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dames. Ceux qui font embarquer de la foie pour Venife, ne payent aucun droit de forte à Tine; ils donnent caution, & la caution paye fi l'on découvre que la foie ait été la foie ait été conduite autre part; la raifon en eft, que cette marchandife payant l'entrée à Venife, elle payeroit deux fois fur les terres de la république, fi l'on en faisoit payer la fortie

à Tine.

La forterefle de Tine eft fur la roche dominante du pays, & où la nature a plus travaillé que l'art; la garde en eft confiée à quatorze foldats mal vêtus. On y compte environ quarante canons de bronze, & deux ou trois de fer. C'eft le féjour des plus honnêtes gens de l'ifle, quoiqu'il n'y ait pas plus de cinq cents mailons, que le vent du nord & le froid, aufli âpre qu'à Paris, rendent fort incommodes. Le palais du provéditeur eft mal bâti. La grande humidité que les brouillards & les crevaffes des terres entretiennent dans cette ifle, font caufe qu'on n'y peut conferver aucun meuble. Les jéfuites y font affez bien logés; mais leur églife eft petite. Le fauxbourg, hors la fortereffe, n'a qu'en viron cent cinquante maisons, mais on a la liberté d'en fortir & d'y entrer quand on veut, au lieu que les portes de la fortereffe fe ferment de bonne-heure, & ne s'ouvrent que tard.

Outre la fortereffe de San-Nicole, les principaux villages de cette ifle font:

Il Campo, il Terebado, Lotra, Lazaro, Peraftra, Cumi, Carcado, Cataclisma, Aitofolia, Maftro - Mercato, Micrado, Carea, Filipado, Cemiado, Arnado, Pergado, Cazerado, Cuticado, Smordea, Cozonara, Tripotamo, Cigalado, Agapi, Chilia, Oxameria, qui contient cinq bourgades; (favoir, Pyrgos, Vacalado, Cozonari, Bernardado & Platia.) Cisternia, Cardiani, Tifado, Mondado, Volacos, Fallatado, Meffi, Muofulu, Stigni, Potamia, Cacro, Triandaro, Doui Caftelli, Diocarea, Cicalada, Sclavo corio, Croia, Monafterio.

Le provéditeur ne retire qu'environ deux mille écus de fon gouvernement, aufli le regarde-t-on à Venife comme un lieu de mortification : ce gouverneur a la dixième partie des dentées ; de dix charges d'orge, par exemple, on lui en paye une pour la foie, ceux qui en font embarquer pour autre part que pour Venile ne payent que trois écus, & trois quarts pour chaque centaine de livres, le provédi teur n'a rien à voir fur ces droits.

L'évêque de Tine a trois cents écus de revenu fixe, & près de deux cents écus des émolumens de fon églife; fon clergé d'ailleurs eft illuftre, & compofé de plus de cent vingt prêtres. Les Grecs y ont bien deux cents papas, foumis à un protopapas; mais ils n'ont point dans l'ifle d'évêque de leur rite, & même ils dépendent de l'évêque latin en plufieurs chofes un Grec ne fauroit être prêtre que cet évêque ne l'ait fait examiner; après que l'aspirant a juré qu'il reconnoît le pape, & l'églife apoftolique & romaine, l'évêque latin lui fait donner fon dimiffoire, pourvu qu'il ait vingt-cinq ans, enfuite il eft facré par un évêque grec, venu de quelqu'ifle voifine, auquel il ne donne que dix ou douze écus pour fon voyage; le jour du facre, le nouveau prêtre donne trois livres de foie au provéditeur, autant à l'évêque latin, & un écu & demi au protopapas, qui lui a donné fon atteftation de vie & de mœurs. Dans toutes les fonctions eccléfiaftiques le clergé latin a toujours le pas. Quand les prêtres grecs entrent en corps dans les églifes latines, ils fe découvrent, fuivant la coutume des latins, & ne fe découvrent pas dans leurs propres églifes. Lorsque la meffe fe dit en préfence des deux clergés, après que le foudiacre Latin a chanté l'épitre, la feconde dignité du clergé Grec la chante en grec; & lorsque le diacre Latin a chanté l'évangile, la premiere dignité du clergé Grec, ou le chef des prêtres, chante auffi l'évangile en grec. Dans toutes les églifes grecques de l'ifle, il y a un autel destiné pour les prêtres Latins. On prêche dans les églifes grecques avec pleine liberté fur les matieres contestées entre les Latins & les Grecs. Il n'y a dans les églifes latines que de fimples chapelains amovibles au gré de l'évêque.

Les femmes des bourgeois & contadias, comme on parle dans le pays, font vêtues à la vénitienne; les autres ont un habit approchant de celui des Candiotes.

Tine eft la feule conquête qui foit reftée aux Vénitiens de toutes celles qu'ils firent fous les empereurs Latins de Conftantinople. André Gizi fe rendit maître de Tine vers l'an 1207, & la république en a toujours joui depuis. Peu

