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ble de Peutinger femble plutôt mettre Tetrapyrgia dans la où une galiote paffoit aifément, en transportant les rames Cilicie que dans la Cappadoce.

2. TETRAPYRGIA. Voyez TAURESIUM. ¿ TETRAPYRGIA on TETRAPYRGIUM, lieu de la Marmarique fur la côte. Strabon, . 17, p. 838, le place auprès de Portus Phycus.

TETRICUS MONS ou TETRICARUPES, montagne d'Italie, dans la Sabine, ou du moins aux confins des Sabins, felon Pline, 1. 3, c. 12. Virgile parle de cette montagne dans le feptiéme livre de l'Eneide, vers 713.

d'un bord à l'autre.

Le château de Tetuan commande la ville. C'est un an-
cien bâtiment uni, qui confifte en deux carrés, dont celui
de dehors eft flanqué de quatre tours; l'autre eft d'une hau-
teur raisonnable & commande le refte. Les murailles font en
très-mauvais état, & ne pourroient pas foutenir la décharge
d'une batterie. Dans des tems d'alarmes, la garnison eft de
cinq cents hommes. Comme ce château eft commandé par
des montagnes, quand on la répareroit, il ne feroit ja-
mais en état de tenir à une attaque faite dans les regles. Les

Qui Tetrica horrentes Rupes, montemque Severum, maifons des particuliers font dispofées de maniere, qu'on
Casperiamque colunt.

Et Silius Italicus, l. 8, v. 418, dit:

.....d Tetrica comitantur Rupe cohortes.

Cette montagne étoit très-escarpée. C'est aujourd'hui, felon Holften, cet aftreux fommet de rochers entre la montagne de la Sibylle & Ascoli, & qui domine fur tous les autres fommets de l'Apennin.

TETRIONENSIS. Voyez DERTON. TETRISIA. Voyez TIRISTRIA. TETSCHEN, petite ville de Boheme, avec un château royal fur l'Elbe, à quatre milles au-deflus de Pirn. On dit faint Wenceslas y a été élevé. Le colonel Copi, commandant fuédois à Eger, prit Tetschen en 1648. C'est une clef du paffage fur l'Elbe.* Zeyler, Topogr. Bohem.

que

p. 79.

TETUAN, ville d'Afrique, au royaume de Fez, fur le bord de la riviere de Cus, à une lieue de la côte de la mer, en remontant la riviere. Elle eft fituée dans une belle plaine, & environnée de vergers. Marmol, Royaume de Fez, 1. 4, c. 36, dit qu'elle a été bâtie par les naturels du pays, & poffédée par les Romains, après par les Goths, & enfuite par les Arabes, qui y équipoient des fuftes de corfaires pour courir les côtes de la chrétienté. Alors elle étoit fort peuplée; mais elle fut faccagée par une flotte de Caftille en 1400, & presque tous fes habitans faits esclaves. Elle demeura déferte l'espace de quatre-vingt-dix ans, jusqu'à ce qu'Almandari, qui paffa en Afrique après la conquête de Grenade, l'obtint du roi de Fez pour incommoder les chrétiens. Il la repeupla, fit réparer fes murailles, & bâtir un château entouré d'un foffé, où il fe retiroit & alloit ravager de là les frontieres de Ceute, d'Alcazar & de Tanger, avec quatre cents cavaliers qu'il avoit amenés d'Andaloufie, & d'autres Maures habitans de ces montagnes: & pour fatiguer les Espagnols par mer, il avoit quelques petits vaiffeaux fur la riviere, & s'en fervoit pour aborder fur les côtes d'Espagne : il fit jusqu'à trois milles esclaves qu'il obligeoit de travailler tous les jours à la bâtiffe de fon château : la nuit il les renfermoit dans de grands cachots avec les fers aux mains. It laiffa pour fucceffeur un petit-fils qui ne fut pas moins brave que lui, & dont les descendans furent tous feigneurs de Tetuan jusqu'en 1567, que la divifion s'étant mife parmi les habitans, ils fe partagerent en deux factions, des Buales & des Buhascenes; celle-ci chaffa l'autre. Sur ces nouvelles, le chérif y envoya des troupes, qui, étant entrées paifiblement dans la ville, fe faifirent du chef qui avoit fait foulever la place, & l'envoyerent prifonnier à Fez, puis chafferent le rette de la faction, & garderent la ville pour le chérif. Elle n'est point forte, n'ayant que des murs de terre aflez bas, & la plupart du foffé rempli; de forte qu'en plufieurs endroits on peut venir de plein pied jusqu'au mur. Hors de la porte du château par où l'on descend au fauxbourg, il y a un cavalier fur une plate-forme garni de quelques pierriers, mais mal montés. La force de la ville confifte en quatre cents bons chevaux, & quinze cents hommes de pied, outre les grenadins qui s'y retirerent depuis la derniere révolte. Il y aborde plufieurs fuftes & galiotes de corfaires d'Alger pour faire leur provifion d'eau & de biscuit, & fe joindre à quelques bâtimens qui appartiennent aux habitans pour courir ensemble les côtes de la chrétienté. Les Espagnols tâcherent en 1564, de rendre leur port inutile en y coulant à fonds deux brigantins & quelques chaloupes chargées de pierres ; mais après leur départ, les Maures retirerent les deux brigantins, enfuite le courant ouvrit un autre paffage près des chaloupes du côté du septentrion,

