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les Emanuel I, duc de Savoye, qui les fonda. Il y a aufsi au milieu de la ville une maifon des clercs de faint Paul ou de barnabites, qui ont le collège pour l'inftruction de la jeuneffe; on y voit encore des minimes, des capucins dont le couvent eft hors de la ville; des urfulines, des religieufes de la Vifitation & des filles de l'Annonciation de la fainte Vierge. Le magiftrat établi pour l'administration de la justice, s'appelle Majeur, & l'appel de fes fentences fe porte devant le fénat de Chambery. Les Bernois, (b) quand ils étoient maîtres d'une grande partie du Chablais, avoient introduit leur religion dans le pays, & principalement à Thonon. Les habitans perfévérerent plufieurs années dans la religion proteftante, après que le pays eut été rendu aux ducs de Savoye; enfin, ils la quitterent & embrafferent de nouveau la religion catholique, à la perfuafion du faint évêque de Geneve François de Sales. (a) Theatr. Sabaud. (b) Longuerue, Descr. de la France,

part. 2, p. 325.

THOPHEL, lieu dont il eft parlé dans le Deuteronôme, c. 1, v. 1. Moife parla à tout le peuple d'Ifraël, audeçà du Jourdain, dans une plaine du défert, vis-à-vis de lamer Rouge, entre Pharan, Thophel, Laban & Haferoth où il y a beaucoup d'or.

THOPO ou THоPHO, ville fortifiée dans la Judée, par Bacchides. Il en eft parlé dans le premier livre des Machabées, c. 19, 50. C'eft la même que Taphua. Voyez TAPHUA, & c'eft la même que Jofeph, Antiq. l. 13, appelle TOCHOA.

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THOR, petite ville & port de mer fur la mer Rouge, au pied & au couchant du mont Sinaï, dont elle est éloignée d'environ cinquante milles. On montre à une lieue de Thor un jardin où il y a douze fontaines & plufieurs palmiers. On croit que c'eft cet endroit que l'Ecriture Exod. 15, 27, nomme Elim, & où il avoit douze fontaines & foixante-dix palmiers; les fontaines s'y voyent encore, mais elles font devenue ameres, & il y a à préfent plus de deux mille palmiers. Il n'eft parlé de Thor dans aucun paffage de l'écriture. C'eft en cet endroit que quelques-uns mettent une montagne de pierres d'aimant, qui attiroient, dit-on, les vaifleaux où il y avoit du fer, & leur faifoit faire naufrage, à quoi l'on remédioit, en les joignant avec des chevilles de bois fans fer. Quelques auteurs attribuent cela à la montagne d'Almandabe, fur les côtes d'Ethiopie, au commencement de la mer Rouge, du côté du midi. Les modernes n'ont reconnu cette vertu attractive, ni fur la côte de Thor, ni au cap d'Almandabe; & il y a apparence que tout ce qu'on en dit eft fabuleux. Dom Calmet, Dict.

1.

THORA, ville d'Italie, dans la Campanie. Il en eft parlé dans Florus, L. 3, c. 20.. Cependant il y a des éditions qui portent Chora, au lieu de Thora; l'un n'eft, je crois, guères plus connu que l'autre.

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THORE, peuples de la tribu Antiochide felon Etienne le géographe. Spon, dans fa lifte des bourgs de l'Attique, dit que Thora étoit un lieu maritime entre Phalére & Sunium,

THORAS, petite ville de France, dans le Gevaudan. 1. THORAX, ville de l'Etolie. C'eft Etienne le géographe qui en fait mention.

2. THORAX, montagne de la Magnefie, felon Diodore de Sicile, l. 14, & Strabon, l. 14, p. 647. C'eft fur cette montagne qu'un certain grammairien nommé Daphitas, fut crucifié, pour avoir attaqué les rois de Pergame dans ces vers,

Πορφύρεοι Μώλωπες ἀποῤῥινήματα γάζης
Λυσιμαχε Λυδῶν άρχετε καὶ Φρυγίης.
Purpurea vibices, fcobs limataque gaza
Lyfimachi, Lydos & Phrygiam regitis.

THORBERG, bailliage de la Suiffe, du canton de Berne. C'étoit autrefois un monaftère de chartreux, fondé en 1397, par un gentilhomme de ce nom, qui donna toute fa terre pour ce deffein. Depuis la réformation, les Bernois en ont fait un bailliage, qui eft riche en bled. La chartreuse a été convertie en château, pour la réfidence du bailli. Il eft fitué avantageufement fur une hauteur, dans un endroit affez fauvage, & à deux lieues de Berne, à côté du chemin de Burgdorff.* Etat & delices de la Suiffe, t. 1,

P. 166.

THOREN ou THORN.

THORHOUT, bourg & château des Pays-Bas, dans la Flandre, à quatre lieues d'Oftende au midi, en allant vers Courtrai, dont il n'eft guères qu'à trois lieues. C'étoit autrefois une grande ville. * Baudrand, Dict.