s'en fallut que Barbe-Rouffe, 11 du nom, dit Chereddin ou Cheriaden, capitan bacha, qui foumit en 1537 presque tout l'Archipel à Soliman II, ne s'emparât aufli de Tine. André Morofini affure que cette ifle fe rendit fans réfiftance, mais que peu de tems après, honteufe d'une pareille lâcheté, elle députa vers le provéditeur de Candie, de qui elle reçut affez de fecours pour fe remettre fous la puisfance de fes premiers maîtres. On raconte le fait autre ment à Tine: on dit que Barbe Roulle, preffant extraor dinairement la fortereffe, obligea la garnifon de battre la chamade, mais que la noblefle, voyant qu'il n'y avoit que les habitans des villages d'Arnado, de Triandaro & Doui Caftelli dispofés à capituler, vint fondre fi brusquement fur les Turcs, qu'elle les força de lever le fiége; on ajoute même que les foldats de la garnifon dans leur furie, firent fauter da haut des remparts l'officier que le capitan bacha avoit envoyé pour régler les articles de la capitulation. Depuis ce tems, pour reprocher aux habitans de ces trois villages leur lâcheté en cette occafion, le premier jour de mai le pravéditeur, accompagné des contadins & des feudataires de la république, & fuivi de la milice, avec l'étendard de faint Marc, va tous les ans à cheval à l'églife de fainte Vénérande, fur la montagne de Cecro, où l'on fait une grande décharge de mousqueterie, après avoir crié trois fois : Vive faint Marc, enfuite l'on danfe, & la fête finit par un repas. Les feudataires qui manquent de fe trouver à cette cérémonie, payent un écu pour la premiere fois, & ils perdent leur fief à la troifiéme. Leunclave, Supplem. annal. Turc, allure qu'en 1570, l'empereur Selim fit demander au fénat de Venife la reftitution de l'ifle de Cypre, & que fur fon refus, Pialis, capitan bacha, fit une descente à Tine, où il mit tout à feu & à fang. Morofini, bift. Venit. l. 9&11, dit que dans la même année les Turcs affiégerent vigoureufement la forterefle de Tine ; qu'Eve Mustapha mit à terre huit mille hommes des troupes de la flotte qu'il conduifoit à Chypre, & que cette descente fe fit à la follicitation preffante des Audriens, mais qu'elle échoua, parce que le provéditeur Paruta avoit fi bien pourvu à tout, que les Turcs, malgré leur diligence, furent contraints de lever le fiége & de fe retirer, après avoir brûlé les plus beaux villages de l'ifle. Deux ans après, ils la ravagerent pour la troitiéme fois fous le commandement de Cangi-Alis. Hift. Venet. I. 5.

*

Quoique les Vénitiens n'ayent pas de troupes réglées dans cette ifle, on y pourroit pourtant ramaffer au premier fignal plus de cinq mille hommes ; chaque village entretient une compagnie de milice, à laquelle le prince fournit des armes, & que l'on fait exercer & paller en revue fort fouvent. Dans la derniere guerre, Mezomorto, capitan bacha, menaça l'ifle de la mettre à feu & à fang, fi on ne lui payoit pas la capitation; on répondit qu'il n'avoit qu'à venir la recevoir, & lorsqu'il parut avec les galeres, le provéditeur Moro, bon homme de guerre, fit fortir mille ou douze cents hommes des retranchemens de la marine à San Nicolo. Ces troupes repouflerent les Turcs, & le capitad bacha fit retirer fes galeres.

Du haut de la fortereffe de Tine on découvre facilement les ifles voisines.

Joura refte à l'oueft.

Syra au fud-ouest.

Andros entre le nord-oueft & le nord-nord-oueft, Paros au fud.

Delos entre le fud-fud-eft & le fud.

Scio entre le nord-eft & le nord-nord-eft.
Le cap Carabouron au nord-est,
Scala Nova à l'eft-nord-eft.

Samos entre l'eft & l'eft-nord-eft.
Nicaria à l'eft.

Fourni à l'eft-fud-eft.
Mycone au fud-eft.

Amorgo entre le fud-eft & le fud-fud-eft.
Naxie entre le fud-eft & le fud.

1. TING, montagne de la Chine, dans la province de Quangtung, au territoire de Chaoking, fixième métropole de la province, & au nord de cette ville. On dit qu'il y a fur cette montagne une pierre haute de deux cents perches. * Atlas Sinenfis.

2. TING, ville de la Chine, avec forteresse, dans la

province de Pekin, au département de Chinting, quatriéme métropole de la province. Elle eft de 2d 26 plus occidentale que Pekin, fous les 39d o' de latitude.

TINGA. Voyez TINGIS.

TINGARIENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Céfarienfe, felon la notice des évêchés de cette province, où ce fiége eft dit vacant.

TINGCHEU, ville de la Chine, dans la province de Fokien, où elle a le rang de fixième métropole. Elle eft de od 55 plus occidentale que Pekin, fous les 25° 40′ de latitude. Le territoire de cette ville dépendoit autrefois des princes de Min. Le roi Cynus lui donna le nom de SINLO, & la famille Tinga lui donna celui qu'elle porte aujourd'hui. Du tems que régnoit cette derniere famille, Tingcheu n'avoit que le titre de cité; mais la famille Taiminga, fans changer fon nom, l'éleva à la dignité de métropole & lui foumit huit villes ; favoir

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Quoique le territoire de Tingcheu foit presque tout cou. vert de montagnes, on ne laille pas d'y trouver toutes les chofes néceffaires à la vie; mais l'air qu'on y respire eft très-mal fain. Dans les endroits les moins cultivés de cette province, & où les montagnes & les forêts font plus fré quentes, il y a encore une nation fauvage qui n'a point été fubjugée. Elle se maintient en liberté à la faveur des inontagnes de trois provinces qui fe joignent dans ce quartier, & qui forment des vallées profondes & presque inacceflible.

TINGENA. Voyez TINGIS.

TINGENE, contrée de la Méfopotamie. Prolomée, 1. 5, c. 18, la marque au midi de la Gaufanite. Au lieu de TINGENE, le manuscrit de la bibliotheque palatine porte INGENE.

TINGERI. Voyez TINGRI & TENCTERI. TINGES, ville de l'Afrique propre, felon Procope, Vandalic. I. 2. Elle étoit au voifinage de Byzacium.

