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rée, en quoi il ne s'accorde pas avec beaucoup de géographes. Voyez CÉSARÉE, no. 8. Quoi qu'il en foit, cette ville, dit-il, a été bâtie par les anciens Africains, & embellie par les empereurs romains; & Aben Raquiq affure que c'étoit une des places les plus peuplées de l'Afrique. Les veftiges de fes murs ont plus de trois lieues de circuit, & voit encore quelques marques de fa grandeur. Quand les Arabes couroient victorieux par toute l'Afrique, cette ville étoit confidérable par fes richeffles & par les académies, d'où font fortis de grands poëtes & de grands philofophes. Elle tomba, depuis, fous le pouvoir de la maifon d'Idris, qui la poffeda durant plus de cent cinquante ans ; jusqu'à ce que dans la guerre des califes fchismatiques de Carouan, l'an neuf cent cinquante-neuf, qui étoit le trois cent cinquante-cinquième de l'hégire, fes maisons, fes murailles & fes temples, furent demolis par Abdala, fils de Mahoedin, qui fit mourir cruellement les habitans qui étoient de l'opinion d'Idris. Il refte encore fur pied deux anciens temples, où l'on facrifioit aux idoles ; dans l'un il y a un dôme fort élevé, que les Maures appellent Coborrumia ou fépulcre de Romain, & que les chrétiens nomment par corruption Cabaromia, ajoutant que la fille du comte Julien y eft enterrée. Ce dôme eft fi élevé, que du faîte on découvre un vaiffeau à vingt lieues en mer, & du côté de terre on voit les campagnes de Méticha, qui font à plus de feize lieues. Il eft bâti de groffes pierres, & fermé de toutes parts. En 1555, Salharraès le voulut détruire, croyant y trouver quelque tréfor; mais comme les chrétiens captifs ôtoient les pierres, il en fortit une forte de guêpes noires, & fi venimeufes, que leur piquure donnoit la mort fur l'heure ; ce qui obligea d'abandonner l'ouvrage. Au devant de cette ville eft une forêt appellée la forêt de la mauvaise femme; on y voit de grands arbres comme des cedres, des peupliers, des liéges & des lauriers; & c'eft delà que fe coupe tout le bois que l'on porte à Alger, pour conftruire des navires. Près delà eft une montagne qui avance dans la mer, & que les mariniers nomment la Campagne de Tenez. Perfonne ne peut abattre de bois fur cette montagne fans la permiffion des Algériens, qui y font bonne garde. La ville de Tiguident fut ruinée par le calife dont il vient d'être parlé, & ne s'eft pu rétablir depuis. D'ailleurs, les Arabes qui jouiffent de la contrée ne le permettroient pas. Elle étoit bâ tie fur un haut tertre qui entre dans la mer. Il n'y avoit point, ajoute Marmol, d'autre ville maritime dans cette province, & nous n'avons trouvé le nom de Céfarée, que dans Aben-Raquiq.

TIGULIA, & SEGESTA TIGULIORUM, ville d'Italie, dans la Ligurie, felon Pline, L. 3, c. 5. Tous les géographes ne s'accordent pas fur la pofition de ces deux villes, dont l'une étoit fur la côte & l'autre dans les terres. Cluvier entr'autres, voudroit faire de TIGULIA une ville maritime, & reculer SEGESTA TIGULIORUM à deux milles dans les terres, à un endroit où l'on voit les ruines d'une ancienne ville. I fonde fon fentiment fur l'autorité de Ptolomée, . 3, 6. 1, l. qui compte TIGULIA au nombre des villes maritimes, & qui ne femble faire qu'une ville de TIGULIA & de SEGESTA TIGULIORUM; mais Holftein croit qu'on doit plutôt s'en rapporter aux itinéraires, qui marquent TIGULIA, TECO. LATE OU TEGULATA, fur la voie Aurelienne, & Segefte fur la côte. Cette pofition paroît d'autant plus préférable, que les itinéraires s'accordent avec Pline, qui fait une ville maritime de TIGULIA, & dit pofitivement que SEGESTA-TIGULIORUM étoit dans les terres, intus Segefta Tigulio

rum.

TIGURINA, ville métropole du Norique, felon Ortélius, qui cite la vie de faint Severin. Il ajoute qu'au lieu de TIGURINA, il y en a qui lifent TIBURNIA. Voyez ce

mot.

TIGURINUS PAGUS. Céfar, l. 1, c. 12, donne ce nom à un des quatre cantons qui compofoient la fociété Helvétique. Ce canton pouvoit prendre fon nom de la ville TIGURUM, qui fut fans doute une des douze villes que les Helvétiens brûlerent eux-mêmes lorsqu'ils voulurent aller s'établir dans l'intérieur de la Gaule. A la vérité aucun ancien auteur ne nomme la ville TIGURUM; mais malgré ce filence des écrivains, on peut bien fuppofer que cette ville existoit dès ce tems là. TIGURUM, en effet, fe trouve encore aujourd'hui la capitale de ce canton. De TIGURUM, on a fait Zurich comme de Taberna Zabern, & de Tol. biacum Zulpich. Les auteurs du moyen âge difoient Ture

gum, au lieu de Tigurum. Les TIGURINI fe joignirent aux Cimbres lorsque ceux-ci entreprirent de pafler en Italię. * Strabon, l. 7, p. 293.

TIGURINI. Voyez TIGURINUS PAGUS.
TIGURUM. Voyez TIGURINUS-PAGUS.