THORICUS, bourg de l'Attique, dans la tribu Acamantide, étoit fitué entre Sunium & Potamus, appellé maintenant Porto-Rafty. On trouve cette inscription à Athenes, dans le jardin d'Huffein Bey.* Spon. Liste de l'Autique, p. 344.

ΠΡΑΧΙΚΛΗΣ

ΕΥΦΡΟΝΙΟΥ ΤΟΝΩ ΔΕ ΚΑΛΛΙΚΡΑΤΟΥ ΘΟΡΙΚΙΟΥ,

Pline, l. 4, c. 7, met un promontoire nommé Thoricus ou Thoricos, près du promontoire Sunium; ainfi le bourg THORICUS étoit apparemment près du promontoire de

même nom.

THORIGNÉ, bourg de France, dans l'Anjou, élection d'Angers.

1. THÖRIGNY, petite ville de France, dans la Champagne, élection de Sens.

2. THORIGNY. Voyez TORIGNY. THORINGIA. Voyez TURINGI.

1. THORN ou TOORN, en latin Torunium, Turunia ou Turxea, ville de Pologne, dans la partie méridionale du palatinat de Culm, (a) fur la Viftule, à la droite, un peu au-deffous de l'endroit où cette riviere reçoit le Dribancz. (b) Cette ville bâtie de briques, & avec affez de régularité, eft défendue du côté de la campagne d'une double enceinte de murailles, flanquées de tours à vingt pas les unes des autres, qui, à ce que quelques-uns prétendent, ont occafionné fon nom. Cette double enceinte, qui régne du côté de la campagne, eft couverte d'une fortification moderne. La riviere paffe presque au pied des murailles de l'autre côté. Elle y forme,vis-à-vis, une petite ifle au milieu du canal, & cette ifle fait comme une place d'armes entre les deux moitiés du pont. Le pont de cette ville eft remarquable par fa longueur, qu'on dit être de mille fept cents foixante-dix aunes. Thorn eft partagée en deux villes, l'ancienne & la nouvelle. La nouvelle eft plus belle, mieux bâtie, & ses maisons sont plus hautes. (a) Zeyler, Topog. Pruff. p. 50. (b) Andr. Cellarius, Descript. Poloniæ. Mém. du chevalier de Beaujeu, p. 135.

Cette ville n'eft pas ancienne; on ne fait guères remonter fon origine au-delà de l'an 1231 ou 1232, elle fut d'abord libre. Les chevaliers de l'ordre Teutonique s'en emparerent, & y bâtirent une fortereffe. Les Polonois l'affiégerent pendant huit femaines, en 1410, & y donnerent plufieurs affauts fans pouvoir l'emporter. Ils y re mirent le fiége en 1439, avec auffi peu de fuccès; enfin, en 1454 les habitans fe voyant traités trop rudement par les chevaliers Teutoniques, fe mirent fous la protection des Polonois. Les habitans escaladerent la forterefle & la ruinerent. Le grand maître ellaya en vain de la reprendre en 1462 & 1463. Les rois de Pologne ont accordé à la ville de Thorn plufieurs priviléges, & ils font fi grands, qu'ils fe diftinguent des autres communes par un magistrat ou confeil indépendant, & par un fecrétaire qu'ils font réfider à la cour, à l'imitation de la ville de Dantzick Ils embrafferent la réformation de Luther. Cependant la religion catholique n'y eft pas fi étouffée que dans diverfes autres villes; ils y ont libre exercice de leur religion & de tems en tems ils y acquierent de nouveaux droits. L'évêque de Culm, dont le diocèfe & la jurisdiction fpirituelle s'étendent jusqu'à Thorn, y établit vers la fin du dernier fiéclé la proceffion du S. Sacrement le jour de la fête de Dieu. On obligea les magiftrats de contenir la populace dans le respect, pendant cette cérémonie. On menaça les féditieux de vigoureufes peines, & la ville d'amendes pécuniaires. Ces défenfes n'ont pas quelquefois été affez fortes, pour retenir la populace animée par fes miniftres. Le 16 juin 1724, entr'autres, il furvint un tumulte à l'occafion de cette proceflion. Un grand nombre de féditieux fe porterent à des excès de fureur, presque incompréhenfibles, & les magiftrars négligerent d'arrêter le défordre. Ces fautes ne demeurerent pas impunies. La diéte de Pologne prit l'affaire à cœur. I furvint un decret rigouTome V. Yyyyy

reux, dont la fanglante exécution femble avoir affuré pour toujours la liberté des catholiques dans cette ville. Gustave Adolphe, roi de Suéde, l'alliégea inutilement J'an 1629. Charles Gultave la prit l'an 1655, & la rendit par la paix d'Oliva en 1660. Elle fut prife en 1703 par Charles XII, roi de Suéde, qui fit abattre les tours & dé molir fes fortifications. En 1709, elle tenoit un rang confidérable entre les villes Anfeatiques, au quatorziéme & quinziéme fiécle; mais elle a perdu de fon commerce par l'élargiffement de la Viftule, les grands vailleaux n'y pouvant plus venir.