TINGEZ, vallée de l'Amérique méridionale, au Pérou, dans l'audience de Lima, à quatre lieues de la ville de Valverde, du côté de l'orient. Quoique cette vallée n'ait ni rivieres ni ruiffeaux, & que même elle ne foit jamais arrofée de pluie, elle porte néanmoins des poids chiches, les meilleurs de tout le Pérou, beaucoup de vin, avec d'autres fruits, & force coton, ce qui fait qu'elle est très-peuplée des naturels du pays, qui y ont leurs cabanes. Le chemin qui mene aux montagnes, palle par cette vallée; on va d'abord à la bourgade de Cordaba, & de-là à Lucanes, province habitée d'Indiens. Ceux qui vont avec beaucoup de marchandifes de Lima à Cusco, prennent cette route. * De Laet, Description des Indes occidentales, 1. 10, C. 25.

TINGGAN, ville de la Chine, dans la province de Quantung, au département de Kiuncheu, dixième métropole de la province. Elle eft de 6° 58' plus occidentale que Pekin, fous les 194 26' de latitude. * Atlas Sinenfis.

1. TINGHAI, forterefle de la Chine, dans la province de Fokien, au département de l'umuen, premiere forte reffe de la province. Elle eft de 3d 22' plus orientale que Pekin, fous les 26 10' de latitude.

2. TINGHAI, fortereffe de la Chine, dans la province de Chekiang, au département de Chinxan, premiere fortereffe de la province. Elle eft de 5d 38' plus orientale que Pekin, fous les 29° 56′ de latitude.

3.

TINGHAI, ville de la Chine dans la province de Chekiang, au département de Ning'po, neuvième métropole de la province. Elle eft de 5d 18' plus orientale que Pekin, fous les 30d o' de latitude.

TINGHANG, ville de la Chine, dans la province de Channfi, au département de Taiyen, premiere métropole de la province. Elle eft plus occidentale que Pekin de 4d 36', par les 39d de latitude. Atlas Sinenfis.

TINGHING, ville de la Chine, dans la province de Pekin, au département de Paoting, feconde métropole de la province. Elle eft de 14 52' plus occidentale que Pekin, fous les 394 42' de latitude.

T'INGING, fortereffe de la Chine, dans la province de Queicheu, au département de Jungning, feconde

grande cité de la province. Elle eft de 12d 25 plus occidentale que Pekin, fous les 24 42' de latitude.

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TINGIS, ville d'Afrique, dans la Mauritanie Tingitane, dont elle étoit la capitale, & à laquelle elle donnoit fon nom. Pomponius Mela, 1, c. 5, & Pline, l. 5, c. 1, difent que c'eft une ville très-ancienne, qu'on difoit avoir été bâtie par Antée. Le dernier ajoute que dans la fuite, lorsque l'empereur Claude y transporta une colonie l'ancien nom fut changé en celui de TRADUCTA-JULIA. Le nom de cette ville eft différemment écrit par les anciens. Pomponius Mela dit TINGE, Pline TINGI, & Prolomée TINGIS, orthographe qui a été fuivie par l'itinéraire d'Antonin, dont quelques manuscrits portent TINGEN & TINGI. Dans un endroit de Strabon, . 17, on lit TIGA, mais ce nom eft corrompu: car ce même auteur, dans le livre troifiéme, litr Tiles au génitif. Selon Plutarque, in Sertorio, qui nomme cette ville TINGENA, ce ne fut pas Antée qui en fut le fondateur. Les habitans de Tingis, dit-il, racontent qu'après la mort d'Antée, fa veuve appellée Tinga, coucha avec Hercule, & en eut un fils nommé Sophax, qui régna dans le pays, & fonda cette ville, à qui il donna le nom de fa mere. Plutarque ajoute que Sertorius ayant pris d'affaut la ville de Tingis, & ne pouvant croire ce que, les Africains difoient de la grandeur monftrueufe d'Antée, qui y étoit enterré, il fit ouvrir fon tombeau, où ayant trouvé, à ce qu'on dit, un corps de foixante coudées de haut, il fut très-étonné, immola des victimes, fit religieufenient renfermer le tombeau, & parlà augmenta beaucoup le respect & la vénération qu'on avoit pour ce géant, autli-bien que les fables qu'on débitoit fur fon compte. Strabon, dans fon dernier livre, donne aufli foixante coudées à ce corps d'Antée; mais il fait entendre en même tems que c'est une fable que Gabinius avoit débitée dans fon hiftoire romaine, avec plufieurs autres.

La ville de Tingis étoit fituée fur le détroit, entre le promontoire, les côtes & l'embouchure du fleuve Valon,, felon Ptolomée, l. 4, c. 1, qui la furnomme Cafarea. L'itinéraire d'Antonin la marque à dix-huit milles du lieu nommé ad Mercuri. C'est aujourd'hui la ville de Tanger. Voyez TANGER.

TINGLEAO, lieu de la Chine, au royaume de Leao tung, où il a le rang de huitiéme petit lieu du département de Tieling, premier petit lieu de la province. Il eft de 54 20' plus oriental que Pekin, fous les 394 44′ de latitude. * Atlas Sinenfis.

TINGNAŃ, ville de la Chine, dans la province de Kiangli, au département de Cancheu, douzième métropole de la province. Elle eft de 2d 30' plus occidentale que Pekin, fous les 25° 20' de latitude.

