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4. THEODOSIOPOLIS, ou PEPERINES, fiége épiscopal de la province d'Afie, felon la notice de Léon le Sage, qui le met fous la métropole d'Ephèse.

à la dignité de ville, en l'appellant THEODOSIOPOLIS: changement qu'on apporte aux chofes, on ne change pas l'empereur Anaftale en fit une ville égale à celle de Dara, ailément les noms auxquels les hommes font accoutumés. l'entoura de fortes murailles, & la mit en état d'incom- La muraille de cette ville étoit affez large; mais la hauteur moder autant les Perfes que Dara. Elles étoient toutes n'étant que de trente pieds, ne répondoit pas à la largeur, deux fort propres à faire des courfes fur leurs terres. Il y a & ainfi la muraille n'étoit pas en état de foutenir un fiége, dans l'Arménie, ajoute Procope, Perfic.l.1, 6. 17, à qua- fur-tout s'il étoit mis par les Perles. De plus elle n'avoit aurante-deux stades de Theodoliopolis, du côté du fepten- dehors ni murailles ni follé, & elle étoit commandée par trion, une montagne, qui n'eft pas des plus roides, & qui une hauteur voifine. Juftinien s'avifa premierement d'y faire produit deux fources, d'où fortent deux grands fleuves, creufer un follé fort profond, & femblable à ceux que l'Euphrate & le Tigre; mais Procope, remarque de Tour- creufe la chute d'un torrent entre deux montagnes. Depuis nefort, Voyage du Levant, t. 2, p. 117, n'a pas connu les il fit couper des rochers, & tailler des précipices & des fources de ces fleuves, qu'il fait fortir de la même mon- abysmes; & afin que la muraille fût d'une hauteur extraortagne. Strabon a été mieux fondé à dire que les fources de dinaire, & tout-à-fait imprenable, il y fit faire des fortifi ces fleuves étoient éloignées de deux cents cinquante milles cations femblables à celles de la ville de Dara. Il fit boucher ou de deux mille cinq cents ftades. On croit alfez commules créneaux de la muraille, & n'y laiffa que l'ouverture nénément qu'Erzeron eft l'ancienne ville de Théodofiopolis : cetfaire pour tirer. Outre cela il fit élever une galerie à l'enla chofe néanmoins ne paroît pas trop aflurée, à moins tour, & mettre d'autres créneaux par-deffus. Il fit auffi tirer que l'on ne fuppofe, comme cela fe peut, que les habitans par dehors une feconde muraille, & y ajouta tant d'autres d'Artze fe fullent retirés à Théodofiopolis, après qu'on fortifications, que chaque tour pouvoit paller pour une peeut détruit leurs maifons. Cédrene rapporte que fous l'em- tite fortereffe. Enfin, il y établit une garnifon & un chef pereur Conftantin Monomaque, qui mourut vers le mi pour la commander; de forte que les Arméniens ne poulieu du onzième fiécle, Artze étoit un grand bourg plein de voient plus appréhender que les Perfes les attaquaffent de richeffes, habité par les marchands du pays, & par plu- ce côté-là. fieurs autres marchands ou facteurs fyriens, arméniens, & autres de différentes nations, qui comptant beaucoup fur leur grand nombre & fur leurs forces, ne voulurent pas fe retirer avec leurs effets à Théodofiopolis, pendant les guerres que l'empereur eut avec les Mahometans. Théodofiopolis étoit une grande & puiflante ville, qui pafloit pour imprenable dans ce tems-là, & qui étoit fituée proche d'Arize. Les infidéles ne manquerent pas d'affiéger ce bourg, les habitans fe défendirent vigoureufement pendant fix jours. Abraham, général des alliégeans, voyant leur opiniâtre résistance, & appréhendant que la place ne fût fecourue, y fit mettre le feu, facrifiant un fi riche butin à La réputation. Cédrène affure qu'il y périt cent quarante mille ames, ou par le fer ou par le feu. Les maris, dit-il, fe précipitoient dans les flammes avec leurs enfans. Abraham y trouva beaucoup d'or & de ferremens que le feu n'avoit pu dévorer. Il en fit fortir plufieurs chevaux & autres bêtes de fomme. Zonare raconte à peu près la même chofe de la deftruction d'Artze, mais il ne parle pas de Théodofiopolis. Ces auteurs affurent feulement qu'Artze étoit fans murailles, & que fes habitans en avoient fortifié les avenues avec du bois. Comme la place fut réduite en cendres, & que ce paffage eft abfolument néceffaire pour le commerce, il y a beaucoup d'apparence que le refte de ces pauvres habitans, & les marchands étrangers, qui s'y vinrent établir dans la fuite, pour ne pas tomber dans un pareil malheur, fe retirerent à Théodofiopolis, qui en étoit près, fuivant Cédrène.

Les Turcs, à qui peut-être le nom de THEODOSIOPOLIS parut trop long & trop embarraffant, donnerent le nom d'Artzerum à cette place, c'est-à-dire, Artze des Grecs ou des chrétiens; car, Rum ou Ramili, fignifie en langue turque la Romaine ou la terre des Grecs. Ils diftinguent la Romelie ou Rumili en celle d'Europe & en celle d'Afie, ainsi d'Artzerum on a fait Arzerum, & Erzerum, comme prononce la plupart des Francs.

Il ne faut pas confondre cette ville de Theodofiopolis avec une autre de même non, qui étoit fur le fleuve Aborras, dans la Méfopotamie. Voyez l'article fuivant ; mais elle pourroit bien être la même que THEODOSIA. Voyez THEO DOSIA, no. 3.

2. THEODOSIOPOLIS, ville de la Méfopotamie, fur le bord du fleuve Aborras. Le tems ayant tellement détruit les murailles de cett eville, qui fervoit de ce côté-là comme de rempart à l'Empire, qu'au lieu de donner quelque aflurance aux habitans, elles les tenoient dans une appréhension continuelle. Juftinien les répara en divers endroits, & arrêta, par ce moyen, les incurfions que les Barbares faifoient en Méfopotamie. * Procop. Edific. 1. 2, c. 5.