2. THORN, ou THOREN, ancienne abbaye de religieufes bénédictines, au pays de Liége, à deux lieues au nord de Mafeik, à la gauche de la Meufe, dans le comté de Horn. Elle fut fondée dans le dixiéme fiécle. Aujourd'hui c'eft un chapitre de chanoineffes féculieres. La feule abbeffe, qui eft princelle de l'Empire, fuit la régle de S. Benoît. On n'y reçoit que des demoiselles de la plus haute naissance. L'abbesse a droit de faire battre

monnoie.

3. THORN, bourg d'Angleterre, dans la province d'Yorck. On y tient marché public. * Etat préfent de la grande Bretagne, t. 1.

THORNÅX, montagne du Péloponnése, dans la Laconie. C'étoit le nom ancien de cette montagne. Paufanias, l. 2, c. 36, dit que lorsque Jupiter y eut été changé en coucou, elle prit le nom de Coccygius. Il y avoit au fommet un temple dédié à Jupiter.

THORNBURY, bourg d'Angleterre, dans la province de Glocefter. On y tient marché public. * Etat préfent de la grande Bretagne, t. 1.

THORNOS, ille que Pline, l. 4, c. 12, met au voifinage de celle de Corcyre, mais en tirant vers la côte de l'Italie. On la nomme aujourd'hui Ifola Melere, fe lon le pere Hardouin, qui remarque que les manuscrits ne s'accordent pas fur l'orthographe du nom ancien de cette ifle. Les uns portent Athoronos, & d'autres Othoro

nos.

THORNTON, bourg d'Angleterre, au comté de

Lincoln.

THORONET, (le) abbaye de France. Voyez To

RONET.

THORS, lieu de France, dans la Champagne, au diocèfe de Langres, de l'élection de Bar-fur-Aube. C'eft une commanderie de l'ordre de Malte, dont celle de Gorgebin n'eft qu'une annexe; celle-ci eft fituée près de Chaumont. Elle vaut neuf à dix mille livres de rente.

THORS-AA, riviere d'Islande dans fa partie méridionale. C'est une des principales de l'ifle; elle court près du mont Hecla, felon Théodore Thorlac, Iflandois.

l.

THORSUS, fleuve qui, felon Paufanias, l. 10, c. 17, coule au milieu de l'ifle de Sardaigne. C'eft le même fleuve que Ptolomée, . 3, c. 3, tomme THYRSUS, & à la fource duquel l'itinéraire d'Antonin marque un lieu appellé Caput Tyrfi. Ce fleuve n'eft pas le même que le Sacer. Ils ont été très-bien diftingués par les anciens. Le Sacer eft plus méridional. Ils confervent à peu près le nom, l'un s'ap pellant le Sacro, & l'autre le Thyrfo.

THORUNUBA, ville de l'Afrique propre. Prolomée, 1. 4, c. 3, la marque au nombre des villes qui étoient entre celle de Thabraca & le fleuve Bagradas. Le nom de cette ville eft corrompu dans les exemplaires latins qui lifent Thunuba pour Thorunuba.

THORYCIUM, ville d'Italie, au voifinage de Crotone & de Crimiffa, felon Ifacius, in Lycophr. cité par Ortélius, qui foupçonne que Thorycium pourroit être là pour Thurium.

THOSPIA. Voyez THOSPITES.

THOSPITES, contrée où peuples de la grande Arménie. Ptolomée, l. 5, c. 13, la marque au midi de l'Anzitene. Il met dans le même quartier une ville nommée Thospia.

1. THOU, ville d'Egypte. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Pélufe à Memphis, entre Ta. cafarta & Scene Veteranorum, à vingt-quatre milles du premier de ces lieux & à vingt-fix milles du fecond. Voyez

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res y font douces, pleines de bourdoires, & donnent peu de bled. Quelques villages écartés avec la juftice & baronnie de Sailly en dépendent: la taille y eft perfonnelle. La cure vaut deux cents cinquante livres. Les religieux de faint Benoît fur Loire en font collateurs. Les habitans font bons, mais fans induftric & peu laborieux.