TIJUCENSIS, ou peut-être TYSICENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la province proconfulaire. Dans la conférence de Carthage, no. 126, Pascafius eft appellé episcopus plebis Tijucenfis. Le nom de ce fiége ne fe trouve point dans la notice des évêchés d'Afrique, car on ne peut adopter ce que dit Balufe, que c'eft le même fiége que la notice nomme Tifienfis, & place dans la Byzaçène, & il n'a pas fait attention lui-même qu'il avoit déja donné plus haut ce fiége à Aptus, episcopus plebis Tigienfis. Je croirois, dit Dupin, que le Tyficenfe Oppidum, que faint Auguftin place dans la province proconfulaire, & dont il dit que Novellus étoit évêque du tems de Caecilianus étoit différent de l'évêché appellé Tifienfis, & en même tems le même que Tijucenfis, dont il eft ici queftiou.

TIKI, ville de la Chine, dans la province de Queicheu, au département de Tunggin, fixiéme métropole de la province. Elle eft de 9d 26 plus occidentale que Pekin, fous les 28d 40' de latitude. Atlas Sinenfis. *

TIKRI, village de la Turquie en Afie, dans le Diarbeck, étoit autrefois une grande ville, comme on le voic par fes ruines: il eft bâti fur un rocher fort haut, à cause des inondations du Tigre.

TIL, riviere d'Afie fur les bords de laquelle habitoit la nation nommée SoGOR, felon Nicéphore Callifte . 18, c. 30, cité par Ortélius. Cette nation eut anciennement deux princes, l'un appellé Ver & l'autre Cuni, qui lui donnerent leur nom.

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TILA, nom latin de la petite ville de Tiel, dans les Pays-Bas. Voyez Tiel.

TILAPANI, peuple de l'Amérique feptentrionale dans la Louifiane, fitué au midi des peuples nommés Tchatchagoula, au bord de la branche la plus confidérable du Miffiffipi.

TILATEI, peuples de la Thrace, felon Etienne le géographe. Thucydide, l. 2, p. 166, dit que ce peuple habitoit fur le mont Scomius.

TILAVENTUM MAJUS ET MINUS, noms de deux fleuves que Pline, L. 3, c. 18, met dans l'Italie au pays des Venetes. Léander dit que ce font deux fleuves du Frioul, que TILAVENTUM MAJUS eft le Tagliamento, ou Tajamento, & le TILAVENTUM MINUS la Stella. Ptolomée, l. 3, c. 1, ne parle que du premier de ces fleuves qu'il nomme TILAVEMPTUM.

&

un

TILBOURG, bourg des Pays-Bas hollandois au pays d'Ofterwick, à l'occident méridional du bourg d'Ofterwick. Tilbourg eft un lieu très-considérable & fort renommé par les manufactures de draps, & d'autres étoffes de laine. C'eft unc feigneurie qui a haute, moyenne & baffe juftice, qui appartenoit ci-devant au comte de Grobben donck, & qui a été vendue au prince Guillaume de Heffe Caffel. La juftice eft adminiftrée par un droflard bourguemaître, fept échevins & deux décemvirs; il y a auffi un fecrétaire & un huiffier exploitant. Le droffard, dont l'emploi eft affez confidérable, & tous les membres de ce tribunal font établis par le feigneur, qui a dans le bourg un ancien & grand château, & dont les revenus montent à cinq ou fix mille florins par an. Tilbourg elt. fi peuplé, qu'on y compte plus de quatre mille communians; & il peut mettre quinze cents hommes fous les armes. Il y a tous les famedis un marché, & quatre marchés francs par an, le lendemain de la fête de S. Paul, le lundi après le dimanche des Rameaux, à la S. Jean, & le lundi après la S. Simon. L'église est aflez belle, & l'affenblée des réformés eft plus nombreufe qu'ailleurs. Le miniftre fert aufli celle de Goerle, village voifin dont le tribunal est réuni avec celui de Tilbourg réuni avec celui de Tilbourg, & le droffard en est le chef. * Janiçon, Etat préfent de la république des Provinces- Unies, t. 2, p. 122.

TILBURGUM, lieu d'Angleterre fur le bord de la Tamife, felon Bede, cité par Ortélius. Ce lieu ne feroitil point Tilbury, bourg du comté d'Effex, à quelques milles au deffous de Londres fur la rive feptentrionale de la Tamife?

TILBURY. Voyez TILBURGUM.

TILCHATEL, bourg de France, dans la Champa

gne,

diocèfe & élection de Langres. Ce bourg eft fitué fur

1. TILLIERS, bourg de France, dans l'Anjou, élec

la riviere de Tille. Il eft enclavé dans la Bourgogne; festion d'Angers. habitans l'appellent par corruption TRIE-LE-CHATEAU.

TILEDA. Voyez PLADE. TILIUM. Voyez TILLIUM.

TILLABARUM, ville de l'Afrique propre. L'itinéraire d'Antonin la marque fur la route de Tacape à la grande Leptis, en prenant par les limites de la province de Tripoli. Elle étoit entre Thebelamum & Adaugmagdum, à vingt milles du premier de ces lieux, & à trente milles du fecond. Il fe pourroit faire que Tillabarum auroit donné le nom aux limites appellés Limes Tillibarenfis, dans la notice des dignités de l'empire.

39

دو

TILLARD, bourg de France, dans le Beauvaisis, à onze lieues de Paris, à cinq de Beauvais, à trois de Mouy & de Beaumont fur l'Oife, dans une campagne fertile en grains. On y tient marché le vendredi de chaque femaine. Les montagnes de Tillard rendent le chemin de Beaumont à Beauvais fort difficile pour les voitures. Le bourg eft dans le fond. Loifel rapporte dans fes mémoires fur le Beauvaifis, pag. 222, ce qui fuit. « Jacques Heluys fut un » exemple fingulier d'un jouet de fortune, ou plutôt de la » grace que Dieu fait quelquefois à des perfonnages de bas » lieu, car il étoit fils de Jean Heluys, laboureur, demeu»rant à Tillard, près Beauvais, lequel feu M. le prince de la Roche fur-Yon, ayant vu petit garçon en l'églife » du lieu, il le choifit & retint quafi pour fon enfant, le » faifant premierement inftruire aux bonnes lettres, puis » pourvoir de quelques prieurés & abbayes; & finalement de l'évêché duché & pairie de Langres, & l'eût avancé » davantage, n'eut été qu'Heluys mourut au milieu de fon »âge.»Les auteurs du nouveau Gallia Chriftiana,difent qu'il fur furnommé de la Roche-fur-Yon, & n'adoptent cette tradition du Beauvaifis, qu'en ce qu'ils difent, que probablement ce Jacques étoit fils naturel de Charles, duc de Beaupreau, & qu'ayant été mis en nourrice chez le laboureurHeluys de Tillard, il en eut le nom pendant quelque tems. Ce fut en 1 562 qu'il fut fait évêque de Langres.