3. THEODOSIOPOLIS, ville de la grande Arménie. Procope, Edific. l. 3, c. 5, dit: Lorsque Théodofe devint maître du royaume d'Arface, il bâtir fur une colline un fort qu'il appella de fon nom. Comme ce fort étoit aifé à prendre, Cavade le prit en paffant & en allant à Amide. Anastafe fonda depuis une ville dans laquelle il renferma la colline & le fort. Quoi qu'il fît pour lui donner fon nom, il ne pur lui ôter celui de fon premier fondateur. Car, quelque

5. THEODOSIOPOLIS, où THEODOSIOPOLIS-NOVA, fiége épiscopal de la Thrace, felon la lettre des évêques de cette province à l'empereur Léon. Cette lettre se trouve dans le recueil des conciles.

6. THEODOSIOPOLIS, fiége épiscopal d'Egypte, dans la province d'Arcadie. La notice de Léon le Sage met ce fiége fous la métropole de Xyrinchus ; & celle d'Hiéroclès le marque fous la métropole de Cyno.

7. THEODOSIOPOLIS, fiége épiscopal d'Egypte, dans la premiere Thébaïde, fous la métropole d'Antino, felon la notice de Léon le Sage, & fous celle d'Hermui ou d'Hermai, felon la notice d'Hiéroclès.

8. THEODOSIOPOLIS, fiége épiscopal de l'Afie pro confulaire. La notice d'Hiéroclès le marque fous la métropole d'Ephèse.

9. THEODOSIOPOLIS, fiége épiscopal d'Afie, dans l'Osrhoène. La notice d'Hiéroclès mer ce fiége fous la métropole d'Edeffe. Cette Théodofiopolis pourroit être celle que Procope place dans la Mefopotamie, fur le fleuve Aborras. Voyez THEODOSIO POSIS 2.

10. THEODOSIOPOLIS, ou APRUS. Voyez APROS. Cette ville étoit métropole, & avoit fous elle les évêchés fuivans:

Ortros,
Mazituni ou Ma-
zinimi,
Agiamaria,

Maurocaftron,
Axieri ou Axirri,
Tarola ou Carosa,
Politimos.

THEON-HOCEMA. Voyez DEORUM-CURRUs. THEON-SOTER. Voyez SOTERUS. THEON-TRAPEZA. Voyez ASTYPALEA. THEONONTATE, pays de l'Amérique feptentrionale dans la nouvelle France, fitué à la côte occidentale du lac des Hurons. Ce pays étoit autrefois habité par beaucoup de Hurons, dans le commencement de nos colonies; c'elt où le pere de la Roche d'Aillon, recollet, avoit établi la miffion des Hurons; mais depuis, les Iroquois ont détruit ces Hurons, & ruiné ce pays qui étoit très-peuplé.

THEOPHANES. Voyez THESP ANIS.

THEOPHILA, ville de l'Inde, en-deçà du Gange. Ptolomée, . 7, 6. 1, la marque au nombre des villes qui étoient à quelque diftance de ce fleuve, du côté de l'occident.

THEOPOLIS. Voyez ANTIOCHE, N°. I. THEOPROSCOPON. Voyez THEUPROSEPON. THEOSANG, bourg des Indes orientales, dans l'ifle de Formofe, fur la côte. Rechteren, dans fon voyage aux Indes orientales, qui fe trouve dans le recueil de ceux de la compagnie des Indes, formée dans les Provinces-Unies

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5, p. 190, dit que quand un habitant de ce bourg est dangereulement malade, & qu'il fouffre de grandes douleurs, on lui met un noeud coulant autour du col : on l'en

leve enfuite comme fi on le vouloit jetter ; on l'étrangle ainfi, & on le laiffe retomber afin de faire ceffer plus promptement fa douleur par une prompte fin de fa vie.

THER, felon Corneille, & THEO, ou THEOL, felon Coulon, riviere de France, p. 310, & Jaillot, Atlas, riviere de France, dans le Berri, élection d'Ifloudun. Elle a fa fource dans un lieu nommé Fontheols, à quatre lieues au midi d'iffoudun, & après s'être jointe à la riviere de Tournemine, près d'Iffoudun, elle va fe jetter dans l'Arnon, à Reuilly.

1. THERA, isle de la mer de Créte, & l'une des Spora des. Pline, l. 2, c. 87, dit que cette ifle fe forma la quatriéme année de la cent trente-cinquiéme olympiade, ce qui répondroit à la cent cinquième année de Rome; mais il y a faute certainement dans cet endroit de Pline: car l'ifle de THERA exiftoit long tems avant' cette olympiade, comme on le voit par le témoignage d'Hérodote, qui nous apprend qu'elle fut nommée CALLISTE, ou l'ifle très belle. Cadmus la trouva fi agréable, qu'il voulut y laiffer Membliarès, fon patent, avec des Phéniciens pour la peupler. Le même auteur, Paufanias, l. 3 & 7, & Strabon, 18, affurent que Theras, descendant de la race de Cadmus, donna le nom de Thera à cette ifle; qu'impatient de la vie privée qu'il menoit à Lacédémone, il pafla dans l'ifle de Callifte, après avoir eu la régence du royaume de Sparte, fous la minorité de fes neveux Eriftène & Proclès, fils de fa fœur Argia, veuve d'Ariftodème. Callifte étoit alors occupée par les descendans de Membliarès, dont il vient d'être parlé. The ras prit poffeffion de l'ifle, accompagné d'une partie des Minyens qui s'étoient fauvés des prifons de Lacédémone par l'habileté de leurs femmes. Ces Minyens venoient de quelques-uns de ces fameux héros, qui avoient fuivi Jason dans la Colchide. A leur retour ils s'arrêterent à Lemnos, où leur postérité retint le nom de Minyens, dont on ne connoît pas la généalogie. Quoi qu'il en en foit, ces Minyens ne furent pas les plus forts à Lemnos : les Pélasgiens, autres peuples de Grèce, les chafferent. Dans cette trifte fituation ils le préfenterent à Lacédémone, où ils furent fi bien reçus, qu'on leur diftribua des terres, on leur permit d'époufer des Lacédémoniennes, & on maria leurs femmes à des Lacédémoniens: comme les Minyens descendoient de héros vagabonds & ambitieux, on s'apperçut bientôt qu'ils en vouloient à l'autorité fouveraine. La-delfus ils furent arrêtés & condamnés à mort; heureufement pour eux, on attendoit la nuit à Lacédémone pour faire mourir les crininels. Leurs femmes ayant obtenu des magiftrats la grace de voir leurs maris, avant qu'on les exécutât, elles changerent d'habit avec eux dans les prifons. Les hommes fortirent déguifés en femmes, pendant que les femmes refterent dans les prifons déguifées en hommes.