3. THOU, bourg de France, dans le pays d'Aunis, élection de la Rochelle.

THOUARS, Thoarchium, ville de France, dans le Poitou, fur la riviere de Thoué, entre Argenton, le Château au couchant, & Loudun au levant, au midi de Saumur. Cette ville eft fort ancienne: elle paffoit déja pour une place confidérable dans le huitiéme fiécle. On la nommoit alort Thoarci ou Thoarchi, & elle fut prife fur le duc Gaiffre par le roi Pépin en 762. Thouars fut dans la fuite le plus grand des vicomtés foumis aux comtes de Poitiers. Les vicomtes s'étant rendus propriétaires & héréditaires, comme les comtes, les vicomtes de Thouars devinrent des feigneurs fort puiffans, & ils l'étoient déja avant l'an 1000, du tems du duc Guillaume, fils du duc Tête d'étoupes. Thouars a été dans la même race masculine durant près de quatre cents ans. Le dernier mâle fut Simon qui mourut fans enfans, & eut pour héritieres fes fours Perfonnelle & Ifabelle. L'aînée n'eut point d'enfans, & épousa Ingerger, feigneur d'Amboife. Et par ce mariage le vi comté de Thouars entra dans la mailon d'Amboife. Louis, feigneur d'Amboife, vicomte de Thouars, qui descendoit d'Ingerger & d'lfabelle, n'eut point d'enfans mâles, & fa fille Marguerite apporta en mariage le vicomté de Thouars à Louis, feigneur de la Trimouille, qui fut troublé dans la pofleflion de ce vicomté, parce que Louis d'Amboise vicomte de Thouars, avoit été condamné comme criminel de lefe majefté, & que les biens avoient été confisqués par un arrêt que Charles VII avoit rendu en perfonne l'an 1431. Le même Louis avoit traité de fes droits avec Louis XI, qui avoit ordonné que ce vicomté feroit réuni à la couronne, & cette réunion fut confirmée par le parlement, qui porta un arrêt l'an 1478, qui débouta Louis de la Trimouille de fon oppofition. Mais après la mort de Louis XI, fa fille, Anne de France, qui gouvernoit le royaume, remit le feigneur de la Trimouille en poffeffion du vicomté de Thouars, pour en jouir par provifion jusqu'à ce que le procès pour la propriété eût été décidé au parlement; ce qui n'a jamais été fait. * Longuerue, Description de la France, part. 1, p. 152.

La ville de Thouars eft bâtie fur une colline au bord de la riviere de Thoue, qui lui fert de fortifications de ce côté; fes hautes murailles défendues de doubles foffés, lui en fervent de l'autre. La plus grande des rues conduit au château, qui eft un très beau bâtiment. Il y a une jurisdiction fubalterne, une élection, une maréchauffée, trois paroiffes, faint Médard, Notre-Dame du Château & faint Laon, abbaye fondée l'an 1115 par Ifambert, premier évêque de Poitiers, qui y mit quatre chanoines féculiers. Ils prirent la regle de faint Auguftin, & fe firent réguliers l'an 1117. Dans l'églife du château il y a un petit chapitre, dont les canonicats valent cent cinquante livres de revenu. Saint Pierre eft un autre petit chapitre qui fe dit de fondation royale, & eft compolé d'onze chanoines, qui ont chacun trois cents livres de revenu. Les jacobins, les cordeliers, les capucins, les urfulines, & les filles de faint François ont des couvents dans cette ville. On y trouve auffi un hôpital pour les pauvres malades, un autre pour loger les pauvres paffans, & un collége où il n'y a qu'un régent. * Piganiol de la Force, Description de la France, t. 5, p. 104.

Charles IX érigea Thouars en duché l'an 1563, & Henri IV en pairie l'an 1595. Ces dernieres lettres furent vérifiées au parlement l'an 1599. Ces érections furent faites en faveur de la maifon de la Trimouille, dans laquelle le vicomté de Thouars entra par le mariage de Louis de la Trimouille, avec Marguerite d'Amboife, fille de Louis d'Amboife, vicomte de Thouars. Ce duché eft fi étendu qu'il y a dix-fept cents vaffaux. Les procureurs généraux, lorsque Thouars fut érigé en duché en 1563, & en pairie en 1599, fe contenterent de faire leurs proteftations, afin que ces érections ne puflent porter préjudice aux droits que le roi avoit fur le vicomté de Thouars, dont les feigneurs de la maifon de la Trimouille ont joui jusqu'à préfent pailiblement.

Le principal commerce de l'élection de Thouars eft en

beftiaux, chevaux & mulets. Il y a quelques paroifles où l'on fabrique des tiretaines, des droguets & des ferges. Le bois de châtaigner fert à faire des cercles de vaiffeaux, & les noyers font d'un grand fecours. Dans un canton de cette élection on recueille des vins blancs, dont on fait de l'eau-de-vie, & c'est le principal commerce de ce quar

tier.

THOUÉ, THOUAY, ou ToUAY, riviere de France, dans le Poitou. Coulon, rivieres de France, p. 346, décrit ainfi le cours de cette riviere: Au-deffous de Saumur fur la gauche, on trouve le Touay qui vient d'un village nommé Vernon en Gastine, paffe à Parthenay, à S. Loup, à Airvaux, faint Généroux. Dans tous ces endroits il y a des ponts de pierre. Au-deffus de Thouars, le Touay reçoit le Thæret, après quoi il mouille les murailles de la ville & du château de Thouars, où on le paffe d'un côté fur un bac, & de l'autre fur un pont. De Thouars, cette riviere descend à Montreuil-Belay, où le Thon vient la trouver. Elle groffit enfuire fes eaux de celle de la Dive, au-deffous de SaintJuft, après quoi elle va fe perdre dans la Loire, au-deffous . de Saint-Florent.