TILLE; (La) riviere de France, dans la Bourgogne. Elle a fa fource à S. Seine, dans le bailliage de Châtillon, paffe dans celui de Dijon, prend l'Agnon affez près de la fource de la Seine, pafle à Sault-le-Duc, à Is-fur-Tille & à Tille-Château, où elle fe décharge dans la Seine, & fe jette dans la Saône, à une lieue au deffous d'Auxonne. On a plufieurs fois propofé de faire un canal depuis Dijon jusqu'à la Saône, près de S. Jean de Laône, qui par la jonction de ces trois rivieres & de quelques ruilleaux qu'elles reçoivent, augmenteroit confidérablement le commerce de cette province, & ne couteroit pas plus de cinq cents mille livres. Piganiol, Description de la France, *. 3, p. 395

*

TILLEMONT, qu'on prononce fouvent Tirlemont ville des Pays-Bas, au duché de Brabant, en flamand Thienen. C'est une affez grande ville, qui a été une des principales du Brabant, & où Henri I, duc de Brabant, fonda un collége de chanoines l'an 1221. Aujourd'hui elle eft peu confidérable, ayant été ruinée par les guerres. Il y a douze ponts fur la riviere de Géete, qui traverse cette ville. (a) On compte trois fontaines publiques, fix portes au-dedans & fept places de marché. La ville de Tillemont a été la patrie de Jean Bollandus, qui naquit le 13 d'août 1596, & entra dans la compagnie de Jefus, lorsqu'il eut atteint l'âge de feize ans. Il y acquit une fi grande réputation, , qu'on jetta les yeux fur lui, pour exécuter le grand deffein que le pere Heribert Rosweide avoit eu de recueillir tout ce qui pourroit fervir aux vies des Saints, fous le titre d'Acta Sanctorum. Il publia en 1643 les faints du mois de janvier en deux volumes in-folio. Il donna quel ques années après les faints du mois de février en trois volumes; & leur fuccès juftifia l'heureux choix que l'on avoit fait de lui. Il travailloit à en donner une fuite lorsque la mort le furprit le 12 de septembre 1665 on lui nomma des continuateurs, qui ont pourfuivi un fi utile desfein, & qui, entr'autres, eft devenu un véritable thréfor de géographie. (a) Longuerue, Description de la France, part. 2, p. 52. (b) Corn. Dict.

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TILLETO, abbaye d'hommes, ordre de cîteaux dans le Montferrat, au diocèfe d'Acqui fur les frontieres de l'état de Génes.

2. TILLIERS ou TILLIERES, autrefois TUILLIERS, Tegularia, gros bourg de France, dans la Normandie fur la riviere d'Aure, avec château & titre de comté. Ce bourg eft dans le diocèfe d'Evreux, entre Verneuil & Nonancourt. On y tient un gros marché, & il y a des moulins à eau. Le château élevé fur le fommet d'une côte eft fort logeable, & accompagné de jardins, foutenus de fortes terraffes. Il commande le bourg qui eft bâti dans la vallée.

TILLIUM ou TILIUM, ville de l'ifle de Sardaigne fur la côte occidentale. Prolomée, l. 3, c. 3, la marque entre le promontoire Gorditanum & le port Nymphaus. Molet croit que TILIUM eft aujourd'hui S. Reparata, & le pere Briet croit que c'elt Argentera.

1. TILLY, en latin Tillium ou Tilliacum, lieu de France, dans le pays Meffin, au diocèle de Verdun.

2. TILLY, château de France, dans la haute Normandie, au Roumois, entre Bourg-Theroude & la riviere de Rille, à une lieue ou environ de l'abbaye du Bec, fur la paroiffe de SAINT JEAN DE BOISSÉ.La façade de ce château eft ornée d'architecture & de fculpture, avec des bas reliefs ouvragés fur la pierre. Deux groffes tours lui tiennent lieu de pavillons aux deux extrémités, & une haute tourelle, où il y a une horloge, qui furmonte le milieu du corps de ce bâtiment, & laifle voir les dehors de la chapelle. La cour eft fermée de bonnes murailles foutenues de douze tours, le tout entouré de foffés ; & l'on y entre par deux portes où il y a des ponts-levis. Ce château eft feigneurial, & plufieurs paroiffes en dépendent; on le découvre au milieu d'une belle campagne fertile en bons grains.

TILMOGNUS, lieu de la Cœléfyrie, felon Nicéphore Callifte, l. 6, c. 27, cité par Ortélius. C'eft le TiLMOGIUM d'Evagrius, l. 3, c. 32.

TILOGRAMMON, ville de l'Irde, en-deça du Gange, dans le golfe auquel ce fleuve donne fon nom, selon Prolomée, 1.7, c. 1. Caftald dit que le nom moderne est Catigan.

TILOTES, bourgade d'Egypte, dans la dépendance d'Héraclée. Suidas dit que c'étoit la patrie d'Héra cléon.

TILOX, promontoire de l'ifle de Corfe. Prolomée, 1. 3,c. 2, le marque fur la côte feptentrionale, entre l'embouchure du fleuve Valerius & le rivage appellé Cafia Littus. Pinet croit que c'eft préfentement Cabo-Revelar ou Chevelar.