Hérodote, de qui ce conte est tiré, nous a conservé les noms des deux descendans de Theras, qui regnerent dans cette ifle; favoir, Aëfanius & fon fils Grynus. Ce dernier alla confulter l'oracle de Delphes, fuivi des plus illuftres perfonnes de Thera, parmi lesquelles étoit Bartus, fils de Polymnefte, ou de Cyrnus, homme de qualité, fort eftimé parmi les Minyens. L'oracle répondit qu'il falloit aller bâtir une ville fur les côtes de la Libye, & la prêtrefle leur montra Battus. Cette ordre fut négligé ; les Minyens ne favoient pas même où étoit la Libye; mais la féchereffe qui dura fept ans dans Thera, & qui fit mourir tous les arbres à l'exception d'un feul, obligea le roi de retourner à la prêtreffe, qui ordonna une feconde fois qu'on fit bâtir une ville en Libye. On fut contraint d'obéir; & ce fut l'origine de Cyrène, patrie du poëte Callimaque. Strabon, l. 1, P. 57, qui place l'ifle de Thera entre Créte & l'Egypte, ne donne à Thera que vingt-cinq milles de tour, & affure qu'elle eft d'une figure affez longue. Il faut que les chofes foient bien changées depuis ce tems. Thera fe trouve fituée entre l'ifle de Candie & les Cyclades. Elle a trente fix milles de tour, & fa figure repréfente affez bien un fer à cheval. A l'égard de fa fituation, il faut corriger le paffage de Strabon, par celui de fon compilateur Etienne, & lire Κυνκρίας au lieu de Kupnyaías; car Etienne le géographe place l'ifle de THERASIA entre la Créte & la Cynurie, quartier du Péloponnése, appartenant aux Lacédémoniens, & fouvent disputé entre les Argiens & les Lacédémoniens. Il n'eft pas étonnant qu'elle ait pris la figure d'un croiffant, car il eft arrivé une multitude de changemens autour de cette ille. Thera, outre fon changement de figure,

a acquis onze milles d'étendue plus qu'elle n'avoit du tems de Strabon, mais elle a perdu toutes fes belles villes. Hérodote affure qu'il y en avoit fept, & l'ifle devoit être puiffante, puisqu'il n'y eut que Thera & Melos, qui, dans cette fameule guerre du Péloponnéfe, oferent fe déclarer pour les Lacédémoniens contre les Athéniens, dont toutes les autres ifle de Grece fuivirent le parti.

On prétend que cette ifle & quelques autres du voisinage font forties du fond de la mer. Voyez le détail de ces changemens au mot SAN, à l'article SANT-ERINI, qui eft le nom moderne de cette ifle, & dont on a fait SANTORIN. Le P. Richard, jéfuite, dit qu'elle eft au 564 de longitude, & au 37° & demi de latitude nord. Elle a au midi l'ifle de Candie, dont elle eft éloignée d'environ quatre-vingt-dix milles,, elle a autour d'elle, à diverfes diftances, les ifles d'Amorgos, Therafiejos & Namphio. Ptolomée la met mal-à- propos, proche des côtes de l'Autique, au-desfous de l'ifle de l'Eubée; il y place les villes d'Ocao & Eleusme.

2. THERA, ifle que Prolomée, l. 3, c. 15, place au-delfous, ou au midi de l'Eubée, fub Eubœa; mais on voit par les deux villes qu'il lui donne, que cette ifle eft la même que celle dont il eft parlé dans l'article précédent. Voyez THERA, n°. I, & au mot SAN, l'article SANT-ERINI.

3. THERA, ville de l'Afie Mineure, dans la Carie, felon Ptolomée, l. 5, c. 2, qui la marque entre Ilymus & Pyftus. Ortelius croit que c'est la même qu'Etienne le géographe place dans la Carie.

4. THERA, ville qu'Etienne le géographe donne aux Rhodiens. Il en fait une ville différente de celle qu'il met dans la Carie, & il ajoute qu'elle étoit située dans un lieu fort bas.

5. THERA, ville de la Sogdiane, felon Etienne le géographe.

THERACUM, ville d'Egypte. Il en eft fait mention dans la notice des dignités de l'Empire, fect. 20, où on lit: Cohors prima Lufitanorum Theraco. Ortelius foupçonne que Theracum pourroit être corrompu d'Hieracum.

THERADES INSULÆ, ifles dont parle Athenée. Son interpréte Jacques Dalechamp, juge qu'Athenée par The rades infula entend les ifles THERA & THERASIA.

THERÆ. Paufanias, l. 3, c. 20, dit qu'on donnoit ce nom à l'espace de terre qui fe trouvoit entre le temple Taletum & la forêt Euoras, dans la Laconie.

THERALA. Voyez THARELA.

THERAMBUS, ville de Macédoine; elle eft placée par Hérodote, par Hérodote, l. 7, n°. 123, dans la péninfule de Pallene.