TINGOESY ou TINGOESES, peuples de l'empire Rusfien, dans la Sibérie ; ils habitent le long du fleuve Jéniscca, & leur origine vient du fud-eft, quoiqu'on ne fache pas précisément de quel endroit. Ils ont un double menton, c'est-à-dire, une groffeur qui s'étend du menton à la gorge, apparemment ce que nous connoiffons fous le nom de Goitres. En parlant, ils glouffent comme des coqs d'inde; les Tartares n'entendent point leur langage. Les Samoïedes y comprennent quelque chofe, le langage de ceux-ci ayant quelque rapport avec celui des Tingoéfes. A l'eft de la riviere Jéniscea, il y a, felon la description de la Sibérie, inférée dans le recueil des voyages de la compagnie des Indes, t. 1, p. 242, édit. de Rouen, de hautes montagnes, quatre desquelles jettent du foufre; mais en-deçà vers l'oueft eft un pays bas, couvert d'agréables pâcages & de divers arbres fruitiers, & où l'on trouve quantité d'oifeaux. Le Jéniscea fe déborde au printems, à peu près comme fait le Nil en Egypte, & couvre plus de foixantedix lieues de bas pays. Pendant ce tems les Tingoefes pasfent de l'autre côté du fleuve, & fe tiennent fur les montagnes jusqu'à ce que l'eau foit retirée; ils retournent alors dans ce beau pays avec leur bétail. Ces peuples sont paisibles & doux ; ils fe foumitent volontiers aux gouverneurs de la Sibérie, à quoi ils furent incités par les Samoïedes, qui leur dirent que ces gouverneurs étoient comme des dieux. On ne fait point quelle eft la religion de ces gens, les Moscovites étant trop négligens, & ne faifant point à divers égards tout ce qu'ils pourroient faire dans ces payslà pour leur avantage. Ces peuples peuvent être les mêmes que les PODKAMENA-TOUNGOUSI, Voyez TONGOUS.

TINGPIEN,

TINGPIEN, ville de la Chine, dans la province d'Iunnan, au département de Çubiung, quatrième métropole de la province. Elle eft de 16a 9' plus occidentale que Pekin, fous les 25d 18' de latitude. * Atlas Sinenfis. TINGRI, peuples de la Germanie. C'est Ptolomée, 1.1, 6. 11, qui en fait mention, mais fes interprétes lifent TENCTERI, au lieu de Tingri.

TINGRY, petite ville de France, dans le Baffigny, avec titre de principauté. La place eft bonne & confidérable; elle reffortit à Langres, & eft frontiere de la Lorrai ne. Ceux de la maifon de Luxembourg la poffédent aujourd'hui, & s'en difent princes & fouverains. * Daviti, Champagne.

TINGTAO, ville de la Chine, dans la province de Xantung, au département d'Yencheu, feconde métropole de la province. Elle eft de 1d 20' plus occidentale que Pekin, fous les 35d so' de latitude. * Atlas Sinenfis.

1. TINGYVEN, ville de la Chine, dans la province de Suchuen, au département de Chungking, cinquiéme métropole de la province. Elle eft de 11d 8' plus occidentale que Pekin, fous les 31do' de latitude.

2 TINGYVEN, ville de la Chine, dans la province de Kiangnan, au département de Fungyang, feconde mé tropole de la province. Elle eft de od 30' plus orientale que Pekin, fous les 33d 31' de latitude.

TINGYUEN, ville de la Chine, dans la province d'lunnan, au département de Çuhiung, quatrième métropole de la province. Elle eft de 15d 51' plus occidentale que Pekin, fous les 25d 23' de latitude.

TINIA, felon Pline, l. 3, c. 5, & TENEAS, felon Strabon, l. 5, p. 225, fleuve d'Italie, dans l'Umbrie. Silius Italicus, . 8, v. 454, fait entendre que c'étoit un pel. tit fleuve qui fe jettoit dans le Tibre.

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Narque albescentibus undis

In Tybrim properans, Teneaque inglorius humor. Quelques manuscrits de Silius Italicus, lifent Tunia, au lieu de Tinia. Parmi les exemplaires imprimés, il y en a qui portent Tinia, & d'autres Teneas. Le nom moderne, felon Cluvier, Ital. ant. l. 2, c. 10, eft il Topino.

TINIAN, ifle de l'Océan oriental, & l'une de celles qu'on nomme les ifles Marianes. Elle eft fituée à 162d de longitude, & fous les 14d 50 de latitude feptentrionale, à l'orient méridional de l'ifle de Saypan. Le pere Gobien, jefuite, dans fon histoire des ifles Marianes, donne à l'ifle de Tinian quinze lieues de circuit; il ajoute qu'on lui a donné le nom de Buena vifta Mariana, parce qu'on prétend que la Vierge s'apparut à Taga, l'un des infulaires, l'exhortant à fe faire chrétien, & à donner du fecours aux Espagnols, qui venoient de faire naufrage près de cette isle. Taga obéit, affifta les Espagnols, fe fit instruire & reçut le baptême des mains de dom Marco Fernandez de Torcuera, ce qui attira des miffionnaires à Tinian, où ils trouverent les habitans dispofés à profiter des inftructions qu'ils leur donnerent. La foi y fit de fort grands progrès en peu de tems, & elle s'y eft établie folidement. *De l'Ifle, Atlas.

TINICA. Voyez TINISA.

TINIORIDI, TIMORIDI OU TINIO DIRI, lieu d'Afrique, dans la Cyrénaïque, fur la route de Carthage à Alexandrie. L'itinéraire d'Antonin le marque entre Anabucis & Boreum, à vingt-cinq milles du premier de ces lieux, & à douze milles du fecond.

TINISA, ville d'Afrique, felon Ortélius, qui cite le concile de Carthage fous S. Cyprien. Voyez l'article TI

NISTENSIS.

TINISSA, ville de la grande Arménie, felon Prolomée, l. 5, c. 13. L'édition de Molet lit TINIA, au lieu de TINISSA.

TINISTENSIS ou TINISENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Numidie, à ce qu'on croit. Dans la conférence de Carthage, n°. 180, fon évêque eft nommé Colonicus episcopus Tiniftenfis ; & Venantius à Tinifa, affifta au concile de Carthage fous S. Cyprien. Ptolomée, l. 4, c. 3, fait mention d'une ville nommée Tiniffa, qui pourroît être la même.