Il n'y a point de cap dans l'ifle de Corfe appellé Revelar, mais Revelate, & il ne fauroit être l'ancien Tilox, puisqu'il eft fur la côte occidentale. Tilox étant dans la partie feptentrionale, il vaut mieux dire avec plufieurs que c'est Capo-della-Canella.

TILPHOSSA, fontaine de la Bootie, felon Ariftophane. Strabon, l. 9, p. 413, dit qu'elle étoit près de la ville de Tilphofium, à laquelle elle donnoit fon nom. Ce dernier écrit TILPHOSA. Ce fut auprès de cette fontaine que mourut Tirefias. C'est la TILPHUSIA d'Apollodore, l. 3, & la TIPHUSA de Paufanias, l. 9, c. 33, qui place dans ce quartier une montagne nommée TILPHUSIOS, & dit que la fontaine & la montagne étoient tout au plus à cinquante ftades de la ville Haliartus. Etienne le géographe connoît auffi une fontaine & une montagne nommées TILPHOSSA. Il ajoute que ce nom eft formé de celui de la nymphe Telphufa, fille du fleuve Ladon.

cité

TILPHOSSÆUM, petite contrée de la Theffalie. C'est Etienne le géographe qui en fait mention. Demosthène, par Ortélius, fait une ville de TILPHOSSÆUM ; ne seroit-ce point la ville TILPHOSIUM de Strabon? Voyez TILPHOSSA.

TILPHUSA, TILPHUSIA & TILPHUSIOS. Voyez TILPHossa.

TILSA ou TILSIT, petite ville du royaume de Prufse, fur le bord feptentrional de la riviere de Niemen, un peu au deflus de l'endroit où elle fe partage pour le jetter dans le Curisch-Haft. Zeyler, Topogr. Pruff. p. so, dit que cette ville fut bâtie en 1552, il y avoit feulement un château depuis l'année 1289. On y fait un grand commerce de noifettes. Hennenberger, fol. 463, affure qu'en 1578, un bourguemeftre de cette ville envoya lui feul douze cents Tome V. BBbbbb ij

tonneaux de noifettes, dont il retira trois mille fix cents florins. De l'Ifle, Atlas.

*

TILTIL, village de l'Amérique méridionale au Chili, dans l'évêché de San Jago. En allant de cette ville à Valparaillo par Tilil, on allonge la route de deux lieues. Le pays eft un peu moins défert que celui de Sapata; on y voit d'espace en espace quelques terres labourées ; & quoiqu'on y palle une montagne fort rude, les défilés n'en font pas fort incommodes. Le petit village Tiltil eft fitué un peu plus qu'à demi-côte d'une haute montagne toute pleine de mines d'or; mais outre qu'elles ne font pas fort riches, la pierre de mine, ou le minerai, en eft fort dur, & il y a peu d'ouvriers depuis qu'on en a découvert de plus riches ailleurs, foit auffi parce que les eaux manquent aux moulins pendant quatre mois de l'année. * Freizier, Voyage de la mer du Sud, t. 1, p. 184.

TILUM, ville de l'Hellespont, felon Ortélius, qui cite le concile de Chalcédoine.

TILURUS Voyez au mot Pons, l'article PoNs-TILURI. TIMACHUS, fleuve de la Mafie, au pays des Dardaniens, felon Pline, l. 3, c. 26. Voyez TIMACUM.

TIMACUM, ville de la haute Mafie. Prolomée, l. 3, 4.9, dit qu'elle étoit éloignée du Danube. Peut-être étoitelle bâtie fur le bord du fleuve Timachus. Voyez TIMA

CHUS.

TIMÆA, ville de la Bithynie. Ptolomée, l. 5, c. I, la marque dans les terres.

TIMEI, peuples de Sicile, felon Ortélius, qui cite Etienne le géographe, in Verbo Euxapnia. Cependant dans ce dernier il n'eft pas queftion d'un peuple, mais de l'histoire d'un auteur nommé Tinée, iv roïs deyquívois Timaius; id eft, dic Berkelius, ἐν τοῖς λεγομένοις τε Τιμαίο ἰσοριῶν EN TOTS DEVOμÉvors to Tipaís isopião βιβλίοις.

TIMAGAMIN, lac de l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle France, à l'orient du lac Mittafin. Le premier de ces lacs s'appelle autfi OUTAKOUAMIOIS.

TIMAGENUS, ifle du golfe Arabique, felon Prolomée, l. 6, c. 6.

TIMALINUM. Voyez TALAMINA.

Tite-Live, lib. 41, c. 1, fait mention du lac : Le conful, dit-il, étant parti d'Aquilée, alla camper fur le bord du lac du Timavus. Ce fleuve fortoit du lac par fept ou par neuf ouvertures, couloit entre Tergefte & Concordia, & fe jettoit dans la mer par une feule embouchure, felon Pomponius Mela, . 2, 6. 4. Claudien dit à peu près la même chofe :

Mincius, inque novem confurgens ora Timavus.

Par les descriptions que les poëtes donnent de ce fleuve on s'imagineroit qu'il auroit été auprès de Padoue, chez les Vénetes, ou du moins dans leur voifinage: car Stace, lib. 4, filv. 7, donne à Tite-Live, qui étoit de Padoue, l'épithete de Timavi alumnus : Sidonius Apollinaris donne au Timavus le furnom d'Euganeus, à caufe des peuples Euganées qui habitoient au couchant des Vénetes; & Lucain, l. 7, v. 192, met auffi le Timavus dans le même quartier:

Euganeo, fi vera fides memorantibus, augur
Colle fedens, Aponus terris ubi fumifer exit,
Atque Antenorei dispergitur unda Ťimavi.
* Carm. 9, v. 196.