1. THERAMNE, THERAPNÉ, ou THERAPNA, ville du l'éloponnéfe, dans la Laconie, au voifinage de Sparte. Paufanias, Lacon. c. 20, Paufanias, Lacon. c. 20, fait entendre que pour aller de Sparte à Therapné, il falloit traverfer le fleuve Eurotas. Paufanias donne à THERAPNE le titre de ville; mais Suidas fe fert fimplement du nom du lieu, & le scholiafte de Pindare, Od. 1, v. 43, en fait un village. Ce dernier ajoute qu'il y avoit un temple dédié à Caftor & Pollux. C'eft à quoi Stace, Silvar. l. 4. Carm. 8, v. 52, fait allufion dans

ces vers:

Et vos Tyndaride, quos non horrenda Lycurgi,
Taygeta; umbrofaque magis coluere Therapna.

Ce même poëte Thebaïd. l. 7 ; v. 793, parlant de Caftor & de Pollux, les appelle Therapnai Fratres. Les poëtes difent que Jupiter ordonna que ces deux jumeaux pafferoient alternativement un jour dans le ciel, & un autre au deffous de la terre; & c'étoit fous Therapné qu'ils fe cachoient. Ainfi cette fiction poëtique s'étoit mêlée à l'aftronomie ; &, pour rendre une raifon ingénieufe du lever & du coucher des deux étoiles appellées Caftor & Pollux, les anciens ont dit qu'elles fortoient de l'hémisphere inférieur, du côté de Therapné, qui eft véritablement vers l'horizon oriental de Lacédémone, & que par le mouvement diurne, elles s'élevoient à la plus haute partie du ciel. En effet, il ne s'en faut de cinq à fix degrés qu'elles ne foient verticales, & dans le Zenith de Lacédémone. Therapné étoit encore celébre pour être le lieu où Diane avoit été adorée pour la premiere fois. On y voyoit un temple confacré à Ménélas, qui y avoit été enterré avec Hélene. Comme cette belle Lacédémo nienne y avoit été élevée, les poëtes l'ont appellée la NymTome V. Vuuuu ij

que

phe de Theraphné.* La Guilletiere, Lacédém. ancienne & nouvelle, liv. 4, p. 319, & fuiv.

On voit les ruines de Therapné à une portée de mousquet de l'Enokorion, gros fauxbourg de l'ancienne Lacédémone, qui s'étendoit jusques-là dans le tems qu'elle étoit dans fa fplendeur. Auprès de ces ruines il y a deux ou trois fontaines fur le grand chemin. On les nomme aujourd'hui fimplement Vryfis; & ce font apparemment celles que Paufanias appelle Meffeys & Polideucea. A la main droite de The rapné on trouve deux ou trois chapelles de caloyers, qui font fur une des collines du Portais ou Taygetus:vraisemblablement c'étoit l'ancienne bourgade Alefias, où le prince Mileta, fils du roi Lelex, inventa l'ufage des meules de moulin & trouva le fecret de moudre le bled.

Il y en a qui croyent que THER APNE eft le véritable nom de cette ville, & que THERAMNE ou THERAMNE font corrompus.

2. THERAMNÆ, ville de la Lycie, felon Lutatius Placidus, l. 3, Thebaid. cité par Ortélius. Il ajoute qu'elle étoit confacrée à Apollon.

1. THERAPNÆ, ville de l'ifle de Créte, felon Pline, 4. 4, c. 12. Solin en fait aufli mention.

2. THERAPNÆ, lieu quelque part fur l'Océan Atlanti que, in Orphei Argonaut.

THERAPNÉ. Voyez THERAMNÆ, no. 1.

& de la Theffalie, vers les Thermopyles, felon Hérodote, 17, n°. 123 & 127.

1. THERMÆ, lieu de Sicile, fur la côte méridionale de l'ifle, felon Pomponius Mela, l. 2, c. 7, qui le marque après Héracléa, en avançant d'orient en occident. Pline, l. 3, c. 8, qui écrit THERMÆ, donne à ce lieu le titre de colonie. Les fources d'eau chaude qui avoient donné le nom de Therma à ce lieu, font appellées aqua Larode, par l'itinéraire d'Antonin, qui les marque à quarante milles d'Agrigentum. Ces bains fubfiftent encore. On les trouve au voilinage de la ville Sciacca ou Xacca.

2. THERMÆ, bains de l'Attique, au voifinage de la ville de Corinthe, felon Xénophon, cité par Ortélius.

3. THERMÆ. Voyez THERMUS.

4. THERMÆ-HIMERA. Voyez au mot Himera, l'arti cle HIMERA-THERMA.

5. THERMÆ-STYGIANÆ. Voyez au mot BAGNI, l'article BAGNI-CERETANI.

THERMÆUS-SINUS, golfe de la mer Egée, fur la côte de la Macédoine. (a) On le nomme (b) auffi Thermaïcus Sinus, & ce nom, comme le premier, vient de celui de Therma que portoit anciennement la ville de Thesfalonique, quoiqu'il y en ait qui diftinguent Therma de Thesfalonique. Ce golfe qui s'avance beaucoup dans les terres,

THERASIA. Voyez THERA & au mot SAN, l'article mouille la péninfule de Pallène, la Paraxie, la Chreftonie

SANI-ERINI.

THERBITZA. Voyez THERMITZA.
THERCOLA, lieu que Curopalate, cité par Orté-
Orté-
lius, met auprès d'Hierapolis & apparemment dans la
Syrie.

THEREBINTHE. Voyez TEREBINTHE.

THEREIN, THARAIN, OU TEREIN, en latin Tara, riviere de France, dans le Beauvoifis. Voyez Terain.

THERENUS, fleuve de l'ifle de Crete, felon Diodore de Sicile. Ce fleuve couloit près de Gnofia, où l'on a dit qu'avoient été célébrées les noces de Jupiter & de Junon.

THERGUBIS, ville de la Méfopotamie, felon Prolomée, l. 5, c. 18. Elle étoit dans les terres.