THOULOUNIDES, (les) étoient originaires du Turkeftan. Les Arabes ayant pallé dans ce pays avec des armées nombreuses, emmenerent en captivité la plupart des habitans, & les vendirent. Le kalif en acheta un grand nombre, & en fit par la fuite un corps de miiice, auquel il confia la garde de fa perfonne. Cette milice étrangere abufa bientôt de la protection que lui accordoit le kalif: elle fe rendit infuportable aux habitans de Bagdat, & le prince, au lieu d'y mettre ordre, fe retira dans un lieu éloigné de la capitale, où il s'endormit dans l'indolence.Comme la hardieffe conduit rapidement à la témérité, les Thoulounides ufurperent le droit de dispofer du trône, & forcerent le prince, qui par-là étoit leur créature, à leur céder les plus beaux gouvernemens de l'Empire. Enfin ils ne fe contenterent pas de la puiffance, ils en voulurent le titre. Le premier d'entr'eux qui ofa le prendre, fut Ahmed, fils de Thoulon. Il étoit parvenu à la qualité de gouverneur de Damas, où, par fon amour pour la juftice, & par fon courage, il s'étoit fait aimer & eftimer de tout le monde. Il obtint, ou, pour mieux dire, il fe fit enfuite donner celui d'Egypte, où gagnant encore le cœur des foldats & du peuple, il refufa de reconnoître l'autorité des kalifs, fe contentant feulement de faire prononcer leurs noms dans les mosquées. Il étendit fes conquêtes jusques dans la Syrie & l'Afrique. Les hiftoriens blâment fon ufurpation mais ils louent fa valeur, fa prudence & fa magnificence. Il protégeoit les fciences & les arts, fit élever plufieurs fuperbes édifices. Il laiffa des tréfors immenfes qui étoient plutôt le fruit de fes épargnes que de ses vexations. Son fils Kansnaronïah lui fuccéda, & prit fa conduite pour modèle. Il eut plufieurs ennemis à combattre, les vainquit, conferva les que fon pere lui avoit laiffés. Ses fucceffeurs, trop jeunes pour arrêter les efforts des ambitieux qui fe foulevoient de toutes parts, le kalif profita de leur foibleffe pour recouvrer l'Egypte, y envoya une formidable armée, commandée par un général habile qui défit les troupes qu'on voulut lui oppofer,fit reconnoître pour fouverain dans toute l'Egypte le kalif, qui fit de ce beau pays plufieurs gouvernemens, qu'il donna à différens émirs. Ainfi la puiflance des Thoulounides fut éteinte après avoir dur quaranteun ans, c'est-à-dire, depuis 884 jusqu'à 905. Hift. générale des Huns par de Guignes, t. 13, p. 124 & fuiv. THOUN, Thunum ville de Suiffe, au canton de Berne, dont elle eft éloignée de quatre lieues, au bord d'un joli lac. La riviere de l'Aar fortant de ce lac fe partage en deux bras, qui fe rejoignent bientôt, & forme ainfi une ifle qui eft occupée par une partie de la ville, & l'autre partie qui eft au-delà au pied d'une colline, où eft le château de l'Avoyer. Cette ville eft fort jolie, & dans une fituation également agréable & commode, au milieu d'un beau & fertile pays. Cette ville eut anciennement fes comtes par ticuliers, appellés les comtes de Thoun : elle paffa enfuite en la puiffance des comtes de Kybourg, & tomba entre les mains des Bernois, à l'occafion du meurtre commis en la perfonne même du comte Eberhard en 1320. On accufa de ce crime fon propre frere Hartmann, qui, à ce qu'on écrit, s'y porta, parce qu'il ne vouloit pas lui donner fa part du comté, & l'on prétend qu'on voit encore les traces du fang fur quelques-uns des dégrés du château. La ville de

états

Thoun refta abfolument aux Bernois par le contrat de vente qui leur en fut fait dans les formes en 1375. Les priviléges des bourgeois leur furent confervés ; ils en jouiffent encore aujourd'hui, & ont particulierement le droit de fe choifir des magiftrats.* Etat & délices de la Suiffe, t. 2, p. 209 & fuiv.

Le LAC DE THOUN, qui a environ deux lieues de long, (quelques-uns difent un mille & demi, ) & une demi-lieue de large, eft bordée de tous côtés de beaux villages, de châteaux, de vignes & de champs. Un hiftorien rapporte que l'an 604, le lac de Thoun bouillit d'une telle force, qu'il jetta une grande quantité de poiffons cuits fur fes bords; mais d'autres ne marquent ce fait qu'à l'année 615. Si cet événement eft auffi vrai qu'on l'affure, il faudra dire qu'il a été caufé par l'irruption fubite de quelque feu fouterrein. A quelque petite diftance de ce lac, on voit s'élever les deux hautes & célébres montagnes, le Niéfen & le Stoerhorn. * Guilliman. ad ann. 604.

1. THOUR, nom d'une montagne voifine de la Mecque du côté du midi, à une heure de chemin. Sur cette montagne on trouve une grotte où Mahomet fe cacha dans le tems de fa fuite.

2. THOUR, nom que les Arabes donnent à la ville de Tyr fur la côte de Phénicie. Voyer TYR.

3. THOUR, ou TOUR-DAGHI, nom que les Turcs donnent au mont Taurus. Les Arabes le nomment Gébel-alMoffel. Voyez TAURUS.

4.