Mais, comme la géographie des poëtes n'eft pas toujours fort exacte, il vaut mieux s'en rapporter aux géographes ordinaires, comme Strabon, Polybe & Polidonius, & parmi les Latins, Pomponius Mela, Pline, l'itinéraire d'Antonin & la table de Peutinger, qui tous mettent le Timavus après Aquilée, c'eft à-dire, entre Aquilée & Tergefte. L'itinéraire d'Antonin, qui s'accorde avec la table de Peutinger, maique la fource du Timavus fur la route d'Aquilée à Salona, en cet ordre :

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Strabon, qui nous apprend qu'il y avoit dans cet endroit un temple de Diomède appellé Templum Timavum Diomedis, un port & un bois fort agréable, ne donne que fept fources au fleuve Timavis, qui, dit il, après s'être formé un lit vafte & profond, va aufli-tôt fe perdre dans la mer : Templum Timavum Diomedis memorabile eft; portum habet & Lucum amænum, etiam fontes feptem aqua fluvialis, ftam tim lato altoque flumine in mare exeuntis.

TIMBAS, peuples Sauvages de l'Amérique méridionale, au Popayan. Ils habitent dans de profondes vallées qu'on trouve au-delà de celle de Lilen, en tirant vers la mer du Sud. Ces vallées font entre de hautes montagnes, rudes & défertes, & elles abondent en maïs & en autres fruits de la terre. Il y a auffi quantité d'arbres fruitiers. Les Timbas qui habitent ces vallées, ont tué autrefois un grand nombre d'Epagnols. * De Laet, Description des Indes occ. 1. 9,

1. TIMANA, contrée de l'Amérique méridionale, au Popayan, avec une ville de même nom. Cette contrée eft arrofée de rivieres & de bonnes eaux, & eft agréable par fes pâturages. Le plus grand profit des habitans eft celui qu'ils tirent de toutes fortes de fruits qui y croiflent, & qui font fort bons. Ils les confifent, ou avec du fucré ou avec du miel, qui fe trouve en abondance dans le creux des arbres; & ils les portent vendre à la ville d'Almaguer : ils y portent auffi des mafle-pains & des macarons qu'ils font de certaines noix, qui ont le goût d'amandes. On a encore dans ce pays une grande quantité de pire, qui eft fort eftimée par-tout.* De Laet, Descr. des Indes occident. l. 9, c. 17. 2. TIMANA, ville de l'Amérique méridionale, au Popayan, dans la contrée à laquelle elle donne fon nom, à l'orient méridional de Truxilio, fur le bord d'une petite riviere qui fe jette dans celle de Caketa. La ville de Timana, qui eft à quarante lieues de celle de Popayan, vers le fud. eft, & à foixante lieues de la ville de Santa-Fé de Bogotta, eft fituée, felon de Laet, Descript. des Indes occident. l. 9, TIMBUES, peuples fauvages de l'Amérique méridionac. 17, au commencement de la vallée de Neyva, & à l'o-le, au Paraguay. De Laet dit que ces peuples habitent aurient des hautes montagnes des Andes, dans une région fort tour d'un lac qu'on trouve en remontant la riviere de la chaude. L'air y est très fain, & les habitans y vivent long- Plata; & qu'ils vivent le plus fouvent de poiffons. Quand tems. Le lieutenant du gouvernement de la province y fait les Espagnols découvrirent ce pays, fous la conduite de fa réfidence. Près de la ville eft une montagne où l'on pré- Pedro de Mendoza, ces fauvages les reçurent fort hutend avoir trouvé de l'aimant. Les Sauvages, nommés Paë- mainement ; ce qui fut caufe que Mendoza bâtit dans zes, ont fait autrefois beaucoup de mal aux Espagnols de leur canton une bourgade qu'il nomma BONNE - Espéla ville de Timana, qu'ils contraignirent d'abandonner celle de Neyva que les Espagnols avoient bâtie dans leur pays, à vingt lieues de Timan. * De l'Ifle, Atlas.

tices

TIMANDI, fiége épiscopal de la Pifidie, felon des nogrecques. Eugenius, fon évêque, fouscrivit à la lettre adreffée à l'empereur Léon.* Hardouin, Collect, conc. t. 2,

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C. 14.

RANCE.

TIMENIUM. Voyez TEMENIUM.

TIMENUTHERENSIS, fiége épiscopal de la Phrygie Pacatienne, felon des notices grecques. Parmi les évêques on trouve nommé Gregorius Timenutherenfis. * Hardouin, Collect. conc. t. 4, p. 467.

TIMESQUIT, ville d'Afrique, felon Marmol, Numidie, l. 7, ch. 21, p. 17, qui en parle ainfi : Timesquit eft une des principales villes de la province de Dara; c'eft comme une forterelle du côté de Gézula, dont elle est en quelque forte la frontiere. Il y a environ deux mille habi. tans, avec un fauxbourg de quatre cents mailons. C'est une habitation de la haute contrée ; elle eft ancienne, & il y demeure un gouverneur avec quantité de cavalerie & d'infan terie, pour arrêter les courfes des Bérebéres de Gézula, &

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TIMIDA-REGIA. Voyez TIMIDENSIS.

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TIMIDANENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Céfarienfe. La notice des évêchés de cette province appelle l'évêque de ce fiége Securus.

TIMIDENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la province proconfulaire, où Benenatus eft qualifié Timidenfis episcopus. La fête des martyrs Timidenfes eft marquée au XI' des calendes de juin dans un ancien calendrier de l'églife de Carthage. Le nom de cette ville étoit TIMIDA-REGIA. Saint Auguftin, lib. 7, de Baptismo, contra Donat. cap. 22, parle de fon évêque Fauftus, à qui il donne le titre de confelleur, & qui affista au concile de Carthage tenu fous faint Cyprien. Reftitutus, qui prenoit le titre d'episcopus Timidenfum Regionum, le trouva au concile de Carthage, fous Boniface, & la fignature de Felix episcopus ecclefia Timidenfis, Le trouve parmi celles des évêques de la province proconfulaire, dans le concile de Latran, tenu fous le pape Martin.