THERIACE, lieu qui produit une forte de vin très agréable.C'eft Ortélius qui en parle, d'après Dionys. Uticenfis, Agriculture, l. 5, c. 2.

THERIMONTE. Voyez NicOSEA.

THERIODES. Hérodo:e, liv. 4, n°. 181, & Ptolomée donnent à la Libye cette épithete grecque, qui veut dire abondante en bêtes farouches; & Ptolomée, l. 7, c. 3, la donne encore à un golfe de la Chine.

THERIONARCE, ifle de l'Afie mineure, dans la Doride. Pline, l. 5, c. 31, la place près de Gnide.

THERIS, abbaye d'hommes, ordre de faint Benoît, en Allemagne, dans la Franconie, au diocèfe de Bamberg.

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1. THERMA, bourgade de Sicile, felon Etienne le géographe, qui lui donne le titre de bourgade fur le témoignage de Philifte, . 3, parce que du tems de ce dernier elle n'avoit pas encore le titre de ville. Ce ne fut que dans la fuite que les Romains y établirent une colonie à laquelle ils donnerent le nom de Therma Himera. Voyez au mot HER MA l'article HIMERA-THERMÆ.

2. THERMA, bains de l'Afie mineure, dans la Bithynie. Etienne le géographe dit qu'on les appelloit THERMA PYTHIA. Ces fources d'eau chaude étoient apparemment au voifinage d'Aftacum; car le même Etienne le géographe met Pythium près du golfe Aftacène. Procope, 1.5, Ædif. c. 3, fait mention de ces bains. Dans un endroit appellé PYTHIA, il y a, dit-il, des fources d'eau chaude, d'où plufieurs perfonnes,& principalement les habitans de Constantinople, tirent un notable foulagement dans leurs maladies. Juftinien lailla en cet endroit des marques d'une magnificence toute royale, en y faifant bâtir un fuperbe palais, & un bain pour l'ufage du public. De plus, il y fit conduire par un canal tout neuf, des eaux fraîches, afin de tempérer la chaleur des autres.

3. THERMA, ville de la Cappadoce. Elle eft marquée dans l'itinéraire d'Antonin, fur la route de Tavia à Céfarée, entre Tavia & Soanda, à dix-neuf milles de la premiere de ces places, & à vingt-huit milles de la fe

conde.

4. THERMA, ville située aux confins de la Macédoine

la Mygdonie, la Bottiée, la Pierie, la Perrhébie & la Magnéfie, ce qui a fait que Pline l'a nommée par excellence le golfe de Macédoine: Sinus Macedonius. On l'appelle préfentement GOLFE DE SALONIQUE ou golfo di Salonichi. (a) Pomponius Mela, 1. 2, c. 3. (b) Plinius,

1.

4, C. 10.

THERMASTIS, lieu voifin de Conftantinople, felon Pierre Gylles dans fa description du Bosphore de Thrace.

THERMAX, municipe de l'Attique. Suidas le donne à la tribu Erechtheide.

THERME ou THERMA, ville de Thrace, felon Suidas. C'est la même qu'Etienne le géographe, Apollodore & Thucydide mettent dans la Macédoine. Elle étoit fur le golfe Thermaus auquel elle avoit donné le nom. Voyez THERMAUS-SINUS, & THESSALONIque.

THERMENÆ, ville de la premiere Cappadoce; il en eft fait mention dans le fixiéme concile de Conftantinople, cité par Ortélius.

THERMENSES MAJORES PISIDIÆ, peuples dont il eft parlé dans une inscription rapportée dans le tréfor de Goltzius, p. 500 & 501. L'ortographe du mot Thermenfes varie quelquefois dans cette inscription, où on lit tantôt TERMENSES, tantôt THERMESES. Voyez TER

MISSUS.

THERMERIA, lieu voifin de Conftantinople, felon Pierre Gylles dans fa description du Bosphore de Thrace.

que

THERMES, mot françois formé du latin THERMÆ, & dérivé du grec Open, qui fignifie chaleur. Tite-Live, 7. 36, c. 15, en décrivant le Pas des Thermopiles, dit ce lieu étoit nommé par les uns PYLA, & par d'autres THERMOPYLE, parce qu'on trouvoit des eaux chaudes dans l'endroit le plus refferré entre les montagnes. Les Romains par cemot THERMA entendoient des bains d'eau chaude; & onl'appliqua tellement aux édifices où étoient ces bains, qu'il s'étendit même jusqu'à ceux où l'on fe baignoit dans de l'eau froide.

Les Thermes eurent rang parmi les édifices les plus fomptueux de l'ancienne Rome: on s'y lavoit l'hiver avec de l'eau tiède, quelquefois avec des eaux de fenteur, ou, par une autre forte de molleffe, on faifoit feulement fentir à fon corps les vapeurs chaudes de l'eau. L'hiver on s'oignoit le corps avec des huiles & des parfums de prix ; & l'été, après être forti du bain tiéde, on alloit fe rafraîchir dans de l'eau froide.

Les Thermes étoient fi vaftes, qu'Ammien Marcellin, 1. 16, c. 6, pour donner une idée de leur grandeur, les compare à des provinces entieres, in modum provinciarum extructa Lavacra. Ce qui nous refte encore aujourd'hui de quelques anciens Thermes, nous fait juger de leur étendue prodigieufe.

Le nombre de ces Thermes étoit auffi furprenant à Rome que leur grandeur. Publius Victor dit qu'il y en avoit plus

Balnea poft decimam laffo, centumque petuntur Quadrantes, &c.

de huit cents, & Pline le jeune, 1. 4, epift. 8, dit qu'ils s'é- a fait illufion à cette forte d'exaction, quand il a dit toient augmentés à l'infini: Que nunc Roma ad infinitum auxere numerum. Les empereurs les firent d'abord bâtir pour leur ufage particulier, enfuite il les abandonnerent au peuple & en firent bâtir pour lui. Outre les Thermes où l'on ne payoit rien, il y en avoit d'autres qui fe donnoient à ferme, & de plus les principaux citoyens avoient des bains particu

liers chez eux.