THOUR, (le) baronnie de France, dans la Champagne, du diocèfe & de l'élection de Rheims. Il y paffe le rulleau des Aarres qui prend la fource à Mizy-le Comte. Les terres font partie à froment, partie à feigle. M. le marquis de Nefle pour une moitié, l'hôtel-Dieu de Paris pour l'autre, en font feigneurs.

5. THOUR, en latin Thyras, Taurus ou Durius, riviere de la Suiffe, dans le pays de Thourgau, prend fa fource dans les montagnes qui font à l'extrémité méridionale du Thockebourg, entre ce comté & celui de Sargans, Elle traverfe le Thockebourg dans toute fa longueur : elle va couler près de Wyl, capitale des terres de l'abbé de Saint-Gall, & après avoir reçu le Sitter au-deffous de Bischoffzell, elle traverse le Thourgau, auquel elle donne le nom; & entrant dans le canton de Zurich, elle y mouille Andelfingen, & va fe jetter dans le Rhin, au-deffous du château de Scholleberg, & environ deux milles au deffus de la ville d'Eglifaw. Le Thour eft une riviere rapide, impétueufe & fort inégale; tantôt elle croît, tantôt elle décroît confidérablement. * Etat & délices de la Suiffe, t. 3, p. 154.

1. THOURAN, (le) canton de l'Inde, fur les fronticres de la province de Sinde. Sa ville capitale eft Kozvar, à ́ 101d de longitude, & à 31 & demi de latitude. Elle eft fituée fur une colline.

2. THOURAN, petite ville du même canton, riche & abondante en toute forte de biens.* Manuscrits de la bibliotheque du roi.

THOURGAW, pays de Suiffe, qui, fuivant l'origine de fon nom, comprend toute cette étendue de pays qui eft aux deux côtés de la riviere de Thour, & s'avance d'un côté jusqu'au Rhin, & de l'autre jusqu'au lac de Constance. Dans ce fens, il fait toute la partie orientale de la Suifle. Il comprend une partie du canton de Zuric, celui d'Appenzell tout entier, les terres de la république & de l'abbé de S. Gall, celles de l'évêque de Conftance, & celle des fept anciens cantons; mais dans l'ufage ordinaire, on entend par le Thourgaw, feulement les terres qui dépendent de la fouveraineté commune des cantons. Dans ce dernier fens, le Thourgaw eft un beau & grand bailliage, qui eft borné à l'orient en partie par le lac de Conftance; partie par la ville de ce nom, & par les terres de fon évêque; au midi par les terres de l'abbé de Saint-Gall; à l'occident par le canton de Zurich. Ce bailliage eft le plus grand de toute la Suiffe; car il comprend cinq ou fix villes, neuf ou dix monaftères, grand nombre de châteaux & de villages, qui font plus de cinquante paroiffes, & il y a jusqu'à foixante-douze feigneurs de jurisdiction qui poffédent quelques villages, outre ceux qui relevent immédiatement des cantons. Ces feigneurs font ou eccléfiaftiques ou laïques.

I. L'évêque de Conftance, qui pofléde Arbon, Tanneck, Guttingen, Gottlieben. Tome V. Yyyyy ij

II. L'évêque de Conftance, qui poffede Altnau. III. Le convent de Rychenaw, qui pofféde Steckborn, Bernang, Marbach, Ermatingen, Tribeltingen. IV. Le couvent de Rhynaw eft feigneur de Rhynaw, avec haute jurisdiction pour les affaires civiles & criminelles.

V. Le monaftère d'Einfidlen poffède Eschentz.

VI. L'abbé de faint Gall eft feigneur de Sitterdorff, d'oberberg & autres lieux.

VII. Divers autres monaftères du Thourgaw, comme Fischingen, Ittingen, Muntlerlingen, Tennikon, Feldbach, Kalchrein, S. Catherinen-Thal près de Dieffehoven, & quelques prieurés potfedent auffi chacun un village

ou deux.

Les feigneurs laïques font, 1°. La feigneurie de Zurich, qui poffede en pleine jurisdiction Prin, Weinfelden, Steineck, Neuferen, Utweil, &c. 2°. Plufieurs particuliers qui poffedent des terres feigneuriales. Ce font les villages de Welleberg, Grieffeberg, Burglen, Herder, Wengin, Newenbourg, Saleftein Bleidec, Clingenberg, &c.

Le bailliage de Thourgaw appartenoit avant la paix d'Araw aux vieux cantons, à l'exception de celui de Berne, mais par ce traité de paix les Bernois y ont aussi eu

part.

Les habitans de ce bailliage font de deux religions. On compte qu'il peut y avoir les deux tiers de réformés, & le tiers de catholiques. Il y a quatre villes remarquables dans le Thourgaw; Arbon, Bischoffs zell, Frauenfeld, & Dieffchofen, & quatre ou cinq petites, Hagenwyl, Weinfelden, Pfin, Steeck born & Nufforen, avec divers bons bourgs, & une infinité de villages.