TIMII. Voyez OSISIMII. TIMNAS. Voyez HYMN AS.

TIMO, fleuve d'Italie. Il en eft parlé dans la vie de faint Corbinien, citée par Ortélius.

TIMOGITTIA, ville de la Scythie, fur la côte du PontEuxin. Elle eft marquée dans l'itinéraire d'Antonin, fur la route de Viminacium, à Nicomédie, en prenant le long de la côte, & elle eft placée entre Calatis & Dionyfopolis, à dix-huit milles de la premiere de ces places, & à vingt-quatre milles de la feconde.

TIMOK, (le) riviere de Turquie, en Europe, dans la Bulgarie, où elle fe joint au Danube. On croit que c'eft le Cebrus dont il eft parlé dans l'itinéraire d'Antonin. TIMOLUS. Voyez TмOLUS.

1.TIMONIUM, lieu fortifié dans la Paphlagonie, felon Etienne le géographe. Elle donnoit fon nom à une contrée qui eft appellée TIMONITIS, par Strabon, l. 12, p. 562, & Prolomée, l. 5, c. 1. C'étoit la partie de la Paphlagonie, qui étoit limitrophe de la Bithinie. Les peuples de cette contrée font appellés TIMONIACENSES, par Pline, l. 5, c. 32.

2. TIMONIUM. Strabon, l. 17, p. 794, nomme ainfi la maison qu'Antoine bâtit auprès d'Alexandrie d'Egypte, pour fa retraite. Plutarque, in Antonio, parle aufli de cette maison. Antoine quittant la ville d'Alexandrie, & renonçant au commerce de fes amis, fe fit une retraite maritime auprès du Phare, fur une jettée qu'il fit dans la mer, fe tint là, fuyant la compagnie des hommes, & difant qu'il aimoit & vouloit imiter la vie de Timon, parce qu'il avoit éprouvé la même infidélité & la même perfidie: car, comme lui, il n'avoit reçu de fes amis qu'injuftice & qu'ingratitude; c'eft pourquoi il fe défioit de tous les autres, & les haïffoit tous également. C'est l'origine du nom de TIMONIUM, ou de la maifon de Timon, qu'il avoit donné à fa petite retraite maritime.

TIMOR, ifle de l'Océan oriental, au midi des Moluques, & la plus éloignée de celles qui font à l'orient de la grande Java. Elle gît à peu près nord-eft & fud-eft. On lui donne foixante lieues de longueur, & quinze dans fa plus grande largeur. Cetre ifle fournit beaucoup de bois de fantal, de cire & de miel. On y débite bien les marchandifes de la Chine, de même que les toiles blanches avec des bordures jaunes, qu'on nomme Fériades; les toiles de

Cain- Drogom, femées de bouquets, les toiles rouges de Cufurate pliées en carré, les taffetas du plus bas prix, les perles de verre, les petites pelles de fer carrées, le plomb, l'acier, l'étain, & particulierement le fer. On y vend fort bien aufli un métal fait d'un alliage moitié d'or, moitié d'argent, mis en barres ou en lames d'un empan de longueur & d'un pouce d'épaiffeur. Toutes fortes de vivres font à bon marché dans cette ifle, & s'y trouvent en abondance.

Les Hollandois ont un fort dans cette ifle; mais il eft petit & de peu d'importance. Il eft pourtant affez bien fitué pour le commerce de la compagnie, qui, dans le fond, n'eft pas fuffifant pour fubvenir à l'entretien du comptoir qu'elle y a établi. On garde cependant ce fort pour débiter des esclaves qu'on y négocie, & à caufe du bois de fantal qu'on y trouve, & qui eft une marchandise dont le débit fe fait aufli facilement que profitablement, tant à la Chine que dans les autres états des Indes,* Recueil des voyages de la compagnie des Indes orient. c. 4, p. 363. éd. de Rouen.

TIMOTIANI. Voyez GUDUSCANI.

TIMPHADUM. Voyez TINPHADUM.

TIMPORUM, TIMERUM, TIMPIRIS OU TOMPIRIS, C'est ainsi que les divers manuscrits lifent le nom d'un lieu que l'itinéraire d'Antonin marque fur la route de Dyrra chium à Byzance, entre Milolitum & Trajanapolis, à feize milles de la premiere de ces places, & à neuf milles de la feconde. Ortelius a de la peine à croire que ce foit les TEMPYRUM de Tire-Live; mais Cellarius, geog. ant. l. 2, c. 15, ne balance pas à dire que c'est le même lieu. Si je ne me trompe, dit-il, il faut lire Tempyrum, au lieu de TIMPORUM, dans l'itinéraire d'Antonin, & placer ce lieu près des Aëniens, du côté du feptentrion. C'est la pofition que lui donne Tite-Live, l. 38, c. 41: Inde Aeniorum fines, prater Apollinis (Zerynthum quem vocant incola) templum fuperant. Alia anguftia circa Tempyra excipiunt ( hoc loca nomen eft) nec minus confragofa. Cela s'accorde avec ce que dit Ovide, l. 1, Trift. Eleg. 9.

Idne levi vento Zerynthia litora načtis,
Threiciam tetigit feffa carina Samon.

Saltus ab hac terra brevis eft Tempyra petenti.

TIMULA. Voyez SIMYLLA.

TIMUS, ville de l'Afie mineure, felon Nicéphore Callifte, cité par Ortélius. Il ajoute que cette ville fut renverfée par un tremblement de terre arrivé fous l'empire de Tibere. Ortélius foupçonne que cette ville Timus pourroit être celle que Tacite nomme Temnos, & qui eft appellée Temis dans la chronique d'Eufébe.