TINMOUTH, château d'Angleterre, dans le Northumberland, à l'embouchure de la Tine, fur le bord feptentrional de cette riviere. Le nom de ce château lui vient

de fa fituation, car TINMOUTH ne veut dire autre chofe que l'embouchure de la Tine. En 795, fous le regne d'Ethelred, les Danois étant entrés dans l'embouchure de la Thyne ou Tine, y pillerent le monaftère de TYNMOUTH, fondé par le roi Egfrid. Ils ne purent, pour cette fois, porter plus loin leurs ravages, parce qu'Ethelred, affifté d'Oifaroi de Mercie fon beau-pere, les repouffa dans leurs vaisfeaux. Rapin, Hiftoire d'Angleterre, t. 1, p. 173. TINNA. Voyez TINUS.

TINNEIA, TINEIA OU THINNEIA. Servius fait la remarque fuivante fur ces vers de Virgile, Æneid, l. 3, v. 399.

Hic & Naritii pofuerunt mania Locri.

Les Locres Epizéphyriens & Ozoles, furent, dit-il, les compagnons d'Ajax Oiléen; mais ayant été féparés par la tempête, les Epizéphyriens aborderent en Italie, dans le pays des Brutiens, & s'y établirent, tandis que les Ozoles, jettés fur les côtes d'Afrique, s'établiffoient dans la Pentapole. On lit encore, par rapport aux Ozoles, ajoute Servius, qu'ayant été portés à TINNEIA, ils pénétrerent dans le pays & y bâtirent une ville qu'on nomme aujourd'hui Ufalis ou Ozalis.

TINNEN, ville des états de l'empire Ruffien. La description de la Sibérie, inférée dans les voyages de la compagnie des Indes, t. 1, p. 234, éd. de Rouen, parle ainfi de cette ville: De la riviere de Tora on entre dans une autre grande riviere qu'on appelle Tabal, à peu près à deux cents lieues de Vergateria, & fur laquelle on va jusqu'à Tinnen, ville peuplée, bâtie depuis vingt-un ans. En hiver il y a beaucoup de gens qui prennent des traîneaux à Saphanim, pour aller en douze jours à Tinnen, place où il le fait préfentement un grand trafic de pelleteries entre les Moscovites, les Tartares & les Samoïedes, & ce lieulà eft commode pour ceux qui ne veulent paffer que fix mois en voyage; mais il y en a qui veulent pénétrer plus. avant, & qui paffent bien loin au-delà de l'Oby, tant à l'eft qu'au fud.

TINNETO, village de la Rhétie. L'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Bregentz à Milan, en prenant le long du lac; il étoit entre Coire & Murum, à vinge milles du premier de ces lieux, & à quinze milles du fecond. Scudus, dit Ortélius, veut que ce foit préfentement Tintschen ou Tinzen, & Simler aime mieux le placer à Tinnezono; mais Ortelius n'a pas pris garde que Tinschen ou Tinzen, & Tinnezono ou Tenezono font le même lieu. Les Allemands le nomment de la premiere maniere, & les. Italiens de la feconde.

Ce lieu eft aujourd'hui une bourgade appellée Tenezone. Voyez ce mot.

TINNIS. Le géographe Perfien écrit, dans fon troifiéme climat, que c'eft le nom d'une des isles du Nil, qui étoit autrefois habitée & cultivée; mais qu'elle étoit de fon tems entierement ruinée. * D'Herbelot, Bibliotheque orientale pag. 889.

TINNISENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la province proconfulaire, felon la notice des évêchés d'Afrique, qui nomme fon évêque Dalmatius.

TINNISENSIS. Voyez UTINISENSIS.

TINPHADUM ou TIMPHADUM, lieu d'Afrique, dans la Numidic. L'itinéraire d'Antonin le marque fur la route de Theveste à Sitifis, entre Thevefte & Vegefela, à vingtdeux milles du premier de ces lieux, & à vingt milles du fecond.

TINTIBERITANUS-LIMES, contrée d'Afrique, dans la province de Tripoli, felon la notice des dignités de l'empire, fect. 55, où on lit ces mots : Prapofitus limitis Tintiberitani.

TINTILLANT, monaftère de France fur le territoire de Vannes en Bretagne. S. Aubin y fut élevé, & il en fut abbé pendant vingt-cinq ans, avant que d'être fait évêque d'Angers. Cette abbaye, qui fut bâtie dès le cinquiéme fié cle, avant que les François fuffent chrétiens, & qui étoit fort célébre au fixiéme fiécle, pour fa régularité, a été ruinée du tems des Normands. * Baillet, Topogr. des faints, p. 436.

TINTO, riviere d'Espagne. Voyez RIO TINTO. TINTON, nation des prairies, dans l'Amérique feptentrionale, dans la nouvelle France. Cette nation est une Tome V. Gccccc

des plus confiderables d'entre les Siaoux de l'oueft; elle habite le long des bords d'un lac d'une grandeur raifonnable, d'où fort la riviere Saint-Pierre; on les appelle quelquefois Tintonha. Quoiqu'ils foient à plus de fept cents lieues des Iroquois, cependant ces cruels anthropophages font des courfes jusques chez eux, pour faire des prifonniers, & contenter leur rage de manger des hommes. Le pere Hennepin dit, qu'ils ont quelques villages près d'un faut du Mississipi, qui eft à vingt ou trente lieues de fa fource.

TINURTIUM, ville de la Gaule, felon Spartien, qui en parle dans la vie de l'empereur Sévere. Marianus Scho. tus, 2, la place dans le territoire de Châlons-fur-Saone ; & Grégoire de Tours, lib. martyr. dit qu'elle étoit à trente milles de la même ville. Dans l'itinéraire d'Antonin Tinurtium eft marqué fur la route de Lyon à Gefforiacum, entre Mâcon & Châlons, à dix-neuf milles de la premiere de ces villes, & à vingt-un milles de la feconde.

Cette ville eft aujourd'hui Tournus. Voyez ce mot. TINUS, fleuve d'Angleterre, dans la partie feptentrionale de ce royaume, felon Ortelius, qui cite GuilJaume de Naubrige, & ajoute qu'on appelle ce Heuve Prudehou; ce pourroit être le même fleuve que Prolomée appelle TINNA ou TINA, & qu'il place entre les golfes Taua & Boderia. Dans ce cas le nom moderne feroit la Tine ou Tyne.