peut faire le tour de la ville de terralle en terraffe. Il n'y a qu'un feul palais digne de l'attention des étrangers. Il eft bâti fur une petite éminence à l'extrémité de la ville. Au-devant de la maifon fe trouve une magnifique place d'armes, & à l'un des côtés font deux jardins féparés par un grand chemin, qui conduit de la ville au bâtinient. Avant que d'y entrer, on traverfe ane avenue faite en forme de cloître, qui après deux ou trois détours conduit à une trèsfpacieufe place carrée, embellie tout autour de portiques. Au milieu de ce carré eft une fontaine de marbre, dont l'eau fert à fe laver & à donner de la fraîcheur : la place & les arcades font pavées à la molaïque, de même que les va ftes fales qu'on trouve à chaque côté du carré. A tous les angles de ce carré s'élevent quatre tours, dont la hauteur excéde confidérablement le haut de l'édifice. Dans deux de ces tours font de grands escaliers qui menent à un grand appartement haut. Dans les deux autres on rencontre des portes au bas des escaliers, qui conduifent à une mosquée que le peuple n'a pas épargnée dans les mouvemens de fa fureur, difant que le bacha avoit fouillé tous les lieux où il s'étoit trouvé ; & qu'il falloit les détruire entierement Les jardins, le bureau des fecrétaires des dépêches, les cuifines, les écuries, les bains, communiquent au bas du carré. Au deffus des escaliers font les appartemens des femmes. Ils ont une vafte étendue, & regnent au deffus de tous les offices de la maifon. Au haut des degrés eft une galerie fermée d'une balustrade relevée d'une cifelure très délicate & d'une peinture fine, & dont les côtés font revêtus de tuiles peintes. Le pavé des chambres & de la galerie est à la mofaique. Sur chaque côté de cette galerie percent de fpacieux appartemens qu'occupoient quatre femmes légitimes du bacha : le principal confifte en cinq chambres, dont une au milieu des quatre autres a un dôme. Toutes ont des portes par lesquelles on paffe aux bains des femmes, & les femmes esclaves y ont auffi leurs chambres particulieres. Ces chambres ne tirent du jour que par les portes des chambres de dehors, & malgré cela on les bouche encore très-louvent avec des rideaux. Cette grande obfcurité donne beaucoup de fraîcheur & garantit des mouches. Lorsqu'on veut laiffer entrer l'air, il ne faut qu'ouvrir les portes qui font larges & hautes, régnant depuis le plat-fond jusqu'au plancher. Il y a des guichets contre le vent & la pluie. Audeffus de l'appartement des femmes, on a pratiqué une très belle terraffe, qui a la vue fur toute la ville, fur la vallée, fur la riviere, fur le grand chemin & jusque fur la mer. Au haut dans chaque tourette, il y a un belveder à deux étages, avec des treillis où les femmes peuvent travailler & jouir d'une charmante perspective tout autour, fans être expoíées à la vûe. Les jardins répondent à la beauté du bâtiment. On y voyoit de belles allées couvertes de vignes, & par le moyen d'une arcade qui tourne au-deffous du chemin, tous les jardins fe communiquent. Ce palais n'eft pas ancien : il fut bâti par le bacha Hamet, qui avoit un gout exquis pour l'ordonnance d'un bâtiment & pour la dispofition des jardins. Il n'y épargnoit rien, quoi qu'il en pût couter, fans égard à la mifere du peuple; ce qui le rendit fort odieux.

L'édifice & les jardins ne font rien en comparaifon du palais qu'il a fait bâtir au-dehors de la ville. Il est fitué dans une vallée délicieuse, au-deflous des montagnes, fur le bord de la riviere, à environ deux milles de Tetuan. Le canal & le bâtiment n'étoient pas encore achevés quand il fut contraint de fe fauver; & le peuple dans fa fureur détruifit bien des choles. Le bâtiment confifte en deux pavillons carrés; car les Maures ne donnent jamais d'autre forme à leurs édifices pour avoir de la fraîcheur, & n'être pas vus. L'architecture de ces pavillons n'eft pas réguliere, les chambres mêmes font petites; & dans les angles fur les

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côtés regnent des galeries foutenues par des colonnes: ce qui donne du frais & de l'ombre pour le promener dellous pendant la chaleur du jour, & fur le foir un air très-agréable. Au milieu du corps de dehors étoit une fontaine, ce qui eft ordinaire dans toutes les maifons des Maures; & tout étoit pavé de petits carreaux de Hollande. L'autre pavillon a beaucoup plus d'étendue; il faut descendre quelmarches pour y entrer, & il étoit borné par un parterre où l'on avoit épuifé toutes les fineffes de l'art. Au centre un baffin rond femé de pointes ou d'angles faillans, recevoit l'eau qui jailliffoit d'une fontaine à une hauteur raifonnable. Ce baffin profond de près de quatre pieds, fervoit de bain aux femmes du bacha; il étoit enclos dans le pavillon. Un fentier de trois pieds de large formoit la communication des deux corps de logis, & aboutiffoit aux angles & aux côtés du carré, le tout de la hauteur d'enviton quatre pieds. Les côtés & le comble étoient couverts de petites tuiles peintes qui avoient moins de deux pouces en carré. Les vuides des angles étoient comblés de terre qu'on couvroit d'orangers, de limons, de citrons & autres arbres, & les ancres de l'élévation étoient ornés de pots de fleurs. A chaque côté du carré quatre routes oppofées l'une à l'autre conduifoient à la fontaine où il y avoit quelques dégrés à descendre, & en face de chacun étoit une alcove d'où le bacha voyoit baigner les femmes; en face de l'autre pavillon on voyoit la falle des banquets, qui pouvoit avoir cinquante pieds de hauteur. Au-deffus de l'escalier régnoit tout à l'entour un balcon foutenu par des arcades, fous lesquelles on pouvoit fe promener. La chambre au-deflus de l'escalier, dans le côté, étoit grande & haute, le plat fond étoit délicatement cifelé & orné de belles peintures, & le faîte s'élevoit en forme de dôme. La falle des feftins avoit été conftruite de façon qu'elle avoit la vue fur le canal, profond de fix pieds, d'une longueur & d'une largeur prodigieufes, & terraffé au fond. Derriere l'un & l'autre pavillon on voyoit le jardin qui étoit d'une grande étendue. Les allées étoient régulieres & paliffadées de vignes, qui formoient des berceaux fous lesquels on fe promenoit à l'abri de l'ardeur du soleil. A l'un des côtés de ce jardin, il y avoit eu une forêt de diverses fortes d'arbres comme orangers, limons, figuiers, grenadiers, amandiers, palmiers, tamarins, &c. mais le peuple avoit principalement ruiné ce côté là. Au milieu on avoit pratiqué deux treilles, & les murs du jardin étoient baignés par la riviere. On compte à Tetuan une douzaine de demeures de Santons. Ces maifons font des afyles inviolables pour toutes fortes de perfonnes & de crimes, excepté les crimes d'état. De pareilles immunités font abfolument néceffaires dans un gouvernement auffi tyrannique, & elles ont fauvé la vie à une infinité d'innocens.

