEGANUS. Voyez TEGAMUS.

TEGANUSA ou THEGAN USA, car les Grecs écrivent ce nom par un Th: ifle que Pline, l. 4, c. 12, met dans le golfe de Laconic, mais qu'il convient de placer dans le golfe de Meffénie, puisqu'elle eft fituée devant le promontoire Acritas, entre Methone & Corone, deux villes de la Meffénie. Le promontoire Acritas court dans la mer, die Paufanias, Meffen. c. 34, & au-devant eft une ifle déferte nommée Theganufa, Pomponius Mela dit la même chofe, Oenufa & Theganufa contra Acritan; & Ptolomée qui écrit

Thiganufa, la met pareillement dans le golfe de Meffé nie, près du promontoire Acritas qui eft bien éloigné du golfe près de Laconie. Le nom moderne eft Ifola di Cervi, felon le pere Hardouin, qui n'a pas pris garde que Pline avoit mal placé cette ifle, que l'on appelle préfentement Venerica, felon de l'Ile.

TEGARONDIES, grand village de l'Amérique feptentrionale, appartenant aux Iroquois Tfonnontouans, à cinq bonnes journées de marche de Niagara par les bois, au bord du lac de Frontenac.

TEGASE. Voyez TEGAZA.

1. TEGAZA ou TEGAZEL, pays d'Afrique, dans la partie occidentale du royaume de Soudan, à l'orient du de Senega. Marmol, Libye, l. 8, c. 4, en parle royaume ainfi : Tegaza eft comptée pour la feconde habitation de la Libye, & il y a dans ce défert une mine de fel, qui eft de différentes couleurs. C'eft peut-être une des montagnes, qu'Hérodote place entre la ville de Thébes en Afrique & les colonnes d'Hercule. La plupart de ceux qui tirent le fel, font étrangers, & ont leurs cabanes autour des carrieres; les gens du pays ne s'occupent qu'à garder leurs troupeaux. Quand les caravanes vont querir le fel, il y demeure quelques-uns des palefreniers, fur l'espérance du gain, & ils travaillent à la mine, gardant le fel jusqu'à la venue des marchands d'Yça ou de Tombut. Chaque chameau porte quatre pierres de fel, qui pesent fept ou huit cents livres, & avec cette charge ils traverfent des déferts de fablons; mais il y en a d'autres qui portent leur boire & leur manger, fans quoi tous mourroient par le chemin. Ceux qui travaillent aux mines de fel, quoiqu'ils gagnent beaucoup, vivent miférablement; parce qu'ils ne favent à quoi employer leur argent. Il n'y a rien dans ces déferts qu'ils puisfent manger, que ce qui leur vient de Tombut ou de Dara, à deux cents lieues de là par le plus court chemin, & quand les caravanes tardent à venir, elles les trouvent tous morts de faim. D'ailleurs, il fouffle l'été un vent de fud-eft en ces quartiers, qui leur fait quelquefois perdre la vue, & leur caufe une espèce de goutte aux genoux, & les affoiblit. Ajoutez à cela qu'il n'y a point d'eau que celle de quelques puits falés, qui font près des mines; mais malgré tous ces inconveniens & plufieurs autres, il vient des gens de tout pays pour y travailler. * De l'Ifle, Atlas.

1. TEGAZA, ou TAGAZEL, OU TARAGAREL, ville d'Afrique, au pays de Tegaza, entre les montagnes de fel, & les habitations des Oulets de Line Arabes. De l'Ifle, Atlas.

TEGE, ville de l'Afrique propre. Prolomée, l. 4, c. 3, la marque entre les deux Syrtes, près de Butta & de Durga. Hirtius, De Bel. Afric. c. 78, nomme cette ville TE

GEA.

1. TEGEA, ville du Péloponnéfe dans les terres, près du fleuve Alphée, felon Paufanias, qui dit que ce fleuve fe perdoit fous terre dans le territoire de la ville de Tégée. Cette ville fut autrefois confidérable; Polybe en parle beaucoup; mais il ne marque point fa fituation. Il dit néanmoins dans un endroit, que Philippe partit de Megalopolis, & palla par Tégée avec fon armée, pour fe rendre à Argos; ce qui fait conclure que Prolomée l'a mife trop à l'occident, au lieu qu'il devoit la marquer plutôt à l'orient de Megalopolis. Polybe, Excerpt. libri 11, c. 16, dit encore que Philopamen ayant pris d'emblée la ville de Tégée, alla camper le lendemain fur le bord de l'Eurotas. Les Achéens tinrent quelquefois leur affemblée générale dans cette ville durant leur guerre contre les Lacédémoniens. Strabon, 18, fub finem, en parlant de plufieurs villes ruinées par les guerres, diz que Tégée fefoutenoit encore paffablement. Les habitans font appellés Tegeata par Polybe & par Etienne le géographe. Tégée devint dans la fuite une ville épiscopale, & la notice d'Hiérocles la met fous la métropole de Corinthe.

2. TEGEA, ville de l'ifle de Créte. Elle avoit été bâtie par Agamemnon, à ce que difent Velleius Paterculus & Etienne le géographe.