Ces Thermes étoient accompagnés de divers édifices & de plufieurs piéces & appartemens. Il y avoit de vaftes réfervoirs où le raffembloit l'eau par le moyen des aqueducs; des canaux qu'on avoit ménagés fervoient à faire écouler les eaux. Les murailles des réfervoirs étoient fi bien cimentées, que le fer avoit de la peine à rompre la matiere employée à la liaison des pierres. Le pavé des Thermes comme celui des bains, étoit quelquefois de verre, le plus fouvent néanmoins on y employoit la pierre, le marbre, ou des piéces de rapport qui formoient un ouvrage de marqueterie de diffé. rentes couleurs.

La description des Thermes de Dioclétien qui nous a été donnée par André Baccius, fournit une idée complette de la grandeur & de la magnificence romaine dans ces fortes d'ouvrages; on y voit entr'autres un grand lac dans lequel on s'exerçoit à la nage; des portiques pour les promenades, des bafiliques où le peuple s'affembloit avant que d'entrer dans le bain, 'ou après en être forti, des appartemens où l'on pouvoit manger, des veftibules & des cours ornées de colonnes, des lieux où les jeunes gens faifoient leurs exercices, des endroits pour fe rafraîchir, où l'on avoit pratiqué de grandes fenêtres afin que le vent y pût entrer aifément; des lieux où l'on pouvoit fuer, des bois délicieux plantés de planes & autres arbres; les endroits pour l'exercice de la courfe, d'autres où on s'affembloit pour conférer enfemble, & où il y avoit des fiéges pour s'affeoir; des lieux où l'on s'exerçoit à la lutte; d'autres où les philofophes les rhéteurs & les poëtes cultivoient les fciences par maniere d'amufement; des endroits où l'on gardoit les huiles & les parfums; d'autres où les lutteurs fe jettoient du fable l'un fur l'autre, pour avoir plus de prise sur leurs corps qui étoient frottés d'huile.

L'ufage des Thermes, comme celui des bains, étoit très. ancien à Rome. Les peuples de l'Afie en donnerent l'exemple aux Grecs, & ceux-ci le transmirent aux Romains, qui avoient des Thermes avant que les médecins Grecs euflent mis le pied à Rome : époque que l'on rapporte à l'an 535 de la fondation de Rome, fons le confulat de L. Emilius & de M. Licinius. Homere, Odyff., v. 248, compte l'ufage des Thermes, ourpá Opa, au nombre des plaifirs honnêtes de la vie.

Semper autem nobis conviviumque gratum, Citharaque,
Chorique,

Veftesque mutatoria, lavacraque calida & cubilia.

Plaute décrit dans les deux vers fuivans les exercices auxquels on formoit la jeuneffe dans les Thermes.

Ibi curfu, luctando, hafta, disco, pugilatu, pila, Saliendo, fefe exercebant magis quam fcorto aut faviis. C'étoit une des fins qu'on s'étoit propofées dans l'établiffement des Thermes. Par ces exercices on augmentoit la force des jeunes gens, on leur donnoit de l'adreffe & on les inftruifoit dans les fciences. Une autre vue que l'on avoit eue, c'étoit la confervation de la fanté, & peut-être la volupté y entra-t-elle auffi pour quelque chose.

J'ai déja dit qu'il y avoit des Thermes où l'on entroit librement & fans qu'il en coutât rien, & que dans d'autres il falloit payer; du refte la fomme que l'on donnoir étoit modique; on en étoit quitte pour la plus petite piéce de monnoie, comme Juvenal le remarque dans fa fixiéme fatyre:

Cadere Sylvano porcum, & quadrante lavari.

Cette piéce pourtant ne fuffifoit pas lorsqu'on venoit trop tard, c'est-à-dire, après les dix heures, il falloit alors payer, felon le caprice des perfonnes préposées, pour le fervice des Thermes. Martial, l. 10, épigr. 70,

Les Ediles avoient inspection fur les Thermes, & fous eux étoient plufieurs miniftres inférieurs, de forte que l'ordre y regnoit, malgré l'entiere liberté que l'on y trouvoit. Il n'y avoit aucune diftinction pour les places.

D'abord les bains des hommes & des femmes n'étoient point communs : mais cette indécence arriva fous les mauvais empereurs. Cependant les endroits où chaque fexe fe baignoit étoit féparé. Agrippine, mere de Néron, fit faire un bain, destiné uniquement à l'ufage des femmes ; elle fut imitée par d'autres. L'empereur Adrien ordonna que les bains des femmes fuffent féparés de ceux des hommes.

Le fignal pour venir aux bains & pour en fortir, fe donnoit au fon d'une cloche; s'y l'on s'y rendoit un peu tard on couroit risque de n'avoir que de l'eau froide pour fe baigner; c'eft ce que fignifient ces deux vers de Martial 1. 14, epigr. 163.

Redde pilam :fonat as Thermarum ; ludere pergis?
Virgine vis fola, lotus abire domum.

L'heure pour entrer dans les Thermes, étoit, felon Pline, l. 3, c. 1, la huitiéme heure du jour en été, & la neuviéme en hiver. Martial, l. 14, epigr. 8, femble dire la même chofe dans ce vers.

Sufficit in nonam nitidis octava Palaftris.

Et Spartien, in Adriano, nous apprend que l'empereur Adrien défendit qu'on fe mît dans le bain en public avant la huitiéme heure. Galien, De fanitate tuenda, l. 5, rapporte qu'un certain philofophe nommé Primigène, étoit attaqué de la fiévre le jour qu'il manquoit de fe baigner. L'ufage des bains étoit quelquefois interdit, fur-tout à l'occafion d'un grand deuil ou d'une calamité publique, comme nous le voyons dans Tite-Live & dans Suétone. S. Clément d'Alexandrie, Pedag. l. 3, c. 5, dit que les nobles faifoient porter aux bains des draps de toiles trèsfines, & des vafes d'or & d'argent fans nombre, tant pour l'ufage du bain que pour celui du boire & du manger. Entr'autres uftenfiles, on s'y fervoit de petites étrilles d'or ou d'argent. C'eft à quoi Perfe fait allufion, quand il dit:

I, puer & ftrigiles Crispini ad balnea defer.