Les dehors de la ville préfentent une perspective agréable, on ne voit que jardins le long de la riviere, où l'on arrive par plufieurs allées, que des espéces de paliffades faites de rofeaux, rendent impénétrables aux rayons du foleil.

En général, on peut dire que Tetuan eft une des plus agréables villes de la Barbarie. Le commerce des chrétiens a beaucoup civilifé les habitans. Il y a environ cinq mille Juifs établis dans cette ville. Ils font diftribués dans cent foixante-dix maifons, chacune desquelles renferme plufieurs familles. Ils font plus riches à Tetuan qu'en aucun autre lieu de l'empire de Maroc; cependant ils vivent dans une extrême pauvreté, par rapport aux taxes exorbitantes qu'on exige d'eux. Tout le commerce paffe par leurs mains. Ils fervent de courtiers entre les Maures & les chrétiens ; & fi les deux parties intéreffées ne fe tiennent pas fur leurs gardes, elles font presque toujours les dupes de leurs agens. Tous les Juifs parlent ici espagnol, langue qu'ils ne parlent point dans tout autre endroit de la contrée. Ils font d'excelvin, & leur eau-de-vie devient bonne au bout de quel. ques années, pourvu qu'ils n'y mêlent pas trop d'anis en la diftillant. * Hift. des révolutions de l'empire de Maroc,

p. 96.

TETUS, ville de Tartarie, à la droite de la riviere de Zerdik, qui n'eft qu'un bras de la grande riviere de Kama, qui vient du nord-est de la province de Permie, & fe décharge dans le Volga. La ville de Tetus eft éloignée de Cafan de cent vingt Werftes, ou de vingt-quatre lieues d'Allemagne. Elle eft fituée fur une éminence. Les bâtimens, tant publics que particuliers, font affez mal or

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TEUCA, felon Ptolomée, l. 3, c. 5, montagné de la Sarmatie Européenne.

TEUCERA, lieu de la Gaule Belgique, selon la table de Peutinger, fegment. 1, qui le marque entre Teruana & Samarobriva, il y en a qui veulent que ce foit préfentement Thiefures, bourgade de l'Artois fur l'Authie, audeflus de Dourlens.

TEUCHERIA. Voyez ARSINOÉ, no. 15.
TEUCHITANUS. Voyez THENTEOS.

que

TEUCILA, ville T'itinéraire d'Antonin marque au voifinage de l'Arménie ou de l'Euphrate. Elle s'y trouve fur la route de Melitène à Samofate, entre Zimara & Sabus, à feize milles du premier de ces lieux, & à vingt-huit milles du fecond.

TEUCRIA. Voyez DARDANUS.
TEUCRIS. Voyez TROJA.
TEUDASIA. Voyez THEODOSIA.

TEUDERIUM, ville de la Germanie, felon Ptolomée, l. 2, c. 11. Elle étoit voisine de Mediolanium & de Bogadium.

TEVÉ, ou SAINT-MARTIN & SAINT-JULIEN de TEVÉ, lieu de France, dans le Berri, du diocèfe de Bourges, fous l'élection de la Châtre. C'est une châtelienie qui a toujours appartenu au feigneur de Linieres: elle releve de la baronnie de la Châtre. Les habitans font libres, & ont droit de franchise & de bourgeoilie.

TEVECRIT, lieu d'Afrique, au royaume de Trémecen, au pied de grands & âpres rochers, qui aboutillent à la ville d'One, fur la côte de la mer. Les Romains en avoient fait une fortereffe. Les habitans font en petit nombre, pauvres, & ne vivent que d'orge & de millet, & ont quelque lin dont ils font une groffe toile. Les montagnes aux environs font peuplées de Bérebéres, qui vivoient dans une crainte perpétuelle, lorsque les Espagnols tenoient One; ils font à préfent plus en repos. Comme les murailles de cette ville ont de grandes breches en divers endroits, on ne s'empreffe pas d'y aller demeurer.* Marmol, Royau→ me de Trémecen, l. 5, c. 8.

TEVENDEZ, montagne d'Afrique, au royaume de Fez, dans la province d'Hascore. Elle eft fituée vers le midi, à trente-cinq milles de la province de Dara, & fait partie du grand Atlas. Cette montagne porte beaucoup d'orge & de paftel; mais elle ne peut produire de bled. Elle nourrit quantité de chevres & de brebis, quoique fon fommet foit couvert de neiges toute l'année, & qu'il y pleuve rarement.* Dapper, Description du royaume de Fez, p. 137.

TEVERONE, riviere d'Italie, dans la Campagne de Rome, anciennement Anienus ou Anio. Voyez ANIO. Elle prend fa fource aux confins de l'Abruzze ultérieure, & coule d'abord du midi oriental au nord occidental en ferpentant. Elle fair enfuite un grand coude, & après un cours de quelques milles d'orient en occident, elle tourne du côté du midi occidental, pour aller fe jetter dans le Tybre, un peu au deffus de Rome. Dans fa courfe, elle groffit fes eaux de celles de diverfes rivieres allez peu confidérables. Les principaux lieux qu'elle arrofe font Trévi, g. Subiaco, d. Mérano, g. Cantalupo, d. Caftel-Angelo, g. Villa di Vopisco, d. Tivoli, g. Blucano, d. Lunghezza, g. Cervaro, g. Serpentara, d. On trouve dans le fond de cette riviere de petites pierres qui reflemblent fi bien à des anis, aux canelats, aux amandes & aux autres confitures. de cette espéce, que l'on s'en fert quelquefois à table, pour attraper les friands. * Magin, Caite de la Campagne de Rome.

