Œuvres de P. Corneille, Volume 8

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L. Hachette et cie, 1862
 

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Page 6 - ... génie à quelque nouvel essai de ses forces qui n'eût point d'autre but que le service de ce grand maître et l'utilité du prochain. C'est ce qui m'a fait choisir la traduction de cette sainte morale, qui, par la simplicité de son style , ferme la porte aux plus beaux ornements de la poésie, et, bien loin d'augmenter ma réputation , semble sacrifier à la gloire du souverain Auteur tout ce que j'en ai pu aequérir en ce genre d'écrire.
Page 5 - Vous rendre justice partout durant cette lecture, je ne faisais que répéter les éloges que chaque vers tirait de sa bouche. Mais, entre tant de choses excellentes, rien ne fit alors et ne fait encore tous les jours une si forte impression sur mon âme, que ces rares pensées de la Mort que Vous y avez semées si abondamment. Elles me plongèrent dans une réflexion sérieuse qu'il fallait comparaître devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avait favorisé.
Page 260 - ILS sèment la parole obscure, simple et nue ; Mais dans l'obscurité tu rends l'œil clairvoyant, Et joins du haut du ciel à la lettre qui tue L'esprit vivifiant. LEUR bouche sous l'énigme annonce le mystère, Mais tu nous en fais voir le sens le plus caché : Ils nous prêchent tes lois, mais ton secours fait faire Tout ce qu'ils ont prêché.
Page 259 - Quoique tu sois le seul qu'ici-bas je redoute , « C'est toi seul qu'ici-bas je souhaite d'ouïr : « Parle donc, ô mon Dieu! ton serviteur écoute, « Et te veut obéir. » Je ne veux ni Moïse à m'enseigner tes voies, Ni quelque autre prophète à m'expliquer tes lois; C'est toi qui les instruis , c'est toi qui les envoies, Dont je cherche la voix. Comme c'est de toi seul qu'ils ont tous ces lumières . Dont la grâce par eux éclaire notre foi , Tu peux bien sans eux tous me les donner entières...
Page 258 - PARLE, parle, Seigneur, ton serviteur écoute : Je dis ton serviteur, car enfin je le suis ; Je le suis, je veux l'être, et marcher dans ta route Et les jours et les nuits. Remplis-moi d'un esprit qui me fasse comprendre Ce qu'ordonnent de moi tes saintes volontés, Et réduis mes désirs au seul désir d'entendre Tes hautes vérités. Mais désarme d'éclairs ta divine éloquence...
Page 208 - Ne mets point ton espoir sur un frêle roseau Qui penche au gré du vent, qui branle au gré de l'eau, Sur le monde en un mot, ni sur sa flatterie ; Sa gloire n'est qu'un songe, et ce qu'il en fait voir Pour surprendre un moment de folle rêverie, Comme la fleur de la prairie, Tombera du matin au soir.
Page 258 - Ce qu'ordonnent de moi tes saintes volontés, Et réduis mes désirs au seul désir d'entendre Tes hautes vérités. MAIS désarme d'éclairs ta divine éloquence, Fais-la couler sans bruit au milieu de mon cœur : Qu'elle ait de la rosée et la vive abondance Et l'aimable douceur. Vous la craigniez, Hébreux, vous croyiez que la foudre. Que la mort la suivît, et dût tout désoler, Vous qui dans le désert ne pouviez vous résoudre A l'entendre parler.
Page 5 - ... devait pas suffire d'y avoir fait régner en leur place les vertus morales et politiques, et quelques-unes même des chrétiennes; qu'il fallait porter ma reconnaissance plus loin...
Page 9 - Le peu de disposition que les matières y ont à la poésie, le peu de liaison, non seulement d'un chapitre avec l'autre, mais d'une période même avec celle qui la suit, et les répétitions assidues qui se trouvent...
Page 327 - Je demeure immobile en ce mortel effroi , Et partout sous mes pas je trouve un précipice; Je vois quel est mon crime, et quelle est ta justice, Et je sais que le ciel n'est pas pur devant toi. Tes anges devant toi n'ont pas été sans tache , Et tu n'as rien permis à ta pitié pour eux : Étant plus criminel , serais-je plus heureux , Moi qu'à cette justice aucune ombre ne cache?

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