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TINZEDA, ville d'Afrique, dans la province de Darha, fur la riviere de ce nom, entre la ville de Darha & celle de Tezerin. Marmol, tom. 3,1 7, c. 15, dars fa description de la province de Darha, dit que Tinzeda eit une ville bâtie fur la riviere entre des palmiers. La contrée eft fertile en dattes, en bled & en orge; mais le plus grand commerce du pays eft avec le lic, & avec l'indigo qui y eft en abondance & très-fin. Il y a dans la place un magasin pour les marchands, où fe rendent ceux d'Afrique & d'Europe, avec des draps de laine, des toiles & autres marchandifes qu'ils échangent contre l'indigo & du lic. C'est pour cette raifon que plufieurs de la chrétienté & de la Barbarie y ont fixé leur demeure. Il y a autant d'ordre & de police dans cette ville qu'en aucune autre province.

TINZULIN, ville d'Afrique, dans la province de Darha, fur la riviere de ce nom, à dix lieues de Taragale du côté du feptentrion. Marmol, description d'Afrique, t. 3, 4.7, c. 15, dit que c'eft la plus grande ville de la pro vince, ayant plus de fix mille habitans. Elle eft, ajoute-t-il, renfermée de bonnes murailles, avec une grande fortereffe nommée Alcaçava, dont le gouverneur et le principal de tous ces quartiers. Il y a dans le pays quantité de bled, d'orge, de dattes & de troupeaux. Les habitans y font à leur aife, quoiqu'un peu incommodés des courfes des montagnards.

TIORA, ville d'Italie. Denys d'Halicarnaffe, l. 1, c. 14, dit qu'on la nommoit auffi MATIENA. Il la place fur la route de Reate à Lifta, métropole des Aborigénes, entre Vatia & Lifta, à trois cents milles de Reate. Il ajoute qu'il y avoit autrefois dans cette ville un oracle du dieu Mars. Cette ville, felon Ortélius, eft appellée par Baronius Thorana- Ecclefia, & placée par le même auteur fur le lac Velinus. Voyez TUDER.

TIOS, ville de la Paphlagonie, felon Etienne le géographe. Strabon, 1. 12, pag. 542, écrit TIEUM, & Ptolomée Tion. Ce dernier la marque fur le bord du Pont-Euxin, entre Pfyllium & l'embouchure du fleuve Parthénius. Voyez AMASTRIS.

TIPAŃISSE, peuples d'Afie. Etienne le géographe dit qu'ils habitoient près du Caucase.

TIPARENUS, ifle de Grece, dans le golfe Argolique. Pline, 4, c. 12, dit qu'elle étoit fur la côte du territoire d'Hermione.

TIPASA, ville de lá Mauritanie Céfarienfe. Prolomée, 1.4, c. 2, la marque entre Julia Cafarea & Via. Selon l'itinéraire d'Antonin, qui lui donne le titre de colonie, elle fe trouvoit fur la roure de Tingis à Carthage, entre Cafarea Colonia & Cafa Caluenti, à feize milles de la premiere & à quinze milles de la feconde. Ortélius croit que ce pourroit être la Tipata d'Ammien Marcellin. On croit que cette ville eft aujourd'hui le lieu du royaume d'Alger, qu'on nomme Saça ou Safa. Il y eut quelques martyrs en cette ville du tems d'Hunneric, roi des Vandales, entr'autres

faint Frumence, marchand; mais ce qui a rendu cette ville célébre dans l'Eglife, a été la confeflion glorieufe des catholiques, à qui Hunnetic fit couper la langue & la main droite l'an 484, & qui, ayant été bannis enfuite, le répandirent en Europe & en Afie, parlant miraculeufement, comme s'ils cuffent eu une langue. * Baillet, Topogr. des Saints, p. 570.

TIPASENSIS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Numidie, felon la notice des évêchés d'Afrique, qui nomme fon évêque Rufticus. Ce liége eft différent de celui de Tipafa, ville de la Mauritanie Céfarienfe, dont parle faint Optat, l. 2, § 18, p. 42. Victor d'Utique, de fehism. Do nat. l. 2, p. 42, donne de grandes louages à la foi des habitans de cette ville. Firmus, episcopus ecclefia Tipafenfis, & député de la province de Numidie, fouscrivit au concile de Carthage fous Boniface en 525, & il affifta au cinquième concile général.

TIPASITANUS, fiége épiscopal d'Afrique, dans la Mauritanie Céfarienfe. La notice des évêchés de cette province appelle l'évêque de ce fiége Reparatus. TIPATA. Voyez TIPASA.

TIPENISES, nom d'un fleuve dont il eft fait mention dans le grand étymologique.

TIPHA, ville maritime de la Bootie, felon Paufanias, 1. 9, c. 32. Il y avoit un temple d'Hercule, où tous les ans on célébroit une fête. Prolomée écrit Sipha, & Erienne le géographe SIPHA OU SIPHE; de forte que Tipha dans Paufanias eft un dorisme.

TIPHATA. Voyez TIFATA.

TIPHERNUM. Voyez TIFERNUM.

TIPHICENSE OPPIDUM, ville de l'Afrique propre. Pline, l. 5, c. 4, la met au nombre des trente villes libres, & dit qu'elle étoit dans les terres.

TIPHULEORUM, en grec тiquxiwr. Il eft fait mention de ce peuple fur une médaille d'Augufte, rapportée dans le tréfor de Goltzius. Ce peuple n'eft point connu d'ailleurs.