TEVERTON, ville d'Angleterre, (a) dans le Devorshire, (b) fur la riviere d'Ex, à la gauche, dans l'endroit où cette riviere reçoit celle de Leman, à douze milles au-def fus d'Excefter. Teverton députe au parlement, & a droit de marché. (a) Blaeu, Atlas. (b) Etat préfent de la Gr. Bret.

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TEULON, lieu de France, dans la Franche-Comté. Il y a'une abbaye de l'ordre de cîteaux.

TEULLEY-LEZ-LAVONCOURT, en latin Theolocus, lieu de France, dans la Franche-Comté, diocèfe de Befançon. Il y a une abbaye d'hommes, ordre de cîteaux, fille de Morimond. Elle a été fondée le 18 de mars 1130, près de Gray & Autray. Elle vaut à l'abbé environ fix mille cinq cents livres.

TEUMES, fleuve de la Bootie, Héfyche dit qu'il arrofoit la ville de Thébes. Ortélius foupçonne que ce mot cft corrompu de Teumeflus, ou que par contraction on aura dit Teumes pour Teumeffus.

TEUMESSUS, montagne & village de la Bootie. L'un & l'autre étoit, felon Paufanias, 1.9, c. 19, fur la voie militaire, & il ajoute que c'eft le lieu où Jupiter cacha Europe. On y voyoit un temple dédié à Minerve Techlinienne, mais la ftatue de la déelle n'y étoit point. Strabon, tik. 9, p. 409, met Teumeffus dans le territoire de

Thèbes.

TEUOCHIS, lac & ville d'Egypte, felon Etienne le géographe.

de

TEURERT, ville ancienne d'Afrique, au royaume Fez, bâtie au haut d'une montagne, par les anciens Africains, fur les bords du Za. Elle eft environnée de plufieurs terres fertiles en bleds & en troupeaux, qui aboutiffent de tous côtés à des déferts âpres & fteriles, ayant celui de Garet au feptentrion, au midi celui d'Aduhare, celui d'Angued au levant & au couchant, qui va au royaume de Trémecelui de Téfrata. Teurert étoit autrefois l'une des principales villes de la Mauritanie, & celui qui en étoit feigneur tiroit tribut de tous les Arabes & les Bérebéres de ces déferts. Il y avoit plufieurs temples & plufieurs palais, tous bâtis de pierres de taille; mais depuis le regne des Bénimé rinis, elle a été fort incommodée des guerres de Trémecen, à cause des différentes prétentions de ces princes qui la vouloient affujettir pour être maîtres des Arabes, au milieu desquelles elle eft. Autrefois cette ville étoit plus peuplée, parce que plufieurs de fes habitans fe font établis à Tézar & ailleurs pour s'éloigner de la frontiere. * Marmol, Royaume de Fez, liv. 4, c. 7.

·TEURIOCHEME, peuples de la Germanie. Prolomée, lib. 2, c. 11, les place au nord des monts Sudetes. Quelques uns veulent que ce foient les habitans de la Thu

tinge.

TEURISCI, peuples de la Dace, dans la partie feptentrionale de cette contrée, felon Ptolomée, l. 3, c. 8, qui les place entre les Anarti & les Ciftoboci. Ortélius femble croire que ce font les Taurisci.

TEURISTÆ, peuples de la Germanie. Strabon, lib. 7, pag. 393, qui parle de ces peuples, femble les me.tre au voifinage du Danube & des Alpes. Cafaubon croit qu'au lien de Teurifta on doit lire Taurifte.

TEURNIA, ville du Norique, au midi du Danube, feJon Ptolomée, l. 2, c. 14. qui la marque entre Virunum & Idunum. Pline, L. 3, c. 24, nomme autfi Teurnia, entre les villes du Norique. Les modernes ne conviennent pas fur la fituation précife de cette ville. Il y en a qui veulent qu'elle ait été fur le lac de Chimfée, dans la Baviere, parce qu'on y a trouvé une ancienne inscription, où il est fait mention de cette ville:

L. TERENTIO VERO 11 VIRO TEURN.

PR. JUR. DIC.

D'autres, comme Cluvier & le pere Hardouin, la cherchent dans la Carinthie, fur le bord du Drave, dans l'endroit où eft aujourd'hui Villach, fituation qui s'accorde affez avec celle que Ptolomée donne à l'ancienne Teur

nia.

TEURTEVILLE-AU-BOCAGE, bourg de France, dans la Normandie, au diocèfe de Coutance, de l'élection de Valognes. C'est une paroille dont la cure vaut deux mille livres de rente. Il y a deux feigneurs féculiers qui y nom. ment alternativement. Dans cette paroiffe eft le prieuré de Barnavaft, qui appartient aux bénédictins réformés de faint Vigor de Bayeux.

TEUTANIUM. Voyez TITANA.
TEUTATES. Voyez MERCURIUS.

TEUTHEA, bourgade du Péloponnéfe. Strabon, 1.8, p.g. 342, dit qu'on en avoit fait la ville Dyma, & qu'on y voyoit un temple dédié à Diane Némidienne. Cafaubou croit que c'eft la même ville qui eft nommée Teuthis par Etienne le géographe. Voyez TEUTHIS.

TEUTHEAS. Voyez PIERIUS.

TEUTHIS, ville de l'Arcadie. Etienne le géographe & Paufanias, l. 8, c. 28, en parlent. Ce dernier dit que de fon tems ce n'étoit qu'un village; mais qu'autrefois c'étoit une ville, & qu'entr'autres temples on y voyoit ceux de Venus & de Diane.