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Ce pays eft un des plus beaux quartiers de la Suiffe, agréable, riche, fertile en bleds, en vins & en fruits: c'eft pourquoi il eft extrêmement peuplé. Il eft arrolé par le lac de Conftance, par le Rhin, par le Thour & par quelques autres rivieres. Le vin y eft très bon, & les étrangers y en prennent beaucoup. Outre cela, comme le pays et abondant en bon fruits, les habitans font du cidre & du poiré de leurs pommes & de leurs poires. Ils ont particulierement deux especes de poires qu'on ne trouve pas ailleurs; ils nomment les unes Berglen, parce qu'elles croiffent dans les montagnes, & les autres Brundlen, parce qu'elles viennent dans les lieux aquatiques. La liqueur qu'on en exprime eft la meilleure de tous les poirés du pays, & fe conferve très longtems. On le vend dans les cabarets tout comme le vin. Il y en a même qu'on envoie dans les pays étrangers, & qu'on y boir pour le meilleur vin qui fe puiffe trouver; car il eft doux, délicat & vigoureux.

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Le gouvernement civil de Thourgaw eft fous la fou veraineté des huit anciens cantons, qui y envoient tour à tour un bailli pour deux ans. Il fait la réfidence à Frauenfeld. Les autres cantons n'y ont rien à voir. A l'égard du gouvernement fpirituel, les quatre principales villes fe choififfent elles mêmes leurs pafteurs, mais pour les autres bourgs & villages, les feigneurs de jurisdiction en ont la collation, à la réserve de quelques endroits qui ont le niême droit que les quatre villes, comme Utwei grand village, tout réformé, qui appartient à Zurich, au bord du lac, entre Conftance & Arbon. On prend les miniftres dans l'académie de Zurich. Tous les miniftres du Thourgaw font enfemble un fynode qui eft partagé en divers doyennés, & s'aflemblent tantôt à Frauenfeld, tantôt à Bischoffszell, ou à Weinfelden. Quant aux catholiques, ils dépendent de l'évêque de Conftance.

THOUR-THAL ou la VALLÉE DU THOUR. On appelloit autrefois de ce nom général tout le comté de Toc kenbourg en Suiffe, c'eft-à-dire, le pays depuis la fource de la riviere de Thour jnsqu'à la ville de Wyl. Dans la fuite on a restraint le Thour-Thal à une portion de la partie fupérieure du Tockenbourg, c'eft-à-dire, à la partie du comté qui prend depuis la ville de Lichtenfteig exclufivement, jusqu'aux frontieres du côté de l'orient. Dans ce fens le Thour- Thal comprend les communautés fuivan

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Dans un fens encore plus étroit, on ne comprend fous le nom de THOUR-THAL, que le pays qui renferme les villages fuivans,

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THOUS, nom d'une ville confidérable du Khoraflan, qui reconnoît pour fon fondateur, fuivant l'auteur du Leb-Tarikh, Giamschid, le cinquiéme de la premiere dynaftie des anciens rois de Perfe, appellée des Pischdadiens.

THRABUNACTUM, ville de l'Afrique propre. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Tacapa à la grande Leptis, le long des confins de la province de Tripoli, entre Adaugmagdum & Framusdufis, à vingt-cinq milles du premier de ces lieux, & à la même diftance du fecond. Au lieu de Trabunactum, quelques exemplaires portent Tabunagdum, & d'autres Tabuinatum.

THRACE, en grec Ogán, en latin Thracia ou Thrace, grande contrée de l'Europe, renfermée entre le mont Hemus, la mer Egée, la Propontide & le Pont-Euxin. La borne feptentrionale du côté du Pont-Euxin eft cependant aflez incertaine. Le périple de Scylax, Pomponius Mela & Pline, étendent la Thrace jusqu'à l'embouchure du Danube, & y renferment Iftropolis, Tomi & Calatis. Pline a fuivi Pomponius Mela; & peut-être celui ci a-t-il suivi le périple de Scylax. Les hiftoriens au contraire mettent ces trois villes & quelques autres du voisinage dans la Scythie, en-deça du Danube, ou les marquent fimplement fur la côte du Pont-Euxin. Strabon divife ce quartier en côtes Pontiques; favoir, celle qui prend depuis l'embouchure facrée du Danube, jusqu'aux montagnes qui font près du mont Hemus; & celle qui s'étend depuis ces montagnes jusqu'à l'embouchure du Bosphore près de Byzance. Les bornes que Ptolomée donne à la Thrace paroiffent plus naturelles. Ce qui eft au-delà du mont Hemus, il l'attribue à la baffe Mafie, & du côté du Pont-Euxin il ne pouffe pas la Thrace au-delà de la ville Mefembria. En effet, on ne voit pas comment Pline, après avoir marqué le mont Hemus pour la borne de la Thrace dans les terres, a pu le long de la côte l'étendre fi fort au-delà de cette montagne, & la pouffer jusqu'au Danube. * Cellar. Geogr. antiq. 1. 2, c. 15.