TIPPERARY ou SAINTE-CROIX, comté d'Irlande dans la province de Munfter, a le comté de la Reine & Kilkenny à l'eft; Limerick & le Shannon qui le fépare de Gallway & de Thomond à l'oueft; le comté du roi au nordcft, & Waterford au fud. Les Irlandois appellent ce comté Thobruidearum Cunta. Il est très-fertile dans les quartiers méridionaux, & on y trouve quantité de maifons bien bâties. On le divife en quatorze baronnies, qui font celles de Lower-Ormond, d'Ormond-Arra, d'Owny, d'lkerin, d'lleagh, d'Eliogurty, de Kilnalong, de Kilnamania de Clonwilliam, de Middlethird, de Slewardag, de Comfey, d'Iffa & d'Offa. Il y a deux villes qui tiennent des marchés publics; Clonmell & Carick, ou Carick-MacGriffen. Clonmell a encore le droit d'envoyer deux députés au parlement, & les villes de Thurles, de Cashel, de Fethard & de Tipperary jouiffent du même privilége.* Etat préfent de la Grande Bretagne, t. 3, p. 53 &

fuivantes.

TIPRA, royaume des Indes, dans les états du roi d'Ava. Ce royaume qui eft traversé dans fa largeur par le tropique du cancer, du cancer, & dans fa longueur du nord au midi par la riviere d'Aracan, eft borné au nord riviere d'Aracan, eft borné au nord par le royaume d'Afem ou d'Acham, à l'orient par celui d'Oful, au midi par celui d'Aracan, & à l'orient par celui de Bengale. Sa capitale s'appelle MARBAGAN. Voici ce que Tavernier Voyage des Indes l. 3, c. 16, dit de Tipra, fur le rapport de trois marchands de ce royaume, qu'il a vu, l'un à Daca, & les deux autres à Patna. C'étoient des gens qui parloient peu ; & tous étoient venus par le royaume d'Aracan, qui eft au midi & au couchant de celui de Tipra, que le Pégu borne aufli en partie au couchant d'hiver, à quoi ils avoient employé environ quinze journées. Les voitures du pays font des bœufs & des chevaux, comme dans les Indes ; & ces chevaux font d'allez petite taille, mais excellens. Le roi & les grands feigneurs vont en Pallekis, & ont leurs éléphans qu'ils font inftruire pour la guerre. Ils font fort fujets aux goîtres; ce qui leur vient des mauvaises eaux. Il n'y a rien dans ce royaume qui foit propre aux étrangers. Il s'y trouve une mine d'or, mais d'un or fort bas, & de la foie qui eft fort groffe. Ces deux chofes font le revenu du roi, qui ne tire aucun fubfide de fes fujets. Ceux qui n'ont aucun rang font obligés de travailler pour lui fix jours tous les ans à la mine d'or ou à la foie. Il envoie vendre l'un &

l'autre à la Chine, & on lui rapporte de l'argent 3 dont il fait battre des pieces de la valeur de dix fols. Il fait faire auffi de petites piéces, minces comme des aspres de Turquie, & il y en a de deux fortes. Il en faut quatre des unes pour faire un écu, & douze des autres. * De l'Ifle,

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Atlas.

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TIQUADRA, ifle d'Espagne, & l'une des petites ifles qui font aux environs des ifles Baléares. Pline, lib. 3, la marque près de la ville Palma. Selon Hermolaus, il y en a qui, au lieu de TIQUADRA, écrivent TRIQUADRA, & veulent que ce nom lui ait été donné à caufe de fa figure triangulaire. Le nom moderne éft Comejera.

1. TIR, (LE) riviere de France, dans la province de Rouffillon elle fort du haut-Valespir, & a un pont à Cevet.

:

2. TIR. Voyez TYR.

TIRACIENSES. Voyez TRINACIA. TIRAGHRILL, baronnie d'Irlande, dans le comté de Slego, province de Connaugt, au midi de la province de Carbury. Il n'y a aucun lieu remarquable. * Etat préfent de l'Irlande.

TIRALLIS, ville de la pétite Arménie. Ptolomée, l. 5, 6.7, la place dans la Cataonie.

TIRALLUM. Voyez IZYRALLA.

TIRANADUM ou TIRINADUM, ville de la Maurita nie Céfarienfe. Dans l'itinéraire d'Antonin elle eft marquée fur la route de Carthage à Céfarée, entre Rapidum & Caputcillanum, à vingt-cinq milles du premier de ces lieux, & à égale distance du fecond.

TIRANO, gouvernement dans la Valteline, de la dépendance des Grifons. Il comprend onze communautés, & eft partagé en deux archiprêtrés, celui de Mazo qui a les fix communautés d'en-haut, & celui de Villa qui a les cinq communautés d'en-bas. * Etat & Délices de la Suiffe, t. 4,

p. 141.

TIRANO, capitale du gouvernement de même nom, étoit autrefois fur la rive droite de l'Adda, avec le nom de Villaccia; mais étant périe, on la rebâtit peu-à-peu dans l'endroit où elle eft, qui eft fort agréable, fur la rive gauche de la riviere. Elle eft fort peuplée, & honorée de la préfence du gouverneur & de la régence de fon département. On voit près de cette ville un temple magnifique dédié à la Madona, bâti de beau marbre qu'on a tiré d'une carriere de la montagne voifine. Il s'y fait beaucoup de pélerinages, & l'on y remarque plufieurs monumens de la dévotion des pèlerins, entr'autres une groffe chaîne d'or, & il fe tient dans ce lieu de groffes foires toutes les années. Les Grifons y envoient vendre quantité de troupeaux qu'on conduit en Italic.

TIRASIA, lieu dont il eft parlé dans l'hiftoire des plantes de Théophrafte, l. 3, cité par Ortélius. Il paroît que ce lieu étoit dans l'ifle de Créte.

TIRATHABA, village de la Palestine. Jofeph, Antiq. 1. 18, c. 5, qui le donne aux Samaritains, dit qu'il étoit près de la montagne de Garizim.