1. TEUTHRANIA, contrée & ville de l'Afie Mineure, dans la Myfie. Pline, l. 5, c. 30, dit que le Caïus prenoit fa fource dans cette contrée. La ville qui donnoit le nom à la contrée étoit à plus de foixante & dix ftades de Pitana & d'Elæa, en tirant vers Pergame. Etienne le géographe dérive le nom de cette ville de Teuthrante qui régna fur les Myfiens & fur les Ciliciens, comme le dit aufli Strabon. Strabo, l. 13, pag. 6 15.

2. TEUTHRANIA, ville de la Galatie, felon Prolomée, lib. 5, c. 4, qui dit qu'on la nommoit auffi THYMANA. Arrien, I Peripl. pag. 15, la marque entre Ægiali & Carambis, à quatre-vingt-dix ftades du premier de ces lieux, & à cent vingt ftades du fecond.

TEUTHRAS. On trouve ce nom dans Strabon, lib. 6, p. 264, qui femble en faire un fleuve ; mais aucun des anciens géographes n'a connu en Italie un fleuve de ce nom. Properce, lib. 1, El. 11, v. 11, à la vérité parle d'un fleuve appellé Teuthras:

Aut teneat claufam tenui Teuthrantis in unda,
Alterna facilis cedere Lympha manu.

Mais, dit Cafaubon, il paroît que le fleuve dont parle Properce, eft différent de celui de Strabon. Je laisse aux favans, ajoute-t-il, à donner de plus grands éclairciffemens fur ces deux fleuves de même nom.

TEUTHRONE, ville du Péloponnése, sur le golfe de Laconie. Ptolomée, lib. 3, c. 16, la marque entre Cane & Las. Paufanias dit qu'en descendant de Pyrrhicus à la mer, on trouve la ville de Teuthrone; que Teuthras Athénien en étoit regardé comme le fondateur. On rendoit dans cette ville un culte particulier à Diane Ifforienne. Il y avoit une fontaine appellé Naias, & l'on comptoit cent cinquante ftades de Teuthrone à l'extrémité du promontoire Tanarum.

TEUTLUSSA, ifle de l'Afie Mineure, fur la côte de l'Ionie, felon Etienne le géographe. Pintaut croit que c'est la même ifle que Pline appelle Seutlufa.

TEUTOBODIACI, peuples qui, felon Pline, lib. 5, c. 32, s'emparerent avec les Tectofages de la meilleure partie de la Cappadoce.

TEUTOBURGENSIS - SALTUS, bois ou forêt de la Germanie, entre l'Ems & la Lippe, felon Tacite, Annal. cap. 50. Ce bois eft fameux par la défaite des Romains, fous Quintilius Varus, & par la victoire qu'y remporta Charlemagne fur les Saxons. Le nom moderne eft Teute ou Teuteberg, & c'eft une forêt auprès de laquelle il y a encore aujourd'hui un lieu nommé Winfeldt, c'est-à-dire, le champ de la Victoire. Ce quartier s'étend l'espace de quatre cents pas en longueur & de deux cents en largeur jusque près de la forterelle de Falckenburg & de la petite ville de Horn, fur le chemin de Paderbon, à Bylfeld & à Munfter. Quelques-uns lui donnent une plus grande étendue, & y com prennent plufieurs montagnes & diverfes forêts; mais il est conftant que Teutoburgenfis-Saltus eft proprement ce qu'on nomme aujourd'hui la forêt de Dethmold, qui tire fon nom de la ville de Dethmold, comme l'ancien Teutoburgenfis-Saltus tiroit le fien de Teutoburgum, qui est aujourd'hui Dethmold. Voyez DETHMOLD.

TEUTOBURGIUM, ville de la basse Pannonie, felon Ptolomée, l. 2, c. 16, qui la place fur le Danube, entre Lugionum & Cornacum. L'itinéraire d'Antonin la marque auffi fur la route qui prenoit le long du fleuve. Elle étoit entre Cornacum & Murfa, à feize milles du premier de ces lieux, & à égale distance du fecond. Le nom de Teutoburgium femble dire que cette ville avoit été bâtie par les Teu

tons.

TEUTOBURGUM. Voyez DETHMOLD. TEUTONARI. Voyez TEUTONES.

TEUTONES, peuples de Germanie, anciennement alliés des Cimbres, & avec lesquels ils paroiffent n'avoir fait pendant quelque tems qu'un même peuple. Leur nom fe trouve dans la plupart des auteurs anciens, quoique fur une différente ortographe; les uns écrivant Teutones, les autres Teutoni, Theutones, Theuoni ou Theothoni. L'origine de ce nom n'eft pas certaine. Ils pouvoient l'avoir pris de celui de leur dieu Teut ou Theut, & que d'autres nomment Theutas ou Teutas ; à moins qu'on ne dife qu'ils avoient eux-mêmes donné leur nom à leur dieu, comme ils le donnerent à toute la nation des Germains. Ces peuples font connus des anciens écrivains long-tems avant que les Cimbres & les Teutons inondaffent les provinces romaines; mais fous le nom de Codani ou Godani, ce que prouvent les noms de Codani Sinus & de Codania Infula, où étoit la demeure des Teutons, comme l'a fait voir Spener dans fa notice de l'ancienne Germanie, L. 5, c. 2. Pitheas de Marfeille eft le premier qui falle mention des Teutons, fuivant le témoignage de Pline, . 37, c. 2. Pomponius Mela dir que les Teutoni habitoient l'ifle Codanonia que l'on prend alfez communément pour l'ifle de Zélande, dans la mer Baltique. Voyez CODANONIA. Ptolomée, lib. 2, c. II, place des Teutonari, entre les Saxons & les Suéves, & des Teutones, entre les Pharodeni & les Suéves; mais Spener croit que ces Teutonari & ces Teutones font le même peuple, ou que les Teutonari étoient une colonie des Teutons, qui s'étoit établie dans le continent de la Germanie. Il croit auffi que les Theuftes de Jornandès, de Reb. Get. font les Teutons, & que cet auteur a eu tort de les mettre dans la Scandinavie. Quoi qu'il en foit, il eft vraisemblable que les Teutons & les Cimbres, avant d'entreprendre leur grande expédition que Marius fit avorter, envoyerent de fortes colonies dans le continent voifin des ifles & du Cherfonnéfe Cimbrique, où fut leur premiere demeure. On ne fait pas le tems de ces migrations: on voit feulement dans les auteurs, que des corps d'armée de ces deux nations fe répandoient en divers pays, & que des peuples entiers, ayant avec eux leurs femmes & leurs enfans, fe mettoient en campagne tous les printems, pilloient les contrées par où ils palloient, & s'arrêtoient l'hiver dans des camps. Il ne faut pas demander après cela comment une armée qui couroit de pays en pays, pouvoit fe foutenir & fe perpétuer; outre que de petits peuples pouvoient fe joindre à eux pour partager la gloire & le butin, comme firent les Ambrons, les Teugénes & les Tigurins. Après qu'ils eurent été défaits par Marius, le débris de leur armée put retourner dans leur ancienne demeure : du moins voyons-nous que du tems de Ptolomée il y avoit encore des Teutons fur la côte feptentrionale de la Germanie & du golfe Codanus; mais dans la fuite, fi on s'en tient aux hiftoriens Romains, qui connoiffent à peine le nom de Teutons, ces peuples ne firent plus de figure dans le monde. Il eft à croire pourtant qu'ils s'allocierent avec les Saxons & les Danois. Il y en a même qui veulent que les Saxons & les Teutons fuffent le même peuple, qui dans le moyen âge fe fit encore connoître fous des noms différens, comme ceux de Danois & de Normands. Job. Neowaldus, Comm. de antiquis Weftphalie colonis.