1. TIMYRA, ville qu'Etienne le géographe place aux environs de l'Ifaurie.

2. TIMYRA, fleuve de l'Inde. C'eft Etienne le géographe qui en parle.

1. TIN ou TINO, ifle de la mer Méditerranée, fur la côte d'Italie, à l'entrée du golfe de la Specie, au midi oriental de l'ifle de Palmaria, felon Magin. Michelot,, Portul. de la Médit. pag. 95, parle ainfi de cette ifle : Tout proche de l'ifle Palmaria, du côté du fud, il y en a une plus petite qu'on appelle le TIN, qui eft aufli fort haute, fur le fommet de laquelle il y a un petit fort abandonné & un vieux débris d'un monaftère: elle eft auffi remplie d'arbres de pins. Au fud-oueft de cette ifle, environ trois cents toifes, il y a un écueil hors de l'eau, & quelques roches fous l'eau, dont il faut s'éloigner. Venant du côté de l'oueft, pour aller mouiller à Porto-Venere, on passe ordinairement entre ces deux ifles, où il ne manque pas de fond, enfuite, on fait le tour de l'ifle Palmaria, & on entre dans le golfe Specia, rangeant à discrétion un petit fort carré, qui eft fur un écueil à fleur d'eau, à l'extrémité de l'ifle Palmaria du côté de l'eft. On peut auffi passer entre cette ifle & le Fortin, approchant plus du fort que de l'ifle, ou du moins par le milieu, y ayant trois bralles au moins profond, & il faut prendre garde à quelques rochers, qui font à fleur d'eau de part & d'autre. Ayant donc doublé ce fortin d'une maniere ou d'autre, on va enfuite mouiller par le milieu d'une anfe, qui eft du côté du nordoueft, où il y a quelque peu de plages de grave: elle eft remplie d'oliviers jusqu'auprès de la mer: on mouille le premier fer du large, par huit à dix braffes d'eau, vers le BB b b b b iij

fud eft, eufuite on porte une amarre à terre vers le nordoueft, proche les oliviers, à un grélin & demi loin de la plage, pour lors on fera par quatre à cinq braffes d'eau fond d'herbe valeux : les autres galéres mouillent aux en virons, & quelques-unes demeurent affourchées fur deux

ancres.

On y peut même venir mouiller avec des vaiffeaux, & Jorsqu'on vient dans cette rade, il ne faut pas approcher plus de deux longueurs de cables la pointe où eft le couvent de faint François, parce que le fond manque tout-à-coup de part & d'autre. On fait de l'eau à un puits qui eft hors de la ville, & quelquefois dans le cloître de ce couvent. Le traverfier de la grande paffe eft l'eft-fud-eft. Celui de la pe tite pafle le fud-oueft; mais ni l'un ni l'autre ne peuvent caufer de groffe mer. La latitude eft 44d 8'.

2. TIN, riviere de la Ruffie. Voyez DON. TINA, riviere d'Angleterre, felon Béde, cité par Ortélius. Le nom moderne de cette riviere eft Tine. Voyez

TINE.

*

TINAS, la montagne des Figuiers. C'est ainfi que les Arabes Mafulmans appellent une montagne de la TerreSainte, qu'ils ont forgée, pour correspondre au nom de celle qu'ils nomment Sina, qui eft le mont Sinai. Mahomet jura dans fon alcoran par les montagnes de Tina & de Sina; car ces mots de même cadence lui plaifent extrêmement, & l'on pourroit croire que cette montagne des Figuiers n'eft autre que celle des Oliviers, dont parlent les évangéliftes, & de laquelle Mahomet avoir appris quelque chofe, par le moyen des chrétiens.* D'Herbelot, Biblioth.

orient.

TINCAUSARIS, lieu d'Afrique, dans la Cyrénaïque. L'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Carthage à Alexandrie, entre Boreum & Atticis, à vingt-quatre milles du premier de ces lieux, & à vingt-cinq milles du fecond. Quelques manuscrits, au lieu de TINCAUSARIS,

lifent TINCIAUSARIS.

TINCHEBRAY, petite ville de France, dans la BaffeNormandie, au diocèfe de Bayeux, entre les villes de Vire, de Mortain, de Domfront & de Condé. Elle a deux paroiffes, dont l'une eft fous l'invocation de faint Pierre. On y tient un gros marché le lundi, & deux foires dans l'année, l'une à la Quasimodo & l'autre à la Magdeléne. Son territoire produit des grains, & on y trouve de bons pâturages En 1105, Robert, frere de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, ayant perdu une bataille à Tinchebray, fut fait prifonnier par fon frere, qui eut l'inhumanité de le priver de la vue, en lui faifant mettre devant les yeux un baffin de cuivre tout ardent ; & Robert en mourut dans fa prison. * Corneille, Diction. Herman, Hift. du diocèfe de Bayeux.

TINCONTIUM ou TINCONCIUM, ville de la Gaule Lyonnoife. Elle eft marquée dans l'itinéraire d'Antonin fur la route de Bordeaux à Autun, entre Avaricum & Deccida, à vingt milles du premier de ces lieux, & à vingt-deux milles du fecond.

TINDA, ville de Thrace, felon Pline, 1.4, C. II, qui dit qu'elle ne fubfiftoit plus de fon tems. Etiene le géographe met une ville nommée Tinde dans la Chalcidie, con. trée de la Thrace. C'eft le SrABUIUM DIOMEDIS de l'itinéraire d'Antonin, & la TURRI-DIOMEDIS de Pomponius Mela. Au lieu de TINDA, Martianus Capella lit Tyrida,

c'est une faute.

TINDIUM, ville de la Lybie, felon Etienne le géographe. Athénée, l. 15, la met dans l'Egypte.