Les malades, au lieu d'étrilles, fe fervoient d'éponges. On pratiqua des Thermes à Rome & dans les principales villes de l'empire. La lifte en feroit trop longue; d'ailleurs j'en ai parlé fous les articles auxquels ils appartien

nent.

THERMEUSIS, ifle de la mer Egée, felon Ortélius, qui cite Pline. On trouve effectivement le mot Thermeufim dans quelques exemplaires de Pline, l. 4, c. 12, mais c'est un mot corrompu, comme le pere Hardouin l'a remarqué dans les manuscrits qu'il a confultés, & qui au lieu de Thermeufim, Irrhefiam, lifent Thermeus (Sinus) Irrhesiam. Ainfi il eft question du golfe Thermeus, & nullement d'une ifle nommée Thermeufis.

1. THERMIA. Voyez PHLIUS. 2. THERMIA. Voyez. THERMIE.

THERMIDA, ville de l'Espagne Tarragonnoife. Prolomée, l. 2, c. 6, la donne aux Carpétains. Au lieu de Thermida, le manuscrit de la bibliotheque palatine porte Thermeda. C'est aujourd'hui Rajas. Voyez ce mot.

THERMIDAUA, ville de la Liburnie. Elle eft placée dans les terres par Prolomée, l. 2, c. 17. Magin lit Thermidana pour Thermidana.

THERMIE ou THERMIA, ifle de l'Archipel, l'une des Cyclades, entre l'ifle de Zia au nord & celle de Serfante au midi. Tournefort, Voyage du Levant, t. 1, p. 125, la met à vingt-cinq milles de Syra, de cap en cap; mais, ajoute-t-il, il y a plus de quarante milles d'un port à l'autre; car, pour entrer dans le canal de Thermie, il faut faire presque le tour de la moitié de Syra. On ne compte, par la même raifon, que douze milles de Thermie à Zia, Vuuuu iij

quoiqu'il y en ait bien trente-fix milles d'un port à l'autre. Le voifinage de Thermie à Zia, ne permet pas de douter que Thermie ne foit l'ifle de Cythnos, puisque Dicæarque, de ftatu Grecia, la place entre Céos & Sériphus. Il en fortit un grand peintre, qu'Euftathe, ad Dionyf. Perieg. appelle Cydias, & les anciens, fuivant Etienne le géographe & Julius Pollux, eftimoient les fromages de Cythnos: c'est encore dans cette ifle que fut rejetté par la tempête le faux Néron, esclave, grand joueur de luth & grand mufiçien, accompagné d'une troupe de gens de fa forte, armés & foulevés, comme Tacite, Hift. l. 2, c. 8, nous l'apprend. L'ifle de Thermie n'eft pas escarpée comme la plupart des ifles de l'Archipel, fon terroir eft bon & bien cultivé: on y recueille peu de froment, beaucoup d'orge, affez de vin & de figues pour les habitans; mais fort peu d'huile. On prétend que la foie de cette ifle eft aufli bonne que celle de Tine; il eft vrai qu'elle s'y vend fans coque, au lieu qu'à Tine, on y en laille beaucoup. Celle de Thermie vaut ordinairement un écu la livre, quelquefois cent fols, & même jusqu'à deux écus, ce qui apporte un profit corfidérable au pays. Le refte du négoce y confiite en orge, en vin, en miel, en cire, en laine; le coton fe travaille dans l'ifle, pour l'ufage des habitans: on y fait ces voiles. jaunes dont les femmes des illes fe couvrent la tête; c'est une espéce de gaze allez jolie. Il y a à Thermie une fi prodigieufe quantité de perdrix, qu'on en porte des cages remphies dans les ifles voifines, où elles ne fe vendent que deux parats, c'est-à-dire, trois fols la piéce: mais on y voit peu trois fols la piéce: mais on y voit peu de lapins & point de liévres: pour du bois, il n'en faut point parler, on n'y brule que du chaume. Les habitans de cette ifle font tous du rite grec, excepté dix ou douze familles latines, dont la plupart font des matelots François, qui n'ont qu'une pauvre chapelle dans la maifon de campagne du conful. L'évêque Grec y eft fort à fon aife, & a plus de quinze ou feize églifes dans le feul village de Thermie. La principale eft dédiée au Sauveur, fort jolie & bâtie tout au haut du lieu. La plupart des monaftères font abandonnés, excepté deux fous le nom de la Vierge, & autant fous celui de S. Michel Archange..

Le principal village de Thermie en porte le nom; l'autre, qui n'eft pas fi grand, fe nomme Silaca; les deux enfemble contiennent fix mille ames. Les habitans de toute l'ifle, payent ordinairement mille écus pour la capitation, & pour la taille réelle on leur fait payer environ fix mille écus. Le port de Saint-Erini, à deux milles du village, eft commode pour les vaiffeaux marchands, de même que celui de S. Etienne, qui eft du côté de Silaca : celui-ci regarde le fud-fud eft ; mais l'entrée du premier eft entre le nord-nord-eft & le nord-eft.