*

TEUTOSAGES. Voyez TECTOSAGES. TEUTRIA. Voyez DIOMEDE-INSULA. TEUUKSBURG, en latin Teuukeburia , en latin Teuukeburia, petite ville d'Angleterre, au comté de Glocefter, au confluent de la Saverne & de l'Avon, fur les frontieres du comté de Worcester au midi. Cette ville fait un commerce confidérable par les manufactures de draps: elle eft remarquable par le combat qui s'y donna en 1471, où la maifon de Lancaftre eut tant de malheur. Cette ville eft la Theocicuria des anciens : elle eft à neuf milles au nord de Glocester, à douze de Worcester, & à foixante-dix-neuf de Londres.

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TEUXUNTA. Diodore de Sicile fait mention d'une ville qu'il dit avoir été bâtie par Micythus, roi de Rhegium & de Zanclé.

TEUZAR, ville d'Afrique, dans la Barbarie. De l'ifle la nomme TOUZERA, & la marque dans le Biledulgerid, ou pays des Dattes. Marmol, t. 3, l. 7, c. 54, qui la place dans la Numidie, en parle ainfi : Cette ville fut bâtie par les Romains, fur une petite riviere qui descend de quelques montagnes du côté du midi. Elle a plus de cinq mille feux; mais à en juger par l'étendue des murailles,

dont on voit encore les ruines qui font connoître leur beauté & leur force, & il y en avoit autrefois davantage. Elle fut faccagée par les Mahométans, lorsqu'ils entrerent en Afrique. Ils en uferent avec tant de rigueur, parce que cette colonie romaine avoit voulu leur rétifter. Ils démolirent les riches & fomptueux bâtimens dont elle étoit ornée; & il n'y a plus aujourd'hui que de méchantes maifons faites à la façon du pays; cependant les habitans sont riches, tant en dattes qu'en argent, à caufe des marchés & des foires qui fe tiennent dans leur ville, où les peuples de la contrée accourent pour le trafic. La place eft divifée en deux par la riviere: d'un côté demeurent les anciens habitans & les plus illuftres; de l'autre font les Arabes établis à Teuzar, depuis la prife de la ville. Ils font toujours en guerre les uns contre les autres, & fouvent ils ne vouloient pas reconnoître les rois de Tunis, qui y alloient en perfonne, & les maltraitoient beaucoup, comme en ufa le pere de Muley Hascen, peu de jours avant la mort, & comme font encore aujourd'hui les Turcs, lorsqu'ils vont lever les contributions. TEXAGA. Voyez TERGAZA. TEXALI. Voyez TAIZALI.

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1. TEXEL OU TESSEL, (L'ifle de) ifle des Pays-Bas, dans la Nort-Hollande à l'embouchure du Zuiderzée, à dix-huit lieues d'Amfterdam, & féparée de la pointe de la Nort-Hollande, où eft Helder, , par le canal que l'on nomme Marsdiep, large d'environ trois mille pas. Cette ifle eft petite; mais elle eft une des plus connues de la mer, à caufe du grand abord des navires qui entrent dans le Zuiderzée, ou qui en fortent. Elle a fur la côte méridionale une bonne fortereffe qui fert à la défense de la ville d'Amfterdam, contre les flottes ennemies, & lon port est très-bon & très vafte. C'eft là où s'affemblent ordinairement les vaiffeaux, afin d'attendre le vent, & pour partic en compagnie. Auprès de la fortereffe il y a un bourg du même nom que l'ifle; & outre cela fix beaux villages partagés en plufieurs hameaux. Le terroir eft très-bon, & fes pâurages font très-excellens. On y fait de bons fromages & d'une façon particuliere. L'ifle eft environnée de dunes qui la parent des coups de la mer, & les digues font trèsfortes & d'une prodigieufe hauteur. * Dict. géograph. de Pays Bas. Pays-Bas.

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Ce fut près de cette ifle que Martin Harperts Tromp ce fameux amiral de Hollande, attaqua la flotte angloife commandée par Black, & fut tué dans le combat d'un coup de mousquet, le 8 août 1653. En 1673, il fe donna encore près de cette ifle une bataille navale entre les flottes de France & d'Angleterre, commandées par Robert de Baviere, prince Palatin, vice-amiral d'Angleterre, & par le comte d'Etrées, vice-amiral de France, & la flotte de Hollande commandée par les amiraux Michel de Ruyter & Corneille Tromp, fans qu'aucun parti s'attribuât la

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victoire.