La Thrace a été extrêmement peuplée autrefois; fes habitans étoient robuftes & pleins de valeur; le fleuve Strymon fervit long-tems de borne entre la Thrace & la Macédoine; mais Strabon dit qu'auffi tôt que Philippe eut réduit fous fa domination plufieurs villes entre le Strymon & le Neffus, on s'accoutuma à confondre fous le nom de Macédoine le pays conquis nouvellement. Les poëtes grecs & latins ne nous font pas un beau portrait de la Thrace. Callimaque, Eschile, Euripide & Aristophane l'appellent la patrie de Borée, le féjour des aquilons & le pays des frimats. Virgile, Horace, Ovide & Catulle en parlent de même; Sénéque la nomme la mere des neiges & des glacons; & Lucain appelle les grands hivers, des hivers de Thrace. Pomponius Mela, l. 2, c. 2, n'en parle pas plus avantageufement. Regio, dit-il, nec cœlo lata nec folo, & nifi qua mari propior eft, infœcunda, frigida, eorumque qua feruntur maxime admodum patiens. Raro usquam pomiferam arborem, vitem frequentius tolerat, fed nec ejus quidem fructus maturat ac mitigat, nifi ubi frigora obječtu frondium cultores arcuere. Celui qui a civilife ces peuples & leur a donné le premier des loix, a été un disciple de Pythagore, nommé Zamolxis. Hérodote rapporte les noms d'une multitude de différens peuples qui ont habité la Thrace. Il dit que s'ils cuffent pu, ou fe réunir fous un feul chef, ou fe lier d'intérêts &: de fentimens, ils auroient formé un corps de nation très-fupérieur à tout ce qui les environnoit.

Les Thraces avoient eu diverfes rois depuis Térès, qui eut deux fils, Sitalie & Sparadocus. Leurs descendans tour à tour le détrônerent, jusqu'à ce que Seuthès reconquit une partie des états de fon pere Moëlades, & transmit fa fuccesfion paifible à Cotys, pere de Chefoblepte, comme dit

Démosthène. A la mort de Cotys les divifions recommencerent, & au lieu d'un roi de Thrace, il y en eut trois, Cher. foblepte, Bérifade & Amadocus. A la fin Cherfoblepte dé pofféda les deux autres: Philippe, roi de Macédoine, le dépouilla lui-même, & le prit. La république d'Athenes, après les victoires de Salamine & de Marathon, conquit beaucoup de villes vers la Thrace & dans la Thrace même, entr'autres Pidne, Potidée & Méthone. Ces villes fecouerent le joug, dès que Lacédémone à la fin de la guerre du Péloponnéfe, eut abattu la puiffance d'Athenes; mais Timothée l'Athénien les remit encore fous l'obéiffance de fa patrie. Le roi Philippe les leur enleva, & fe rendit maître de trente-deux villes de la Thrace. Alexandre acheva la conquête entiere de ce pays, dont les peuples ne recouvrerent leur liberté qu'après la mort. Un autre Seuthès, fils ou petit-fils de Cherfoblepte, entra auffi-tôt dans les droits de fes ancêtres, & il livra deux fanglantes batailles à Lyfimachus, un des capitaines & des fuccefleurs d'Alexandre. A

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quelque tems de-là une partie des Gaulois, qui, fous la conduire de Brennus, ravageoient la Grece, fe détacha du gros de la nation, & alla s'établir en Thrace. Le premier roi de ces Gaulois Thraces s'appella Comontorius, & le dernier Clyæus, fous qui les Thraces naturels exterminerent les Gaulois transplantés chez eux, & remirent fur le trône Seuthès, iffu de leurs anciens rois. Ce prince & fes descendans. regnerent faus interruption jusqu'à Vespafien, qui, à la fin, réduifit la Thrace en province romaine. Depuis ce tems la Thrace a eu le même fort que le refte de la Grece, jusqu'à ce qu'elle foit demeurée fous la puiffance des Turs. Les Thraces étoient naturellement féroces, fourbes, bandits affaffins, qui avoient toute la baffeffe d'ame des esclaves, & tous leurs vices. Auffi en Grece le nom de Trace paffoit pour l'injure la plus atroce, & pour le figne du dernier mépris. Voici la divifion de la Thrace, felon le pere Briet:

Doperus, Topinium, Otopinium ou Toprus. Puçio ou Rufium.

Derfæi,

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Medobithyni,

Peuples.<

Syropæones,

Turpili, ou Torpidi.

Nicopolis,

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Abdera,

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Thrace

Corpiali

que.

Perintus,

Ganos ou Gonos,
Trajanopolis,

Bergula Bergulium,
Apros.

Fleuves. Hebrus,

Arzus.

Peuple. Odrifa.

Villes.

Byfantium,

Phinopolis,

JDelta ou Delcon,

Rhegium,

Selymbria,

Nicoboli.

Polyftilo, Asperofa,

ou Aftrizza.

Poru ou Borun.
Marogna.

Eno ou Ygnos.
Chapfilar.

Rhodofto ou Dorofton,
Panydo.

Heraclia.

Trajanopok Berges. Apri.

Conftantinople. Phinopoli. Dercon.

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Athyras.

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