TIRCA, ville de la province de Vancarah en Afrique. D'Herbelot dit qu'on la trouve à fix journées de Ganah, en descendant le Niger.

TIRCANI-CANDGIGAI, village des Indes, au royaume de Caltan, près du fleuve Vacach. Petis de la Croix, dans fon hiftoire de Timur-Bec, l. 3, c., dit que ce vil lage eft fitué à 101d 20' de longitude, fous le 38d de

latitude.

'TIRE'. Petis de la Croix dit, dans fon hiftoire de Timur - Bec, 1.6, c. ss, que Tiré eft le nom d'une ville célébre de l'Anatolie, fur le bord du fleuve Mendoutas ou Madré.

TIRETAINE, riviere de France en Auvergne. Davity, Auvergne, p. 300, en parle ainfi ; Près de Clermont & de l'abbaye & du bourg de S. Alyre fe voit le ruiffeau dit Tiretaine, autrefois Scateon. Il naît d'une fontaine dont l'eau s'endurcit & fe pétrifie; de forte qu'elle fait un pont fous lequel paffe cette riviere. La même eau coulant dans la prairie avoit tellement accru, fe convertiffant toujours en pierre, que le pont avoit déja huit toifes de longueur, & quatre de largeur; de forte qu'on fut contraint de le cou per. Cette eau eft alumineufe.

TIRE JY, ifle occidentale d'Ecoffe, au fud-ouest de Coll, dont elle eft féparée par un petit détroits Cette ifle

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que l'on met au nombre de celles du fecond rang, paffe pour la plus fertile de toutes, & elle abonde en effet en toutes chofes néceflaires à la vie humaine. Sa longueur n'est que de fept milles, & fa largeur de trois. Il y a un lac, une ifle dans ce lac, & un vieux château dans cette isle. fle duc d'Argyle en eft le propriétaire. Elle a un port commode qui fert de retraite aux vaiffeaux que le mauvais tems furprend dans la mer. Elle eft à fept milles d'Andros, à dixhuit de Syra & à douze de Micone & des Isdiles. * Eta préfent de la Grande Bretagne, t. 2, p. 287. TIRIA. Voyez TEIRIA.

TIRIANUS-AGER, contrée dont parle Eusebe dans fa chronique. Voici le paffage, M. Calius Prator, &C. Annius Milo exul oppreffi, res novas in Tiriano Brixioque agro fimul molientes. Ortélius a remarqué qu'au lieu de TIRIANO, il falloit lire THURIANO ou THURINO; & BRUTTIO au lieu de Brixio. Il ajoute que le manuscrit d'Eufebe qu'il a confulté portoit Thyrianus, Brutiusque, pour Thurianus & Bruttianus, façon de lire qui feroit bonne.

TIRICENSE OPIDUM, ville de l'Afrique propre. Pline, l. 5, c. 4, là met au nombre des trente villes libres, & dit qu'elle étoit dans les terres.

TIRICIUM. Voyez TRITIUM.

TIRIE, ville des états du Turc en Afie, dans l'Anatolie, fur la route de Smyrne à Coigni. C'eft une ville des plus grandes & des mieux peuplées de toute l'Anatolie. Ce qu'il y a même de remarquable, c'est que presque tous les habitans y font auffi propres à porter les armes qu'à cultiver la terre, & on y en voit, qui après avoir commandé des bannieres, reprennent la charrue, avec la même tranquillité que cet ancien dictateur romain dont l'hiftoire eft fi connue. Il y a peu de chrétiens & de juifs dans cette ville; & les Turcs y ont plus de cent mosquées. Les montagnes voifines y fourniffent de l'eau en abondance, & la campagne tout ce qui eft néceffaire à la vie. Cette grande ville n'offre aucun monument, ni ancien, ni moderne, qui foit digne d'attention. Au fortir de Tirie on trouve une plaine qui peut avoir cent cinquante milles de tour; on croit que ce fut là que Bajazet fut pris par Tamerlan. Il y a une montagne voifine où l'on trouve plufieurs plantes affez curieufes, de la graine, de celle qui fe nomme Banbour, a été trouvée très-finguliere par les botaniftes. De cette montagne on voit le fleuve Méandre; qui traverse ces vaftes campagnes, en ferpentant, & qui n'approche qu'à deux lieues de Tirie. Le commerce y confifte en tapis, en laines, en coton, & en toutes fortes de fruits & de denrées. Les manufactures font pour la plupart dans le fauxbourg qui eft très-grand & auffi peuplé que la ville. Au fortir de ce fauxbourg, on trouve une montagne très-rude. * Paul Lucas, Voyage de l'Anatolie en 1714, t. I, p. 157.

TIRIMENEN, peuple fauvage aux environs du détroit de Magellan, Il habite un pays dans les terres nommé Coin. Olivier de Noort, dans fon voyage autour du monde, dit que les hommes chez les Tirimenen, font grands comme des géans, ayant dix à douze pieds de hauteur. Ils font plus avant dans les terres que les Kemenétes, les Kemenekas & les Karaykes, avec lesquels ils font fouvent en guerre, & qu'ils appellent par injure Mangeurs d'Autruches; mais, autant qu'on le pouvoit préfumer, ajoute Olivier de Noort, ils étoient les uns & les autres anthropophages.* Voyage de la compagnie des Indes orient. t. 3, p. 29,

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édit. de Rouen.

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TIRISCUM, ville de la Dace. Les exemplaires latins de Ptolomée, l. 7, c. 8, ajoutent que cette ville le nomme préfentement Taros: Quod nunc TAROS dicitur. Lazius dic que le nom moderne eft TURO; mais ce nom ne fe trouve point dans nos cartes. Baudrand & plufieurs autres géographes foutiennent que c'eft aujourd'hui Tergowitz.

TIRISTA, ville de la baffe Myfie ou plutôt Mafie. Ptolomée, . 3 c.-10, la marque près du Danube, entre Tome V. CCcccsij

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