2. TEXEL, ifle de l'Amérique feptentrionale, dans la mer du nord, fur la côte du nouveau Pays-Bas, aujourd'hui la nouvelle Yorck, entre l'ifle Longue & celle de Vlieland. Les Hollandois qui l'ont poffédée lui ont donné le nom qu'elle porte. Aujourd'hui elle appartient aux Anglois. * Baudrand, Dict. édit. 1795.

TEXEUIT ou TAYEUT, ville d'Afrique, au royaume de Maroc, dans la province de Hea. Dapper, dans sa description du royaume de Maroc, dit que cette ville eft fituée dans une plaine entre deux montagnes, & qu'elle eft ceinte d'un mur de pierres de taille.

TEYA, riviere d'Allemagne en Autriche, fe jette dans la Morave: elle fépare l'Autriche de la Moravie.

TEYANG, ville de la Chine, dans la province de Suchuen, au département de Chingtu, premiere métropole de la province. Elle eft de 12d 48' plus occidentale que Pekin, fous les 31d 30' de latitude. * Atlas Sinenfis,

TEYDA, montagne extrêmement haute, dans l'ifle de Ténérife, l'une des Canaries. Corneille, qui cire Hébert Voyage de Perfe, 1. 1, dit que cette montagne a fept lieues de hauteur, & que quand le tems eft ferein, on la découvre de plus de cent vingt lieues à la ronde. Cette montagne, ajoute-t-il, n'eft pas celle qu'on nomme ordinairement le Pic de Ténérif, qui eft beaucoup plus haute.

TEYDER ou AA, felon Corneille & Maty, & TREIDEN, felon de l'Ifle, Atlas, tiviere de la Livonie. Elle

fort de divers lacs du pays de Letten ou Lettie. Ces différens ruiffeaux s'étant raflemblés, ne forment plus qu'une riviere, qui, prenant fon cours du nord oriental au midi occidental, arrofe Wolmer, g. Rop, d. Treiden, d. , g. Rop, d. Treiden, d. Sewold, g. Kremon, d. après quoi elle va fe jetter dans le golfe de Livonie, près de Sernikon, à quelques lieues au nord de la Duna.

TEYN, ville de Boheme. Voyez TEIN. 2. TEYSSE, riviere de Hongrie. Voyez TEISSE, TEYTONG, ville de la Chine, dans la province de Nanking. La relation de l'ambaffade de la compagnie hol landoife à la Chine, marque cette ville fur la route de Canton à Pekin, un peu au-deffous de Nanking.Teytong, dit cette relation, eft fituée derriere une ifle à la droite de la riviere. On la peut voir de deux lieues de loin. C'étoit autrefois une fort belle ville; mais les Tartares qui l'ont prise l'ont réduite dans un état déplorable, & ne lui ont laiffé que trois tours, dont la hauteur marque encore aujourd'hui l'ancienne magnificence de cette ville.

TEZAGA. Voyez TERGAZA.

TEZAR ou TÉZA, ville d'Afrique, au royaume, de Fez, dans une plaine fertile, à feize lieues de Fez, à douze de Dubudu, à vingt-cinq de Mélile, en traverfant le défert de Garet, & à deux de la montagne de Matagara. Marmol en parle ainfi : Prolomée met cette ville à 9d de longitude, & à 33d 10' de latitude, fous le nom de Teyfor. Elle a été bâtie par les anciens Africains, & eft la capitale de la province Cuzt. Il y a beaucoup de nobleffe, & plus de cinq mille maifons habitées; mais ce ne font que de méchans logis faits de terre : les colléges & les mofquées font de pierres de taille. Il paffe à travers de la ville une riviere qui descend de la montagne de Métagara, dont les habitans peuvent détourner le cours, ce qui oblige ceux de Tézar à vivre en bonne intelligence avec eux, & à favorifer leur parti. Il y a en cette ville un grand concours de marchands. Elle fournit le bled à tous les habitans des plaines & des montagnes l'espace de plus de trente lieues d'alentour. Ses rues & fes places font rangées comme dans Fez, & il y a au milieu une grande mosquée avec trois colléges. On y voit une juiverie compofée de plus de cinq cents maifons, & tout auprès une belle fortereffe où eft le palais du prince Abdulac. Depuis que le premier roi des Bénimérinis partagea cette province entre fes parens, le fecond fils du roi de Fez a toujours eu cette place pour fon apanage, comme étant un féjour très-agréable l'hiver & l'été ; l'air en eft fain, & le pays fertile. Aufli les rois des Bénimérinis y paffoient la plus grande partie de l'été, à caufe de la fraîcheur de l'air. Le chérif y entretient une garnifon à caufe des Arabes qui y viennent tous les ans des déferts de la Numidie, acheter du bled, ou le troquer contre des dattes, & qui incommodent fort les habitans. Ce fut à Tézar que le chérif Mahamet attendit Muley Buaçon & Salarrès, quand il eut avis qu'ils venoient pour l'attaquer. La plupart des habitans font riches & fe piquent de valeur. Il y a aux environs, dans les vallons, beaucoup de jardinages, qu'on arrofe de l'eau des fontaines qui descendent des montagnes, & qui portent de meilleurs fruits de Fez. Il y a auffi de grands vignobles fur les côtes; les Juifs y font le meilleur vin de toute la Mauritanie. * Marmol, Royaume de Fez, l. 4, c. 3, p. 300.