TINDUS, ville de l'Angleterre, felon Béde, cité par Ortélius. Il ajoute que ce fleuve couloit près du monaftère appellé Mailta.

i. 1. TINE, en latin Tinia ou Querca, petite ville des états du Turc, en Europe, dans la Bosnie, fur le Tis. Les rois de Croatie y firent ériger un évêché, fous Spalarro, vers la fin du onzième fiécle L'évêque de Tine devoit être l'évêque de la cour, par-tout où elle pourroit aller. * Commainville, Table des évêchés, p. 238.

2. TINE, Thinus, riviere d'Angleterre. Elle fépare une partie de la province de Durham de celle de Northumberland, & paffe auprès de Newcastle, qu'on appelle Newcaftle fur la Tine, pour le diftinguer de Neucaftle fous la Line, dans la province de Stafford. A fept milles au-desfous de Newcastle, la Tine fe jette dans la mer du Nord à Fimmouth. Cette riviere eft fameufe par fon prodigieux

négoce de charbon. * Etat préfent de la Grande Bretagne, t. 1, p. 15.

3. TINE, ifle de l'Archipel, & l'une des Cyclades, au midi oriental d'Andros, au couchant de l'ifle de Nicaria, au nord de l'ifle de Micone, & à l'orient de l'ifle Jura. Cette ifle fut anciennement nommée Tenos, fuivant Etienne le géographe, d'un certain Tenos, qui la peupla le premier. Hérodote, 1.8, nous apprend qu'elle fit partie de l'empire des Cyclades, que les Naxiotes pofléderent dans les premiers tems. Il eit parlé des Téniens parmi les peuples de Grece qui avoient fourni des troupes à la bataille de Platée, où Mardonius, général des Perfes, fut défait ; & les noms de tous ces peuples furent gravés fur la droite d'une base de la ftatue de Jupiter regardant l'orient : & l'inscription, rapportée par Paufanias, femble annoncer que ces infulaires étoient, pour le moins, auffi puiffans que ceux de Naxos. Néanmoins ceux de Tenos, les Andriens & la plupart des autres infulaires, dont les intérêts étoient communs, effrayés de la puiffance formidable des Orientaux, fe tournerent de leur côté. Xerxès fe fervit d'eux & des peuples de l'ifle Eubée, pour réparer les pertes qu'il faifoit dans fes armées. Les forces maritimes des Téniens font marquées fur une médaille fort ancienne, frappée à la tête de Neptune, révéré particulierement dans cette ifle; le revers repréfente le trident de ce dieu, accompagné de deux dauphins. Goltzius a fait auffi mention de deux médailles de Tenos, au même type. Tristan parle d'une médaille d'argent des Teniens à la tête de Neptune, avec un trident au revers. * Tournefort, Voyage du Levant, t. I p. 136.

Le bourg de San Nicolo, bâti fur les ruines de l'ancienne ville de Tenos, n'a pour port qu'une méchante plage, qui regarde le fud, & d'où l'on découvre l'ifle de Syra, au fudfud-oueft. Quoiqu'il n'y ait dans ce bourg qu'environ cent cinquante maifons, le nom de Polis qu'il porte encore, les médailles & les marbres antiques qu'on y trouve en travaillant la terre, prouve que ç'a été la capitale de l'ifle. Strabon aflure que cette ville n'étoit pas grande, mais il y avoit un fort beau temple de Neptune dans un bois voifin, où l'on venoit célébrer les fêtes de cette divinité, & où l'on étoit régalé dans des appartemens magnifiques: ce temple avoit un afyle, dont Tibére régla les droits, avec ceux des plus fameux temples du Levant. A l'égard de Neptune, Philocore, cité par Clément d'Alexandrie, rapporte qu'il étoit honoré dans Tenos comme un grand médecin, & cela fe confirme par quelques médailles : il y en a une chez le roi, dont Triftan & Patin font mention. La tête eft d'Alexandre Sévére; au revers c'est un trident, autour duquel eft tortillé un ferpent, fymbole de la médecine chez les anciens. D'ailleurs, cette ifle avoit été appellée l'isle aux Serpens. Hefychius de Milet dit que Neptune les fit exterminer par les Cigales. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on n'y en voit plus.

Elle a foixante milles de tour, & s'étend du nord-nordoueft au fud-fud-eft. Elle eft pleine de montagnes pelées : c'eft cependant la mieux cultivée de l'Archipel. Tous les fruits y font excellens : melons, figues, raisins, la vigne y vient admirablement bien, & c'elt fans doute depuis longtems; puisque Vaillant fait mention d'une médaille frappée à fa légende, fur le revers de laquelle eft repréfenté Bacchus tenant un raifin de la main droite & un thyrfe de la gauche ; la tête eft d'Antonin Pie. La médaille que Spon acheta dans la même ifle eft plus ancienne : d'un côté, c'est la tête de Jupiter Hammon, & de l'autre une grappe de raifin. On feme fort peu de froment, dans cette ille; mais on y recueille beaucoup d'orge.

I es figuiers de Tine font fort bas & fort touffus : les oliviers y viennent fort bien; mais il y en a peu, & leur fruit n'eft deftiné que pour être falé: on y manqueroit de bois & de moutons, fi on ne les tiroit d'Andros: d'ailleurs le pays eft agréable & arrofé de beaucoup de fontaines qui lui avoient attiré chez les anciens le nom d'Hydrussa, de même que la plupart des ifles où il y a quelques fources.

La foie fait aujourd'hui la richeffe de Tine; chaque année on y en recueille'environ feize mille livres pefant : elle vaut quelquefois un fequin la livre, & quelquefois jusqu'à trois écus: quoique ce foit la foie la mieux préparée de toute la Grece, elle n'eft pas pourtant affez fine pour faire des étoffes, mais fort propre à coudre & à faire des rubans on fait de bons bas de foie dans cette ifle ; rien n'approche de la beauté des gants que l'on y tricote pour les

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