3. TEGEA. Voyez TEGE.

4. TEGEA, ville de la Macédoine. C'est Appien, in SyTiac. qui en parle.

TEGEGILT, lieu dans l'Afrique, au royaume de Fez, fur le bord de l'Ommirabi, affez près du mont Atlas, à mi-chemin de la province de Tedla & de la ville de Fez. C'eft une habitation en forme de village bâti fur les ruines

de l'ancienne ville de Tegegilt, qui étoit, à ce que les hiftoriens difent, fort riche & bien peuplée. On y venoit deux fois l'an de la Gétulie & de la Libye, échanger des dattes contre du froment & des marchandifes. Elle a été longtems déferte depuis fa deftruction; mais des pauvres gens s'y font habitués depuis, qui gardent le bled des Chaviens en de grands creux, moyennant quelque récompenfe & quelques quartiers de terre qu'on leur laiffe labourer aux environs. * Marmol, Royaume de Fez, l. 4, c. 9, p.

145.

TEGENUM, ville de la Lucanie, felon Frontin, cité par Ortelius, qui foupçonne que TEGENUм pourroit être corrompu & mis pour TEANUM.

TEGERANI, peuples de la Germanie. Trithéme, ex fuo Hunibaldo, les place entre le pays des Saxons & le diocèfe de Mayence.

TAGERNSEE, monaftère célébre d'Allemagne, dans la haute Baviere, entre les rivieres Ifer & Inn, & les deux lacs de Schlier & de Tegern dans la gorge des Alpes. Il eft entouré d'une muraille & d'un foffé. L'abbé fe fait fervir comme un prince, & les empereurs lui en ont fouvent donné le titre; il avoit autrefois une cour brillante. Les charges de grand-maître, de matéchal, de chambellan, d'écuyer tranchant, y étoient héréditaires & poffédées par des familles d'ancienne nobleffe. Cette abbaye a été fondée par Albert & Ockart, fils de Hateric duc de Baviere, & de N. fa femme née ducheffe de Bourgogne. Ces deux freres dégoûtés de la vie féculiere, & Öckart particulierement fort touché de la mort prématurée de fon fils, qui avoit été à la cour de Pepin, roi de France, réfolurent d'aller fervir Dieu dans un endroit folitaire & éloigné; ils bâtirent ce monaftère proche du lac de Tegern vers l'an 750, & y prirent l'habit fous la regle de faint Benoît. Leur exemple y attira beaucoup de monde, & on fit des donations fi confidérable à ce monastère, qu'en fort peu de tems on y vit cent cinquante religieux, qui d'une commune voix élurent pour abbé leur fondateur Albert, qui après avoir gouverné faintement ce monastère pendant plufieurs années, y mourut, & fut enterré dans l'églife de ce monaftère, de même que fon frere Ockart. Dans la fuite, Arnolphe le Mauvais, duc de Baviere, chaffa les moines de ce lieu,& y logea fes officiers avec leurs femmes & enfans; mais bientôt après, le bâtiment, avec tout ce qu'il y avoit dedans, fut confumé par le feu. Othon II, empereur & duc de Baviere, le fit rebâtir, y rétablit les religieux & leur accorda plufieurs priviléges. Les abbés de ce monaftère, quoique déchus de leur ancienne fplendeur, confervent encore aujourd'hui dans les assemblées publiques, le rang devant tous les autres abbés de cette province. Zeyler, Topog. Bav p. 81.

*

TEGESSUS, ville de l'ifle de Cypre, felon Etienne le goégraphe. Héfyche, cité par Ortélius en fait un promontoire, mais il écrit Tyres pour Teyerrés.

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TEGESTRA & TEGESTRÆORUM URBS. Voyez TER

GESTE.

TEGETZA. Voyez TEGTEZA.

TEGGIAR-TZAIR, bourg de Natolie où mourut Mahomet en 1481.

TEGIACUM, village de la France, felon Fortunat dans la vie de faint Hilaire.

TEGIANENSES. Il eft fait mention d'un peuple de ce nom dans une ancienne inscription, où on lit ces mots : CUR. REIP. TEGIANENSIUM. Comme on ne connoît point ce peuple, Holften a jugé l'inscription défectueufe. Il croit que la fyllabe Gi eft de trop, & que l'on a écrit TEGIANENSIUM pour TEANENSIUM. Grut. Thefaur. p. 484,

n°. 6.

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TEGIUM, ville de la Troade, felon Pline, l. 5, c. 30. Quelques manuscrits portent TEIUм pour TE

GIUM.

TEGLATENSIS. Voyez TEGULATENSIS. TEGLIO, gouvernement dans la Valteline de la dépen, dance des Grifons. Il eft cenfé la douzième partie de toute la vallée où étoit autrefois le château de ce nom, fur une montagne. Le gouvernement de Teglio eft divifé en trentefix petits départemens qu'on appelle contrées, dont chacune donne un confeiller, & le confeil a deux chefs ou préfidens, qu'ils appellent decani ou doyens, dont l'un eft tiré de la nobleffe, & l'autre de la bourgeoifie. Les principales places de ces contrées font Platea, Befta, Bellamira, S. GiaTome V. Lllllij

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