que ceux

TEZCUCO, ville de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle Espagne, fur le bord du lac de Méxique. Elle étoit presque égale à la ville de ce nom du tems de Cortez & des premiers conquérans. Quand Cortez s'en approcha avec fon armée, quatre des principaux habitans allerent le trouver, pottant une verge d'or & un petit drapeau en figne de paix : ils lui dirent que leur feigneur Coacuacoyocin les envoyoit pour le prier de ne point faire de dégat dans leur ville, où il feroit très-bien reçu avec les troupes. Cortez, appréhendant quelque trahifon, poursuivit fon chemin, & avança à Quahutichan & à Huaxuta, qui étoient alors des fauxbourgs de Tezcuco, & qui ne font plus préfentement que de petits villages féparés; il y fit renverfer les idoles, & entra dans la ville, où il occupa une grande maison qu'on lui avoit préparée. Tous les Espagnols & une partie des Indiens qui le fuivoient y logerent avec lui. Les Espagnols étant montés fur le foir dans les galeries de cette maifon pour voir la ville, apperçurent un grand nombre d'habitans, qui s'enfuyoient avec leurs meubles, les uns vers les montagnes, les autres vers

le bord de l'eau, où il y avoit du moins vingt mille petits bateaux qu'ils remplirent. Cortez ayant fçu que Coacuacoyocin, alors roi de Tezcuco & des bourgades voifines avoit pris la fuite, fit venir plufieurs habitans, qui étoient demeurés dans la ville, & leur dit que puisque leur roi les avoit abandonnés, il leur offroit en la place un jeune gentilhomme iffu d'une noble maifon du pays, qui l'avoit ac. compagné; qu'il étoit fils de Nizavalpicinthi, qu'ils avoient toujours aimé, & qu'ayant été baptifé, il avoit reçu le nom de Ferdinand au baptême. Le bruit de ce changement s'étant répandu, plufieurs de ceux qui avoient fui retournerent à Tezcuco, où ils furent traités favorablement par leur nouveau prince, qui demeura toujours fidéle aux Espagnols. Deux jours après que dom Fernand eut été fait roi de Tezcuco & des territoires qui en dépendent, & qui s'étendent jusqu'aux frontieres de Tlaxcallan, Cortez eut avis que les Mexiquains venoient l'attaquer, mais il alla au devant d'eux & les mit en fuite. Il rentra enfuite dans la ville, fit revenir toutes fes troupes, qu'il avoit disperfées en divers lieux, & fe prépara à faire le fiége de Méxique. Il fit faire un canal d'une demi-lieue de long, de douze ou treize pieds de large & de deux toifes de profondeur. Cet ouvrage, où l'on employa cinquante jours quoique quatre cents mille hommes y travaillaffent fans aucun relâche, a confervé la renommée de la ville de Tezcuco jusqu'à présent, outre qu'elle eft encore fameufe parmi les Espagnols, à caufe qu'elle eft la premiere qui ait été gouvernée par un roi chrétien; cependant le nombre des habitans eft bien petit en comparaison de ce qu'il étoit autrefois. Le canal étant achevé l'on calfeutra les brigantins avec du coton & des étoupes. Il y en a qui difent que faute de fuif & d'huile, on fut obligé de fe fervir de la graiffe de ceux des ennemis qui étoient tués dans les forties que l'on faifoit du Méxique tous les jours pour empêcher cet ouvrage. Les Indiens, qui étoient accoutumés à facrifier des hommes, les ouvroient après leur mort, afin d'en tirer la graiffe. Lorque les brigantins eurent été mis à l'eau Cortez fit la revue de fes gens, & trouva neuf cents Espagnols, dont il y en avoit quatre-vingt-fix à cheval & cent dix-huit armés d'arbalètes & d'arquebufes; tout le reste avoit des épées, des poignards, des lances & des hallebardes, avec des cottes de maille & des corfelets. Le nombre des Indiens étoit de plus de cent mille. Tous ces grands préparatifs fait dans Tezcuco pour le fiége de Méxique, font connoître combien elle étoit grande & puiffante dans ce tems-là, puisqu'elle pouvoit fournir toutes les chofes néceffaires à tant de gens. Ce n'eft plus aujourd'hui que le chef-lieu d'un petit gouvernement, où réfide d'ordinaire un gouverneur Espagnol envoyé d'Espagne, & dont le pouvoir s'étend jusqu'aux frontieres de Tlaxcallan & de Quacocingo, & fur la plupart des petits bourgs & villages de la plaine, qui formoient autrefois un royaume, & ne fourniffent pas à préfent plus de mille ducats par an au gouverneur. Dans Tezcuco même, il n'y a pas aujourd'hui plus de cent Espagnols & trois cents Indiens qui y habitent, dont les richelles viennent des herbes & des falades de leurs jardins, qu'ils chargent tous les jours dans leurs canots pour les porter à Méxique. Ils retirent auffi quelque argent de leurs cédres, qu'ils y transportent pour fervir aux bâtimens ; mais les Espagnols en ont beaucoup ruinés par le grand nombre qu'ils en ont abattu pour bâtir leurs magnifiques maifons. Pamphile de Narnaez accufa Cortez d'avoir employé fept mille poutres de cédre dans un feul palais. Il y avoit autrefois à Tezcuco des vergers, où l'on voyoit plus de mille de ces arbres qui fervoient de clôture; quelques-uns avoient cent vingt pieds de hauteur & douze de grofleur. Préfentement on ne trouve pas cinquante cédres dans les plus confidérables de ces vergers. Thomas Gage, Relation des Indes occidentales, I part. c. 13.

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TEZEFARA, ville d'Afrique, felon Ccorneille, qui cite Marmol ; mais Marmol écrit TEFEZARA, & non TEZEFARA. Voyez TEFEZ ARA.

TEZEL CARAON, ou LATANI, riviere de Syrie, se jette dans la mer Méditerranée, près des ruines de Tyr.

TEZELA, ville fort ancienne d'Afrique, au royaume de Trémécen, à fix lieues d'Oran. Elle eft fituée dans une grande plaine, qui a plus de fept lieues de long. Abuhascen, quatrième roi des Bénimérinis, la ruina, lorqu'il fai

foit

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