Outre les puits qui font aux environs des villages, l'isle ne manque pas de fources : les plus remarquables font les eaux chaudes dont l'isle a tiré fon nom. Ces eaux font dans le fond d'un des culs-de fac du port, au nord-est à droite en entrant. La principale fource bouillonne au pied de la colline, dans une maifon où l'on va laver le linge, & où les malades viennent fuer; les autres fources fortent à quelques pas de là par petits bouillons, & forment un ruilleau qui va fe rendre dans la mer, d'où l'on croit que toutes ces eaux viennent parce qu'elles font falées. Elles blanchiffent l'huile de tartre, & ne caufent aucun changement à la folution du fublimé corrofif. Les anciens bains étoient au milieu de la vallée. On y voit encore les reftes d'un réfervoir bâti de briques & de pierres, avec une petite rigole, par

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, par le moyen de laquelle l'eau du gros bouillon fe diftribuoit où l'on vouloit. On trouve auffi dans cette ifle les ruines de deux anciennes villes Hebreo Caftro & PaLeocaftro. HEBREO-CASTRO, ou la Ville aux Juifs, eft au fud-oueft fur le bord de la mer & fur le penchant d'une montagne, auprès d'un port où il y a un petit écueil. La magnificence & la grandeur de fes ruines frapent & annoncent que c'étoit une puiffante ville, & celle même dont Dicæarque, de ftatu Gracia, a fait mention. Parmi ces ruines on remarque trois belles cavernes creufées à pointe de cifeau dans le roc, & enduites de ciment, pour empêcher que les eaux de la pluie ne s'écoulaffent par les fentes: les reftes des murailles bâtics de gros quartiers de pierres de taille en zig zac, & comme en pointe de diamant, font conjecturer que ce font les ruines de l'ancienne citadelle. On n'y découvre aucune inscription qui donne le nom de la ville. On remarque auffi un fort beau tombeau de mar

bre, presqu'à moitié enterré, & orné de bas-reliefs. Il y a auffi quelques autres tombeaux de pierres du pays; c'eft un méchant granit qui fe délite facilement. Il rette un terme de marbre allez maltraité, dont la draperie paroît fort belle. PALEO-CASTRO eft dans un autre quartier de l'ifle, & n'eft pas fi ruinée que Hebreo Caftro; mais on n'y trouve ni marbres, ni aucuns reftes de magnificence. En récompenfe on y obferve de très belles plantes, fur-tout un arbufte, dont le bois eft recherché par les Turcs, pour faire les poignées des fabres. On prétend que l'on compte encore dans cette ville cent une églifes, parmi lesquelles il y a, à la vérité, plufieurs chapelles. Tournefort fit avec fon cadrand univerfel les remarques fuivantes:

Serpho eft au fud de Thermie.
Serphopoula au sud-est.

Siphanto entre le fud-eft & le fud-fud-eft.
Le Milo refte du fud au fud-fud-oueft.

qui

Le nom de THERMIE vient du grec ΘΕΡΜΟΣ fignifie Chaud. De THERMIA, on a fait par corruption FERMIA & FERMINA.

THERMISSA. Voyez DIDYME I.

THERMITZA, lieu fortifié aux environs de Theffalonique, & dans la Macédoine apparemment. C'est Cédréne qui en parle. Ortelius dit que Gabius, interpréte de Curopalate, nomme ce lieu Therbitza.

1. THERMODON, Heuve de la Cappadoce. Prolomée, l. 5, c. 6, marque fon embouchure dans le PontPolémoniac. Ce fleuve eft fameux, fur-tout chez les fent fur les bords. Virgile, Æneid. l. 11, v. 659, en a poëtes, parce qu'ils vouloient que les Amazones habitasparlé,

Quales Threicia quum flumina Thermodontis
Pulfant, & pictis bellantur Amazones armis.
Properce, lib. 3. Eleg. 14,
dit:

Qualis Amazonidum nudatis bellica mammis
Thermodonteis turba lavatur aquis.

Et Valerius Flaccus, l. 4. Argonaut. verf. 600.

Quid memorem, quas Iris aquas, quas torqueat Ancon?
Proxima Thermodon hic jam fecat arva: memento.
Inclyta Amazonidum, magnoque exorta Gradivo
Gens ubi.

Dans les livres latins, dit Cellarius, Geogr. ant. L. 3, c. 8, le nom de ce fleuve fe trouve fouvent augmenté d'une fyllabe, & on lit Thermodoon pour Thermodon. Il ne décide pas que ce ne foit une faute, il fe contente de dire: cette orthographe n'eft pas la meilleure, verum minus rectè : car, ajoute-t-il, les Grecs écrivent conftamment la feconde fyllabe par un • Θερμώδων ; ce qui empêche qu'en latin on ne puifle lire Thermodoon; parce que par-là la feconde fyllabe deviendroit breve..

2. THERMODON, fleuve de Scythie. L'auteur du livre des fleuves & des montagnes dit que ce fleuve fe nommoit auparavant Cryftallus. Ortelius croit que ce fleuve Termodon eft le même que le précédent; & il dit qu'Euftate a penfé la même chose.

THERMOPOLIS, ville aux environs de l'Illyrie, felon Ortélius, qui cite Procope, Perfic. lib. 2.

THERMOPYLES ou PYLES, paffage de foixante pas de largeur, entre la Phocide & la Thellalie. Divers lacs, outre la mer de Locride & le mont Oeta, embarraffoient encore cette espéce de défilé, que Philippe nommoit la Clef de la Grece.* Les Phocéens, voulant avoir une barriere facile à garder, contre leurs implacables ennemis les Theffaliens, bâtirent une muraille aux Thermopyles, unique voie qui conduifoit de Theffalie en Phocide. Les ouvertures laillées dans cette muraille, pour ne pas entierement boucher le chemin, s'appellerent Пa, Portes; à quoi quelques bains chauds d'alentour firent ajouter precí chaudes, & de ces deux mots fe fit le mot de THERMOPYLES. Quoiqu'on donne communément foixante pas de largeur à ce paffage, il y a des endroits où une voiture peut à peine pafler; ce qui a fait qu'Erodote, .7, c. 166, a appellé ce détroit autres mourn. Il ajoute que la montagne, qui forme le paffage des Thermopyles, du côté de l'occident, eft très escarpée, & que la mer inonde une partie du chemin du côté de l'orient. C'eft près de ce défilé qu'on

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